Le soir du 1er septembre 1957, un grand rallye en plein air, à Times Square, mettait fin à la Croisade de New-York. L’évangéliste Billy Graham s’adressait à un immense auditoire, estimé à cent vingt-cinq mille personnes, qui remplissait, d’un trottoir à l’autre, la grande artère de Broadway et débordait dans une douzaine de rues adjacentes.
C’était la centième réunion de cette Croisade qui durait depuis cent dix jours. Au cours des quatre-vingt-dix-sept réunions tenues au Madison Square Garden, la grande arène couverte aux dix-huit mille places assises, il s’était vaillamment battu contre le démon. New-York a la réputation d’être si imperméable à l’Évangile qu’on l’a surnommée « le cimetière des évangélistes ». Billy Graham n’avait pas utilisé d’autres armes que la prière et la proclamation de l’amour de Dieu et du jugement à venir.
Un dur et long combat ! Sa haute silhouette s’était encore amincie, il avait maigri de neuf kilos. Ce soir-là, à minuit, il montait enfin dans le rapide qui l’emmenait rejoindre sa famille, au sud des États-Unis, en Caroline du Nord. Il laissait à la grande ville un merveilleux héritage.
La Croisade de New-York a battu tous les records des grandes campagnes d’évangélisation :
Elle a duré plus longtemps.
Elle a réuni des foules plus nombreuses.
Elle a enregistré plus de décisions.
Les journalistes, férus de statistiques, citent des chiffres effarants : deux millions de personnes sont venues écouter Billy Graham, soit au Madison Square Garden, soit à d’autres rencontres organisées par la Croisade de New-York. Plus de 56 000 hommes, femmes ou jeunes se sont avancés pour prendre une décision pour le Christ ; parmi eux 22 000 avaient moins de vingt et un ans et 2000 étaient des étudiants de la région new-yorkaise. Plus de 500 appartenaient aux professions théâtrales.
Le nombre des auditeurs, chaque soir, malgré la chaleur insupportable des mois d’été, a été en moyenne, de 17 800.
Un certain soir, les 100 000 places du Yankee Stadium avaient été occupées et on avait dû renvoyer 20 000 personnes, chose qui ne s’était jamais vue dans cette citadelle du base-ball, le sport le plus populaire aux États-Unis.
Les experts estiment à 96 millions les gens qui ont suivi à la télévision une ou plusieurs des quatorze réunions du samedi soir télédiffusées en direct depuis le Madison Square Garden.
Ces réunions télédiffusées ont porté des fruits. 65 000 âmes au moins ont été moissonnées comme l’attestent les lettres écrites au quartier général de la Croisade par ceux qui affirment avoir pris la décision d’accepter le Christ et de Lui obéir.
Mais le plus grand succès de Billy Graham est à chercher ailleurs :
A la fin de la Croisade, le Service international de Presse envoya son meilleur reporter à Manhattan pour évaluer les résultats de la prédication de Graham. Voici le rapport de Phyllis Battelle :
Le puissant évangéliste laisse à cette ville polyglotte deux dons :
Une communauté consacrée de plus de cinquante mille néophytes venus au Christ, décidés à répandre l’amour et à combattre le mal.
Et une tendance toute nouvelle, un privilège inconnu jusqu’ici à New-York, de parler religion sans affectation, d’aller à l’église sans honte, et de lire sa Bible sans se prendre vaguement pour un fanatique.
Elle parle ensuite des haussements d’épaules qui saluèrent Graham à son arrivée, et du changement de climat qui suivit.
Tout à coup il semblait que chacun avait une sœur qui assistait régulièrement aux réunions de la Croisade et se levait pour prendre une « décision pour Christ » et en était merveilleusement heureuse... Les gens appartenant à toutes sortes de sectes, à toutes les classes sociales, à toutes sortes de croyances commencèrent à se joindre à Graham — ou tout au moins à parler de lui — et cela s’étendit en cercles concentriques à travers la ville, et finit par atteindre des millions de personnes.
Étonnant ! Des garçons et des filles apportaient une Bible à leurs rendez-vous.
On voyait, dans les métros de Manhattan, des adolescents plongés dans la lecture du Nouveau Testament.
Un conducteur d’autobus, dont le trajet traversait la ville, ouvrait sa Bible et la lisait lorsqu’il était arrêté par un feu rouge ou par un embouteillage. « Je me suis avancé le deuxième soir », expliquait-il fièrement à ceux qui s’en étonnaient.
Un automobiliste, rangeant sa voiture dans un parking encombré proche du Madison Square Garden, essaya de blaguer avec le gardien noir :
— Vous allez faire fortune, grâce à Billy Graham, dit-il. Le gardien répliqua :
— N’importe qui peut faire fortune, grâce à Billy Graham, s’il l’écoute prêcher.
Des autocars parcouraient les grandes artères, portant des pancartes : « En route pour écouter Billy Graham ». Après la réunion, les pancartes retournées portaient : « Nous venons d’entendre Billy Graham ». La nuit retentissait du chant des cantiques.
Un psychiatre célèbre vint quatre soirées consécutives ; il prenait des notes. Le quatrième soir il s’avança à l’invitation de Graham, afin de prendre une décision pour Christ. « Je suis venu pour analyser, dit-il, mais je me suis aperçu que c’est moi qui ai besoin d’être analysé. »
Billy Graham a-t-il réellement touché les gens ? A-t-il pu, sincère et consacré comme il l’est, déverser son message dans assez de cœurs pour créer un changement perceptible et réel ?
On commença à se poser cette question dès le 15 mai, au cours de la première réunion. Des professeurs de psychologie, de l’université de New-York, envoyèrent leurs étudiants au Madison Square Garden munis de questionnaires. Des rédacteurs de presse envoyèrent des journalistes enquêter auprès des convertis. Des pasteurs, accueillant de nouveaux membres, cherchèrent à connaître leur état d’âme et leur consécration. À l’église, bien des chrétiens en apercevant de nouveaux visages et voyant des bancs vides se garnir, se mirent, eux aussi, à réfléchir.
Que répondre ?
Aucune réponse définitive n’est encore possible. C’est ce que Billy Graham expliqua à son auditoire le dernier soir au Madison Square Garden :
Nous demandons à Dieu qu’au cours des cinq prochaines années les forces mises en œuvre ici donnent aux églises une impulsion nouvelle.
Je crois qu’il y a en Amérique aujourd’hui un esprit de réveil.
Je crois qu’un jour on pourra dire que 1957 a été l’année du renouveau spirituel.
L’histoire nous montre qu’entre un renouveau spirituel et son retentissement sur la société il y a toujours un espace de temps plus ou moins long. Quand John Wesley est mort, personne en ce temps-là ne croyait vivre une période de réveil. Ce n’est que vingt-cinq ou trente ans plus tard que le réveil du dix-huitième siècle se fit sentir en Grande-Bretagne et bouleversa la société britannique.
Et cependant l’histoire nous dit aujourd’hui que ce fut probablement le réveil le plus important et le plus efficace de tous les temps. Si vous étiez allés en Angleterre quand Wesley et Whitefield y prêchaient, vous auriez vu une personne en prière ici et une autre là et vous auriez dit : « Rien d’important ne se passe. Deux ou trois personnes se réunissent pour prier. Ce n’est rien ! »
Et cependant des forces avaient été mises en branle. Je crois que Dieu est aujourd’hui en train de façonner une nouvelle génération d’hommes et de femmes qui croient en Dieu.
Je crois que les conséquences s’en feront sentir dans les jours à venir !
Au cours de la même réunion finale au Madison Square Garden, amaigri mais étonnamment alerte et dynamique, Graham expliqua pourquoi il croyait au réveil de notre génération. Il savait que la cité titanesque dans laquelle il avait prêché n’avait pas changé en apparence. Ses efforts, semblait-il, n’avaient fait qu’effleurer ses dangereux courants. Mais il rappela un grand et dramatique précédent :
New-York, c’est vrai, n’a pas l’air d’avoir changé, dit-il. D’immenses foules circulent toujours à Times Square. Des masses de gens continuent à hanter les boîtes de nuit. Il y a encore une quantité de crimes commis quotidiennement. Oui, mais il y a une différence. Une différence fantastique ! Cette différence provient de ce que des milliers d’hommes et de femmes ne seront plus jamais les mêmes.
Quand Jésus mourut sur la croix, la colonie ruinée de Palestine continua comme auparavant. Chacun se disait : « Rien ne s’est passé, ce n’est qu’un homme qui a été exécuté », mais il laissait derrière lui quelques disciples consacrés dont Dieu s’est servi pour transformer le monde.
Où sont ces hommes et ces femmes consacrés que la Croisade de New-York laisse derrière elle ? Qui sont-ils ? Il est juste de poser la question. Beaucoup de journalistes se la sont posée pendant les mois de mai, juin, juillet et août 1957.
Voici quelques réponses :
Une étudiante, qui avait essayé de se suicider, raconte son expérience en termes touchants et simples :
Le 17 juillet, j’ai pris ma décision.
Autrefois, j’allais à l’église, j’enseignais à l’Ecole du dimanche, je présidais un groupe de la Jeunesse paroissiale, mais je n’avais jamais vraiment rencontré Christ. Puis je partis à l’Université et je devins agnostique. Chaque jour je m’enfonçais davantage dans le péché, et je devenais la proie des plus sombres philosophies. J’étais de plus en plus désorientée et n’avais personne pour me conseiller. Je fis une dépression et tentai de me suicider.
On me ramena à la maison pour consulter un psychiatre. Après deux mois je pus retourner à l’Université et finir mes examens. C’était il y a six mois, mais il me fallait continuer à voir le médecin. Intérieurement, c’était un tourbillon incessant de perplexités, un remords continuel.
Puis le Dr Graham vint à New-York. J’allai l’écouter huit soirs de suite avant de prendre ma décision. C’est stupéfiant de voir combien ma vie a déjà changé. Je n’ai jamais connu pareille paix, pareille joie. Je suis maintenant heureuse de vivre.
Mes parents et moi nous nous sommes rendu compte que je n’avais plus besoin de psychiatre, et maman, hier, s’est mise à prier, demandant à Dieu ce qu’il fallait faire. Elle a entendu la voix de Dieu lui dire que, puisque j’avais accepté Christ, je n’avais plus besoin de l’aide du médecin. Dieu avait déjà guéri mon esprit et mon âme et continuerait à me protéger. Dieu m’a déjà tant aidée.
Un jeune pharmacien, marié et père de deux enfants de cinq et sept ans, glissait rapidement vers la faillite morale et financière. C’était un pauvre père, un mauvais mari, un piètre homme d’affaires. Ses amis proches assistaient, impuissants, à sa déchéance, quand un jour sa femme lui déclara qu’elle était à peu près résolue à demander le divorce. Il convint que c’était justifié. Un samedi, en tournant le bouton de la télévision, il tomba sur la Croisade de New-York. Ce n’était pas le genre de programme qu’il prenait d’habitude, mais la vue de dix-neuf mille personnes écoutant un avocat si chaleureux, le fascina. Il suivit toute la réunion puis alla se coucher sans dire un mot à sa femme.
Le lendemain il disparut. Personne ne savait où il était allé, ni sa famille, ni ses employés à la pharmacie. Il était à New-York, assistant à la réunion de la Croisade. Ce soir-là il s’avança et accepta Christ comme son Sauveur.
De retour à la maison, il dit :
— Je suis chrétien, j’ai donné ma vie à Christ.
— Je ne le crois pas, répondit sa femme.
Ils parlèrent ensemble ce jour-là et le lendemain ; puis il retourna à New-York et revint raffermi et renouvelé.
— Nous avons tous besoin du Christ, affirma-t-il à sa femme. Si nous L’acceptons tous, toi et les deux enfants, nous pouvons faire un nouveau départ. Je suis un autre homme, je sais que j’ai changé. Veux-tu venir à New-York avec moi et me laisser te le prouver ?
A ce troisième voyage, la famille au complet descendit la longue allée centrale du Madison Square Garden pour venir au pied de la croix se consacrer au service de Christ. Dans la maison de cet homme aujourd’hui on lit la Bible, les repas commencent par une prière d’action de grâces. Il a vendu sa pharmacie, et va entrer dans une faculté de théologie en vue du ministère, car il sent que Dieu l’appelle à cela.
Un agent de police new-yorkais, une certaine nuit de juillet, répondit au téléphone. Un homme et sa femme se battaient bruyamment dans leur appartement et les voisins appelaient la police. Quand l’agent arriva à l’adresse indiquée, il découvrit un taudis sordide, comme on en trouve dans les quartiers surpeuplés. La femme avait été danser avec un ami : le mari, l’ayant retrouvée, l’avait ramenée chez lui, avait déchiré ses vêtements, vidé l’armoire et piétiné toutes les robes.
Le policier savait qu’une arrestation n’aurait rien arrangé, il savait aussi que Billy Graham venait de prêcher avec puissance sur les problèmes familiaux.
— Je vous libérerai, dit-il au couple coupable de tapage nocturne, si vous me promettez d’aller au Madison Square Garden écouter Billy Graham. D’accord ?
— A quoi bon ? demanda l’homme, elle vient de montrer qu’elle n’est bonne à rien.
Le policier sortit son Nouveau Testament, et lut des passages appropriés, ceux qu’il avait entendu citer par Billy Graham, puis il conclut :
— Cette semaine, j’ai un soir libre, allons ensemble écouter Billy Graham.
Ce soir-là, quand l’évangéliste invita les gens à s’avancer, ce mari et cette femme furent parmi les premiers à répondre à l’appel ; ils s’inscrivirent au cours biblique destiné aux nouveaux convertis afin d’apprendre à vivre pour Dieu, en paix l’un avec l’autre et avec la société.
* * *
Pendant ces appels les tout jeunes s’avançaient joyeusement, en souriant, les adolescents avec timidité, les jeunes couples venaient souvent ensemble, en se tenant par la main, les vieux avaient parfois des larmes sur les joues.
Un soir un homme âgé s’avança, un vrai géant, long et maigre comme un pionnier, la face tourmentée de rides nombreuses. Il se rendit, avec des centaines d’autres, dans la salle annexe, au sous-sol, où les conseillers spirituels s’occupaient de ceux qui avaient pris une décision. Un conseiller s’assit à côté de lui et commença à lui poser des questions pour s’assurer de la sincérité et du sérieux de sa décision.
Le vieillard dit : « Mon garçon, j’ai été missionnaire pendant vingt-cinq ans. »
Le jeune conseiller, un étudiant en théologie, répondit : « Monsieur, c’est vous qui devriez me conseiller, que puis-je apporter à un homme de votre expérience ? Mais dites-moi, je vous prie, pourquoi vous êtes-vous avancé ce soir ? »
Les yeux du vieux missionnaire se troublèrent : « Mon travail missionnaire a été fructueux au début, maïs je sens que depuis quelques années la puissance de Dieu m’a abandonné. J’en ignorais la cause. Ce soir, en écoutant Billy, j’ai compris pourquoi mon travail est stérile, j’ai recherché la louange des hommes au lieu de la bénédiction de Dieu. » « — Mais était-il nécessaire de vous avancer publiquement, monsieur ? »
Le missionnaire dit : « Quand Billy invita les gens à se lever, j’ai senti le besoin de confesser mon péché, j’ai hésité ; que penseraient les gens ? Beaucoup dans cet auditoire me connaissent et connaissent mon long ministère. Puis j’ai compris que je m’étais trop longtemps préoccupé de l’opinion des hommes. Mon devoir était clair : il me fallait rechercher et recevoir le pardon de Dieu. Je me suis levé, c’était difficile, mais c’était la seule chose à faire. »
Un soir mémorable, la femme d’un des hommes les plus riches d’Amérique, qui tient la vedette dans les affaires, les sports et les arts, se leva et se joignit tranquillement à la foule de ceux qui s’avançaient vers la croix, devant le pupitre de Billy Graham. Bien qu’habillée avec élégance, personne ne l’aurait remarquée si un membre de l’équipe de Graham ne l’avait reconnue. Il alla trouver Mme Graham et lui demanda de conseiller cette grande dame qui devait avoir besoin d’une conseillère expérimentée. Ainsi la femme de l’évangéliste aida ce soir-là la femme d’un célèbre financier à mettre sa confiance en Jésus-Christ pour trouver la solution de ses problèmes difficiles.
La mère d’une célèbre star de cinéma, connue pour son instabilité, s’avança un autre soir à l’invitation de l’évangéliste. Elle revint, amenant sa fille avec elle. La photo de cette jeune femme a paru dans tous les illustrés populaires, et son nom, en gros titre, a été imprimé dans tous les journaux cinématographiques. Elle a joué des rôles exotiques dans des films à grand spectacle et elle s’est affichée avec des fils de millionnaires. Mais sa vie était devenue un désastre. Brisée et vaincue, elle avait maintenant recours aux maisons de santé.
Pendant la réunion au Madison Square Garden elle écouta attentivement, presque comme un enfant, le message si simple de Graham. La promesse de l’amour et du pardon de Dieu, l’appel à sa volonté, plutôt qu’à ses émotions, c’était quelque chose de nouveau qui lui permettait d’espérer. Ce soir-là, elle découvrit la thérapeutique la plus sûre et reçut Jésus-Christ comme son Sauveur.
— Je regrette de n’avoir pas entendu le Dr Graham il y a dix ans, dit sa mère, bien des souffrances nous auraient été épargnées. Mais il n’est pas trop tard, nous avons trouvé la force de faire face à l’avenir.
Mais ce n’est pas seulement au Madison Square Garden que les victoires spirituelles étaient remportées. Le premier samedi où la réunion fut télédiffusée, le choc de la Croisade secoua des millions de foyers.
Un pasteur écrivit de High Point, Caroline du Nord, à Billy Graham pour lui parler d’un vieillard qui fréquentait son église mais n’avait jamais fait profession de sa foi. Ils avaient souvent parlé ensemble et le vieux reconnaissait la nécessité de prendre une décision, mais il n’avait jamais pu s’y résoudre. Un samedi soir, il suivit à la télévision la réunion de la Croisade. A la fin, il se mit à pleurer.
— Qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi pleures-tu ? lui demanda sa femme.
— J’ai donné mon cœur à Christ, j’ai enfin donné mon cœur à Christ.
Le lendemain matin, à son réveil, elle fut étonnée de trouver son lit vide. Elle trouva son mari au jardin, parmi les fleurs, il gisait là, mort d’une crise cardiaque.
Le pasteur écrivait : Quelle consolation de savoir qu’il a été rappelé dans la présence de Dieu après avoir pris sa décision. C’est un bulletin de victoire que je vous écris ; la femme et les trois enfants viennent maintenant régulièrement au culte. Merci de ce que vous faites pour le Seigneur aujourd’hui où les besoins du monde sont si grands.
* * *
Billy Graham n’avait encore jamais utilisé la télévision pour diffuser la Parole de Dieu. Personne ne savait ce que cela donnerait, Personne n’était préparé à ce qui arriva. Un journaliste sceptique déclara : Vous gaspillez votre argent. Qui écoutera un prédicateur le samedi quand il peut voir et entendre un acteur célèbre ? Et si quelques pauvres âmes isolées vibrent, quelle suite cela pourra-t-il avoir ?
Des semaines plus tard, ce même journaliste découvrit la réponse à sa question. Des lettres adressées à Billy Graham parvenaient de tous les coins de l’Amérique et parlaient d’extraordinaires victoires spirituelles. Un membre de l’équipe de Graham les tendit au journaliste, disant :
— Voilà les quelques âmes isolées dont vous parliez. Nous recevons dix mille lettres par jour. Lisez-les ! Lisez ces témoignages !
De Baltimore, Maryland : Depuis deux ans, depuis que ma petite fille est paralysée de la jambe gauche, j’ai essayé de m’amender, et toutes mes prières se résumaient en celle-ci : O Dieu, guéris ma petite fille. Mais ce soir, en vous écoutant, j’ai compris que son âme était plus importante que sa guérison. Priez pour moi, s’il vous plaît, pour que je puisse contribuer à amener mes enfants et aussi mon mari et moi-même aux pieds de Jésus.
De Détroit, Michigan : Votre réunion m’a ramené au bercail — j’étais devenu athée, agnostique, païen. Vos exemples et les comparaisons que vous employez sont si faciles à comprendre. Demain, pour la première fois depuis huit ou dix ans, j’irai à l’église.
De Californie : Il y a quinze jours, en vous écoutant, je me suis mise à genoux et j’ai demandé le pardon de Dieu. Christ est entré dans ma vie. J’ai perdu soudainement mon mari il y a deux mois, d’une crise cardiaque, nous étions mariés depuis trente et un ans, et nous vivions l’un pour autre.
Le choc a été si terrible que j’ai perdu tout intérêt dans la vie et n’avais plus goût à rien. Depuis que j’ai accepté Christ je commence à avoir un but et l’espoir renaît dans mon cœur. Merci infiniment.
De Jersey City : Mon mari nous a quittés, moi et mes deux petits garçons, il y a six mois. Il aime une autre femme et voudrait divorcer. Nous n’avons pas trente ans et nous avons eu cinq ans de bonheur. Au début j’étais désespérée et il me semblait que je n’avais plus aucune raison de vivre. Pourtant j’aime mes enfants. Je n’avais jamais beaucoup prié, je me mis à le faire et j’ai trouvé un incroyable apaisement. Puis, je vous ai entendu à la télévision. Vous m’avez aidée à voir que mes problèmes sont en réalité peu de chose, ce qui compte c’est le salut de mon âme. Dieu m’a donné, par votre moyen, le courage de faire face à l’avenir. Avec le Christ pour guide, je suis sûre de trouver le bon chemin.
De l’Etat de New-York : Quand j’ai entendu parler de votre Croisade, j’étais très sceptique quant aux résultats. Il me semblait que vous faisiez de la réclame pour la religion comme on le ferait pour une pâte dentifrice. J’étais désespérément endurci contre toute vérité, tout cela me paraissait trop simple. Ce soir, par hasard, je suis tombé sur votre réunion à la télévision et je décidai de vous écouter pour voir comment on « joue sur les émotions des personnes ignorantes ». A mesure que la réunion se déroulait, ce n’est plus vous que j’entendais, mais Dieu qui me parlait et me disait : « Oublie, oublie donc tes spéculations intellectuelles, viens à Moi de tout ton cœur et sois purifié. » Je pleurai et je pleure encore des larmes de joie, parce que je me sens vivre. C’était très simple. — recevoir Christ dans son cœur.
Et encore : <Un homme et sa femme, employés dans mon magasin, ont été sauvés dès le premier soir où ils vous ont vu à la télévision. Ils étaient en train de se séparer et de détruire leur foyer. Ils étaient déjà allés à la gare acheter un billet pour qu’elle retourne dans sa famille dans l’Est, mais Dieu avait d’autres plans pour eux. Ils manquèrent le train et durent retourner chez eux, remettant le voyage au lendemain. Pourtant, ce soir-là, à la demande d’un camarade de travail, ils écoutèrent votre émission et quand vous avez demandé à vos auditeurs de recevoir le Christ, ils l’ont fait. Ils étaient si heureux qu’ils sont allés sur-le-champ remercier l’homme qui leur avait demandé de vous écouter. Ils se sont joints à une Eglise évangélique vivante et ce couple a maintenant un avenir lumineux devant lui : Tout cela est dû à votre émission télévisée.
Du Kansas : Samedi dernier, mon mari et moi nous nous sommes mis à genoux quand vous nous avez demandé de le faire. C’est la première fois que je vois mon mari s’agenouiller.
De l’Ohio : Je viens d’assister à votre émission et je veux vous écrire que j’ai accepté Dieu comme mon Sauveur. J’ai vingt et un ans et je suis complètement paralysé depuis l’âge de dix-huit ans. Je suis dans un hôpital où on m’aide à me rééduquer. Quand vous avez demandé aux gens de s’avancer pour recevoir le Seigneur, mon âme s’est avancée avec eux. Immobilisé dans mon lit, les yeux fermés, je pouvais sentir la puissance de Dieu au-dedans de moi.
De Pensylvanie : Je veux vous remercier de l’aide que vous m’avez apportée. Je suis une jeune fille de dix-neuf ans et depuis quelques années, je me suis sentie de plus en plus déprimée, il me semblait n’avoir plus aucune raison de vivre. Vous m’avez ouvert les yeux et je vois maintenant que la vie a un but : Jésus. Il y a très longtemps que je prie pour trouver Dieu et pour me trouver moi-même. Avec votre aide, je l’ai trouvé, Lui. Je suis renouvelée et en paix. Je ne me sens plus seule, Il est toujours avec moi.
* * *
Que s’était-il passé ? Quelle théorie raisonnable pourrait-on échafauder pour expliquer pareils témoignages ?
La Croisade de New-York était un puissant mouvement auquel coopéraient des centaines d’Eglises, et des milliers de laïcs et de pasteurs avec une équipe infatigable d’évangélistes qualifiés dirigés par Billy Graham.
En travaillant ensemble, ils rendirent possibles les résultats suivants que Billy Graham énuméra : Tout d’abord, la ville de New-York a été mise en présence des exigences du Christ et elle a entendu Son appel. Les questions religieuses ont été à l’ordre du jour dans cette ville comme elles ne l’ont peut-être pas été depuis des générations.
Ensuite, les Eglises ont reçu un nouvel élan, elles se rendent compte des occasions qui leur sont offertes et prennent conscience de leurs responsabilités.
Troisièmement, il y a, entre les Eglises, une unité nouvelle.
Quatrièmement, des milliers de gens ont été transformés par la puissance du Christ.
Cinquièmement, les chrétiens ont été renouvelés dans leur consécration.
Enfin, la Croisade a éveillé un nouvel intérêt spirituel d’un bout à l’autre de notre pays.
La poste en apporte constamment des preuves. N’étaient-ce vraiment que des feux de paille ?
Ma coupe déborde, écrivait une mère qui habite l’île de Staten. J’ai prié pour que ma famille vienne à Christ. Que Dieu en soit remercié, ce merveilleux miracle s’est produit. Le 2 juin, mes deux enfants ont soumis leur vie à Christ. Le 12, mon mari est venu à Lui. Ce matin, ma chère maman ma téléphoné, elle m’a dit être allée au Madison Square Garden hier soir, elle s’est avancée et elle est vraiment devenue une enfant de Dieu.
Notre Eglise subit le contre-coup de cette Croisade, dans chaque famille, là où l’on a assisté et participé aux réunions, il y a eu des progrès spirituels. Notre pasteur, lui aussi, est renouvelé et l’Evangile est prêché du haut de notre chaire, avec un élan nouveau. Dans la petite rue où j’habite, il y a eu plusieurs changements, les gens se mettent à parler du Christ crucifié, et, à cette date, six personnes se sont données à Lui.
Qu’était-il arrivé ? Billy Graham répond à cette question :
« C’est là l’œuvre du Seigneur, dit-il, et elle est merveilleuse à nos yeux. Le mérite n’en revient ni à moi, ni à notre équipe, pas même aux Eglises. Cela vient de Dieu, à Lui seul la gloire. »