Souffrir… Mais pour quoi ?

II. POURQUOI ?… POUR QUOI ?

Parler de notre souffrance n’impose pas une longue introduction ! Le fait que vous teniez ce livre entre vos mains implique que vous souhaitiez une ou des réponses au “problème”, mieux au “mystère” de votre souffrance, qu’elle soit celle que vous vivez pour vous-même, ou pour quelque autre : une épouse, un enfant, un parent, un ami… Toute épreuve, toute souffrance est, en premier lieu, un sujet d’impatience ou de tristesse.

La nature de nos épreuves, leurs circonstances, leur durée, sont — selon les uns ou les autres — si diverses, qu’il est impossible de les énumérer. Chacune d’elles nous saisit au plus profond de notre être : notre volonté, notre cœur, notre pensée, et revêt un caractère foncièrement original, personnel, intransmissible. Il suffit que je vous dise : “Mon frère, ma sœur, vous souffrez. Vous êtes confrontés à une douloureuse épreuve”, pour que, sans détour, vous acquiesciez !

Mais alors, de quelle pensée accompagnons-nous ces tribulations ? Quelles réflexions suscitent-elles au plus profond de nous-mêmes ? Quel sens, quel but voyons-nous aux afflictions des hommes en général, du chrétien en particulier ? Quel combat livrons-nous ? Et avec quelles armes ?

Nous résignons-nous comme à l’inévitable ? Mais la résignation implique la vision d’un monde où se déchaînent des puissances incontrôlables, où domine et règne une fatalité brutale, injuste, incompréhensible. Où rien — finalement — n’a de sens !

Nous soumettons-nous ? Mais la soumission conduit à une attitude passive et d’incompréhension : celle de l’esclave ou du serviteur envers un Maître qui veut être un Seigneur, commande et dispose des uns et des autres sans nuances ni explications !

Acceptons-nous ? Mais l’acceptation, tout en faisant intervenir la pensée d’un Dieu qui dirige et conduit, renonce à saisir les raisons et les buts, établit un mystère lourd, impénétrable, et maintient une distance infranchissable entre le Dieu tout puissant et sa créature ! Certes l’acceptation est active puisqu’elle implique un combat, mais simplement pour résister, “tenir bon” : elle ne coopère pas, elle ne s’associe pas, elle n’acquiesce pas !

Chacune de ces trois attitudes nous maintient en deçà des enseignements de l’Évangile. Par là, elles nous bloquent intérieurement et spirituellement, nous privent de plénitude, nous cantonnent dans la tristesse : nous ruminons ! N’est-il pas vrai alors “qu’un chrétien triste est un triste chrétien” ? Elles nuisent à notre témoignage, nous privent d’allégresse et de spontanéité, de toute perspective sur l’authentique perspective de ce monde. Pourquoi ? Pour quoi donc ?

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