En 1949, le rédacteur en chef d’un journal de Los Angeles reçut un télégramme qui le laissa pantois. Il avait beau le lire et le relire, il n’y comprenait rien. Il ne contenait pourtant que trois mots : Faites mousser Graham et c’était signé par son grand patron William Randolph Hearst, l’un des rois de la presse aux États-Unis.
— Vous connaissez un Graham ? demanda-t-il à un journaliste présent.
— Il y a un jeune évangéliste de ce nom qui prêche en ville, sous une tente.
— Qu’est-ce qu’il a de si extraordinaire ?
Le reporter répondit : Il a beaucoup d’allure et une forte personnalité. Il devrait figurer dans les films.
— Emmenez des photographes et des journalistes spécialisés, commanda le rédacteur, mettez-vous en chasse et faites-le mousser.
Cette année-là, Graham apprit à connaître la valeur et la puissance de la publicité.
Son journal révèle de quel poids écrasant cela pèse sur son ministère, et combien il lui faut constamment se faire violence pour y consentir.
C’est étrange comme on peut s’habituer à la publicité, écrit-il un jour, j’ai tellement souffert autrefois de son intrusion dans notre vie privée ! Nous avons appris à nous en accommoder, et l’avons bien souvent dédiée au Seigneur.
Je sais bien que cette même presse qui nous a fait connaître, pourrait ruiner notre réputation du jour au lendemain. Je n’oublie pas que les foules qui ont acclamé Christ le dimanche des Rameaux l’ont crucifié le vendredi. Les masses sont changeantes, c’est pourquoi j’ai appris à mettre ma confiance en Dieu qui est inaltérable et qui ne change pas, de sorte que lorsque le jour de la crucifixion et de la souffrance viendra pour moi je ne serai pas ébranlé.
Mais il se demandait si la publicité suffirait dans cette ville débordante de gens affairés, durcis par la lutte pour la vie. Comment trouver la faille par laquelle le message de Dieu pénétrerait à travers leur cuirasse ?
Cette semaine était cruciale, chaque jour, chaque heure comptait. Depuis longtemps il savait que les rédacteurs exigeaient des nouvelles et des matières à discussion. On ne peut pas rédiger un article sur un évangéliste qui reste assis dans sa chambre d’hôtel. Il fallait absolument que le public se rende compte que quelque chose de grand allait se passer, que Dieu, peut-être, ferait voir sa puissance au Madison Square Garden.
Il fallait persuader les gens, les inciter à aller aux réunions plutôt qu’aux courses, au théâtre, au cinéma ou dans les boîtes de nuit ; plutôt que de rester en pantoufles, assis dans un fauteuil devant l’écran de la télévision. Jamais les évangélistes n’ont eu à faire face à une aussi puissante concurrence.
Et il n’avait aucune arme à brandir contre la colossale indifférence de New-York. Il n’avait que ses deux jambes, sa voix, son message, et — heureusement — un bon profil. Marcher sept fois autour des murs de la ville pour qu’ils s’écroulent ? Il fallait un puissant bélier de combat : la Parole même de Dieu.
Quatre jours avant l’inauguration de la Croisade, il écrit :
Descendu au bureau de Walter Cronkite qui a fait un film en vue d’une émission à la télévision. … En rentrant à l’hôtel, j’ai trouvé David Zing, un écrivain, envoyé par l’hebdomadaire Look et un jeune photographe… Nous avons été manger un sandwich à un petit stand près de Times Square. Les gens ont commencé à s’assembler. On demandait des autographes, on disait : « Dieu vous bénisse, Billy. » — « Nous sommes avec vous, Billy », etc.
N’est-ce pas stupéfiant qu’un prédicateur marchant dans Times Square puisse ainsi être reconnu ? Certains vous serrent la main comme s’ils désiraient un entretien. Il semble que la faim spirituelle s’empare des gens de cette ville ; je n’ai jamais ressenti cela, à ce point, ailleurs.
Le dimanche, nouvelle émission à la télévision, cette fois sur l’invitation d’un célèbre animateur : Steve Allen.
J’ai hésité à me rendre à cette invitation, écrit Billy Graham, parce que l’émission de Steve Allen est un programme de music-hall. Je me suis rappelé, cependant, que Jésus mangeait avec les publicains et les pécheurs, malgré les accusations des pharisiens. J’avais là l’occasion d’apporter mon témoignage devant quarante millions d’Américains.
Dans les studios, plusieurs membres du personnel se déclarèrent chrétiens et lui souhaitent la bienvenue. Le directeur général, continue Graham, me saisit par le bras et me dit : « Dieu vous bénisse, je suis un chrétien, moi aussi, je vous verrai mercredi soir. » Le Seigneur avait son témoin ici même, au cœur des grands spectacles de variétés de la télévision.
Avant de parler au micro, je ressentis un peu de trac, je ne parle pas tous les jours devant autant de gens ; mais j’avais aussi la tranquille assurance que Dieu était avec nous. Pendant l’émission, j’étais calme, tout à fait à mon aise et je crois que le Seigneur m’a aidé à faire entendre son message.
Un journaliste a prétendu que Graham emmène avec lui toute une équipe d’agents de publicité. C’est complètement faux. Une jeune femme, Mme Betty Lowry, aidée d’une secrétaire, assure seule ses relations avec la presse. Jerry Beavan, sans aide, s’occupe de tous ses engagements avec la radio et la télévision, en sus de toutes ses autres tâches. Le moindre entrepreneur de spectacles aurait une « claque » plus importante.
Graham n’entretient aucune espèce de « claque » car ce sont les rédacteurs et les publicistes qui vont à lui. Il n’a pas à les solliciter. L’exemple de Steve Allen montre comment vont les choses : au printemps de 1957, un journaliste qui avait écrit maints articles sur Graham, parlait avec le célèbre animateur du spectacle de variétés.
— Vous devriez inviter Graham à paraître à votre émission, suggéra-t-il.
— Mais comment l’atteindre ? s’informa Allen.
— Téléphonez tout simplement au quartier général de la Croisade et demandez Jerry Beavan.
Quelques minutes plus tard, Beavan écoutait à l’appareil !
— Ici, Steve Allen, dit une voix, je voudrais inviter Billy, il serait mon hôte le dimanche précédant l’inauguration de la Croisade. Acceptera-t-il ?
Beavan répondit : Je crois que ça peut s’arranger.
C’était aussi simple que cela ! Et il suffit aussi d’un coup de téléphone de l’agent d’affaires d’Allen pour régler la question des cachets. Mais Billy ne voulait rien.
— Nous permettrez-vous alors d’envoyer une contribution pour votre œuvre ? Est-ce que vous seriez d’accord ?
Billy était d’accord et le trésorier de la Croisade reçut un chèque de mille cinq cents dollars.
Le lundi, son journal porte : Ce matin, j’ai paru à l’émission « Voici New-York ». Ils ont préparé cinq programmes, un pour chaque jour de cette semaine. A onze heures, j’étais de nouveau à la télévision. A deux heures, très intéressante interview avec Sidney Field, le célèbre journaliste attaché au New-York Mirror. Il y a longtemps que je n’ai rencontré un reporter aussi intéressant et aussi pénétrant.
Mardi matin, diverses interviews pour la radio. Dès midi, rencontre avec les célèbres animateurs Tex et Jinx, qui dirigent l’un des plus importants programmes télédiffusés. Quelle intéressante expérience, écrit Graham, … Tex et Jinx ont été charmants, si cordiaux et si simples, ils nous ont tout de suite mis à l’aise. Ils nous ont pratiquement donné tout le programme et à la fin de l’émission j’ai pu apporter mon message aux milliers de gens qui devaient être à l’écoute.
Pendant ce temps, les journaux ne restent pas inactifs. Mais, après avoir annoncé son arrivée, quelle nouvelle sensationnelle pouvait-on mettre en tête d’article ? Un journaliste crut avoir trouvé : « Un périodique important demande à Graham de dresser une liste des dix endroits les plus corrompus de New-York. Il refuse. »
Un des journalistes de Hearst publia alors une comparaison mal intentionnée entre les préparatifs compliqués de Graham et « la simplicité de l’organisation de saint Paul qui, pourtant, a réussi à convertir le monde entier ».
Mais l’hebdomadaire American Weekly, aux dix millions d’abonnés, aussi propriété de Hearst, publia un article dans lequel Graham lui-même donnait son avis sur l’état moral de l’Amérique. Beaucoup de nos problèmes, disait-il, viennent du fait que Dieu est absent de notre système d’éducation, et que la Bible est ignorée dans nos écoles. Citant une enquête célèbre, il disait : Saviez-vous que là où la famille fréquente régulièrement l’Eglise, il n’y a qu’un divorce sur cinquante-sept mariages et seulement un divorce sur cinq cents mariages là où l’on pratique la lecture quotidienne de la Bible et la prière en famille ?
Le mardi après-midi avait lieu un culte spécial pour consacrer le Madison Square Garden au service de Dieu. Graham y prit la parole et eut un avant-goût de ce qui l’attendait dans les jours à venir.
Nous ne disposions de la grande arène que pendant quarante-cinq minutes, écrit-il, un spectacle terminait sa répétition à cinq heures trente et ouvrait ses portes à sept. Il nous fallait être brefs. Je me rendis dans la salle annexe où je trouvai plusieurs membres du Comité et de l’équipe. Nous montâmes ensemble sur l’estrade vers six heures dix.
Déjà cinq ou six mille personnes étaient réunies. C’étaient les conseillers, les membres du service d’ordre, les choristes, les pasteurs. Merveilleuse ambiance ! Dieu était présent. J’ai donné un court message sur le désir de Paul d’aller à Rome, lorsqu’il dit : « Je me dois. je suis prêt. je n’ai pas honte ». Les évangélistes associés ont été présentés, quel beau groupe ils formaient !… Je suis sûr que le ciel était dans la joie tandis que le Dr Paul Rees prononçait une émouvante prière de dédicace. Nous sentions que Dieu était la.
A la fin du culte, je demandai à ceux qui voulaient renouveler leur consécration au service de Dieu de se lever et l’auditoire tout entier se leva, à l’exception d’un très petit nombre, surtout les gens de la Presse.
Mais la journée n’était pas terminée. Un homme aussi aimable que Billy Graham a de la peine à résister aux demandes les moins raisonnables des journalistes. Le culte était terminé, c’était le soir, il était temps de se reposer. Il écrit :
Rentré à l’hôtel, j’avais projeté d’aller visiter les diverses réunions de prière qui vont se prolonger toute la nuit. Mais j’étais si fatigué qu’il me paraissait préférable de me coucher et de prendre le plus de repos possible. Le lendemain commençait la Croisade et la journée menaçait d’être éreintante. J’entrai dans ma chambre, mais deux journalistes arrivèrent, envoyés de Life. Ils avaient besoin de photos pour leur article. Nous eûmes toute une discussion à propos du genre de photos qu’ils voulaient et finalement, puisqu’il pleuvait et qu’ils pensaient que cela ferait une bonne photo, je consentis à les accompagner à Times Square.
Nous avons parcouru la grande voie illuminée tandis qu’ils prenaient des photos. J’ai pu parler à beaucoup de gens, les invitant aux réunions, j’ai même parfois pu parler du Christ.
Nous avons atteint la grande église baptiste. Il y avait beaucoup de reporters photographes envoyés par les grands journaux, par Look et par Match. Un envoyé spécial et un photographe sont venus par avion de Paris pour Match, le plus grand hebdomadaire illustré français. Il a publié des articles sur notre travail en Angleterre et à Paris. Il y avait là des reporters de Suède, de Hollande et d’ Australie. L’intérêt suscité dans les autres parties du monde dépasse toute attente.
J’ai parlé brièvement à l’auditoire réuni là. Il y avait environ cinq cents personnes en prière. C’était merveilleux de voir tant de gens réunis à cette heure tardive et résolus à passer toute la nuit dans l’intercession. Nous avons reçu des télégrammes et des lettres de toutes les parties du monde affirmant que, cette nuit, des gens seraient en prière dans un grand nombre de pays. Certainement Dieu exaucera les prières de tant de gens.
Et finalement, le 15 mai — le jour J !
Dès l’aube, Graham courait à un studio car il devait paraître à l’émission matinale télédiffusée intitulée : « Aujourd’hui ».
En entrant, je tombai sur Gloria Swanson, écrit-il ; elle aussi devait paraître au cours de l’émission et nous eûmes environ une demi-heure d’intense discussion. Elle me semble être une femme dévouée, profondément préoccupée par les problèmes moraux de l’ Amérique. Elle consacre sa vie à relever la moralité du pays. Je me suis vite rendu compte que l’Amérique serait un endroit merveilleux si nos stars de cinéma ressemblaient à Gloria Swanson. Je l’invitai aux réunions et elle promit de venir.
Au cours de l’émission, des questions intéressantes et profondes me furent posées qui me permirent de prêcher l’Evangile. Puis on m’enregistra encore en vue d’une autre émission. Quel moyen fantastique et merveilleux nous est ainsi donné de mettre à la portée de tous le message de Dieu ! Je n’arrive pas à comprendre pourquoi tant de critiques religieux dénoncent ces moyens modernes. Même si mes méthodes sont loin d’être parfaites, et même s’ils les trouvent complètement fausses, ils devraient se réjouir de ce que tant de portes nous sont ouvertes pour prêcher l’Evangile à la télévision, à la radio, dans les grands quotidiens et les hebdomadaires illustrés. Quand avons-nous vu de tels moyens de propagande mis à la disposition de l’évangélisation ? Tous les chrétiens devraient s’en réjouir.
Cet après-midi-là, Graham ne disposait que de quelques minutes pour passer une revue hâtive, mais tout paraissait être au point. Au cours de la semaine, une réunion avec le Comité financier avait apporté la preuve que les fonds pour la Croisade rentraient à un taux à peu près satisfaisant. Un chrétien généreux avait même offert de garantir cent mille dollars si on envisageait la télédiffusion des réunions.
Les membres de l’équipe rentraient des réunions de prière qui avaient duré toute la nuit et reprenaient leur travail du jour. Tout semblait en ordre. Ce soir, des délégations occuperaient sept mille places, retenues à l’avance. On prévoyait l’arrivée de cent quatorze autocars, parqués, par permission spéciale de la police, entre la Quarante-cinquième et la Quarante-septième rue, le plus long arrêt d’autobus qu’on ait jamais vu !
On avait beaucoup discuté pour savoir où placer les délégations des églises. Si les pasteurs et leurs fidèles s’intéressaient à la Croisade au point d’écrire des semaines à l’avance pour annoncer leur arrivée, n’était-il pas logique de leur réserver les meilleures places, au parterre ? Mais d’autres voix s’étaient élevées pour exprimer la politique de Graham :
« Nous sommes ici pour apporter le message de Dieu aux indifférents. C’est eux qui doivent avoir les places de choix, premiers arrivés, premiers servis. Que les délégations des églises louent le Seigneur du haut des galeries. »
Un pasteur influent demanda un jour à Graham de prendre la parole à un congrès important réuni dans une ville voisine : « Venez nous parler, dit-il, je vous garantis qu’il y aura dix mille pasteurs pour vous écouter. »
Graham répondit : « Les pasteurs n’ont pas besoin de moi. Mais si vous me garantissez un auditoire de dix mille pécheurs, j’irai ! »
Au Madison Square Garden, des hommes couraient en tous sens, installaient des sièges, dressaient l’estrade, posant des mètres et des mètres de tenture, mettant tout au point. Des troupes d’ouvriers faisaient des heures supplémentaires pour achever les nouveaux escaliers roulants qui grimpaient vers les étages supérieurs. On n’avait plus le temps de rafraîchir les murs blanchis à la chaux. Dans les sous-sols, d’immenses ventilateurs essayaient en vain de chasser les derniers relents de la ménagerie du cirque.
Ce matin-là, le grand quotidien Herald Tribune avait fait paraître le premier des cent articles encadrés en première page qui devaient contenir un message personnel de l’évangéliste. Il y affirmait ceci : En ce jour d’inauguration de la Croisade de New-York, nous savons bien ce que nous attendons. Nous ne nous attendons pas à voir la ville entière transformée, mais des vies individuelles le seront. Lorsque la Croisade sera terminée, New-York, apparemment, n’aura changé en rien, elle sera toujours la même — extérieurement. Mais nous croyons sincèrement que des milliers de personnes seront miraculeusement renouvelées intérieurement, ils se seront mis en règle avec Dieu et leur transformation se fera sentir autour d’eux, les relations humaines seront améliorées.
D’autres journaux, à l’affût de nouvelles, faisaient paraître des articles sur l’évangéliste. Les associations de presse envoyaient aux rédacteurs des articles tout préparés, destinés à donner l’atmosphère de la Croisade.
Plus de trois cents journalistes, venus de toutes Les parties du monde, demandaient des places réservées pour la soirée d’inauguration.
Tout le jour, le téléphone de Billy Graham sonna. Des centaines de pasteurs, d’amis, de sympathisants ne demandaient que cinq minutes d’entretien. Depuis huit ans, au cours de ses nombreuses croisades à travers l’Amérique, Billy invitait ses nouveaux amis : « Si jamais vous êtes dans une ville où je prêche, venez me voir ».
Ils venaient, par centaines et par milliers, mais quelques-uns seulement purent avoir une entrevue avec lui, car les secrétaires, à bout de force, n’ouvraient pas toujours sa porte.
Enfin arriva l’heure que Graham réserve à la méditation, moment sacré que rien ne doit troubler. C’est l’heure des exercices spirituels, de la prière, de l’étude, de la préparation de ses messages. Du milieu de l’après-midi jusqu’à la réunion du soir, il ne voit personne, excepté le garçon qui lui apporte un léger dîner à cinq heures.
Le 15 mai il écrit :
La presse, aujourd’hui, a été remarquable. Presque tous les journaux ont des articles en première page exposant nos plans et le programme de ce soir.
J’ai encore posé pour les photographes de Life, et puis j’ai pu me retirer dans ma chambre pour prier, méditer, étudier et prendre un peu de repos.
Toute la journée nous avons reçu des télégrammes de toutes les parties du monde, partout l’on prie pour nous. Des gens célèbres comme Cecil B. De Mille, Roy Rogers et Dale Evans, des conseils d’Eglise, des associations pastorales, … même la petite Eglise dont j’ai été le pasteur à Western Springs. Il semble que tout autour du monde des chrétiens s’unissent pour prier en notre faveur.*
* Le Comité de Genève avait aussi envoyé un télégramme ainsi rédigé : « L’Action Commune d’Evangélisation à Genève envoie ses vœux pour la Croisade de New-York et attend de grandes victoires. Des milliers prient pour vous en Suisse. »
Mais tout l’après-midi mon cœur était angoissé, mon corps fatigué et mon esprit las. Le Seigneur, cependant, m’a soulagé et j’ai pu me rendre à la réunion, renouvelé dans mon corps et dans mon esprit, rempli d’espérance et de foi.
Ruth et moi nous nous sommes rendus dans la salle annexe où nous attendaient les membres du comité. Là, entourés par les photos des grands champions du monde des sports, nous nous sommes inclinés pour une dernière prière avant d’affronter notre premier auditoire new-yorkais. En descendant les marches, nous étions suivis et entourés par les photographes de presse. Je disais continuellement dans mon cœur : « Seigneur, que ce soit à ta gloire ! Fais que je m’efface ! »