Le secret du succès

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Le secret du succès

Aucun doute, la grande ville était étonnée ; cette débauche de publicité en faveur d’un ministre de l’Évangile, on n’avait rien vu de semblable !

— Dans quinze jours, il n’en restera rien ! prédisait un soi-disant prophète.

— Sa voix est en train de flancher, constatait un autre, jamais il ne pourra tenir six semaines. Je suis prêt à le parier.

Mais les gens réfléchis essayaient de comprendre et d’expliquer ce qui se passait au Madison Square Garden.

Graham prêchait chaque soir sans faire attention à sa voix qui, par moments, s’enrouait désagréablement. Au bout de quelques jours elle se rétablit et redevint un instrument docile et souple passant de la sévérité à la douceur.

Il savait mieux que personne que des milliers de gens étaient en train de juger son ministère. L’arène se remplissait chaque soir, les gens s’avançant par centaines, les commentaires allaient bon train, on se posait toutes sortes de questions, on interrogeait ceux qui avaient assisté aux réunions.

Par une chaleur pareille comment pouvait-il obtenir que les gens, malgré le trafic, s’enferment au Madison Square Garden ?

Comment faisait-il pour décider tant d’hommes, tant de femmes et tant de jeunes à répondre à son invitation ?

Comment ? Quel est son secret ?

Au début, seul le Dr Billy Graham sut donner une réponse satisfaisante. Il écrit, le 16 mai, dans son journal :

Cet après-midi, j’ai préparé mon message pour ce soir, sur le péché. J’ai beaucoup prié au cours de l’après-midi et j’ai pu dormir environ une heure. Il est bien rare que je puisse dormir l’après-midi. Ma gorge est de plus en plus douloureuse. Je supplie le Seigneur de me donner la victoire ce soir.

Quand je suis arrivé à l’arène avec Grady Wilson, un groupe d’hommes qui devaient monter avec nous sur l’estrade y étaient rassemblés, nous avons prié ensemble… Dès que nous sommes montés sur l’estrade nous avons senti la présence et la puissance de Dieu. Environ treize ou quatorze mille personnes étaient réunies, ce qui est un record je crois, pour une seconde soirée, à l’exception peut-être de Glasgow.

Ma gorge était si douloureuse que je ne ressentais aucune liberté en prêchant. Il y a une grande différence entre la liberté et la puissance. Quelquefois, lorsque je me suis senti le moins libre au cours de ma prédication, j’ai senti d’autant plus de puissance spirituelle. Je voyais que le Seigneur persuadait Lui-même les gens de la vérité de son message. Quand le moment de la décision arriva, ils s’avancèrent plus vite que la veille et cinq cent quarante-cinq personnes affluèrent ; il en venait des côtés et des galeries…

Trois jours plus tard :

Quels jours nous vivons ! Je n’ai jamais dans mon ministère été aussi conscient de la présence de Dieu qu’au Madison Square Garden. Je crois que vendredi soir, j’ai prêché avec plus de liberté et de puissance qu’à aucune autre époque de ma vie. Je ne me souviens pas m’être senti si abandonné au Saint-Esprit. Il semble que l’arène tout entière était comme chargée de la puissance du Saint-Esprit. Au moment de l’invitation à la décision, sept cent quatre-vingt-cinq personnes ont répondu à l’appel.

Vendredi soir, j’ai prêché sur la personne du Christ. J’ai insisté sur sa naissance miraculeuse, son expiation glorieuse et la victoire de sa résurrection. Le Seigneur a honoré ce message et a amené beaucoup d’âmes au Sauveur. Ce soir-là, je suis rentré soulagé, comme si un grand fardeau m’avait été ôté. Il me semble que petit à petit nous franchissons le cap…

Samedi, il écrit : Ce soir, le Madison Square Garden était plein et je crois que ceux qui ont répondu à l’invitation étaient encore plus nombreux que vendredi.

J’essaie d’apprendre par cœur un verset de l’Ecriture chaque jour, quoique je n’y arrive pas comme je le devrais.

Le verset que j’ai appris samedi était significatif : 2 Chroniques 20.15 : « Ainsi vous parle l’Eternel : Ne craignez point et ne vous effrayez point devant cette multitude nombreuse, car ce ne sera pas vous qui combattrez, ce sera Dieu ». Tout le jour ce passage m’est revenu à l’esprit. Pourtant avant la réunion il me semblait sentir l’opposition violente de Satan. Je redoutais presque d’entendre tout à coup des cris dans l’auditoire comme c’est arrivé quelquefois ; ce que j’attribue à une possession démoniaque. Je m’attendais à quelque éclat de l’ennemi. Je me rendis au Madison Square Garden le cœur très angoissé, en plein combat spirituel.

La prédication fut loin d’être facile. Je prêchais sur le sermon de Paul à Athènes. mais il n’y avait ni la liberté ni la puissance que j’avais ressenties la veille. Pourtant, au moment de l’appel, je crois que les décisions ont été encore plus nombreuses que d’habitude. Ils venaient au Christ sans arrêt, c’était un flot ininterrompu et pourtant j’ai bien montré les exigences et les difficultés de la vie chrétienne. L’appel était dur et difficile et cependant aussi clair que possible. Et pourtant ils viennent !

Et pourtant ils viennent !

Chaque soir au long des semaines et des mois, ils descendent de tous les coins de l’arène, prouvant qu’une puissance inconnue et merveilleuse est à l’œuvre. Mais la plupart des observateurs, ayant vécu depuis si longtemps d’une manière superficielle, ne pouvaient trouver autre chose que des explications superficielles.

C’est la personnalité de Graham, disait l’un. « Cet homme au regard scrutateur a l’air si seul et pourtant si fort. »

« C’est la conviction qui l’anime, disait un autre, il parle avec une si ardente conviction que tout son corps en vibre. »

Ils ne voyaient qu’un orateur puissant, dynamique.

D’autres voyaient en lui un « type épatant ». A Washington, l’an passé, lorsqu’il devait parler au Club national de la Presse, on avait beaucoup discuté, car certains pensaient qu’il fallait fermer le bar pendant sa visite. Il avait déconcerté le comité en commençant par entrer au bar pour y boire un jus d’orange.

C’est un modeste : Chaque fois que je vois mon nom mis en vedette, cela me rend malade. Car Dieu dit qu’Il ne partage pas sa gloire avec un autre. Faites-moi des compliments si vous voulez ruiner mon ministère. Si Dieu retiraitsa main, mes lèvres deviendraient muettes. Je ne suis pas un intellectuel et il y a des milliers de meilleurs orateurs. Je ne suis qu’un outil de Dieu.

Un outil dirigé par Dieu, aurait-il pu ajouter. Bien des prédicateurs à New-York parlent comme si leur sermon du dimanche était une corvée. Graham dit : Je suis un évangéliste parce que je ne peux pas faire autrement. Si je m’abstenais de prêcher, j’éclaterais tant la pression intérieure est forte.

Les foules de Broadway qui voyaient chaque soir des torrents humains s’engouffrer dans l’immense arène, tout en admettant les qualités exceptionnelles de l’évangéliste, sentaient bien qu’elles ne suffisaient pas à attirer cinq cent soixante-quinze mille auditeurs au cours du premier mois, ni à faire se lever dix-huit mille personnes pour chercher du secours spirituel. S’agissait-il de battage publicitaire et d’habileté commerciale ? Broadway, avec ses innombrables réclames au néon, ses enseignes éclatantes, ses spectacles à bon marché est le centre de la publicité tapageuse, et de nombreux experts allèrent écouter Graham dans l’espoir d’apprendre de nouveaux trucs.

Ils découvrirent une église !

Et ils découvrirent la Bible. Graham s’en servait tout le temps, il la tenait ouverte dans sa main, l’élevait au-dessus de sa tête, la montrait à ses auditeurs. C’était une tache blanche, une pointe d’épée, la lueur d’un phare. Même des derniers rangs des galeries on pouvait la voir briller.

Chaque soir, Graham disait à ses auditeurs : « Apportez vos Bibles ! Combien d’entre vous ont apporté leur Bible ? Montrez-les. Plus haut, pour que nous puissions les compter ! »

A mesure que les semaines passaient, les Bibles se multipliaient, on les voyait onduler comme un beau champ de blé mûr. Des Bibles par milliers qu’on verrait tout à l’heure reposer sur les genoux des voyageurs dans les métros, dans les trains, où des milliers de gens les verraient. Ces Bibles s’ouvriraient dans un autobus roulant en ville ou sur une table, pour expliquer à un ami le secret de la joie du salut en Jésus-Christ.

Une jeune femme écrivait au Dr Graham : A votre suggestion, je me suis mise à emporter ma Bible avec moi en allant au travail. Au début, cela m’ennuyait un peu quand on l’apercevait dans mon sac, mais j’ai remarqué que les gens lisaient sans honte des illustrés sales et des romans douteux, alors je me suis dit : De quoi as-tu peur ? C’est La Parole de Dieu, c’est son message pour tous. Alors j’ai eu le courage de la sortir de mon sac et de la lire ouvertement, parfois même pendant que je m’accrochais à une poignée dans le métro, et j’ai été émerveillée de voir de nombreuses personnes se pencher et essayer de lire un passage de la Bible par-dessus mon épaule.

Etait-ce de la publicité tapageuse ? Pas celle dont Broadway use et abuse, en tout cas.

Mais alors à quoi donc attribuer ce succès de la Croisade ? Des grands noms ? Des vedettes connues ? Voilà peut-être l’explication. Il y avait en effet dans l’auditoire des personnalités de premier plan, beaucoup de célébrités…

Des artistes, des vedettes de la télévision, le Vice-président Nixon, des hommes politiques, des stars de cinéma, des champions de sport, des chansonniers et jusqu’au chef Tarari, un ancien chasseur de têtes des jungles du Pérou, portant des plumes, des perles et un sourire fraternel.

Mais il devait y avoir une autre réponse. Pouvait-on attribuer ce succès à la publicité ?

Une enquête auprès des libraires prouva qu’on n’avait jamais tant vendu de Bibles à New-York. Etait-ce dû à la publicité ?

Billy Graham n’est pas opposé à ces méthodes, il les a même défendues publiquement :

Je sais que des pasteurs, écrit-il, ne sont pas d’accord avec nous quant à nos méthodes d’évangélisation. Certaines personnes s’opposent à la publicité religieuse. Pourtant toute organisation qui a quelque chose de valable à offrir au public s’empare des moyens quasi miraculeux qu’offre la technique moderne. Notre tâche est de présenter au public la seule valeur véritable. Pourquoi ne pas lui donner au moins autant d’importance qu’au moindre de nos produits passagers ?

« Il est mis en vedette par le grand hebdomadaire Life, disait-on, voilà son secret, les journalistes le font mousser. Rappelez-vous le numéro du 1er juillet, Billy occupait toute la couverture et plusieurs pages intérieures. »

Mais tous, d’après Graham et son équipe, étaient à côté de la question. Pour cette ville compliquée, égocentrique, aux multiples visages, le secret de Graham était trop simple. Ainsi que le déclara l’un des responsables du Comité des hommes d’affaires chrétiens à un journaliste de Brooklyn : « C’est tout simplement le miracle de la nouvelle naissance. Les gens sont transformés, et cela par milliers ! »

Les loustics de la grande métropole se mirent à faire des plaisanteries irrévérencieuses. Ils baptisèrent la Croisade de Graham un « Christ-orama » et parlèrent en se moquant de la re-naissance.

Mais ce dont ils parlaient avec tant de légèreté, ils n’en avaient aucune idée, tandis que ceux qui s’avançaient au cours des réunions savaient de quoi il s’agissait. Aux rencontres de l’équipe, on racontait leur histoire, on lisait certaines des lettres qu’ils écrivaient au quartier général de la Croisade. Elles arrivaient nombreuses, ces lettres, longues, ardentes, débordantes de reconnaissance. Si quelqu’un du dehors avait pu les lire, il aurait secoué la tête et dit : « C’est incompréhensible, incroyable ! » Mais l’équipe comprenait, Graham comprenait, mais pas New-York, pas encore.

Les journalistes multipliaient les interviews, cherchaient des documents, ils se demandaient : « Pourquoi ces gens sont-ils si heureux ? » Les lettres répondaient à cette question.

D’une femme de Rego Park : Je ne sais pas comment nous avons réussi à vivre ensemble, depuis quatre ans que nous sommes mariés, sans connaître le Seigneur. Les mots ne peuvent pas décrire la transformation de notre vie commune. Pour employer une comparaison bien faible, je dirai que c’est comme si une bouffée d’air frais, propre et pur m’avait enveloppée, et cette impression ne m’a pas quittée, et ne me quittera jamais, j’en suis sûre.

D’une jeune fille : Je veux vous écrire pour vous dire quelle vie merveilleuse je vis depuis quelques semaines. J’ai en moi une paix et un sentiment de plénitude que je n’ai jamais éprouvés auparavant. Je lis l’Evangile de Jean où il y a tant de messages vrais et actuels. Je ne me sens plus seule, quoi que je fasse, car Christ est toujours avec moi. Quelle merveilleuse certitude !

D’un homme du Connecticut : Cher Billy Graham, j’avais trouvé place à la deuxième galerie et j’étais bien sûr que le salut n’était pas pour moi, quoique j’aie été et sois encore très actif dans mon église. Je me mis à prier pour que d’autres soient poussés à le recevoir et s’avancent. C’est alors que le miracle est arrivé. C’est comme si Dieu m’avait pratiquement éjecté de mon siège. J’essayai de lui dire et de dire à moi-même que tout cela était absurde, Comme je m’avançais, je me disais que je m’étais levé pour sortir de la salle. Mais non ! Je me trouvai, avec des centaines d’autres, debout au pied de l’estrade, c’est-à-dire au pied de la Croix.

Le lendemain… quelques amis… nous sommes sortis, nous avons fait la fête et je me suis enivré, et tout ce monde nouveau qui s’était entrouvert pour moi s’est écroulé. J’ai prié, mais l’Esprit était parti. Alors je suis retourné au Madison Square Garden, à midi, dans l’espoir d’y rencontrer un évangéliste associé à la Croisade. Finalement, j’en ai trouvé un, il a été merveilleusement compréhensif. Aucun local n’était libre, et nous nous sommes assis, tout seuls, dans l’immense arène. Par des passages des Ecritures, il m’a assuré du pardon de Dieu. J’ai pleuré et compris. Sa prière a été magnifique et m’a rendu la certitude. Mes profonds remerciements vont à vous et aux collaborateurs associés à votre Croisade. Ils ont rapproché du Christ des milliers de gens et même moi.

Rapport d’un conseiller spirituel : Ceci concerne une jeune femme d’environ trente ans. Elle est dans les affaires. Depuis longtemps elle cherchait en vain la paix. Elle avait dû consulter un psychiatre, aux honoraires exorbitants, sans aucun résultat. Elle était sur le point d’abandonner son travail, Un samedi, elle prit, à la télévision, la réunion du Madison Square Garden. Il lui semblait que Graham s’adressait directement à elle. En écoutant, elle s’aperçut que son angoisse se calmait. Serait-il possible, se demanda-t-elle, que Jésus soit la réponse à nos problèmes ? Agenouillée à côté de son poste de télévision, elle pria.

« Quand je me relevai, raconte-t-elle, c’était incroyable, j’étais franchement joyeuse. Pleine d’énergie, je me mis à nettoyer la chambre et à faire la lessive. Cela semble absurde, mais il était minuit quand j’achevai de pendre le linge. Le lendemain, j’allai à l’église pour la première fois depuis des années et j’en ai beaucoup joui. Tout à coup je me rappelai mon prochain rendez-vous chez le psychiatre. »

Se demandant ce qu’il fallait faire, elle se rendit au Madison Square Garden, à la salle des conseillers. On put lui donner des directives et l’affermir dans la foi. Quand elle partit, elle était une jeune fille heureuse et forte.

Mais l’histoire ne se termine pas là, ajoute le rapport, elle forma une équipe d’une quinzaine de membres qui se rendaient régulièrement aux réunions de la Croisade, et qui, sans se lasser, racontaient à d’autres ce que Christ avait fait pour eux. Un jour, apprenant que la Croisade allait probablement se terminer au mois de juillet, elle fit circuler, avec l’aide de son équipe, une pétition suppliant Graham de la prolonger et lui promettant toute l’aide au pouvoir des signataires. Elle réunit cinq cent trente-deux signatures.

Rapport d’un autre conseiller : J’ai eu affaire ce soir à un homme profondément bouleversé. Il m’a déclaré ceci : « Je suis venu déjà à plusieurs réunions, mais ce soir, j’ai été contraint de m’avancer. » Je lui ai demandé s’il avait déjà des expériences religieuses. Il m’a répondu : «&nbs;Certainement. J’ai accepté Christ quand j’étais jeune, Je suis membre d’une église de la Cinquième Avenue. Mais ce soir je me suis avancé la conscience chargée. »

Cet homme est docteur ès lettres et professeur à l’Université. Il est, je crois, une vivante réponse à ceux qui prétendent que la prédication du Dr Graham ne peut pas toucher les intellectuels.

Dans un autre rapport de conseiller, nous trouvons ceci : Cette jeune femme de vingt-neuf ans est mariée depuis quatre ans à un soldat. Elle sent depuis quelque temps un besoin croissant de Dieu. Elle a été élevée dans un couvent catholique en Indochine où son père était fonctionnaire. Elle a examiné et étudié beaucoup de religions et s’était finalement décidée pour le Yoga, lorsque la curiosité l’amena au Madison Square Garden. Dès la première fois, elle s’avança pour accepter le Christ. De retour à la maison elle raconta tout à son mari qui l’accompagna le lendemain et lui aussi donna sa vie à Jésus. Dès que possible, dès qu’il sera libéré de l’armée, ils espèrent retourner en Indochine, mais cette fois comme missionnaires.

Rapport d’un instructeur* : J’ai rencontré cet homme d’affaires de la Virginie occidentale dans le hall d’entrée, il cherchait quelqu’un qui puisse l’aider. Il avait assisté précédemment à une des réunions de la Croisade au cours d’un séjour qu’il avait fait à New-York pour assister à un congrès commercial ; il s’était même avancé, mais le salut était pour lui une chose trop difficile à comprendre, et il était parti en hâte pour attraper son train.

* Les instructeurs sont des pasteurs ou des laïcs expérimentés qui secondent les conseillers dans leur tâche.

A la gare, des gens qui avaient aussi assisté à la réunion aperçurent l’enveloppe verte qu’on lui avait remise à la salle annexe. Ils se mirent à lui parler et lui rendirent témoignage de ce que Dieu avait fait dans leur vie.

Tout le long du trajet cet homme pensa à ces inconnus rencontrés sur le quai de la gare. Ils avaient l’air si heureux ! Arrivé à la maison, il raconta tout à sa femme et à ses enfants et, en parlant, il se rendit compte qu’il lui fallait retourner au Madison Square Garden. Il s’y rendit en voiture, conduisant toute la journée.

Nous avons parlé ensemble cet après-midi-là, il a assisté à la réunion du soir, puis nous avons encore eu un entretien. Cette fois il reconnut ses péchés et reçut le Christ dans son cœur. Plus tard, nous prîmes un repas ensemble, il pouvait à peine se contenir, il n’avait qu’une hâte : retourner chez lui pour faire part à sa famille et à ses employés de sa grande découverte et commencer avec eux des études bibliques et des réunions de prière.

Des lettres, des cartes postales, des rapports, des notes hâtives, des gribouillages, tout cela écrit en diverses langues — plus d’une douzaine — reflétaient la faim spirituelle de New-York. Jour après jour les preuves s’accumulaient. Un soir, Billy Graham en tira la leçon en écrivant dans son journal : Oh, la faim spirituelle de New-York ! La question qui brûle dans mon âme est celle-ci : Mais qu’est-ce que les prédicateurs ont bien pu prêcher ? Si seulement ils se rendaient compte que ces gens ont soif d’un message tout simple, de l’Evangile qui puisse les amener à Christ. Un monsieur âgé m’a saisi la main et m’a dit : « M. Graham, j’ai trouvé Christ hier soir. Quelle différence ! » Et puis il a éclaté en sanglots. Que d’histoires nous entendons, que de vies transformées ! Une « girl » de music-hall à Broadway qui était venue du Texas il y a trois ans et qui avait succombé à la tentation des stupéfiants, de l’alcool et de la débauche, a été cependant glorieusement convertie.



Cliff Barrows — debout sur l’estrade — dirige le chœur de 2000 personnes de la Croisade de New-York. Photo Impact.



Un objectif de la mission de Billy Graham est d’atteindre les gens qui ne fréquentent aucune église. Lors de la Croisade, il adresse son premier sermon en plein air à une foule de quarante mille personnes réunies dans un parc de Brooklyn. Photo Jerry Beavan.



Billy Graham prêche l’Evangile partout où il peut. Ici, des marches d’une église méthodiste, il s’adresse à une foule de cinq mille personnes dans le quartier noir de Harlem. Photo Bob French.

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