Nous ne sommes pas perplexes quant à cette “image”. Elle ne renvoie pas à un Dieu inaccessible, inintelligible, incompréhensible, abstrait et nécessairement… cruel. Notre référence n’est pas non plus idéelle : elle est le Christ de l’Écriture, de l’Évangile et des Apôtres. L’image qui nous est proposée est celle de la communion au Fils de Dieu, Christ et Sauveur, le mien et le vôtre. Tout animée d’Esprit-Saint, cette Parole se met à notre niveau, nous accueille tels que nous sommes, vient à notre aide, nous accompagne. Notre image défigurée, elle la “re-forme” irrésistiblement, infailliblement, jusqu’au terme de notre vie, en une image “restaurée” ayant figure de “fils” ou de “fille” de Dieu.
Ces lignes vous semblent-elles difficiles à comprendre, “abstraites” peut-être ? Pour en saisir la pénétrante simplicité référons-nous à l’Apôtre Paul qui affirme :
“Nous n’avons qu’un seul Dieu : le Père
de qui tout procède,
et nous sommes pour Lui :
Nous n’avons qu’un seul Seigneur : Jésus-Christ,
par qui tout existe,
et nous sommes par Lui.”
(1 Cor. 8.6)
“De qui (…) pour lui (…)” : “par qui (…) par Lui.” Il insiste :
“Le Seigneur Jésus-Christ est, lui, l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. Car c’est en lui que tout a été créé dans les cieux et sur la terre, le visible et l’invisible, les trônes, les dominations, les autorités, les puissances.
Tout a été créé par lui et pour lui ;
Il est avant toutes choses,
et toutes choses subsistent en lui.” (Col. 1.16b-17)
Défigurée par le péché, notre image doit être réparée : Christ, notre Seigneur, image vivante de Dieu, fait de nous, tout au long de notre vie terrestre, de nouvelles créatures, mieux : de nouvelles créations, et nous réforme à son image par l’action de son Esprit.
Le monde a été créé à cause de nous, il subsiste à cause de nous : telle est l’extraordinaire vérité ! Dieu nous y a personnellement placés, vous et moi, afin que nous soyons ses vivantes images ; que nous puissions, sachions lui rendre hommage ; que nous souhaitions l’aimer, et que tel soit notre ineffable bonheur. Afin de le servir ici-bas par notre raison, notre intelligence, notre volonté ; de distinguer le bien du mal pour la conservation et l’épanouissement de ce monde que Dieu met à notre service, non seulement pour une existence transitoire, mais en chemin pour la vie éternelle à laquelle Dieu nous appelle ; pour y recevoir “la véritable lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde.” (Jean 1.9) Nous sommes bien incapables de nous imaginer sa beauté, la plénitude de sa gloire !
“Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve est le maître du ciel et de la terre. (…) C’est lui qui donne à tous la vie, la respiration, toutes choses. (…) Car c’est en Lui que nous avons aujourd’hui la vie, le mouvement et l’être. (…) Nous sommes de la race de Dieu.” (Actes 17.24-29)
Le croyez-vous ?
Dieu étant invisible se fait connaître à nous par sa vivante Image, en la personne de son Fils unique. Il veut être adoré en Christ, “l’image du Dieu invisible” (Col. 1.15 ; 2 Cor. 4.4), pureté incarnée, perfection de justice, miroir de toute obéissance.
Il ne lui manque rien : il accomplit toute la Loi, il est l’Image de Dieu, sa présence, tel que Jacob le rencontre en songe à Béthel, où il voit une échelle posée sur la terre, dont le sommet touche aux cieux : des Anges de Dieu montent et descendent tout au long. En haut se tient l’Éternel. “Je suis, dit-il, le Dieu d’Abraham ton père et le Dieu d’Isaac.” (Gen. 28.10-13) Ainsi, seul le Christ, chef des Anges, unit le ciel à la terre qu’il embrasse simultanément. Par lui seul la richesse des biens célestes descend ici-bas sur nous ; par lui seul, de notre côté, nous montons jusqu’à Dieu. Sur terre, ses membres sont servis par ses Anges.
Qu’est donc notre régénération sinon la restauration de son image, celle du Christ, en nous ? Les croyants présentent ici-bas l’image de leur Père céleste ; ils peuvent se déclarer ses enfants légitimes. Qui mépriserait l’honneur d’être créé à l’image de Dieu, d’être, parce qu’il l’a ainsi déterminé, faits, ordonnés, à l’avance, conformes à l’image de son Fils qui devient ainsi “l’aîné d’un grand nombre de frères” (Rom. 8.29) ? Réfléchissez à cette prodigieuse destinée : “J’appartiens à une famille dont l’aîné est le Christ, mon frère, et dont Adam occupe la seconde place” ! N’hésitez pas à revendiquer cette parenté dont les liens se tissent et s’étendent au fil des millénaires. Sachons que parmi les misères dont est pleine notre vie d’ici-bas, Dieu nous élève à une si haute dignité qu’il assujettit à notre domination tout ce qui est en ce monde. Quant aux incrédules, ils ne voient pas resplendir le glorieux Évangile de Christ, qui est l’image de Dieu (2 Cor. 4.4).
La gloire à venir n’est promise qu’à ceux chez qui l’image de Dieu brille déjà ; qui, chaque jour transformés en elle, progressent pas à pas sur le chemin de la gloire. Cette vie nous est à présent cachée, notre salut invisible. Voilà pourquoi, en sa parabole du semeur, le Christ nous fait souvenir du ciel dont nous attendons la gloire qui nous est promise (Matth. 13.16-30).
Christ se manifeste à nous afin de nous re-former à l’image de Dieu, en nous donnant son Saint-Esprit et, nous revêtant de sa justice, nous conduire à la vie éternelle.