A. Comme toi ou comme Lui
L’une, dans l’Ancien Testament :
“Tu aimeras ton prochain comme toi-même.” (Lév. 19.18)
C’est l’amour de chacun pour soi qui est la règle. Ce commandement universel est maintes fois repris dans le Nouveau Testament. Chaque homme est le prochain de tous et tous sont respectivement ses prochains.24
24 Matthieu 19.19 et 22.39 ; Marc 12.31 ; Luc 10.27 ; Romains 13.9 ; Gal. 5.14 ; Jacques 2.8.
A ses disciples, Jésus donne un commandement radicalement nouveau :
“Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.” (Jean 13.34)
Seuls peuvent le recevoir les disciples du Christ : pour ceux qui ne le connaissent pas, ce commandement n’a aucun sens. Ils ne peuvent s’imaginer ni se représenter l’amour du Christ en qui ils ne croient pas et qu’ils ne comprennent pas. En Christ, par contre, nous sommes entre nous plus que des “prochains” : entre nous et les uns pour les autres nous sont des frères et des sœurs.
Sans exception, le Nouveau Testament tient rigoureusement compte de cette distinction entre “prochains” d’une part, “frères et sœurs” de l’autre. Seuls ceux et celles qui connaissent et savent de quel amour le Christ les a aimés en donnant sa vie pour eux entretiennent des relations fraternelles ; ils sont de la même famille spirituelle. Plus encore : ce sont ceux-là, et ceux-là seuls, que le Christ reconnaît pour ses frères et ses sœurs, car il s’est véritablement fait leur frère. Seule la foi en fait une même famille : la famille du Christ. A cette règle le Nouveau Testament ne comporte aucune exception.25
25 Tel est le sens de Matthieu 25.31-46. Il est faux de prétendre qu’en Matthieu 25 le Christ élargit, universalise Matthieu 10.42, dans le sens de tout homme dans le besoin. “L’un de ces plus petits de mes frères” (v. 40) ne peut être traduit “l’un de ces plus petits qui sont mes frères”, ceux-ci représentant “tous les hommes” au superlatif. C’est fausser le texte grec en y ajoutant des mots qu’il ne comporte pas, et rendre incompréhensible l’introduction de la parabole (v. 31-33). On surajoute ici une interprétation politique selon le thème récent de l’identification du Christ avec “les plus pauvres” de la terre, quels qu’ils soient.
Dans le Nouveau Testament, “les frères”, au sens chrétien, est employé soixante fois, sans aucune exception, dans le sens de “frère” du Christ, jamais dans celui du “prochain”, fût-il dans la nécessité. Cela est si vrai que les exégètes donnent alors de ce texte l’une ou l’autre interprétation au choix selon ces deux traductions.
La distinction s’impose : il existe un lien de société commun à tous les enfants d’Adam, mais une conjonction plus sainte entre les enfants de Dieu. Mon prochain et moi-même sommes à l’image du Dieu Créateur ; croyants, nous sommes transformés à l’image du Christ Rédempteur. La dignité de prochain est ainsi conférée à tout homme par droit de Création ; la fraternité des croyants par droit de Rédemption.
“Nous réfléchissons comme un miroir la gloire du Seigneur ; nous sommes transformés à son image, de gloire en gloire, car telle est l’action de l’Esprit du Seigneur.” (2 Cor. 3.18)
Tout homme doit aimer son prochain “comme soi-même”, puisqu’il est la mesure de ce qu’il peut et se doit “à soi-même”. Mais tout croyant, frère du Christ, doit aimer son frère “comme le Christ l’a aimé”. Cet amour ne peut être discerné et pris en considération que de celui qui, par sa foi, est capable de l’entrevoir, de le ressentir tel qu’il est : à savoir cet amour du Christ pour lui et pour ses frères dans la communion de l’Église en vue de le dispenser à son tour : c’est l’entreprise, le discernement, l’action de grâce de toute une vie ! L’amour du prochain est à mesure humaine, l’amour du Christ surpasse toute connaissance (Éph. 3.19). Aucun prochain n’en aura la moindre idée ; l’amour du frère ou de la sœur pour la sœur ou le frère ne peut donc qu’y tendre par la foi, sans jamais atteindre celui du Christ.
B. Ceux du dehors et ceux du dedans
Selon la terminologie du Christ et du Nouveau Testament, les non-croyants constituent le Monde ; ils sont les enfants de ce monde ; les croyants, fils du Royaume, sont son propre corps, les membres de son Église. L’Église et le Monde sont deux collectivités dont les membres agissent différemment les uns à l’égard des autres. Ainsi apparaît l’inégalité de comportement des croyants “les uns envers les autres”, et des païens “entre eux”. Les chrétiens (ceux qui le sont, non ceux qui n’en portent que le nom) apprennent de Dieu à s’aimer les uns les autres. Ils s’exhortent, s’avertissent, s’encouragent, se consolent, s’édifient, se supportent les uns les autres : ils ne se jugent pas, se saluent d’un saint baiser, s’accueillent comme Christ les accueille, se préviennent d’égards réciproques.
Les chrétiens sont membres les uns des autres. Ils ont un égal souci, portent les fardeaux les uns des autres, accomplissent ainsi la Loi du Christ. Ils sont, par amour, serviteurs les uns des autres.
Les chrétiens s’arment d’humilité les uns à l’égard des autres, se soumettent les uns aux autres dans la crainte du Christ, se confessent leurs péchés, se pardonnent réciproquement.
Les uns avec les autres, les chrétiens vivent en bonne intelligence, dans la paix, en une communion réciproque. Ils recherchent ce qui contribue à l’édification des uns par les autres. Ils veillent les uns sur les autres pour s’inciter à la charité et aux bonnes œuvres. Ils sont bons et pleins de compassion, exercent l’hospitalité, recherchent ce qui est bien les uns envers les autres. Ils prient, enfin, les uns pour les autres.
Densité d’actions, d’interactions ; entrecroisement de pensées et de gestes d’amour ! Textures de délicatesses et de sympathie réfléchie ! Bref ! Ils forment un seul corps, le Corps du Christ : ils sont ses membres chacun pour sa part… même si dans nos Églises il y a loin de l’ordre reçu à sa mise en pratique ! “Pécher contre les frères, c’est pécher contre Christ.” L’avertissement de Paul a une portée générale (1 Cor. 8.12).
Quant aux incroyants, que d’antipathies ! Elles sont énumérées dans le Nouveau Testament : ils se provoquent, se trahissent, se mordent et se dévorent les uns les autres ; ils pratiquent le mensonge, rendent à autrui le mal pour le mal ; ils se plaignent et médisent ; ils recherchent et reçoivent leur gloire les uns des autres. Telle est l’image du monde que “les hommes” en général nous apportent au long des siècles ! La lecture d’une histoire universelle, la presse, les médias, les querelles de familles, toute forme de guerre, etc.!… le prouvent. Et ce serait pire encore si Dieu n’y tenait la main par l’activité vigilante de sa providence et de sa grâce commune, afin que quelque figure d’humanité subsiste parmi les humains.
Prenant conscience d’un même coup d’œil de ce que chaque croyant est invité à faire pour ses frères et sœurs en Christ, et à recevoir d’eux pour soi-même ; de la manière dont les incroyants se détruisent les uns les autres, d’une part ; de ce que ce sont respectivement “ceux du dedans” et “ceux du dehors”, d’autre part, il saute aux yeux que les uns et les autres n’appartiennent pas au même “corps” : les uns font corps avec Christ, les autres, selon Lui, font corps avec Satan : “Retirez-vous de moi, maudits, déclare le Christ-Roi, jusque dans le feu éternel préparé pour le Diable et pour ses anges.” (Matth. 25.41)
C. À l’image de Dieu — À l’image du Christ
La question se pose alors des rapports entre ceux qui reflètent l’image de Dieu, d’une part, et ceux qui portent l’image du Christ, d’autre part. Ceux qui ne partagent pas la même foi que nous se comportent le plus souvent en ennemis sur la conception du monde et de la vie ; ils nous tiennent volontiers à distance, nous persécutent. L’ordre de nature, cependant, nous montre que nous ne devons point les rejeter à notre tour et que, bien au contraire, autant que cela dépende de nous, nous devons les réunir au corps du Christ puisqu’ils sont alors, comme tels, des membres retranchés. Ne sommes-nous pas d’une même nature ? L’image de Dieu n’est-elle pas imprimée en tous ? Celle du Christ en tous les croyants ? Malgré l’apparence, il existe entre tous un lien indestructible. Dieu n’étant pas divisé, tâchons donc de tout réunir en lui !
Nous l’avons vu : notre Seigneur n’a pas créé des mondes éloignés les uns des autres, afin que chacun demeure à l’écart, ne vive que pour soi et son profit personnel ; il nous met les uns avec les autres, dans une habitation commune ; il oblige chacun de nous à communiquer avec ses prochains. Dieu nous a créés d’une seule et même nature. Quand je regarde un homme, je dois y contempler mon image, me regarder en sa personne et m’y reconnaître. Dieu a gravé son image en nous tous. Si donc nous l’honorons et le respectons, nous ne pouvons mépriser son image qu’il a gravée en tous les hommes.
Un exposé ex cathedra serait à présent bien abstrus. Terminons cette section sur “L’image partagée” par de petites “touches” dont chacune comporte son application immédiate, aisée à mémoriser.
D. L’image partagée chez les autres
Puisque nous sommes tous créés par Dieu, et que Dieu nous tient en sa main, ne faut-il pas qu’ensemble nous formions une vraie fraternité ? Ceux qui ne partagent pas la même foi que nous sont souvent nos ennemis et nous tiennent à distance. Cependant, l’ordre de nature nous montre que nous ne devons point les rejeter, mais au contraire — pour autant que cela dépende de nous — nous efforcer de les réunir en un même corps. Étant tous d’une même nature, l’image de Dieu est imprimée en nous tous d’un sceau indestructible. Dieu n’étant point divisé, nous tâchons donc de les réunir tous en lui.
Enfants de Dieu, côtoyons-nous donc en paix ; maintenons la concorde, abstenons-nous de toute passion, de mépris ou d’amertume. Sachons apprécier ceux qui cheminent avec nous et avec lesquels nous partageons la même image. Si nous sommes humains, compréhensifs et doux, nous ressemblons à Dieu ; montrons donc que nous sommes ses enfants, et qu’il a bien imprimé son image en nous. Faire injure à ses frères, c’est offenser Dieu.
La miséricorde de Dieu
Selon Paul, Dieu serait-il seulement le Dieu des chrétiens ? Ne l’est-il pas aussi des incroyants et des païens ? (Rom. 3.29-30). Le Christ règne sur le monde entier. Dieu rend participants de sa miséricorde tous les peuples de la terre ; car tous sont formés à son image et maintenus ici-bas dans l’espérance d’une éternité bienheureuse.
Douceur de cœur
Qui voudrait s’exempter de venir en aide à son prochain se défigure et proclame qu’il ne veut plus être “homme”.
Sachons contempler notre visage en celui qui est pauvre et méprisé, qui n’en peut plus, qui gémit sous le fardeau. Nous serait-il le plus étranger au monde, c’est un homme ! Malgré tout, il se présente à nous comme un miroir où — selon l’ordre de nature — nous pouvons contempler notre frère, notre sœur et, selon l’Évangile, notre prochain.
La classe sociale donne-t-elle des droits ?
Le “droit” des maîtres à l’égard de leurs “inférieurs” a toujours été contraire à tout ordre de nature, car nous sommes tous formés à l’image de Dieu. Il est intolérable qu’une créature raisonnable, en qui Dieu a imprimé sa marque, soit traitée avec mépris. Si Dieu nous privilégie d’une situation sociale particulière, ayons à cœur de l’exercer selon sa volonté ! Nous ne pouvons mépriser ou opprimer notre prochain sans que Dieu n’en soit personnellement offensé. Il a imprimé son image en chacun de nous. Je ne puis donc regarder personne sans m’y voir moi-même comme en un miroir ! Dieu est le Créateur du genre humain tout entier ; il est aussi le Père de chaque membre de l’Église du Christ. Si nous n’y vivons pas ensemble en maintenant la fraternité entre tous, n’est-ce pas renoncer à la grâce de notre Dieu, quitter sa maison, au lieu d’être ses serviteurs ?
Dieu nous a créés à son image : il ne devrait donc pas nous être difficile ni contrariant de nous aimer les uns les autres.
Communiquons la vie
Notre Seigneur n’a pas créé des mondes éloignés les uns des autres pour que chacun demeure à l’écart, ne vive que pour soi et son profit personnel : il nous a mis tous ensemble, les uns avec les autres dans une habitation commune ; aussi chacun de nous est-il obligé de communiquer avec son prochain. Dieu nous a créés d’une seule et même nature. Quand je regarde un homme, je dois y découvrir ma propre image, me contempler en sa personne et m’y reconnaître. Si nous honorons et respectons Dieu, n’est-il pas raisonnable de ne pas mépriser son image gravée en tous les hommes ?
Compassion pour mon prochain
Sommes-nous vraiment humains ? Nous devons avoir de la compassion pour ceux qui nous entourent. Tout homme est ici-bas notre propre miroir. Quelqu’un souffre-t-il ? Nous devons le ressentir au plus profond de nous-mêmes et porter une partie de son mal :
L’homicide
Tout homme étant créé à l’image de Dieu, ne peut être tué sans que l’offense soit faite à Dieu en personne ; parce qu’Il a imprimé son image à notre nature, que chacun de nous se mire en son prochain.
Il en va de même des châtiments immodérés, qui dépassent les règles raisonnables de la pédagogie. Tuer un homme c’est violer l’image de Dieu. Dieu a ces meurtres en abomination. Il veut que le sang humain soit épargné.
Bien évidemment, cela concerne toutes les sortes possibles et imaginables de torture.
Les guerres
S’il peut être licite de tuer des ennemis à la guerre, Dieu dit que nos mains en sont souillées, non que ce soit à ses yeux comme un crime de droit commun, mais que le soldat qui est armé contre des ennemis gémisse, voyant que le péché des hommes conduit à troubler l’ordre de nature. Reconnaissons notre propre chair en chacun de ceux qui sont formés à notre ressemblance, et que néanmoins il nous faille ainsi les détruire.
Même en temps de guerre, celui qui s’arme contre ses ennemis doit le faire à regret et penser que cette énormité n’est possible que par l’insigne méchanceté des hommes. Outrager son prochain, c’est violer l’image de Dieu qui déteste les homicides. Un soldat ne considérera jamais de gaîté de cœur les tueries de guerres qui pourraient même être justes. Tout soldat doit se dire : “Hélas ! il me faut anéantir à présent des créatures qui sont formées à l’image de Dieu.” Qu’il en ait horreur !
Apprenons à prier Dieu afin qu’il ne permette pas que les armes prises en son Nom soient souillées ni par nos méchants sentiments, ni par nos vengeances. Nous ne pouvons tuer un homme sans que l’image de Dieu ne soit violée.
Partage
Dieu nous a tous créés à son image.
Chacun de nous se mire en son prochain.
Je ne puis regarder personne sans que Dieu ne m’y montre son image.
Quoique les visages et les esprits diffèrent, il est impossible d’effacer l’unité que Dieu a établie entre nous tous. Aussi sommes-nous tous invités à nous aider les uns les autres.
Intercession
“Je recommande avant tout, dit l’Apôtre, qu’on présente des requêtes, des prières, des supplications et des actions de grâces pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui exercent l’autorité, afin que nous puissions mener une vie paisible et tranquille, toute de piété et d’honnêteté. C’est là ce qui est bon et agréable aux yeux de Dieu, notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité.” (1 Tim. 2.1-4)
Nous devons prier pour nos frères et sœurs en la foi, mais aussi pour les incroyants. Si éloignés nous semblent-ils, si haute la muraille qui nous sépare, sachons avoir pitié d’eux et prions Dieu de bien vouloir les attirer à lui !
Cette page souligne la spontanéité avec laquelle
les chrétiens doivent aller au devant des prochains
et les devancer.
Pour ne pas violer l’image de Dieu,
N’offensons pas notre prochain.
Tout homme est une image de Dieu.
Tout homme est donc notre propre chair avec quiconque, proche ou lointain.
En chaque homme respectons l’image de Dieu qui y est imprimée.
Ce faisant, nous aimons notre propre chair.
Si nous ne voulons pas rejeter l’humanité des autres,
Sachons l’entretenir comme notre propre chair.
Notre langue, personne ne peut la dompter. (…)
Par elle nous bénissons le Seigneur, notre Père,
Par elle nous maudissons les hommes faits à l’image de Dieu.
(Jacques 3.8-9)
Pour honorer Dieu, gardons-nous d’outrager quiconque.
Nous ne pouvons à la fois bénir Dieu et le détester en son image.
Dieu doit être béni en toutes ses œuvres :
Principalement en tout homme où apparaissent son image et sa gloire.
Voyant notre image, Dieu nous y est présent :
Nous contemplons en elle ce qu’il nous y révèle.
“Ne nous lassons pas de faire le bien ;
car nous moissonnerons au temps convenable,
si nous ne nous relâchons point.
Ainsi donc, pendant que nous en avons l’occasion,
faisons du bien à tous,
mais principalement à nos frères dans la foi.”
(Galates 6.9-10)
Le Seigneur nous commande de faire du bien à tous sans exception. Pourtant, si nous les estimons à leur propre mérite, la plupart n’en seraient-ils pas indignes ? L’Écriture réfute cette objection et nous avertit que nous n’avons point à regarder ce que les hommes méritent par eux-mêmes. C’est l’image de Dieu en tous que nous avons à prendre en considération, à laquelle nous devons honneur et tendresse. Il faut surtout la discerner chez nos frères en la foi, d’autant plus qu’elle est renouvelée et restaurée en eux par l’Esprit du Christ. Quiconque donc nous apparaîtra comme ayant besoin de notre aide, nous n’aurons aucun motif de la lui refuser (Cf. Ésaïe 58.6-7).
Si nous disons qu’il est étranger ? Dieu lui a imprimé une marque qui doit nous être familière.
Si nous disons qu’il est méprisable, une sorte de vaurien ? Le Seigneur réplique et nous démontre qu’il l’a honoré, faisant briller son image en lui.
Si nous disons que nous ne lui sommes redevables de rien ? Le Seigneur nous dit qu’il se met à sa place, pour discerner en cet homme les bienfaits qu’il nous a accordés à nous-mêmes.
Si nous disons qu’il nous est indigne de faire un pas vers lui ? L’image de Dieu que nous avons à reconnaître en lui est bien digne que nous nous compromettions pour elle, voire avec tout notre bien ; si, même, c’est quelqu’un à qui nous ne devons rien, mais qui nous aurait injuriés, voire outragés, ce ne serait pas encore une cause suffisante pour que nous cessions de l’aimer, de lui faire plaisir et de lui rendre service.
Si nous disons qu’il n’a mérité que du mal de nous ? Dieu pourra nous demander quel mal Lui nous a fait, Lui dont nous tenons tout notre bien. Il nous commande, en effet, de pardonner les offenses qui nous sont faites : il les prend à son compte. Ce n’est pas la méchanceté des hommes qui doit nous arrêter, bien au contraire ! Contemplons donc en eux l’image de Dieu qui, par son excellence et sa dignité, nous incline à les aimer et à en effacer les vices qui pourraient nous en détourner.26
26 Cette page est inspirée de l’exposé de Jean Calvin, Institution chrétienne, 1541, III, vii, 6.
Enfants de Dieu, nous devons nous côtoyer en paix,
maintenir la concorde,
nous abstenir de toute passion, de mépris, d’amertume.
Sachons apprécier ceux qui cheminent ici-bas avec nous,
qui partagent la même image.
Il n’est pas possible de clore ce chapitre, moi qui l’écris, vous qui le lisez, sans répondre à deux questions.
Comme homme, je suis une personne créée par Dieu à son image et à sa gloire (1 Cor. 11.7 ; 15.49).
Comme chrétien, dépouillé du vieil homme, je suis un homme nouveau qui se renouvelle sans cesse à l’image de Celui qui l’a créé, le Christ (Col. 3.9-10).
Homme terrestre : à ma résurrection, Dieu me renouvelle homme céleste, à l’image du Christ glorieux.
Comment vivez-vous cette assurance ?
Comment témoignez-vous de votre espérance ?