En Deutéronome 2850, Dieu énumère donc les bénédictions dont il gratifie son peuple, et qui sont son partage s’il obéit à sa voix. En contrepartie, il révèle en détail les malheurs, les épreuves, les maladies, les souffrances qui viendront sur son peuple s’il n’obéit pas à la voix de l’Éternel son Dieu, s’il n’a pas soin de mettre en pratique ses préceptes et ses lois, s’il ne sert pas l’Éternel avec joie et de bon cœur, en raison même de toutes ces bénédictions. TOUT y est dit :
50 Si vous désirez vraiment comprendre les lignes qui suivent, il est indispensable que vous lisiez, crayon en main, cet extraordinaire chapitre, et que vous ne pensiez pas “faire une économie” en vous abstenant.
— maladies corporelles : peste, langueur, phtisie, fièvre, inflammation (v. 22), ulcères, hémorroïdes, gale, dartres (v. 27), maladies cruelles et tenaces, éléphantiasis (v. 35) et d’autres encore qui ne sont pas mentionnées dans le Livre de la Loi (">v. 60-61), épidémies et maladies incurables… (v. 22, 27, 35, 60, 61) ;
51 Les nombres entre parenthèses indiquent les versets du chapitre 28 du Deutéronome.
— maladies de la végétation : chaleur, sécheresse, charbon et nielle (v. 22), tempêtes de sable et de poussière, fléaux des sauterelles, des vers (v. 38-39), hannetons et criquets… (v. 42) ;
— désastres : ruines, pillages, déportations dûs à la guerre (v. 25-26), captivité et esclavage… (v. 32-37) ;
— désordres conjugaux (v. 30) et sociaux (v. 31 ss.) ;
— désordres psychologiques et mentaux : “L’Éternel te frappera de délire, d’aveuglement et d’égarement d’esprit ; tu iras tâtonnant en plein midi, comme l’aveugle tâtonne dans les ténèbres” (v. 29), “incapable de trouver ta route, incapable de réussir dans tes diverses entreprises” (v. 29) ;
— désordres religieux et spirituels : service de faux dieux (v. 36), détresses et persécutions, famines et révolutions, destruction progressive de la personnalité, railleries et sarcasmes (v. 37) ; “L’Éternel te donnera un cœur tremblant, des yeux qui s’éteignent et une âme languissante. Ton existence sera comme en suspens devant toi ; tu ne seras point assuré de ta vie.” (v. 65-66) “Tu deviendras fou à la vue de ce que tes yeux devront contempler.” (v. 34)
C’est ici, et dans de nombreux passages parallèles, que nous est révélée, à partir de Genèse 3, LA CAUSE de toute souffrance humaine — y compris la maladie — car l’homme veut s’affranchir des lois de la vie, et opter pour le désordre : car il n’est pas exact de dire que l’expiation de la croix nous acquiert dès aujourd’hui la guérison de toutes nos maladies ; qu’on ne peut être malade si on est en règle avec Dieu ; que le Seigneur n’a jamais d’autre volonté que de guérir. Le sacrifice du Christ n’exclut pas nos maladies, parce qu’il n’exclut pas notre mort corporelle. (2 Cor. 4.16)
Nous confessons donc et reconnaissons, de quelque côté que nous viennent nos afflictions — qu’elles proviennent de nous-mêmes, de l’hérédité des circonstances publiques ou privées, de deuils ou de maladies, d’insuccès ou de revers, de persécutions pour la foi chrétienne, etc… — que rien ne nous arrive sans la volonté du Seigneur.
“Les cheveux de votre tête sont tous numérotés.52 Il ne tombe pas un seul passereau à terre sans votre Père.” (Matth. 10.29-30)
52 Le verbe grec veut dire : dénombrer au sens de numéroter, plus précis et plus riche de sens que simplement “compter” au sens global, Chaque cheveu tient une place particulière, avec une signification propre.
“Qui dira qu’une chose arrive sans que le Seigneur l’ait ordonnée ? N’est-ce pas de la volonté du Très-Haut que viennent les maux et les biens ? » (Lament. 3.37-38)
Certes, nous ne croyons pas que Dieu soit l’auteur du mal ou que la culpabilité puisse lui être imputée puisqu’au contraire sa volonté est la règle souveraine et infaillible de toute droiture et de toute justice vraie. Mais Dieu dispose de moyens admirables pour se servir des démons et des impies, de telle sorte qu’il sait convertir en bien le mal qu’ils font et dont ils sont coupables.
Quand Dieu punit l’iniquité des pères sur les enfants, cela signifie qu’il laissera leur race telle qu’elle est.
Il est en la liberté de Dieu de RETIRER SON ESPRIT de leur descendance. Si Dieu retire son Esprit de la postérité des méchants, on ne peut l’accuser de cruauté, car ils sont punissables.
Dieu vous punira quand vous aurez corrompu son service.
“Mais quand il voit que nous gourmandons ses bienfaits (…) ; qu’il y a cette ingratitude en nous que nous le mettons en oubli (…) ; que nous lui tournons le dos ; que, si nous avons de quoi nous bien traiter, alors la gourmandise apporte les pompes, les paillardises et autres dissolutions ; bref, c’est une infinité d’abîmes que l’abus que nous commettons en usant si mal des biens de Dieu. C’est pourquoi, QUAND IL VOIT CELA DIEU RETIRE SA MAIN, et ne se montre pas si libéral envers nous.”53
53 Jean Calvin : Opera Calvini, XXVIII, p. 212.
Notons bien l’expression : “Dieu retire sa main.” Au lieu de persister à nous tenir en bride — individus et collectivités — par sa grâce commune et sa providence, Dieu “laisse aller” jusqu’à un certain point : Il nous laisse la liberté de penser et d’agir contre ses commandements et l’ordre de ce monde. Dieu cesse de nous “retenir” en “retirant” sa main, mais Il persiste encore à nous accorder son pardon et à nous offrir sa paix. IL RESTE NOTRE DIEU.