Souffrir… Mais pour quoi ?

XX. LE CHRIST-JÉSUS

A. Unité de la Révélation

La Révélation biblique tient entre ces deux pôles que sont Abraham, le père de tous les croyants, et Isaac son fils. L’extraordinaire événement du sacrifice d’Isaac : du père offrant son fils, et du fils immolé-ressuscité, nous apporte la clé de notre Histoire. Dans cet acte, il saute aux yeux qu’Abraham représente Dieu le Père et Isaac son fils : le Christ-Jésus. Le crucifié de Golgotha est prophétiquement dépeint dans cette immolation. Dès la première page de l’histoire de notre salut, l’annonce du sacrifice apparaît et nous apporte sa divine esquisse.

Certains expositeurs expriment les plus vives critiques sur l’authenticité du sacrifice d’Isaac. Au nom de l’“honneur de Dieu”, ils protestent avec véhémence : “Non et non ! Dieu ne demande pas à un père de tuer son enfant !” Ils ravalent ce récit au rang des sacrifices païens relevant de barbares superstitions.

Une telle prise de position est préjudiciable à la compréhension de l’Écriture sainte en son entier. Elle nous empêche de discerner et d’accepter les intentions, les décisions de Dieu pour notre salut ; elle altère nos sources de consolation, émousse nos armes de combat pour triompher des épreuves, perplexités et douleurs d’ici-bas. Les racines du Nouveau Testament sont dans le Premier Testament, bien à tort appelé l’“Ancien”. “Ce sont les Écritures, dit Jésus, qui rendent témoignage de moi.” (Jean 5.39) “C’est à mon sujet que Moïse a écrit. Mais vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles ?” (Jean 5.46-47)

Ce Premier Testament doit être interprété et compris comme la révélation première de Dieu le Père en son Fils le Christ qui, “lorsque les temps ont été pleinement révolus”, vient ici-bas sous son nom à la fois divin : Christ, et humain : Jésus (Gal. 4.4). Nul n’en peut douter, quand le Livre des Chroniques nous apprend que Salomon entreprit la construction du Temple à Jérusalem, “la Maison de l’Éternel”, sur la montagne de Morija, où Dieu était apparu à David son père, au lieu même de l’offrande d’Isaac. Il saute à l’esprit qu’Isaac a été prophétiquement offert à l’endroit même où se dressait le Temple de Jérusalem et la croix de Golgotha (2 Chr. 3.1).

Ces récits ne font qu’un : ils attestent l’unité de la Révélation des deux Testaments, de l’Alliance de Grâce, autorité que consacre sans défaillance l’enseignement du Christ et des Apôtres. Quand nous cherchons les piliers sur lesquels fonder les consolations de notre foi, nous ne devons pas faire de différence quant à l’autorité respective des livres canoniques.

Dans l’“Ancien Testament”, L’Esprit du Christ prophétise sur le Christ :

“Ce salut, dit Pierre, a été l’objet des recherches et des investigations des prophètes, qui ont prophétisé touchant la grâce qui vous était destinée. Ils cherchaient à découvrir l’époque et les circonstances marquées par l’Esprit du Christ qui était en eux, et qui attestait d’avance les souffrances réservées au Christ et les gloires qui devaient les suivre.” (1 Pier. 1.10-11)

Par son obéissance, Abraham nous apprend ce que sera le sacrifice de Dieu le Père, offrant son Fils ; par la sienne, Isaac préfigure celui du Christ-Jésus incarné, acceptant son immolation en vue de sa résurrection. Jésus n’apporte-t-il pas l’éclatante confirmation de l’intention prophétique de ce “sacrifice”, tant pour Dieu le Père que pour le Christ-Jésus, quand celui-ci s’écrie : “Voilà pourquoi le Père m’aime : C’est parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. (…) J’ai le pouvoir de la donner, j’ai le pouvoir de la reprendre : j’ai reçu cet ordre de mon Père.” (Jean 10.17-18)

Le Second Testament mentionne cent-soixante-cinq fois un ange, les anges, anges. Mais il n’y est plus jamais question de “L’Ange de l’Éternel”, avec l’article défini. Pourquoi donc ? Parce que le ministère de l’Ange de l’Éternel est publiquement repris et poursuivi par celui du Christ incarné, Jésus de Nazareth, qui, dans l’Ancien Testament, nous est dépeint comme celui du Christ Éternel, Parole vivante de Dieu, à l’œuvre dans tous les siècles. Ce que confirme l’apôtre Paul :

“Ils buvaient à un rocher spirituel qui les accompagnait, et ce rocher était le Christ.” (1 Cor. 10.4)

Jean l’Évangéliste excelle à nous dépeindre l’unité d’existence entre le Père céleste et son Fils, le Christ-Jésus, leur inénarrable et leur ineffable intimité, dont l’approche et la méditation nous apportent nos armes, l’espérance et la consolation, dans l’éventail de nos souffrances et de nos épreuves, pour que nous puissions combattre, rester debout, dans la vie présente pour la vie à venir.

Quand Dieu appelle Moïse à travers le buisson ardent, il se présente et dit : “JE SUIS le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob” ; il lui donne mission de libérer son peuple. Moïse lui demande de préciser son nom pour l’expliquer aux enfants d’Israël, Dieu lui répond : “Je suis celui qui dit : JE SUIS. (…) Tu parleras ainsi aux enfants d’Israël : Celui qui EST, l’Éternel, m’envoie vers vous.” (Ex. 3.6-14)

Pour que nous ayons l’assurance qu’il nous est possible de mettre notre foi en Jésus de Nazareth, nous avons besoin d’apprendre quelles sont — si je puis dire — ses “lettres de noblesse”. Nous avons déjà pris en partie connaissance de celles qui relèvent de son existence céleste, mais il saute aux yeux que nous avons encore plus besoin de connaître celles de son existence terrestre. Jésus est attentif à ne laisser subsister le moindre doute sur sa personne et — si je puis dire encore — les bienfaits de son existence et de sa présence.

Dans le récit de la transfiguration que nous rapportent les trois Évangiles synoptiques, c’est une voix, venant de la nuée, qu’entendent les trois Apôtres : “Celui-ci est mon Fils bien aimé, en qui j’ai mis toute mon affection : écoutez-le !” Il n’est question que d’une voix (Matth. 17.5 ; Marc 9.7 ; Luc 9.35). Cette déclaration a besoin d’être confirmée, ce à quoi Jésus le Christ s’attache tout particulièrement à travers l’Évangile de Jean, avec des accents de plus en plus convaincants.

B. L’autorité de sa Personne

Jésus affirme son ÉGALITÉ avec son Père :

“Tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. (…) Comme le Père a la vie en lui-même, il a aussi donné au Fils d’avoir la vie en lui-même. (Jean 5.19, 26) “Je vous ai fait connaître TOUT ce que j’ai appris de mon Père.” (Jean 15.15) “TOUT ce que possède le Père est à moi. (…) Ce que vous demanderez au Père, Il vous le donnera EN MON NOM.” (Jean 16.15, 23)

Il insiste sur la parfaite UNITÉ DE VUES entre son Père et Lui :

“Je suis descendu du Ciel pour faire (…) la volonté de Celui qui m’a envoyé. (…) Je dis ce que j’ai vu auprès de mon Père. (Jean 6.38 ; 8.38)

Jésus proclame enfin son ORIGINE DIVINE :

“Je viens de Dieu. (…) C’est Lui qui m’a envoyé. (Jean 7.29) Je suis le Fils de Dieu. (…) Le Père est en moi et je suis dans le Père. (Jean 10.36, 38) Moi et le Père nous sommes UN. (Jean 10.30) Celui qui me voit, voit Celui qui m’a envoyé. (Jean 12.44) Celui qui m’a vu a vu le Père. Je suis dans le Père et le Père est en moi. (Jean 14.9, 11, 20) Je suis sorti du Père, et venu dans le monde.” (Jean 16.28-30)

Dans sa dernière prière, Jésus dit :

“Ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi.” (Jean 17.8)

Il quitte cette terre en S’IDENTIFIANT à son Père :

“Père saint : Garde-les en ton Nom que tu m’as donné. (…) Pendant que j’étais avec eux, je les gardais en ton Nom que tu m’as donné. » (Jean 17.11-12)

Jésus nomme sa personne de la même manière que Dieu, son Père, qui avait dit à Abraham : “Je suis Celui qui dit : JE SUIS.” (Ex. 3.14) Il affirme “Avant qu’Abraham fût : JE SUIS.” (Jean 8.58) Il revendique la même dignité : “JE SUIS”, dit-il. “Si vous ne croyez pas que JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés.” (Jean 8.24) La personne qu’est ce JE SUIS est si haute, que les Apôtres ne peuvent la comprendre et ne la reconnaîtront qu’après son Ascension. Jésus les en prévient : “Lorsque vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous connaîtrez que : JE SUIS.” (Jean 8.28) “De même, ajoute-t-il, je vous dis la chose avant qu’elle n’arrive, afin que, quand elle sera arrivée, vous croyiez que JE SUIS.” (Jean 13.19) En effet, c’est juste avant de quitter les siens pour se rendre à Gethsémané, que le Christ-Jésus, au terme de sa prière, révèle le mystère ineffable de notre foi : “Père, tu m’as aimé AVANT la fondation du monde.” (Jean 17.24) “Père glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût” (Jean 17.5). Et il ajoute :

“Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient UN comme nous sommes UN, moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaits dans l’unité, et que le monde connaisse que c’est toi qui m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.” (Jean 17.22-23)

Jésus revêt l’autorité même de Dieu : “Le Père qui m’a envoyé m’a prescrit CE QUE je dois dire et COMMENT je dois parler. (…) Je vous dis ce que le Père m’a ordonné de dire.” (Jean 12.49-50)

Jésus annonce ce qu’apporte sa présence à ceux qui l’écoutent, car elle jaillit du plus profond de sa personne :

C. L’autorité de ses Paroles

La communication du Christ, Fils de Dieu, avec son Père est totale : c’est elle qui donne à ses paroles l’autorité qu’elles reçoivent du Père à travers sa propre Personne.

“Ma doctrine n’est pas de moi, mais de Celui qui m’a envoyé” répond Jésus aux Juifs qui se demandent : “Comment donc cet homme connaît-il les Écritures, lui qui n’a pas étudié ?” Il le répète : “La parole que vous entendez n’est pas de moi, mais du Père qui m’a envoyé.” (Jean 7.15-16 ; 14.24) “Je fais ce que le Père m’a commandé. (…) Je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père. (Jean 14.31 et 15.15) Le Père enseigne au Fils et le contenu de son message et la façon de le délivrer : “Le Père, qui m’a envoyé, m’a prescrit ce que je dois dire et comment je dois parler. (…) Ce que je dis, c’est le Père qui m’a ordonné de le dire.” (Jean 12.49-50) “Les paroles que je vous dis, ce n’est pas de moi-même que je les prononce : c’est le Père demeurant en Moi qui accomplit ses propres œuvres.” (Jean 12.46-50 ; 14.10)

Jésus revendique et exige pour ses paroles la divine autorité de sa personne au-dessus de laquelle rien ne peut être imaginé ni pensé. Dès le chapitre 3 de l’Évangile de Jean, il se fait connaître tel qu’il est :

“Celui qui vient d’En-haut est au-dessus de tous. Celui qui vient de la terre est de la terre, et il parle comme étant de la terre ; Celui qui vient du Ciel est au-dessus de tous. Il atteste ce qu’il a vu et entendu. (…) Car celui que Dieu a envoyé prononce les paroles de Dieu, parce que Dieu lui a donné l’Esprit sans mesure. (…) Celui qui m’a envoyé est vrai ; et ce que j’ai appris de Lui, je le dis dans le monde. (…) Je vous ai dit LA vérité que j’ai entendue de Dieu.” (Jean 3.31-36 ; 8.26-27, 40)

En termes menaçants le Christ prévient les contempteurs de sa Personne : “Qui n’honore pas le Fils, n’honore pas le Père qui l’a envoyé.” (Jean 5.23) Qui ne croit pas le Fils, ne connaît pas Dieu. (Jean 5.37-38) “Si quelqu’un a honte de moi et de mes paroles le Fils de l’Homme aura honte de lui lorsqu’il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges.” (Marc 8.38 ; Luc 9.26) “Qui vous rejette me rejette, dit-il à ses messagers ; et qui me rejette, rejette Celui qui m’a envoyé.” (Luc 10.16)

Fait remarquable : la prédication du Christ, répétée, prêchée par ses envoyés à travers le monde, est, par l’action du Saint-Esprit, la Parole même de Dieu. “Qui vous écoute m’écoute”, affirme-t-il (Luc 10.16). Mieux encore : c’est le Christ, Dieu lui-même, qui est accueilli en la personne de ses messagers prêchant l’Évangile : “Qui vous reçoit, me reçoit ; et qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé.” (Matt. 10.40) “Celui qui croit en moi, ne croit pas en moi, mais en Celui qui m’a envoyé. Et celui qui me voit, voit Celui qui m’a envoyé.” (Jean 12.44)

*

Le Christ scelle de son autorité divine l’inspiration de l’Ancien Testament et l’historicité de nombreux faits et actes de Dieu qui y sont relatés. La création du monde et de l’Homme : Adam et Ève, par Dieu ; Noé-le-Juste, l’arche, le déluge et ses conséquences. Il confirme l’existence des “patriarches”, celle d’Abraham, son élu, de l’Alliance de Grâce ; la destruction de Sodome et des villes voisines ; la mort tragique de la femme de Lot. Il honore Moïse, son “type” et son prophète. Dès cette époque, il atteste la réalité de la résurrection. Il authentifie la manne, le serpent d’airain, la veuve de Sarepta, Naaman, Jonas. Bref, il scelle de sa science divine l’autorité de l’Ancien Testament : “Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi.” (Jean 5.46)

Jésus se trouve et se prouve lui-même dans Moïse, les Prophètes et les Psaumes — ils ont parlé par le Saint-Esprit — tant au cours de son ministère terrestre qu’après sa résurrection. Il est LA CLÉ des Écritures ; il nous ouvre l’esprit, comme celui des disciples d’Emmaüs, pour nous les faire comprendre (Luc 24.25-27, 44-45).

Son enseignement, le Christ le scelle, d’une proclamation solennelle, trois fois répétée mot pour mot dans les Synoptiques : “Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.” (Matth. 24.35 ; Marc 13.31 ; Luc 21.33)

*

Deux millénaires durant, d’Abraham à la Pentecôte, c’est le même Dieu, Père, et Fils, et Esprit Saint qui nous dispense sa grâce et son salut. Ce fait nous permet d’être les destinataires de son Alliance de Grâce, d’Abraham à nos jours, jusqu’à la consommation du Temps, et d’être les consolés dans nos épreuves et nos souffrances. Christ est notre nourriture et notre breuvage, notre lumière et notre guide, notre chemin et notre vérité, notre résurrection et notre vie. Quand il nous demande une chose, il nous en a déjà donné mille ! Si nous n’accueillons pas ces prémisses de cœur et de pensée, nous nous trouverons démunis pour tenir tête aux aléas, aux surprises, aux tourments, aux tempêtes, aux souffrances de nos vies.

Le Premier Testament doit conserver toute sa valeur, sa crédibilité : il est la clé de l’autorité et des bienfaits de l’Évangile. Tel est l’ultime message du Ressuscité aux pèlerins d’Emmaüs :

“O gens sans intelligence et d’un cœur lent à croire tout ce qu’ont annoncé les Prophètes ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrit tout cela pour entrer dans SA gloire ? Puis, commençant par Moïse et continuant par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait.” (Luc 24.25-27)

D. L’autorité de l’Apôtre Paul

Qu’en est-il de l’autorité de l’Apôtre Paul ? Est-il possible de l’opposer à celle du Christ de sorte que l’Évangile “paulinien” entrerait en conflit avec ses paroles, ses actes, sa propre personne ?

Paul distingue ce qu’il dit ou écrit en son propre nom, recommande ou conseille à titre personnel, de ce qu’il proclame et affirme au nom et avec l’autorité du Christ ressuscité. Aux ménages mixtes qui songent à se séparer : “Je n’ai pas, dit-il, d’ordre du Seigneur. (…) Ce n’est pas le Seigneur, mais moi qui le leur dis. (…)” (1 Cor. 7.12, 25) Ailleurs : “Ce que je vais dire (…) ce n’est pas sous l’inspiration du Seigneur, mais en vertu de la grâce qui m’a été donnée.” (2 Cor. 11.17 ; Rom. 12.3. Cf. 1 Tim. 2.9, 12 ; 5.14)

Par contre, Paul revendique l’autorité d’un “Apôtre” de Jésus-Christ, “suivant l’ordre de Dieu”, “non de la part des hommes, ni par l’intermédiaire d’aucun homme, mais de par Jésus-Christ et de par Dieu, notre Père.” (1 Tim. 1.11 ; Gal. 1.1) Évoquant les circonstances de sa vocation, il s’écrie : “Ne suis-je pas Apôtre ? N’ai-je pas vu Jésus, notre Seigneur ?” (1 Cor. 9.1 ; Act. 26.12-18)

Paul a reçu de Dieu “la mission (…) d’annoncer pleinement le mystère du Christ, (…) maintenant manifesté à ses saints.” (Act. 26.17-18 ; Col. 1.3-5) Apôtre, il est l’objet d’une dispensation particulière de la grâce de Dieu quant à l’intelligence qui lui est donnée de ce “mystère”, en faveur de ceux qui croiront. Il ne l’a reçue ni d’autres Apôtres, ni de la “tradition”. Il a été et reste bénéficiaire d’une “révélation” sans intermédiaire du Christ glorifié (Éph. 3.2-3). “Je le déclare, dit-il, l’Évangile que j’ai annoncé ne vient pas de l’homme, car je ne l’ai reçu ni appris d’aucun homme, mais de Jésus-Christ lui-même qui me l’a révélé.” (Gal. 1.11-12) Il met sur le même plan l’action du Christ en Pierre et en lui-même : “Celui qui a agi en Pierre pour le faire Apôtre des circoncis a également agi en moi pour me faire Apôtre des païens.” (Gal. 2.8) Selon les termes exprès de Dieu, qu’Ananias lui répète, n’était-il pas “prédestiné à voir le Juste, à entendre la parole de sa bouche et à en être le témoin” ? (Act. 22.14-16 ; 26.16-18) Paul ne déclare-t-il pas : “Je connais un homme en Christ, qui (…) fut ravi jusque dans le paradis et y entendit des paroles ineffables (…) des révélations d’une grandeur extraordinaire qu’un homme ne doit pas redire.” (2 Cor. 12.2-4, 7)

Conformément aux promesses du Christ, les révélations faites à Paul l’ont été par l’Esprit de Dieu (1 Cor. 2.9-10). Sans le moindre orgueil il affirme : “Nous avons la pensée du Christ.” (1 Cor. 2.16) “Nous ne falsifions point la Parole de Dieu, mais nous la prêchons devant Dieu, en Christ, avec pureté, telle qu’elle vient de Dieu. (…) Vous êtes une lettre de Christ, écrite sur vos cœurs par notre ministère. (…) avec l’Esprit du Dieu vivant. (…). Telle est l’assurance que nous avons en Dieu par le Christ.” (2 Cor. 2.17 ; 3.3-4)

Paul en appelle au témoignage du Saint-Esprit dans sa conscience et dans son cœur (1 Thess. 2.3-4). “Nous servons Dieu par l’Esprit de Dieu.” (Phil. 3.3) “Vous avez reçu la Parole avec la joie du Saint-Esprit, car c’est ce même Esprit qui en témoigne et la scelle dans notre cœur.” (1 Thess. 1.5-6 ; 2.13) L’Esprit Saint convainc Paul que Dieu lui a conféré la plus haute autorité apostolique mise au service de la vérité du Christ, celle qui sauve le pécheur et suscite les élus (1 Tim. 6.3-5 ; Cf. 2 Tim. 2.14). Parce qu’il porte en lui-même le témoignage de l’Esprit, et par lui, l’Apôtre ne craint pas de dire aux Corinthiens : “Le Christ parle par moi, nous n’avons de puissance que pour la vérité.” (2 Cor. 13.3-8) Ailleurs, s’appropriant la déclaration du Christ : “Qui vous rejette, me rejette ; et qui me rejette, rejette Celui qui m’a envoyé”, Paul s’écrie : “Celui qui rejette ce que nous disons ne rejette pas un homme mais Dieu, qui a mis en vous son Saint-Esprit.” (Luc 10.16 ; 1 Thess. 4.8 ; Gal. 1.7-9)

Au nom du Christ, Paul Ambassadeur exhorte, recommande, ordonne, supplie, et conjure ; c’est bien ainsi que les fidèles l’ont compris (1 Thess. 2.13). Une conclusion s’impose : Le Christ scelle de sa divine autorité l’enseignement de Paul : à nous de le recevoir avec la même révérence que celui du Christ des Évangiles. Nous sommes donc tenus d’accorder à ses écrits, “paroles de vérité et de raison”, la même vénération qu’aux Évangiles (Act. 26.25).

La mission de Paul était de nous donner la clé qui nous est nécessaire pour comprendre l’âme de l’Évangile dans ses implications et ses prolongements ; exprimer en paroles cohérentes et intelligibles, à l’entendement régénéré et à la foi des croyants, l’Évangile sur le Christ, le “mystère” précédemment caché du Sauveur : né d’une femme, né sous la Loi, crucifié, ressuscité et glorifié ; aller jusqu’au cœur du Dieu trinitaire ; une tâche qu’il partage avec les autres écrivains du Nouveau Testament.

Son Évangile est celui du Christ-Jésus, de ce qu’il a dit, de ce qu’il a fait, complété par la révélation de ce qu’il est, de ce qu’il sera. Avec d’autres, il explicite ce que nul ne pouvait comprendre avant que, par l’événement de la résurrection, Jésus n’eût été glorifié (Jean 12.14-16). L’Apôtre n’a rien inventé : il ne spécule jamais ; il prononce tout ce qui est utile à la foi en notre Seigneur Jésus (Act. 20.20-21). Les écrivains du Nouveau Testament ne contestent jamais — bien au contraire — l’autorité de l’Apôtre Paul (2 Pier. 3.15-16), qui s’écrie :

“A Celui qui peut vous affermir selon mon Évangile et la prédication du nom de Jésus-Christ, conformément à la révélation du mystère caché durant les siècles passés, mais qui maintenant, sur l’ordre du Dieu éternel, a été manifesté et porté par les écrits prophétiques à la connaissance de toutes les nations, pour les amener à l’obéissance de la foi :

À Dieu, seul sage, soit la gloire dans tous les siècles, par Jésus-Christ ! Amen !” (Rom. 16.25-27)

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