Avec Christ à l'école de la prière

16. LA PUISSANCE DE LA PRIÈRE PERSÉVÉRANTE

« Il leur montra encore par une parabole qu’il faut toujours prier, sans se lasser jamais..... Le Seigneur dit: Entendez-vous ce que dit ce juge inique? Et Dieu ne rendra-t-Il pas justice à ses élus qui crient jour et nuit ! et tardera-t-il à leur Je vous dis qu’il leur rendra promptement justice. (Lu 18.1-8)

De tous les mystères de la question qui nous occupe, celui de la prière persévérante est l’un des plus grands. Qu’il faille quelquefois supplier le Seigneur, lui si miséricordieux, qui ne demande qu’à bénir, pendant des jours, des mois, même des années avant de recevoir aucune réponse, c’est pour nous bien dur à comprendre et d’une difficulté, réelle dans l’exercice de la prière de la foi.

Lorsque après avoir prié avec ferveur, nous n’obtenons aucune réponse, nous nous figurons facilement que nous faisons preuve de soumission à la volonté de Dieu en cessant de prier, Dieu ayant certainement une raison connue de lui seul pour ne pas nous exaucer.

Ce n’est que par la foi seule que cette difficulté est surmontée. La foi fermement assise sur les promesses de la Parole de Dieu, se laissant diriger par l’Esprit pour ne vouloir que ce que Dieu veut et pour ne chercher que sa gloire, n’aura aucune raison de se laisser décourager, lors même que la réponse à sa prière se ferait attendre.

La Bible nous dit que la prière de la foi est une force irrésistible et qu’elle ne doit éprouver aucune déception. Nous savons que l’eau, pour être en état de remplir sa mission sur la terre, doit s’accumuler jusqu’à ce que le torrent puisse s’écouler pour fertiliser les plaines ; il faut, de même, une accumulation de prières pour que Dieu, voyant la mesure prête à déborder, accorde l’exaucement attendu. La foi sait que pas une prière sincère et croyante ne peut manquer d’être entendue au ciel, mais qu’elle y est recueillie jusqu’au jour où elle apportera la réponse à celui qui aura persévéré jusqu’à la fin. Elle sait qu’elle n’a pas à traiter avec les pensées incertaines et vacillantes de l’homme mais avec la parole positive du Dieu vivant.

Abraham attendit pendant de longues années, « espérant contre toute espérance » (Ro 4.18) l’accomplissement de la promesse de Dieu. Voilà le modèle à suivre.

Pour nous mettre en état, lorsque l’exaucement se fait attendre, d’unir à une patience confiante une assurance joyeuse, il faut comprendre les deux mots par lesquels notre Seigneur met en relief le caractère et la conduite, non du juge inique, mais de Dieu, notre Père, envers ceux qu’Il laisse crier à lui nuit et jour.

« Tardera-t-Il à leur égard ? Je vous dis qu’Il leur rendra prompte justice ». (Lu 18.7-8)

Le Maître le dit : Il leur rendra prompte justice. La bénédiction est toute prête, non seulement Il peut mais Il désire la donner. L’amour éternel du Père brûle du désir de se révéler pleinement à ses bien-aimés et de répondre à leurs vœux. Dieu ne retardera pas l’exécution de sa promesse un instant de plus qu’il n’est absolument nécessaire.

Mais alors, si cela est vrai et si le pouvoir de la prière est infini, pourquoi la réponse tarde-t-elle quelquefois si longtemps ? Pourquoi faut-il que les élus de Dieu, en proie à la lutte et à la souffrance, crient souvent jour et nuit ? (Lu 18.8)

« Tardera-t-Il à leur égard ? » (Lu 18.7)

« Soyez donc patients, mes frères, jusqu’à l’avènement du Seigneur. Voici, le laboureur attend le précieux fruit de la terre, prenant patience à son égard, jusqu’à ce que le grain ait reçu les pluies de la première et de l’arrière-saison ». (Jas 5.7)

En effet, le laboureur soupire après le moment de la moisson, mais il sait qu’il faut qu’elle ait reçu le soleil et la pluie nécessaires pour l’amener à maturité, et il prend patience. L’enfant a souvent envie de cueillir le fruit à demi-mûr, mais le cultivateur sait attendre le bon moment.

L’homme, dans sa nature spirituelle, est soumis à la loi du développement graduel qui régit toute vie créée. Ce n’est que par ce moyen qu’il peut atteindre sa destinée divine. Dieu seul connaît le moment où une âme, où une Eglise sont assez mûres pour posséder cette plénitude de la foi par laquelle elles peuvent saisir une bénédiction et la garder.

Un père de famille désire certainement voir revenir à la maison son enfant unique au sortir des études, cependant il sait attendre que son éducation soit terminée. Dieu en agit de même avec ses enfants, et, dès qu’il les jugera prêts, Il ne tardera plus à leur égard, et accomplira promptement ses promesses.

Pour arriver à comprendre cette vérité, le croyant cultivera les dispositions correspondantes, la loi et la patience, l’attente et la ferveur, voilà le secret de la persévérance.

Par la foi, nous savons que nous avons reçu la réponse à nos demandes, et nous nous réjouirons de la posséder, quoique ce soit, pour le moment, d’une manière spirituelle, et nous en rendrons grâces.

Mais il y a une différence entre la foi qui, croyant à la parole de Dieu, sait qu’elle obtiendra la réponse à sa prière, et la foi plus mûre, plus complète, qui fait l’expérience présente et actuelle de l’exaucement.

Il se peut qu’il y ait dans ceux qui nous entourent, dans le vaste système dont nous faisons partie, dans le gouvernement même de Dieu, des choses qui doivent être modifiées par notre prière avant que l’exaucement nous soit entièrement accordé. La foi qui croit qu’elle a été exaucée, peut laisser Dieu prendre son temps et choisir son moment ; elle sait qu’elle a prévalu parce qu’il ne pouvait en être autrement. Elle continuera à prier, à rendre grâces, avec calme et persévérance, jusqu’à ce qu’elle ait réalisé la bénédiction. Nous voyons ainsi s’harmoniser ce qui, au premier abord, nous paraissait contradictoire.

L’accomplissement, même tardif, de la promesse de Dieu, est la réponse à la foi patiente, mais triomphante du fidèle l’attend.

Notre grand danger à cette école de l’exaucement différé, c’est la tentation de croire. qu’après tout, ce que nous demandons n’est pas selon la volonté de Dieu. Si notre prière est d’accord avec la parole de Dieu, si elle vient de l’Esprit, ne cédons pas à ces craintes. Apprenons à donner à Dieu le temps d’agir, et passons ce temps dans une communion journalière et habituelle avec lui. L’heure viendra où nous posséderons par la vue ce que nous n’avons vu que par la foi.

Nous verrons alors la gloire de Dieu. Qu’aucun délai n’ébranle notre foi. Par la foi nous saisissons d’abord le brin d’herbe, puis l’épi et, enfin le grain mûr dans l’épi.

Toute prière faite avec foi nous fait faire un pas en avant du côté de la victoire dernière, c’est elle qui fait mûrir le fruit et nous rapproche du but. Par elle, nous détruisons-les obstacles du monde c’est elle qui hâtera les temps Enfants de Dieu, laissons toute liberté à notre Père, c’est à cause de nous qu’il tarde. Il veut que la bénédiction soit complète, assurée ; ne nous lassons pas de crier à lui nuit et jour. Rappelons-nous seulement ces mots : « Je vous dis qu’Il leur rendra promptement justice ». (Lu 18.8)

Les bénédictions attachées à la prière persévérante, telle que nous venons d’en parler, sont inexprimables. Rien n’éprouve mieux le cœur et ne le sonde plus profondément que la prière de la foi. C’est par elle que nous découvrons ce qui s’oppose à la bénédiction ; c’est par elle que nous arrivons à confesser notre péché et à y renoncer; c’est elle qui nous fait toucher du doigt ce qui, en nous, n’est pas en harmonie avec la volonté du Père ; c’est elle qui nous met en communion intime avec Celui qui, seul, peut nous enseigner à prier ; c’est par elle que nous approchons le plus près du Maître, revêtus du sang de Christ et remplis du Saint-Esprit.

Chrétiens, donnons le temps à Dieu, et Il rendra parfait tout ce qui est en nous. Tardera-t-Il ?... Il rendra prompte justice. Voilà les mots de passe de Dieu lorsque nous entrons par les portes de la prière.

Oui, qu’il en soit ainsi, soit que vous priez pour vous-même, soit que vous priez pour d’autres. Tout travail, manuel ou mental, demande du temps et un effort : il faut s’y mettre. La nature ne révèle ses secrets et ne cède ses trésors qu’à un labeur consciencieux, persévérant et intelligent. Bien que nous le comprenions peu, il en est de même dans l’ordre spirituel. La graine que nous semons dans le sol céleste, l’influence que nous cherchons à exercer dans le monde supérieur, réclament notre être tout entier.

Si nous ne faiblissons pas, nous récolterons au temps de la moisson. Apprenons cette leçon surtout lorsque nous prions pour l’Eglise de Christ.

Ne ressemble-t-elle pas à la pauvre veuve ? En apparence n’est-elle pas à la merci de ses adversaires, incapable d’obtenir le redressement de ses torts ? Quand nous prions pour une Eglise sous la domination du monde, et que nous demandons à Dieu d’y opérer de grandes choses par son Esprit et de la préparer à la venue du Seigneur, faisons-le avec une foi ferme et complète! Seulement, donnons le temps à Dieu d’agir et crions jour et nuit.

« Entendez-vous ce que dit le juge inique ? Et Dieu ne rendrait pas justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et tardera-t-Il à le faire ? Je vous dis qu’Il leur rendra prompte justice. » (Lu 18.7-8)

SEIGNEUR, ENSEIGNE-NOUS À PRIER.

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