
TOB – 1 Maccabées
LIVRES DES MACCABÉES
INTRODUCTION
Les deux livres des Maccabées ne font pas partie des livres canoniques juifs et ont donc été considérés comme apocryphes par saint Jérôme, puis par les protestants. Pourtant ils ont été cités et estimés par les Pères et ils apparaissent dès le IVe siècle dans les listes canoniques. Luther lui-même regretta que 1 Maccabées soit considéré comme apocryphe.
Leur titre vient du surnom de Maccabée donné au héros principal, Judas, puis à ses frères.
Historique
Les deux livres des Maccabées sont presque les seuls à nous renseigner sur l'histoire du peuple élu à l'époque hellénistique, alors que la Judée est vassale des souverains séleucides qui règnent à Antioche. Le premier couvre la période qui va de l'avènement d'Antiochus Epiphane (175 avant J.C.) à l'avènement de Jean Hyrcan (134 avant J.C.) ; le second lui est en partie parallèle : il commence à la fin du règne de Séleucus IV (prédécesseur d'Antiochus Epiphane) et se termine déjà avec la mort de Nikanor, général du roi Démétrius Ier, vaincu par Judas Maccabée, soit une quinzaine d'années plus tard.
Le thème des deux livres est semblable : grâce au secours divin, Judas Maccabée et ses frères reconquièrent l'autonomie nationale et la liberté du culte qu'avait tenté d'anéantir Antiochus Epiphane (175-164).
Tous deux nous ont été transmis en grec, mais le premier a été écrit en hébreu. Le texte figure dans trois grands manuscrits : Sinaïticus (où la partie correspondant à 2 Maccabées est malheureusement perdue), Alexandrinus et Venetus, et dans une trentaine de manuscrits moins importants, mais qui conservent parfois un texte plus ancien (ainsi dans la vieille traduction latine et dans la recension de l'exégète Lucien, vers 300 après J.C.).
L'historien Flavius Josèphe a paraphrasé 1 Maccabées dans les Antiquités Judaïques et parfois son texte nous vient en aide, mais il n'a pas connu 2 Maccabées.
LE PREMIER LIVRE DES MACCABÉES
Le contenu
1 Maccabées est une trilogie qui narre les hauts faits de Judas Maccabée et de ses frères Jonathan et Simon. Ce dernier est le fondateur de la dynastie juive des Hasmonéens. Après une introduction sur Alexandre le Grand et ses successeurs et sur la tentative d'Epiphane d'imposer les mœurs et les cultes helléniques à la Judée, nous assistons à la révolte du prêtre Mattathias et de ses fils.
Le troisième, Judas Maccabée, s'impose comme chef et mène la lutte durant six ans, de 166 à 160. D'abord contre Lysias (gouverneur de Transeuphratène, alors qu'Antiochus Epiphane fait campagne en Perse) puis contre Bakkhidès (gouverneur nommé par Démétrius Ier, 162-150, et soutenu par le grand prêtre Alkime) et contre le général Nikanor. Judas meurt glorieusement en combattant Bakkhidès.
La deuxième section met en scène Jonathan, avec qui les manœuvres politiques l'emportent sur les opérations militaires. Il sait habilement tirer profit des compétitions pour le trône de Syrie. En 152, il est nommé grand prêtre par Alexandre Balas. En 145 il est reconnu par Démétrius II et confirmé par Antiochus VI ; mais Tryphon, un général syrien qui va s'emparer du trône des Séleucides, le prend par traîtrise et le met à mort avec Antiochus VI (142).
Simon prend la relève et connaît une série de succès. Nommé grand prêtre et ethnarque par Démétrius II, qui a repris le pouvoir, il fortifie les villes de Judée, prend Joppé, Gazara, la Citadelle de Jérusalem (juin 141), et obtient l'autonomie politique. En 139, Antiochus VII confirmera la Charte qu'avait octroyée Démétrius II, mais se retournera ensuite contre Simon qui, trop âgé, confie alors le commandement à son fils Jean (Hyrcan).
Le livre s'achève sur le récit de l'assassinat de Simon et de deux de ses fils par son gendre Ptolémée et renvoie à un livre des Annales pour le récit du pontificat de Jean Hyrcan, successeur de son père. (Flavius Josèphe a utilisé ces Annales.)
L'auteur
L'auteur, un juif de Palestine, imite le style des anciens livres historiques (notamment dans les passages en vers, qui sont un véritable florilège de citations bibliques), et le texte grec reflète un original sémitique, presque sûrement hébreu. Il a composé son livre après 134, mais avant la prise de Jérusalem par Pompée en 63 avant J.C. — vraisemblablement vers 100 avant J.C. Centré sur la nation juive, l'auteur fait preuve d'un certain conservatisme ; les perspectives eschatologiques et messianiques sont absentes et il s'intéresse avant tout au Temple et à la Loi qu'il ne dissocie d'ailleurs pas de l'Alliance.
C'est en observant la Loi et en rejetant, même au prix de leur vie, les coutumes païennes que les Juifs bénéficieront des bienfaits de l'Alliance, et si, par respect, Dieu n'est pas nommé, c'est bien du « Ciel » que vient la victoire. Partisan des Hasmonéens, l'auteur de 1 Maccabées semble pourtant étranger aux querelles qui opposaient les Pharisiens aux Sadducéens et au pouvoir. Il parle en termes élogieux de la secte des Assidéens, mais ne fait pas allusion à celle des Esséniens qui en est issue. Cette piété sans fanatisme en fait donc un témoin authentique des valeurs permanentes de l'ancienne Alliance.
PREMIER LIVRE DES MACCABÉES
Alexandre le Grand
1 Après qu'Alexandre, fils de Philippe, Macédonien sorti du pays des Kettiim, eut battu Darius, roi des Perses et des Mèdes, et fut devenu roi à sa place, tout d'abord sur l'Hellade, [— Kettiim (ou Kitiens, voir 1 M 8.5, en hébreu Kittim) : ce terme désignait d'abord les habitants de Chypre (voir Gn 10.4), puis des îles et rivages de la mer Egée (voir aussi Jr 2.10 et la note). Ici, il désigne les Macédoniens (voir 1 M 8.5).
— Hellade : la Grèce proprement dite, mais aussi les côtes d'Asie Mineure colonisées par les Grecs.]2 il entreprit de nombreuse guerres, enleva mainte place forte et mit à mort les rois de la région.
3 Il poussa jusqu'au bout du monde et prit les dépouilles d'une multitude de nations. La terre se tut devant lui. Son cœur s'exalta et s'enfla d'orgueil ; [— la terre se tut : voir 7.50 ; 9.57 ; 11.38,52 ; 14.4 ; Jg 3.11 ; 5.31 ; 8.28.
— Son cœur s'exalta... 1 M 16.13 ; Ez 28.2,5,17 ; 2 Ch 25.19 ; 26.16 ; voir Dt 17.20.]4 il rassembla une armée très puissante et soumit provinces, nations et dynastes, qui durent lui payer tribut. 5 Après cela, il s'alita et comprit qu'il allait mourir. 6 Il convoqua ses officiers nobles, ceux qui avaient été élevés avec lui depuis sa jeunesse et partagea entre eux son royaume avant de mourir. 7 Alexandre avait régné douze ans quand il mourut. 8 Ses officiers nobles prirent le pouvoir chacun dans son fief. [— Après la mort d'Alexandre le Grand, ses officiers se partagèrent les restes de son empire. En Asie (Syrie, Mésopotamie, Iran), le pouvoir fut pris par la famille des Séleucides (Séleucus et ses successeurs) ; en Egypte, il fut pris par les Lagides (Ptolémée, fils de Lagos, et ses successeurs). — la Palestine, attribuée d'abord aux Lagides, resta disputée par les deux dynasties. En 198 av. J.C., elle passa sous la domination des Séleucides.]9 Tous ceignirent le diadème après sa mort et leurs fils après eux durant de longues années. Ils multiplièrent les maux sur la terre.[— Emblème de la fonction royale.]
Antiochus IV Epiphane : l'hellénisme en Palestine
(2M 4.7-17)
10 Il sortit d'eux un rejeton impie : Antiochus Epiphane, fils du roi Antiochus, qui, après avoir été otage à Rome, devint roi en l'an cent trente-sept de la royauté des Grecs. [— otage à Rome : il faisait partie des otages que son père, Antiochus III, dut livrer selon le traité d'Apamée (188 av. J.C.), voir 2 M 8.10 et la note. Son neveu Démétrius le remplaça en 176 av. J.C.
— l'an cent trente-sept de la royauté des Grecs : en 175 av. J.C. — lelivre des Maccabées compte les années à partir du début du règne de Séleucus Ier, c'est-à-dire à partir d'octobre 312 av. J.C.]11 En ces jours-là, des vauriens surgirent d'Israël, et ils séduisirent beaucoup de gens en disant : « Allons, faisons alliance avec les nations qui nous entourent car, depuis que nous sommes séparés d'elles, bien des maux nous ont atteints. » 12 Ce discours leur plut, 13 et plusieurs parmi le peuple s'empressèrent de se rendre auprès du roi qui leur donna l'autorisation d'observer les pratiques des nations, [— Il fallait l'autorisation du roi pour cesser d'être soumis aux lois particulières de la nation à laquelle on appartenait (voir 2 M 4.9 et, en sens contraire, 1 M 11.24).]14 selon les usages de celles-ci. Ils bâtirent donc un gymnase à Jérusalem, [— gymnase : emplacement réservé aux exercices sportifs, que l'on pratiquait nu.]15 ils se refirent le prépuce, firent défection à l'alliance sainte pour s'associer aux païens, et se vendirent pour faire le mal.[— Il s'agit d'une opération qui cherchait à faire disparaître les marques de la circoncision (voir 1 Co 7.18).]
Campagne d'Egypte et pillage du Temple
(2M 5.11-21)
16 Quand il vit son règne affermi, Antiochus projeta de devenir roi d'Egypte afin de régner sur les deux royaumes. [— Antiochus voudrait rétablir à son profit l'unité de l'empire d'Alexandre (voir 1 M 1.6 ; 1.8 et la note).]17 Entré en Egypte avec une armée imposante, avec des chars, des éléphants et une grande flotte, [— Il s'agit de la première campagne d'Egypte, en 169 av. J.C. La deuxième, en 168, est mentionnée par 2 M 5.1 ; Dn 11.25-28.]18 il engagea le combat contre Ptolémée, roi d'Egypte, qui battit en retraite devant lui et s'enfuit en laissant de nombreux blessés. 19 Les villes fortes égyptiennes furent prises, et Antiochus s'empara des dépouilles de l'Egypte. 20 Ayant vaincu l'Egypte, il revint en l'an cent quarante-trois et il monta contre Israël et Jérusalem avec une armée imposante. [— En automne 169 av. J.C. ; voir la note sur 1 M 1.10.]
21 Entré dans le sanctuaire avec arrogance, il prit l'autel d'or, le candélabre de lumière et tous ses accessoires, 22 la table d'oblation, les vases à libations, les coupes, les cassolettes d'or, le voile et les couronnes ; quant à la décoration d'or sur la façade du temple, il l'enleva en entier. [— Voir 1 R 7.48-49.]23 Il prit aussi l'argent, l'or, les objets précieux et fit main basse sur les trésors cachés qu'il trouva. 24 Ayant tout pris, il s'en alla dans son pays. Il avait fait un carnage et avait proféré des paroles d'une extrême arrogance.
25 Il y eut grand deuil sur Israël partout dans le pays.
26 Chefs et anciens gémirent,
jeunes gens et jeunes filles dépérirent,
et la beauté des femmes s'altéra. [— Chefs et anciens gémirent Lm 1.4 ; 2.10.
— jeunes gens et jeunes filles dépérirent Am 8.13 ; Lm 1.6,18 ; 4.7-8.]
27 Le nouveau marié entonna une lamentation,
et l'épouse assise dans sa chambre fut en deuil.
28 La terre trembla à cause de ses habitants,
et toute la maison de Jacob fut revêtue de honte.
Apollonius à Jérusalem et construction de la Citadelle
(2M 5.24-26)
29 Deux ans après, le roi envoya un percepteur dans les villes de Juda ; il vint à Jérusalem avec une armée imposante. [— Deux ans après : voir 1 M 1.20 et la note ; mais le calcul est approximatif : c'est au printemps 167 av. J.C. que l'armée fut envoyée d'Antioche.
— percepteur : c'est la traduction du grec, mais le texte hébreu original devait porter « chef des Mysiens », voir 2 M 5.24. Les deux expressions sont très semblables en hébreu. Il s'agirait donc d'Apollonius (voir 1 M 3.10-12).]30 Il adressa aux habitants de fausses paroles de paix et on le crut. Puis il se jeta sur la ville à l'improviste, lui porta un grand coup, et fit périr beaucoup de gens en Israël. [— 1 M 5.48 ; 7.10,15,27 ; 11.2.]31 Il pilla la ville, l'incendia, détruisit les maisons et l'enceinte. 32 Ils réduisirent en captivité les femmes et les enfants et s'approprièrent le bétail, 33 puis ils rebâtirent la ville de David avec un rempart élevé et fort, de puissantes tours, et ce fut leur citadelle. [— A l'époque hellénistique, l'expression ville ou cité de David désigne la ville haute, bâtie par les rois de Juda sur la colline occidentale. Elle est distincte de la ville ancienne bâtie sur la colline orientale (voir 2 S 5.7,9). Cette citadelle abrita la garnison syrienne pendant 26 ans, v. 34.]34 Ils y installèrent une engeance perverse, des gens sans foi ni loi, et ils s'y fortifièrent. 35 Ils emmagasinèrent des armes et des vivres, y déposèrent les dépouilles de Jérusalem qu'ils avaient rassemblées et ils en firent un grand piège.
36 Cela devint une embuscade pour le sanctuaire
et un adversaire maléfique pour Israël en tout temps.
37 Ils répandirent du sang innocent autour du sanctuaire
et ils souillèrent le lieu saint.
38 Les habitants de Jérusalem s'enfuirent à cause d'eux,
et la ville devint une colonie d'étrangers,
elle devint étrangère à sa progéniture,
et ses propres enfants l'abandonnèrent.
39 Son sanctuaire fut dévasté comme un désert,
ses fêtes se changèrent en deuil,
ses sabbats en dérision,
son honneur en mépris. [— sanctuaire dévasté 1 M 2.12 ; 4.38 ; Ps 74.3-7 ; voir Lm 5.18.
— fêtes changées en deuil 1 M 9.41 ; Am 8.10 ; Lm 5.15 ; voir Lm 1.4.]
40 A la mesure de sa gloire fut son déshonneur,
et sa grandeur fit place au deuil.
Antiochus IV Epiphane abolit le judaïsme
(2M 6.1-11)
41 Le roi ordonna que, dans tout son royaume, tous ses peuples n'en forment qu'un 42 et renoncent chacun à ses coutumes ; toutes les nations se conformèrent aux prescriptions du roi. 43 Beaucoup d'Israélites acquiescèrent volontiers à son culte, sacrifiant aux idoles et profanant le sabbat. [— Il s'agit surtout du culte de Zeus Olympien, voir 2 M 6.2, dieu personnel du roi. Celui-ci espérait hâter l'unification politique de son empire en imposant l'unité religieuse.]44 Le roi envoya aussi à Jérusalem et aux villes de Juda des lettres par messagers, leur prescrivant de suivre des coutumes étrangères au pays, 45 de bannir du sanctuaire holocaustes, sacrifices et libations, de profaner sabbats et fêtes, 46 de souiller le sanctuaire et les choses saintes, 47 d'élever autels, sanctuaires et temples d'idoles, de sacrifier des porcs et des animaux impurs, [— porcs : voir la note sur 2 M 6.18.]48 de laisser leurs fils incirconcis et de se rendre abominables par toutes sortes d'impuretés et de profanations, 49 oubliant ainsi la Loi et altérant toutes les pratiques. 50 Quiconque n'agira pas selon l'ordre du roi sera mis à mort. 51 C'est en ces termes que le roi écrivit à tous ses sujets. Il créa des inspecteurs pour tout le peuple et ordonna aux villes de Juda d'offrir des sacrifices dans chaque ville. 52 Beaucoup de gens du peuple — entendons tous ceux qui abandonnaient la Loi — , se rallièrent à eux. Ils firent du mal dans le pays 53 et contraignirent Israël à se cacher dans tous ses lieux de refuge.
54 Le quinzième jour de Kislew en l'an cent quarante-cinq, le roi construisit l'abomination de la dévastation sur l'autel des holocaustes, et dans les villes de Juda alentour on éleva des autels. [— Kislew en l'an cent quarante-cinq : fin décembre 167 av. J.C.
— l'abomination de la dévastation, dont parle aussi Daniel (Dn 9.27 ; 11.31 ; 12.11 ; Mt 24.15 par.), est l'autel de Zeus Olympien (voir v. 43 et la note).
— autels : voir la note sur 2 M 10.2.]55 Aux portes des maisons et sur les places, on brûlait de l'encens. 56 Les livres de la Loi qu'ils trouvaient étaient déchirés, puis jetés au feu. 57 S'ils parvenaient à découvrir chez quelqu'un un livre de l'alliance, et si quelqu'un se conformait à la Loi, le décret du roi causait sa perte. [— lelivre de l'alliance ou les livres de la Loi (v. 56) : c'est-à-dire le Pentateuque.]58 Ils sévissaient chaque mois contre ceux d'Israël qui avaient été pris en infraction. 59 Le vingt-cinq du mois, on sacrifiait sur l'autel dressé sur l'autel des holocaustes. [— levingt-cinq du mois était le jour où l'on fêtait la naissance du roi (voir 2 M 6.7). Judas Maccabée choisira cette date pour la dédicace du nouvel autel (voir 1 M 4.52-53 ; 2 M 10.5).]60 Les femmes qui avaient circoncis leur enfant, étaient — conformément au décret — mises à mort, [— 2 M 6.10.]61 leurs nourrissons pendus au cou, ainsi que leurs proches et ceux qui avaient opéré la circoncision. 62 Toutefois, plusieurs en Israël restèrent fermes et eurent la force de ne pas manger de choses impures. 63 Ils acceptèrent de mourir, plutôt que de consommer des mets impurs et de profaner l'alliance sainte, et ils moururent. [— mourir... mets impurs 2 M 6.18-19.]64 Ce furent des jours de grande colère sur Israël.
Lamentation du prêtre Mattathias
2 En ces jours-là, se leva Mattathias, fils de Jean, fils de Siméon, prêtre d'entre les fils de Ioarib ; il quitta Jérusalem pour s'établir à Modîn. [— Ioarib : chef de la première classe des prêtres descendants de Lévi (voir 1 Ch 24.7).
— Modîn : ville située à 10 km environ à l'est de Lydda (Lod).]2 Il avait cinq fils : Jean surnommé Gaddi, 3 Siméon appelé Thassi, 4 Judas appelé Maccabée, [— Maccabée : on a longtemps cru que le sens de ce surnom était « marteau » et qu'il faisait allusion à la façon dont Judas avait frappé ses ennemis ; mais les surnoms étaient donnés dès la naissance. — lesens de celui-ci, comme de ceux des frères de Judas, reste donc obscur.]5 Eléazar appelé Awarân, Jonathan appelé Apphous. 6 Il vit les sacrilèges quiétaient commis en Juda et à Jérusalem 7 et il dit :
« Malheur à moi ! Suis-je né pour voir la ruine de mon peuple et la destruction de la ville sainte
et rester assis là alors que la ville est livrée aux mains des ennemis
et que le sanctuaire est livré aux mains des étrangers ?
8 Son Temple est devenu comme un homme sans gloire,
9 les objets qui reflètent sa gloire ont été emmenés captifs,
sur ses places on massacrait ses petits enfants
et ses jeunes gens tombaient sous l'épée de l'ennemi. [— Prise des objets du sanctuaire 2 R 24.13 ; Lm 1.10.
— Massacre des enfants Lm 2.21-22.]
10 Quelle nation n'a pas hérité d'une part de sa royauté
et ne s'est emparée de ses dépouilles ?
11 Toute sa parure lui a été ôtée,
de libre, la voilà esclave. [— la voilà esclave Lm 1.1,3.]
12 Et voici que le lieu saint, notre beauté et notre gloire, est réduit en désert
et les nations l'ont profané. [— 1 M 1.39+.]
13 A quoi bon vivre encore ? »
14 Mattathias et ses fils déchirèrent leurs vêtements, s'enveloppèrent de sacs et menèrent un grand deuil.
Le sacrifice de Modîn
15 Les envoyés du roi, chargés d'imposer l'apostasie, vinrent à Modîn pour les sacrifices. [— envoyés du roi : il s'agit sans doute de Philippe, préposé à Jérusalem (voir 2 M 5.22), et de ses acolytes (voir 1 M 1.51).
— chargés d'imposer l'apostasie ou chargés de contraindre les Juifs à renier leur foi.
— Modîn : voir la note sur 1 M 2.1.
— les sacrifices : le texte sous-entend aux divinités païennes.]16 Beaucoup d'Israélites vinrent à eux, mais Mattathias et ses fils restèrent tous ensemble à part. 17 Les envoyés du roi prirent la parole et dirent à Mattathias : « Tu es chef illustre et grand dans cette ville, appuyé par des fils et des frères. 18 Avance donc le premier pour accomplir ce qui a été décrété par le roi, comme l'ont fait toutes les nations, les hommes de Juda et ceux qui ont été laissés à Jérusalem. Tu seras, toi et tes fils, parmi les amis du roi, vous serez honorés de dons en argent et en or et de nombreux cadeaux. » [— ami du roi : tout comme parent, père ou frère du roi (voir 1 M 11.31-32 ; 2 M 3.32 ; 1 M 10.89 ; 11.1,22), c'est là un titre honorifique d'origine perse que recevaient les familiers du roi, associés au pouvoir (voir 1 M 6.14 ; 7.8).
On distinguait les amis (1 M 10.65) et les premiers amis (2 M 8.9).]19 Mattathias répondit d'une voix forte : « Si toutes les nations de l'empire du roi l'écoutent, s'éloignant chacune du culte de ses pères et se conformant à ses ordonnances, 20 moi, mes fils et mes frères, nous marcherons dans l'alliance de nos pères. [— nos pères ou nos ancêtres.]21 Qu'il nous accorde la grâce de ne pas abandonner la Loi et les observances. [— Qu'il : Dieu, voir 1 M 3.18 et la note.]22 Nous n'écouterons pas les ordres du roi pour dévier de notre culte à droite ou à gauche. »
23 Comme il terminait ce discours, un Juif s'avança aux yeux de tous pour sacrifier sur l'autel de Modîn, selon l'ordre du roi. 24 A sa vue, le zèle de Mattathias s'enflamma et ses reins frémirent ; une juste colère monta en lui, il courut et l'égorgea sur l'autel. 25 Quant à l'homme du roi, qui obligeait à sacrifier, il le tua sur-le-champ, et renversa l'autel. 26 Il fut embrasé de zèle pour la Loi comme l'avait été Pinhas envers Zimri, fils de Salou. [— zèle pour la Loi v. 27,50,58 ; voir Ps 69.10 ; 119.139.
— zèle de Pinhas Nb 25.6-13 ; Si 45.23.]27 Puis Mattathias se mit à crier d'une voix forte à travers la ville : « Que tous ceux qui ont le zèle de la Loi et qui soutiennent l'alliance me suivent. » 28 Lui-même et ses fils s'enfuirent dans les montagnes, abandonnant tout ce qu'ils possédaient dans la ville. [— Probablement les collines de Judée, à l'est de Modîn ; voir 2 M 5.27.]
Mattathias au désert : épreuves et succès
29 Alors beaucoup de gens qui recherchaient la justice et l'équité descendirent au désert pour s'y établir, 30 eux, leurs fils, leurs femmes et leur bétail, parce que le malheur s'était appesanti sur eux. 31 On annonça aux hommes du roi et aux forces qui étaient stationnées à Jérusalem, dans la cité de David, que des gens ayant rejeté l'ordonnance du roi étaient descendus vers les retraites cachées du désert. [— cité de David : voir 1 M 1.33 et la note.
— les retraites cachées sont les grottes du désert de Juda, à l'ouest de la mer Morte.]32 Une forte troupe courut à leur poursuite et, les ayant rattrapés, dressa le camp en face d'eux, et se disposa à les attaquer le jour du sabbat. [— 1 M 9.43 ; 2 M 6.11 ; 15.1.]33 On leur dit : « En voilà assez ! sortez, obéissez à l'ordre du roi et vous aurez la vie sauve. » 34 - « Nous ne sortirons pas, dirent-ils, et nous n'observerons pas l'ordre, donné par le roi, d'enfreindre le jour du sabbat. » [— D'après Ex 16.29, il est interdit de sortir de chez soi le jour du sabbat. Les Juifs cachés dans le désert ne pouvaient donc obéir au roi sans enfreindre le jour du sabbat.]35 Aussitôt assaillis, 36 ils s'abstinrent de riposter, de lancer des pierres, de barricader leurs retraites. 37 « Mourons tous dans notre droiture, disaient-ils ; le ciel et la terre nous sont témoins que vous nous faites périr injustement. » 38 On leur donna l'assaut en plein sabbat, et ils périrent, eux, leurs femmes, leurs enfants et leur bétail, en tout un millier de personnes. [— L'historien juif Josèphe précise qu'ils furent brûlés, voir 2 M 6.11 qui attribue cet acte à Philippe (voir la note sur 1 M 2.15).]
39 Lorsqu'ils l'apprirent, Mattathias et ses amis les pleurèrent amèrement 40 et se dirent les uns aux autres : « Si nous faisons tous comme ont fait nos frères, si nous ne luttons pas contre les nations pour notre vie et nos observances, ils auront tôt fait de nous exterminer de la terre. » 41 Ce même jour, ils prirent cette décision : « Tout homme qui viendrait nous attaquer le jour du sabbat, combattons-le et nous ne mourrons donc pas tous comme sont morts nos frères dans leurs retraites. »
42 Alors se joignit à eux le groupe des Assidéens, hommes vaillants en Israël et tout ce qu'il y avait de dévoué à la Loi. [— Assidéens : forme grecque d'un mot hébreu qui signifie « les (hommes) pieux ». Ce groupe de Juifs très attachés à la Loi et aux traditions forma le gros des troupes de Judas Maccabée (voir 2 M 14.6), mais en restant indépendants de sa politique (voir 1 M 7.13 et la note).]43 Tous ceux qui voulaient échapper à ces maux vinrent augmenter leur nombre et leur force. 44 Ils rassemblèrent une armée, frappèrent les pécheurs dans leur colère, et les impies dans leur fureur. Le reste se sauva chez les nations. [— les pécheurs : désignation méprisante des Juifs qui n'observent pas la Loi de Dieu.]45 Mattathias et ses amis firent une tournée pour renverser les autels 46 et ils circoncirent de force les enfants incirconcis qu'ils trouvèrent sur le territoire d'Israël. 47 Ils chassèrent les fils d'arrogance et l'entreprise réussit entre leurs mains. [— fils d'arrogance : tournure hébraïque pour désigner les arrogants.]48 Ils arrachèrent la Loi de la main des nations et des rois et ne laissèrent pas l'avantage au pécheur. [— lepécheur est sans doute le roi Antiochus, voir v. 62.]
Testament et mort de Mattathias
49 Les jours de Mattathias approchaient de leur fin, et il dit à ses fils :
« Voici maintenant le règne de l'arrogance et de l'outrage,
le temps du bouleversement et l'explosion de la colère. [— letexte sous-entend : de Dieu contre son peuple.]
50 A vous maintenant, mes enfants, d'avoir le zèle de la Loi,
et de donner vos vies pour l'alliance de nos pères. [— nos pères ou nos ancêtres.]
51 Souvenez-vous des actions accomplies par nos pères en leur temps,
et vous gagnerez une grande gloire et une renommée éternelle.
52 Abraham n'a-t-il pas été fidèle dans l'épreuve,
et cela ne lui a-t-il pas été compté comme justice ? [— Gn 15.6 ; Si 44.20.]
53 Joseph, au moment de sa détresse, observa la Loi
et devint seigneur de l'Egypte. [— Gn 41.37-43.]
54 Pinhas, notre père, par son zèle ardent
a reçu l'alliance d'un sacerdoce éternel. [— Pinhas : petit-fils d'Aaron (voir Nb 25.7), est l'ancêtre des prêtres d'Israël ; Nb 25.13 ; Si 45.24.]
55 Josué, pour avoir accompli sa mission,
devint juge en Israël.
56 Caleb, pour son témoignage véridique,
reçut de l'assemblée une terre en patrimoine. [— Nb 14.24 ; Si 46.9.]
57 David, pour sa piété,
hérita d'un trône royal pour les siècles. [— 2 S 6.12-22 ; Si 47.8.]
58 Elie, pour avoir brûlé du zèle de la Loi,
fut enlevé au ciel. [— Elie brûlé de zèle 1 R 19.10 ; voir 1 M 2.26+ ; enlevé au ciel 2 R 2.11 ; Si 48.9.]
59 Ananias, Azarias, Misaël, pour leur confiance en Dieu,
échappèrent aux flammes. [— Ananias, Azarias et Misaël Dn 3.]
60 Daniel, pour sa droiture,
fut sauvé de la gueule des lions. [— Daniel sauvé des lions Dn 6.]
61 Comprenez que, de génération en génération,
tous ceux qui espèrent en Lui ne faibliront pas.
62 Ne craignez pas les menaces de l'homme pécheur,
car sa gloire s'en va vers la pourriture et les vers. [— l'homme pécheur : voir v. 48 et la note.
— la pourriture et les vers : allusion à la mort d'Antiochus (voir 2 M 9.9).]
63 Aujourd'hui il s'élève
et demain on ne le trouvera plus,
car il sera retourné à sa poussière
et ses projets seront anéantis. [— Ps 1.4-5 ; 37.35-36 ; Jb 20.6-7.]
64 Mes enfants, soyez des hommes et tenez fermement la Loi,
parce que c'est elle qui vous comblera de gloire.
65 « Voici Siméon votre frère, je sais qu'il est de bon conseil, écoutez-le toujours, et il sera pour vous un père. 66 Judas Maccabée, vaillant dès sa jeunesse, sera le chef de votre armée et mènera la guerre contre les peuples. 67 Quant à vous, groupez autour de vous tous ceux qui observent la Loi et assurez la vengeance de votre peuple. 68 Rendez aux païens le mal qu'ils vous ont fait et attachez-vous aux préceptes de la Loi. » 69 Puis il les bénit et fut réuni à ses pères. [— Expression traditionnelle qui désigne à la fois la mort et l'ensevelissement dans le tombeau de famille.]70 Il mourut en l'an cent quarante-six et fut enseveli dans le tombeau de famille à Modîn et tout Israël mena sur lui un grand deuil.[— l'an cent quarante-six : au printemps 166 av. J.C. (voir la note sur 1.10).
— Modîn : voir la note sur 1 M 2.1.]
Eloge de Judas Maccabée
3 Son fils Judas, appelé Maccabée, se leva à sa place ; [— Voir 1 M 2.4 et la note.]2 tous ses frères et tous les partisans de son père lui prêtèrent secours et combattirent pour Israël avec joie.
3 Il étendit le renom glorieux de son peuple,
revêtit la cuirasse comme un géant,
ceignit ses armes de guerre
et engagea des combats,
protégeant le camp de son glaive.
4 Tel un lion en action,
un lionceau rugissant vers sa proie,
5 il pourchassait les impies qu'il dépistait,
il livrait au feu les perturbateurs de son peuple. [— 1 M 5.5,44 ; 2 M 8.33.]
6 Les impies furent réduits par la crainte qu'il inspirait,
tous les agents de l'impiété furent pris de panique
et la libération dans sa main fut menée à bonne fin.
7 Il rendit la vie amère à bien des rois,
ses exploits réjouirent Jacob
et son souvenir sera une louange éternelle. [— bien des rois : Antiochus IV (v. 27), Antiochus V (1 M 6.28) et Démétrius Ier (1 M 7.26).
— Jacob : voir Os 12.3 et la note.]
8 Il sillonna les villes de Juda
et en extermina les impies.
Il détourna d'Israël la colère, [— colère : voir 1 M 2.49 et la note.]
9 il fut renommé jusqu'aux extrémités de la terre
et il rassembla ceux qui étaient perdus.[— C'est peut-être une allusion au rapatriement des Juifs de Galilée et de Galaad (voir 1 M 5.9-36,45-54).]
Victoire de Judas sur Apollonius et sur Séron
10 Apollonius mobilisa des païens et un fort contingent de Samarie pour combattre Israël. [— D'après l'historien juif Josèphe, Apollonius était stratège de Samarie (voir la note sur 2 M 3.5).]11 Judas en fut informé, sortit à sa rencontre, le battit et le tua. Beaucoup tombèrent blessés à mort et les survivants s'enfuirent. 12 On ramassa leurs dépouilles, Judas s'empara de l'épée d'Apollonius et s'en servit tous les jours au combat. 13 Séron, commandant de l'armée de Syrie, apprit que Judas avait regroupé autour de lui une troupe de gens de guerre et une assemblée de fidèles 14 et il se dit : « Je me ferai un nom et je me couvrirai de gloire dans le royaume. Je combattrai Judas et ses hommes qui méprisent l'ordre du roi. » 15 Il partit donc à son tour et, avec lui, monta un fort contingent d'impies pour tirer vengeance des fils d'Israël. 16 Il s'approcha de la montée de Béthoron et Judas sortit à sa rencontre avec une poignée d'hommes. [— la montée (ou la descente, v. 24) de Béthoron se trouve sur le chemin menant de la plaine maritime au plateau judéen, à une vingtaine de km au nord-ouest de Jérusalem. Voir Jos 10.10-11.]17 A la vue de l'armée qui montait à leur rencontre, ils dirent à Judas : « Comment pourrons-nous, étant si peu nombreux, lutter contre une multitude si forte ? Nous sommes exténués et à jeun. » 18 Judas répondit : « Il arrive facilement qu'une multitude tombe aux mains d'un petit nombre, et il importe peu au Ciel d'opérer le salut au moyen de beaucoup ou de peu d'hommes. [— Par respect, l'auteur de 1 M évite de nommer Dieu et parle le plus souvent du Ciel (voir v. 50 ; 4.40, etc. Voir aussi 2 M 3.15,34 ; 7.11), ou bien il utilise un pronom indéfini, voir 1 M 2.21 ; 4.11.
— beaucoup ou peu d'hommes 2 M 8.19-20 ; 1 S 14.6 ; voir Jg 7.2-8.]19 Car la victoire au combat ne tient pas à l'importance de l'armée, mais à la force qui vient du Ciel. 20 Ceux-ci viennent contre nous, débordant d'orgueil et d'impiété, pour nous faire périr, nous, nos femmes, nos enfants, et nous dépouiller. 21 Mais nous, nous combattons pour nos vies et pour nos lois 22 et Lui les brisera devant nous. Quant à vous, ne les craignez donc pas. » [— 1 M 4.8 ; 2 M 8.16 ; Dt 1.29 ; 3.22 ; 7.21 ; 31.6 ; Jos 1.9.]
23 Dès qu'il eut fini de parler, il se rua sur eux à l'improviste. Séron et son armée furent écrasés devant lui. 24 Ils les poursuivirent dans la descente de Béthoron jusqu'à la plaine. Huit cents hommes environ tombèrent, et le reste s'enfuit au pays des Philistins. [— la Philistie n'existait plus comme nation indépendante depuis le VIIIe siècle av. J.C., mais l'auteur appelle la plaine côtière pays des Philistins pour rapprocher les exploits de Judas de ceux de Jonathan et David (voir 1 S 14 ; 17 ; 2 S 5).
— poursuite sur la descente de Béthoron Jos 10.10.]25 Judas et ses frères commencèrent à inspirer de la crainte et à faire trembler les nations alentour. 26 Son renom parvint jusqu'au roi, et chaque nation commentait les batailles de Judas.
Antiochus IV partant pour la Perse nomme Lysias régent
27 Lorsqu'il entendit ces récits, Antiochus fut pris d'une grande colère et il fit rassembler toutes les forces de son royaume, une armée très puissante. 28 Il ouvrit son trésor, distribua un an de solde aux troupes et leur enjoignit de se tenir prêtes à toute éventualité. 29 Il s'aperçut alors que l'argent manquait dans ses coffres et que le produit des impôts de la province était maigre, à cause des dissensions et du malheur qu'il avait provoqués dans le pays en abrogeant les lois qui existaient depuis toujours. [— A cause des largesses du roi (voir v. 30 ; 2 M 3.3 et la note) et du lourd tribut dû aux Romains (voir 2 M 3.7 et la note).]30 Il craignit de ne pas être à même de pourvoir aux dépenses et aux largesses qu'il faisait auparavant d'une main généreuse, surpassant en cela ses prédécesseurs. 31 L'anxiété s'empara de son âme, et il décida d'aller en Perse pour lever les impôts des provinces, et ramasser beaucoup d'argent. 32 Il laissa Lysias, homme illustre et de parenté royale, à la tête de ses affaires, depuis l'Euphrate jusqu'aux confins de l'Egypte, [— Lysias : personnage influent du royaume (voir 2 M 10.11 ; 11.1 ; 13.2).
— de parenté royale : titre honorifique le plus élevé à la cour séleucide (voir 1 M 2.18 et la note ; 1 M 10.89).
— à la tête des affaires : voir 2 M 3.7 et la note.]33 et il le chargea de l'éducation de son fils Antiochus, jusqu'à son retour. [— lefutur Antiochus V Eupator (voir 6.17).]34 Il lui confia la moitié des troupes et les éléphants et lui donna des instructions au sujet de toutes ses décisions ; pour ce qui est des habitants de la Judée et de Jérusalem, [— Il s'agit des éléphants de combat (voir 1 M 1.17 ; 6.34-37 ; 2 M 11.4).]35 il devait envoyer contre eux une armée pour détruire la force d'Israël et le petit reste de Jérusalem, et pour effacer leur souvenir de ce lieu. 36 Il devait installer des fils d'étrangers sur tout leur territoire et lotir leur pays. [— fils d'étrangers ou étrangers.
— Selon l'usage séleucide (voir 1.8), les Juifs rebelles devaient être tués ou vendus comme esclaves (v. 41) et leurs terres concédées par lots à des colons étrangers (voir Dn 11.39).]37 Le roi prit avec lui la moitié des troupes restantes et partit d'Antioche, capitale de son royaume, en l'an cent quarante-sept ; il franchit l'Euphrate et passa par les provinces d'en haut.[— l'an cent quarante-sept : en 165 av. J.C. (voir la note sur 1 M 1.10).
— les provinces d'en-haut 1 M 6.1 ; voir 2 M 9.23 et la note.]
Gorgias et Nikanor
(2M 8.8-15)
38 Lysias choisit Ptolémée, fils de Dorymène, Nikanor et Gorgias, personnages puissants parmi les amis du roi. [— Ptolémée fils de Dorymène 2 M 4.45.
— Gorgias 2 M 10.14.
— amis du roi : voir la note sur 1 M 2.18.]39 Il envoya avec eux quarante mille hommes et sept mille cavaliers pour aller au pays de Juda et le dévaster selon l'ordre du roi. [— 1 Ch 19.18 ; voir 2 M 8.9.]40 Partis avec toute leur armée, ils arrivèrent près d'Emmaüs et ils établirent leur cantonnement dans la plaine. [— Emmaüs, à une vingtaine de km au nord-ouest de Jérusalem, occupait une position stratégique qui commandait l'accès à la ville sainte.]41 Les marchands de la région l'apprirent par la renommée, ils se munirent d'or et d'argent en grande quantité, ainsi que d'entraves et ils vinrent au camp pour emmener les fils d'Israël comme esclaves. Un contingent de Syrie et du pays des Philistins se joignit à eux. [— entraves : d'après l'ancienne version syriaque et l'historien Josèphe ; grec : enfants. Ces entraves étaient destinées aux prisonniers juifs qu'on espérait vendre comme esclaves.
— Syrie vient sans doute d'une mauvaise lecture de l'original hébreu Edom, lu Aram (selon une erreur très fréquente) ; il s'agirait donc de troupes d'Idumée.
— pays des Philistins voir la note sur le v. 24.]42 Judas et ses frères virent que le malheur s'aggravait, et que des armées campaient sur leur territoire. Ils apprirent aussi la décision du roi ordonnant de livrer le peuple à une destruction radicale. 43 Ils se dirent les uns aux autres : « Relevons notre peuple de sa ruine et combattons pour lui et pour notre saint lieu. » 44 On convoqua la communauté pour se préparer à la guerre, pour prier et pour implorer pitié et miséricorde. [— C'est l'assemblée du peuple (voir par exemple 1 M 4.59 ; 5.16), ancienne institution remise en vigueur par les Maccabées.]
45 Jérusalem était déserte,
de ses fils, nul n'entrait ni ne sortait,
le sanctuaire était piétiné,
l'étranger occupait la Citadelle,
le païen s'y est installé.
En Jacob les cris de joie se sont tus,
le son des flûtes et des lyres s'est éteint. [— Citadelle : voir la note sur 1 M 1.33.
— Jacob : voir la note sur Os 12.3.]
Le rassemblement à Maspha
(2M 8.16-23)
46 Ils se rassemblèrent et vinrent à Maspha, en face de Jérusalem, car il y avait eu jadis à Maspha un lieu de prière pour Israël. [— L'ancienne Miçpa, lieu traditionnel de rassemblement pour Israël (voir Jg 20.1 ; 1 S 7.5 ; 1 R 15.22 ; Jr 40-41).]47 Ils jeûnèrent ce jour-là, s'enveloppèrent de sacs et, la tête couverte de cendre, ils déchirèrent leurs vêtements. 48 Ils déroulèrent le livre de la Loi, pour y lire ce que les païens demandaient aux simulacres de leurs faux dieux. [— déroulèrent : voir la note sur Jr 30.2.
— On prenait une phrase au hasard dans la Loi pour y trouver un mot d'ordre (voir 2 M 8.23).]49 Ils apportèrent les habits sacerdotaux, les prémices et les dîmes, ils firent paraître les naziréens qui avaient accompli les jours de leur vœu. [— naziréens (ou nazirs) : voir Nb 6.2 ; Jr 7.29 et les notes.]50 Ils élevèrent la voix vers le Ciel en disant : « Que faire de ces gens-là et où les emmener ? [— Les Israélites ne savent plus où porter les prémices ni où accomplir les cérémonies marquant la fin du vœu de naziréat, puisque le temple est encore aux mains des païens.]51 Ton lieu saint a été piétiné et profané, tes prêtres sont dans le deuil et l'humiliation, 52 et voici que les nations se sont liguées contre nous afin de nous faire disparaître. Toi, tu connais leurs desseins à notre égard. 53 Comment pourrons-nous résister en face d'elles, si tu ne viens pas à notre secours ? » 54 Ils sonnèrent ensuite de la trompette et poussèrent de grands cris.
55 Après cela, Judas établit des chefs du peuple, chefs de millier, de centaine, de cinquantaine et de dizaine. [— chefs du peuple Ex 18.21.]56 A ceux qui bâtissaient leur maison ou qui venaient de se fiancer, de planter une vigne, ou qui avaient peur, il dit de s'en retourner chez eux, conformément à la Loi. [— conformément à la Loi : voir Dt 20.5-9 ; Jg 7.3.
— Ces exemptions témoignent de l'influence des Assidéens, voir la note sur 1 M 2.42.]57 L'armée se mit alors en marche et vint camper au sud d'Emmaüs. [— Voir la note sur le v. 40.]58 « Equipez-vous, dit Judas, comportez-vous en braves et tenez-vous prêts à combattre demain ces nations rassemblées pour notre ruine et celle de notre sanctuaire, 59 car il vaut mieux pour nous mourir au combat que de voir les malheurs de notre nation et de notre lieu saint. 60 La volonté céleste sera accomplie. »
La victoire d'Emmaüs
(2M 8.23-29, 34-36)
4 Gorgias prit avec lui cinq mille fantassins et mille cavaliers d'élite, et ce détachement partit de nuit, [— Gorgias : voir 1 M 3.38 ; 2 M 8.9.]2 afin de faire irruption dans le camp des Juifs et de fondre sur eux à l'improviste. Les gens de la Citadelle lui servaient de guide. [— Citadelle : voir la note sur 1 M 1.33.]3 Judas l'apprit et partit avec ses braves pour battre l'armée royale qui se trouvait à Emmaüs, [— Voir la note sur 1 M 3.40.]4 pendant que ses effectifs étaient encore dispersés à l'extérieur du camp. 5 Gorgias arriva de nuit au camp de Judas, n'y trouva personne et se mit à chercher les Juifs dans les montagnes, car, disait-il : « Ils fuient devant nous. »
6 Au lever du jour, Judas parut dans la plaine avec trois mille hommes, mais ceux-ci n'avaient ni les armures ni les épées qu'ils auraient voulues. 7 Ils apercevaient le camp des païens, puissant et fortifié, les cavaliers qui l'entouraient, tous gens experts, exercés au combat. 8 Judas dit à ses hommes : « Ne craignez pas cette multitude et ne redoutez pas leur assaut. [— Ne les craignez pas 1 M 3.22+.]9 Souvenez-vous comment nos pères furent sauvés à la mer Rouge quand le Pharaon les poursuivait avec son armée, [— nos pères ou nos ancêtres.
— sauvés à la mer Rouge Ex 14.]10 et maintenant crions vers le Ciel ; s'il veut de nous, il se souviendra de l'alliance des pères et il écrasera aujourd'hui devant nous cette armée-là, 11 et toutes les nations sauront qu'il y a quelqu'un qui rachète et sauve Israël. » [— toutes les nations sauront Ez 36.36 ; 37.28 ; 38.23 ; 39.21.
— quelqu'un : voir la note sur 1 M 3.18.]12 Les étrangers levèrent les yeux ; voyant les Juifs marcher contre eux, 13 ils sortirent du camp pour livrer bataille. Les gens de Judas sonnèrent de la trompette 14 et engagèrent le combat. Les nations furent écrasées et elles s'enfuirent vers la plaine, 15 mais ceux qui étaient à l'arrière tombèrent tous sous l'épée. La poursuite atteignit Gazara et les plaines de l'Idumée, d'Azôtos et de Jamnia : trois mille hommes environ y tombèrent. [— Gazara : l'ancienne Guèzèr (voir Jos 10.33), à 30 km environ au nord-ouest de Jérusalem.
— Idumée : voir la note sur 2 M 10.15.
— Azôtos (ou Ashdod, voir Jos 11.22) et Jamnia (ou Yavné, 2 Ch 26.6, ou encore Yavnéel, Jos 15.11) font partie de la zone maritime.]
16 Revenu de la poursuite avec sa troupe, Judas dit au peuple : 17 « Ne soyez pas avides de butin, car un autre combat nous attend, 18 Gorgias et son détachement sont dans la montagne non loin de nous. Maintenant, tenez tête à nos ennemis et combattez-les ; après cela, vous ramasserez le butin en toute sécurité. » 19 Judas achevait à peine sa phrase qu'on aperçut au sommet de la montagne un détachement en train de guetter. 20 Ils virent que les leurs avaient été mis en déroute et que le camp était en flammes. La fumée encore visible révélait ce qui était arrivé. 21 Voyant cela, ils furent remplis d'effroi. Voyant aussi l'armée de Judas dans la plaine, prête au combat, 22 ils s'enfuirent tous au pays des Philistins. [— Voir la note sur 1 M 3.24.]23 Judas revint alors pour le pillage du camp ; on emporta beaucoup d'or et d'argent liquide, des étoffes de pourpre violette et de pourpre marine, ainsi que de grandes richesses. [— pourpre : teinture produite par un coquillage ; elle était violette ou rouge foncé. C'est cette dernière, fabriquée à Tyr, qu'on appelait pourpre marine (voir Ex 25.4 ; 2 Ch 2.6 et les notes ; voir aussi la note sur 2 M 4.38).]24 Au retour, on louait et on bénissait le Ciel, car il est bon et son amour est éternel. [— 2 Ch 20.21 ; Ps 118.1,29.]25 Ce jour-là il y eut une grande délivrance en Israël.
26 Ceux des étrangers qui s'étaient sauvés vinrent annoncer à Lysias tout ce qui était arrivé. [— Lysias : voir la note sur 1 M 3.32.]27 Ces nouvelles le bouleversèrent et lui firent perdre courage, car les choses ne s'étaient pas passées pour Israël comme il le voulait et le résultat était le contraire de ce que lui avait ordonné le roi.
Première campagne de Lysias
(2M 11.1-12)
28 L'année suivante, il rassembla soixante mille hommes d'élite et cinq mille cavaliers pour combattre les Juifs. [— Début 164 av. J.C. (voir 1 M 3.37 et la note).]29 Ils vinrent en Idumée et campèrent à Bethsour ; Judas se porta à leur rencontre avec dix mille hommes. [— Idumée : voir la note sur 2 M 10.15.
— Bethsour occupait une position stratégique à la limite sud de la Judée (voir v. 61). Lysias a contourné la Judée par l'ouest et le sud.]30 Quand il vit cette armée puissante, il pria ainsi : « Tu es béni, sauveur d'Israël, toi qui as brisé l'élan du puissant guerrier par la main de ton serviteur David et qui as livré le camp des Philistins aux mains de Jonathan, fils de Saül, et de son écuyer. [— le puissant guerrier vaincu par David 1 S 17.23-54.
— Jonathan vainqueur des Philistins 1 S 14.1-23.]31 Enferme de même cette armée entre les mains de ton peuple Israël, et qu'ils aient honte de leur infanterie et de leur cavalerie. 32 Mets en eux la peur, fais fondre leur force impudente, et qu'ils soient ébranlés par leur défaite. 33 Fais-les tomber sous l'épée de ceux qui t'aiment, et que tous ceux qui connaissent ton nom te célèbrent par des hymnes. » 34 Le combat s'engagea et, dans le corps à corps, l'armée de Lysias perdit près de cinq mille hommes. 35 Voyant la déroute de son armée et l'intrépidité qu'avait acquise l'armée de Judas, voyant aussi comment ces derniers étaient prêts à vivre ou à mourir courageusement, Lysias partit pour Antioche où il recruta des étrangers, en vue d'un retour en force en Judée.[— Antioche : voir 1 M 3.37.]
Purification du Temple et dédicace
36 Judas et ses frères dirent alors : « Voici, nos ennemis sont écrasés, montons purifier le sanctuaire et faire la dédicace. » [— faire la dédicace : c'est-à-dire consacrer de nouveau à Dieu le temple qui avait été souillé (1 M 1.21-23,46 ; voir 2 M 1.8-9,18 ; 2.16).]37 Toute l'armée se rassembla et ils montèrent au mont Sion. 38 Ils virent le sanctuaire déserté, l'autel profané, les portes consumées ; dans les parvis, la végétation avait poussé comme dans un bois ou sur une montagne, et les salles étaient détruites. [— lelieu saint désolé 1 M 1.39+.
— les portes consumées 2 M 1.8.]39 Ils déchirèrent leurs vêtements, menèrent grand deuil et répandirent de la cendre sur leur tête. 40 Ils tombèrent la face contre terre et, au signal donné par la trompette, ils poussèrent des cris vers le ciel.
41 Judas donna l'ordre à certains de ses hommes de combattre ceux qui étaient dans la Citadelle, jusqu'à ce qu'il eût purifié le sanctuaire, [— Citadelle : voir la note sur 1 M 1.33.]42 puis il choisit des prêtres sans souillure et zélés pour la Loi, 43 qui purifièrent le sanctuaire et reléguèrent en un lieu impur les pierres de souillure. [— Sans doute les pierres qui proviennent de l'autel bâti par Antiochus IV sur l'autel des holocaustes (voir 1 M 1.54).]44 On se demanda ce qu'on devait faire de l'autel des holocaustes, qui avait été profané, [— Voir au glossaire SACRIFICES.]45 et on eut la bonne idée de le démolir, de peur qu'il ne devienne pour eux un objet de honte, puisque les païens l'avaient souillé. Ils le démolirent 46 et déposèrent les pierres sur la montagne de la Demeure, en un lieu convenable, en attendant la venue d'un prophète qui se prononcerait à leur sujet. [— attente d'un prophète 1 M 14.41 ; Lm 2.9 ; Ps 74.9 ; voir 1 M 9.27 ; Ps 77.9 ; Ez 7.26.]47 Selon la Loi, ils prirent des pierres non taillées et bâtirent un autel nouveau sur le modèle du précédent. [— Ex 20.25 ; Dt 27.6.]48 Ils restaurèrent le sanctuaire et l'intérieur de la Demeure, ils sanctifièrent aussi les cours. 49 Ayant fabriqué de nouveaux ustensiles sacrés, ils introduisirent dans le Temple le chandelier, l'autel des parfums et la table. [— nouveaux ustensiles : les anciens avaient été volés par Antiochus Epiphane (voir 1 M 1.21-24).
— chandelier Ex 25.31-39.
— autel des parfums Ex 30.1-10.
— table Ex 25.23-30.]50 Ils firent fumer l'encens sur l'autel, allumèrent les lampes du chandelier, qui brillèrent dans le Temple. 51 Ils déposèrent les pains sur la table, tendirent les rideaux et achevèrent tous les travaux entrepris.
52 Le vingt-cinq du neuvième mois, nommé Kislew, en l'an cent quarante-huit, ils se levèrent de bon matin [— Kislew : voir au glossaire CALENDRIER.
— On est en décembre 164 av. J.C., exactement 3 ans après la profanation du sanctuaire (v. 54 ; voir 1 M 1.54,59 ; 2 M 6.7).]53 et ils offrirent, conformément à la Loi, un sacrifice sur le nouvel autel des holocaustes qu'ils avaient édifié. 54 L'autel fut inauguré avec des cantiques, au son des cithares, des lyres et des cymbales, à la même époque de l'année et le même jour que les païens l'avaient profané. 55 Tout le peuple tomba la face contre terre pour adorer, puis il fit monter la louange vers le Ciel qui l'avait conduit au succès. 56 Ils célébrèrent la dédicace de l'autel pendant huit jours et ils offrirent des holocaustes avec une grande joie, ainsi que des sacrifices de communion et d'action de grâce. 57 Ils ornèrent la façade du Temple de couronnes d'or et d'écussons et ils remirent à neuf les entrées ainsi que les salles, qu'ils munirent de portes. [— Ce sont les motifs ornementaux qui avaient été arrachés de la façade du temple (voir 1 M 1.22).]58 Une grande joie régna parmi le peuple, et la honte infligée par les païens fut effacée. 59 Judas, ses frères et toute l'assemblée d'Israël décidèrent que les jours de la dédicace de l'autel seraient célébrés en leur temps, chaque année pendant huit jours, à partir du vingt-cinq Kislew, avec joie et gaieté.
60 En ce temps-là, on bâtit tout autour du mont Sion des murailles élevées et de puissantes tours, de peur que les païens ne vinssent piétiner ces lieux comme auparavant. 61 Judas établit une garnison pour le garder. Il fortifia Bethsour, pour que le peuple eût une forteresse face à l'Idumée.[— Bethsour : voir la note sur le v. 29.
— Idumée : voir la note sur 2 M 10.15.]
Judas contre les Iduméens et les Ammonites
(2M 10.14-33)
5 Lorsque les nations d'alentour apprirent que l'autel avait étérebâti et le sanctuaire restauré dans son état antérieur, 2 elles en furent très irritées et décidèrent de supprimer les descendants de Jacob qui étaient au milieu d'elles ; elles se mirent à tuer et à exterminer parmi le peuple. [— C'est-à-dire les Israélites (voir Gn 32.33). — la formule est archaïque, comme celle de fils d'Esaü (v. 3). Voir la note sur le v. 5.]3 Judas combattit les fils d'Esaü en Idumée et en Akrabattène, parce qu'ils cernaient Israël. Il leur porta un grand coup, les refoula et s'empara de leurs dépouilles. [— les fils d'Esaü : les Edomites (voir Gn 36.8).
— Idumée : voir la note sur 2 M 10.15.
— Akrabattène : sans doute la région d'Aqrabeh, à 12 km au sud-est de Sichem.]4 Il se souvint ensuite de la méchanceté des fils de Baïan ; ils étaient pour lepeuple un piège et un obstacle, en leur dressant des embuscades sur les chemins. [— Probablement une tribu arabe semi-nomade.]5 Il les enferma dans leurs tours, les assiégea et les voua à l'anathème ; il incendialeurs tours avec tous ceux qui étaient dedans. [— à l'anathème ou à la destruction complète : pratique de la guerre sainte qui remonte au temps de la conquête de Canaan (voir Dt 2.34 et la note).
— En imitant le style des récits anciens (voir aussi v. 2-4 ; 1 M 5.42 ; 9.37,73), l'auteur cherche à rapprocher Judas Maccabée des héros d'autrefois comme Josué.]6 Puis il passa chez les fils d'Ammon, où il trouva une forte troupe et un peuple nombreux que commandait Timothée. [— fils d'Ammon ou Ammonites.
— Timothée était stratège (2 M 12.2 ; voir la note sur 2 M 3.5) et contrôlait l'ensemble de la Transjordanie.
— Ce raid est probablement une réplique au massacre dont parle le v. 13.]7 Il leur livra de nombreux combats, ils furent écrasés devant lui et il les battit. 8 Il enleva Iazér ainsi que les villages de son ressort, et revint en Judée.[— Ville de Moab, voir Es 16.8.]
Plaintes des Israélites de Galaaditide et de Galilée
9 Les nations de Galaad se coalisèrent contre les Israélites établis sur leur territoire, afin de les faire disparaître, et ceux-ci se réfugièrent dans la forteresse de Dathéma. [— Galaad était à l'origine la région située au sud du Yabboq, affluent oriental du Jourdain ; mais à l'époque hellénistique, la province ou « stratégie » de Galaaditide (voir v. 17) s'étendait vers le nord jusqu'au plateau syrien ; cette région comportait de nombreuses colonies juives.
— Dathéma : site non identifié qui devait se trouver à proximité de Bosora (voir v. 25-29).]10 Ils envoyèrent à Judas et à ses frères des messages ainsi libellés : « Les nations sont rassemblées contre nous pour nous faire disparaître. 11 Elles se préparent à investir la forteresse où nous sommes réfugiés, et c'est Timothée qui commande leur armée. [— Timothée : voir la note sur le v. 6.]12 Viens donc maintenant nous arracher de leurs mains, car beaucoup d'entre nous sont tombés. 13 Tous nos frères du pays de Tobie ont été mis à mort, leurs femmes ont été emmenées en captivité ainsi que leurs enfants, leurs biens ont été confisqués, et près d'un millier d'hommes ont péri en ces lieux. » [— lepays de Tobie est la région comprise entre Amman et le Jourdain ; il était gouverné par l'ancienne famille juive des Tobiades (voir Ne 2.19 ; 2 M 3.11 ; 12.17 et la note).]14 On lisait encore ces lettres, que d'autres messagers arrivaient de Galilée, les vêtements déchirés, apportant les mêmes nouvelles. 15 « De Ptolémaïs, de Tyr et de Sidon, on s'est coalisé contre nous avec toute la Galilée des Etrangers, pour nous exterminer. » [— Ptolémaïs : nom donné par le roi Ptolémée II à Akko (ou plus tard Saint-Jean d'Acre).
— Tyr et Sidon : villes de la côte syrienne.
— Galilée des Etrangers ou Galilée des Nations (voir Es 8.23) : terme méprisant pour désigner cette région très ouverte aux influences païennes.]16 Lorsque Judas et le peuple eurent pris connaissance de ces faits, ils réunirent une grande assemblée pour délibérer sur ce qu'il convenait de faire en faveur de leurs frères en butte à l'oppression et aux attaques. 17 Judas dit à son frère Simon : « Choisis-toi des hommes et va délivrer tes frères qui sont en Galilée ; moi et Jonathan mon frère, nous irons en Galaaditide. » 18 Il laissa en Judée Joseph, fils de Zacharie, et Azarias, chef du peuple, avec le reste de l'armée pour assurer la garde. 19 Il leur donna cet ordre : « Gouvernez le peuple et n'engagez pas de combat avec les païens jusqu'à notre retour. » 20 Trois mille hommes furent assignés à Simon pour aller en Galilée, et huit mille hommes furent assignés à Judas pour aller en Galaaditide.
Expédition en Galilée et en Galaaditide
(2M 12.10-31)
21 Etant allé en Galilée, Simon livra plusieurs combats aux païens, qui furent balayés devant lui. 22 Il les poursuivit jusqu'à la porte de Ptolémaïs. Environ trois mille païens tombèrent et il prit leurs dépouilles. [— Ptolémaïs : voir la note sur le v. 15.]23 Il prit avec lui les Juifs de Galilée et d'Arbatta, avec leurs femmes, leurs enfants et tout leur avoir, et les emmena en Judée avec allégresse. [— Arbatta : probablement la région comprise entre la Galilée et la Samarie ; l'historien juif Josèphe la nomme Narbatène.]
24 Judas le Maccabée et Jonathan son frère franchirent le Jourdain et marchèrent trois jours dans le désert. [— Maccabée : voir la note sur 1 M 2.4.]25 Ils rencontrèrent les Nabatéens, qui les abordèrent pacifiquement et leur racontèrent tout ce qui était arrivé à leurs frères en Galaaditide et aussi [— Les Nabatéens (ou Arabes, voir 2 M 5.8 et la note ; 12.10) sont des caravaniers qui sillonnaient tout le plateau transjordanien, du Haurân à la mer Rouge, en faisant du commerce.
— Galaaditide : voir la note sur le v. 9.]26 que beaucoup d'entre eux étaient assiégés à Bosora, Aléma, Khaspho, Maked et Karnaïn, qui sont toutes de fortes et grandes villes, [— Bosora... Karnaïn : villes du plateau du Haurân ; on a pu les identifier car leurs noms se retrouvent aujourd'hui, à peine modifiés.]27 qu'il y en avait d'enfermés dans les autres villes de Galaaditide et que leurs ennemis avaient décidé de donner l'assaut le lendemain à ces forteresses, de s'en emparer et de faire disparaître en un jour tous ceux qui s'y trouvaient. 28 Aussitôt, Judas et son armée prirent à travers le désert la direction de Bosora. Il s'empara de la ville et passa tous les mâles au fil de l'épée, ramassa tout le butin et incendia la ville. [— Expression qui évoque l'anathème (voir la note sur le v. 5 ; Jos 6.21).]
29 On repartit de nuit et on marcha jusqu'aux abords de la forteresse. [— Il s'agit de Dathéma, voir v. 9 et la note.]30 Le jour parut et, levant les yeux, ils virent une troupe nombreuse, innombrable, dressant des échelles et des machines pour s'emparer de la ville ; le combat était déjà engagé. [— Il s'agit probablement ici de tours en bois qu'on roulait au pied des remparts (voir 1 M 13.43 ; 9.64,67 ; Ez 4.2).]31 Voyant que le combat était commencé, et que la clameur de la ville s'élevait jusqu'au ciel, au son de trompettes et de hurlements, 32 Judas dit aux hommes de son armée : « Combattez aujourd'hui pour nos frères. » 33 Il fit progresser son armée, divisée en trois corps, vers les arrières de l'ennemi. Ils sonnèrent de la trompette et entonnèrent l'invocation. 34 L'armée de Timothée, reconnaissant que c'était Maccabée, prit la fuite à son approche. Il leur infligea une cuisante défaite et en ce jour environ huit mille hommes tombèrent au combat. [— Timothée : voir la note sur le v. 6.]35 Il se tourna ensuite vers Aléma, l'attaqua, s'en empara, tua toute la population mâle, ramassa le butin et incendia la ville. 36 De là, il alla s'emparer de Khaspho, Maked, Bosor et des autres villes de Galaaditide.
37 Après ces événements, Timothée rassembla une autre armée et prit position en face de Raphôn, sur l'autre rive du torrent. [— Aujourd'hui Er-Rafeh, à une soixantaine de km au sud de Damas, près du nahr El-Ehreir (le torrent, voir la fin du v.), affluent du Yarmouk.]38 Judas envoya reconnaître le camp, et on lui fit ce rapport : « Toutes les nations qui nous entourent sont rassemblées autour de Timothée, formant une armée très nombreuse, 39 des Arabes ont été recrutés comme supplétifs et ils campent sur l'autre rive du torrent, prêts à déferler sur toi pour le combat. » Judas se porta à leur rencontre 40 et, avec son armée, il s'approcha de l'eau. Timothée dit alors aux chefs de son armée : « S'il traverse le premier, nous ne pourrons lui résister, car il aura un grand avantage sur nous. [— Voir 1 M 16.6 ; 1 S 14.9-10.]41 Mais s'il a peur et stationne de l'autre côté du torrent, nous traverserons et nous l'emporterons sur lui. » 42 Lorsqu'il arriva au bord du cours d'eau, Judas posta les scribes du peuple au bord du torrent et leur donna cette consigne : « Ne laissez personne camper, mais que tous aillent au combat. » [— C'est-à-dire ici les officiers d'administration de l'armée (voir Ex 5.6 ; Dt 20.5,8-9). — la formule est archaïque (voir les notes sur les v. 2 et 5).]43 Il traversa le premier vers l'ennemi, et tout le peuple le suivit. Il écrasa devant lui les païens, ils jetèrent leurs armes et s'enfuirent vers le sanctuaire de Karnaïn. [— Karnaïn (ou Karnion selon 2 M 12.21), signifie « les deux cornes » ; ce sanctuaire est celui d'Astarté, qu'on représentait avec ses deux petites cornes. Cette déesse était identifiée avec la grande déesse grecque Aphrodite.]44 Les hommes de Judas s'emparèrent d'abord de la ville, puis incendièrent le sanctuaire et ceux qui s'y trouvaient. Karnaïn fut renversée, et dès lors il devint impossible de résister face à Judas.
45 Ce dernier rassembla tous les Israélites de Galaaditide, du plus petit jusqu'au plus grand, avec leurs femmes, leurs enfants et leurs biens ; c'était une troupe fort grande, qui se dirigeait vers le pays de Juda. 46 Ils arrivèrent à Ephrôn, ville importante et puissante, qui se trouvait sur leur chemin ; on ne pouvait la contourner à droite ou à gauche, il fallait la traverser. [— Ephrôn : aujourd'hui Et-Taybé, à 30 km au sud-est du lac de Kinnéreth.]47 Les gens de la ville leur refusèrent le passage et barricadèrent les portes avec des blocs de pierre. 48 Judas leur fit faire cette proposition pacifique : « Nous allons traverser votre pays pour aller dans le nôtre, personne ne vous fera de mal, nous ne ferons que passer en piétons. » Ils refusèrent de lui ouvrir. [— Nb 20.17 ; 21.21.]49 Judas fit alors passer dans l'armée l'ordre que chacun se mette en position là où il était. 50 Les soldats prirent position et Judas assaillit la ville, tout ce jour-là et toute la nuit, et la ville tomba entre leurs mains. 51 Il fit passer tous les mâles au fil de l'épée, détruisit la ville de fond en comble, prit ses dépouilles et traversa la ville sur les corps des tués. [— 1 M 5.28 ; Jos 6.21.]52 Ils franchirent le Jourdain vers la Grande Plaine, en face de Bethsân. [— Ou Scythopolis : voir la note sur 2 M 12.29.]53 Judas allait et venait, regroupant les traînards et encourageant le peuple tout le long du chemin, jusqu'à son arrivée au pays de Juda. 54 Ils gravirent le mont Sion tout remplis de joie et ils offrirent des holocaustes, parce qu'ils étaient retournés en paix sans perdre aucun des leurs.[— Voir au glossaire SACRIFICES.]
Les combats en zone maritime et en Idumée
(2M 12.32-45)
55 Pendant les jours où Judas et Jonathan étaient au pays de Galaad, et Simon son frère en Galilée devant Ptolémaïs, [— Galaad : voir la note sur le v. 9.
— Ptolémaïs : voir la note sur le v. 15.]56 Joseph, fils de Zacharie, et Azarias, chefs de l'armée, apprirent leurs prouesses et les combats qu'ils avaient livrés, 57 et ils se dirent : « Faisons-nous aussi un nom et allons combattre les nations qui sont autour de nous. » 58 Ils donnèrent des ordres aux forces qu'ils commandaient et marchèrent sur Jamnia. [— Ville du littoral, au sud de Joppé (Jaffa).]59 Gorgias sortit de la ville avec ses hommes pour engager le combat, [— Gorgias était donc à la fois stratège de la Zone Maritime et stratège d'Idumée (voir 2 M 10.14 ; 12.32 et la note sur 2 M 3.5).]60 Joseph et Azarias furent mis en déroute et on les poursuivit jusqu'aux confins de la Judée. Environ deux mille hommes du peuple d'Israël tombèrent en ce jour-là. 61 Ce fut une grande déroute pour le peuple parce qu'ils n'avaient pas écouté Judas et ses frères, imaginant qu'ils feraient eux aussi des prouesses. [— Voir 1 M 5.18-19.]62 Mais ils n'étaient pas de la race de ces hommes auxquels il était donné de sauver Israël.
63 Le preux Judas et ses frères connurent une grande gloire devant tout Israël et toutes les nations où l'on entendait prononcer leur nom. 64 On se pressait autour d'eux pour les féliciter. 65 Judas avec ses frères partit en guerre contre les fils d'Esaü dans la région du Sud. Il s'empara d'Hébron et des villages de son ressort, démolit ses fortifications et incendia les tours de son enceinte. [— fils d'Esaü : voir la note sur le v. 3.
— Après l'exil, les Juifs ne s'étaient pas réinstallés dans la région d'Hébron qui était devenue iduméenne (voir la note sur 2 M 10.15).]66 Puis il se mit en marche vers le pays des Philistins et il traversa Marisa. [— le pays des Philistins : voir la note sur 1 M 3.24.
— Marisa : principale ville d'Idumée, au nord-ouest d'Hébron, donc sur le chemin du pays des Philistins.]67 Ce jour-là, tombèrent au combat des prêtres qui voulaient faire acte de bravoure, en allant au combat de façon téméraire. 68 Judas se tourna ensuite vers Azôtos, district des Philistins, il renversa leurs autels, fit brûler les images taillées de leurs dieux, prit les dépouilles des villes et revint au pays de Juda.[— Azôtos : ce nom d'une ville macédonienne fut donné à Ashdod, ancienne ville philistine située sur la côte, au sud de Jamnia.
— images taillées : les idoles des temples païens (voir 2 M 12.40 et la note), mais il ne s'agit plus de divinités philistines (voir 1 M 3.24 et la note).]
Mort d'Antiochus IV et avènement d'Antiochus V
(2M 1.11-17 ; 9 ; 10.9-11)
6 Le roi Antiochus parcourait les provinces d'en haut et il apprit qu'il y avait en Perse Elymaïs, ville fameuse par ses richesses, son argent et son or, [— leroi Antiochus : voir 1 M 1.10.
— provinces d'en haut : 1 M 3.37+ ; voir la note sur 2 M 9.23.
— Elymaïs : on ne connaît aucune ville de ce nom, mais seulement une région, proche de Suse, capitale de la Perse.]2 avec un sanctuaire très riche, renfermant des pièces d'armure en or, des cuirasses et des armes, laissées par Alexandre, fils de Philippe, roi de Macédoine, qui régna le premier sur les Grecs. [— Ce sanctuaire est le Nanéon, dédié à Nanéa-Artémis (voir 2 M 1.13,15 et les notes).]3 Il s'y rendit et chercha à s'emparer de la ville pour la piller, mais il ne put y parvenir, parce que les gens de la ville eurent vent de la chose 4 et se dressèrent contre lui pour le combattre. Battant en retraite, il quitta les lieux, fort vexé, pour regagner Babylone. 5 On vint lui annoncer en Perse la défaite des troupes qui s'étaient rendues dans le pays de Juda. 6 Lysias, s'y étant rendu avec une armée puissante, avait été battu à plate couture devant les Juifs. Ceux-ci s'étaient renforcés en armes, en ressources et par l'abondant butin pris aux armées qu'ils avaient taillées en pièces. 7 Ils avaient aussi renversé l'abomination qu'Antiochus avait édifiée sur l'autel à Jérusalem et ils avaient entouré leur lieu saint de murailles élevées, comme auparavant, ainsi que Bethsour, ville appartenant au roi. [— abomination : voir la note sur 1 M 1.54+.
— lieu saint : voir au glossaire SANCTUAIRE.
— Bethsour... au roi : toutes les forteresses de l'empire relevaient directement de l'autorité du roi qui y plaçait ses propres garnisons.]8 A ces nouvelles, le roi, frappé de stupeur et bouleversé, s'effondra sur son lit. Il tomba malade de langueur, parce que les choses ne s'étaient pas passées comme il le désirait. 9 Il demeura là plusieurs jours, retombant sans cesse dans une profonde prostration. Lorsqu'il pensa qu'il allait mourir, 10 il convoqua tous ses amis et leur dit : « Le sommeil s'est éloigné de mes yeux et le souci m'accable. 11 Je me suis dit à moi-même : A quel degré d'affliction suis-je parvenu, et en quelle tempête me voilà pris ! Pourtant j'étais heureux et aimé au temps de ma puissance ! 12 Mais maintenant, je me souviens des mauvaises actions que j'ai commises à Jérusalem ; j'ai pris tous les objets d'or et d'argent qui s'y trouvaient, et j'ai envoyé exterminer sans motif les habitants de Juda. 13 Je reconnais que c'est à cause de cela que ces maux m'ont atteint et voici que je me meurs de langueur sur une terre étrangère. » 14 Il fit appeler Philippe, l'un de ses amis, et l'établit sur tout le royaume. [— Ce Philippe, rival de Lysias (voir 5.5), familier du roi (voir 2 M 9.29) ne doit pas être confondu avec Philippe le Phrygien (voir 2 M 5.22).
— amis : voir la note sur 1 M 2.18.]15 Il lui donna son diadème, sa robe et son sceau, le chargeant d'éduquer son fils Antiochus et de l'élever en vue de la royauté. [— Ou anneau à cacheter : voir Ag 2.23.]16 Le roi Antiochus mourut en ce lieu en l'an cent quarante-neuf. [— En septembre-octobre 164 av. J.C. (voir la note sur 1 M 1.10).]17 Apprenant sa mort, Lysias établit comme roi son fils Antiochus qu'il avait élevé depuis l'enfance et qu'il surnomma Eupator.[— Lysias : voir 1 M 3.22 et la note.
— Eupator : ce nom signifie « (fils d'un) noble père ».]
Siège de la Citadelle
18 Les gens de la Citadelle bloquaient Israël autour du sanctuaire et s'ingéniaient à lui faire du mal en toute occasion et à renforcer les païens. [— Citadelle : voir la note sur 1 M 1.33.]19 Décidé à les exterminer, Judas convoqua tout le peuple pour les assiéger. 20 On se rassembla et on mit le siège devant la Citadelle en l'an cent cinquante. On construisit des balistes et d'autres machines. [— siège de la Citadelle 1 M 11.20 ; 12.36 ; 13.49.
— l'an cent cinquante : en 163-162 av. J.C.
— machines : ce sont peut-être ici des arbalètes, voir v. 51.]21 Mais certains des assiégés parvinrent à rompre le blocus et, accompagnés par quelques Israélites impies, 22 se rendirent chez le roi et lui dirent : « Jusques à quand attendras-tu pour faire justice et venger nos frères ? 23 Nous, nous avons consenti à servir ton père, à nous conduire selon ses ordres et à observer ses édits. 24 A cause de cela, nos concitoyens ont assiégé la Citadelle et nous ont traités en étrangers. Bien plus, ils ont tué ceux d'entre nous qu'ils pouvaient trouver et ils ont pillé nos biens. 25 Et ce n'est pas sur nous seulement qu'ils ont porté la main, mais aussi sur tous tes territoires. 26 Voici qu'ils investissent aujourd'hui la Citadelle de Jérusalem pour s'en rendre maîtres et qu'ils ont fortifié le sanctuaire et Bethsour. [— Bethsour : voir 1 M 4.29 et la note.]27 Si tu ne les prends pas de court immédiatement, ils en feront encore davantage et tu ne pourras plus les contenir. »
Antiochus V et Lysias en Judée. Bataille de Bethzakharia
(2M 13.1-17)
28 En entendant cela, le roi se mit en colère et il réunit tous ses amis, le chef de son infanterie et ceux du train. [— tous ses amis : voir la note sur 1 M 2.18.]29 Des royaumes étrangers et des îles de la mer, vinrent des troupes mercenaires. 30 Ses forces s'élevaient à cent mille fantassins, vingt mille cavaliers et trente-deux éléphants de combat. 31 Ils vinrent par l'Idumée et assiégèrent Bethsour qu'ils combattirent longtemps à l'aide de machines, mais les assiégés opérant des sorties y mettaient le feu et luttaient vaillamment. [— Ils vinrent par l'Idumée... : l'armée suit probablement le même itinéraire que lors de la première campagne de Lysias (voir 4.29 et la note). En outre, il y aura un léger accrochage à Modîn (voir 2 M 13.14).
— machines : voir la note sur 1 M 5.30.]32 Alors, Judas partit de la Citadelle et prit position à Bethzakharia en face du camp royal. [— la Citadelle : celle de Jérusalem (voir la note sur 1 M 1.33) que les Juifs assiégeaient (voir les v. 18-20).
— Bethzakharia : à 9 km au nord de Bethsour, et donc à une vingtaine de km au sud-est de Jérusalem.]33 Le roi se leva de grand matin, et lança son armée d'un seul élan sur le chemin de Bethzakharia ; les troupes se rangeaient en ordre de bataille, et on sonna des trompettes. 34 On présenta aux éléphants du jus de raisin et de mûres pour les exciter au combat. 35 Les bêtes furent réparties entre les phalanges. Près de chacune, on rangea mille hommes cuirassés de cottes de mailles et coiffés d'un casque de bronze, et cinq cents cavaliers d'élite étaient affectés à chaque bête. [— Les phalanges étaient les unités d'infanterie des armées grecques ; les hommes, armés d'une longue lance et protégés par leur bouclier, formaient un groupe compact. Placés entre les phalanges, les éléphants se trouvaient protégés sur leurs flancs.]36 Ceux-ci prévenaient tous les mouvements de la bête et l'accompagnaient partout sans jamais s'en éloigner. 37 Sur chaque bête, une solide tour de bois, fixée par des sangles, formait abri, et dans chaque tour, se trouvaient les trois guerriers combattant sur les bêtes ainsi que leur cornac. [— cornac : littéralement hindou ; cette façon habituelle de désigner le cornac est une indication sur l'origine des éléphants.]38 Le roi disposa le reste de la cavalerie sur les deux flancs de l'armée pour faire du harcèlement et couvrir les phalanges. 39 Quand le soleil illumina les boucliers d'or et de bronze, les montagnes en furent illuminées et brillèrent comme des flambeaux allumés. [— Les boucliers étaient renforcés par des pièces de bronze et pouvaient être incrustés d'or. L'auteur veut sans doute aussi faire allusion à l'histoire ancienne (voir 1 R 10.16 et la note sur 1 M 5.5).]40 Une partie de l'armée royale se déploya sur les hauts de la montagne et une autre en contrebas ; ils avançaient avec assurance et en bon ordre. 41 Tous étaient inquiets en entendant la rumeur de cette multitude, le bruit de sa marche et le cliquetis des armes entrechoquées ; cette armée était vraiment immense et puissante. 42 Judas et son armée s'avancèrent pour engager le combat : de l'armée du roi, six cents hommes tombèrent. 43 Eléazar, surnommé Awarân, vit l'une des bêtes caparaçonnée d'un harnais royal et surpassant toutes les autres par la taille. Il pensa que le roi était dessus [— Frère cadet de Judas (voir 1 M 2.5).]44 et il se sacrifia pour sauver son peuple et acquérir un nom immortel. 45 Il se précipita avec audace vers la bête au milieu de la phalange, tuant à droite et à gauche, si bien que les ennemis s'en écartèrent de part et d'autre. 46 Il se glissa sous l'éléphant et par en dessous lui porta un coup mortel : il s'écroula sur Eléazar qui mourut sur place. 47 Les Juifs, constatant la force impétueuse des troupes royales, rompirent le contact.
Siège du mont Sion et prise de Bethsour
(2M 13.18-23)
48 L'armée royale monta vers Jérusalem pour les rencontrer. Le roi assiégea la Judée et le mont Sion. 49 Il fit la paix avec ceux de Bethsour, qui évacuèrent la ville, car ils n'avaient pas de vivres pour être à même de soutenir un siège, c'était en effet l'année sabbatique. [— Bethsour : voir la note sur 1 M 4.29.
— année sabbatique : tous les sept ans, les Juifs devaient laisser reposer la terre sans la cultiver, en même temps qu'ils devaient libérer les esclaves et remettre les dettes (voir Lv 25.1-7). Cette année-là (164-163 av. J.C.),la situation était donc particulièrement difficile (voir v. 53).]50 Le roi prit Bethsour et y établit une garnison. 51 Il assiégea le sanctuaire pendant de nombreux jours et il installa batteries et machines, lance-flammes et balistes, scorpions lance-flèches et frondes. [— leterme sanctuaire est employé ici dans son sens le plus large : tout l'ensemble de la colline du temple (voir v. 62).
— batteries ou plates-formes de tir ; les machines doivent être ici des arbalètes : comme les balistes, scorpions, lance-flèches et frondes, ces armes servaient à lancer diverses sortes de projectiles contre les soldats postés sur les remparts.]52 A ces machines, les assiégés en opposèrent d'autres et ils combattirent pendant de nombreux jours. 53 Mais il n'y avait pas de provisions dans les dépôts, car c'était la septième année et les Israélites ramenés en Judée du milieu des païens avaient consommé les dernières réserves. 54 On ne laissa donc que peu d'hommes dans le lieu saint, parce qu'on était en proie à la famine. Les autres se dispersèrent chacun de son côté.[— lieu saint : l'ensemble du temple.]
Antiochus V accorde aux Juifs la liberté religieuse
(2M 13.23-26 ; 11.22-26)
55 Lysias apprit que Philippe, choisi de son vivant par le roi Antiochus pour élever son fils Antiochus en vue du trône, [— Lysias : voir 1 M 3.32 et la note.
— Philippe : voir 1 M 6.14 et la note.]56 était revenu de Perse et de Médie avec les troupes qui avaient accompagné le roi, et qu'il cherchait à se mettre à la tête des affaires. 57 A cette nouvelle, Lysias se prépara en hâte à partir. Il dit au roi, aux généraux de l'armée et aux hommes : « Nous nous affaiblissons chaque jour davantage, notre ration se fait maigre, la place que nous assiégeons est bien fortifiée, et les affaires du royaume reposent sur nous. 58 Tendons maintenant la main droite à ces hommes, faisons la paix avec eux et avec toute leur nation. [— Geste de réconciliation (voir. 1 M 11.50,62 ; 13.45).]59 Permettons-leur de se conduire selon leurs coutumes comme auparavant, car s'ils se sont irrités et ont fait tout cela, c'est à cause de leurs coutumes que nous avons abolies. » 60 Ce discours plut au roi et aux chefs ; il envoya aux Juifs des propositions de paix, qu'ils acceptèrent. 61 Le roi et les chefs les ratifièrent par serment ; sur quoi ils sortirent de la forteresse. 62 Le roi entra au mont Sion et, voyant les fortifications de la place, viola son serment et ordonna de démanteler toute l'enceinte. 63 Puis il partit en hâte et retourna à Antioche, où il trouva Philippe maître de la ville. Il lui livra bataille et s'empara de la ville par la force.
Démétrius Ier devient roi
(2M 14.1-4)
7 En l'an cent cinquante et un, Démétrius, fils de Séleucus, s'échappa de Rome et se dirigea avec une poignée d'hommes vers une ville du littoral où il inaugura son règne. [— l'an cent cinquante et un : en 161 av. J.C.
— s'échappa de Rome : voir 1 M 1.10 et la note.
— ville du littoral : Tripoli (voir 2 M 14.1).
— Démétrius sera reconnu roi par les dirigeants romains l'année suivante, sous le nom de Démétrius Ier Sôter (« Sauveur »).]2 Comme il pénétrait dans la maison royale de ses pères, l'armée se saisit d'Antiochus et de Lysias pour les lui amener. [— Voir 1 M 3.32-33 et la note.]3 Il en fut informé : « Ne me faites pas voir leur visage », dit-il. 4 Et l'armée les tua et Démétrius s'assit sur son trône royal. 5 Alors vinrent à lui tout ce qu'Israël comptait d'hommes sans foi ni loi, conduits par Alkime qui convoitait la charge de grand prêtre. [— Alkime : forme grecque correspondant au nom hébreu d'Elyaqim. Alkime descendait peut-être de Yaqim, chef de la 12e classe sacerdotale (voir 1 Ch 24.12).
— la charge de grand prêtre : voir 2 M 14.3 et la note. A l'époque hellénistique, les grands prêtres étaient nommés par le roi (voir 1 M 10.20 ; 2 M 4.7,10,24), mais ils devaient nécessairement être choisis parmi les membres des familles sacerdotales.]6 Ils accusèrent le peuple devant le roi en disant : « Judas et ses frères ont fait périr tous tes amis et nous ont dispersés hors de notre pays. 7 Envoie donc maintenant un homme de confiance pour qu'il aille voir tous les ravages dont Judas s'est rendu coupable parmi nous et dans le domaine du roi, qu'on les punisse, eux et tous leurs auxiliaires. »
Bakkhidès et Alkime sévissent en Judée
8 Le roi choisit Bakkhidès, un des amis du roi, qui gouvernait la Transeuphratène, grand du royaume et fidèle au roi. [— ami du roi : voir la note sur 1 M 2.18.
— Transeuphratène : terme emprunté au perse, désignant la moitié ouest de l'empire séleucide (voir la note sur 1 M 1.8).]9 Il l'envoya avec l'impie Alkime. A ce dernier, il conféra le sacerdoce, et le chargea de tirer vengeance des fils d'Israël. [— fils d'Israël ou Israélites.]10 Ils partirent avec une nombreuse armée et arrivèrent au pays de Juda. Ils envoyèrent à Judas et à ses frères des messagers porteurs de propositions perfidement pacifiques. [— propositions pacifiques 1 M 1.30+.]11 Les Juifs, voyant qu'ils étaient venus avec une forte armée, n'accordèrent aucun crédit à leurs discours. 12 Une commission formée de scribes se réunit toutefois chez Alkime et Bakkhidès, pour rechercher une solution équitable. 13 Parmi les Israélites, les premiers à solliciter la paix étaient les Assidéens. [— Les Assidéens (voir la note sur 1 M 2.42), ralliés à Judas dès le début de la révolte, l'abandonnèrent dès que la liberté religieuse leur sembla suffisamment assurée.]14 Ils disaient en effet : « C'est un prêtre de la race d'Aaron qui est venu avec les troupes, il ne commettra pas d'injustice envers nous. » 15 Il leur tint des discours pacifiques et leur assura avec serment : « Nous ne chercherons à vous faire aucun mal, pas plus qu'à vos amis. » [— Alkime.]16 Ils le crurent, et pourtant il fit appréhender soixante d'entre eux et les fit périr en un seul jour, selon qu'il est écrit : 17 La chair de tes saints et leur sang, ils ont répandu autour de Jérusalem, et il n'y avait personne pour les ensevelir. [— Ps 79.2-3.]18 Alors, la crainte et la terreur s'emparèrent de tout le peuple : « Il n'y a chez ces gens, disait-on, ni vérité ni justice, car ils ont violé le pacte et le serment qu'ils avaient faits. » 19 Bakkhidès partit de Jérusalem et dressa le camp à Bethzeth. Il envoya arrêter de nombreux hommes qui s'étaient ralliés à lui, ainsi que quelques-uns du peuple : il les égorgea et les jeta dans le grand puits. [— Bethzeth : aujourd'hui Beit Zeita, à 6 km au nord de Bethsour (voir la note sur 1 M 4.29). On y a retrouvé un grand puits.
— jeta dans un puits Jr 41.7.]20 Il remit la province à Alkime, et laissa avec lui une armée pour le soutenir, puis Bakkhidès revint auprès du roi. 21 Alkime lutta pour se faire admettre comme grand prêtre, 22 et tous ceux qui semaient la confusion parmi le peuple se groupèrent autour de lui ; ils se rendirent maîtres du pays de Juda et portèrent un grand coup à Israël. 23 Voyant que la malfaisance d'Alkime et de ses partisans contre les fils d'Israël surpassait celle des païens, 24 Judas parcourut à la ronde tous les territoires judéens. Il tira vengeance des renégats et les empêcha de circuler dans le pays.
Nikanor en Judée
(2M 14.5-36)
25 Voyant que Judas et ses compagnons étaient devenus plus forts et reconnaissant qu'il ne pouvait leur résister, Alkime retourna chez le roi et les accusa de grands maux. 26 Le roi envoya Nikanor, un de ses généraux faisant partie des illustres, qui manifestait de la haine et de l'hostilité à Israël, avec ordre d'exterminer le peuple. [— Nikanor avait déjà été battu par Judas (voir 1 M 3.38 ; 4.12-15).]27 Nikanor vint à Jérusalem avec une armée nombreuse et adressa à Judas ainsi qu'à ses frères des paroles perfidement pacifiques : [— paroles pacifiques 1 M 1.30+.]28 « Qu'il n'y ait pas de combat entre moi et vous ; je viendrai avec une petite escorte, pour une entrevue pacifique. » 29 Il arriva chez Judas, et ils se saluèrent amicalement, mais les ennemis étaient prêts à enlever Judas. 30 S'apercevant que Nikanor était venu chez lui avec des intentions perfides, Judas redouta sa présence et refusa l'entrevue. 31 Nikanor, comprenant que sa ruse était éventée, se porta à la rencontre de Judas pour le combattre près de Khapharsalama. [— Khapharsalama : aujourd'hui Khirbet Selma, à 4 km de Adasa (voir la note sur le v. 40).]32 Du côté de Nikanor, tombèrent environ cinq cents hommes et les autres s'enfuirent dans la Cité de David. [— la Cité de David ou Citadelle (voir 1 M 1.33 et la note) était alors aux mains des païens.]
33 Après ces événements, Nikanor monta au mont Sion et des prêtres sortirent du lieu saint avec des anciens du peuple pour le saluer pacifiquement et lui montrer l'holocauste qu'on offrait pour le roi. [— lieu saint : ici l'ensemble du temple.
— holocauste : voir au glossaire SACRIFICES.
— Sacrifices offerts pour le roi Esd 6.10.]34 Mais il les tourna en dérision, il les outragea et proféra des paroles arrogantes. 35 Il jura avec colère, disant : « Si Judas n'est pas cette fois livré entre mes mains, avec son armée, et que je revienne une fois la paix rétablie, je mettrai le feu à cette maison. » Et il sortit furieux. [— cette maison : le temple.]36 Les prêtres rentrèrent et, s'arrêtant en face de l'autel et du Temple, ils dirent en larmes : 37 « C'est toi, ô Dieu, qui as choisi cette Maison pour que ton nom soit invoqué sur elle, afin qu'elle soit une maison de prière et de supplication. [— Maison choisie par Dieu Dt 12.5,11 ; sur laquelle le nom de Dieu est invoqué 1 R 8.43 ; voir 1 R 8.29 ; maison de prière Es 56.7 ; Mt 21.13 par.]38 Exerce ta vengeance contre cet homme et contre son armée, et qu'ils tombent sous l'épée ! Souviens-toi de leurs blasphèmes et ne leur accorde pas de sursis. »
Défaite et mort de Nikanor
(2M 15.1-36)
39 Nikanor sortit de Jérusalem et dressa le camp à Béthoron où une armée de Syrie vint le rejoindre. [— Nikanor : voir v. 26 et la note.
— Béthoron : voir la note sur 1 M 3.16.]40 Judas dressa le camp à Adasa avec trois mille hommes. Judas fit alors cette prière : [— Adasa (ou Hadasha, Jos 15.37, ou Dessau, 2 M 14.16) se trouve à 8 km au nord de Jérusalem, sur la route de Béthoron.]41 « Lorsque les messagers du roi eurent blasphémé, ton ange sortit et frappa cent quatre-vingt-cinq mille d'entre eux : [— leroi dont on parle ici est Sennakérib, voir 2 R 19.35.
— L'ange de Dieu frappe les ennemis 2 R 19.35.]42 écrase de même aujourd'hui devant nous cette armée, et que les autres sachent qu'il a mal parlé contre ton lieu saint, juge-le selon sa méchanceté. » 43 Les armées engagèrent le combat le treize Adar, celle de Nikanor fut écrasée, et lui-même fut tué le tout premier au combat. [— Aux environs du 28 mars 160 av. J.C. Voir au glossaire CALENDRIER.]44 Lorsqu'ils virent qu'il était tombé, les soldats de Nikanor jetèrent leurs armes et s'enfuirent. 45 Les Juifs les poursuivirent sur un parcours d'une journée, depuis Adasa jusqu'aux bords de Gazara, et ils firent résonner la sonnerie de la poursuite. [— Gazara : voir la note sur 1 M 4.15.]46 De tous les villages judéens alentour, on sortait pour les cerner et les rabattre. Tous tombèrent par l'épée et pas un seul n'en réchappa. 47 On ramassa les dépouilles et le butin, on coupa la tête de Nikanor et sa main droite, qu'il avait étendue de façon arrogante, on les emporta et on les exposa en vue de Jérusalem. [— sa main droite qu'il avait étendue... : c'est une application de la loi du talion (voir Ex 21.25 et la note). Comparer 2 M 4.38 ; 5.10 ; 10.28.
— tête de l'ennemi exposée 2 M 15.35 ; Jdt 14.1 ; comparer 1 S 31.10.]48 Le peuple fut en liesse et fêta ce jour-là comme un grand jour d'allégresse. 49 On décréta la célébration annuelle de ce jour-là, le treize Adar. 50 Le pays de Juda fut en repos pendant un peu de temps.[— C'est avec le récit de ces événements que se termine le deuxième livre des Maccabées.]
Eloge des Romains
8 Le renom des Romains parvint aux oreilles de Judas : c'étaient de vaillants guerriers, bienveillants envers tous ceux qui se rangeaient à leurs côtés, accordant leur amitié à tous ceux qui venaient à eux — et c'étaient de vaillants guerriers. [— ceux qui venaient à eux : cette expression désigne les groupes rebelles que Rome soutenait volontiers pour affaiblir les monarchies hellénistiques.]2 On lui raconta leurs guerres et les exploits qu'ils avaient accomplis chez les Galates, qu'ils les avaient vaincus et les avaient soumis au tribut, [— lenom de Galates désigne probablement ici les tribus gauloises d'Italie du nord, que Rome avait soumises au début du IIe siècle avant J.C.]3 et tout ce qu'ils avaient fait dans la province d'Espagne pour s'emparer des mines d'argent et d'or qui s'y trouvaient, [— Allusion aux campagnes de Scipion, 218 à 206 av. J.C.]4 comment ils s'étaient emparés de ce pays grâce à leur habileté et à leurpersévérance — en effet, l'endroit était fort éloigné de chez eux ; il en avait été de même des rois venus des extrémités de la terre pour les attaquer, ils les avaient écrasés, leur infligeant un grand désastre, tandis que les autres leur payaient un tribut annuel ; 5 enfin, ils avaient battu Philippe, Persée, roi des Kitiens, ainsi que ceux qui s'étaientdressés contre eux, et ils les avaient soumis. [— C'est Philippe V roi de Macédoine et son fils, qui furent battus par les Romains, l'un en 197 et l'autre en 168 av. J.C.
— Kitiens : voir la note sur 1 M 1.1.]
6 Antiochus le Grand, roi de l'Asie, qui s'était avancé contre eux pour les combattre avec cent vingt éléphants, de la cavalerie, des chars et une armée très nombreuse, avait été défait par eux [— Antiochus le Grand : Antiochus III.
— défait par eux : à Magnésie du Sipyle, en 189 av. J.C.]7 et, capturé vivant, il lui avait été imposé, à lui et à ses successeurs, le paiement à termes fixes d'un lourd tribut et la livraison d'otages. [— paiement d'un lourd tribut : selon les clauses du traité d'Apamée, voir la note sur 2 M 8.10.
— otages : voir la note sur 1 M 1.10.]8 On lui enleva le pays indien, la Médie, la Lydie et quelques-unes de ses plus belles provinces au profit du roi Eumène. [— pays indien et Médie : l'auteur désigne ainsi l'Ionie et la Mysie. Ces régions d'Asie Mineure voisines de la Lydie furent données au roi Eumène II de Pergame (ville de la côte d'Asie Mineure, capitale d'un petit royaume).]9 Ceux de la Grèce décidèrent d'aller les exterminer. 10 Les Romains, ayant su la chose, envoyèrent contre eux un seul général, leur firent la guerre, et il tomba parmi les Grecs un grand nombre de victimes, leurs femmes et leurs enfants furent emmenés en captivité ; les Romains pillèrent leurs biens, soumirent leur pays, démantelèrent leurs forteresses et les réduisirent à une servitude qui dure jusqu'à ce jour. [— la réduction de la Grèce en province romaine date de 146 av. J.C. L'auteur dépasse donc le cadre de l'histoire de Judas (mort en 160 av. J.C., voir 1 M 9.3 et la note).]
11 Ils avaient aussi détruit et asservi les autres royaumes et les îles qui leur avaient résisté, 12 mais à leurs amis et à ceux qui se reposent sur eux, ils ont gardé leur amitié. Ils ont soumis les rois proches ou lointains, et tous ceux qui entendent leur nom les redoutent. 13 Ceux-là règnent, qu'ils estiment dignes de régner et de recevoir leur concours, mais les autres, ils les déposent. Ils sont à l'apogée de leur puissance. 14 Malgré tout cela, aucun d'entre eux n'a ceint le diadème, ni revêtu la pourpre pour s'élever par elle. [— Signes de la puissance impériale ou royale.]15 Ils se sont donné un sénat où tiennent conseil chaque jour trois cent vingt membres qui délibèrent en permanence des affaires du peuple, afin d'en assurer le bon ordre. 16 Ils confient chaque année à un seul homme la charge de les gouverner et la domination sur tout leur empire, et tous lui obéissent, à lui seul, sans aucune envie ni jalousie.[— le pouvoir était aux mains de deux consuls, mais l'auteur de 1 Maccabées ne connaissait sans doute l'existence que du consul chargé des affaires d'Orient.]
Alliance des Juifs avec les Romains
17 Judas choisit Eupolème, fils de Jean, fils d'Akkôs, et Jason, fils d'Eléazar, et les envoya à Rome, pour conclure amitié et alliance [— Eupolème est peut-être l'auteur d'une Histoire des rois de Judée, citée par l'historien juif Josèphe ; 2 M 4.11.
— la famille sacerdotale d'Akkôs est connue par 1 Ch 24.10.
— Eléazar est un nom trop courant pour qu'on puisse dire s'il s'agit du même personnage qu'en 2 M 6.18.]18 et faire ôter leur joug, car ils voyaient que le royaume des Grecs réduisait Israël en servitude. 19 Ils partirent pour Rome — le chemin était très long — et, entrés au Sénat, ils prirent la parole et dirent : 20 « Judas Maccabée, ses frères et le peuple juif nous ont envoyés vers vous pour conclure avec vous alliance et paix, et pour être inscrits au nombre de vos alliés et de vos amis. » 21 La chose leur plut. 22 Voici la copie de la lettre qu'ils gravèrent sur des tables de bronze et qu'ils envoyèrent à Jérusalem pour y être un mémorial de paix et d'alliance. [— tables de bronze 1 M 14.18,26,48.]
23 « Prospérité aux Romains et à la nation des Juifs, sur mer, sur terre à perpétuité ! Loin d'eux l'épée et l'ennemi. 24 Mais si une guerre menace Rome la première ou l'un de ses alliés dans n'importe quel lieu où s'exerce sa domination, 25 la nation juive combattra avec elle de tout cœur, selon ce que lui dicteront les exigences du moment. 26 Comme Rome en a décidé, ni blé, ni armes, ni argent, ni vaisseaux ne seront donnés ou prêtés aux belligérants et ils tiendront leurs engagements sans rien recevoir en retour. 27 De même, si une guerre touche d'abord la nation des Juifs, les Romains combattront avec elle de toute leur âme, selon ce que leur dicteront les exigences du moment. 28 Il ne sera donné à leurs adversaires ni blé, ni armes, ni argent, ni vaisseaux, comme Rome en a décidé, mais ils tiendront leurs engagements loyalement. 29 C'est en ces termes que les Romains ont fait un pacte avec le peuple juif. 30 Si, dans l'avenir, les uns ou les autres décident d'ajouter ou de retrancher quelque chose, ils le feront à leur gré, et toute addition ou suppression sera valable de plein droit. 31 Au sujet des maux dont le roi Démétrius les a accablés, nous lui avons écrit en ces termes : Pourquoi as-tu fait peser ton joug sur les Juifs, nos amis et alliés ? 32 Si donc ils t'accusent encore, nous soutiendrons leur cause et nous te combattrons sur mer et sur terre.“ »
Mort de Judas Maccabée au combat de Béerzeth
9 Démétrius, ayant appris que Nikanor avait succombé avec son armée dans la bataille, envoya de nouveau au pays de Juda Bakkhidès et Alkime avec l'aile droite de l'armée. [— Nikanor : voir 1 M 3.38 ; 7.26.
— Bakkhidès : voir 1 M 7.8-9.
— Alkime : voir 1 M 7.5 et la note. — lech. 9 reprend la suite du récit interrompu en 1 M 7.50.]2 Ceux-ci prirent le chemin de la Galilée, ils assiégèrent Mésaloth dans le territoire d'Arbèles, ils s'en emparèrent et y tuèrent un grand nombre d'hommes. [— A 5 km environ à l'ouest du lac de Kinnéreth.]3 Le premier mois de l'an cent cinquante-deux, ils dressèrent le camp devantJérusalem. [— Avril-mai 160 av. J.C. (voir la note sur 1 M 1.10).]4 Puis ils partirent et se dirigèrent vers Béerzeth avec vingt mille fantassins et deux mille cavaliers. [— A 20 km au nord de Jérusalem.]5 Quant à Judas, il avait établi son camp à Elasa, ayant avec lui trois mille guerriers d'élite. [— Elasa : peut-être le Khirbet Il'asa, près de Béthoron (voir la note sur 1 M 3.16), mais le camp de Judas paraît trop éloigné du camp de Bakkhidès (une quinzaine de km). — letexte veut peut-être parler de la base arrière de Judas.]6 A la vue du grand nombre de forces ennemies, ils furent pris de frayeur, beaucoup désertèrent, et il ne resta plus que huit cents hommes. 7 Judas vit que son armée s'était évanouie alors que le combat le pressait : il eut le cœur brisé parce qu'il n'avait plus le temps de rassembler les siens. 8 Désemparé, il dit à ceux qui étaient restés : « Debout ! Montons contre nos adversaires, au cas où nous pourrions les combattre. » 9 Eux l'en dissuadaient en disant : « Pour l'instant nous ne pouvons rien, sinon sauver nos vies. Nous reviendrons avec nos frères pour reprendre la lutte ; pour nous, nous sommes trop peu nombreux. » 10 Judas répliqua : « Il ne sera pas dit que j'ai choisi la fuite. Si notre heure est arrivée, mourons bravement pour nos frères et ne laissons pas ternir notre gloire. »
11 L'armée ennemie sortit du camp et leur fit face. Leur cavalerie était partagée en deux corps, les frondeurs et les archers marchaient en avant de l'armée, ainsi que la troupe de choc — tous les braves — , 12 Bakkhidès étant à l'aile droite. La phalange s'avança des deux côtés au son des trompettes. Les hommes de Judas sonnèrent eux aussi des trompettes, [— Voir la note sur 1 M 6.35.]13 et la terre fut ébranlée par le vacarme des armées ; le combat s'engagea au matin et se prolongea jusqu'au soir. 14 Judas vit que Bakkhidès et le fort de l'armée se tenaient sur la droite. Autour de Judas se groupèrent tous ceux qui étaient enflammés de courage. 15 Ils culbutèrent l'aile droite et la poursuivirent jusqu'aux monts Azara. [— monts Azara : d'après l'historien juif Josèphe ; c'est la transcription grecque du nom araméen de Baal Haçor (voir 2 S 13.23 ; Ne 11.33), à 8 km environ à l'est de Béerzeth. — letexte porte monts d'Azôtos, mais il n'y a pas de montagne dans la région d'Azôtos.]16 Voyant la déroute de l'aile droite, ceux de l'aile gauche se rabattirent sur les pas de Judas et des siens et ils le talonnèrent. 17 Le combat devint acharné et il y eut beaucoup de victimes de part et d'autre. 18 Judas succomba lui aussi et les autres s'enfuirent. 19 Jonathan et Simon enlevèrent leur frère Judas et l'ensevelirent dans le tombeau de ses pères à Modîn. [— enseveli à Modîn 1 M 2.1 et la note ; 1 M 2.70 ; 13.25.]20 Tout Israël le pleura et mena sur lui un grand deuil ; ils se lamentèrent pendant plusieurs jours : 21 « Comment est-il tombé, le héros qui sauvait Israël ? » [— Comment est-il tombé ? 2 S 1.27.]22 Le reste des actions de Judas, de ses combats, des exploits qu'il accomplit, de ses titres de gloire, n'a pas été écrit, il y en avait trop.[— lereste des actions de Judas... 1 M 16.23 ; voir 1 R 11.41 ; 14.29 ; 15.31, etc.
— il y en avait trop voir Jn 21.25.]
Jonathan succède à Judas
23 Après la mort de Judas, les impies reparurent sur tout le territoire d'Israël et les artisans d'iniquité relevèrent la tête. [— Les impies et les artisans d'iniquité sont les partisans des Séleucides.]24 Comme il y avait alors une famine particulièrement grave, le pays se rallia à eux. 25 Bakkhidès fit son choix parmi les hommes impies, pour régenter le pays. 26 Ils débusquaient les amis de Judas et les interrogeaient, puis ils les amenaient à Bakkhidès qui les punissait et les tournait en dérision. [— Bakkhidès : voir 1 M 7.8-9.]27 Ce fut en Israël une oppression comme il n'y en avait pas eu depuis la fin des temps des prophètes. [— Voir 1 M 4.46+.]28 Alors tous les amis de Judas se rassemblèrent et dirent à Jonathan : 29 « Depuis la mort de ton frère Judas, il n'y a plus d'homme comme lui pour marcher contre l'ennemi, contre Bakkhidès et contre tous ceux qui sont hostiles à notre nation. 30 Nous te choisissons donc aujourd'hui à sa place comme chef et comme guide, pour mener notre combat. » 31 Jonathan reçut à cet instant le commandement et succéda à son frère Judas.
Jonathan au désert de Thékoé et au pays de Moab
32 Bakkhidès, l'ayant appris, cherchait à le faire périr. 33 Jonathan et Simon, son frère, en furent informés, ainsi que tous ceux qui accompagnaient Jonathan. Ils s'enfuirent au désert de Thékoé et ils campèrent près de l'eau de la citerne Asfar. [— Thékoé (ou Teqoa) : patrie du prophète Amos (voir Am 1.1), à 18 km au sud-est de Jérusalem.
— la citerne Asfar est peut-être l'actuel Sheikh Ahmad Abou Safar, à 6 km au sud de Thékoé.]34 Bakkhidès l'apprit le jour du sabbat et il vint, lui et toute son armée, au-delà du Jourdain. 35 Jonathan envoya son frère qui commandait à la troupe demander à ses amis les Nabatéens l'autorisation de mettre en dépôt chez eux ses bagages qui étaient considérables. [— Nabatéens : voir 1 M 5.25 et la note.]36 Mais les fils de Jambri, ceux de Madaba, firent une incursion, s'emparèrent de Jean et de tout ce qu'il avait, et partirent avec leur butin. [— fils de Jambri (ou de Amraï) : c'est probablement une tribu arabe dont une des branches devait habiter Madaba : cette ville du plateau transjordanien se trouvait à une douzaine de km à l'est de la mer Morte.]37 Après ces événements, on annonça à Jonathan et à Simon, son frère, que les fils de Jambri célébraient un grand mariage ; ils amenaient en grande pompe de Nabatha la fiancée. C'était la fille d'un grand personnage de Canaan. [— Nabatha : place forte proche du mont Nébo (d'où elle tire son nom).
— Canaan : ce terme archaïque (voir les notes sur 1 M 5.2 ; 5.5) désigne ici le plateau de Moab.]38 Ils se souvinrent de la mort sanglante de Jean, leur frère, et ils montèrent se cacher à l'abri d'un repli de la montagne. 39 Levant les yeux, ils virent le fiancé, ses amis et ses frères qui s'avançaient vers eux avec des tambourins, des musiciens et un riche équipement guerrier au milieu d'un cortège bruyant et de tous les bagages. 40 De leur embuscade, ils s'élancèrent sur eux et les massacrèrent ; beaucoup tombèrent, blessés à mort, et les survivants s'enfuirent vers la montagne. Ils emportèrent toutes leurs dépouilles. 41 Ainsi les noces se changèrent en deuil et les accents musicaux en lamentations. [— Am 8.10.]42 Ils tirèrent ainsi vengeance du sang de leur frère et regagnèrent les marais du Jourdain.[— Il s'agit du lit même du fleuve ; souvent fangeux, rempli d'arbustes épineux, il était d'un accès difficile (voir v. 45) mais pouvait servir de refuge.]
Echauffourée au bord du Jourdain
43 Bakkhidès en fut informé et il vint le jour du sabbat jusqu'aux berges du Jourdain, avec une nombreuse armée. [— Bakkhidès : voir 1 M 7.8.
— le jour du sabbat 1 M 2.32+.]44 Jonathan dit alors à ses gens : « Debout ! Combattons pour sauver nos vies, car aujourd'hui ce n'est pas comme hier et avant-hier. 45 Voici que le combat est devant nous ; d'un côté l'eau du Jourdain, de l'autre côté le marais et le fourré : nulle part où battre en retraite. 46 Maintenant donc, criez vers le Ciel, afin que vous échappiez aux mains de vos ennemis. » 47 Le combat s'engagea, et Jonathan étendit la main pour frapper Bakkhidès, mais celui-ci esquiva le coup en se rejetant en arrière. 48 Jonathan et les siens sautèrent dans le Jourdain et atteignirent l'autre rive à la nage, mais les ennemis ne franchirent pas le Jourdain à leurs trousses. [— lecombat a dû avoir lieu sur la rive ouest du Jourdain. Bakkhidès refoule donc Jonathan et ses troupes sur la rive orientale.]49 En ce jour, il tomba environ mille hommes parmi ceux qui entouraient Bakkhidès.
Bakkhidès se fortifie en Judée. Mort d'Alkime
50 Celui-ci retourna à Jérusalem. Il bâtit des villes fortes en Judée, la forteresse qui est à Jéricho, Emmaüs, Béthoron, Béthel, Tamnatha, Pharathôn et Téphôn avec des remparts élevés, des portes et des verrous. [— Jéricho : dans la vallée du Jourdain, à 25 km au nord-est de Jérusalem. Emmaüs : voir 1 M 3.40 et la note. Béthoron : voir 1 M 3.16 et la note. Béthel : à 18 km au nord de Jérusalem.
— Tamnatha (ou Timna, voir Jos 19.50) : à une quinzaine de km au nord-ouest de Béthel. Pharathôn (ou Piréatôn, voir Jg 12.15) : à 25 km au nord de Tamnatha, non loin de Téphôn (ou Tappouah, voir Jos 12.17), en Samarie. — Les verrous sont les barres transversales qui servaient à bloquer les portes.]51 Puis il établit en chacune d'elles une garnison pour harceler Israël. 52 Il fortifia la ville de Bethsour, Gazara et la Citadelle. Il y plaça des troupes et des réserves de vivres. [— Bethsour : voir la note sur 4.29. Gazara : voir la note sur 1 M 4.15.
— la Citadelle : il s'agit de celle de Jérusalem, voir la note sur 1 M 1.33.]53 Il prit comme otages les fils des chefs du pays et les emprisonna dans la citadelle de Jérusalem.
54 En l'année cent cinquante-trois, le second mois, Alkime ordonna d'abattre le mur de la cour intérieure du lieu saint, détruisant ainsi l'œuvre des prophètes, et il fit commencer la démolition. [— En l'année cent cinquante-trois, le second mois : en avril-mai 159 av. J.C.
— Alkime : voir 1 M 7.5 et la note.
— le mur : sans doute celui qui séparait, dans l'enceinte du temple, la cour (ou « parvis ») réservée aux Juifs de la cour où pouvaient entrer les païens.
— l'œuvre des prophètes : allusion au rôle joué par Aggée et Zacharie dans la reconstruction du temple après l'Exil.]55 Sur quoi, Alkime eut une attaque et les travaux furent arrêtés. Sa bouche se ferma et resta paralysée, l'empêchant de prononcer dès lors une seule parole et de donner des ordres au sujet de sa maison. [— Expression traditionnelle (voir 2 R 20.1 et la note sur 1 M 5.5) pour désigner la rédaction d'un testament ou l'expression des dernières volontés.]56 Alkime mourut à cette époque en proie à de vives souffrances. 57 Voyant qu'Alkime était mort, Bakkhidès s'en retourna auprès du roi, et le pays de Juda fut en repos pendant deux ans.[— le pays fut en repos 1 M 1.3+.]
Bakkhidès échoue devant Bethbasi et quitte la Judée
58 Tous les impies tinrent conseil : « Voici, dirent-ils, que Jonathan et ses partisans vivent tranquilles et sans méfiance. Nous allons donc faire venir Bakkhidès maintenant, et il les arrêtera tous dans la même nuit. » [— impies : voir 1 M 9.23 et la note.
— Bakkhidès : voir 1 M 7.8.]59 Ils allèrent en délibérer avec lui. 60 Bakkhidès se mit en route avec une troupe nombreuse, écrivant secrètement à tous ses alliés de Judée pour leur demander de s'emparer de Jonathan et de ses compagnons. Mais leur dessein fut éventé, et ils ne purent réussir. 61 En revanche, une cinquantaine des instigateurs locaux de ce méfait furent pris et mis à mort. 62 Puis Jonathan, Simon et leurs partisans se retirèrent dans le désert à Bethbasi ; ils en relevèrent les ruines et la fortifièrent. [— Aujourd'hui Beit Baçça, entre Bethléem et Thékoé (voir la note sur le v. 33).]63 Bakkhidès l'apprit, rassembla toute sa troupe et manda aussi ses partisans de Judée. 64 Il vint prendre position en face de Bethbasi, l'attaqua durant de nombreux jours et fit construire des machines. [— machines (de siège) : voir 1 M 5.30 et la note.]65 Laissant son frère Simon dans la ville, Jonathan, avec un petit détachement, opéra une sortie dans le pays. 66 Il battit Odomera et ses frères, ainsi que les fils de Phasirôn dans leur campement. Ils commencèrent à attaquer et ils montèrent parmi les troupes. [— Odomera et les fils de Phasirôn sont sans doute deux tribus arabes qui s'étaient alliées à Bakkhidès.
— Cette attaque de diversion rendait possible la sortie de Simon avec le gros des troupes (v. 67).]67 Simon et ses hommes firent alors une sortie et incendièrent les machines. 68 Ils combattirent Bakkhidès : complètement défait, il fut profondément accablé par l'échec de son plan d'attaque. 69 Rempli d'un violent ressentiment contre les hommes impies qui l'avaient fait venir dans la région, il en tua beaucoup et décida de rentrer chez lui. 70 Quand Jonathan apprit la nouvelle, il lui envoya des messagers pour conclure la paix et régler la restitution des prisonniers. 71 Il accepta et agit selon la requête de Jonathan, jurant pour la vie de ne plus chercher à lui nuire. 72 Il lui rendit ceux qu'il avait fait prisonniers au pays de Juda, puis s'en retourna dans son pays et ne revint plus sur le territoire des Juifs. 73 En Israël, l'épée fut mise au repos et Jonathan s'installa à Makhmas. Là, il se mit à juger le peuple et fit disparaître les impies du milieu d'Israël.[— l'épée au repos Jr 47.6 ; voir 1 M 9.57.
— Makhmas (ou Mikmas, voir 1 S 13.2) : à une douzaine de km au nord de Jérusalem. Cette ville était restée célèbre pour l'exploit de Jonathan, le fils de Saül (voir 1 S 14).
— juger le peuple : Jonathan est assimilé à un des anciens juges d'Israël (voir Jg 3.10 ; 4.4 et la note sur 2.16 ; 1 M 5.5 et la note).
— faire disparaître les impies voir Dt 13.6 ; 19.19 ; 21.22 ; 1 Co 5.13.]
Alexandre Balas nomme Jonathan grand prêtre
10 En l'an cent soixante, Alexandre Epiphane, fils d'Antiochus, débarqua et s'empara de Ptolémaïs. Il fut accueilli et c'est là qu'il commença son règne. [— l'an cent soixante : en septembre-octobre 152 av. J.C. (voir la note sur 1 M 1.10).
— Alexandre Epiphane, plus souvent appelé Alexandre Balas, se prétendait le fils d'Antiochus Epiphane (voir 1 M 1.10) en exploitant sa ressemblance avec lui.
— Ptolémaïs : voir la note sur 1 M 5.15.]2 Apprenant cela, le roi Démétrius rassembla une très forte armée et marcha contre lui pour le combattre. [— Démétrius Ier : voir 1 M 7.1-4 et la note sur 7.1.]3 Il écrivit à Jonathan une lettre très pacifique, pleine de promesses pour lui. [— Jonathan : voir 1 M 9.28-31.]4 Il se disait en effet : « Hâtons-nous de conclure la paix avec eux avant qu'ils ne la fassent avec Alexandre contre nous, 5 car alors il se souviendra encore à ce moment-là des maux que nous lui avons fait endurer, ainsi qu'à ses frères et à sa nation. » 6 Il l'autorisa même à lever des troupes, à fabriquer des armes et à se dire son allié. Il ordonna de lui remettre les otages de la Citadelle. [— la Citadelle : voir la note sur 1 M 1.33.
— otages de la Citadelle v. 9 ; 1 M 9.53.]7 Jonathan vint à Jérusalem et lut le message devant tout le peuple et devant ceux qui étaient dans la Citadelle : 8 ils furent pris d'une grande crainte en entendant que le roi donnait à Jonathan l'autorisation de lever des troupes. 9 Les gens de la Citadelle remirent les otages à Jonathan et celui-ci les rendit à leurs familles. 10 Jonathan habita Jérusalem et se mit à bâtir et à restaurer la ville. 11 Il ordonna aux entrepreneurs des travaux de bâtir les remparts et d'entourer le mont Sion d'une muraille de pierres de taille, ce qui fut exécuté. [— le mont Sion : la colline du temple.]12 Les étrangers qui demeuraient dans les forteresses construites par Bakkhidès prirent la fuite. [— 1 M 9.50-52.]13 Chacun abandonna son poste pour retourner dans son pays. 14 A Bethsour seulement, on laissa quelques-uns de ceux qui avaient abandonné la Loi et les préceptes : car c'était un lieu de refuge. [— Bethsour : voir la note sur 1 M 4.29.
— lieu de refuge : l'auteur pense peut-être aux villes de refuge pour les meurtriers, prévues par la Loi (voir Ex 21.13 ; Jos 20.1-6).]
15 Le roi Alexandre apprit les promesses envoyées par Démétrius à Jonathan. On lui raconta aussi les combats et les actes d'héroïsme que ses frères et lui-même avaient accomplis et les peines qu'ils avaient endurées. 16 « Trouverons-nous jamais un homme pareil ! » s'exclama-t-il. « Il nous faut en faire dès maintenant un ami et un allié. » 17 Il lui écrivit donc une lettre rédigée en ces termes :
18 « Le roi Alexandre à son frère Jonathan, salut. 19 Nous avons appris à ton sujet que tu es un homme vaillant et que tu mérites d'être notre ami. 20 C'est pourquoi, à dater de ce jour, nous t'établissons grand prêtre de ta nation et te donnons le titre d'ami du roi — il l'honora donc de la pourpre et d'une couronne d'or — afin que tu embrasses notre parti et que tu nous gardes ton amitié. » [— nous t'établissons grand prêtre : c'était un des droits du roi que de nommer les grands prêtres (voir 2 M 4.10) et Jonathan était de famille sacerdotale (voir 1 M 2.1,54 et les notes).
— ami du roi : voir la note sur 1 M 2.18.
— pourpre : voir la note sur 2 M 4.38.
— une couronne d'or : comme celles que portaient les prêtres des cultes hellénistiques.]
21 Jonathan revêtit les ornements sacrés le septième mois de l'an cent soixante, à l'occasion de la fête des Tentes ; il rassembla des troupes et fabriqua beaucoup d'armes.[— le septième mois... : au mois d'octobre 152 av. J.C.
— fête des Tentes : voir au glossaire CALENDRIER.]
Offres de Démétrius Ier à Jonathan
22 Apprenant cela, Démétrius fut contrarié et il dit : 23 « Qu'avons-nous fait pour qu'Alexandre capte avant nous l'amitié des Juifs pour s'en faire un appui ? 24 Je vais leur écrire moi aussi en termes engageants, avec des offres de situation élevée et de subventions, afin qu'ils me réservent leur appui. » 25 Il leur écrivit en ces termes :
« Le roi Démétrius à la nation des Juifs, salut. 26 Vous avez toujours reconnu la validité des conventions passées entre nous, vous êtes demeurés nos amis, vous n'êtes point passés du côté de nos ennemis. Nous avons appris tout cela et nous nous en sommes réjouis. 27 Continuez à nous garder votre fidélité et nous récompenserons votre attitude par des bienfaits : 28 nous vous accorderons de nombreux allégements fiscaux et nous vous ferons des faveurs. 29 D'ores et déjà, je vous libère, je décharge tous les Juifs des contributions, de la gabelle et des couronnes. [— la gabelle ou taxe sur le sel : le sel de la mer Morte ou des marais salants (voir 1 M 11.35), considérés comme la propriété du roi.
— Les couronnes, comme les palmes ou les rameaux d'olivier en or (voir 1 M 13.37 ; 2 M 14.4), étaient, à l'origine, des dons occasionnels faits au roi sous la forme d'une couronne de feuillage en or. Ils devinrent vite une redevance régulière payée en pièces d'or.]30 D'autre part, à compter de ce jour, je fais remise à perpétuité du tiers des produits du sol et de la moitié des fruits des arbres qui me reviennent, au bénéfice du pays de Juda et des trois nomes de la Samaritide et Galilée qui lui sont annexés. [— produits du sol... qui me reviennent : il s'agit de l'impôt foncier qui était calculé d'après les récoltes. Il est probable que Démétrius rétablit ici l'ancien tribut, moins lourd que l'impôt foncier (voir 1 M 11.28 et la note), mais le texte ne le précise pas.
— nomes : terme qui désignait un district ou une province de l'Egypte (voir 1 M 11.34).
— annexés : le roi reconnaît donc les droits de la Judée sur les territoires conquis par Judas Maccabée (voir 1 M 11.34).]31 Jérusalem sera sainte et exempte, ainsi que son territoire, de dîmes et de droits. [— sera sainte : ce privilège comprend le droit d'asile, limité à la ville même (voir v. 43) ; en revanche, l'exemption d'impôts (exempte... droits, voir aussi la note précédente) s'étend à toute la Judée.]32 Je renonce aussi à la Citadelle de Jérusalem et je la cède au grand prêtre, qui pourra y établir une garde choisie par ses soins. [— la Citadelle : voir la note sur 1 M 1.33.]33 A tout Juif qui, du pays de Juda, aurait été amené captif n'importe où dans mon royaume, je rends la liberté, sans exiger de rançon. Que tous soient exempts d'impôts, même pour leur cheptel. 34 Toutes les fêtes, les sabbats et les néoménies, les fêtes prescrites, avec les trois jours qui précèdent et les trois jours qui suivent, seront tous des jours d'immunité et de rémission pour tous les Juifs de mon royaume. [— le roi généralise la coutume de suspendre pendant les pèlerinages les dettes et le paiement de droits d'octroi à l'entrée des villes.]35 Personne n'aura autorité pour exiger d'eux un paiement ou pour inquiéter quelqu'un d'entre eux au sujet de n'importe quelle affaire. 36 Des Juifs seront enrôlés dans l'armée royale jusqu'à concurrence de trente mille soldats et ils toucheront la même solde que toutes les troupes du royaume. 37 Certains seront affectés aux forteresses royales importantes. Des Juifs seront nommés aux postes de confiance du royaume. Leurs préposés et leurs chefs seront choisis dans leurs rangs et se comporteront selon leurs lois, comme le roi l'a ordonné pour le pays de Juda. 38 Quant aux trois nomes ajoutés à la Judée aux dépens de la province de Samarie, qu'ils soient annexés à la Judée et qu'ils soient considérés comme relevant d'un seul et n'obéissant à nulle autre autorité qu'à celle du grand prêtre.
39 « Je fais don de Ptolémaïs, et du territoire qui s'y rattache, au sanctuaire de Jérusalem, pour couvrir les dépenses du culte. [— Voir les notes sur 1 M 5.15 et 2 M 6.8. Démétrius encourage ainsi les Juifs à aller attaquer cette ville, territoire de son rival, Alexandre Balas (voir 1 M 10.1).]40 Quant à moi, je donne chaque année quinze mille sicles d'argent sur les revenus royaux, à prélever dans les endroits qui s'y prêtent. [— sicles : il s'agit ici de pièces d'argent correspondant au tétradrachme grec (4 drachmes, voir au glossaire MONNAIES).
— Sur cette générosité, voir 2 M 3.3 et la note.]41 A titre d'arriéré, les fonctionnaires affecteront désormais aux travaux du Temple tout le surplus qu'ils n'ont pas versé, comme ils le faisaient les années précédentes. 42 En outre, les cinq mille sicles d'argent que l'on prélevait sur l'avoir du sanctuaire, au chapitre de ses revenus annuels, seront attribués aux prêtres en exercice. 43 Quiconque se sera réfugié dans le Temple de Jérusalem et dans ses limites, à cause d'un dû au fisc royal ou pour toute autre affaire, sera libre avec tous les biens qu'il possède dans mon royaume.
44 « Les frais de travaux de construction et de restauration du sanctuaire se feront au compte du roi. [— v. 45 ; Esd 6.4.]45 Les frais occasionnés par la reconstruction des murs et la fortification de l'enceinte de Jérusalem et par la construction des remparts ailleurs en Judée seront également au compte du roi. »
Mort de Démétrius Ier
46 Quand Jonathan et le peuple entendirent ces paroles, ils refusèrent d'y croire et de les prendre en considération, parce qu'ils avaient encore en mémoire tout le mal que Démétrius avait fait en Israël et l'oppression qu'il avait fait peser sur eux. 47 Ils se décidèrent en faveur d'Alexandre parce qu'à leurs yeux il tenait des propos pacifiques, et ils furent constamment ses alliés. 48 Le roi Alexandre rassembla de grandes forces et s'avança contre Démétrius. 49 Les deux rois ayant engagé le combat, l'armée d'Alexandre prit la fuite. Démétrius se mit à sa poursuite et l'emporta sur ses soldats. 50 Il mena fortement le combat jusqu'au coucher du soleil. Mais Démétrius succomba ce jour-là.
Alliance d'Alexandre Balas avec Ptolémée VI et avec Jonathan
51 Alexandre envoya à Ptolémée, roi d'Egypte, des ambassadeurs avec ce message : [— Ptolémée VI Philométor (180-145 av. J.C.).]
52 « Nous voici revenus dans notre royaume et assis sur le trône de nos pères ; nous avons pris le pouvoir, nous avons écrasé Démétrius et nous nous sommes emparés de notre pays. 53 En effet, nous lui avons livré bataille, nous l'avons complètement défait, lui et son armée, et nous avons occupé son trône royal. 54 Maintenant, devenons donc amis, et dès aujourd'hui, donne-moi ta fille en mariage : je serai ton gendre et je te ferai, ainsi qu'à elle, des présents dignes de toi. »
55 Le roi Ptolémée répondit en ces termes : « Heureux le jour où tu es rentré dans le pays de tes pères et où tu t'es assis sur leur trône royal. 56 Et maintenant, je ferai pour toi ce que tu as écrit, mais viens à ma rencontre à Ptolémaïs afin que nous ayons une entrevue, et je serai ton beau-père comme tu l'as dit. » [— Ptolémaïs : voir la note sur 1 M 5.15.]
57 Ptolémée partit d'Egypte avec Cléopâtre sa fille, et vint à Ptolémaïs en l'an cent soixante-deux. [— En automne 150 av. J.C. (voir la note sur 1 M 1.10).]58 Le roi Alexandre vint au-devant de Ptolémée ; celui-ci lui donna sa fille Cléopâtre et célébra le mariage à Ptolémaïs en grande pompe, comme il convient à des rois. 59 Le roi Alexandre écrivit à Jonathan de venir le rencontrer. 60 Celui-ci se rendit à Ptolémaïs en grand apparat et rencontra les deux rois ; il leur donna, ainsi qu'à leurs amis, de l'argent et de l'or et de nombreux présents et trouva grâce à leurs yeux. 61 Alors des gens sans foi ni loi, la peste d'Israël, se liguèrent contre lui. Ils l'accusèrent devant le roi, qui ne leur prêta aucune attention. 62 Il ordonna même d'ôter à Jonathan ses habits et de le revêtir de pourpre, ce qui fut fait. [— Voir la note sur 2 M 4.38.]63 Le roi le fit asseoir auprès de lui et dit à ses dignitaires : « Sortez avec lui au centre de la ville et faites proclamer que personne ne doit déposer de plainte contre lui, pour aucun motif, et que personne ne l'inquiète sous aucun prétexte. » 64 Quand les calomniateurs virent les honneurs qu'on lui rendait, selon la proclamation royale, et la pourpre sur ses épaules, ils prirent tous la fuite. 65 Le roi lui fit l'honneur de l'inscrire parmi ses premiers amis, et l'institua stratège et gouverneur. [— premiers amis : voir la note sur 1 M 2.18.
— stratège : voir la note sur 2 M 3.5.
— gouverneur : littéralement chef d'une méride, c'est-à-dire d'un district plus grand qu'une stratégie, ici la Judée plus les trois nomes (voir v. 30 et la note).]66 Jonathan revint à Jérusalem en paix et dans la joie.
Démétrius II envoie Apollonius contre Jonathan, qui le défait
67 En l'an cent soixante-cinq, Démétrius fils de Démétrius vint de Crète dans le pays de ses pères. [— l'an cent soixante-cinq : en 147 av. J.C.
— Démétrius : Démétrius II Nikator (voir 11.19 et la note), fils de Démétrius Ier (tué en combattant Alexandre, v. 50).
— ses pères ou ses ancêtres.]68 En l'apprenant, le roi Alexandre, très contrarié, s'en retourna à Antioche. [— Antioche : voir 1 M 3.37.]69 Démétrius confirma Apollonius comme gouverneur de Cœlésyrie ; celui-ci rassembla une grande armée, vint camper près de Jamnia et envoya dire au grand prêtre Jonathan : [— C'est sans doute le même Apollonius dont l'historien grec Polybe raconte qu'il aida Démétrius Ier à s'évader de Rome (voir 1 M 7.1 et la note sur 1 M 1.10).
— gouverneur de Cœlésyrie : voir 2 M 3.5 et la note.
— Jamnia : voir la note sur 1 M 5.58.]
70 « Tu es vraiment le seul à te dresser contre nous et, à cause de toi, me voici devenu un objet de dérision et de honte. Pourquoi exercer ton autorité contre nous dans les montagnes ? 71 Si tu as confiance dans tes troupes, descends donc maintenant vers nous dans la plaine et là, mesurons-nous l'un à l'autre, car la force des villes est avec moi. 72 Informe-toi et apprends qui je suis et qui sont ceux qui nous prêtent leur concours. Ceux-là disent que vous ne pouvez tenir pied face à nos lignes, puisque par deux fois déjà tes pères ont été mis en déroute dans leur propre pays. [— 1 M 5.55-62 ; 9.1-22 ; voir 1 S 4.2-10 ; 31.1-13.]73 Tu ne pourras pas résister à la cavalerie et à une aussi grande armée dans la plaine, où il n'y a ni terrain accidenté, ni caillasse, ni d'endroit où fuir. »
74 Lorsque Jonathan entendit les paroles d'Apollonius, il en fut tout ébranlé. Il fit choix de dix mille hommes et partit de Jérusalem ; son frère Simon le rejoignit pour lui prêter main-forte. 75 Il dressa le camp devant Joppé. Les habitants fermèrent les portes, car il y avait là une garnison d'Apollonius. Ils commencèrent l'attaque. [— Joppé : voir la note sur 2 M 12.3.]76 Pris de peur, les habitants de la ville ouvrirent les portes, et Jonathan se rendit maître de Joppé. 77 En apprenant la chose, Apollonius mit en ligne trois mille cavaliers et une grande armée, et il se dirigea vers Azôtos comme pour traverser le pays, tandis qu'en même temps il s'enfonçait dans la plaine, confiant dans sa nombreuse cavalerie. [— Azôtos : voir la note sur 1 M 5.68.]78 Jonathan le poursuivit du côté d'Azôtos, et les armées engagèrent le combat. 79 Apollonius avait laissé mille cavaliers dissimulés derrière eux. 80 Jonathan eut vent de ce projet d'embuscade sur ses arrières. Les cavaliers cernèrent son armée et lancèrent leurs traits sur la troupe depuis le matin jusqu'au soir. 81 Ceux-ci tinrent bon selon la consigne de Jonathan, et les chevaux se fatiguèrent. 82 C'est alors que Simon, entraînant ses troupes, attaqua la phalange : la cavalerie s'épuisa, les ennemis furent écrasés par Simon et s'enfuirent. [— la phalange : voir la note sur 1 M 6.35.]83 La cavalerie se dispersa dans la plaine. Les fuyards arrivèrent à Azôtos et entrèrent dans le « Temple de Dagôn », le sanctuaire de leur idole, pour y trouver le salut. [— Dieu des Philistins (voir Jg 16.23).]84 Jonathan incendia Azôtos et les villes alentour. Il les dépouilla et livra aux flammes le sanctuaire de Dagôn et ceux qui s'y étaient réfugiés. 85 Au total huit mille hommes périrent par l'épée ou par le feu. 86 Jonathan partit de là et prit position près d'Ascalon. Les habitants sortirent à sa rencontre en grande pompe. [— Ville du littoral, au sud d'Azôtos.]87 Jonathan et les siens revinrent alors à Jérusalem chargés d'un grand butin. 88 Le roi Alexandre, apprenant tout cela, accorda de nouveaux honneurs à Jonathan. 89 Il lui envoya une agrafe d'or comme c'est l'usage de l'accorder aux parents du roi. Il lui donna en propriété Akkarôn et tout son territoire.[— L'agrafe d'or, qui servait à attacher la cape de pourpre (voir la note sur 2 M 4.38), était l'insigne du titre de parent du roi (voir la note sur 1 M 2.18).
— Akkarôn (ou Eqrôn, Jos 13.3) : ancienne cité philistine située à 7 km environ à l'est de Jamnia (voir la note sur 1 M 5.58).]
Ptolémée VI défait Alexandre Balas. Ils meurent tous deux
11 Le roi d'Egypte rassembla une armée nombreuse comme le sable au bord de la mer ainsi qu'une grande flotte, et il chercha à s'emparer par ruse du royaume d'Alexandre, pour l'ajouter à son royaume. [— Alexandre Balas, voir 1 M 10.1 et la note.]2 Il se rendit en Syrie avec des paroles de paix. Les gens des villes lui ouvraient leurs portes, allaient à sa rencontre et le recevaient, car l'ordre du roi Alexandre était de recevoir son beau-père. [— paroles de paix 1 M 1.30+.]3 Or, à peine entré dans une ville, Ptolémée y laissait des troupes en garnison. 4 Comme il approchait d'Azôtos, on lui montra le sanctuaire de Dagôn incendié, Azôtos et ses environs détruits, les cadavres jetés çà et là et les restes de ceux qui avaient été brûlés pendant le combat, car on les avait entassés là où le roi devait passer. [— Azôtos : voir la note sur 1 M 5.68.
— Dagôn : voir la note sur 1 M 10.83.]5 On rapporta au roi les actions de Jonathan, pour susciter sa réprobation, mais il garda le silence. 6 Jonathan vint à la rencontre du roi à Joppé en grande pompe ; ils se saluèrent mutuellement et passèrent la nuit en ce lieu. [— Joppé : voir la note sur 2 M 12.3.]7 Jonathan accompagna le roi jusqu'au fleuve appelé Eleuthère, puis il revint à Jérusalem. [— Aujourd'hui le nahr El-Kebir, qui marque la frontière entre le nord du Liban et la Syrie.]
8 Le roi Ptolémée se rendit maître des villes côtières jusqu'à Séleucie maritime, et il projetait de mauvais desseins contre Alexandre. [— Ville située à l'embouchure de l'Oronte et qui servait de port à la capitale, Antioche, distante d'environ 30 km.]9 Il envoya des ambassadeurs auprès du roi Démétrius pour lui dire : « Viens, concluons ensemble un traité, je te donnerai ma fille qui est la femme d'Alexandre, et tu régneras sur le royaume de ton père. [— Démétrius II, voir 1 M 10.67 et la note.]10 Je me repens en effet de lui avoir donné ma fille, car il a cherché à me tuer. » 11 Il le blâmait de la sorte, parce qu'il convoitait son royaume. 12 Lui ayant enlevé sa fille, il la donna à Démétrius, changea d'attitude envers Alexandre, et leur inimitié devint manifeste. 13 Ptolémée fit son entrée à Antioche et ceignit le diadème d'Asie, unissant ainsi sur son front deux diadèmes, celui d'Egypte et celui d'Asie. [— diadème : voir la note sur 1 M 8.14.
— Asie : en fait, Ptolémée garde seulement la Cœlésyrie (voir la note sur 2 M 3.5).]14 Le roi Alexandre se trouvait en ce temps-là en Cilicie, parce que les habitants de cette région s'étaient révoltés. 15 Apprenant ce qui s'était passé, Alexandre marcha contre Ptolémée pour le combattre. Ce dernier se mit en mouvement avec une puissante armée et le mit en déroute. 16 Alexandre s'enfuit en Arabie, et le roi Ptolémée triompha. 17 Zabdiel l'Arabe décapita Alexandre et envoya sa tête à Ptolémée. [— D'après l'historien grec Diodore, c'est à ce Zabdiel qu'Alexandre avait confié son fils, le futur Antiochus VI (voir v. 39 et la note).]18 Quant au roi Ptolémée, il mourut le surlendemain, et les garnisons de ses places fortes furent massacrées par les habitants. 19 Démétrius devint roi en l'an cent soixante-sept.[— l'an cent soixante-sept : en août-septembre 145 av. J.C. (voir la note sur 1 M 1.10).
— Démétrius II régna de 145 à 125 av. J.C., avec une interruption de 138 à 129, pendant sa captivité chez les Parthes.]
Nouvelle charte de Démétrius II en faveur des Juifs
20 En ces jours-là, Jonathan rassembla ceux de la Judée pour attaquer la Citadelle qui est à Jérusalem, et ils dressèrent contre elle de nombreuses machines de guerre. [— Citadelle : voir la note sur 1 M 1.33 ; 6.20+. Démétrius Ier y avait renoncé (voir 1 M 10.32) ; Jonathan veut rendre cette cession effective.
— machines de guerre : voir la note sur 1 M 5.30.]21 Alors des gens sans foi ni loi, qui haïssaient leur nation, allèrent trouver le roi pour lui annoncer que Jonathan assiégeait la Citadelle. [— gens sans foi ni loi 1 M 1.11.]22 A ces paroles, Démétrius se mit en colère et se rendit aussitôt à Ptolémaïs. Il écrivit à Jonathan de lever le siège et de venir au plus vite s'entretenir avec lui à Ptolémaïs. [— Voir la note sur 1 M 5.15.]23 Apprenant cela, Jonathan ordonna de continuer le siège, il choisit quelques anciens d'Israël et quelques prêtres et s'exposa lui-même au danger. 24 Prenant en effet avec lui de l'argent, de l'or, des vêtements et d'autres présents en abondance, il se rendit auprès du roi à Ptolémaïs, et trouva grâce à ses yeux. 25 Quelques impies de sa nation essayèrent bien de l'accuser, 26 mais le roi agit envers lui à l'instar de ses prédécesseurs et il l'éleva devant tous ses amis. 27 Il lui confirma le pontificat et toutes ses dignités antérieures et le fit mettre au nombre de ses premiers amis. [— le pontificat (ou la charge de grand prêtre) : cette fonction avait été accordée à Jonathan par Alexandre Balas (voir 1 M 10.20 et la note).
— premiers amis : voir la note sur 1 M 1.28.]28 Jonathan demanda au roi d'exempter d'impôts la Judée et les trois toparchies de la Samaritide, en lui promettant en retour trois cents talents. [— exempter d'impôts... il s'agit d'accorder à la Judée et aux trois toparchies (ou nomes), le régime du tribut, qui était traditionnellement de trois cents talents, et de supprimer l'impôt foncier, comme l'avait fait Démétrius Ier (voir 1 M 10.30 et la note).
— talents : voir au glossaire MONNAIES.]29 Le roi y consentit et il écrivit comme suit à Jonathan :
30 « Le roi Démétrius à Jonathan son frère et à la nation des Juifs, salut. [— frère (du roi) : voir la note sur 1 M 2.18. Démétrius reconnaît à Jonathan tous les titres que lui avait conférés Alexandre Balas.]31 Une copie de la lettre que nous avons écrite à notre parent Lasthène vous est adressée pour information. [— Lasthène : haut dignitaire de la cour séleucide (voir la note sur 1 M 1.8). Il était originaire de Crète, où il avait recruté des mercenaires qui permirent à Démétrius II de s'emparer du trône (voir 1 M 10.67).]32 Le roi Démétrius à Lasthène son père, salut. 33 A cause de leurs bons sentiments à notre égard, nous avons décidé de faire du bien à la nation des Juifs qui sont nos amis et se conduisent envers nous avec droiture. 34 Nous leur confirmons la possession de la Judée et des trois nomes d'Aphéréma, de Lydda et de Ramathaïm. Ils ont été détachés de la Samaritide au profit de la Judée, avec toutes leurs dépendances, en faveur de tous ceux qui sacrifient à Jérusalem, en échange des droits régaliens annuels que le roi percevait auparavant sur les produits de leur terre et de leurs arbres. [— nomes : voir la note sur 1 M 10.30.
— Aphéréma (ou Ofra, Jos 18.23, ou Ephraïm, 2 S 13.23 ; Jn 11.54) : aujourd'hui Tayibeh, à une vingtaine de km au nord-est de Jérusalem.
— Lydda (ou Lod, 1 Ch 8.11) : ville située à une vingtaine de km à l'est de Joppé (voir la note sur 2 M 12.3).
— Ramathaïm ou Rama (voir 1 S 1.1 et la note) ou encore Arimathée (Mt 27.57).
— droits régaliens (ou droits du roi) : les impôts sur les récoltes des trois nomes sont donc maintenus, contrairement à ce que demandait Jonathan (voir v. 28 et la note) et à ce qu'avait accordé Démétrius Ier. (Voir 1 M 10.30-31 et les notes).]35 Quant à ce qui nous revient encore sur les dîmes, quant aux droits divers qui nous sont dus, y compris ceux des marais salants et des couronnes, il y a dorénavant remise totale. [— marais salants et couronnes : voir la note sur 1 M 10.29.
— Démétrius II ne confirme pas tous les avantages promis par son père : il n'est pas question ici de rendre la Citadelle (voir v. 20 et la note).]36 Dès maintenant et à perpétuité, ces dispositions ne souffriront aucune dérogation. 37 Ayez donc soin de faire exécuter une copie de cette lettre et qu'elle soit donnée à Jonathan, pour être placée sur la montagne sainte bien en vue. »[— montagne sainte : Jérusalem.]
Jonathan secourt Démétrius II à Antioche
38 Le roi Démétrius, qui voyait le pays en repos sous sa direction, et qui ne sentait plus aucune résistance à son autorité, démobilisa toute son armée et renvoya chacun dans ses foyers, à l'exception des troupes étrangères qu'il avait recrutées dans les îles des nations. Pour cette raison il s'attira la haine de toutes les troupes qu'il tenait de ses pères. [— pays en repos 1 M 1.3+.
— îles des nations : expression hébraïque (voir Gn 10.5) qui désigne ici la Crète (voir 1 M 10.67 ; 11.31 et les notes).]39 Or Tryphon, qui avait fait partie des gens d'Alexandre, constatant les récriminations unanimes de l'armée contre Démétrius, se rendit chez Iamlikos l'Arabe qui élevait Antiochus, le jeune fils d'Alexandre. [— Tryphon : surnom de Diodote, général de Démétrius Ier qui était passé au service d'Alexandre Balas ; il nous est connu grâce à l'historien grec Diodore.
— Iamlikos l'Arabe : peut-être le fils de Zabdiel (voir v. 17 et la note). Il résidait sans doute à Chalcis, au sud-ouest d'Alep.]40 Il le pressait de lui livrer l'enfant pour qu'il règne à la place de son père et il l'informa de tout ce qu'avait ordonné Démétrius et combien les troupes le haïssaient. Il resta là de longs jours.
41 Jonathan fit demander au roi Démétrius de faire sortir ses garnisons de la Citadelle de Jérusalem et des autres forteresses, car elles étaient toujours en état de guerre avec Israël. [— Voir 1 M 6.20+.]42 Démétrius fit répondre à Jonathan : « Non seulement je ferai cela pour toi et pour ta nation, mais je te couvrirai d'honneur, toi et ta nation, à la première occasion. 43 Pour l'instant, tu ferais bien de m'envoyer des hommes pour combattre à mes côtés, car toutes mes troupes ont fait défection. » 44 Jonathan lui envoya à Antioche trois mille vaillants guerriers dont l'arrivée réjouit le roi. 45 Les gens de la ville se rassemblèrent dans le centre, au nombre d'environ cent vingt mille, avec le dessein de faire périr le roi. 46 Celui-ci se réfugia dans le palais, tandis que les gens de la ville envahissaient les rues, et les combats commencèrent. 47 Le roi appela les Juifs à la rescousse ; ils se rassemblèrent tous auprès de lui, puis, se répandant dans la ville, ils tuèrent en ce jour-là environ cent mille personnes. 48 Ils incendièrent ce jour-là la ville tout en amassant un abondant butin, et le roi fut sauvé. 49 Voyant que les Juifs s'étaient rendus maîtres de la ville comme ils voulaient, la détermination des habitants fut ébranlée et ils crièrent vers le roi, le suppliant ainsi : 50 « Donne-nous la main droite, et que les Juifs cessent de combattre contre nous et contre la ville. » [— Voir la note sur 1 M 6.58.]51 Ils jetèrent les armes et firent la paix. Les Juifs furent couverts de gloire en présence du roi et aux yeux de tous ceux de son royaume. S'y étant ainsi fait un nom, les Juifs regagnèrent Jérusalem, chargés d'un butin considérable. 52 Le roi Démétrius s'affermit sur le trône royal, et le pays fut en repos sous sa direction. 53 C'est alors qu'il manqua à toutes ses promesses et qu'il devint tout autre à l'égard de Jonathan. Il ne reconnut plus les services rendus et lui infligea mille vexations.
Jonathan prend parti pour Antiochus VI contre Démétrius II
54 Après cela, Tryphon revint avec Antiochus, tout jeune enfant qui devint roi et saisit le diadème. [— Tryphon : voir la note sur le v. 39.
— Antiochus VI Dionysos, fils d'Alexandre Balas, régna depuis l'été 144 jusqu'à son assassinat par Tryphon en 142 av. J.C. (voir 1 M 13.31).
— diadème : voir la note sur 1 M 8.14.]55 Toutes les troupes congédiées par Démétrius se rassemblèrent autour de Tryphon et combattirent Démétrius qui prit la fuite et fut mis en déroute. 56 Tryphon prit les éléphants et s'empara d'Antioche.
57 Le jeune Antiochus écrivit à Jonathan en ces termes : « Je te confirme dans la charge de grand prêtre, je t'établis à la tête des quatre nomes et je te compte parmi les amis du roi. » [— quatre nomes : voir la note sur 1 M 10.30 ; on parle généralement des trois nomes (voir 1 M 11.34), le quatrième est celui d'Akrabatta (voir la note sur 1 M 5.3).
— amis du roi : voir la note sur 1 M 2.18.]58 Il lui envoya aussi des vases d'or et un service de table, en lui donnant l'autorisation de boire dans les coupes d'or, de porter la pourpre et l'agrafe d'or. [— pourpre et agrafe d'or : voir la note sur 1 M 10.89. Antiochus VI renouvelle à Jonathan les faveurs déjà concédées par son père Alexandre Balas et par Démétrius II (voir 1 M 11.30 et la note).]59 Il nomma Simon son frère stratège depuis les Echelles de Tyr jusqu'à la frontière d'Egypte. [— stratège : voir la note sur 2 M 3.5.
— Echelles de Tyr : nom traditionnel de deux escarpements qui forment comme un escalier à une dizaine de km au sud de Tyr.
— depuis... frontière d'Egypte : ce sont les limites de la zone maritime ou province du Littoral (voir 1 M 15.38), dont la capitale était Jamnia.]60 Jonathan partit et parcourut la Transeuphratène, y compris les villes. Toutes les troupes de Syrie se rangèrent auprès de lui pour combattre à ses côtés. Il vint à Ascalon et les habitants le reçurent en grande pompe. [— Transeuphratène : voir la note sur 1 M 7.8. Ici ce terme désigne plus précisément la Cœlésyrie (voir la note sur 2 M 3.5).
— Ascalon : voir la note sur 1 M 10.86.]61 De là, il partit pour Gaza, mais les portes de la ville se fermèrent. Il l'assiégea, incendia les environs et se livra au pillage. [— Gaza : ancienne cité philistine (voir 1 S 6.17), qui était devenue un centre hellénistique particulièrement hostile aux Juifs.]62 Les gens de Gaza supplièrent Jonathan : il leur tendit la main droite, mais prit comme otages les fils de leurs chefs qu'il envoya à Jérusalem. Il parcourut ensuite la région jusqu'à Damas. [— Voir la note sur 1 M 6.58.]
63 Jonathan apprit que les généraux de Démétrius se trouvaient près de Kédès de Galilée avec une nombreuse armée, afin de le démettre de ses fonctions. [— Kédès : l'ancienne Qadesh de Nephtali (voir Jos 12.22), à 36 km au sud-est de Tyr.]64 Il se porta à leur rencontre ; il avait laissé son frère Simon dans le pays. 65 Ce dernier prit position devant Bethsour et la combattit pendant de longs jours, lui imposant le blocus. [— Bethsour : voir la note sur 1 M 4.29.]66 Les habitants lui demandèrent d'accepter leur main droite, ce qu'il fit. Toutefois, leur ayant fait évacuer la ville, il occupa les lieux et y plaça une garnison. 67 Quant à Jonathan et à son armée, ils avaient pris position au-dessus des eaux de Gennésar et, de bon matin, ils arrivèrent dans la plaine d'Asôr. [— les eaux de Gennésar (ou Gennésareth, voir Lc 5.1) : le lac de Kinnéreth, appelé aussi mer de Galilée ou de Tibériade (voir Jn 6.1).
— Asôr (ou Haçor, voir Jos 11.10) : importante forteresse située à une dizaine de km au nord du lac.]68 Et voici que l'armée des étrangers s'avançait à leur rencontre dans la plaine, mais ils avaient embusqué un détachement dans les collines. 69 D'en face, Jonathan fit mouvement. L'embuscade surgit alors de sa position, et le combat s'engagea. 70 Tous les soldats de Jonathan prirent la fuite, pas un ne resta, à l'exception de deux chefs de ses troupes, Mattathias, fils d'Absalom, et Judas, fils de Khalphi. [— Absalom 1 M 13.11 ; 2 M 11.17.]71 Jonathan déchira ses vêtements, répandit de la terre sur sa tête et pria. 72 Puis il engagea le combat contre eux, il les mit en déroute et ils s'enfuirent. 73 Voyant cela, les fuyards de son camp le rallièrent et ils firent la poursuite avec lui jusqu'à Kédès, jusqu'au camp ennemi, et ils campèrent là. 74 En ce jour-là, parmi les étrangers, trois mille hommes environ tombèrent et Jonathan retourna à Jérusalem.
Jonathan renouvelle l'alliance avec Rome
12 Jonathan, voyant que la conjoncture lui était favorable, choisit des hommes qu'il envoya à Rome pour confirmer et renouveler l'amitié avec les Romains. [— Ambassade à Rome voir 1 M 8.17-32.]2 Il adressa encore des lettres analogues à Sparte et ailleurs. [— la ville de Sparte, dans le Péloponnèse, était en train de reprendre une certaine importance politique.
— ailleurs : les autres missions auront lieu après la mission à Rome (voir 1 M 15.15), sur le chemin du retour.]3 Ils allèrent donc à Rome, furent introduits au Sénat où ils s'exprimèrent en ces termes : « Jonathan, le grand prêtre, et la nation des Juifs nous ont envoyés renouveler l'amitié et l'alliance avec eux comme elle existait antérieurement. » 4 Le Sénat leur donna des lettres pour les autorités de chaque pays, afin qu'ils soient acheminés en paix vers le pays de Juda.
5 Voici la copie de la lettre de Jonathan aux Spartiates :
6 « Jonathan, grand prêtre, le Sénat de la nation, les prêtres et le reste du peuple juif, aux Spartiates leurs frères, salut. [— le Sénat de la nation : il s'agit de la traditionnelle assemblée des anciens (voir v. 35 ; 1 M 13.36 ; 14.20,28), mais Jonathan parle à des Grecs et emploie les termes qui correspondent à leurs institutions.
— leurs frères v. 21 ; 2 M 5.9 ; voir 1 M 14.40.]7 Autrefois déjà, une lettre fut envoyée au grand prêtre Onias de la part d'Aréios qui régnait sur vous, attestant que vous êtes nos frères, comme en témoigne la copie ci-dessous. [— la lettre aurait été envoyée par Aréios Ier, le plus connu des rois de Sparte (309-265), au premier Onias, ancêtre de la famille sacerdotale des Oniades ; mais on n'en connaît pas d'autre témoignage (voir la note sur le v. 21).]8 Onias reçut l'émissaire avec honneur et prit la lettre où il était clairement question d'alliance et d'amitié. 9 Ainsi nous, quoique n'ayant pas besoin de ces choses — les livres saints qui sont entre nos mains sont en effet notre consolation — , 10 nous avons tenté d'envoyer quelqu'un renouveler l'alliance et l'amitié, avant que nous ne devenions des étrangers pour vous, car beaucoup d'années ont passé depuis que vous nous avez envoyé une délégation. 11 Nous ne cessons, en tout temps, de nous souvenir de vous aux fêtes et aux autres jours fériés, dans les sacrifices et les prières, ainsi qu'il est juste et convenable à l'égard de frères. 12 Nous nous réjouissons de votre gloire. 13 Quant à nous, nous avons été assaillis d'épreuves et de guerres, et les rois d'alentour nous ont combattus. 14 Nous n'avons pas voulu vous importuner, vous et nos autres alliés et amis, à propos de ces guerres. 15 Pour nous aider, nous avons en effet un secours qui nous vient du Ciel et nous avons été délivrés de nos ennemis, et ceux-ci ont été humiliés. 16 Nous avons donc choisi Numénius, fils d'Antiochus, et Antipater, fils de Jason, et nous les avons envoyés auprès des Romains pour renouveler avec eux notre amitié et notre alliance antérieures. [— Numénius et Antipater 1 M 14.22 ; 15.15.
— Jason 1 M 8.17.]17 Nous leur avons aussi enjoint d'aller chez vous, de vous saluer et de vous remettre notre lettre au sujet du renouvellement de l'alliance et de nos liens de fraternité. 18 Veuillez donc nous répondre à ce sujet. »
19 Voici la copie de la lettre envoyée à Onias : 20 « Aréios, roi des Spartiates, à Onias, grand prêtre, salut. 21 On a découvert dans un texte sur les Spartiates et les Juifs qu'ils sont frères et qu'ils sont de la race d'Abraham. [— letexte sur les Spartiates et les Juifs peut venir de la colonie juive de Sparte.
— qu'ils sont frères... d'Abraham v. 6+ ; voir la note sur 2 M 5.9.]22 Maintenant que nous savons cela, il serait bon de nous écrire au sujet de votre prospérité. 23 Nous vous répondons quant à nous : vos troupeaux et vos biens sont à nous et les nôtres seront les vôtres. En conséquence, nous ordonnons que cela vous soit annoncé. »
Campagnes de Jonathan en Cœlésyrie et de Simon en Philistie
24 Jonathan apprit que les généraux de Démétrius étaient réapparus avec des troupes plus nombreuses qu'auparavant pour le combattre. 25 Il partit pour Jérusalem et se porta à leur rencontre vers le pays de Hamath, car il ne leur donna pas le loisir de pénétrer dans son pays. [— le pays de Hamath, ou district d'Apamène, se trouvait à la limite nord-est de la Cœlésyrie (voir la note sur 2 M 3.5).]26 Il envoya des espions dans leur camp ; ceux-ci revinrent et l'informèrent que les ennemis s'apprêtaient à fondre sur eux de nuit. 27 Au coucher du soleil, Jonathan ordonna aux siens de veiller et de garder les armes à portée de la main, prêts au combat pendant toute la nuit. Il disposa aussi des avant-postes tout autour du camp. 28 Apprenant que Jonathan et les siens étaient prêts au combat, les adversaires eurent peur et, le cœur plein d'effroi, allumèrent des feux dans leur camp. 29 Mais Jonathan et les siens ne s'aperçurent de leur départ qu'au matin, car ils voyaient les feux. 30 Jonathan se lança à leur poursuite sans les atteindre, car ils avaient franchi le fleuve Eleuthère. [— Elethère : voir la note sur 1 M 11.7.]
31 Jonathan se tourna alors contre les Arabes appelés Zabadéens. Il les battit et s'empara de leurs dépouilles. [— Tribu habitant la région comprise entre l'Anti-Liban et Damas, où se trouve encore aujourd'hui la ville de Zebdani.]32 Ayant levé le camp, il vint à Damas et parcourut toute la région. 33 Simon, lui aussi, se mit en marche et s'avança jusqu'à Ascalon et aux places fortes voisines. Il se rabattit ensuite vers Joppé et l'occupa à titre préventif. [— Ascalon : voir la note sur 1 M 10.86.
— Joppé : voir la note sur 2 M 12.3.]34 Il avait appris en effet que les habitants voulaient livrer la forteresse aux gens de Démétrius. Il y installa une garnison pour la garder.
Jonathan fortifie Jérusalem
35 A son retour, Jonathan réunit les anciens du peuple et décida avec eux de bâtir des forteresses en Judée, 36 de surélever les remparts de Jérusalem, d'élever une séparation entre la Citadelle et la ville, afin de l'isoler et pour que les gens de Démétrius ne puissent ni acheter ni vendre. [— la Citadelle (voir la note sur 1 M 1.33) était toujours aux mains des partisans de Démétrius II (voir 1 M 11.20 et la note).
— surélever les remparts 1 M 10.11 ; voir 1 M 6.62.
— isoler la Citadelle 1 M 6.20+.]37 Ils se rassemblèrent pour rebâtir la ville, car une partie du rempart du torrent à l'est de la ville était tombée ; on remit aussi en état le quartier appelé Khaphenatha. [— le rempart du torrent : celui qui surplombe le Cédron.
— Khaphenatha : terme araméen qui désigne probablement le nouveau quartier (voir 2 R 22.14) ou ville neuve (voir So 1.10), au nord-ouest du temple.]38 Simon rebâtit Adida dans le Bas-Pays, il la fortifia et la dota de portes munies de verrous.[— Adida (ou Hadid, voir Esd 2.33) : à 6 km au nord-est de Lydda (voir la note sur 1 M 11.34), à la limite est de la plaine côtière (voir 1 M 13.13) ou Bas-Pays.]
Jonathan tombe aux mains de Tryphon
39 Tryphon cherchait à régner sur l'Asie, à ceindre le diadème et à porter la main contre le roi Antiochus. [— Tryphon : voir la note sur 1 M 11.39.
— Asie : ici, le royaume séleucide (voir la note sur 1 M 1.8).
— diadème : voir la note sur 1 M 8.14.
— Antiochus VI, fils d'Alexandre Balas.]40 Craignant que Jonathan ne le laisse pas faire et ne l'attaque, il cherchait le moyen de se saisir de lui et de le faire périr. Il partit et vint à Bethsân. [— Bethsân : voir la note sur 2 M 12.29.]41 Accompagné de quarante mille hommes d'élite, Jonathan se porta à sa rencontre et vint à Bethsân. 42 Voyant qu'il était venu avec une armée nombreuse, Tryphon se garda de mettre la main sur lui. 43 Il le reçut avec honneur, le présenta à tous ses amis, lui offrit des présents et ordonna à tous ses amis et à ses troupes d'obéir à Jonathan comme à lui-même. 44 Il dit à Jonathan : « Pourquoi avoir imposé des fatigues à tous ces gens, alors qu'aucune guerre ne nous menace ? 45 Renvoie-les donc dans leurs foyers, choisis quelques hommes pour t'escorter et viens avec moi à Ptolémaïs. Je te livrerai cette ville et les autres forteresses, le reste des troupes et tous les fonctionnaires, puis je m'en retournerai, car c'est pour cela que je suis ici. » [— Voir la note sur 1 M 5.15.]46 Se fiant à lui, Jonathan agit comme il avait dit : il renvoya son armée qui repartit pour le pays de Juda. 47 Il garda avec lui trois mille hommes dont il détacha deux mille en Galilée ; les mille autres l'accompagnèrent. 48 Mais quand Jonathan fut entré dans Ptolémaïs, les habitants fermèrent les portes, se saisirent de lui et tuèrent par l'épée tous ceux qui étaient entrés avec lui. 49 Tryphon envoya des troupes et de la cavalerie en Galilée et dans la Grande Plaine, pour faire périr tous les partisans de Jonathan. [— Entre Bethsân et le Jourdain (voir 1 M 5.52).]50 Ceux-ci comprirent qu'il avait été appréhendé et qu'il était perdu ainsi que ses compagnons. Ils s'encouragèrent mutuellement et s'avancèrent en rangs serrés, prêts au combat. 51 Leurs poursuivants, voyant qu'ils luttaient pour leur vie, s'en retournèrent. 52 Ils arrivèrent tous en paix en Judée, ils pleurèrent Jonathan et ses compagnons et ils éprouvèrent une grande crainte. Tout Israël mena un grand deuil. [— Hébraïsme signifiant sain et sauf.]53 Toutes les nations d'alentour cherchèrent à les anéantir. « Ils n'ont ni chef ni soutien, disaient-ils, attaquons-les donc maintenant, et nous effacerons d'entre les hommes leur souvenir. »
Simon succède à Jonathan
13 Simon apprit que Tryphon avait réuni une grande armée pour se rendre au pays de Juda et le ravager. [— Simon : frère aîné de Jonathan (voir 1 M 2.1-5).
— Tryphon : voir la note sur 1 M 11.39.]2 Voyant le peuple tremblant de peur, il monta à Jérusalem, rassembla le peuple 3 et le rassura en leur disant : « Vous savez bien tout ce que moi, mes frères et la maison de mon père, avons accompli pour les lois et le sanctuaire ainsi que les combats et les détresses que nous avons connus. 4 C'est pour cela que tous mes frères sont morts pour Israël, et moi je suis resté seul. [— 1 R 19.10,14 ; Rm 11.3.]5 Loin de moi la pensée de sauver ma vie, quel que soit ce temps de détresse. Je ne suis pas meilleur que mes frères. 6 Mais plutôt, je vengerai ma nation, le sanctuaire, vos femmes et vos enfants, parce que toutes les nations, poussées par la haine, se sont coalisées pour nous anéantir. » 7 En entendant ces paroles, l'esprit du peuple se ranima, 8 et ils répondirent d'une voix forte : « Tu es notre chef à la place de Judas et de Jonathan ton frère. [— Voir 1 M 9.30.]9 Dirige notre combat, et nous ferons tout ce que tu nous diras. » 10 Il rassembla tous les hommes de guerre, il se hâta d'achever les murailles de Jérusalem et la fortifia tout autour. 11 Il envoya à Joppé Jonathan, fils d'Absalom, accompagné d'une troupe importante. Celui-ci en chassa les habitants et s'y établit.[— Joppé (voir la note sur 2 M 12.3) avait été prise par Simon (voir 1 M 12.33-34).
— Jonathan fils d'Absalom : sans doute le frère du Mattathias mentionné au ch. 11 (voir 1 M 11.70).]
Simon repousse Tryphon, qui tue Jonathan
12 Tryphon quitta Ptolémaïs avec une armée nombreuse pour pénétrer dans le pays de Juda, emmenant avec lui Jonathan captif. [— Tryphon : voir la note sur 1 M 11.39.
— Ptolémaïs : voir la note sur 1 M 5.15.]13 Simon vint établir son camp à Adida, en face de la plaine. [— Adida : voir la note sur 1 M 12.38.]14 Apprenant que Simon avait pris la relève de son frère et qu'il s'apprêtait à lui livrer bataille, Tryphon lui envoya des messagers pour lui dire : 15 « C'est à cause de l'argent dû au trésor royal par ton frère Jonathan, en raison des fonctions qu'il exerçait, que nous le détenons. 16 Envoie maintenant cent talents d'argent et deux de ses fils comme otages, de peur que, une fois relâché, il ne fasse défection. En suite de quoi, nous le relâcherons. » [— Voir au glossaire MONNAIES.]17 Tout en connaissant la perfidie de ces paroles, Simon envoya chercher l'argent et les enfants, de peur de s'attirer une grande hostilité de la part du peuple. 18 « C'est parce que je ne lui ai pas envoyé l'argent et les enfants — auraient-ils dit — que Jonathan a péri. » 19 Il envoya donc les enfants et les cent talents mais Tryphon le trompa et ne relâcha pas Jonathan. 20 Après cela, Tryphon se mit en marche pour envahir la région et la ravager. Il fit un détour par le chemin d'Adora, mais Simon et son armée ne cessaient de le talonner. [— Adora (ou Adoraïm, voir 2 Ch 11.9) : aujourd'hui Dûra, à 8 km à l'est d'Hébron. Tryphon suit le même itinéraire que Lysias (voir 1 M 4.29 ; 6.31 et les notes).]21 Cependant, ceux de la Citadelle envoyèrent à Tryphon des messagers, le pressant de les rejoindre par le désert et de leur envoyer des vivres. [— Voir les notes sur 1 M 1.33 ; 12.36.]22 Tryphon prépara alors toute sa cavalerie pour s'y rendre, mais il tomba cette nuit-là une neige abondante, et il ne put y aller. Il partit et se dirigea vers le pays de Galaad. [— neige : cet épisode doit se situer au début de l'hiver 143-142 av. J.C.
— Galaad est très probablement une erreur de transcription : il faudrait lire Galilée à cause de la mention de Baskama (voir v. 23 et la note).]23 Il tua Jonathan aux approches de Baskama, et on l'y enterra. [— Baskama est la contraction de Beth-Seqma (« la maison du sycomore »), aujourd'hui Tel-es-Semak, à la pointe du Carmel. Tryphon a sans doute exécuté Jonathan juste avant de se rembarquer.]24 Puis Tryphon s'en retourna dans son pays.
25 Simon envoya recueillir les ossements de Jonathan son frère et les déposa dans le tombeau de Modîn, ville de ses pères. [— tombeau de Modîn 1 M 2.1 et la note ; 1 M 2.70 ; 9.19.
— de ses pères ou de ses ancêtres.]26 Tout Israël mena sur lui un grand deuil et se lamenta pendant de longs jours. 27 Simon suréleva le tombeau de son père et de ses frères pour qu'il soit visible de loin — l'appareil, tant par derrière qu'en façade, était en pierre polie — 28 et il dressa sept pyramides l'une à côté de l'autre, pour son père, pour sa mère et pour ses quatre frères. [— Ces pyramides bâties sur un socle couronnaient le mausolée ; elles sont caractéristiques de l'art funéraire de l'époque, de même que les colonnes et les frises sculptées (v. 29).]29 Il les entoura d'un ouvrage fait de hautes colonnes et, par dessus, en souvenir éternel, des panoplies flanquées de navires sculptés en relief, pour être vus de tous ceux qui naviguent sur la mer. 30 Tel est, jusqu'à ce jour, ce mausolée qu'il fit à Modîn.
Démétrius II confirme la charte avec les Juifs
31 Or Tryphon, agissant perfidement à l'égard du jeune roi Antiochus, le tua. [— Tryphon : voir la note sur 1 M 11.39.
— Antiochus VI, fils d'Alexandre Balas (voir 1 M 11.39).]32 Il régna à sa place, ceignit le diadème de l'Asie et infligea de grands maux au pays. [— diadème : voir la note sur 1 M 8.14.
— l'Asie : voir la note sur 1 M 12.39.]33 Simon rebâtit les forteresses de Judée, les entoura de hautes tours, de remparts imposants, munis de portes et de verrous. Dans ces forteresses, il entreposa des vivres. 34 Ensuite Simon envoya demander au roi Démétrius une remise d'impôts pour le pays, parce que Tryphon n'avait fait que piller. 35 Le roi Démétrius lui fit tenir une réponse conforme à ces paroles et lui écrivit la lettre suivante :
36 « Le roi Démétrius à Simon, grand prêtre et ami des rois, aux anciens et à la nation des Juifs, salut. [— ami des rois : voir la note sur 1 M 2.18.]37 Nous avons reçu la couronne d'or et la palme que vous nous avez envoyées, nous sommes disposés à conclure avec vous une paix complète, et à prescrire aux fonctionnaires de vous consentir des abattements. [— Voir la note sur 1 M 10.29.]38 Tout ce que nous avons décidé à votre égard est confirmé, et les forteresses que vous avez bâties vous appartiennent. [— 1 M 11.29-37 ; voir 1 M 15.5.]39 Nous vous faisons grâce des erreurs et des délits commis jusqu'à ce jour, ainsi que de la couronne que vous devez et, si quelque autre droit était perçu à Jérusalem, qu'il ne soit plus exigé. [— 1 M 10.31.]40 Si quelques-uns d'entre vous sont aptes à s'enrôler dans notre garde du corps, qu'ils se fassent inscrire et qu'il y ait la paix entre nous. »
41 L'an cent soixante-dix, le joug des nations fut ôté d'Israël [— En 142 av. J.C. (voir la note sur 1 M 1.10).]42 et le peuple commença à dater les actes et les contrats de « l'an un de Simon, grand prêtre, stratège et chef des Juifs ».[— stratège : voir la note sur 2 M 3.5.]
Simon prend Gazara et la Citadelle de Jérusalem
43 En ces jours-là, Simon mit le siège devant Gazara et, l'investissant de tous côtés, il construisit une tour roulante, l'amena contre la ville, pilonna une des tours et s'en empara. [— Gazara : voir la note sur 1 M 4.15.]44 Les gens sautèrent depuis la tour dans la place, ce qui répandit la panique. 45 Les habitants de la ville, leurs femmes et leurs enfants montèrent sur le rempart, déchirant leurs vêtements et, à grands cris, demandant à Simon de leur tendre la main droite. [— Voir la note sur 1 M 6.58.]46 « Ne nous traite pas, disaient-ils, selon notre méchanceté, mais selon ta miséricorde. » 47 Simon fit un arrangement avec eux et ne les combattit pas. Mais il les chassa de la ville, purifia les maisons qui contenaient des idoles et alors il fit son entrée au chant des hymnes et des bénédictions. 48 Il en bannit toute impureté, il y établit des hommes qui pratiquaient la Loi. Il la fortifia et s'y fit construire une résidence.
49 Ceux de la Citadelle de Jérusalem, empêchés d'aller et venir dans la région pour acheter et vendre, souffrirent beaucoup de la faim, et la famine fit des victimes. [— Citadelle : voir les notes sur 1 M 1.33 et 1 M 12.36.
— empêchés d'aller et venir 1 M 12.36 ; voir 1 M 6.20+.]50 Ils crièrent à Simon d'accepter leur main droite, ce qu'il fit. Il les chassa de ce lieu et purifia la Citadelle de ses souillures. 51 Ils y entrèrent le vingt-trois du deuxième mois de l'an cent soixante et onze avec des acclamations et des palmes, au son des lyres et des cymbales, des cithares, des hymnes et des chants, car un grand ennemi avait été extirpé d'Israël. [— C'est-à-dire le 4 juin 141 av. J.C. L'occupation de la Citadelle de Jérusalem par une garnison séleucide avait duré 26 ans.
— chants et musiques d'acclamation 1 Ch 15.16,28 ; 2 Ch 5.13.]52 Simon ordonna de célébrer chaque année ce jour-là avec allégresse. Il fortifia la montagne du sanctuaire face à la Citadelle et il habita là avec les siens. [— C'est-à-dire la partie occidentale de la colline qui porte le temple.]53 Simon vit que Jean son fils était vraiment un homme. Il l'établit chef de toutes les troupes ; il résidait à Gazara.
Mort de Démétrius II, éloge de Simon
14 En l'an cent soixante-douze, le roi Démétrius rassembla son armée et partit pour la Médie chercher de l'aide pour pouvoir combattre Tryphon. [— l'an cent soixante-douze : d'octobre 141 à septembre 140 av. J.C. (voir la note sur 1 M 1.10).
— la Médie, ainsi que la Perse (v. 2), avaient fait partie de l'Empire d'Alexandre le Grand, mais Démétrius Ier les avait perdues.
— Tryphon : voir la note sur 1 M 11.39.]2 Ayant appris que Démétrius avait pénétré sur son territoire, Arsace, roi de Perse et de Médie, envoya l'un de ses généraux pour le prendre vivant. [— Arsace VI, connu aussi sous le nom de Mithridate Ier, est le fondateur de l'Empire parthe. C'est en 139 av. J.C. qu'il captura Démétrius II.]3 Celui-ci partit, battit l'armée de Démétrius, le captura et l'amena à Arsace qui le mit en prison.
4 Le pays fut en repos durant tout le règne de Simon
et il cherchait le bien de la nation.
Son autorité fut agréée des siens
et sa magnificence durant tous ses jours. [— le pays fut en repos 1 M 1.3+.]
5 Il ajouta à sa gloire la prise de Joppé ;
il en fit son port et s'ouvrit une voie vers les îles. [— prise de Joppé 1 M 12.33 ; 14.34 ; voir la note sur 2 M 12.3.
— Les îles : c'est-à-dire ici, de façon générale, les pays lointains (voir Es 40.15 et la note).]
6 Il élargit les frontières de sa nation,
tint fermement le pays
7 et regroupa de nombreux captifs.
Il se rendit maître de Gazara, de Bethsour et de la Citadelle
et en extirpa toute impureté.
Et personne ne put lui résister. [— captifs : il s'agit des Juifs isolés à l'étranger (voir 1 M 3.9 et la note).
— Prise de Gazara (1 M 4.15 et la note) et de la Citadelle (1 M 1.33 et la note) 1 M 13.43-48,49-53 ; 14.34,36-37 ; de Bethsour (1 M 4.29 et la note) 1 M 11.65-66 ; 14.33. Ce sont les trois principales forteresses séleucides du pays.
— impureté : ce terme désigne ici les idoles ou les traces des cultes païens.]
8 On cultivait sa terre en paix,
le sol donnait ses produits
et les arbres des plaines leurs fruits. [— Lv 26.4-5.]
9 Les anciens, assis sur les places,
ne parlaient que prospérité.
Les jeunes gens revêtaient habits de parade et splendides armures. [— Za 8.4.]
10 Il approvisionna les villes
et les munit d'ouvrages fortifiés :
ainsi son nom glorieux fut nommé jusqu'aux extrémités de la terre.
11 Il fit la paix dans le pays
et grande fut la joie d'Israël.
12 Chacun s'assit sous sa vigne et son figuier
et il n'y avait personne pour les effrayer. [— 1 R 5.5 ; Mi 4.4 ; Za 3.10.]
13 Tout agresseur disparut de leur terre
et les rois furent écrasés en ces jours.
14 Il affermit tous les humbles de son peuple.
Il observa la Loi et supprima tout impie et tout méchant. [— les rois sont écrasés, les humbles affermis 2 S 22.28 ; Ps 18.28 ; Si 10.14 ; Lc 1.52.]
15 Il couvrit de gloire le sanctuaire
et l'enrichit de vases nombreux.
Sparte envoie une lettre à Simon. Ambassade à Rome
16 On apprit à Rome et jusqu'à Sparte que Jonathan était mort et on en fut très affligé. [— Sparte : voir 1 M 12.2 et la note.]17 Mais lorsqu'ils surent que son frère Simon était devenu grand prêtre à sa place, qu'il était maître de la campagne et des villes, 18 ils firent graver sur des tablettes de bronze le renouvellement de l'amitié et de l'alliance conclues jadis avec Judas et Jonathan ses frères. [— tables de bronze 1 M 8.22+.
— Ce renouvellement d'alliance a dû être sollicité par Simon, par l'intermédiaire de Numénius (voir v. 22,24). Il date de 142 av. J.C. (voir 1 M 15.16 et la note).]19 Lecture en fut donnée devant l'assemblée à Jérusalem. 20 Voici la copie de la lettre qu'envoyèrent les Spartiates :
« Les magistrats et la ville de Sparte à Simon, grand prêtre, et aux anciens, aux prêtres et au reste du peuple des Juifs, leurs frères, salut. 21 Les ambassadeurs envoyés auprès de notre peuple nous ont appris votre gloire et votre prestige, et nous nous sommes réjouis de leur venue. 22 Nous avons enregistré leurs déclarations parmi les décisions du peuple : Numénius, fils d'Antiochus, et Antipater, fils de Jason, ambassadeurs des Juifs, sont venus chez nous pour renouveler l'amitié avec nous. [— Numénius et Antipater 1 M 12.16+.]23 Il a plu au peuple de recevoir ces hommes avec honneur et de déposer la copie de leur discours aux archives publiques, afin que le peuple de Sparte en garde le souvenir. D'autre part, une copie a été exécutée à l'intention de Simon le grand prêtre. »
24 Après cela, Simon envoya Numénius à Rome avec un grand bouclier d'or pesant mille mines, pour confirmer l'alliance avec eux.[— Après cela... : en fait, l'ambassade de Numénius à Rome est probablement antérieure aux lettres des Romains et des Spartiates (voir v. 18 ; 1 M 15.16 et les notes).
— mille mines (voir au glossaire MONNAIES) : il s'agit ici non du poids du bouclier (ce qui ferait environ 500 kg) mais de sa valeur calculée en mines d'argent (voir 1 M 15.18 et la note).]
Décret de l'Assemblée en l'honneur de Simon
25 Apprenant ces événements, le peuple dit : « Quel témoignage de reconnaissance donnerons-nous à Simon et à ses fils, 26 car lui et ses frères et toute la maison de son père se sont montrés fermes. Il repoussa par les armes les ennemis d'Israël et fit accéder le peuple à la liberté. » Ils gravèrent une inscription sur des tables de bronze qu'ils scellèrent sur des stèles au mont Sion. [— tables de bronze 1 M 8.22+.
— au mont Sion : la colline du temple. Les stèles étaient dressées dans le parvis du temple (voir v. 48).]27 Voici la copie du texte :
« Le dix-huit Eloul de l'an cent soixante-douze, qui est la troisième année de Simon, grand prêtre éminent en Asaramel, [— le13 septembre 140 av. J.C. ; Eloul : voir au glossaire CALENDRIER.
— Asaramel : transcription d'une expression hébraïque qui signifie « le parvis du peuple de Dieu » ; ce terme désigne la cour extérieure du sanctuaire (voir v. 48 ; 1 M 9.54).]28 en la grande assemblée des prêtres, du peuple, des chefs de la nation et des anciens du pays, on nous a notifié ceci : 29 Pendant les guerres fréquentes survenues dans la région, Simon, fils de Mattathias, descendant des fils de Ioarib, et ses frères se sont exposés au danger et se sont dressés contre les ennemis de leur nation, afin que soient maintenus leur sanctuaire et la Loi, et ils ont ainsi couvert leur nation d'une grande gloire. [— Ioarib : voir la note sur 1 M 2.1.]30 Jonathan rassembla sa nation et devint leur grand prêtre, puis il alla rejoindre son peuple. [— Expression archaïque signifiant mourir (voir Gn 25.8 et la note ; 1 M 49.29).]31 Les ennemis des Juifs voulurent envahir leur pays pour le ravager et porter la main sur leur sanctuaire. 32 Alors Simon se leva et combattit pour sa nation. Il dépensa une grande partie de ses biens, il équipa les hommes de l'armée nationale et pourvut à leur solde. 33 Il fortifia les villes de Judée et Bethsour, ville frontière qui était auparavant l'arsenal ennemi ; il y mit une garnison de guerriers juifs. [— Bethsour : voir la note sur 1 M 4.29.]34 Il fortifia Joppé sur la mer, Gazara aux confins d'Azôtos, habitée autrefois par les ennemis ; il y installa des Juifs et y entreposa tout ce qui était nécessaire à leur entretien. [— Joppé : voir la note sur 2 M 12.3.
— Gazara : voir la note sur 1 M 4.15.
— Azôtos (voir 5.68 et la note) désigne ici le district de la Zone Maritime.]35 Le peuple vit la fidélité de Simon et la gloire qu'il avait décidé de donner à sa nation ; ils l'établirent leur chef et grand prêtre à cause de tout ce qu'il avait fait, de la justice et de la foi qu'il garda envers sa nation, et parce que l'élévation de son peuple fut sa préoccupation constante. 36 Pendant les jours de Simon, celui-ci réussit à extirper les païens du territoire ainsi que ceux qui étaient dans la Cité de David à Jérusalem, où ils s'étaient fait une citadelle : de là, ils opéraient des sorties pour souiller les abords du sanctuaire et attenter gravement à sa sainteté. [— Voir la note sur 1 M 1.33.]37 Il installa en ce lieu des soldats juifs et le fortifia pour la sécurité du pays et de la ville, et il suréleva les murailles de Jérusalem.
38 « A la suite de cela, le roi Démétrius lui confirma le pontificat, [— pontificat : dignité de grand prêtre.]39 il le mit au nombre de ses amis et le couvrit d'honneurs. [— amis (du roi) : voir la note sur 1 M 2.18.]40 Il avait appris en effet que les Romains traitaient les Juifs d'amis, d'alliés et de frères, qu'ils avaient reçu avec honneur les ambassadeurs de Simon [— frères voir 1 M 12.6+.]41 et que les Juifs et les prêtres avaient jugé bon de nommer Simon chef et grand prêtre à perpétuité jusqu'à ce que se lève un prophète fidèle, [— 1 M 4.46+.]42 de le nommer stratège et responsable du sanctuaire, chargé de nommer les chefs de travaux, les préposés à l'administration du pays et les responsables de l'armement et des forts, [— stratège : voir la note sur 2 M 3.5.]43 - responsable du sanctuaire — , devant être obéi de tous, promulguant que tous les actes du pays fussent rédigés en son nom, qu'il fût revêtu de la pourpre et d'insignes d'or. [— pourpre : voir la note sur 2 M 4.38.
— insignes d'or : en particulier l'agrafe d'or, voir 1 M 10.89 et la note.]44 Personne parmi le peuple et parmi les prêtres ne doit contrevenir à aucune de ces dispositions, ni contredire ses ordres, ni tenir une réunion dans le pays sans son autorisation, ni revêtir la pourpre ou porter une agrafe d'or. 45 Tout contrevenant à ces dispositions sera passible de sanction. 46 Tout le peuple fut d'avis d'accorder à Simon ces prérogatives. 47 Simon accepta et consentit à exercer le pontificat, à être stratège et ethnarque des Juifs et des prêtres, et à être à la tête de tous. [— ethnarque : titre courant à cette époque pour désigner un chef national (voir 1 M 13.42).]
48 « Ils décidèrent que ce texte serait gravé sur des tables de bronze, qu'il serait placé en évidence dans l'enceinte du sanctuaire, [— tables de bronze 1 M 8.22+.]49 et que des copies seraient déposées dans le trésor à la disposition de Simon et de ses fils. »[— C'est-à-dire la salle du trésor du temple.]
Lettre d'Antiochus VII à Simon
15 Antiochus, fils du roi Démétrius, envoya une lettre depuis les îles à Simon, prêtre et ethnarque des Juifs, et à toute la nation. [— Antiochus VIII Sidétès (138-129 av. J.C.), fils de Démétrius Ier et frère de Démétrius II (voir 1 M 14.1-3).
— les îles (voir 1 M 11.38 ; 14.5 et les notes) : ici Rhodes.
— ethnarque : voir la note sur 1 M 14.47.]2 Elle était rédigée en ces termes :
« Le roi Antiochus à Simon, grand prêtre, ethnarque, et à la nation des Juifs, salut. 3 Puisque des gens pernicieux se sont emparés du royaume de mes pères, j'airevendiqué le royaume pour le rétablir tel qu'il était auparavant. A cet effet, j'ai recruté des troupes nombreuses et j'ai armé des bateaux de guerre 4 dans le but d'opérer un débarquement dans le pays et de poursuivre ceux qui ont ruiné notre pays et dévasté beaucoup de villes de mon royaume. 5 Maintenant, je te confirme toutes les remises consenties par les rois mes prédécesseurs et la dispense de tous les autres dons qu'ils t'ont accordée. [— 1 M 10.28-32 ; 11.35.]6 Je te concède le privilège de frapper ta monnaie, ayant cours dans ton pays ; 7 Jérusalem et le sanctuaire sont libres. Toutes les armes dont tu t'es muni, les forteresses que tu as bâties et que tu occupes, demeurent ta propriété. 8 Toutes tes dettes présentes et futures envers le trésor royal te sont remises dès maintenant et pour toujours. 9 Quand nous aurons rétabli notre royauté, nous te décernerons, ainsi qu'à ton peuple et au sanctuaire, de tels honneurs que votre gloire deviendra manifeste au monde entier. »
Antiochus VII assiège Tryphon à Dôra
10 L'an cent soixante-quatorze, Antiochus partit pour le pays de ses pères, et toutes les troupes se rallièrent à lui, si bien qu'il resta peu de monde avec Tryphon. [— L'an cent soixante-quatorze : en 139 av. J.C., à l'automne.
— le pays de ses pères : c'est-à-dire la région d'Antioche, capitale de l'Empire séleucide (voir la note sur 1 M 1.8).
— Tryphon : voir la note sur 1 M 11.39.]11 Antiochus se mit à sa poursuite, et Tryphon s'enfuit à Dôra qui est sur la mer, [— Ou Dor, voir Jos 11.2 : au sud du Carmel.]12 car il se rendait bien compte que les malheurs s'accumulaient et que ses troupes l'avaient abandonné. 13 Antiochus vint camper devant Dôra avec cent vingt mille combattants et huit mille cavaliers. 14 Il cerna la ville, et les bateaux se concentrèrent devant elle, ce blocus terrestre et maritime ne laissant personne entrer ou sortir.
L'ambassade juive revient de Rome, qui renouvelle son alliance
15 Numénius et ses compagnons s'en vinrent de Rome, porteurs des lettres adressées aux rois et aux pays et libellées en ces termes : [— Ce v. reprend la suite du récit interrompu en 1 M 14.24.
— Numénius 1 M 12.16+.]16 « Lucius, consul des Romains, au roi Ptolémée, salut. [— Lucius Metellus fut consul en 142 av. J.C., de sorte que cette lettre se situe avant les événements rapportés au début du ch. (voir v. 10 ; 1 M 14.18,24 et les notes).
— Ptolémée VII Physcon, roi d'Egypte.]17 Les ambassadeurs des Juifs envoyés par le grand prêtre Simon et le peuple des Juifs sont venus chez nous comme amis et alliés pour renouveler l'amitié et l'alliance de jadis. 18 Ils ont apporté un bouclier d'or de mille mines. [— C'est-à-dire valant mille mines (d'argent), ce qui équivaut à un poids d'or de 44 kg (voir 1 M 14.24 et la note).]19 C'est pourquoi il nous a plu d'écrire aux rois et aux pays de ne pas leur chercher noise, de ne pas les combattre, eux, leurs villes ou leur pays, et de ne pas s'allier à ceux qui les combattraient. 20 Nous avons aussi décidé d'accepter de leur part le bouclier. 21 Si donc des éléments pernicieux ont fui leur pays pour se rendre auprès de vous, livrez-les au grand prêtre Simon, pour qu'il les châtie selon leur loi. »
22 La même lettre fut adressée au roi Démétrius, à Attale, à Ariarathe, à Arsace [— Démétrius II était prisonnier des Parthes (voir 1 M 14.2) mais le consul l'ignorait.
— Attale II : roi de Pergame (petit royaume de la côte occidentale d'Asie Mineure), 159-138 av. J.C.
— Ariarathe V : roi de Cappadoce.
— Arsace : voir la note sur 1 M 14.2.]23 et à tous les pays, à Sampsamé, aux Spartiates, à Délos, à Myndos, à Sicyone, à la Carie, à Samos, à la Pamphylie, à la Lycie, à Halicarnasse, à Rhodes, à Phasélis, à Cos, à Sidé, à Arados, à Gortyne, à Cnide, à Chypre et à Cyrène. [— Cette liste, quoique donnée sans ordre apparent, reflète bien l'état politique du Proche-Orient au 2e siècle av. J.C. Quelques grands royaumes (Carie, Lycie) et de nombreuses îles ou villes, les unes indépendantes, les autres qui dépendent de royaumes comme l'Egypte (l'île de Chypre et Cyrène), le Pont (Sampsamé, sur la mer Noire) ou Pergame (Myndos). Mais les liens n'étaient pas toujours très clairs. Plusieurs de ces villes ou régions abritaient des colonies juives (voir v. 19).]24 Une copie fut rédigée à l'intention de Simon le grand prêtre.
Récriminations d'Antiochus VII contre Simon
25 Or, le roi Antiochus campait à Dôra dans le faubourg, faisant avancer sans cesse contre elle des détachements et construisant des machines. Son blocus contre Tryphon empêchait quiconque d'entrer ou de sortir. [— Dôra : voir la note sur le v. 11.
— machines : voir les notes sur 1 M 5.30 et 6.20.
— Tryphon : voir la note sur 1 M 11.39.]26 Simon lui envoya deux mille hommes d'élite pour combattre à ses côtés, ainsi que de l'argent, de l'or et un important matériel. 27 Non seulement il refusa de les recevoir, mais il révoqua tout ce qu'il avait convenu auparavant avec Simon et il devint tout autre avec lui. 28 Il lui envoya Athénobius, l'un de ses amis, pour conférer avec lui en ces termes : « Vous occupez Joppé, Gazara et la Citadelle de Jérusalem, villes de mon royaume. [— amis (du roi, voir v. 32) : voir la note sur 1 M 2.18.
— Joppé : voir la note sur 2 M 12.3.
— Gazara : voir la note sur 1 M 4.15.
— la Citadelle : voir la note sur 1 M 1.33 ; voir aussi amis 1 M 14.5,7 et la note.]29 Vous avez transformé leur territoire en désert, vous avez fait beaucoup de mal au pays et vous vous êtes rendus maîtres de plusieurs localités de mon royaume. [— Allusion probable aux quatre nomes (voir 1 M 11.57 et la note).]30 Rendez donc maintenant les villes que vous avez prises et payez les redevances des lieux dont vous vous êtes emparés hors des frontières de Judée. 31 Sinon donnez cinq cents talents d'argent en leur lieu et place, plus cinq cents autres talents pour vos destructions et pour les redevances de ces villes ; ou alors, nous allons venir et ce sera la guerre. » [— cinq cents talents (voir au glossaire MONNAIES) : somme supérieure au montant habituel du tribut qui est de 300 talents (voir 1 M 11.28). Antiochus reprend ici ce qu'il avait promis peu de temps avant (voir v. 8), mais cette exigence correspond à la charte de son père, Démétrius II, qui n'avait exempté que Jérusalem (voir 1 M 13.39).]
32 Athénobius, ami du roi, une fois arrivé à Jérusalem, vit la magnificence de Simon, le buffet garni d'or et d'argent, un grand apparat. Il en fut stupéfait et transmit à Simon les paroles du roi. 33 Simon lui fit cette réponse : « C'est l'héritage de nos pères, injustement accaparé par nos ennemis pendant un certain temps, que nous avons conquis, et non pas une terre étrangère ou le bien d'autrui. [— nos pères ou nos ancêtres.]34 Nous avons simplement profité d'une occasion favorable pour recouvrer l'héritage de nos pères. 35 Quant à Joppé et à Gazara, que tu revendiques, ces villes faisaient beaucoup de mal au peuple et à notre pays. Pour elles, nous donnerons cent talents. »
L'autre ne souffla mot, 36 il s'en retourna furieux chez le roi et lui rapporta ces paroles et tout ce qu'il avait vu de la gloire de Simon, et le roi se mit dans une grande colère.
Le gouverneur Kendébée sévit en Judée
37 Tryphon s'embarqua et s'enfuit à Orthosia. [— Tryphon : voir la note sur 1 M 11.39.
— Orthosia : ville située entre Tripoli et l'embouchure du fleuve Eleuthère (voir la note sur 1 M 11.7).]38 Le roi nomma Kendébée épistratège du Littoral, lui confiant une troupe de fantassins et de cavaliers, [— épistratège : c'est-à-dire « celui qui est au-dessus du stratège » ; sorte de super-préfet.
— Littoral : voir 1 M 11.59 et la note.]39 avec pour consigne de camper en face de la Judée, de rebâtir Kédrôn, de renforcer ses portes et de guerroyer contre le peuple. Le roi se lança à la poursuite de Tryphon. [— Kédrôn : aujourd'hui Qatra, à 6 km au sud-est de Jamnia.
— à la poursuite de Tryphon : assiégé dans sa ville natale, Apamée, sur l'Oronte, il fut mis à mort (ou se donna la mort).]40 Kendébée se rendit à Jamnia et multiplia les provocations contre le peuple, faisant des incursions en Judée, ramenant des prisonniers et se livrant à des massacres. 41 Il rebâtit Kédrôn et y cantonna des cavaliers et des fantassins pour opérer des sorties et patrouiller sur les routes de Judée, comme le roi le lui avait commandé.
Les fils de Simon mettent en fuite Kendébée
16 Jean monta de Gazara et informa son père Simon des actes de Kendébée. [— Gazara : voir la note sur 1 M 4.15. C'est là que résidait Jean (voir 1 M 13.53).]2 Simon convoqua ses deux fils les plus âgés, Judas et Jean, et leur dit : « Mes frères etmoi, ainsi que la maison de mon père, nous avons combattu les ennemis d'Israël depuis notre jeunesse jusqu'à aujourd'hui et, à maintes reprises, il nous a été donné de sauver Israël. 3 Maintenant, je suis vieux et, par la miséricorde du Ciel, vous voilà dans la force de l'âge. Prenez donc ma place et celle de mon frère, partez combattre pour notre nation, et que le secours du Ciel soit avec vous. » 4 Il choisit dans le pays vingt mille hommes de guerre et des cavaliers, et ils marchèrent contre Kendébée ; ils passèrent la nuit à Modîn. [— Modîn : à 25 km de Kédrôn, où s'est installé Kendébée (voir 1 M 15.41).]5 Puis, s'étant levés de bon matin, ils avancèrent dans la plaine et voici, une armée nombreuse de fantassins et de cavaliers venait à leur rencontre ; un torrent les séparait encore. [— se lever de bon matin (avant une bataille) Jos 3.1 ; 6.12 ; 8.10 ; voir 1 S 15.12 ; 29.10.
— un torrent : le wadi Qatra.]6 Jean et les siens prirent position en face d'eux. Se rendant compte que ses gens craignaient de traverser le torrent, Jean traversa le premier. Voyant cela, ses hommes le traversèrent à sa suite. [— traversa le premier : voir 1 M 5.40.]7 Il divisa sa troupe en mettant la cavalerie au milieu de l'infanterie, car la cavalerie adverse était très nombreuse. 8 Il fit sonner les trompettes, et Kendébée fut défait avec son armée : beaucoup tombèrent mortellement blessés, et ceux qui restaient s'enfuirent vers la forteresse. [— la forteresse : Kédrôn (voir 1 M 15.39,41).]9 Alors fut blessé Judas, le frère de Jean qui, lui, les poursuivit jusqu'à Kédrôn, que Kendébée avait rebâtie. 10 Les fuyards allèrent jusqu'aux tours qui sont dans la campagne d'Azôtos ; Jean les incendia et ils perdirent deux mille hommes. Jean retourna en paix en Judée.[— Azôtos : voir la note sur 1 M 5.68.]
Assassinat de Simon. Son fils Jean lui succède
11 Ptolémée, fils d'Aboubas, avait été nommé stratège de la plaine de Jéricho. Il possédait beaucoup d'argent et d'or, [— nommé : peut-être par Simon (voir v. 17).
— stratège de la plaine de Jéricho (voir la note sur 2 M 3.5) : en fait, cette « stratégie » dépendait de la Judée dont elle n'était qu'une partie.]12 car il était le gendre du grand prêtre. 13 Son cœur s'exalta, il voulut devenir le maître du pays et il conçut le dessein perfide de supprimer Simon et ses fils. 14 Or Simon, préoccupé de leur administration, parcourait les villes du pays. Il descendit à Jéricho, avec Mattathias et Judas, ses fils, en l'an cent soixante-dix-sept, au onzième mois, qui est le mois de Shebat. [— l'an cent soixante-dix-sept : en février 134 av. J.C.
— Shebat (ou Shevat) : voir au glossaire CALENDRIER.]15 Le fils d'Aboubas les reçut perfidement dans une petite forteresse, appelée Dôk, qu'il avait fait construire ; il leur prépara un grand repas, mais il cacha des hommes dans le fort. [— Dôk : cette petite forteresse se dressait au sommet du mont appelé aujourd'hui mont de la Quarantaine, qui domine Jéricho.]16 Quand Simon et ses fils furent ivres, Ptolémée et ses hommes se levèrent, prirent leurs armes, se précipitèrent sur Simon dans la salle du festin et le tuèrent ainsi que ses deux fils et quelques-uns de ses serviteurs. 17 Il commit ainsi une grande trahison et rendit le mal pour le bien.
18 Ptolémée rendit compte au roi par écrit de ce qu'il avait fait, demandant que des troupes de secours lui soient envoyées, afin de lui livrer villes et campagnes. 19 Il dépêcha d'autres émissaires à Gazara pour supprimer Jean et il envoya une lettre aux commandants, les invitant à se rendre auprès de lui afin qu'il leur distribuât de l'argent, de l'or et des présents. [— à Gazara : voir la note sur 1 M 4.15.
— Jean : un des fils de Simon (voir 1 M 13.53).]20 Il en envoya d'autres pour prendre possession de Jérusalem et de la montagne du sanctuaire. 21 Mais quelqu'un prit les devants et se rendit à Gazara pour annoncer à Jean la mort de son père et de ses frères ; il ajouta : « Il a envoyé quelqu'un pour te tuer toi aussi. » 22 A cette nouvelle, Jean fut complètement bouleversé ; il se saisit des hommes venus le tuer et les exécuta, car il avait appris qu'ils cherchaient à le faire mourir.
23 Le reste des actions de Jean, ses combats, les exploits qu'il accomplit, les remparts qu'il fit construire et ses autres entreprises, [— le reste des actions de Jean... 1 M 9.22+.
— les remparts qu'il fit construire : ceux de Jérusalem, détruits par Antochius VII après la reddition de la ville.]24 voici que tout cela est écrit dans le livre des Annales de son pontificat, à partir du moment où il devint grand prêtre à la place de son père.[— livre des Annales : des extraits de ce livre ont été reproduits par l'historien juif Josèphe.
— la formule rappelle volontairement une formule fréquente dans le livre des Rois (voir 1 R 11.41 ; 14.29 ; 15.31. Voir aussi la note sur 1 M 5.5).
— pontificat : voir la note sur 1 M 14.38.]
