
TOB – 1 Samuel
LIVRES DE SAMUEL
INTRODUCTION
Le titre des livres
La division de Samuel en deux livres est très récente. Ce sont les traducteurs grecs qui ont dû copier leur version sur deux rouleaux qu'ils ont intitulés 1er et 2e livre des Règnes. La division suivie par la Vulgate (qui les a appelés 1er et 2e livre des Rois) s'est imposée aux bibles hébraïques au début des temps modernes.
La comparaison du texte hébreu et de la version grecque révèle d'importantes divergences, et celles-ci ne semblent pas toujours le fait du traducteur. Les rares vestiges publiés du texte hébreu retrouvé à Qumrân montrent un texte parfois plus proche de celui sur lequel les Septante paraissent avoir travaillé que du texte massorétique. Il ne faut cependant pas en conclure que les témoins qumrâniens nous livrent le texte authentique. Il est possible que le substrat hébreu des Septante ait cherché à éliminer certains doublets ou contradictions.
Le titre de Samuel reflète une tradition rabbinique ancienne qui donnait le prophète Samuel pour l'auteur de ces livres. Des rabbins postérieurs, prenant à la lettre l'information de 1Ch 29.29-30, ont pensé que l'œuvre de Samuel avait été continuée, après sa mort, par les prophètes Natan et Gad.
Si ancienne qu'elle soit, la définition même des livres de Samuel a quelque chose d'artificiel. On remarque immédiatement que les chapitres 21 — 24 de 2S interrompent un récit, assez homogène par son style et par son propos, qui relatait les vicissitudes internes du règne de David et aboutissait à l'avènement de Salomon. Les deux premiers chapitres de 1R appartiennent à cet ensemble ancien qui s'est trouvé disloqué par l'insertion de 2S 21 — 24. Cette insertion est comparable à celle des chapitres 17 — 21 du livre des Juges, appendices interrompant les histoires de juges-sauveurs qui paraissent reprendre avec celle de Samuel en 1S 1.
Le plan actuel des livres
Les diverses parties paraissent s'enchaîner selon un ordre chronologique. En 1S 1 — 7 nous lisons l'histoire de Samuel depuis sa naissance jusqu'au moment où il est devenu un grand juge-sauveur d'Israël. L'ambiance est celle des guerres contre les Philistins, dont on retient surtout les épisodes concernant l'arche de Silo.
La seconde partie montre Samuel vieilli, pressé par le peuple de lui donner un roi. Après avoir affirmé que seul le Seigneur règne sur Israël, Samuel cède au désir du peuple et investit Saül. Le débat sur la royauté et les récits de l'avènement de Saül occupent les chapitres 8 à 12 de 1S.
La troisième partie (1S 13 — 15) a pour objet les guerres de Saül, contre les Philistins, puis contre les Amalécites. On voit souligner la bravoure de Jonathan, futur ami de David, tandis qu'une ombre est jetée sur Saül, désobéissant en deux occasions à la volonté divine. Samuel lui signifie sa destitution par Dieu et annonce à mots à peine couverts que David le remplacera.
La quatrième partie (1S 16 — 2S 5) est constituée par un ensemble complexe de récits qu'on appelle « histoire de l'accession de David ». Sacré tout enfant par Samuel, David se signale par sa victoire merveilleuse sur le géant philistin. Il entre au service de Saül, devient un grand chef de guerre et conquiert l'affection de tous, en particulier celle de Jonathan. Mais il inspire à Saül une jalousie morbide. Pour sauver sa vie, David doit prendre la fuite et devient chef de bande. Constamment poursuivi par Saül, il est conduit à se mettre provisoirement au service des Philistins, mais on note avec soin qu'il ne porte pas les armes contre son propre peuple. Après la mort de Saül et de Jonathan, tués par les Philistins à la bataille de Guilboa, David doit lutter contre les successeurs de Saül et finit par triompher. Il est reconnu roi d'Israël comme il l'avait été de Juda.
La cinquième partie (2S 6 — 8) est la charnière du dyptique que forme l'histoire de David et expose des faits de la plus haute signification religieuse. L'installation de l'arche de Silo à Jérusalem consacre la ville conquise comme capitale de son royaume. La prophétie de Natan établit en faveur de la dynastie davidique le principe de l'hérédité monarchique et lui assure la protection indéfectible de Dieu. Enfin, la notice du chapitre 8 rappelle que David a été aussi le fondateur d'un véritable empire.
Le second volet du dyptique est constitué par les chapitres 9 — 20 de 2S (auxquels il faut joindre 1R 1 — 2). C'est « l'histoire de la succession de David », la relation des événements qui vont aboutir à l'intronisation de Salomon. On s'attache au récit de la naissance de Salomon et des circonstances qui l'ont entourée, puis on relate dans le détail comment ont été éliminés ceux des fils de David qui pouvaient faire obstacle au destin de Salomon, Amnon et Absalom (Adonias en 1R).
Introduits à la faveur d'une pause dans « l'histoire de la succession » les appendices de 2S 21 — 24 regroupent autour de deux compositions lyriques, elles-mêmes entourées de notices sur diverses personnalités du règne, les relations de deux calamités naturelles et de leur conjuration religieuse.
Les livres de Samuel et l'histoire d'Israël
Les livres de Samuel couvrent une période de l'histoire dont le terme ultime peut être fixé. Ils nous mènent en effet jusqu'au temps de la vieillesse de David, peu d'années avant l'avènement de Salomon en 970. Mais les épisodes initiaux sont plongés dans le même flou chronologique que les histoires des Juges qu'ils prolongent. De ces temps anciens, il subsiste en Samuel des traditions dont certains éléments ont la saveur de l'authenticité, en particulier les récits de batailles et ceux des pérégrinations de David, riches en indications topographiques précises et vérifiables. La tension entre « Israël » et « Juda », notée dans l'histoire des démêlés de Saül et de David et dans celle de la révolte d'Absalom, est encore une donnée du meilleur aloi. Malgré l'absence de confirmation extérieure et l'emphase toujours possible dans un document de cet ordre, la notice de 2S 8 sur les victoires de David à l'étranger ne peut être entièrement controuvée : seule la constitution d'un empire israélite au début du 1er millénaire, en un temps où l'Egypte et l'Assyrie sont sur la défensive, explique la prospérité du règne de Salomon, Israël ayant eu alors accès à la Méditerranée et à la mer Rouge. Les notices sur les fonctionnaires de David (2S 8.15-18 ; 20.23-26) et le recensement dont parle 2S 24 témoignent d'une volonté d'organiser un Etat et marquent un changement significatif depuis le temps de Saül, qui n'avait guère d'autre appareil qu'un embryon d'armée permanente.
En revanche, on ne saurait demander aux livres de Samuel des renseignements sûrs au sujet des débuts de la royauté. Le péril philistin a certainement joué un rôle aux origines de l'institution, mais c'est à la tradition de 1S 11, montrant en Saül le vainqueur des Ammonites, que l'étude interne confère les meilleures garanties. La chronologie du règne de Saül était déjà hors de portée des compilateurs, comme le montre la notice de 1S 13.1.
Les éléments d'une compilation
Les livres de Samuel ne constituent pas une chronique suivant les événements pas à pas. C'est une œuvre littéraire rassemblant des matériaux anciens et qui a dû faire l'objet d'élaborations successives. On discerne à la base de cette compilation quelques documents écrits, comme les notices sur le personnel, et surtout des traditions orales remontant à des compagnons de David. Mais il est difficile d'en retrouver l'état premier derrière la forme écrite. Si l'on hésite à préciser la date des premières mises en forme littéraire (peut-être, pour la plus ancienne, du vivant même de David, puis dans les débuts de la monarchie judéenne), on s'accorde à reconnaître que la dernière phase de la compilation est attribuable aux écrivains « deutéronomistes », qui ont fait entrer nos livres dans l'ensemble historique allant de Josué aux Rois, compilé après la ruine de l'Etat en 587.
« L'histoire de la succession de David » (2S 9 — 20 ; 1R 1 — 2) apparaît comme un récit relativement homogène dont les caractéristiques littéraires rappellent parfois l'auteur « yahviste » du Pentateuque, de sorte que certains regardent ces pages comme le vestige d'une vieille histoire nationale commençant au récit de la création de l'homme (Gn 2). La relation de la révolte d'Absalom, chargée de notations qui semblent prises sur le vif, ne peut avoir été rédigée longtemps après les faits. Elle a reçu pour préface l'histoire de la naissance de Salomon (2S 9 — 12) et pour conclusion celle de l'échec d'Adonias (1R 1 — 2). Malgré l'objectivité du ton, on perçoit nettement les tendances de l'auteur.
La composition de l'ensemble précédent, à partir de 1S 16, est plus difficile à retracer. « L'histoire de l'accession de David » présente ainsi des doublets narratifs qui ont fait croire à certains exégètes que cette partie de nos livres prolongeait les « sources » du Pentateuque. Il semble plutôt que nous ayons affaire à des traditions différentes que les narrateurs ou rédacteurs ont tenu à conserver et qu'ils ont tenté d'organiser en jalonnant le récit de formules-cadres et en soulignant par des mots-clés les thèmes dominants de chaque partie. Malgré les doublets, « l'histoire de l'accession » présente tant d'affinités avec celle de la « succession » qu'on doit penser que les auteurs à l'œuvre dans ces deux ensembles appartenaient aux mêmes milieux, ceux de la cour de David et du Temple de Jérusalem. Les écrivains de cour ont choisi et mis en forme des traditions orales déjà élogieuses pour leur héros. L'idéalisation de David s'est développée jusque dans les dernières étapes de la rédaction : on en a un indice en 1S 16 qui n'hésite pas à se mettre en contradiction avec des données plus anciennes, en montrant David sacré par Samuel.
Le caractère disparate des éléments juxtaposés est également visible dans la partie de 1S consacrée aux guerres de Saül. Des traditions anciennes et vraisemblables sont surchargées de traits hostiles au premier roi. A la différence des récits de batailles contre les Philistins, le chapitre 15 parlant de la campagne contre Amaleq apparaît comme destiné surtout à souligner la faute de Saül et l'ampleur de sa déchéance.
Les chapitres 8 — 12 de 1 Samuel ont aussi derrière eux une histoire très complexe. On y décèle des éléments anciens, comme le conte des ânesses, adaptant sans doute une tradition benjaminite (1S 9 — 10.16), le récit du tirage au sort à Miçpa (1S 10.17-27) et celui de la guerre ammonite (11), où Saül a les traits d'un juge charismatique. Mais les chapitres 8 et 12 posant le problème théologique de la royauté en Israël ont été l'un retouché, l'autre rédigé entièrement par un compilateur de l'école « deutéronomiste ». Dans toute cette partie, Saül n'est pas jugé. Il est simplement présenté, de diverses manières, comme l'élu du Seigneur. Il semble qu'on s'intéresse plus à l'institution monarchique qu'à celui qui en inaugura le fonctionnement.
La première partie du livre (1S 1 — 7) est dominée par le personnage de Samuel, présenté comme le type idéal de l'homme religieux et comme le véritable sauveur de son temps. On insiste sur l'élection divine de Samuel afin de bien marquer de qui ce faiseur de rois détenait son autorité. D'autres éléments des chapitres 1 — 7 prennent leur sens si l'on tient compte de certaines préoccupations des auteurs de Samuel en son ensemble : les aventures de l'arche sont rapportées avec tant de détails parce qu'elles contribuent à glorifier le meuble sacré dont David a fait l'emblème protecteur de sa capitale ; l'annonce du « prêtre fidèle » en 1S 2.27-36 est à la gloire d'une institution de l'ère salomonienne, la lignée sacerdotale des Sadocites, dont un représentant a dû retoucher une histoire primitive écrite à la gloire de l'arche par un défenseur de la lignée sacerdotale d'Eli, implantée à Silo ; l'antithèse élévation-déchéance domine aussi bien l'histoire de Samuel opposé à Eli et à ses fils que celle de David opposé à Saül et à sa maison. On peut attribuer à des doctrinaires royalistes la composition des chapitres 1 — 6. Le chapitre 7 est en grande partie l'œuvre d'un historien deutéronomiste qui a voulu en faire la conclusion de l'histoire des Juges.
La leçon des livres de Samuel
Ces livres sont un recueil de leçons diverses sur les rapports entre Dieu et les hommes : c'est Dieu qui dirige les événements, et David est présenté comme un modèle de soumission confiante à la volonté divine ; d'autres péricopes illustrent la nécessité des institutions cultuelles, qui permettent la médiation entre le divin et l'humain; enfin, la révision deutéronomiste trouve dans l'histoire le moyen d'exposer une doctrine de la rétribution. Mais le thème dominant est celui de la royauté.
On ne cherche pas à dissimuler l'équivoque de son institution. Israël a pour roi le Seigneur. Que représente alors un souverain humain ? Le problème est résolu en faveur de la monarchie humaine, puisqu'en définitive le Seigneur et Samuel président à l'intronisation de Saül. Si l'initiative du peuple demandant un roi est cependant condamnée sans ambages, c'est pour signifier que la royauté d'un homme ne procède pas en droit de la volonté humaine, mais de l'autorité divine. Le nimbe légendaire qui entoure la figure de Samuel rehausse la suprématie de l'homme de Dieu, et l'on insiste sur la nature cultuelle des fautes de Saül pour enseigner que le roi ne doit pas empiéter sur un domaine qui n'est pas le sien.
Le roi par excellence est David. Son personnage est fort idéalisé, mais on ne cherche pas à dissimuler que sa carrière fut celle d'un soldat heureux. Sa bassesse même rehausse la grandeur du Seigneur, et on ne manque pas de noter la soumission du roi à Dieu et à ses instances. La remontrance du prophète Natan, humblement acceptée par David, montre que le roi, en Israël, ne saurait se soustraire à la loi commune.
Mais, à la différence de Saül, David n'est point puni dans sa descendance: il est assuré de voir l'un de ses fils régner à sa place. C'est le sens de la prophétie de Natan (2S 7), dont la rédaction deutéronomiste n'a pas altéré la teneur essentielle : la maison de David doit occuper à jamais le trône de Jérusalem, quelles que soient les fautes de ses membres régnants. Cette idée religieuse a valu aux livres de Samuel leur place dans l'histoire du salut. Un jour est venu où les rois se sont rendus responsables de tant de manquements que la royauté elle-même a paru condamnée ; le verdict définitif a été prononcé sur elle en 587 (chute de Jérusalem). Néanmoins, on n'a pas cessé de croire à la garantie d'éternité accordée par Dieu à la maison de David et on a attendu avec confiance la venue d'un fils de David digne des promesses faites à son aïeul. C'est le Messie, un roi idéal, certes, mais descendant bel et bien selon la chair de celui que le Seigneur avait choisi aux alentours de l'an mille avant notre ère.
PREMIER LIVRE DE SAMUEL
SAMUEL, L'ARCHE ET LES PHILISTINS
Naissance et enfance de Samuel
1 Il y avait un homme de Ramataïm-Çofim, de la montagne d'Ephraïm. Il s'appelait Elqana, fils de Yeroham, fils d'Elihou, fils de Tohou, fils de Çouf, un Ephratéen. [Ramataïm-çofim : la même localité est appelée Rama au v.19 ; elle est située à 35 km environ au nord-ouest de Jérusalem.
— Ephratéen : soit du clan judéen d'Ephrata, soit de la tribu d'Ephraïm.]2 Il avait deux femmes : l'une s'appelait Anne et la seconde Peninna. Peninna avait des enfants, Anne n'en avait pas. [Gn 29.31.]3 Tous les ans, cet homme montait de sa ville pour se prosterner devant le Seigneur, le tout-puissant, et pour lui sacrifier à Silo. Il y avait là, comme prêtres du Seigneur, les deux fils d'Eli, Hofni et Pinhas. [Tous les ans Ex 23.17.
— Silo : localité située à 30 km environ au nord de Jérusalem ; voir Jos 18.1-10 ; Jg 21.19-23.]
4 Vint le jour où Elqana offrait le sacrifice. Il avait coutume d'en donner des parts à sa femme Peninna et à tous les fils et filles de Peninna. [Dt 12.18.]5 Mais à Anne, il donnait une part d'honneur, car c'est Anne qu'il aimait, bien que le Seigneur l'eût rendue stérile. [L'expression hébraïque est obscure ; autre traduction une double portion.]6 De surcroît, sa rivale ne cessait de lui faire des affronts pour l'humilier, parce que le Seigneur l'avait rendue stérile. [Gn 16.4-6.]7 Ainsi agissait Elqana tous les ans, chaque fois qu'elle montait à la Maison du Seigneur ; ainsi Peninna lui faisait-elle affront. Anne se mit à pleurer et refusa de manger. 8 Son mari Elqana lui dit : « Anne, pourquoi pleures-tu ? Pourquoi as-tu le cœur triste ? Est-ce que je ne vaux pas mieux pour toi que dix fils ? » [Rt 4.15.]
9 Anne se leva après qu'on eut mangé et bu à Silo. Le prêtre Eli était assis sur son siège à l'entrée du Temple du Seigneur. 10 Pleine d'amertume, elle adressa une prière au Seigneur en pleurant à chaudes larmes. 11 Elle fit le vœu que voici : « Seigneur tout-puissant, si tu daignes regarder la misère de ta servante, te souvenir de moi, ne pas oublier ta servante et donner à ta servante un garçon, je le donnerai au Seigneur pour tous les jours de sa vie et le rasoir ne passera pas sur sa tête. » [la misère de ta servante, c'est-à-dire ma misère Lc 1.48.
— le rasoir ne passera pas sur sa tête, c'est-à-dire il sera consacré au service du Seigneur : voir Nb 6.5.]
12 Comme elle prolongeait sa prière devant le Seigneur, Eli observait sa bouche. 13 Anne parlait en elle-même. Seules ses lèvres remuaient. On n'entendait pas sa voix. Eli la prit pour une femme ivre. [Ac 2.13-15.]14 Eli lui dit : « Seras-tu longtemps ivre ? Va cuver ton vin ! » 15 Anne lui répondit : « Je ne suis pas, mon seigneur, une femme entêtée, mais je n'ai bu ni vin ni rien d'enivrant. Je m'épanchais seulement devant le Seigneur. [Autre traduction : Non... je ne suis qu'une femme affligée.]16 Ne traite pas ta servante comme une fille de rien, car c'est l'excès de mes soucis et de mon chagrin qui m'a fait parler jusqu'ici. » 17 Eli lui répondit : « Va en paix, et que le Dieu d'Israël t'accorde ce que tu lui as demandé ! » 18 Elle dit : « Que ta servante trouve grâce à tes yeux ! » La femme s'en alla, elle mangea et n'eut plus le même visage.
19 Ils se levèrent de bon matin et se prosternèrent devant le Seigneur ; puis ils rentrèrent chez eux à Rama. Elqana connut sa femme Anne, et le Seigneur se souvint d'elle. [Tournure hébraïque signifiant eut des relations sexuelles avec.]
20 Or donc, aux jours révolus, Anne, qui était enceinte, enfanta un fils. Elle l'appela Samuel « car, dit-elle, c'est au Seigneur que je l'ai demandé ». [L'explication du nom de Samuel donnée ici fait difficulté ; elle conviendrait mieux à celui de Saül (demandé).]21 Le mari Elqana monta avec toute sa famille pour offrir au Seigneur le sacrifice annuel et s'acquitter de son vœu. [Ou et un sacrifice votif (voir Lv 7.16 et la note) Nb 30.14.]22 Mais Anne ne monta pas, car, dit-elle à son mari, « attendons que l'enfant soit sevré : alors je l'emmènerai, il se présentera devant le Seigneur et il restera là-bas pour toujours ». 23 Son mari Elqana lui dit : « Fais ce que bon te semble. Reste ici jusqu'à ce que tu l'aies sevré. Que seulement le Seigneur accomplisse sa parole. » La femme resta donc et elle allaita son fils jusqu'à ce qu'elle l'eût sevré. [On ignore à quelle parole du Seigneur Elqana fait ici allusion.]24 Lorsqu'elle l'eut sevré, elle le fit monter avec elle, avec trois taureaux, une mesure de farine et une outre de vin ; elle le fit entrer dans la Maison du Seigneur à Silo, et l'enfant devint servant. [trois taureaux : autre traduction un taureau de trois ans (d'après un manuscrit hébreu trouvé à Qumrân, et les anciennes versions grecque et syriaque ; comparer aussi v.25 le taureau).
— taureau, farine, vin Nb 15.8-10.
— devint servant : traduction incertaine d'une expression obscure ; autre traduction était tout jeune.]25 Ils immolèrent le taureau et amenèrent l'enfant à Eli. [Ou égorgèrent.]26 Elle dit : « Pardon, mon seigneur ! aussi vrai que tu es vivant, mon seigneur, je suis la femme qui se tenait près de toi, ici même, et adressait une prière au Seigneur. 27 C'est pour cet enfant que j'ai prié, et le Seigneur m'a concédé ce que je lui demandais. 28 A mon tour, je le cède au Seigneur. Pour toute sa vie, il est cédé au Seigneur. » Il se prosterna là devant le Seigneur.[Le sujet peut être Elqana ou Samuel ; autre texte (manuscrit hébreu trouvé à Qumrân) elle se prosterna.]
Le cantique d'Anne
2 Anne pria et dit :
« J'ai le cœur joyeux grâce au Seigneur
et le front haut grâce au Seigneur,
la bouche grande ouverte contre mes ennemis :
je me réjouis de ta victoire.
2 Il n'est pas de saint pareil au Seigneur.
Il n'est personne d'autre que toi.
Il n'est pas de Rocher pareil à notre Dieu. [pareil Ex 15.11.
— personne comme toi 2 S 7.22 ; Es 64.3
— Rocher Ps 28.1.]
3 Ne répétez pas tant de paroles hautaines,
que l'insolence ne sorte pas de votre bouche :
le Seigneur est un Dieu qui sait
et c'est lui qui pèse les actions. [paroles hautaines Ps 94.4.
— Dieu qui sait Ps 73.11.
— qui pèse les actions ou qui juge les actions (des hommes) Pr 16.2 ; 21.2.]
4 L'arc des preux est brisé,
ceux qui chancellent ont la force pour ceinture. [l'arc brisé Ps 37.15.
— la force pour ceinture Ps 18.33.]
5 Les repus s'embauchent pour du pain,
et les affamés se reposent.
Ainsi la stérile enfante sept fois,
et la mère féconde se flétrit. [Ps 113.9.]
6 Le Seigneur fait mourir et fait vivre,
descendre aux enfers et remonter. [Dieu fait mourir et vivre Dt 32.39 ; 2 R 5.7.
— descendre aux enfers et remonter Jon 2.7 ; Ps 30.4 ; Sg 16.13.]
7 Le Seigneur appauvrit et enrichit,
il abaisse, il élève aussi.[Ph 2.8-9.]
8 Il relève le faible de la poussière
et tire le pauvre du tas d'ordures,
pour les faire asseoir avec les princes
et leur attribuer la place d'honneur.
Car au Seigneur sont les colonnes de la terre,
sur elles il a posé le monde. [il relève le faible Ps 113.7-8.
— du tas d'ordures Jb 2.8 ; 42.10.
— les colonnes de la terre Ps 75.4 ; Jb 9.6 et la note.]
9 Il gardera les pas de son fidèle,
mais les méchants périront dans les ténèbres,
car ce n'est point par la force qu'on triomphe. [il gardera les pas Ps 91.12.
— son fidèle désigne peut-être le roi (v.10) ; une ancienne tradition juive a lu ses fidèles
— les méchants périront Ps 37.20.
— pas par la force Ps 33.16.]
10 Le Seigneur, ses adversaires seront brisés,
contre eux, dans le ciel, il tonnera.
Le Seigneur jugera la terre entière.
Il donnera la puissance à son roi,
il élèvera le front de son messie. » [il tonnera 1 S 7.10 ; Ps 18.14.
— il jugera Ps 96.13 ; 98.9.
— son messie ou celui qu'il a oint, c'est-à-dire le roi.]
11 Elqana s'en alla chez lui à Rama. Quant à l'enfant, il servait le Seigneur, en présence du prêtre Eli.
Les fils d'Eli
12 Les fils d'Eli étaient des vauriens, qui ne connaissaient pas le Seigneur. [Ou qui ne se souciaient pas du SEIGNEUR.]13 A l'égard du peuple, ces prêtres agissaient de la manière suivante : lorsque quelqu'un offrait un sacrifice, le servant du prêtre arrivait, dès qu'on faisait cuire la viande. Il tenait en main la fourchette à trois dents. 14 Il piquait dans la bassine, le pot, le chaudron ou la marmite. Tout ce que ramenait la fourchette, le prêtre le prenait pour lui-même. C'est ainsi qu'ils procédaient avec tous les Israélites qui venaient là-bas à Silo. 15 Bien plus, avant qu'on eût fait brûler la graisse, le servant du prêtre venait dire à l'homme qui offrait le sacrifice : « Donne de la viande à rôtir pour le prêtre. Il n'acceptera pas de toi de la viande cuite, mais seulement de la viande crue. » [La législation de Lv 3 prescrit que les parties grasses du sacrifice de paix soient brûlées dès qu'on a égorgé la victime.]16 Si l'homme lui disait : « Qu'on fasse d'abord brûler la graisse, et ensuite prends tout ce que tu désires », il disait : « Non, c'est maintenant que tu dois me le donner, sinon j'en prends de force. » 17 Le péché des jeunes gens était très grand devant le Seigneur, car ces hommes faisaient outrage à l'offrande du Seigneur. [faisaient outrage... ou traitaient avec mépris...]
Samuel à Silo
18 Samuel, lui, faisait le service en présence du Seigneur. C'était un enfant vêtu de l'éphod de lin. [L'éphod de lin doit être distingué de l'éphod du prêtre, voir 1 S 2.28 ; c'était un vêtement liturgique dont la forme précise ne nous est plus connue (bande d'étoffe autour des reins ?).]19 Sa mère lui faisait un petit manteau et le lui montait chaque année, quand elle montait avec son mari offrir le sacrifice annuel. 20 Eli bénissait Elqana et sa femme. Il disait : « Que le Seigneur t'accorde une descendance de cette femme en échange de celui qui fut cédé au Seigneur ! » Et ils regagnaient le domicile d'Elqana. 21 Comme le Seigneur était intervenu en faveur d'Anne, elle devint enceinte et enfanta trois fils et deux filles, tandis que le petit Samuel grandissait devant le Seigneur.
Les fils d'Eli
22 Eli était devenu très vieux. Il avait entendu raconter comment ses fils se conduisaient envers tous les Israélites et aussi qu'ils couchaient avec les femmes groupées à l'entrée de la tente de la rencontre. [Ex 38.8.]23 Il leur dit : « Pourquoi faites-vous de pareilles choses ? Ce que j'entends dire de mal à votre sujet, tout le peuple le dit. 24 Cessez, mes fils, car elle n'est pas belle la rumeur que j'entends le peuple du Seigneur colporter ! 25 Si un homme pèche contre un autre, Dieu arbitrera. Mais si un homme pèche contre le Seigneur, qui aura-t-il pour arbitre ? » Ils n'écoutèrent pas la voix de leur père. C'est que le Seigneur voulait les faire mourir. 26 Quant au petit Samuel, il grandissait en taille et en beauté devant le Seigneur et aussi devant les hommes. [Lc 2.52.]
Oracle d'un homme de Dieu
27 Un homme de Dieu vint trouver Eli et lui dit : « Ainsi parle le Seigneur : Quoi ! Je me suis révélé à la maison de ton père, quand elle était en Egypte, au pouvoir de la maison du Pharaon. [Ou Un prophète de Dieu.]28 Ton père, je l'ai choisi parmi toutes les tribus d'Israël pour en faire mon prêtre, qui monterait à mon autel, ferait fumer l'encens et porterait l'éphod en ma présence. J'ai donné à la maison de ton père tout ce qu'offrent les fils d'Israël. [Ton père ou Ton ancêtre ; il s'agit probablement d'Aaron, ancêtre des prêtres israélites (voir Ex 28.1-4).
— éphod : voir Ex 25.7 et la note.]29 Pourquoi piétinez-vous mon sacrifice et mon offrande que j'ai prescrits dans ma demeure ? Et pourquoi as-tu honoré tes fils plus que moi, car vous vous engraissez du meilleur de toutes les offrandes d'Israël, de mon peuple ? [Ps 18.26.]30 C'est pourquoi — oracle du Seigneur, le Dieu d'Israël — oui, j'avais dit : “Ta maison et la maison de ton père marcheront en ma présence à jamais.” Mais maintenant — oracle du Seigneur — abomination ! Car j'honore ceux qui m'honorent, mais ceux qui me dédaignent tombent dans le mépris. 31 Voici venir des jours où je briserai ton bras et le bras de la maison de ton père : il n'y aura plus de vieillard dans ta maison. [Ou je détruirai ta vigueur et celle de ta famille.]32 Tu verras un rival dans la Demeure, et tout le bien qu'il fera à Israël ; mais, dans ta maison, il n'y aura plus jamais de vieillard. 33 Cependant, je maintiendrai l'un des tiens près de mon autel, pour épuiser tes yeux et grignoter ta vie, mais tous les rejetons de ta maison mourront dans la force de l'âge. 34 Tu en auras pour signe ce qui arrivera à tes deux fils Hofni et Pinhas : le même jour, ils mourront tous les deux. [1 S 4.11.]35 Puis, je me susciterai un prêtre sûr. Il agira selon mon cœur et mon désir. Je lui bâtirai une maison stable. Il marchera toujours en présence de mon messie. [Je lui bâtirai une maison stable, c'est-à-dire qu'il aura toujours des descendants qui exerceront le ministère de prêtres.
— messie : voir 1 S 2.10 et la note.]36 Et tout ce qui subsistera de ta maison viendra se prosterner devant lui, pour une piécette d'argent et un pain, et il lui dira : “Attache-moi, je te prie, à quelque fonction sacerdotale pour que j'aie un morceau de pain à manger.” » [Ou ta famille.]
Vocation de Samuel
3 Le petit Samuel servait le Seigneur en présence d'Eli. La parole du Seigneur était rare en ces jours-là, la vision n'était pas chose courante.
2 Ce jour-là, Eli était couché à sa place habituelle. Ses yeux commençaient à faiblir. Il ne pouvait plus voir. 3 La lampe de Dieu n'était pas encore éteinte, et Samuel était couché dans le Temple du Seigneur, où se trouvait l'arche de Dieu. [Sur la lampe de Dieu, voir Ex 27.20-21.
— l'arche de Dieu : d'après Ex 25.22, c'est du haut de l'arche que Dieu s'adresse à ceux qui sont dans le Temple.]4 Le Seigneur appela Samuel. Il répondit : « Me voici ! » [Gn 22.1 ; 31.11 ; Ex 3.4 ; Es 6.8.]5 Il se rendit en courant près d'Eli et lui dit : « Me voici, puisque tu m'as appelé. » Celui-ci répondit : « Je ne t'ai pas appelé. Retourne te coucher. » Il alla se coucher. 6 Le Seigneur appela Samuel encore une fois. Samuel se leva, alla trouver Eli et lui dit : « Me voici, puisque tu m'as appelé. » Il répondit : « Je ne t'ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher. » 7 Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur. La parole du Seigneur ne s'était pas encore révélée à lui.
8 Le Seigneur appela encore Samuel, pour la troisième fois. Il se leva et alla trouver Eli. Il lui dit : « Me voici, puisque tu m'as appelé. » Eli comprit alors que le Seigneur appelait l'enfant. 9 Eli dit à Samuel : « Retourne te coucher. Et s'il t'appelle, tu lui diras : Parle, Seigneur, ton serviteur écoute. » Et Samuel alla se coucher à sa place habituelle.
10 Le Seigneur vint et se tint présent. Il appela comme les autres fois : « Samuel, Samuel ! » Samuel dit : « Parle, ton serviteur écoute. » 11 Le Seigneur dit à Samuel : « Voici que je vais accomplir une chose en Israël, à faire tinter les oreilles de quiconque en entendra parler. [2 R 21.12 ; Jr 19.3.]12 Ce jour-là, je réaliserai contre Eli tout ce que j'ai dit au sujet de sa maison, de bout en bout. [ce que j'ai dit 1 S 2.27-36.
— sa maison ou sa famille.]13 Je lui annonce que je fais justice de sa maison pour toujours à cause de sa faute : il savait que ses fils insultaient Dieu et néanmoins, il ne les a pas repris. 14 Voilà pourquoi je le jure à la maison d'Eli : Rien n'effacera jamais la faute de la maison d'Eli, ni sacrifice, ni offrande. » [1 Jn 5.16.]
15 Samuel resta couché jusqu'au matin, puis il ouvrit les portes de la Maison du Seigneur. Samuel craignait de rapporter la vision à Eli. 16 Eli appela Samuel et lui dit : « Samuel, mon fils. » Il dit : « Me voici. » 17 Il dit : « Quelle est la parole qu'il t'a adressée ? Ne me le cache pas, je t'en prie. Que Dieu te fasse ceci et encore cela si tu me caches un mot de toute la parole qu'il t'a adressée. » [Formule traditionnelle par laquelle Eli demande à Dieu de punir Samuel, si celui-ci refuse de répondre. Comparer une formule presque semblable en 14.44. L'expression vague « faire ceci ou cela » était peut-être en fait remplacée par l'énoncé d'un châtiment précis.]18 Alors Samuel lui rapporta toutes les paroles, sans rien lui cacher. Il dit : « Il est le Seigneur. Qu'il fasse ce que bon lui semble. » [2 S 10.12 ; Jb 1.21.]
19 Samuel grandit. Le Seigneur était avec lui et ne laissa sans effet aucune de ses paroles. [Ou ne laissa tomber à terre aucune de ses paroles.]20 Tout Israël, de Dan à Béer-Shéva, sut que Samuel était accrédité comme prophète du Seigneur. [de Dan à Béer-Shéva : voir la note sur Jos 19.47.
— Samuel prophète 2 Ch 35.18 ; Ac 13.20.]
21 Le Seigneur continua d'apparaître à Silo. Le Seigneur, en effet, se révélait à Samuel, à Silo, par la parole du Seigneur, [Voir 1 S 1.3 et la note.]
4 et la parole de Samuel s'adressait à tout Israël.
Israël partit en guerre contre les Philistins. Il campa près d'Evèn-Ezèr, et les Philistins [Evèn-Ezèr, Afeq : deux endroits distants de quelques km seulement, et situés à 40 km environ au nord-ouest de Jérusalem.
— les Philistins à Afeq 1 S 29.1.]
Combat désastreux contre les Philistins. La prise de l'arche à Afeq.
2 Les Philistins prirent position devant Israël, le combat prit de l'ampleur, et Israël fut battu par les Philistins : sur le front, en rase campagne, ils frappèrent environ quatre mille hommes. 3 Le peuple rentra au camp et les anciens d'Israël dirent : « Pourquoi le Seigneur nous a-t-il fait battre aujourd'hui par les Philistins ? Allons chercher à Silo l'arche de l'alliance du Seigneur : qu'elle vienne au milieu de nous et qu'elle nous sauve de la main de nos ennemis ! » [Nb 10.35 ; 2 S 11.11.]4 Le peuple envoya des gens à Silo. Ils en rapportèrent l'arche de l'alliance du Seigneur, le tout-puissant, siégeant sur les chérubins. Il y avait là, près de l'arche de l'alliance de Dieu, les deux fils d'Eli, Hofni et Pinhas. 5 Or, dès que l'arche de l'alliance du Seigneur arriva au camp, tous les Israélites firent une bruyante ovation, et la terre trembla. [Ps 96.9.]6 Les Philistins entendirent la clameur de l'ovation et ils dirent : « Que signifie cette bruyante clameur d'ovation dans le camp des Hébreux ? » Ils comprirent que l'arche du Seigneur était arrivée au camp. 7 Les Philistins eurent peur « car, disaient-ils, un dieu est arrivé au camp ». Et ils dirent : « Malheur à nous ! Car il n'en était pas ainsi ces derniers temps. 8 Malheur à nous ! Qui nous délivrera de la main de ce puissant dieu ? C'est le dieu qui a porté aux Egyptiens toutes sortes de coups dans le désert. [Allusion en termes très généraux aux fléaux d'Egypte (Ex 7.1-11) et à l'anéantissement de l'armée égyptienne (Ex 14).]9 Courage ! Soyez des hommes, Philistins, de peur d'être à votre tour asservis aux Hébreux comme eux-mêmes ont été vos esclaves. Soyez des hommes et combattez ! » [Courage 2 S 10.12.
— esclaves des Philistins Jg 13.1.]10 Les Philistins engagèrent le combat. Israël fut battu, et chacun s'enfuit à ses tentes. La défaite fut très dure : il tomba parmi les Israélites trente mille fantassins. [Voir Jos 22.4 et la note.]11 L'arche de Dieu fut prise, et les deux fils d'Eli, Hofni et Pinhas, moururent.
12 Un homme de Benjamin partit du champ de bataille en courant et parvint à Silo le jour même, les vêtements déchirés et la tête couverte de terre. 13 Lorsqu'il arriva, Eli était assis sur son siège au bord de la route, aux aguets, car son cœur tremblait pour l'arche de Dieu. L'homme vint donc annoncer la nouvelle en ville, et toute la ville poussa des cris. 14 Eli entendit les cris et se dit : « Que signifie le bruit que fait cette foule ? » L'homme vint en hâte annoncer la nouvelle à Eli. 15 Eli avait quatre-vingt-dix-huit ans. Il avait le regard fixe et ne pouvait plus voir. 16 L'homme dit à Eli : « C'est moi qui viens du champ de bataille. Je me suis enfui du champ de bataille aujourd'hui même. » Il dit : « Que s'est-il passé, mon fils ? » 17 Le messager répondit : « Israël a fui devant les Philistins ; et puis, le peuple a subi de lourdes pertes ; et puis, tes deux fils sont morts, Hofni et Pinhas ; et l'arche de Dieu a été prise. » 18 Dès qu'il fit mention de l'arche de Dieu, Eli tomba de son siège à la renverse sur le côté de la porte ; il se brisa la nuque et mourut. C'est que l'homme était âgé et lourd. Il avait jugé Israël pendant quarante ans. [Ou dirigé.]
19 Sa bru, la femme de Pinhas, était enceinte et sur le point d'accoucher. Lorsqu'elle apprit la nouvelle de la prise de l'arche de Dieu et de la mort de son beau-père et de son mari, elle s'affaissa et accoucha, car les douleurs l'avaient saisie. 20 Comme elle était à la mort, celles qui l'assistaient lui dirent : « Rassure-toi : c'est un fils que tu as mis au monde. » Elle ne répondit pas et n'y prêta pas attention. [Gn 35.17.]21 Elle appela l'enfant Ikavod, c'est-à-dire « il n'y a plus de gloire » : « La gloire, dit-elle, est bannie d'Israël » — allusion à la prise de l'arche de Dieu, à son beau-père et à son mari. [elle l'appela Ikavod voir Os 1.6,9.
— Le terme gloire exprime la présence du Seigneur (voir Ex 24.16-17).]22 Elle avait dit : « La gloire est bannie d'Israël » parce que l'arche de Dieu avait été prise.
Captivité et retour de l'arche
5 Les Philistins avaient donc pris l'arche de Dieu. Ils la transportèrent d'Evèn-Ezèr à Ashdod. [Evèn-Ezèr : voir 1 S 4.1 et la note.
— Ashdod : une des cinq villes principales des Philistins, située à l'ouest de Jérusalem, près de la côte méditerranéenne. Voir Jos 13.3 et la note.]2 Les Philistins prirent l'arche de Dieu, la transportèrent dans la maison de Dagôn et l'exposèrent à côté de Dagôn. [la maison ou le temple.
— Dagôn : dieu des Philistins, voir v.7 et Jg 16.23.]3 Les Ashdodites se levèrent de bon matin le lendemain, et voici que Dagôn était tombé à terre devant elle, devant l'arche du Seigneur. Ils prirent Dagôn et le remirent à sa place. [Es 19.1 ; 46.1 ; Ps 97.7 ; Da grec 14.27.]4 Ils se levèrent de bon matin le lendemain, et voici que Dagôn était tombé à terre devant elle, devant l'arche du Seigneur. La tête de Dagôn et ses deux mains, coupées, se trouvaient sur le seuil. Au moins, était-il resté là quelque chose de Dagôn. [Texte hébreu peu clair, traduction incertaine. Les anciennes versions ont traduit Il ne restait que le tronc (ou le corps) de Dagôn.]5 Voilà pourquoi, aujourd'hui encore, à Ashdod, les prêtres de Dagôn et tous ceux qui entrent dans la maison de Dagôn ne foulent pas le seuil de Dagôn.
6 La main du Seigneur s'appesantit sur les Ashdodites, et il fit chez eux des ravages. Il les frappa de tumeurs, Ashdod et son territoire. [Ou boursouflures, ou encore hémorroïdes. Ps 78.66.]7 Quand les gens d'Ashdod virent ce qu'il en était, ils dirent : « Que l'arche du Dieu d'Israël ne reste pas chez nous, car il nous fait sentir trop durement sa main, à nous-mêmes et à Dagôn, notre dieu ! » 8 Ils invitèrent tous les princes des Philistins à se réunir chez eux et ils leur dirent : « Que pouvons-nous faire à l'arche du Dieu d'Israël ? » Ils répondirent : « C'est à Gath que doit être transférée l'arche du Dieu d'Israël. » Et l'on transféra l'arche du Dieu d'Israël. [Gath : une autre des cinq villes principales des Philistins, située à 45 km environ au sud-ouest de Jérusalem.]
9 Or, après ce transfert, la main du Seigneur fut sur la ville. Il y eut une très grande panique. Le Seigneur frappa les gens de la ville, petits et grands : il leur sortit des tumeurs. 10 Ils envoyèrent l'arche de Dieu à Eqrôn. Mais, dès que l'arche de Dieu arriva à Eqrôn, les Eqronites s'écrièrent : « Ils ont transféré chez moi l'arche du Dieu d'Israël pour me faire périr, moi et mon peuple. » [Eqrôn : encore une des villes principales des Philistins, située à 45 km environ à l'ouest de Jérusalem.
— chez moi... moi et mon peuple : c'est le prince qui s'exprime au nom des Eqronites.
— pour faire périr mon peuple Ex 10.7.]11 Ils invitèrent tous les princes des Philistins à se réunir. Ils dirent : « Renvoyez l'arche du Dieu d'Israël, et qu'elle retourne à l'endroit où elle était, et qu'elle ne me fasse pas périr, moi et mon peuple. » Il y avait en effet une panique mortelle dans toute la ville, où la main de Dieu s'était lourdement abattue. 12 Les gens qui n'étaient pas morts avaient été frappés de tumeurs, et le cri de détresse de la ville monta jusqu'au ciel.
6 L'arche du Seigneur demeura sept mois dans le territoire des Philistins. 2 Les Philistins firent appel aux prêtres et aux devins, en disant : « Que pouvons-nousfaire à l'arche du Seigneur ? Indiquez-nous comment nous devons la renvoyer là où elle était. » 3 Ils dirent : « Si vous renvoyez l'arche du Dieu d'Israël, ne la renvoyez pas sans rien. Au contraire, ayez soin de lui fournir une réparation. Alors, vous serez guéris et vous saurez pourquoi sa main ne s'écartait pas de vous. » 4 Ils dirent : « Quelle réparation devons-nous lui fournir ? » Ils dirent : « D'après le nombre des princes des Philistins : cinq tumeurs d'or et cinq rats en or, car c'est un même fléau qui les a tous atteints, ainsi que vos princes. [Première allusion, dans ce récit, à des rats dont le rôle est précisé au verset suivant.]5 Vous ferez donc des images de vos tumeurs et des rats qui dévastaient votre pays et vous rendrez gloire au Dieu d'Israël. Peut-être sa main se fera-t-elle plus légère sur vous, sur vos dieux et sur votre pays. [Jos 7.19 ; Jn 9.24.]6 A quoi bon épaissir votre cœur, comme l'ont fait les Egyptiens et le Pharaon ? Quand Il se fut joué d'eux, ne les ont-ils pas laissés partir ? [épaissir votre cœur ou vous obstiner.
— comme le Pharaon Ex 7.3.
— laissés partir Ex 12.31.]7 Fabriquez donc un chariot neuf et prenez deux vaches qui allaitent et n'ont pas encore porté le joug. Vous attellerez les vaches au chariot et vous les séparerez de leurs petits, que vous ramènerez à l'étable. [chariot neuf 2 S 6.3 ; voir 2 R 2.20.
— pas encore porté le joug Nb 19.2 ; Dt 21.3 ; voir Ex 20.25.]8 Vous prendrez l'arche du Seigneur et vous la poserez sur le chariot. Quant aux objets d'or que vous lui fournissez en réparation, vous les mettrez dans un coffre à côté d'elle, et vous la laisserez partir. 9 Vous verrez alors : si elle prend la route de son pays en montant vers Beth-Shèmesh, c'est lui-même qui nous a fait ce grand mal. Sinon, nous saurons que ce n'est pas sa main qui nous a atteints, ce n'était qu'un accident. » [Localité située à 25 km environ à l'ouest de Jérusalem.]10 Les gens firent ainsi. Ils prirent deux vaches qui allaitaient, les attelèrent au chariot et retinrent leurs petits à l'étable. 11 Ils mirent l'arche du Seigneur sur le chariot, ainsi que le coffre, les rats en or et les images de leurs tumeurs. 12 Les vaches allèrent droit leur chemin sur la route de Beth-Shèmesh. Elles suivirent en meuglant le même sentier, sans s'écarter ni à droite ni à gauche, les princes des Philistins marchant derrière elles jusqu'à la limite de Beth-Shèmesh. [Ou la même route.]13 Les gens de Beth-Shèmesh faisaient la moisson des blés dans la vallée. Levant les yeux, ils aperçurent l'arche et se réjouirent de la voir. 14 Arrivé au champ de Josué de Beth-Shèmesh, le chariot s'y arrêta. Il y avait là une grosse pierre. On fendit le bois du chariot et on offrit les vaches en holocauste au Seigneur. [Voir au glossaire SACRIFICES. 2 S 24.22 ; 1 R 19.21.]15 Les lévites avaient descendu l'arche du Seigneur et le coffre où se trouvaient les objets d'or et qui était avec elle. Ils les mirent sur la grosse pierre. Les gens de Beth-Shèmesh offrirent des holocaustes et immolèrent des sacrifices au Seigneur ce jour-là. 16 Les cinq princes des Philistins, ayant vu cela, s'en retournèrent à Eqrôn ce jour-là. [Voir 1 S 5.10 et la note.]
17 Voici les tumeurs d'or que les Philistins fournirent en réparation au Seigneur : pour Ashdod, une ; pour Gaza, une ; pour Ashqelôn, une ; pour Gath, une ; pour Eqrôn, une. [Sur ces cinq villes des Philistins, voir 1 S 5.1,8,10 et les notes.]18 Et les rats en or : selon le nombre de toutes les villes des Philistins relevant des cinq princes, de la ville fortifiée au village sans murailles. . . et à la prairie de la grosse pierre où ils déposèrent l'arche du Seigneur. Aujourd'hui encore, cette pierre se trouve dans le champ de Josué de Beth-Shèmesh. [Texte obscur ; autre traduction (conjecturale) Témoin, la grosse pierre, c'est-à-dire la grosse pierre rappelle cet événement.]
19 Le Seigneur frappa les gens de Beth-Shèmesh, parce qu'ils avaient regardé l'arche du Seigneur. Parmi le peuple, il frappa soixante-dix hommes — cinquante mille hommes. Le peuple fut dans le deuil, parce que le Seigneur l'avait durement frappé. [il frappa 2 S 6.7.
— cinquante mille hommes : ces mots manquent dans plusieurs manuscrits hébreux ; dans les autres manuscrits, ils semblent être une adjonction, car ils sont mal rattachés au contexte.]20 Les gens de Beth-Shèmesh dirent : « Qui pourra se tenir en présence du Seigneur, ce Dieu saint ? » Et : « Chez qui montera-t-il en nous quittant ? » [Ml 3.2 ; Ps 76.8.]21 Ils envoyèrent des messagers aux habitants de Qiryath-Yéarim, pour leur dire : « Les Philistins ont rendu l'arche du Seigneur. Descendez et faites-la monter chez vous. » [Localité située à 13 km environ au nord-ouest de Jérusalem.]
7 Les gens de Qiryath-Yéarim vinrent donc et firent monter l'arche du Seigneur. Ils la conduisirent dans la maison d'Avinadav, sur la colline, et ils consacrèrent son fils Eléazar pour garder l'arche du Seigneur. [2 S 6.1-4 ; 1.1-2 ; 1 Ch 13.5-7.]
Samuel juge et intercesseur. Victoire sur les Philistins
2 Depuis le jour de l'installation de l'arche à Qiryath-Yéarim, il s'était écoulé bien des jours, vingt ans déjà, lorsque toute la maison d'Israël se mit à soupirer après le Seigneur. [la maison ou le peuple
— soupirer après le Seigneur Ex 2.23-25 ; Jg 6.6 ; 10.10.]3 Samuel dit alors à toute la maison d'Israël : « Si c'est de tout votre cœur que vous revenez au Seigneur, écartez de chez vous les dieux de l'étranger et les Astartés ; dirigez votre cœur vers le Seigneur, ne servez que lui seul, et il vous délivrera de la main des Philistins. » [écarter les dieux étrangers Gn 35.2 ; Jos 24.14 ; Jg 6.10 ; 10.13.
— les Astartés : voir Jg 2.13 et la note.]4 Les fils d'Israël écartèrent les Baals et les Astartés et ils ne servirent plus que le Seigneur.
5 Samuel dit : « Rassemblez tout Israël à Miçpa : j'intercéderai en votre faveur auprès du Seigneur. » [Localité située à 12 km environ au nord de Jérusalem.]6 Ils se rassemblèrent à Miçpa. Ils puisèrent de l'eau et la répandirent devant le Seigneur. Ils jeûnèrent, ce jour-là, et déclarèrent en ce lieu : « Nous avons péché contre le Seigneur. » Et Samuel jugea les fils d'Israël à Miçpa. [Ou Et Samuel, installé à Miçpa, devint le chef des Israélites.]
7 Les Philistins apprirent que les fils d'Israël s'étaient rassemblés à Miçpa, et les princes des Philistins montèrent contre Israël. Les fils d'Israël l'apprirent et ils eurent peur des Philistins. 8 Les fils d'Israël dirent à Samuel : « Ne reste pas muet ! Ne nous abandonne pas ! Crie vers le Seigneur, notre Dieu, pour qu'il nous sauve de la main des Philistins ! » 9 Samuel prit un agneau de lait et l'offrit tout entier en holocauste au Seigneur. Samuel cria vers le Seigneur en faveur d'Israël, et le Seigneur lui répondit. [Voir au glossaire SACRIFICES.]
10 Or, tandis que Samuel offrait l'holocauste, les Philistins s'avancèrent pour combattre Israël. Mais le Seigneur, ce jour-là, tonna à grand fracas contre les Philistins. Il les frappa de panique, et ils furent défaits devant Israël. [1 S 2.10.]11 Les gens d'Israël sortirent de Miçpa et poursuivirent les Philistins de leurs coups jusqu'en dessous de Beth-Kar. [Endroit inconnu.]12 Samuel prit une pierre et la plaça entre Miçpa et La Dent. Il l'appela Evèn-Ezèr, c'est-à-dire Pierre du Secours, « car, dit-il, c'est jusqu'ici que le Seigneur nous a secourus ». [La Dent : lieu inconnu.
— Evèn-Ezèr : ce lieu ne doit sans doute pas être confondu avec Evèn-Ezèr de 1 S 4.1.
— jusqu'ici ou jusqu'à maintenant.]
13 Les Philistins furent abaissés et ils ne recommencèrent plus à pénétrer dans le territoire d'Israël. Et la main du Seigneur fut sur les Philistins durant tous les jours de Samuel. [Jg 3.30 ; 4.23 ; 8.28 ; 11.33.]14 Les villes que les Philistins avaient prises à Israël revinrent à Israël, d'Eqrôn à Gath. Israël arracha également leur territoire aux Philistins. Et il y eut la paix entre Israël et les Amorites. [Voir 1 S 5.8,10 et les notes.]15 Samuel jugea Israël tous les jours de sa vie. 16 Il partait chaque année faire le tour de Béthel, de Guilgal et de Miçpa et il jugeait Israël en tous ces lieux. [Béthel : voir Gn 12.8 et la note.
— Guilgal : nom de plusieurs endroits dans le pays d'Israël ; il s'agit probablement ici du Guilgal situé près de Jéricho (Jos 4.19-20 ; 5.9-10).]17 Il rentrait ensuite à Rama, car c'est là qu'il avait sa maison. C'est là qu'il jugea Israël et là qu'il construisit un autel au Seigneur. [Voir 1 S 1.1 et la note.]
SAMUEL ET LA ROYAUTÉ
Demande d'un roi
8 Devenu vieux, Samuel donna ses fils pour juges à Israël. [Ou chefs.]2 Son fils aîné s'appelait Yoël, le second Aviya. Ils étaient juges à Béer-Shéva. [Localité située à 70 km environ au sud-ouest de Jérusalem.]3 Mais ses fils ne marchèrent pas sur ses traces. Dévoyés par le lucre, acceptant des cadeaux, ils firent dévier le droit. [1 S 2.12 ; Ex 23.8 ; Lv 19.15 ; Dt 16.19 ; Es 5.23.]
4 Tous les anciens d'Israël se rassemblèrent et vinrent trouver Samuel à Rama. [Voir 1 S 1.1 et la note.]5 Ils lui dirent : « Te voilà devenu vieux et tes fils ne marchent pas sur tes traces. Maintenant donc, donne-nous un roi pour nous juger comme toutes les nations. » [juger ou diriger.
— comme toutes les nations 1 S 8.20 ; Dt 17.15 ; Ez 20.32 ; voir Est 3.8.]6 Il déplut à Samuel qu'ils aient dit : « Donne-nous un roi pour nous juger. » Et Samuel intercéda auprès du Seigneur. 7 Le Seigneur dit à Samuel : « Ecoute la voix du peuple en tout ce qu'ils te diront. Ce n'est pas toi qu'ils rejettent, c'est moi. Ils ne veulent plus que je règne sur eux. [1 S 12.12 ; Jg 8.23 ; Ps 47.9.]8 Comme ils ont agi depuis le jour où je les ai fait monter d'Egypte jusqu'aujourd'hui, m'abandonnant pour servir d'autres dieux, ainsi agissent-ils aussi envers toi. [1 S 26.19 ; Jg 10.13 ; 1 R 9.9.]9 Maintenant donc, écoute leur voix. Mais ne manque pas de les avertir : apprends-leur comment gouvernera le roi qui régnera sur eux. »
10 Samuel redit toutes les paroles du Seigneur au peuple qui lui demandait un roi. 11 Il dit : « Voici comment gouvernera le roi qui régnera sur vous : il prendra vos fils pour les affecter à ses chars et à sa cavalerie, et ils courront devant son char. [2 S 15.1 ; 1 R 1.5.]12 Il les prendra pour s'en faire des chefs de millier et des chefs de cinquantaine, pour labourer son labour, pour moissonner sa moisson, pour fabriquer ses armes et ses harnais. [Voir Nb 1.16 et la note.]13 Il prendra vos filles comme parfumeuses, cuisinières et boulangères. 14 Il prendra vos champs, vos vignes et vos oliviers les meilleurs. Il les prendra et les donnera à ses serviteurs. [1 R 21.1]15 Il lèvera la dîme sur vos grains et sur vos vignes et la donnera à ses eunuques et à ses serviteurs. [Voir Gn 14.20 et la note.]16 Il prendra vos serviteurs et vos servantes, les meilleurs de vos jeunes gens et vos ânes pour les mettre à son service. 17 Il lèvera la dîme sur vos troupeaux. Vous-mêmes enfin, vous deviendrez ses esclaves. 18 Ce jour-là, vous crierez à cause de ce roi que vous vous serez choisi, mais, ce jour-là, le Seigneur ne vous répondra point. » [1 R 12.4 ; Mi 3.4.]
19 Mais le peuple refusa d'écouter la voix de Samuel. « Non, dirent-ils. C'est un roi que nous aurons. 20 Et nous serons, nous aussi, comme toutes les nations. Notre roi nous jugera, il sortira à notre tête et combattra nos combats. » 21 Samuel écouta toutes les paroles du peuple et les répéta aux oreilles du Seigneur. 22 Le Seigneur dit alors à Samuel : « Ecoute leur voix et donne-leur un roi. » Samuel dit aux gens d'Israël : « Allez-vous-en, chacun dans sa ville. »
Saül et les ânesses
9 Il y avait en Benjamin un homme appelé Qish, fils d'Aviël, fils de Ceror, fils de Bekorath, fils d'Afiah, fils d'un Benjaminite. C'était un vaillant homme. [1 Ch 8.33.]2 Il avait un fils appelé Saül, un beau garçon. Aucun des fils d'Israël ne le valait. Il dépassait tout le peuple de la tête et des épaules. [1 S 10.23 ; 16.7 ; 2 S 14.25.]3 Les ânesses de Qish, le père de Saül, s'étant égarées, Qish dit à son fils Saül : « Prends donc avec toi l'un des domestiques et pars à la recherche des ânesses. » 4 Il parcourut la montagne d'Ephraïm, il parcourut le pays de Shalisha, sans trouver. Ils parcoururent le pays de Shaalim : toujours rien. Il parcourut le pays de Benjamin, sans trouver. [montagne d'Ephraïm : région montagneuse de la Palestine centrale.
— pays de Shalisha, pays de Shaalim : régions non identifiées ; comparer 2 R 4.42.]
5 Quand ils arrivèrent au pays de Çouf, Saül dit au domestique qui l'accompagnait : « Allons, rentrons. Je crains que mon père ne pense plus aux ânesses et s'inquiète à notre sujet. » [Région inconnue, située probablement aux abords de Rama, où résidait Samuel (voir 1 S 7.17 ; 9.6 et suivants).]6 Le serviteur lui dit : « Mais il y a dans cette ville un homme de Dieu ! C'est un homme réputé. Tout ce qu'il dit arrive sûrement. Allons-y donc. Peut-être nous renseignera-t-il sur le voyage que nous avons entrepris. » [Jg 18.5.]7 Saül dit à son serviteur : « Eh bien, nous y allons. Mais qu'apporterons-nous à cet homme ? Il n'y a plus de pain dans nos sacs et il ne convient pas d'offrir à l'homme de Dieu des provisions de route. Qu'avons-nous ? » [qu'apporterons-nous ? Nb 22.7 ; 2 R 5.15.
— provisions de route : d'après l'ancienne version syriaque ; le mot hébreu est obscur.]8 Le domestique reprit la parole pour répondre à Saül : « J'ai justement sur moi un quart de sicle d'argent. Je le donnerai à l'homme de Dieu, et il nous renseignera sur notre voyage. »
— [Voir au glossaire POIDS ET MESURES.]9 Autrefois, en Israël, on avait coutume de dire quand on allait consulter Dieu : « Venez, allons trouver le voyant. » Car, le « prophète » d'aujourd'hui, on l'appelait autrefois le « voyant »
— 10 Saül dit à son serviteur : « Bien parlé. Viens, allons-y. » Et ils allèrent à la ville où se trouvait l'homme de Dieu.
11 Ils gravissaient la montée de la ville, quand ils trouvèrent des jeunes filles qui sortaient puiser de l'eau. Ils leur dirent : « Le voyant est-il ici ? » [Gn 24.11 ; Ex 2.16.]12 Elles leur répondirent : « Oui. Droit devant toi ! Maintenant fais vite, car il est venu en ville aujourd'hui, car il y a aujourd'hui un sacrifice public sur le haut lieu. 13 Sitôt arrivés en ville, aussitôt vous le trouverez, avant qu'il ne monte manger au haut lieu, car le peuple ne doit pas manger avant son arrivée, car c'est lui qui doit bénir le sacrifice ; après quoi, les invités pourront manger. Maintenant donc montez, car lui, aujourd'hui, vous le trouverez. » 14 Ils montèrent donc à la ville.
Ils entraient dans la ville et voici que Samuel sortait au-devant d'eux pour monter au haut lieu. 15 Or le Seigneur avait averti Samuel un jour avant l'arrivée de Saül. Il lui avait dit : [1 R 14.5 ; Ac 9.10-16.]16 « Demain, à la même heure, je t'enverrai un homme du pays de Benjamin, et tu l'oindras comme chef de mon peuple Israël, et il sauvera mon peuple de la main des Philistins. C'est que j'ai vu mon peuple et que son cri est arrivé jusqu'à moi. » [Ex 2.23.]17 Samuel aperçut Saül. Aussitôt le Seigneur lui souffla : « Voici l'homme dont je t'ai dit : C'est lui qui tiendra mon peuple en main. » [1 S 6.3,12.]
18 Saül s'approcha de Samuel au milieu de la porte et dit : « S'il te plaît, indique-moi où est la maison du voyant. » 19 Samuel répondit à Saül : « C'est moi le voyant. Monte devant moi au haut lieu. Vous mangerez avec moi aujourd'hui. Demain matin, je te laisserai partir et je t'indiquerai tout ce qui te préoccupe. 20 Pour ce qui est de tes ânesses égarées il y a trois jours, n'y pense plus : elles sont retrouvées. Et à qui donc appartient tout ce qu'il y a de précieux en Israël ? N'est-ce pas à toi et à toute la maison de ton père ? » 21 Saül répondit : « Ne suis-je pas benjaminite, d'une des plus petites tribus d'Israël, et ma famille n'est-elle pas la dernière de toutes les familles de la tribu de Benjamin ? Pourquoi donc me parles-tu de cette façon ? » [1 S 18.18 ; Ex 3.11 ; 4.1 ; Jg 6.15 ; Jr 1.6 ; Jon 1.2-3.]
22 Samuel prit Saül et son domestique, les fit entrer dans la salle et leur donna une place en tête des invités — ils étaient une trentaine. 23 Samuel dit au cuisinier : « Sers la portion que je t'ai donnée, celle dont je t'ai dit : Mets-la de côté. » 24 Le cuisinier présenta le gigot et la queue. Il les mit devant Saül et dit : « Voici ce qui reste. Tu es servi : mange ! Car c'est pour la circonstance qu'on te l'a gardé, quand on a dit : J'invite le peuple. » Saül mangea donc avec Samuel ce jour-là. [D'après l'ancienne version araméenne (la queue passait pour être un morceau de choix) ; le mot hébreu est obscur.]25 Ils descendirent ensuite du haut lieu à la ville, et il s'entretint avec Saül sur la terrasse. 26 Ils se levèrent tôt.
Et, dès que monta l'aurore, Samuel appela Saül sur la terrasse. Il lui dit : « En route ! Je vais te reconduire. » Saül se mit en route et tous les deux, lui et Samuel, sortirent.
27 Ils descendaient à la limite de la ville quand Samuel dit à Saül : « Dis au serviteur de passer devant nous. » Il passa devant. « Et toi, arrête-toi maintenant, que je te fasse entendre la parole de Dieu. »
10 Samuel prit la fiole d'huile, la versa sur la tête de Saül et l'embrassa. Il dit : « Est-ce que ce n'est pas le Seigneur qui t'a oint comme chef de son patrimoine ? [le Seigneur t'a oint 1 S 9.16-17.
— Le patrimoine du Seigneur est une expression souvent employée dans l'A.T. pour désigner le peuple d'Israël : voir Dt 4.20 ; Jr 12.7-9.]2 Aujourd'hui, après m'avoir quitté, tu rencontreras deux hommes près de la tombe de Rachel à la frontière de Benjamin à Celçah. Ils te diront : “Les ânesses que tu es allé rechercher, elles sont retrouvées, et maintenant ton père a oublié l'histoire des ânesses et s'inquiète à votre sujet. Il se dit : Que puis-je faire pour mon fils ?” [Localité inconnue.]3 De là, poussant plus loin, tu arriveras au chêne de Tabor. Là viendront te trouver trois hommes montant vers Dieu à Béthel, l'un portant trois chevreaux, l'autre portant trois pains, le troisième portant une outre de vin. [chêne de Tabor : lieu inconnu (Tabor ne désigne pas ici la montagne du même nom, voir Jg 4.6).
— Béthel : voir Gn 12.8 et la note.]4 Ils te salueront et te donneront deux pains : tu les recevras de leur main. 5 Ensuite tu arriveras à Guivéa de Dieu, où résident les préfets philistins. Là, quand tu entreras dans la ville, tu tomberas sur une bande de prophètes descendant du haut lieu, précédés de harpes, de tambourins, de flûtes et de cithares. Ils seront en état de transe prophétique. [Guivéa de Dieu ou simplement Guivéa (v.10) ou encore Guivéa de Saül (11.4), Guivéa de Benjamin (1 S 13.2), était la patrie de Saül, située à 6 km au nord de Jérusalem.
— où résident les préfets philistins : autres traductions où se trouve la stèle (ou la garnison) des Philistins.]6 Alors fondra sur toi l'esprit du Seigneur, tu entreras en transe avec eux et tu seras changé en un autre homme. 7 Quand tu verras se produire ces signes, fais tout ce que tu trouveras à faire, car Dieuest avec toi. 8 Tu descendras avant moi à Guilgal. Quant à moi, je descendrai te rejoindre, pour offrir des holocaustes et des sacrifices de paix. Tu m'attendras sept jours jusqu'à ce que je vienne te rejoindre. Alors je te ferai savoir ce que tu dois faire. » [Guilgal : voir 1 S 7.16 et la note.
— sept jours 1 S 13.8.]
9 Dès que Saül se fut retourné en quittant Samuel, Dieu lui changea le cœur, et tous ces signes arrivèrent ce jour-là. 10 Quand ils arrivèrent à Guivéa, une bande de prophètes venait à sa rencontre. Alors l'esprit de Dieu fondit sur lui, et il entra en transe avec eux. [1 S 19.22-24.]11 Toutes ses anciennes connaissances le virent : il faisait le prophète, avec des prophètes ! On se dit dans le peuple : « Qu'est-il donc arrivé au fils de Qish ? Saül est-il aussi parmi les prophètes ? » 12 Un homme de l'endroit intervint pour dire : « Mais qui donc est leur père ? » Voilà pourquoi le mot est passé en proverbe : « Saül est-il aussi parmi les prophètes ? » [Le sens de cette question n'est pas clair. Ou bien père est ici l'équivalent de maître, et l'homme s'étonne de ne pas voir un chef à la tête de cette bande, ou bien l'homme veut dire que ces prophètes sont des gens qu'on ne connaît pas sous le nom de leur père, c'est-à-dire des gens de basse condition.]
13 Sorti de transe, Saül arriva au haut lieu. 14 Son oncle lui dit, à lui et à son serviteur : « Où êtes-vous allés ? » Il répondit : « A la recherche des ânesses. Mais nous n'avons rien vu et nous sommes allés chez Samuel. » 15 L'oncle de Saül dit : « S'il te plaît, raconte-moi ce que vous a dit Samuel. » 16 Saül dit à son oncle : « Il nous a bien raconté que les ânesses étaient retrouvées. » Mais au sujet de la royauté, il ne lui raconta pas ce qu'avait dit Samuel.
Saül désigné par le sort
17 Samuel convoqua le peuple auprès du Seigneur à Miçpa. [Voir 1 S 7.5 et la note.]18 Il dit aux fils d'Israël : « Ainsi parle le Seigneur, le Dieu d'Israël : C'est moi qui ai fait monter Israël d'Egypte et qui vous ai délivrés de la main de l'Egypte et de tous les royaumes qui vous opprimaient. [fait monter d'Egypte Ex 1-15.
— les royaumes qui vous opprimaient Jg 3.8,14 ; 4.2 ; 6.1 ; 10.7 ; 13.1.]19 Et vous, aujourd'hui, vous avez rejeté votre Dieu, lui qui vous secourt dans tous vos malheurs et toutes vos détresses, et vous lui avez dit : “Tu nous donneras un roi.” Maintenant donc, présentez-vous devant le Seigneur, par tribus et par clans. » [Voir 1 S 8.7.]
20 Samuel fit approcher toutes les tribus d'Israël : la tribu de Benjamin fut désignée. [Procédure de désignation 1 S 14.40-42 ; Jos 7.16-18.]21 Il fit approcher la tribu de Benjamin par clans : le clan de Matri fut désigné. Puis Saül, fils de Qish, fut désigné. On le chercha sans le trouver. 22 On demanda encore au Seigneur : « Quelqu'un d'autre est-il venu ici ? » Le Seigneur dit : « Le voici, caché près des bagages. » [On demanda encore au Seigneur : la consultation se fait probablement au moyen du Ourim et du Toummim : voir Ex 28.30 et la note
— Quelqu'un d'autre : autre traduction, d'après l'ancienne version grecque, Cet homme.]23 On courut l'y chercher, et il se présenta au milieu du peuple : il dépassait tout le peuple de la tête et des épaules. 24 Samuel dit à tout le peuple : « Avez-vous vu celui qu'a choisi le Seigneur ? Il n'a pas son pareil dans tout le peuple. » Tout le peuple fit une ovation en criant : « Vive le roi ! » [Ps 72.15.]25 Samuel exposa au peuple le droit de la royauté, il l'écrivit dans le livre et le déposa devant le Seigneur. Puis Samuel renvoya tout le peuple, chacun chez soi. [1 S 8.11-18 ; Dt 17.14-20 ; Jos 24.26-28.]26 Saül aussi s'en alla chez lui, à Guivéa. Partirent avec lui les vaillants dont Dieu avait touché le cœur. [Guivéa : voir v. 5 et la note.
— les vaillants 1 S 14.52.]27 Mais des vauriens dirent : « Comment celui-ci nous sauverait-il ? » Ils le méprisèrent et ne lui apportèrent pas de présent. Mais lui resta indifférent.
Campagne et victoire contre les Ammonites
11 Nahash l'Ammonite monta contre Yavesh-de-Galaad et l'assiégea. Tous les gens de Yavesh dirent à Nahash : « Accorde-nous ton alliance et nous te servirons. » [l'Ammonite : venant d'Ammon, pays situé à l'est du Jourdain.
— Yavesh-de-Galaad : voir Jg 21.8 et la note.]2 Nahash l'Ammonite leur dit : « Voici comment je vous l'accorderai : en vous crevant àchacun l'œil droit. J'infligerai cette honte à tout Israël. » 3 Les anciens de Yavesh lui dirent : « Laisse-nous sept jours. Nous enverrons des messagers dans tout le territoire d'Israël et, si personne ne vient nous sauver, nous sortirons vers toi pour nous rendre. » 4 Les messagers arrivèrent à Guivéa de Saül et ils rapportèrent ces propos aux oreilles du peuple. Le peuple éclata en sanglots. [Voir 1 S 10.5 et la note.]5 Juste à ce moment, Saül revenait des champs, derrière ses bœufs. Saül dit : « Qu'a donc le peuple à pleurer ? » On lui raconta ce qu'avaient dit les gens de Yavesh. 6 L'esprit de Dieu fondit sur Saül quand il entendit ces paroles, et il entra dans une violente colère. [1 S 16.13 ; Jg 3.10 ; 6.34 ; 11.29 ; 13.25 ; 14.19.]7 Il prit une paire de bœufs, les dépeça et, par l'entremise des messagers, en envoya les morceaux dans tout le territoire d'Israël, en faisant dire : « Celui qui ne part pas à la guerre derrière Saül et Samuel, voilà ce qu'on fera à ses bœufs ! » Le Seigneur fit tomber la terreur sur le peuple, et ils partirent comme un seul homme. [en envoya les morceaux Jg 19.29.
— la terreur 1 S 14.15 ; Gn 35.5.]8 Saül les passa en revue à Bèzeq : les fils d'Israël étaient trois cent mille ; les hommes de Juda, trente mille. [Voir Jg 1.4 et la note.]9 On dit aux messagers qui étaient venus : « Vous parlerez ainsi aux gens de Yavesh-de-Galaad : Demain, à l'heure la plus chaude, vous aurez du secours. » Les messagers vinrent en informer les gens de Yavesh. Ils furent dans la joie. [Midi ou le début de l'après-midi.]10 Les gens de Yavesh dirent : « Demain, nous sortirons vers vous, et vous nous traiterez tout à votre guise. » [La réponse s'adresse soit à des envoyés de Saül, soit, sur un mode ironique, à Nahash.
— nous sortirons vers vous 1 S 11.3.]
11 Donc, le lendemain, Saül répartit le peuple en trois sections. Ils pénétrèrent dans le camp à la veille du matin et frappèrent les Ammonites jusqu'à l'heure la plus chaude du jour. Les survivants se dispersèrent, et il n'en resta pas deux ensemble. [trois sections Jg 7.16
— veille du matin : voir Ex 14.24 et la note.]12 Le peuple dit à Samuel : « Quels sont ceux qui disaient : “Saül régnera-t-il sur nous ?” Livrez-nous ces gens-là pour que nous les mettions à mort. » [1 S 10.27.]13 Saül dit : « Personne ne sera mis à mort en un jour pareil, car, aujourd'hui, le Seigneur a remporté une victoire en Israël. » [1 S 14.45 ; 2 S 19.23.]
14 Samuel dit au peuple : « Venez, allons à Guilgal : nous y renouvellerons la royauté. » [Voir 1 S 7.16 et la note.
— allons à Guilgal Jos 4.19-20.]15 Tout le peuple alla donc à Guilgal. Là, on fit de Saül un roi, en présence du Seigneur, à Guilgal ; on y offrit des sacrifices de paix en présence du Seigneur, et Saül et tous les gens d'Israël s'y livrèrent à de grandes réjouissances.
Discours d'adieu de Samuel
12 Samuel dit à tout Israël : « Voici que j'ai écouté votre voix en tout ce que vous m'avez dit : j'ai fait régner sur vous un roi. [Comparer Jos 23-24.]2 Et maintenant, voici le roi qui marche devant vous. Moi, je suis vieux, j'ai blanchi, et mes fils sont là avec vous. C'est moi qui ai marché devant vous depuis ma jeunesse jusqu'à ce jour. 3 Me voici. Déposez à mon sujet devant le Seigneur et devant son messie : De qui ai-je pris le bœuf et de qui ai-je pris l'âne ? Qui ai-je exploité et qui ai-je maltraité ? A qui ai-je extorqué de l'argent pour fermer les yeux sur son cas ? Je vous le rendrai. » [messie : voir 1 S 2.10 et la note.
— Liste des torts 1 S 8.11-18 ; Lv 6.2-5 ; Nb 16.15 ; Si 46.19.]4 Ils dirent : « Tu ne nous as pas exploités. Tu ne nous as pas maltraités. Tu n'as rien extorqué à personne. » 5 Il leur dit : « Le Seigneur est témoin contre vous, et son messie est témoin, en ce jour, que vous n'avez rien trouvé en ma main. » On répondit : « Il en est témoin. » 6 Et Samuel dit au peuple : « Le Seigneur — qui agit avec Moïse et Aaron et fit monter vos pères du pays d'Egypte ! » [Le Seigneur : sous-entendu en est témoin, comme le montre l'ancienne version grecque.
— vos pères ou vos ancêtres.]
7 « Et maintenant, tenez-vous là : devant le Seigneur, je citerai contre vous tous les actes de justice du Seigneur accomplis envers vous et envers vos pères. 8 Quand Jacob fut arrivé en Egypte, vos pères ont crié vers le Seigneur, et le Seigneur envoya Moïse et Aaron, qui firent sortir vos pères d'Egypte et les installèrent en ce lieu. 9 Mais ils ont oublié le Seigneur, leur Dieu, et lui les a vendus à Sisera, chef de l'armée de Haçor, aux Philistins et au roi de Moab, qui leur ont fait la guerre. [Sisera : voir Jg 4.
— les Philistins : voir Jg 14.
— Moab : voir Jg 3.12-14.]10 Alors, ils ont crié vers le Seigneur : “Nous avons péché, car nous avons abandonné le Seigneur et nous avons servi les Baals et les Astartés. Maintenant, délivre-nous de la main de nos ennemis, et nous te servirons.” [Voir Jg 2.13 et la note.]11 Et le Seigneur a envoyé Yeroubbaal, Bedân, Jephté et Samuel, il vous a délivrés de la main de vos ennemis d'alentour, et vous avez habité le pays en sécurité. [Yeroubbaal (ou Gédéon) : voir Jg 6-8 ; Bedân : personnage inconnu ; Jephté : voir Jg 11.]12 Mais quand vous avez vu que Nahash, le roi des fils d'Ammon, venait vous attaquer, vous m'avez dit : “Non, c'est un roi qui régnera sur nous.” Et pourtant le Seigneur, votre Dieu, est votre roi. [Voir ch. 11.]13 Maintenant donc, voici le roi que vous avez choisi, que vous avez demandé, et voici que le Seigneur vous a donné un roi. 14 Si vous craignez le Seigneur, si vous le servez, si vous écoutez sa voix sans vous révolter contre les ordres du Seigneur, alors vous-mêmes et le roi qui règne sur vous, vous continuerez à suivre le Seigneur, votre Dieu. [craindre, servir, écouter le Seigneur Dt 13.5.]15 Mais, si vous n'écoutez pas la voix du Seigneur, si vous vous révoltez contre les ordres du Seigneur, la main du Seigneur vous atteindra ainsi que vos pères. [si vous vous révoltez Dt 1.26,43 ; 28.15.
— la main du Seigneur Dt 2.15 ; Jg 2.15.
— ainsi que vos pères ou comme (elle a atteint) vos ancêtres.]
16 « Maintenant encore, tenez-vous ici et voyez cette grande chose que le Seigneur va accomplir sous vos yeux. 17 N'est-ce pas actuellement la moisson des blés ? Je vais invoquer le Seigneur et il fera tonner et pleuvoir. Comprenez donc et voyez la grandeur du mal que vous avez commis aux yeux du Seigneur en demandant pour vous-mêmes un roi. » [L'époque de la moisson des blés (mai-juin) est normalement une saison sèche.]18 Samuel invoqua le Seigneur, et le Seigneur fit tonner et pleuvoir, ce jour-là, et tout le peuple eut une grande crainte du Seigneur et de Samuel.
19 Tout le peuple dit à Samuel : « Intercède pour tes serviteurs auprès du Seigneur, ton Dieu, afin que nous ne mourions pas, car, à tous nos péchés, nous avons ajouté le tort de demander pour nous un roi. » 20 Samuel dit au peuple : « N'ayez pas de crainte. C'est bien vous qui avez fait tout ce mal. Pourtant, ne vous écartez pas du Seigneur, mais servez le Seigneur de tout votre cœur. [Dt 10.12 ; 11.13.]21 Ne vous écartez pas, car ce serait pour suivre des néants qui ne servent à rien et qui ne peuvent délivrer, puisqu'ils ne sont que néant. [Ou des faux dieux. Ps 115.4-7.]22 En effet, le Seigneur ne délaissera pas son peuple, à cause de son grand Nom, puisque le Seigneur a voulu faire de vous son peuple. [Dt 26.17-18 ; 27.9 ; 29.12 ; 2 S 7.24.]23 En ce qui me concerne, il serait abominable de pécher contre le Seigneur en cessant d'intercéder en votre faveur. Je vous enseignerai le bon et droit chemin. 24 Seulement craignez le Seigneur et servez-le avec loyauté, de tout votre cœur. Voyez, en effet, comme il s'est montré grand envers vous ! 25 Mais si vous faites le mal, vous serez anéantis, vous et votre roi. » [Jos 24.20.]
LES GUERRES DE SAÜL
Révolte contre les Philistins
13 Saül avait ... ans lorsqu'il devint roi et il régna deux ans sur Israël. [L'âge de Saül lors de son accession à la royauté manque dans le texte hébreu. De plus, le chiffre de deux années de règne est certainement trop faible (comparer Ac 13.21, qui parle de quarante ans).]2 Saül se choisit trois mille hommes en Israël : il y en eut deux mille avec Saül, à Mikmas et sur la montagne de Béthel, et mille avec Jonathan, à Guivéa de Benjamin. Il renvoya le reste du peuple, chacun à ses tentes. [Mikmas : localité située à 12 km au nord-est de Jérusalem.
— Béthel : voir Gn 12.8 et la note.
— Guivéa de Benjamin : voir 1 S 10.5 et la note.
— à ses tentes : voir Jos 22.4 et la note.]
3 Jonathan abattit le préfet des Philistins qui était à Guèva, et les Philistins l'apprirent. Alors Saül fit sonner du cor dans tout le pays en disant : « Que les Hébreux l'entendent ! » [le préfet ou la stèle, ou encore la garnison (comparer 1 S 10.5 et la note ; de même au verset suivant).
— Guèva : localité située à 9 km au nord-est de Jérusalem ; mais il vaudrait peut-être mieux lire, avec l'ancienne version grecque, Guivéa.
— fit sonner du cor 2 S 2.28 ; 18.16.]4 Tout Israël apprit la nouvelle : Saül avait abattu le préfet des Philistins, et Israël lui-même était devenu insupportable aux Philistins. Le peuple se rassembla donc derrière Saül à Guilgal. [Voir 1 S 7.16 et la note.
— devenu insupportable 2 S 10.6.]
5 Les Philistins s'étaient mobilisés contre Israël. Ils avaient trente mille chars, six mille cavaliers et une troupe aussi nombreuse que le sable des plages. Ils montèrent camper à Mikmas, à l'orient de Beth-Awèn. [aussi nombreux que le sable Gn 22.17.
— Beth-Awèn : autre nom de Béthel.]6 Les hommes d'Israël se virent en péril, car le peuple était serré de près. Le peuple se cacha donc dans les grottes, les trous, les rochers, les souterrains et les citernes. [1 S 14.11,22 ; Jg 6.2.]7 Des Hébreux passèrent même le Jourdain pour gagner le pays de Gad et de Galaad.
Saül était encore à Guilgal et derrière lui tout le peuple tremblait. 8 Saül attendit sept jours le rendez-vous de Samuel, mais Samuel ne vint pas à Guilgal, et le peuple abandonna Saül et se dispersa. [Voir 1 S 10.8.]9 Saül dit : « Amenez-moi l'holocauste et les sacrifices de paix. » Et il offrit l'holocauste. [Acte cultuel faisant partie des préparatifs de combat (voir 1 S 7.9).]10 Juste comme il achevait d'offrir l'holocauste, Samuel arriva. Saül sortit à sa rencontre pour le saluer. 11 Samuel dit : « Qu'as-tu fait ? » Saül dit : « Quand j'ai vu que le peuple m'abandonnait et se dispersait, que toi-même tu ne venais pas au rendez-vous et que les Philistins s'étaient rassemblés à Mikmas, 12 je me suis dit : “Maintenant, les Philistins vont descendre me rattraper à Guilgal, sans que j'aie apaisé le Seigneur.” Alors, j'ai pris sur moi et j'ai offert l'holocauste. » [Ou demandé au Seigneur de nous être favorable. Ex 32.11.]13 Samuel dit à Saül : « Tu as agi comme un fou ! Tu n'as pas gardé le commandement du Seigneur, ton Dieu, celui qu'il t'avait prescrit. Maintenant, en effet, le Seigneur aurait établi pour toujours ta royauté sur Israël. [2 S 24.10.]14 Mais maintenant, ta royauté ne tiendra pas. Le Seigneur s'est cherché un homme selon son cœur et le Seigneur l'a institué chef de son peuple, puisque tu n'as pas gardé ce que t'avait prescrit le Seigneur. » [Il s'agit de David, dont l'histoire est racontée à partir du ch. 16.
— un homme selon son cœur Ac 13.22.
— institué chef 1 S 25.30.]15 Samuel se mit en route et monta de Guilgal à Guivéa de Benjamin.
Saül passa en revue le peuple qui se trouvait avec lui : environ six cents hommes. 16 Saül, son fils Jonathan et le peuple qui se trouvait avec eux demeuraient à Guèva de Benjamin, tandis que les Philistins campaient à Mikmas.
17 Le corps de destruction sortit du camp philistin en trois sections. La première section se dirigeait vers Ofra, au pays de Shoual, [Ofra : localité située au nord de Mikmas ; le pays de Shoual n'est pas mentionné ailleurs.]18 la deuxième vers Beth-Horôn, la troisième vers la frontière qui domine le Val des Hyènes vers le désert. [Beth-Horôn : localité située à l'ouest de Mikmas.
— Val des Hyènes : région située au sud-est de Mikmas.]
19 On ne trouvait plus de forgeron dans tout le pays d'Israël car les Philistins s'étaient dit : « Il ne faut pas que les Hébreux se fabriquent des épées ou des lances. » [Jl 3.10 ; voir Es 2.4 ; Mi 4.3.]20 Tous les Israélites descendaient donc chez les Philistins pour affûter chacun son soc, sa houe, sa hache ou son burin. [La traduction des termes techniques mentionnés dans les v. 20-21 est incertaine.]21 L'affûtage coûtait deux tiers de sicle pour les socs, les houes, . . . , les haches et la remise en état des aiguillons. [sicle : voir au glossaire POIDS ET MESURES. -... : deux mots hébreux incompréhensibles.]22 Donc, au jour du combat, la troupe de Saül et de Jonathan se trouva dépourvue d'épées et de lances. On en trouva néanmoins pour Saül et pour son fils Jonathan. 23 Un poste de Philistins sortit vers la passe de Mikmas.
Jonathan victorieux des Philistins
14 Vint le jour où Jonathan, le fils de Saül, dit à son écuyer : « Viens, poussons jusqu'au poste des Philistins qui est de l'autre côté. » Mais il n'avait pas averti son père. 2 Saül était assis à la limite de Guivéa, sous le grenadier qui est à Migrôn. Il avait avec lui environ six cents hommes. [Guivéa : voir 1 S 10.5 et la note.
— Migrôn : localité non identifiée, proche de Mikmas (voir 1 S 13.2 et la note).]3 Ahiyya, fils d'Ahitouv, frère d'Ikavod, fils de Pinhas, fils d'Eli, le prêtre du Seigneur à Silo, portait l'éphod. Le peuple ne savait pas que Jonathan était parti. [Ikavod 1 S 4.21.
— Eli : voir ch. 1 — 4.
— Silo : voir 1 S 1.3 et la note.
— éphod : voir Ex 25.7 et la note.]4 Dans une des passes que Jonathan cherchait à traverser pour attaquer le poste des Philistins, se trouve de chaque côté une dent de rocher, l'une appelée Bocéç et l'autre Senné. 5 L'une des dents se dresse au nord, en face de Mikmas, l'autre au sud, en face de Guèva. [Voir 1 S 13.3 et la note.]
6 Jonathan dit à son écuyer : « Viens, poussons jusqu'au poste de ces incirconcis. Peut-être le Seigneur agira-t-il pour nous ; en effet, qu'on soit nombreux ou non, rien n'empêche le Seigneur de donner la victoire. » [1 S 17.47 ; Jg 7.2-7.]7 Son écuyer lui dit : « Fais tout à ton idée. Avance, et je te suis, à ton idée. » 8 Jonathan dit : « Maintenant, nous poussons dans leur direction, et nous allons être repérés par leurs hommes. 9 S'ils nous disent : “Halte ! Attendez que nous vous ayons rejoints !”, nous resterons sur place et nous ne monterons pas vers eux. 10 Mais s'ils disent : “Montez vers nous !”, nous monterons ; c'est que le Seigneur les aura livrés entre nos mains. Nous aurons là un signe. » 11 Ils se laissèrent donc repérer tous les deux par le poste des Philistins. Les Philistins dirent : « Voici des Hébreux qui sortent des trous où ils s'étaient cachés. » [1 S 13.6.]12 Les hommes du poste, s'adressant à Jonathan et à son écuyer, leur dirent : « Montez vers nous, nous avons quelque chose à vous apprendre. » Jonathan dit à son écuyer : « Monte derrière moi ; le Seigneur les a livrés aux mains d'Israël. » 13 Jonathan monta, en s'aidant des mains et des pieds, suivi de son écuyer. Les Philistins tombèrent sous les coups de Jonathan et son écuyer les achevait derrière lui. 14 Ce premier coup porté par Jonathan et son écuyer frappa une vingtaine d'hommes, sur un terrain d'à peine un demi-sillon de surface. [sur un terrain... : texte obscur et traduction incertaine.]15 Ce fut la terreur dans le camp, dans la campagne et parmi tout le peuple. Le poste et le corps de destruction furent terrifiés eux aussi. La terre trembla et ce fut une terreur de Dieu. [la terre trembla 1 S 4.5.
— une terreur de Dieu ou une terreur effroyable (= provoquée par Dieu).]
16 A Guivéa de Benjamin, les guetteurs de Saül regardaient. Ils virent la foule se répandre dans toutes les directions. 17 Saül dit au peuple qui était avec lui : « Faites donc l'appel, et voyez qui est parti de chez nous. » On fit l'appel : il manquait Jonathan et son écuyer. 18 Saül dit à Ahiyya : « Fais approcher l'arche de Dieu. » Il y avait en effet, ce jour-là, l'arche de Dieu et les fils d'Israël. [Ou parmi les Israélites.]19 Or pendant que Saül parlait au prêtre, l'agitation augmentait dans le camp des Philistins. Saül dit au prêtre : « Retire ta main. » 20 Saül et tout le peuple qui était avec lui se réunirent et arrivèrent sur le champ de bataille. Ils avaient tiré l'épée l'un contre l'autre et la confusion était totale. [Jg 7.22 ; Ez 38.21.]21 Les Hébreux qui avaient d'abord été au service des Philistins et qui étaient montés au camp avec eux tout autour se mirent eux aussi du côté d'Israël avec Saül et Jonathan. 22 Tous les hommes d'Israël qui s'étaient cachés dans la montagne d'Ephraïm, apprenant la déroute des Philistins, se mirent, eux aussi, à les talonner en combattant. [1 S 13.6.]23 Le Seigneur donna la victoire à Israël, ce jour-là, et le combat s'étendit au-delà de Beth-Awèn. [Autre nom de Béthel.]24 Les hommes d'Israël avaient souffert, ce jour-là, car Saül avait engagé le peuple par cette imprécation : « Maudit soit l'homme qui prendra de la nourriture avant le soir, avant que je ne me sois vengé de mes ennemis. » Dans le peuple, personne n'avait donc goûté de nourriture. [Le jeûne imposé par Saül est probablement une pratique visant à obtenir l'aide de Dieu et donc la victoire.
— Maudit soit... 1 S 26.19 ; Dt 27.15-26 ; Jos 6.26 ; Jr 11.3 ; 17.5 ; 20.15.]
Jonathan sauvé par le peuple
25 Tout le pays était entré dans la forêt. Sur le sol, il y avait du miel. [Ou Toute l'armée.]26 Quand le peuple entra dans la forêt, voici qu'il y coulait du miel. Personne néanmoins ne portait la main à sa bouche, car le peuple avait peur du serment. 27 Mais Jonathan n'avait pas entendu son père imposer au peuple le serment. Il tendit le bâton qu'il avait en main, en trempa le bout dans le miel, puis ramena la main à sa bouche : son regard devint clair. [Jonathan n'avait pas entendu 1 S 14.17.
— son regard devint clair ou ses yeux s'éclairèrent, c'est-à-dire il en fut réconforté. De même au v.29.]28 Quelqu'un du peuple intervint et dit : « Ton père a imposé au peuple un serment solennel, déclarant : “Maudit soit l'homme qui prendra de la nourriture aujourd'hui.” Et le peuple est épuisé. » 29 Jonathan dit : « Mon père a porté malheur au pays. Voyez comme j'ai le regard clair pour avoir goûté un peu de ce miel. 30 A plus forte raison, si, aujourd'hui, le peuple s'était nourri sur le butin trouvé chez l'ennemi, le coup porté aux Philistins n'aurait-il pas été plus fort ? »
31 Ce jour-là, ils battirent les Philistins, depuis Mikmas jusqu'à Ayyalôn. Le peuple, complètement épuisé, [Mikmas : voir 1 S 13.2 et la note.
— Ayyalôn : localité située à 25 km environ à l'ouest de Mikmas.]32 se jeta sur le butin. Il prit du petit bétail, des bœufs et des veaux, les égorgea sur le sol et mangea au-dessus du sang. [Allusion à une sorte de repas rituel auquel se mêlent des pratiques magiques contraires à la foi d'Israël : Lv 19.26 ; Ez 33.25. Autre traduction en mangea avec le sang (comparer Gn 9 ; Lv 17.10-11).]33 On le rapporta à Saül : « Le peuple, lui dit-on, est en train de pécher contre le Seigneur en mangeant au-dessus du sang ! » Saül dit : « Vous êtes des traîtres ! Roulez vers moi, à l'instant, une grosse pierre ! » 34 Saül dit : « Dispersez-vous parmi le peuple et dites : Que chacun m'amène son bœuf ou son mouton. Vous les égorgerez et les mangerez ici, sans pécher contre le Seigneur en mangeant auprès du sang. » Cette nuit-là, dans tout le peuple, chacun amena le bœuf qu'il détenait, et on égorgea à cet endroit. 35 C'est ainsi que Saül bâtit un autel au Seigneur : ce fut le premier autel qu'il bâtit au Seigneur. [1 S 7.17 ; Gn 8.20 ; 12.7-8 ; Jg 6.24 ; 2 S 24.18-25.]
36 Saül dit : « Descendons à la poursuite des Philistins pendant la nuit : nous les pillerons jusqu'au lever du jour et nous n'en laisserons subsister aucun. » Ils dirent : « Fais tout ce qui te plaît. » Le prêtre dit : « Approchons-nous de Dieu ici même. » [C'est-à-dire Consultons Dieu.]37 Saül demanda à Dieu : « Dois-je descendre à la poursuite des Philistins ? Les livreras-tu aux mains d'Israël ? » Mais, ce jour-là, Dieu ne lui répondit pas. [1 S 28.6.]38 Saül dit : « Approchez ici, vous tous, les chefs du peuple. Sachez voir en quoi a consisté le péché d'aujourd'hui. [Jos 7.11-15.]39 Oui, par la vie du Seigneur, le sauveur d'Israël, même s'il s'agit d'une faute de mon fils Jonathan, eh bien, il mourra. » Dans tout le peuple, personne ne lui répondit. 40 Saül dit alors à tout Israël : « Vous, mettez-vous d'un côté ; moi et mon fils Jonathan, nous serons de l'autre côté. » Le peuple dit à Saül : « Fais ce qui te semble bon. » 41 Et Saül dit au Seigneur : « Dieu d'Israël, donne une réponse complète ! » Jonathan et Saül furent désignés, et le peuple fut mis hors de cause. [Hébreu peu clair ; l'ancienne version grecque suppose un texte hébreu beaucoup plus long : Et Saül dit : « Seigneur, Dieu d'Israël, pourquoi n'as-tu pas répondu à ton serviteur aujourd'hui ? Si la faute est sur moi ou sur Jonathan, mon fils, Seigneur, Dieu d'Israël, donne Ourim ; et si la faute est sur ton peuple Israël, donne Toummim. » (Ourim, Toummim : voir Ex 28.30 et la note).]42 Saül dit : « Jetez le sort entre moi et mon fils Jonathan. » Et Jonathan fut désigné. 43 Saül dit à Jonathan : « Raconte-moi ce que tu as fait. » Jonathan le lui raconta. Il dit : « Oui, j'ai goûté un peu de miel au bout du bâton que j'avais à la main. Me voici, prêt à mourir. » [Jos 7.19.]44 Saül dit : « Que Dieu fasse ceci et encore cela ! Oui, tu mourras, Jonathan ! » [De nombreux manuscrits hébreux et plusieurs versions anciennes précisent Que Dieu me fasse... Par cette formule traditionnelle d'imprécation, une personne demandait à Dieu d'être punie, si elle n'accomplissait pas un serment. Comparer 1 S 3.17 et la note.]45 Le peuple dit à Saül : « Est-ce que Jonathan va mourir, lui qui a remporté cette grande victoire en Israël ? Ce serait abominable, par la vie du Seigneur ! Il ne tombera pas à terre un seul cheveu de sa tête, car c'est avec Dieu qu'il a agi aujourd'hui même. » Ainsi le peuple libéra Jonathan, et il ne mourut pas. [2 S 14.11 ; 1 R 1.52 ; Lc 21.18 ; Ac 27.34.]46 Saül remonta de la poursuite des Philistins, et les Philistins regagnèrent leur pays.
Notice sur le règne de Saül
47 Quand Saül se fut emparé de la royauté sur Israël, il fit la guerre alentour contre tous ses ennemis, contre Moab, contre les fils d'Ammon, contre Edom, contre les rois de Çova et contre les Philistins et, partout où il se tournait, il faisait du mal ! [Moab, Ammon, Edom, çova : quatre royaumes situés à l'est du Jourdain ; les Philistins : établis dans le sud-ouest de la Palestine, sur la côte méditerranéenne.
— il faisait du mal : plusieurs anciennes versions disent il était victorieux, ce qui semble mieux correspondre au contexte (v.48).]48 Il montra sa vaillance en battant Amaleq, délivrant ainsi Israël de la main de celui qui le pillait. [Ou les Amalécites : voir Ex 17.8 et la note.]
49 Les fils de Saül étaient Jonathan, Yishwi et Malki-Shoua. Les noms de ses deux filles étaient Mérav pour l'aînée, et Mikal pour la cadette. [1 S 18.17-20 ; 19.11-17.]50 La femme de Saül s'appelait Ahinoam, fille d'Ahimaaç. Le chef de son armée s'appelait Aviner, fils de Ner, oncle de Saül. 51 Qish était le père de Saül, et Ner le père d'Avner. Il était fils d'Aviël. 52 La guerre fut acharnée contre les Philistins durant tous les jours de Saül. Saül remarquait-il quelque brave, quelque vaillant, il se l'attachait. [1 S 10.26.]
Campagne contre Amaleq
15 Samuel dit à Saül : « C'est moi que le Seigneur a envoyé pour t'oindre comme roi sur son peuple Israël. Maintenant donc, écoute la voix, les paroles du Seigneur. [1 S 10.1.]2 Ainsi parle le Seigneur, le tout-puissant : Je vais demander compte à Amaleq de cequ'il a fait à Israël, en lui barrant la route quand il montait d'Egypte. [Ou aux Amalécites (de ce qu'ils ont fait) : voir Ex 17.8-16.]3 Maintenant donc, va frapper Amaleq. Vous devrez vouer à l'interdit tout ce qui lui appartient. Tu ne l'épargneras point. Tu mettras tout à mort, hommes et femmes, enfants et nourrissons, bœufs et moutons, chameaux et ânes. » [Voir Dt 2.34 et la note ; Jos 6.17-18 ; 10.28-39.]
4 Saül mobilisa le peuple et le passa en revue à Telaïm. Il y avait deux cent mille fantassins et, pour Juda, dix mille hommes. [Localité située probablement à 80 km environ au sud de Jérusalem.]5 Parvenu à la ville d'Amaleq, Saül se mit en embuscade dans le lit du torrent. [La ville d'Amaleq est inconnue.]6 Saül dit aux Qénites : « Partez, écartez-vous, quittez les rangs d'Amaleq, de peur que je ne te traite comme lui, alors que toi, tu as agi avec fidélité envers tous les fils d'Israël quand ils montaient d'Egypte. » Les Qénites s'écartèrent donc du milieu des Amalécites. [Nomades vivant dans la même région que les Amalécites.]7 Saül frappa Amaleq, depuis Hawila jusqu'à l'entrée de Shour, qui est en face de l'Egypte. [Hawila : voir Gn 2.11 et la note ; Shour 1 S 27.8 ; voir Ex 15.22 et la note.]8 Il prit vivant Agag, roi d'Amaleq, et il voua tout le peuple à l'interdit, au fil de l'épée. 9 Mais Saül et le peuple épargnèrent Agag et le meilleur du petit bétail, du gros bétail et des secondes portées, les agneaux et tout ce qu'il y avait de bon, et ils ne consentirent pas à les vouer à l'interdit. Mais toute la marchandise sans valeur et de mauvaise qualité, ils la vouèrent, elle, à l'interdit. [Mot hébreu obscur, traduction incertaine.]
10 La parole du Seigneur fut adressée à Samuel en ces termes : 11 « Je me repens d'avoir fait de Saül un roi, car il s'est détourné de moi et il n'a pas mis à exécution mes paroles. » L'émotion gagna Samuel, et il cria vers le Seigneur toute la nuit. [Gn 6.7 ; Ex 32.12-14 ; 2 S 24.16 ; Jr 18.8-10 ; Jon 3.10 ; 4.2.]12 Samuel se leva de bon matin pour aller à la rencontre de Saül. On vint dire à Samuel : « Sitôt arrivé à Karmel, Saül s'est érigé un monument ; puis il est reparti plus loin et il est descendu à Guilgal. » [Karmel : localité située à 40 km environ au sud de Jérusalem 1 S 25.2.
— Guilgal : voir 1 S 7.16 et la note.]13 Samuel se rendit auprès de Saül, et Saül lui dit : « Sois béni du Seigneur ! J'ai mis à exécution la parole du Seigneur. » 14 Samuel dit : « Quels sont ces bêlements que j'entends et ces meuglements qui frappent mes oreilles ? » 15 Saül dit : « Ils les ont ramenés de chez les Amalécites. C'est que le peuple a épargné le meilleur des brebis et des bœufs pour sacrifier au Seigneur ton Dieu. Quant au reste, nous l'avons voué à l'interdit. » [Voir Dt 2.34 et la note.]16 Samuel dit à Saül : « Assez. Je vais t'annoncer ce que m'a dit le Seigneur cette nuit. » Il lui dit : « Parle. » [2 S 7.4 ; voir 1 S 9.15.]17 Samuel dit : « Bien que tu sois peu de chose à tes propres yeux, n'es-tu pas à la tête des tribus d'Israël ? Le Seigneur t'a oint comme roi d'Israël. 18 Le Seigneur t'a envoyé en expédition et il a dit : “Va. Tu voueras à l'interdit ces pécheurs d'Amalécites et tu les combattras jusqu'à leur extermination.” 19 Pourquoi n'as-tu pas écouté la voix du Seigneur, pourquoi t'es-tu jeté sur le butin et as-tu fait ce qui est mal aux yeux du Seigneur ? » 20 Saül dit à Samuel : « J'ai obéi à la voix du Seigneur. Je suis parti en expédition là où le Seigneur m'avait envoyé. J'ai ramené Agag, roi d'Amaleq, et Amaleq lui-même, je l'ai voué à l'interdit. 21 Le peuple a pris sur le butin du petit et du gros bétail, le meilleur de ce que frappait l'interdit, pour sacrifier au Seigneur, ton Dieu, Guilgal. » 22 Samuel dit alors :
« Le Seigneur aime-t-il les holocaustes et les sacrifices
autant que l'obéissance à la parole du Seigneur ?
Non ! L'obéissance est préférable au sacrifice,
la docilité à la graisse des béliers. [Es 1.11 ; Os 6.6 ; Am 5.22 ; Mi 6.8 ; Mt 9.13.]
23 Mais la révolte vaut le péché de divination,
et l'opiniâtreté, la sorcellerie.
Puisque tu as rejeté la parole du Seigneur,
il t'a rejeté, tu n'es plus roi. »
24 Saül dit à Samuel : « J'ai péché, j'ai transgressé l'ordre du Seigneur et tes paroles. C'est que j'ai eu peur du peuple et je lui ai obéi. [Ex 9.27 ; Nb 22.34 ; 1 Ch 21.17 ; Mt 27.4 ; Lc 15.18.]25 Maintenant, je t'en prie, pardonne mon péché et reviens avec moi, que je me prosterne devant le Seigneur. » 26 Samuel dit à Saül : « Je ne reviendrai pas avec toi, car tu as rejeté la parole du Seigneur ; le Seigneur t'a rejeté, et tu n'es plus roi d'Israël. » [1 R 11.11.]
27 Quand Samuel se retourna pour partir, Saül attrapa le pan de son manteau, qui fut arraché. [1 R 11.30-31.]28 Samuel lui dit : « Le Seigneur t'a arraché la royauté d'Israël, aujourd'hui, et il l'a donnée à un autre, meilleur que toi. » [Allusion à David ; comparer 1 S 13.14 et la note.]29 Et aussi : « La Splendeur d'Israël ne se dément pas et ne se repent pas, car Il n'est pas un homme et n'a pas à se repentir. » [L'expression La Splendeur d'Israël désigne Dieu.
— ne se dément pas Nb 23.19.]30 Saül dit : « J'ai péché. Maintenant, je t'en prie, rends-moi honneur devant les anciens de mon peuple et devant Israël. Reviens avec moi : je me prosternerai devant le Seigneur, ton Dieu. » 31 Samuel revint à la suite de Saül, et Saül se prosterna devant le Seigneur.
32 Samuel dit : « Amenez-moi Agag, roi d'Amaleq. » Agag vint à lui d'un air satisfait. Il se disait : « Sûrement, l'amertume de la mort est écartée. » [Hébreu obscur ; autre traduction en chancelant.]33 Samuel dit : « Tout comme ton épée a privé des femmes de leurs enfants, que ta mère, entre les femmes, soit privée de son enfant ! » Et Samuel exécuta Agag devant le Seigneur à Guilgal. [la mère privée de son fils Jg 5.28.
— Guilgal : voir 1 S 7.16 et la note.]34 Samuel s'en alla à Rama et Saül remonta chez lui à Guivéa de Saül. [Rama : voir 1 S 1.1 et la note.
— Guivéa de Saül : voir 1 S 10.5 et la note.]35 Samuel ne revit plus Saül jusqu'au jour de sa mort : c'est que Samuel pleurait Saül, car le Seigneur s'était repenti d'avoir fait régner Saül sur Israël.
ASCENSION DE DAVID ET DÉCLIN DE SAÜL
Onction de David
16 Le Seigneur dit à Samuel : « Vas-tu longtemps pleurer Saül, alors que je l'ai moi-même rejeté, et qu'il n'est plus roi d'Israël ? Emplis ta corne d'huile et pars. Je t'envoie chez Jessé le Bethléémite, car j'ai vu parmi ses fils le roi qu'il me faut. » [Emplis ta corne (= récipient) d'huile : pour oindre un nouveau roi ; voir v. 13 ; 2 R 9.1,3.
— Jessé Es 11.1 ; Rt 4.17-22 ; Ac 13.22 ; Rm 15.12.]2 Samuel dit : « Comment puis-je y aller ? Si Saül l'apprend, il me tuera. » Le Seigneur dit : « Tu prendras avec toi une génisse et tu diras : “Je viens pour offrir un sacrifice au Seigneur.” 3 A l'occasion du sacrifice, tu inviteras Jessé. Alors je te ferai savoir moi-même ce que tu dois faire ; tu donneras pour moi l'onction à celui que je t'indiquerai. » [Dt 17.15.]
4 Samuel fit ce que le Seigneur avait dit, il arriva à Bethléem, et les anciens de la ville vinrent en tremblant à sa rencontre. On dit : « C'est une heureuse occasion qui t'amène ? » 5 Il répondit : « Oui. C'est pour sacrifier au Seigneur que je suis venu. Sanctifiez-vous et vous viendrez avec moi au sacrifice. » Il sanctifia Jessé et ses fils et les invita au sacrifice.
6 Quand ils arrivèrent, Samuel aperçut Eliav et se dit : « Certainement, le messie du Seigneur est là, devant lui. » [Voir 1 S 2.10 et la note.]7 Mais le Seigneur dit à Samuel : « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille. Je le rejette. Il ne s'agit pas ici de ce que voient les hommes : les hommes voient ce qui leur saute aux yeux, mais le Seigneur voit le cœur. » [sa haute taille 1 S 9.2.
— le Seigneur voit le cœur 1 R 8.39 ; Jr 11.20 ; 12.3 ; Ps 7.10 ; 17.3 ; Pr 15.11 ; 17.3.]8 Jessé appela Avinadav et le fit passer devant Samuel, mais Samuel dit : « Celui-ci non plus, le Seigneur ne l'a pas choisi. » 9 Jessé fit passer Shamma, mais Samuel dit : « Celui-ci non plus, le Seigneur ne l'a pas choisi. » 10 Jessé fit ainsi passer sept de ses fils devant Samuel, et Samuel dit à Jessé : « Le Seigneur n'a choisi aucun de ceux-là. »
11 Samuel dit à Jessé : « Les jeunes gens sont-ils là au complet ? » Jessé répondit : « Il reste encore le plus jeune : il fait paître le troupeau. » Samuel dit à Jessé : « Envoie-le chercher. Nous ne nous mettrons pas à table avant son arrivée. » [David berger 1 S 16.19 ; 17.15,40 ; Si 47.3 ; voir Ps 23.]12 Jessé le fit donc venir. Il avait le teint clair, une jolie figure et une mine agréable. Le Seigneur dit : « Lève-toi, donne-lui l'onction, c'est lui. » [Autre traduction Il était roux.]13 Samuel prit la corne d'huile et il lui donna l'onction au milieu de ses frères, et l'esprit du Seigneur fondit sur David à partir de ce jour. Samuel se mit en route et partit pour Rama. [il lui donna l'onction 1 S 10.1 ; 1 R 1.39 ; 2 R 9.6.
— l'esprit du Seigneur fondit sur David 1 S 11.6.
— Rama : voir 1 S 1.1 et la note.]
David au service de Saül
14 L'esprit du Seigneur s'était retiré de Saül et un esprit mauvais, venu du Seigneur, le tourmentait. [1 S 18.10 ; 19.9.]15 Les serviteurs de Saül lui dirent : « Voici qu'un esprit mauvais, venu de Dieu, te tourmente. 16 Que notre seigneur parle. Tes serviteurs sont à ta disposition : ils chercheront un homme qui sache jouer de la cithare ; ainsi, quand un esprit mauvais, venu de Dieu, t'assaillira, il en jouera, et cela te soulagera. » [C'est-à-dire nous sommes à ta disposition.]
17 Saül dit à ses serviteurs : « Trouvez-moi donc un bon musicien et amenez-le-moi. » [2 R 3.15 ; voir Si 47.8.]18 Un des domestiques répondit : « J'ai vu, justement, un fils de Jessé le Bethléémite. Il sait jouer, c'est un brave, un bon combattant, il parle avec intelligence, il est bel homme. Et le Seigneur est avec lui. » [Ou un vaillant homme ; Ps 89.20.]19 Saül envoya des messagers à Jessé. Il lui dit : « Envoie-moi ton fils David, celui qui s'occupe du troupeau. » 20 Jessé prit un âne, du pain, une outre de vin et un chevreau et envoya son fils David les porter à Saül.
21 David arriva auprès de Saül et se mit à son service. Saül se prit d'une vive affection pour lui, et David devint son écuyer. 22 Saül envoya dire à Jessé : « Que David reste donc à mon service, car il me plaît. » 23 Ainsi, lorsque l'esprit de Dieu assaillait Saül, David prenait la cithare et il en jouait. Alors Saül se calmait, se sentait mieux et l'esprit mauvais se retirait de lui.
David et Goliath
17 Les Philistins rassemblèrent leurs armées pour la guerre. Ils se rassemblèrent à Soko de Juda et ils campèrent entre Soko et Azéqa, à Efès-Dammim. [Deux localités situées à 30 km environ au sud-ouest de Jérusalem.]2 Saül et les hommes d'Israël se rassemblèrent et campèrent dans la vallée du Térébinthe, et ils se rangèrent en bataille face aux Philistins. [Au sud de Soko et Azéqa.]3 Les Philistins se tenaient sur la montagne d'un côté ; les Israélites se tenaient sur la montagne de l'autre côté ; la vallée était entre eux.
4 Un champion sortit du camp philistin. Il s'appelait Goliath et il était de Gath. Sa taille était de six coudées et un empan. [Le champion philistin 2 S 21.15-22.
— Gath : voir 1 S 5.8 et la note.
— six coudées et un empan : plus de 2.80m ; voir au glossaire POIDS ET MESURES.]5 Il était coiffé d'un casque de bronze et revêtu d'une cuirasse à écailles. Le poids de la cuirasse était de cinq mille sicles de bronze. [Environ 60kg ; voir au glossaire POIDS ET MESURES.]6 Il avait aux jambes des jambières de bronze, et un javelot de bronze en bandoulière. 7 Le bois de sa lance était comme l'ensouple des tisserands, et la pointe de sa lance pesait six cents sicles de fer. Le porte-bouclier marchait devant lui.
8 Il se campa, et il interpella les lignes d'Israël. Il leur dit : « A quoi bon sortir vous ranger en bataille ? Ne suis-je pas le Philistin, et vous des esclaves de Saül ? Choisissez-vous un homme, et qu'il descende vers moi ! [1 S 8.17.]9 S'il est assez fort pour lutter avec moi et qu'il me batte, nous serons vos esclaves. Si je suis plus fort que lui et que je le batte, vous serez nos esclaves et vous nous servirez. » 10 Le Philistin dit : « Moi, aujourd'hui, je lance le défi aux lignes d'Israël : Donnez-moi un homme, pour que nous combattions ensemble ! » [Combat singulier voir 2 S 2.14-15.]11 Saül et tout Israël entendirent ces paroles du Philistin et furent écrasés de terreur.
12 David était le fils d'un Ephratéen, celui de Bethléem de Juda, qui s'appelait Jessé et avait huit fils. Cet homme était âgé au temps de Saül, il avait fourni des hommes. [Originaire du clan judéen d'Ephrata.]13 Les trois fils aînés de Jessé s'en étaient donc allés. Ils avaient suivi Saül à la guerre. Les trois fils de Jessé qui étaient allés à la guerre s'appelaient, l'aîné Eliav, le second Avinadav, et le troisième Shamma. 14 David était le plus jeune ; les trois aînés avaient suivi Saül, 15 mais David allait chez Saül et en revenait pour paître le troupeau de son père à Bethléem. [1 S 16.11.]
16 Le Philistin s'avança matin et soir et il se présenta ainsi pendant quarante jours.
17 Jessé dit à son fils David : « Prends donc pour tes frères cette mesure de blé grillé et ces dix pains, et cours les porter au camp à tes frères. 18 Et ces dix fromages, tu les porteras au chef de millier. Tu prendras des nouvelles de la santé de tes frères et tu recevras d'eux un gage. [Voir Nb 1.16 et la note.]19 Saül est avec eux et avec tous les hommes d'Israël dans la vallée du Térébinthe, en train de se battre contre les Philistins. » [Voir v.2 et la note.]
20 David se leva de bon matin, laissa le troupeau à un gardien, prit sa charge, s'en alla, suivant l'ordre de Jessé, et arriva au campement. L'armée, qui allait rejoindre le front, poussait le cri de guerre. 21 Israélites et Philistins prirent position, front contre front. 22 David laissa les bagages, dont il s'était déchargé, entre les mains du gardien des bagages, puis il courut au front et vint saluer ses frères. 23 Comme il parlait avec eux, voici que montait, des lignes philistines, le champion appelé Goliath, le Philistin de Gath. Il tint le même discours, et David l'entendit. [Gath : voir 1 S 5.8 et la note.
— le même discours : voir v.8-10.]24 En voyant cet homme, tous les hommes d'Israël eurent très peur et s'enfuirent. 25 Les hommes d'Israël disaient : « Avez-vous vu cet homme qui monte ? C'est pour défier Israël qu'il monte. Qu'un homme le batte, et le roi le fera très riche. Il lui donnera sa fille et, à sa famille, des privilèges en Israël. » [1 S 18.27 ; Jos 15.16.]
26 David dit aux hommes qui se tenaient près de lui : « Que fera-t-on pour l'homme qui battra ce Philistin et qui écartera la honte d'Israël ? Qui est-il, en effet, ce Philistin incirconcis, pour qu'il ait défié les lignes du Dieu vivant ? » 27 Les gens lui répondirent de la même manière : « Voilà ce qu'on fera pour l'homme qui le battra. »
28 Eliav, son frère aîné, entendit David parler aux hommes. Il se mit en colère contre lui et lui dit : « Pourquoi donc es-tu descendu ? A qui as-tu laissé ton petit troupeau dans le désert ? Je connais, moi, ta turbulence et tes mauvaises intentions : c'est pour voir la bataille que tu es descendu. » 29 David dit : « Mais qu'ai-je fait ? Je n'ai fait que parler. » 30 Il le quitta et, s'adressant à un autre, il lui répéta sa question. Les gens lui firent la même réponse qu'auparavant.
31 Cependant, les paroles prononcées par David avaient été entendues, et on les avait rapportées à Saül. Celui-ci le fit venir. 32 David dit à Saül : « Que personne ne se décourage à cause de ce Philistin, ton serviteur ira le combattre. » 33 Saül dit à David : « Tu es incapable d'aller te battre contre ce Philistin : tu n'es qu'un gamin, et lui est un homme de guerre depuis sa jeunesse. » 34 David dit à Saül : « Ton serviteur était berger chez son père. S'il venait un lion, et même un ours, pour enlever une brebis du troupeau, [Si 47.3.]35 je partais à sa poursuite, je le frappais et la lui arrachais de la gueule. Quand il m'attaquait, je le saisissais par les poils et je le frappais à mort. 36 Ton serviteur a frappé et le lion et l'ours. Ce Philistin incirconcis sera comme l'un d'entre eux, car il a défié les lignes du Dieu vivant. » 37 David dit : « Le Seigneur qui m'a arraché aux griffes du lion et de l'ours, c'est lui qui m'arrachera de la main de ce Philistin. » Saül dit à David : « Va, et que le Seigneur soit avec toi. » [1 S 18.12 ; 20.13 ; Ex 10.10 ; 2 S 14.17 ; 1 R 8.57 ; 1 Ch 22.11 ; 2 Ch 36.23.]
38 Saül revêtit David de ses propres habits, lui mit sur la tête un casque de bronze et le revêtit d'une cuirasse. 39 David ceignit aussi l'épée de Saül par-dessus ses habits et essaya en vain de marcher, car il n'était pas entraîné. David dit à Saül : « Je ne pourrai pas marcher avec tout cela, car je ne suis pas entraîné. » Et David s'en débarrassa. 40 Il prit en main son bâton, se choisit dans le torrent cinq pierres bien lisses, les mit dans son sac de berger, dans la sacoche, et, la fronde à la main, s'avança contre le Philistin. [1 S 16.11.]
41 Le Philistin, précédé de son porte-bouclier, se mit en marche, s'approchant de plus en plus de David. 42 Le Philistin regarda et, quand il aperçut David, il le méprisa : c'était un gamin au teint clair et à la jolie figure. [Voir 1 S 16.12 et la note.]43 Le Philistin dit à David : « Suis-je un chien pour que tu viennes à moi armé de bâtons ? » Et le Philistin maudit David par ses dieux. [2 S 3.8.]44 Le Philistin dit à David : « Viens ici, que je donne ta chair aux oiseaux du ciel et aux bêtes des champs. » [Dt 28.26 ; Jr 19.7.]45 David dit au Philistin : « Toi, tu viens à moi armé d'une épée, d'une lance et d'un javelot ; moi, je viens à toi armé du nom du Seigneur, le tout-puissant, le Dieu des lignes d'Israël, que tu as défié. [Ps 20.8-9.]46 Aujourd'hui même, le Seigneur te remettra entre mes mains : je te frapperai et je te décapiterai. Aujourd'hui même, je donnerai les cadavres de l'armée philistine aux oiseaux du ciel et aux animaux de la terre. Et toute la terre saura qu'il y a un Dieu pour Israël. [1 R 18.37 ; 2 R 19.19 ; voir 1 R 20.13,28.]47 Et toute cette assemblée le saura : ce n'est ni par l'épée, ni par la lance que le Seigneur donne la victoire, mais le Seigneur est le maître de la guerre et il vous livrera entre nos mains. » [Dt 33.29 ; 2 S 23.10 ; Ps 118.16 ; 1 Co 15.57.]
48 Tandis que le Philistin s'ébranlait pour affronter David et s'approchait de plus en plus, David courut à toute vitesse pour se placer et affronter le Philistin. 49 David mit prestement la main dans son sac, y prit une pierre, la lança avec la fronde et frappa le Philistin au front. La pierre s'enfonça dans son front, et il tomba la face contre terre. 50 Ainsi David triompha du Philistin par la fronde et la pierre. Il frappa le Philistin et le tua. Il n'y avait pas d'épée dans la main de David. [Jg 3.31 ; 15.15.]
51 David courut, s'arrêta près du Philistin, lui prit son épée en la tirant du fourreau et avec elle acheva le Philistin et lui trancha la tête. Voyant que leur héros était mort, les Philistins prirent la fuite. 52 Les hommes d'Israël et de Juda s'ébranlèrent en poussant le cri de guerre et poursuivirent les Philistins jusqu'à l'entrée de la vallée et jusqu'aux portes d'Eqrôn. Des cadavres de Philistins gisaient sur la route de Shaaraïm, et jusqu'à Gath et à Eqrôn. [Shaaraïm : endroit non identifié.
— Gath, Eqrôn : voir 1 S 5.8,10 et les notes.]53 Après une chaude poursuite, les fils d'Israël revinrent piller le camp des Philistins. 54 David prit la tête du Philistin et l'apporta à Jérusalem et il mit ses armes dans sa propre tente.
David présenté à Saül
55 Voyant David partir pour affronter le Philistin, Saül avait dit à Avner, le chef de l'armée : « De qui ce garçon est-il le fils, Avner ? » Et Avner avait dit : « Par ta vie, ô roi, je ne sais pas. » 56 Le roi avait dit : « Demande toi-même de qui ce jeune homme est le fils. » 57 Lorsque David revint, après avoir abattu le Philistin, Avner le prit et l'amena devant Saül. Il avait à la main la tête du Philistin. 58 Saül lui dit : « De qui es-tu le fils, mon garçon ? » David dit : « Je suis le fils de ton serviteur, Jessé le Bethléémite. »
18 Or, dès que David eut fini de parler à Saül, Jonathan s'attacha à David et l'aima comme lui-même. [1 S 19.1-7 ; 20 ; 23.16-18 ; 2 S 1.26.]2 Ce jour-là, Saül retint David et ne le laissa pas retourner chez son père. 3 Alors, Jonathan fit alliance avec David, parce qu'il l'aimait comme lui-même. 4 Jonathan se dépouilla du manteau qu'il portait et le donna à David, ainsi que ses habits, et jusqu'à son épée, son arc et son ceinturon. 5 Dans ses expéditions, partout où l'envoyait Saül, David réussissait. Saül le mit à latête des hommes de guerre. Il était bien vu de tout le peuple et aussi des serviteurs de Saül. [1 S 18.14,16,30 ; 23.5 ; 27.8-11 ; 30.1-20.]
Jalousie de Saül
6 A leur arrivée, quand David revint après avoir battu le Philistin, les femmes sortirent de toutes les villes d'Israël, en chantant et en dansant, à la rencontre du roi Saül, au son des tambourins, des cris de joie et des sistres. [chantant et dansant 1 S 21.12 ; Ex 15.20 ; Jg 5.1 ; 11.34 ; Jdt 15.12.
— sistres ou triangles (instruments de musique).]7 Et les femmes, qui s'ébattaient, chantaient en chœur :
« Saül en a battu des mille,
et David des myriades. » [1 S 21.12 ; 29.5.]
8 Saül fut très irrité. Le mot lui déplut. Il dit : « On attribue les myriades à David, et à moi les mille. Il ne lui manque plus que la royauté ! » 9 Et Saül regarda David de travers à partir de ce jour-là.
Premier récit de l'attentat manqué
10 Le lendemain, un esprit mauvais, venu de Dieu, fondit sur Saül, et il entra en transe dans sa maison. David jouait de son instrument comme les autres jours et Saül avait sa lance en main. [1 S 16.14.]11 Saül jeta la lance et dit : « Je vais clouer David au mur ! » Mais David, par deux fois, l'évita. 12 Saül craignit David, car le Seigneur était avec lui et s'était retiré de Saül. [craignit David 1 S 18.29.
— Le Seigneur était avec lui 1 S 16.18 ; 17.37 ; Gn 39.2 ; Nb 23.21 ; 2 S 5.10 ; 2 R 18.7.]13 Saül l'écarta d'auprès de lui en le nommant chef de millier. David partait et rentrait à la tête du peuple, [Voir Nb 1.16 et la note.]14 il réussissait dans toutes ses expéditions, et le Seigneur était avec lui. 15 Voyant combien il réussissait, Saül eut peur de lui. 16 Mais tout Israël et Juda aimaient David, parce que c'était lui qui partait et rentrait à leur tête. [2 S 5.2.]
Mariage de David
17 Saül dit à David : « Voici ma fille aînée Mérav. C'est elle que je te donnerai pour femme. Mais sois vaillant à mon service et livre les guerres du Seigneur. » Saül s'était dit : « Ne portons pas la main sur lui, que des Philistins le fassent. » [ma fille 1 S 17.25.
— les guerres du Seigneur 1 S 25.28.]18 David dit à Saül : « Qui suis-je, qu'est mon lignage, le clan de mon père, en Israël, pour que je devienne le gendre du roi ? » 19 Et au moment où Mérav, fille de Saül, devait être donnée à David, elle fut donnée pour femme à Adriël de Mehola. [Ou d'Avel-Mehola : voir Jg 7.22 et la note ; 2 S 21.8.]
20 Mikal, fille de Saül, s'éprit de David. On en informa Saül, et la chose lui parut bonne. 21 Saül se disait : « Je vais la lui donner, afin qu'elle soit un piège pour lui et que des Philistins mettent la main sur lui. » Saül a donc dit à David en deux occasions : « Tu seras mon gendre aujourd'hui. » 22 Saül donna cet ordre à ses serviteurs : « Parlez à David en secret. Dites-lui : Le roi te veut du bien et tous ses serviteurs t'aiment. Deviens donc le gendre du roi ! » 23 Les serviteurs de Saül répétèrent ces paroles aux oreilles de David. David déclara : « Tenez-vous pour négligeable d'être le gendre du roi ? Or, moi je suis un homme pauvre et négligeable. » 24 Les serviteurs de Saül lui rapportèrent ces paroles : « Voilà, dirent-ils, comment David a parlé. »
25 Saül dit : « Vous parlerez ainsi à David : Le roi ne veut pour don nuptial que cent prépuces de Philistins, pour tirer vengeance des ennemis du roi. » Saül comptait ainsi faire tomber David aux mains des Philistins. [don nuptial : pour se marier, un fiancé devait offrir au père de la fiancée un cadeau, généralement sous forme d'argent (voir Gn 34.12).
— cent prépuces de Philistins : les Philistins étaient des incirconcis ; voir au glossaire CIRCONCISION.]26 Les serviteurs de Saül rapportèrent à David ces paroles. La proposition parut bonne à David pour devenir le gendre du roi. Le délai n'était pas écoulé 27 que David se mit en route et partit avec ses hommes. Il abattit, parmi les Philistins, deux cents hommes. David apporta leurs prépuces, dont on fit le compte devant le roi, pour que David devienne le gendre du roi. Et Saül lui donna pour femme sa fille Mikal. [1 S 17.25.]
28 Saül vit et comprit que le Seigneur était avec David et que Mikal, fille de Saül, l'aimait. [1 S 18.12.]29 Saül craignit encore plus David, et Saül lui devint définitivement hostile. 30 Les chefs des Philistins firent une sortie. A chacune de leurs sorties, David remportait plus de succès que tous les serviteurs de Saül, de sorte que son nom devint illustre.
Jonathan intervient pour David
19 Saül parla à son fils Jonathan et à tous ses serviteurs de son projet de faire mourir David. Or, Jonathan, fils de Saül, aimait beaucoup David. [1 S 18.1.]2 Jonathan informa David : « Mon père Saül, dit-il, cherche à te faire mourir. Tiens-toi sur tes gardes demain matin, reste à l'abri et cache-toi. 3 Pour moi, je sortirai et je me tiendrai près de mon père dans le champ où tu seras. Je parlerai de toi à mon père ; je verrai ce qu'il en est et je t'en informerai. »
4 Jonathan parla à son père Saül en faveur de David. Il lui dit : « Que le roi ne pèche pas contre son serviteur David, car il n'a point péché contre toi et ses hauts faits sont pour toi une excellente chose. 5 Au péril de sa vie, il a battu le Philistin, et le Seigneur a accompli une grande victoire pour tout Israël. Tu l'as vu et tu t'es réjoui. Pourquoi donc pécherais-tu en répandant le sang d'un innocent, en faisant mourir David sans motif ? » [Dt 19.10,13 ; 21.8-9 ; 27.25 ; 2 R 21.16 ; 24.4.]6 Saül écouta la voix de Jonathan et Saül fit ce serment : « Par la vie du Seigneur, il ne sera pas mis à mort ! » 7 Jonathan appela David et lui rapporta toutes ces paroles. Puis Jonathan amena David à Saül, et David fut à son service comme par le passé.
Deuxième récit de l'attentat manqué
8 Comme la guerre avait repris, David partit combattre les Philistins. Il leur porta un coup très dur, et ils s'enfuirent devant lui.
9 Un esprit mauvais, venu du Seigneur, s'empara de Saül. Il était assis dans sa maison, la lance à la main, tandis que David jouait de son instrument. [1 S 16.14.]10 Saül chercha à clouer David au mur avec sa lance, mais David esquiva le coup de Saül, et la lance de Saül se planta dans le mur. David prit la fuite et s'échappa cette nuit-là.
David sauvé par Mikal
11 Saül envoya des émissaires à la maison de David pour le surveiller et le mettre à mort le lendemain matin. Sa femme Mikal en informa David et lui dit : « Si tu ne sauves pas ta vie cette nuit, demain tu seras mis à mort. » [Ps 59.1.]12 Mikal fit descendre David par la fenêtre. Il prit la fuite et fut sauvé. [Jos 2.15 ; Ac 9.25 ; 2 Co 11.32-33.]13 Mikal prit l'idole, la plaça sur le lit, mit à son chevet le filet en poil de chèvre et la couvrit d'un vêtement. [Mot hébreu obscur, traduction incertaine.]
14 Saül envoya des émissaires pour s'emparer de David. Mikal dit : « Il est malade. » 15 Saül envoya les émissaires pour voir David. Il leur dit : « Apportez-le-moi dans son lit pour que je le mette à mort. » 16 Quand les émissaires entrèrent, il n'y avait dans le lit que l'idole avec le filet en poil de chèvre à son chevet ! 17 Saül dit à Mikal : « Pourquoi m'as-tu trompé de la sorte ? Tu as laissé partir mon ennemi, et il s'est sauvé ! » Mikal dit à Saül : « C'est lui qui m'a dit : “Laisse-moi partir. Devrai-je te mettre à mort ?” »
Saül et David à Rama
18 S'étant ainsi sauvé par la fuite, David arriva chez Samuel à Rama et il l'informa de tout ce que lui avait fait Saül. Lui et Samuel allèrent habiter aux Nayoth. [Rama : voir 1 S 1.1 et la note.
— Nayoth : endroit inconnu ; mais le mot hébreu pourrait aussi être un nom commun, signifiant cellules.]19 On vint dire à Saül : « Voici que David est aux Nayoth de Rama. » 20 Saül envoya des émissaires pour s'emparer de David. Ils aperçurent la communauté des prophètes en train de prophétiser, et Samuel debout à leur tête. L'esprit de Dieu s'empara des émissaires de Saül, et ils entrèrent en transe eux aussi. [Le mot hébreu est obscur ; autre traduction l'assemblée.]21 On le rapporta à Saül qui envoya d'autres émissaires ; ils entrèrent en transe eux aussi. Saül envoya un troisième groupe d'émissaires ; ils entrèrent en transe eux aussi. [2 R 1.9-14.]22 Il partit lui-même pour Rama et parvint à la grande citerne qui se trouve à Sékou. Il demanda : « Où sont Samuel et David ? » On lui dit : « Aux Nayoth de Rama ! » [Endroit non identifié.]23 Il se rendit là-bas, aux Nayoth de Rama. L'esprit de Dieu s'empara de lui aussi et il continua à marcher en état de transe jusqu'à son arrivée aux Nayoth de Rama. [1 S 10.6,10.]24 Lui aussi se dépouilla de ses vêtements et il fut en transe, lui aussi, devant Samuel. Puis, nu, il s'écroula et resta ainsi toute la journée et toute la nuit. Voilà pourquoi on dit : « Saül est-il aussi parmi les prophètes ? » [1 S 10.12.]
Jonathan facilite le départ de David
20 David s'enfuit des Nayoth de Rama, et vint dire devant Jonathan : « Qu'ai-je fait, quelle est ma faute et quel est mon péché vis-à-vis de ton père pour qu'il en veuille à ma vie ? » [Nayoth de Rama : voir 1 S 19.18 et la note.
— quel est mon péché ? 1 S 24.12 ; 26.18.]2 Jonathan lui répondit : « Ce serait abominable ! Tu ne mourras pas. Voyons, mon père ne fait absolument rien sans m'en avertir. Pourquoi donc mon père m'aurait-il caché cette affaire ? C'est impossible. » 3 David dit encore avec serment : « Ton père sait très bien que je suis en faveur auprès de toi. Il s'est dit : “Que Jonathan n'en sache rien, afin qu'il n'ait pas de peine.” Mais, par la vie du Seigneur et par ta propre vie, il n'y a qu'un pas entre moi et la mort ! » [1 S 18.1.]4 Jonathan dit à David : « Ce que tu désires, je le ferai pour toi. » 5 David dit à Jonathan : « Voici demain la nouvelle lune, et moi, je devrais m'asseoir auprès du roi pour manger. Mais tu me laisseras partir, et je me cacherai dans la campagne jusqu'au soir, pour la troisième fois. [Ou néoménie ; Nb 28.11.]6 Si ton père remarque mon absence, tu lui diras : “David a insisté pour avoir la permission de faire un saut à Bethléem, sa ville, car on y célèbre le sacrifice annuel pour tout le clan.” 7 Si le roi dit : “C'est bien !”, alors ton serviteur est tranquille. Mais s'il se met en colère, sache qu'il a décidé ma perte. [C'est-à-dire je suis tranquille.]8 Agis avec fidélité à l'égard de ton serviteur, puisque tu l'as fait entrer dans une alliance avec toi au nom du Seigneur. D'ailleurs, si je suis coupable en quoi que ce soit, fais-moi mourir toi-même ; pourquoi me faire venir devant ton père ? » [1 S 18.3.]9 Jonathan dit : « Ce serait abominable ! Si vraiment je sais que mon père a décidé ta perte, je t'en informerai, je te le jure. » 10 David dit à Jonathan : « Qui m'informera si ton père te répond durement ? » 11 Jonathan dit à David : « Viens, sortons dans la campagne ! » Ils sortirent donc tous les deux dans la campagne.
12 Jonathan dit à David : « Par le Seigneur, le Dieu d'Israël, oui, je sonderai les intentions de mon père, à cette heure-ci, demain, pour la troisième fois. Si tout va bien pour David et qu'en ce cas je ne te fasse pas avertir, 13 que le Seigneur fasse à Jonathan ceci et encore cela ! S'il plaît à mon père d'amener sur toi le malheur, je t'avertirai, je te ferai partir, et tu t'en iras tranquille. Et que le Seigneur soit avec toi comme il fut avec mon père ! [que le Seigneur fasse... : voir 1 S 14.44 et la note.
— que le Seigneur soit avec toi 1 S 17.37.
— comme avec mon père 1 S 10.7.]14 N'est-ce pas ? si je reste en vie, tu devras agir envers moi avec la fidélité qu'exige le Seigneur. Et si je meurs, n'est-ce pas ? 15 tu ne devras jamais retirer à ma maison ta fidélité, pas même quand le Seigneur retirera les ennemis de David, un par un, de la surface de la terre. » [ma maison ou ma famille, mes descendants.
— ta fidélité à ma maison 1 S 24.22 ; 2 S 9 ; 21.7.]16 Et Jonathan conclut un pacte avec la maison de David : « . . . et le Seigneur en demandera compte à David, ou plutôt à ses ennemis ! » 17 Jonathan fit encore prêter serment à David, dans son amitié pour lui, car il l'aimait comme lui-même.
18 Jonathan lui dit : « C'est demain la nouvelle lune. On remarquera ton absence, car ton siège restera vide. [Ou néoménie.]19 Tu recommenceras après-demain. Tu descendras beaucoup. Tu iras à l'endroit où tu étais caché le jour de l'affaire et tu t'assiéras auprès de la pierre Ezel. [Le texte hébreu du v. 19 est obscur ; il fait allusion à un épisode inconnu (l'affaire), et mentionne un endroit également inconnu (la pierre Ezel).]20 Quant à moi, je tirerai ces trois flèches sur le côté, en visant ma cible. 21 Alors j'enverrai le garçon : “Va, retrouve les flèches !” Si je dis au garçon : “Les flèches sont en deçà de toi, ramasse-les !” alors, viens ; tu peux être tranquille, c'est qu'il ne se passe rien, par la vie du Seigneur. 22 Mais si je dis au jeune homme : “Les flèches sont au-delà de toi”, va-t'en, car le Seigneur te fait partir. 23 Quant à la parole que nous avons échangée, toi et moi, le Seigneur est entre toi et moi à jamais. » 24 David se cacha donc dans la campagne.
La nouvelle lune arriva, et le roi s'assit à table pour le repas. 25 Le roi s'assit sur son siège, comme les autres fois, sur le siège placé contre le mur. Jonathan se leva. Avner s'assit à côté de Saül. La place de David resta vide. 26 Saül ne dit rien ce jour-là, car il se disait : « C'est un accident. Il n'est pas pur. C'est certain. » [Un homme en état d'impureté n'était pas autorisé à participer à un repas de fête religieuse (voir par exemple Lv 7.21).]27 Or, le lendemain de la nouvelle lune, le second jour, la place de David resta vide. Saül dit à son fils Jonathan : « Pourquoi le fils de Jessé n'est-il venu au repas ni hier ni aujourd'hui ? » 28 Jonathan répondit à Saül : « David a insisté pour aller jusqu'à Bethléem. 29 Il m'a dit : “Laisse-moi partir, je t'en prie, car nous avons un sacrifice de famille dans la ville”, et : “Mon frère lui-même me l'a ordonné. Donc, si tu m'es favorable, permets-moi de m'échapper pour aller voir mes frères.” C'est pourquoi il n'est pas venu à la table du roi. » 30 Saül se mit en colère contre Jonathan et il lui dit : « Fils d'une dévoyée ! Je sais bien que tu prends parti pour le fils de Jessé, à ta honte et à la honte du sexe de ta mère ! 31 Car aussi longtemps que le fils de Jessé vivra sur la terre, tu ne pourras t'affermir, et ta royauté non plus. Maintenant, fais-le saisir, et qu'on me l'amène, car il mérite la mort. » 32 Jonathan répondit à son père Saül et lui dit : « Pourquoi serait-il mis à mort ? Qu'a-t-il fait ? » [1 S 19.4-5.]33 Saül jeta la lance contre lui pour le frapper. Jonathan sut alors que c'était chose décidée de la part de son père de mettre à mort David. [1 S 18.11 ; 19.10.]34 Jonathan, en colère, se leva de table, et il ne mangea rien en ce second jour de la nouvelle lune, car il avait de la peine au sujet de David, car son père l'avait insulté.
35 Or, le lendemain matin, Jonathan sortit dans la campagne au rendez-vous avec David. Il avait avec lui un petit garçon. 36 Il dit à son garçon : « Cours, retrouve-moi les flèches que je vais tirer ! » Le garçon courut, et Jonathan tira la flèche de manière à le dépasser. 37 Le garçon parvint à l'endroit où se trouvait la flèche que Jonathan avait tirée, et Jonathan cria derrière le garçon : « Est-ce que la flèche n'est pas au-delà de toi ? » 38 Jonathan cria derrière le garçon : « Vite, dépêche-toi, ne t'arrête pas ! » Le garçon de Jonathan ramassa la flèche et revint vers son maître. 39 Le garçon ne savait rien ; mais Jonathan et David savaient.
40 Jonathan donna ses armes à son garçon et il lui dit : « Va les reporter à la ville ! » 41 Le garçon rentra. David se leva du côté du midi. Il se jeta la face contre terre, et se prosterna trois fois. Puis ils s'embrassèrent et pleurèrent ensemble jusqu'à ce que David eût pris le dessus. [eût pris le dessus : texte obscur et traduction incertaine.]42 Jonathan dit à David : « Va tranquille, puisque nous avons l'un et l'autre prêté ce serment au nom du Seigneur : que le Seigneur soit entre toi et moi, entre ta descendance et ma descendance, à jamais ! »
21 David se mit en route et s'en alla, et Jonathan rentra en ville.
David à Nov
2 David arriva à Nov, chez le prêtre Ahimélek. Ahimélek vint en tremblant à la rencontre de David et lui dit : « Pourquoi es-tu seul et sans escorte ? » [Localité proche de Jérusalem (au nord), mais non identifiée avec certitude.]3 David dit au prêtre Ahimélek : « Le roi m'a donné un ordre et m'a dit : “Personne ne doit rien savoir de la mission que je t'ai confiée.” Quant aux garçons, je leur ai donné rendez-vous à tel endroit. [Ou jeunes gens, c'est-à-dire les compagnons de David.]4 Mais qu'as-tu sous la main ? Donne-moi cinq pains ou ce qui se trouvera. » 5 Le prêtre répondit à David : « Je n'ai pas sous la main de pain ordinaire, mais il y a du pain consacré, si toutefois les garçons se sont gardés des femmes. » [Voir Lv 24.5-9.]6 David répondit au prêtre : « Bien sûr, les femmes nous ont été interdites, comme précédemment, quand je partais en campagne : les affaires des garçons étaient en état de sainteté. Ce voyage-ci est profane, mais vraiment, aujourd'hui, il sera sanctifié par les affaires. » [Le texte hébreu du v. 6 n'est pas très clair. De plus la réponse de David est volontairement ambiguë : il ne veut pas avouer à Ahimélek qu'il est en fuite, et non en mission officielle.]7 Le prêtre lui donna donc du pain consacré, car il n'y avait pas là d'autre pain que les pains d'oblation, ceux qu'on retire de la table du Seigneur, pour y mettre du pain chaud, le jour où on le prend. [Ex 25.30 ; Mt 12.3-4 par.]
8 Or il y avait là, le même jour, retenu devant le Seigneur, un des serviteurs de Saül. Il s'appelait Doëg l'Edomite et il était le chef des bergers de Saül. [1 S 22.9,18,22.]
9 David dit à Ahimélek : « As-tu ici sous la main une lance ou une épée ? Je n'ai emporté ni mon épée ni mes affaires, car la mission du roi était urgente. » 10 Le prêtre dit : « Il y a l'épée de Goliath le Philistin, que tu as abattu dans la vallée du Térébinthe : elle est là, enveloppée dans le manteau derrière l'éphod. Si tu veux la prendre pour toi, prends-la, car il n'y en a pas d'autre ici. » David dit : « Elle n'a pas sa pareille. Donne-la-moi. » [Goliath : voir ch. 17.
— vallée du Térébinthe : voir 1 S 17.2 et la note.
— éphod : voir Ex 25.7 et la note.]
David chez les Philistins
11 David se mit en route et s'enfuit ce jour-là loin de Saül. Il arriva chez Akish, le roi de Gath. [Voir 1 S 5.8 et la note ; 1 R 2.39-41.]12 Les serviteurs d'Akish dirent à celui-ci : « N'est-ce pas là David, le roi du pays ? N'est-ce pas de lui qu'on chantait en dansant : “Saül en a battu des mille, et David des myriades” ? » [1 S 18.7.]13 David fut frappé par ces mots et il eut très peur d'Akish, roi de Gath. 14 Alors, il simula la folie sous leurs yeux et se mit à divaguer entre leurs mains, à tracer des signes sur les battants de la porte et à baver dans sa barbe. [Ps 34.1.]15 Akish dit alors à ses serviteurs : « Vous voyez bien que c'est un fou. Pourquoi me l'amenez-vous ? [Ps 56.1.]16 Est-ce que je manque de fous, que vous ameniez celui-ci pour faire le fou auprès de moi ? Est-ce que cet individu entrera dans ma maison ? »
David chef de bande
22 David partit de là et se sauva dans la grotte d'Adoullam. Ses frères et toute la maison de son père l'apprirent et ils descendirent l'y rejoindre. [Adoullam : localité du Bas-Pays, à 25 km environ au sud-ouest de Jérusalem.
— dans la grotte Ps 57.1 ; 142.1.]2 Alors se rassemblèrent autour de lui tous les gens en difficulté, tous les endettés et tous les mécontents, et il devint leur chef. Il y eut avec lui dans les quatre cents hommes. [2 S 15.1-6.]
3 David partit de là pour Miçpé de Moab. Il dit au roi de Moab : « Permets à mon père et à ma mère de venir se joindre à vous jusqu'à ce que je sache ce que Dieu fera pour moi. » [Miçpé de Moab : localité non identifiée.
— mon père et ma mère Ex 20.12 ; Mt 15.3-6 par.]4 Il les conduisit devant le roi de Moab, et ils demeurèrent avec lui tout le temps que David resta dans son refuge.
5 Le prophète Gad dit à David : « Ne reste pas dans ton refuge. Va-t'en et rentre au pays de Juda ! » David partit et se rendit à la forêt de Hèreth. [Au sud d'Adoullam.]
Le massacre des prêtres de Nov
6 Saül apprit qu'on avait repéré David et ses compagnons. Saül était assis à Guivéa, sous le tamaris qui est sur la hauteur, sa lance à la main, et tous ses serviteurs debout auprès de lui. [Voir 1 S 10.5 et la note.]7 Saül dit à ses serviteurs debout auprès de lui : « Ecoutez bien, Benjaminites ! Le fils de Jessé vous donnera-t-il aussi, à vous tous, des champs et des vignes, vous nommera-t-il tous chefs de millier et chefs de centaine, [Le fils de Jessé, c'est-à-dire David (voir 1 S 16.1-13).
— des vignes 1 S 8.12,14-15.
— millier : voir Nb 1.16 et la note.]8 pour que vous ayez tous conspiré contre moi ? Personne ne m'avertit quand mon fils pactise avec le fils de Jessé, aucun d'entre vous ne s'inquiète à mon sujet, personne ne m'avertit quand mon fils a dressé contre moi mon serviteur pour qu'il me tende des pièges, comme c'est le cas aujourd'hui. » [1 S 18.3.]9 Doëg l'Edomite répondit — il était debout auprès des serviteurs de Saül - : « J'ai vu le fils de Jessé : il arrivait à Nov chez Ahimélek, fils d'Ahitouv. [Doëg 1 S 21.8 ; Ps 52.1.
— à Nov : voir 21.2-10, en particulier 1 S 21.2 et la note.]10 Ahimélek a interrogé le Seigneur pour lui. Il l'a ravitaillé. Il lui a donné l'épée de Goliath, le Philistin. »
11 Alors le roi fit convoquer le prêtre Ahimélek, fils d'Ahitouv, et toute sa famille, les prêtres de Nov. Ils vinrent tous chez le roi. 12 Saül dit : « Ecoute bien, fils d'Ahitouv ! » Il dit : « Me voici, mon seigneur. » 13 Saül lui dit : « Pourquoi avez-vous conspiré contre moi, toi et le fils de Jessé ? Tu lui as donné du pain et une épée, tu as interrogé Dieu pour lui, afin qu'il se dresse contre moi et me tende des pièges, comme c'est le cas aujourd'hui. » 14 Ahimélek répondit au roi : « Y a-t-il, parmi tous tes serviteurs, quelqu'un d'aussi sûr que David ? Il est le gendre du roi, il est devenu ton garde du corps, il est honoré dans ta maison. [1 S 18.17-30.]15 C'est ce jour-là que j'ai commencé à interroger Dieu pour lui ? Que l'abomination soit sur moi ! O roi, ne charge pas ton serviteur ni toute ma famille, car ton serviteur ignorait absolument tout de cette affaire. » [C'est-à-dire ne me charge pas.]16 Le roi dit : « Tu mourras, Ahimélek, toi et toute la maison de ton père ! » [Ou la famille, les descendants.]17 Le roi dit aux coureurs qui étaient debout près de lui : « Tournez-vous et mettez à mort les prêtres du Seigneur, car, eux aussi, ils prêtent la main à David : ils savaient en effet qu'il était en fuite et ils ne m'ont pas averti. » Mais les serviteurs du roi refusèrent de porter la main sur les prêtres du Seigneur. [Ps 105.15.]
18 Le roi dit alors à Doëg : « Toi, tourne-toi, et frappe les prêtres ! » Doëg l'Edomite se retourna et frappa lui-même les prêtres. Il fit mourir, ce jour-là, quatre-vingt-cinq hommes qui portaient l'éphod de lin. [Voir 1 S 2.18 et la note.]19 A Nov, la ville des prêtres, il passa au fil de l'épée les hommes et les femmes, les enfants et les nourrissons, les bœufs, les ânes et les moutons, au fil de l'épée. [1 S 15.3.]20 Un seul fils d'Ahimélek, fils d'Ahitouv, se sauva. Il s'appelait Abiatar. Il prit la fuite et rejoignit David. [un seul fils se sauva 2 R 11.2 ; Jb 1.15,16,17,19.
— Abiatar 1 R 2.26-27.]21 Abiatar informa David que Saül avait tué les prêtres du Seigneur. 22 David dit à Abiatar : « Je savais, l'autre jour, que Doëg l'Edomite était là et qu'il ne manquerait pas d'informer Saül. C'est moi qui ai fait tourner l'affaire contre toute la maison de ton père. 23 Reste avec moi, n'aie pas peur : qui en voudra à ta vie, en voudra à ma vie ; près de moi, tu es sous bonne garde. »
David à Qéïla et à Horesha
23 On apporta cette nouvelle à David : « Voici que les Philistins font la guerre à Qéïla et pillent les aires. » [Qéïla : localité du Bas-Pays, à 4 ou 5 km au sud d'Adoullam (voir 1 S 22.1 et la note).
— les aires, c'est-à-dire ici les réserves de nourriture.]2 David demanda au Seigneur : « Dois-je y aller et battrai-je ces Philistins ? » Le Seigneur dit à David : « Va, tu battras les Philistins et tu sauveras Qéïla. » 3 Les hommes de David lui dirent : « Ici, en Juda, nous avons peur. Que sera-ce si nous allons à Qéïla, contre les lignes philistines ? »
4 David interrogea encore une fois le Seigneur. Le Seigneur lui répondit : « En route ! Descends à Qéïla, car je vais livrer les Philistins entre tes mains. » [1 S 14.10-12 ; 2 S 5.19.]5 David, avec ses hommes, partit pour Qéïla et attaqua les Philistins. Il emmena leurs troupeaux et leur porta un coup très dur. David sauva donc les habitants de Qéïla.
6 Or, lorsque Abiatar, fils d'Ahimélek, s'était enfui auprès de David à Qéïla, il avait emporté l'éphod avec lui. [enfui auprès de David 1 S 22.20-23.
— l'éphod : voir Ex 25.7 et la note.]7 On informa Saül que David était entré à Qéïla, et Saül dit : « Dieu l'a livré entre mes mains, car il s'est enfermé lui-même, en entrant dans une ville qui a porte et verrou. » 8 Saül mobilisa tout le peuple pour descendre à Qéïla assiéger David et ses hommes. [1 S 15.4.]9 David apprit que c'était contre lui que Saül préparait un mauvais coup et il dit au prêtre Abiatar : « Apporte l'éphod. » 10 David dit : « Seigneur, Dieu d'Israël, ton serviteur a entendu dire que Saül a l'intention de venir à Qéïla pour détruire la ville à cause de moi. [C'est-à-dire j'ai entendu.]11 Les bourgeois de Qéïla me remettront-ils entre ses mains ? Saül descendra-t-il comme ton serviteur l'a entendu dire ? Seigneur, Dieu d'Israël, daigne en informer ton serviteur ! » Le Seigneur dit : « Il descendra. » [Ou Les chefs ; de même au v. 12.]12 David dit : « Les bourgeois de Qéïla me remettront-ils, moi et mes hommes, entre les mains de Saül ? » Le Seigneur dit : « Ils vous remettront entre ses mains. » 13 David se mit donc en route avec ses hommes — environ six cents hommes ; ils sortirent de Qéïla et s'en allèrent ailleurs. On informa Saül que David s'était échappé de Qéïla, et il abandonna l'expédition.
14 David demeura au désert dans les falaises. Il demeura dans la montagne, au désert de Zif. Pendant tout ce temps, Saül le rechercha, mais Dieu ne le livra pas entre ses mains. [Localité située à 35 km environ au sud de Jérusalem.]15 David vit que Saül s'était mis en campagne pour lui ôter la vie. David était dans le désert de Zif, à Horesha. [A 3 km au sud de Zif.]
16 Jonathan, fils de Saül, se mit en route et alla trouver David à Horesha. Il encouragea David au nom de Dieu. 17 Il lui dit : « N'aie pas peur. La main de mon père Saül ne t'atteindra pas. C'est toi qui régneras sur Israël, et moi, je serai ton second ; même Saül, mon père, le sait bien. » 18 Ils conclurent tous les deux une alliance devant le Seigneur. David demeura à Horesha, et Jonathan revint chez lui. [1 S 18.3.]
David échappe à Saül
19 Des gens de Zif montèrent auprès de Saül à Guivéa. Ils lui dirent : « David ne se cache-t-il pas chez nous dans les falaises de Horesha, sur la colline de Hakila, qui se trouve au sud de la steppe ? [Des gens de Zif 1 S 26.1 ; Ps 54.2.
— Zif, Horesha : voir v. 14-15 et les notes.
— Guivéa : voir 1 S 10.5 et la note.
— Hakila : probablement à l'est de Zif.]20 Donc, quand tu désireras descendre, ô roi, descends : et c'est nous qui le remettrons entre les mains du roi ! » 21 Saül dit : « Bénis soyez-vous du Seigneur, vous qui avez eu pitié de moi ! [1 S 22.8.]22 Allez donc, assurez-vous encore, reconnaissez et voyez en quel endroit il a laissé des traces. Quelqu'un l'y a-t-il vu ? On me dit en effet qu'il est très rusé. 23 Voyez et reconnaissez tous les abris où il peut se cacher. Vous reviendrez me voir quand vous serez sûrs, et je partirai avec vous. Alors, s'il est dans le pays, je fouillerai tous les clans de Juda pour le découvrir. »
24 Ils se mirent en route pour Zif, précédant Saül. David et ses hommes étaient au désert de Maôn, dans la plaine, au sud de la steppe. [Au sud du désert de Zif.]25 Saül et ses hommes partirent à sa recherche. On en informa David : il descendit à la Roche et demeura dans le désert de Maôn. Saül l'apprit et poursuivit David au désert de Maôn. 26 Saül marchait d'un côté de la montagne ; David et ses hommes étaient de l'autre côté. David précipitait sa marche afin d'échapper à Saül. Saül et ses hommes étaient sur le point d'atteindre et d'encercler David et ses hommes pour les capturer, 27 quand un messager vint dire à Saül : « Viens vite, car les Philistins ont lancé un raid contre le pays. » 28 Saül cessa donc de poursuivre David et marcha à la rencontre des Philistins. C'est pourquoi on a appelé ce lieu « Roche de l'Incertitude ». [Saül interrompt la poursuite 2 R 7.6-7 ; 19.8-9.
— Roche de l'Incertitude (Saül ayant pu hésiter sur la décision à prendre) : autre traduction Roche des Séparations (Saül et David s'y étant séparés).]
David épargne Saül
24 David monta de là et s'établit dans les falaises de Ein-Guèdi. 2 Quand Saül revint de la poursuite des Philistins, on lui fit ce rapport : « David est maintenant dans le désert de Ein-Guèdi. » 3 Saül prit trois mille hommes d'élite de tout Israël et partit à la recherche de David et de ses hommes en face des Rochers des Bouquetins. [Endroit non identifié aux environs d'Ein-Guèdi.]4 Il arriva aux parcs à brebis qui sont près du chemin. Là se trouve une caverne. Saül y entra pour s'accroupir. Or, David et ses hommes étaient assis au fond de la caverne. [s'accroupir (ou se couvrir les pieds) est, en hébreu, un euphémisme pour satisfaire un besoin naturel.]5 Les hommes de David lui dirent : « C'est le jour dont le Seigneur t'a dit : Voici que je vais livrer ton ennemi entre tes mains, et tu le traiteras comme il te plaira. » David se leva et coupa furtivement le pan du manteau de Saül. 6 Mais après cela, David sentit son cœur battre, parce qu'il avait coupé le pan du manteau de Saül. [2 S 24.10.]7 Il dit à ses hommes : « Que le Seigneur m'ait en abomination si je fais cela à mon seigneur, le messie du Seigneur. Je ne porterai pas la main sur lui, car il est le messie du Seigneur. » [messie : voir 1 S 2.10 et la note.
— je ne porterai pas la main sur lui 1 S 26.9,23 ; 31.4 ; 2 S 1.14.]8 Par ces paroles, David arrêta net l'élan de ses hommes. Il ne leur permit pas de se jeter sur Saül. Saül se redressa, quitta la caverne et alla son chemin.
9 Après quoi, David se leva, sortit de la caverne et cria derrière Saül : « Mon seigneur le roi ! » Saül regarda derrière lui. David s'inclina, la face contre terre, et se prosterna. 10 David dit à Saül : « Pourquoi écoutes-tu les gens qui racontent que David cherche ton malheur ? 11 Tu l'as vu de tes yeux aujourd'hui même : le Seigneur t'avait livré entre mes mains, aujourd'hui dans la caverne ; on parlait de te tuer, mais j'ai eu pitié de toi et j'ai dit : “Je ne porterai pas la main sur mon seigneur, car il est le messie du Seigneur.” 12 Regarde, ô mon père, oui, regarde dans ma main le pan de ton manteau. Puisque j'ai coupé le pan de ton manteau et que je ne t'ai pas tué, comprends et vois qu'il n'y a en moi ni malice ni révolte, et que je n'ai pas péché contre toi. C'est toi qui me traques pour m'ôter la vie. [mon père : voir 2 R 5.13 et la note.
— je n'ai pas péché 1 S 20.1.]13 Que le Seigneur juge entre toi et moi ! Que le Seigneur me venge de toi ! Mais je ne porterai pas la main sur toi. 14 Comme dit le proverbe du vieux temps : “Que la méchanceté vienne des méchants !” Mais je ne porterai pas la main sur toi. 15 Après qui le roi d'Israël s'est-il mis en campagne ? Après qui mènes-tu la poursuite ? Après un chien crevé ! Après une puce ! [chien crevé 2 S 3.8 ; 16.9, puce 1 S 26.20. David veut montrer qu'il n'est pas digne de l'attention que le roi lui porte.]16 Le Seigneur sera juge. Qu'il arbitre entre toi et moi. Qu'il examine et défende ma cause et qu'il me fasse justice en me délivrant de tes mains ! » [1 S 25.39 ; Ps 35.23 ; 43.1 ; 119.154.]
17 Quand David eut fini de tenir ce discours à Saül, Saül dit : « Est-ce là ta voix, mon fils David ? » Et Saül éclata en sanglots. 18 Il dit à David : « Tu es plus juste que moi, car tu m'as fait du bien, alors que je t'ai fait du mal. 19 Et toi, tu as manifesté aujourd'hui la bonté avec laquelle tu as agi envers moi : c'est que le Seigneur m'avait remis entre tes mains, et tu ne m'as pas tué. 20 Quand un homme rencontre son ennemi, le laisse-t-il poursuivre tranquillement son chemin ? Que le Seigneur te récompense pour ce que tu m'as fait aujourd'hui. 21 Maintenant, je le sais : tu seras le roi et la royauté d'Israël restera entre tes mains. [1 S 13.14 ; 15.28 ; 23.17 ; 25.30 ; 28.17.]22 Maintenant donc, jure-moi par le Seigneur que tu ne supprimeras pas ma descendance après moi et que tu ne rayeras pas mon nom de la maison de mon père. » [tu ne supprimeras pas ma descendance 1 S 20.14-16.
— de la maison ou de la famille.]23 David le jura à Saül. Puis Saül rentra chez lui, et David et ses hommes remontèrent à leur refuge.
David et Avigaïl
25 Samuel mourut. Tout Israël se rassembla et célébra son deuil. On l'ensevelit chez lui à Rama. David se mit en route et descendit vers le désert de Parân. [Samuel mourut 1 S 28.3.
— Rama : voir 1 S 1.1 et la note.
— désert de Parân : voir Gn 21.21 et la note.]
2 Il y avait à Maôn un homme dont l'exploitation se trouvait à Karmel. Cet homme était fort riche. Il avait trois mille moutons et mille chèvres. Il était à Karmel pour la tonte de son troupeau. [Maôn, Karmel (1 S 15.12) : deux localités situées à 40 km environ au sud de Jérusalem.
— La tonte du troupeau, au printemps, est une occasion de fête ; comparer 2 S 13.23-27.]3 L'homme s'appelait Naval, et sa femme Avigaïl. La femme était intelligente et jolie, mais l'homme était dur et méchant ; il était calébite. [Membre du clan de Caleb, de la tribu de Juda.]
4 Apprenant au désert que Naval tondait ses moutons, 5 David envoya dix garçons. David dit aux garçons : « Montez à Karmel. Vous irez trouver Naval et vous le saluerez de ma part. [Ou jeunes gens ; ils font partie du groupe de gens réfugiés auprès de David (1 S 22.2).]6 Vous direz : Bonne année ! Salut à toi, salut à ta maison, salut à tout ce qui t'appartient ! [Bonne année ! traduction incertaine d'un texte obscur ; autres traductions Pour la vie ! ou, selon l'ancienne version latine, (Vous direz) à mon frère.
— salut à ta maison Lc 10.5.]7 J'apprends qu'on fait la tonte chez toi. Maintenant, quand tes bergers ont été avec nous, nous ne les avons pas molestés, et ils n'ont rien perdu pendant tout le temps de leur séjour à Karmel. 8 Interroge tes garçons et ils t'informeront. Que mes garçons trouvent chez toi un accueil favorable, car nous sommes venus un jour de fête ! Donne, je te prie, ce que tu peux donner à tes serviteurs et à ton fils David. » [Jg 8.5.]
9 Les garçons de David, étant arrivés, répétèrent toutes ces paroles à Naval au nom de David, et ils attendirent. 10 Naval répondit aux serviteurs de David : « Qui est David et qui est le fils de Jessé ? Il y a aujourd'hui beaucoup d'esclaves qui s'évadent de chez leur maître. 11 Et je prendrais de mon pain, de mon eau, de ma viande, que j'ai fait abattre pour mes tondeurs, pour les donner à des gens venus je ne sais d'où ! » 12 Les garçons de David firent demi-tour et s'en retournèrent. A leur retour, ils vinrent rapporter tout cela à David. 13 David dit à ses hommes : « Que chacun ceigne son épée ! » Chacun ceignit son épée. David, lui aussi, ceignit son épée. Environ quatre cents hommes montèrent à la suite de David, il en restait deux cents près des bagages. [1 S 30.10.]
14 Un des garçons avertit Avigaïl, la femme de Naval : « Voici, dit-il, que David a envoyé du désert des messagers porter ses compliments à notre maître, et notre maître s'est jeté sur eux. [Un des garçons ou Un des serviteurs (de Naval).
— s'est jeté sur eux ou les a rudoyés.]15 Or, ces hommes ont été très bons pour nous. Nous n'avons pas été molestés et nous n'avons rien perdu tout le temps que nous avons circulé avec eux, quand nous étions à la campagne. 16 Ils ont été notre rempart la nuit et le jour, tout le temps que nous avons été avec eux à faire paître les brebis. 17 Et maintenant, reconnais et vois ce que tu dois faire, car la perte de notre maître et de toute sa maison est décidée. Quant à lui, c'est un vaurien à qui on ne peut parler. »
18 Avigaïl se hâta de prendre deux cents pains, deux outres de vin, cinq brebis tout apprêtées, cinq mesures de grains grillés, cent grappes de raisin sec et deux cents gâteaux de figues, et elle les chargea sur les ânes. 19 Elle dit aux garçons : « Passez devant moi. Je vous suis. » Mais elle ne prévint pas Naval, son mari.
20 Tandis que, montée sur un âne, elle descendait à l'abri de la montagne, David et ses hommes descendaient dans sa direction. Elle les rencontra. 21 David s'était dit : « C'est donc en vain que j'ai protégé au désert tous les biens de cet individu sans que rien n'en disparaisse. Il m'a rendu le mal pour le bien. 22 Que Dieu fasse ceci et encore cela à David — ou plutôt à ses ennemis — si, d'ici demain matin, de tout ce qui lui appartient, je lui laisse rien de ce qui urine contre un mur ! » [Que Dieu fasse ceci et encore cela à David : voir 1 S 14.44 et la note.
— ce qui urine contre un mur : expression dont le sens précis est discuté : probablement un mâle ou un garçonnet.]23 Apercevant David, Avigaïl se hâta de descendre de l'âne. Elle se jeta face contre terre devant David et se prosterna. 24 Puis elle tomba à ses pieds et dit : « A moi, à moi la faute, mon seigneur ! Puisse ta servante parler à tes oreilles ! Ecoute les paroles de ta servante. 25 Que mon seigneur ne fasse pas attention à ce vaurien, à Naval, car il mérite bien son nom : il s'appelle Infâme, et l'infamie s'attache à lui. Mais moi, ta servante, je n'avais pas vu les garçons de mon seigneur, tes envoyés. [Naval signifie fou, insensé, infâme.]26 Cependant, mon seigneur, par la vie du Seigneur et par ta propre vie, c'est le Seigneur qui t'a empêché d'en venir au meurtre et de triompher par ta propre main. Que tes ennemis, que ceux qui veulent du mal à mon seigneur connaissent maintenant le sort de Naval ! [La fin du v. 26 anticipe le récit des v. 36-38.]27 Que cet hommage que ton esclave apporte à mon seigneur soit donné maintenant aux garçons qui marchent sur les pas de mon seigneur. [ton esclave : par ces mots, Avigaïl se désigne elle-même ; de même au v. 28 ta servante.]28 Pardonne, je te prie, la faute de ta servante.
« En effet, le Seigneur ne manquera point de faire à mon seigneur une maison stable, parce que mon seigneur a livré les guerres du Seigneur et qu'on ne trouve pas de mal en toi, durant toute ta vie. [une maison stable ou une dynastie durable : comparer 1 S 2.35 et la note.
— les guerres du Seigneur 1 S 18.17.]29 Des hommes se sont levés afin de poursuivre mon seigneur et d'attenter à ses jours, mais la vie de mon seigneur restera ensachée dans le sachet des vivants auprès du Seigneur, ton Dieu, tandis que celle de tes ennemis, le Seigneur la lancera au loin, du creux de sa fronde. [Comme un homme garde certains cailloux dans son sac, et en lance d'autres au moyen de sa fronde, le SEIGNEUR garde auprès de lui la vie de ses fidèles (=les maintient en vie) et jette au loin la vie de leurs ennemis (=les fait mourir).]30 Lorsque le Seigneur accomplira pour mon seigneur tout ce qu'il a dit de bien à ton sujet, il t'établira chef d'Israël. [1 S 24.21.]31 Tu ne dois donc pas chanceler en versant le sang à la légère, mon seigneur ne doit pas trébucher en voulant triompher par lui-même. Et quand le Seigneur aura fait du bien à mon seigneur, tu te souviendras de ta servante. »
32 David dit à Avigaïl : « Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, qui t'a envoyée en ce jour à ma rencontre ! 33 Béni soit ton bon sens, bénie sois-tu toi-même, pour m'avoir aujourd'hui retenu d'en venir au meurtre et de triompher par ma propre main ! 34 Mais vraiment, par la vie du Seigneur, le Dieu d'Israël, qui m'a empêché de te faire du mal, si tu n'étais pas venue aussi vite à ma rencontre, il ne serait resté à Naval, d'ici l'aurore, rien de ce qui urine contre un mur ! » [Voir v. 22 et la note.]35 David prit de sa main ce qu'elle lui avait apporté. A elle-même il dit : « Remonte en paix chez toi. Vois : j'ai écouté ta voix et je t'ai fait grâce. »
36 Avigaïl revint chez Naval. Voici qu'il faisait dans sa maison un festin, un vrai festin de roi. Naval avait le cœur en joie. Il était complètement ivre. Elle ne l'informa de rien jusqu'à l'aurore. [festin, joie, ivresse Si 11.19 ; Lc 12.19-20.]37 Le lendemain matin, quand Naval eut cuvé son vin, sa femme lui raconta ce qui s'était passé. Alors le cœur de Naval mourut dans sa poitrine, et il fut comme pétrifié. 38 Et au bout d'une dizaine de jours, le Seigneur frappa Naval, et il mourut.
39 David apprit que Naval était mort et il dit : « Béni soit le Seigneur qui a défendu ma cause, dans cet affront que m'avait fait Naval, et qui a retenu son serviteur de faire le mal. Quant à la malice de Naval, le Seigneur l'a fait retomber sur sa tête. »
David envoya demander Avigaïl en mariage. [il a défendu ma cause 1 S 24.16.
— qui a retenu son serviteur, c'est-à-dire qui m'a retenu.
— retomber sur sa tête Jg 9.57 ; 1 R 2.44.]40 Les serviteurs de David se rendirent chez Avigaïl à Karmel et ils lui parlèrent en ces termes : « David nous a envoyés chez toi pour te prendre pour sa femme. » 41 Elle se leva, se prosterna la face contre terre et dit : « Ta servante est une esclave prête à laver les pieds des serviteurs de mon seigneur. » [C'est-à-dire Je suis une esclave prête à laver les pieds de tes serviteurs.]42 Avigaïl se hâta de partir. Elle monta sur son âne et, accompagnée de cinq de ses servantes, elle suivit les envoyés de David. Ainsi, elle devint sa femme.
43 David avait aussi épousé Ahinoam d'Izréel. Elles furent toutes les deux ses femmes. [Izréel : localité du pays de Juda, voir Jos 15.56.
— Ahinoam d'Izréel 2 S 3.2.]44 Saül avait donné sa fille Mikal, femme de David, à Palti, fils de Laïsh, qui était de Gallim. [Mikal 2 S 3.13-16.
— Gallim : localité proche de Jérusalem, au nord-est. Voir ch. 24.]
David épargne Saül
26 Les gens de Zif vinrent trouver Saül à Guivéa. Ils lui dirent : « Est-ce que David n'est pas caché sur la colline de Hakila, en face de la steppe ? » [les gens de Zif 1 S 23.19.
— Zif, Hakila : voir 1 S 23.14,19 et les notes ; Guivéa : voir 1 S 10.5 et la note.]2 Saül se mit en route et descendit au désert de Zif, avec trois mille hommes, l'élite d'Israël, pour rechercher David au désert de Zif. 3 Saül campa sur la colline de Hakila, qui est en face de la steppe, près de la route. David demeurait dans le désert. Il vit que Saül était venu le poursuivre au désert. 4 Ayant envoyé des éclaireurs, David fut certain de l'arrivée de Saül. 5 David se mit en route et parvint à l'endroit où campait Saül. David aperçut l'endroit où étaient couchés Saül et Avner, fils de Ner, le chef de son armée. Saül était couché à l'intérieur de l'enceinte, et la troupe campait autour de lui.
6 David prit la parole et dit à Ahimélek, le Hittite, et à Avishaï, fils de Cerouya et frère de Joab : « Qui veut descendre avec moi jusqu'à Saül, au camp ? » Avishaï dit : « Je descendrai avec toi. » [Jg 7.10 ; 2 S 23.16.]7 David et Avishaï arrivèrent de nuit auprès de la troupe, alors que Saül était couché, endormi, dans l'enceinte, sa lance fichée en terre à son chevet. Avner et la troupe dormaient autour de lui.
8 Avishaï dit à David : « Aujourd'hui, Dieu a remis ton ennemi entre tes mains. Permets-moi donc de le clouer au sol d'un seul coup de lance. Je n'aurai pas à lui en donner un deuxième. » 9 David dit à Avishaï : « Ne le tue pas ! Qui pourrait porter la main sur le messie du Seigneur et demeurer impuni ? » [messie : voir 1 S 2.10 et la note.
— porter la main sur le roi 1 S 24.7.]10 Et David dit : « Par la vie du Seigneur ! C'est le Seigneur qui le frappera, quand viendra l'heure de sa mort ou quand il descendra au combat pour y périr. 11 Que le Seigneur m'ait en abomination si je porte la main sur le messie du Seigneur ! Prends donc la lance qui est à son chevet et la gourde d'eau, et allons-nous-en. » 12 David prit la lance et la gourde d'eau qui étaient au chevet de Saül, et ils s'en allèrent. Personne n'en vit rien, personne ne le sut, personne ne s'éveilla. Ils dormaient tous : une torpeur venue du Seigneur était tombée sur eux. [Autre traduction le Seigneur avait fait tomber sur eux un profond sommeil voir Gn 2.21 ; 15.12.]13 David passa de l'autre côté et se tint sur le sommet de la montagne, au loin. Il y avait entre eux une longue distance. 14 David cria en direction de la troupe et d'Avner, fils de Ner : « Avner, vas-tu me répondre ? » Avner répondit : « Qui es-tu, toi qui cries aux oreilles du roi ? » 15 David dit à Avner : « Tu es un homme, n'est-ce pas, et tu n'as pas ton pareil en Israël. Pourquoi donc n'as-tu pas veillé sur le roi, ton maître ? Quelqu'un du peuple est venu pour tuer le roi, ton maître. 16 Ce n'est pas bien, ce que tu as fait là. Par la vie du Seigneur, vous méritez la mort pour n'avoir pas veillé sur votre maître, le messie du Seigneur. Regarde maintenant où sont la lance du roi et la gourde d'eau qui étaient à son chevet. » 17 Saül reconnut la voix de David et il dit : « Est-ce là ta voix, mon fils David ? » David dit : « C'est ma voix, mon seigneur le roi. » [1 S 24.17.]18 Et il dit : « Pourquoi donc mon seigneur poursuit-il son serviteur ? Qu'ai-je donc fait, et quel mal y a-t-il en moi ? [1 S 20.1.]19 Et maintenant, que mon seigneur le roi daigne écouter les paroles de son serviteur. Si c'est le Seigneur qui t'a excité contre moi, qu'il respire le parfum d'une offrande ! Mais si ce sont des hommes, qu'ils soient maudits devant le Seigneur pour m'avoir chassé aujourd'hui et coupé du patrimoine du Seigneur, en me disant : “Va servir d'autres dieux !” [d'une offrande ou d'un sacrifice.
— le patrimoine : voir 1 S 10.1 et la note.
— d'autres dieux : en chassant David de son pays et de son peuple, on le condamnait en quelque sorte à ne plus pouvoir adorer convenablement le Seigneur et à adorer d'autres dieux ; 1 S 8.8.]20 Et maintenant, que mon sang ne tombe pas à terre loin de la face du Seigneur, car le roi d'Israël s'est mis en campagne pour rechercher une simple puce, comme on pourchasse la perdrix dans les montagnes. » [Voir 1 S 24.15 et la note.]21 Saül dit : « J'ai péché. Reviens, mon fils David ! Je ne te ferai plus de mal puisque ma vie a été précieuse à tes yeux en ce jour. Oui, j'ai agi comme un fou, je me suis lourdement trompé. » 22 David répondit : « Voici la lance du roi. Que l'un des garçons traverse et qu'il la prenne. 23 Que le Seigneur rende à chacun ce qu'il a fait de juste et de sincère. C'est le Seigneur qui t'avait livré aujourd'hui entre mes mains, et j'ai refusé de porter la main sur le messie du Seigneur. 24 Si ta vie, aujourd'hui, a eu tant de prix pour moi, que ma vie en ait autant pour le Seigneur, et qu'il me délivre de tout péril. » 25 Saül dit à David : « Béni sois-tu, mon fils David ! Oui, tu feras de grandes choses et tu réussiras sûrement. » David continua son chemin et Saül retourna chez lui.
David chez les Philistins
27 David se dit en lui-même : « Malgré tout, un jour ou l'autre, je périrai par la main de Saül. Je n'ai rien de mieux à faire que de me sauver au pays des Philistins. Alors Saül renoncera à me chercher dans tout le territoire d'Israël et j'aurai échappé à sa main. » 2 David se mit en route avec six cents compagnons et passa chez Akish, fils de Maok, roi de Gath. [chez Akish 1 S 21.11.
— Gath : voir 1 S 5.8 et la note.]3 David demeura auprès d'Akish, à Gath, lui et ses hommes, chacun avec sa famille ; David, avec ses deux femmes, Ahinoam d'Izréel et Avigaïl, femme de Naval, de Karmel. [1 S 25.14-42,43 ; 30.5 ; 2 S 2.2 ; 3.2-3.]4 On avertit Saül que David s'était enfui à Gath, et Saül cessa de le rechercher.
5 David dit à Akish : « Si tu m'es favorable, qu'on me donne quelque bourg de la campagne, et j'y résiderai. Pourquoi ton serviteur résiderait-il auprès de toi dans la ville royale ? » 6 Aussitôt, Akish lui donna Ciqlag. C'est pourquoi Ciqlag a appartenu aux rois de Juda jusqu'à ce jour. [Localité située probablement à 50 km environ au sud-ouest de Jérusalem.]7 La durée du séjour de David dans la campagne philistine fut d'un an et quatre mois. [1 S 29.3.]
8 David monta avec ses hommes et ils firent des raids chez les Gueshourites, les Guirzites et les Amalécites, car ce sont les peuples qui habitent le pays depuis toujours, en direction de Shour et jusqu'au pays d'Egypte. [Gueshourites : peuple voisin des Philistins (voir Jos 13.2) ; Guirzites : peuplade inconnue ; Amalécites : voir Ex 17.8 et la note ; 1 S 30.1-20.
— Shour : voir Ex 15.22 et la note.]9 David massacrait la population, ne laissant en vie ni homme ni femme, enlevant petit et gros bétail, ânes, chameaux et vêtements. A son retour, il se rendait chez Akish. 10 Quand Akish disait : « N'avez-vous pas fait de raid aujourd'hui ? » David répondait : « Contre le Néguev de Juda », ou : « Contre le Néguev des Yerahmeélites », ou : « Dans le Néguev des Qénites ». [Néguev : région semi-désertique qui s'étend au sud de la Palestine.
— Les Yerahmeélites et les Qénites sont des peuples voisins et alliés de Juda.
— Par cette réponse, David faisait croire aux Philistins qu'il était l'ennemi de Juda et de ses alliés (voir v.12).]11 David ne laissait ramener vivant à Gath ni homme ni femme, « de crainte, disait-il, qu'en parlant ils ne nous trahissent ». Ainsi fit David et telle fut sa conduite tout le temps qu'il résida dans la campagne philistine. 12 Akish était sûr de David. Il se disait : « David s'est vraiment trop mal conduit envers Israël, son peuple, il sera donc mon serviteur pour toujours. »
Les Philistins en guerre contre Israël. Saül et la magicienne
28 En ces jours-là, les Philistins rassemblèrent leurs armées pour entrer en campagne et combattre Israël. Akish dit à David : « Tu dois savoir que tu partiras avec moi à l'armée, toi et tes hommes. » 2 David dit à Akish : « Eh bien, tu sauras toi-même ce que fera ton serviteur. » Akish dit à David : « Eh bien, je ferai de toi pour toujours mon garde du corps. » [ce que fera ton serviteur, c'est-à-dire ce que je ferai.]
3 Or Samuel était mort, tout Israël avait célébré son deuil et l'avait enseveli à Rama, sa ville. Et Saül avait aboli la pratique de la divination dans le pays. [Sur la mort de Samuel, voir 1 S 25.1.
— divination : pratique interdite par la loi, Lv 19.31 ; 20.6 ; Dt 18.11 ; 2 R 21.6 ; Es 8.19 ; 2 Ch 33.6.]
4 Les Philistins se rassemblèrent et vinrent camper à Shounem. Saül rassembla tout Israël, et ils campèrent à Guilboa. [Shounem : voir 1 R 1.3 et la note.
— Guilboa : sommet situé à quelques km au sud-est de Shounem, de l'autre côté de la plaine d'Izréel.]5 Saül aperçut le camp des Philistins : il eut peur et son cœur trembla violemment. 6 Saül interrogea le Seigneur, mais le Seigneur ne lui répondit pas, ni par les songes, ni par le Ourim, ni par les prophètes. [Ourim : voir Ex 28.30 et la note.
— Les songes, le Ourim et les prophètes sont les trois moyens auxquels on pouvait recourir en Israël pour connaître la volonté de Dieu.]7 Saül dit à ses serviteurs : « Cherchez-moi une femme qui pratique la divination, que j'aille chez elle la consulter. » Ses serviteurs lui dirent : « Il y en a une à Ein-Dor. » [Localité située à 12 km environ au nord du mont Guilboa.]8 Saül se déguisa en changeant de vêtements et il partit accompagné de deux hommes. Ils arrivèrent chez la femme, de nuit. Saül lui dit : « Pratique pour moi la divination et évoque-moi celui que je te dirai. » [1 R 14.2.]9 La femme lui dit : « Voyons, tu sais toi-même ce qu'a fait Saül : il a supprimé la pratique de la divination dans le pays. Pourquoi me tends-tu ce piège mortel ? » 10 Saül fit serment par le Seigneur : « Par la vie du Seigneur, dit-il, tu ne cours aucun risque dans cette affaire. » 11 La femme dit : « Qui dois-je évoquer pour toi ? » Il dit : « Evoque-moi Samuel. » 12 La femme vit Samuel et poussa un grand cri. La femme dit à Saül : « Pourquoi m'as-tu trompée ? Tu es Saül ! » 13 Le roi lui dit : « N'aie pas peur. Mais qu'as-tu vu ? » La femme dit à Saül : « J'ai vu un dieu qui montait de la terre. » [Ou un spectre.]14 Il lui dit : « Quelle apparence a-t-il ? » Elle dit : « C'est un vieillard qui monte. Il est enveloppé d'un manteau. » Saül sut alors que c'était Samuel. Il s'inclina, la face contre terre, et se prosterna. [d'un manteau (de prophète) 1 R 11.29 ; 19.19 ; 2 R 2.8,14 ; Mt 3.4 par.]
15 Samuel dit à Saül : « Pourquoi m'as-tu dérangé en me faisant monter ? » Saül dit : « Je suis dans une grande angoisse. Les Philistins me font la guerre, et Dieu s'est retiré loin de moi ; il ne me répond plus, ni par l'entremise des prophètes, ni par les songes. Je t'ai donc appelé pour que tu me fasses savoir ce que je dois faire. » [1 S 30.6 ; 2 S 24.14.]16 Samuel dit : « Et pourquoi m'interroges-tu, si le Seigneur s'est retiré loin de toi et t'est devenu hostile ? [Samuel dit : Si 46.20.
— devenu hostile Es 63.10 ; Lm 2.5.]17 Le Seigneur a agi comme il l'avait dit par mon entremise : le Seigneur t'a arraché la royauté et il l'a donnée à un autre, à David. [1 S 24.21.]18 Parce que tu n'as pas obéi à la voix du Seigneur et que tu n'as pas assouvi sa colère contre Amaleq, le Seigneur, aujourd'hui, t'a traité de la sorte. [Voir ch. 15.]19 Et, avec toi, le Seigneur livrera Israël lui-même aux mains des Philistins. Demain, toi et tes fils, vous serez avec moi, et l'armée d'Israël elle-même, le Seigneur la livrera aux mains des Philistins. » [1 S 31.2-5.]
20 Aussitôt, Saül tomba à terre de tout son long, effrayé de ce que Samuel avait dit. De plus, il était sans force, car il n'avait rien mangé de toute la journée et de toute la nuit. 21 La femme vint auprès de Saül et le vit tout bouleversé. Elle lui dit : « Tu vois, ton esclave t'a écouté. J'ai risqué ma vie, mais j'ai obéi aux ordres que tu m'as donnés. [C'est-à-dire je t'ai écouté.]22 Et maintenant, daigne écouter, à ton tour, la voix de ton esclave. Laisse-moi te servir un morceau de pain et mange, ainsi tu auras des forces quand tu reprendras ta route. » [Gn 18.5-8.]23 Il refusa et dit : « Je ne mangerai pas. » Mais ses serviteurs insistèrent, ainsi que la femme, et il écouta leur voix. Il se leva de terre et s'assit sur le divan. 24 La femme avait chez elle un veau à l'engrais. Elle se hâta de l'abattre. Elle prit de la farine, la pétrit et fit cuire des pains non levés. 25 Elle servit Saül et ses serviteurs et ils mangèrent. Puis ils se mirent en route et repartirent cette même nuit.
David congédié par les Philistins
29 Les Philistins rassemblèrent toutes leurs armées à Afeq. Les Israélites campèrent près de la source qui est en Izréel. [Afeq : voir 1 S 4.1 et la note.
— la source qui est en Izréel : probablement Ein-Harod, dans la plaine d'Izréel, au pied du mont Guilboa.]2 Les princes des Philistins défilaient en tête des centaines et des milliers. David et ses hommes défilaient les derniers avec Akish. 3 Les chefs des Philistins dirent : « Qu'est-ce que ces Hébreux ? » Akish dit aux chefs des Philistins : « Mais c'est David, le serviteur de Saül, roi d'Israël ! Voici un an ou deux qu'il est avec moi et je n'ai rien trouvé à lui reprocher depuis son ralliement jusqu'à ce jour. » [1 S 27.7.]4 Les chefs des Philistins se fâchèrent contre Akish et lui dirent : « Renvoie cet homme, et qu'il retourne à l'endroit que tu lui as assigné. Qu'il ne descende pas avec nous au combat, que nous ne l'ayons pas pour adversaire pendant le combat. A quel prix celui-là pourrait-il se concilier son maître, sinon avec les têtes des hommes que voici ? [l'endroit que tu lui as assigné 1 S 27.6.
— pour adversaire 1 S 14.21.]5 N'est-ce pas ce David dont on chantait en dansant :
“Saül en a battu des mille,
et David des myriades” ? » [1 S 18.7.]
6 Akish appela David et lui dit : « Par la vie du Seigneur, tu es un homme droit. J'ai plaisir à te voir partir et rentrer avec moi à l'armée, car je n'ai pas trouvé de mal en toi depuis le jour où tu es venu chez moi jusqu'à ce jour. Mais tu ne plais pas aux princes. 7 Retourne donc et va en paix. Ainsi tu ne feras rien qui déplaise aux princes des Philistins. » 8 David dit à Akish : « Mais qu'ai-je donc fait ? Et qu'as-tu trouvé à reprocher à ton serviteur depuis le jour où je me suis mis à ton service jusqu'à ce jour, pour que je ne puisse venir combattre les ennemis de mon seigneur le roi ? » 9 Akish répondit à David : « Je sais. Oui, tu me plais comme un ange de Dieu. Mais leschefs des Philistins ont dit : “Qu'il ne monte pas avec nous au combat.” [2 S 14.17,20 ; 19.28.]10 Donc, lève-toi de bon matin, ainsi que les serviteurs de ton maître qui t'ont accompagné. Vous vous lèverez de bon matin et, dès qu'il fera jour, partez. » 11 David se leva tôt, lui et ses hommes, pour partir dès le matin et retourner au pays des Philistins. Alors les Philistins montèrent à Izréel.
Campagne contre Amaleq
30 Or, le troisième jour, lorsque David et ses hommes arrivèrent à Ciqlag, les Amalécites avaient fait un raid dans le Néguev et à Ciqlag. Ils avaient ravagé Ciqlag et l'avaient incendiée. [les Amalécites 1 S 27.8.
— Ciqlag, Néguev : voir 1 S 27.6,10 et les notes.]2 Ils y avaient fait prisonniers les femmes, les petits et les grands, mais ils n'avaient tué personne. Ils les avaient emmenés et avaient repris leur chemin.
3 Quand David et ses hommes arrivèrent à la ville, ils virent qu'elle avait été incendiée et que leurs femmes, leurs fils et leurs filles avaient été emmenés. 4 David et ses compagnons éclatèrent en sanglots et pleurèrent jusqu'à ce qu'ils n'eussent plus la force de pleurer. 5 Les deux femmes de David avaient été capturées, Ahinoam d'Izréel et Avigaïl, femme de Naval, de Karmel. [1 S 27.3.]6 Et David était dans une grande angoisse, car les gens parlaient de le lapider : chacun était plein d'amertume en pensant à ses fils et à ses filles. Mais David reprit courage, grâce au Seigneur, son Dieu. [1 S 28.15.]
7 David dit au prêtre Abiatar, fils d'Ahimélek : « Apporte-moi l'éphod, s'il te plaît. » Abiatar apporta l'éphod à David. [Abiatar 1 S 22.20.
— l'éphod : voir Ex 25.7 et la note.]8 David demanda au Seigneur : « Si je poursuis cette bande, arriverai-je à les rattraper ? » Le Seigneur lui dit : « Pars à sa poursuite. Tu les rattraperas et tu délivreras les tiens. » [1 S 23.9-13.]9 David partit avec six cents de ses compagnons, et ils arrivèrent au torrent de Besor. Les autres étaient restés. [Le torrent de Besor coule à 35 km environ au sud-ouest de Ciqlag et va se jeter dans la Méditerranée.]10 David continua la poursuite avec quatre cents hommes. Deux cents hommes étaient restés sur place, empêchés de franchir le torrent de Besor. [1 S 25.13.]
11 On rencontra un Egyptien dans la campagne. On l'arrêta et on l'amena à David. On lui donna du pain à manger et de l'eau à boire. 12 On lui donna un gâteau de figues et deux grappes de raisin sec et, après avoir mangé, l'homme retrouva ses esprits. Depuis trois jours et trois nuits, il n'avait ni mangé ni bu.
13 David lui dit : « A qui es-tu et d'où es-tu ? » Il dit : « Je suis un jeune Egyptien, esclave d'un Amalécite. Mon maître m'a abandonné parce que j'étais malade, il y a aujourd'hui trois jours. 14 C'est nous qui avons fait un raid au Néguev des Kerétiens, contre celui de Juda et contre le Néguev de Caleb et nous avons incendié Ciqlag. » [un raid 1 S 27.10.
— Kerétiens : voir 2 S 8.18 et la note.
— Caleb : clan de la tribu de Juda.]15 David lui dit : « Me conduirais-tu vers cette bande ? » Il répondit : « Jure-moi par Dieu que tu ne me feras pas mourir et que tu ne me remettras pas entre les mains de mon maître, et je te conduirai vers cette bande. »
16 Il conduisit donc David. Les Amalécites étaient éparpillés sur toute l'étendue du pays, mangeant, buvant, faisant la fête avec l'énorme butin qu'ils avaient pris au pays des Philistins et au pays de Juda. 17 David les massacra depuis l'aube jusqu'au soir du lendemain. Personne n'en réchappa, sauf quatre cents jeunes gens qui enfourchèrent les chameaux et s'enfuirent. 18 David sauva tout ce que les Amalécites avaient pris. Il sauva en particulier ses deux femmes. [1 S 27.3.]19 Il ne manquait personne parmi les petits et les grands, leurs fils et leurs filles, ni quoi que ce soit du butin et de tout ce qui avait été emporté. David ramena tout. 20 David prit tout le petit et le gros bétail. Ceux qui marchaient devant ce troupeau pour le guider disaient : « Voici le butin de David. »
21 David arriva près des deux cents hommes qui avaient été empêchés de suivre David et qu'on avait laissés au torrent de Besor. Ils sortirent à la rencontre de David et de sa troupe. David s'avança avec la troupe et les salua. [Voir 1 S 30.9 (et la note), 10.]22 Alors, parmi les hommes qui avaient accompagné David, tous les méchants et les vauriens élevèrent la voix et dirent : « Puisqu'ils ne sont pas venus avec moi, nous ne leur donnerons rien du butin que nous avons repris, à l'exception de leurs femmes et de leurs enfants. Qu'ils les emmènent et qu'ils s'en aillent ! » [Ou avec nous (d'après plusieurs versions anciennes).]23 Mais David dit : « Vous n'agirez pas ainsi, mes frères, avec ce que le Seigneur nous a donné, lui qui nous a gardés et qui a livré entre nos mains la bande qui nous avait attaqués. 24 Et qui pourrait vous écouter dans cette affaire ? Telle la part de celui qui descend au combat, telle la part de celui qui reste auprès des bagages : ensemble, ils partageront. » [Nb 31.27.]25 A partir de ce jour, il en fit une loi et une coutume pour Israël, encore valable aujourd'hui.
26 Arrivé à Ciqlag, David envoya des parts de butin aux anciens de Juda, ses compatriotes, et leur fit dire : « Voici pour vous en hommage une part du butin pris aux ennemis du Seigneur. » 27 Il en envoya à ceux de Béthel, à ceux de Ramoth du Néguev, à ceux de Yattir, 28 à ceux de Aroër, à ceux de Sifemoth, à ceux d'Eshtemoa, 29 à ceux de Rakal, à ceux des villes des Yerahmeélites, à ceux des villes des Qénites, 30 à ceux de Horma, à ceux de Bor-Ashân, à ceux de Atak, 31 à ceux d'Hébron, et partout où David et ses hommes avaient porté leurs pas. [La plupart des localités et régions énumérées dans les v. 27-31 se situent dans le pays de Juda. La générosité de David (v.26) lui assura plus tard le soutien des Judéens qui, les premiers, le choisirent pour roi, à Hébron précisément (2 S 2.1-4).]
Bataille de Guilboa et mort de Saül
(1Ch 10. 1-14)
31 Or, les Philistins combattaient contre Israël. Les hommes d'Israël s'enfuirent devant les Philistins et tombèrent, frappés à mort, sur le mont Guilboa. [les Philistins contre Israël 1 S 28.1,4.
— le mont Guilboa : voir 1 S 28.4 et la note.]2 Les Philistins se mirent à talonner Saül et ses fils. Ils abattirent Jonathan, Avinadav et Malki-Shoua, les fils de Saül. [1 S 14.49.]3 Le poids du combat se porta vers Saül. Les tireurs d'arc le découvrirent. A la vue des tireurs, il eut un frisson d'épouvante. 4 Saül dit à son écuyer : « Dégaine ton épée et transperce-moi, de peur que ces incirconcis ne viennent me transpercer et ne se jouent de moi. » Mais son écuyer refusa, car il avait très peur. Alors Saül prit l'épée et se jeta sur elle. [transperce-moi Jg 9.54.
— son écuyer refusa 1 S 24.7 ; 26.9.]5 Son écuyer, voyant que Saül était mort, se jeta lui aussi sur son épée et mourut avec lui. [1 S 26.10.]6 Saül, ses trois fils, son écuyer, ainsi que tous ses hommes, moururent ensemble ce jour-là.
7 En voyant la déroute d'Israël et la mort de Saül et de ses fils, les Israélites d'au-delà de la vallée et ceux d'au-delà du Jourdain abandonnèrent les villes et prirent la fuite. Les Philistins arrivèrent et s'y installèrent. [La plaine d'Izréel, où les Philistins ont installé leur camp (1 S 28.4).]
8 Le lendemain, les Philistins vinrent dépouiller les victimes. Ils trouvèrent Saül et ses trois fils gisant sur le mont Guilboa. 9 Ils coupèrent la tête de Saül et le dépouillèrent de ses armes. Ils la firent circuler dans le pays des Philistins, en annonçant la nouvelle dans leurs temples et au peuple. [la tête de Saül 1 S 17.54.]10 Ils mirent les armes de Saül dans le temple des Astartés et clouèrent son corps sur le rempart de Beth-Shéân. [les armes dans le temple 1 S 21.9.
— Astartés : voir Jg 2.13 et la note.
— Beth-Shéân : localité située près du Jourdain, à 75 km environ de Jérusalem.]
11 Là-dessus, les habitants de Yavesh-de-Galaad apprirent ce que les Philistins avaient fait à Saül. [Localité située à 15 km au sud-est de Beth-Shéân, de l'autre côté du Jourdain ; 1 S 11.1-11.]12 Les plus vaillants se mirent en route, marchèrent toute la nuit et enlevèrent du rempart de Beth-Shéân les corps de Saül et de ses fils. Revenus à Yavesh, ils les y brûlèrent. 13 Ils recueillirent leurs ossements et les ensevelirent sous le tamaris de Yavesh, puis ils jeûnèrent sept jours.[2 S 21.12-14.]
