
TOB – 2 Samuel
LIVRES DE SAMUEL
INTRODUCTION
Le titre des livres
La division de Samuel en deux livres est très récente. Ce sont les traducteurs grecs qui ont dû copier leur version sur deux rouleaux qu'ils ont intitulés 1er et 2e livre des Règnes. La division suivie par la Vulgate (qui les a appelés 1er et 2e livre des Rois) s'est imposée aux bibles hébraïques au début des temps modernes.
La comparaison du texte hébreu et de la version grecque révèle d'importantes divergences, et celles-ci ne semblent pas toujours le fait du traducteur. Les rares vestiges publiés du texte hébreu retrouvé à Qumrân montrent un texte parfois plus proche de celui sur lequel les Septante paraissent avoir travaillé que du texte massorétique. Il ne faut cependant pas en conclure que les témoins qumrâniens nous livrent le texte authentique. Il est possible que le substrat hébreu des Septante ait cherché à éliminer certains doublets ou contradictions.
Le titre de Samuel reflète une tradition rabbinique ancienne qui donnait le prophète Samuel pour l'auteur de ces livres. Des rabbins postérieurs, prenant à la lettre l'information de 1Ch 29.29-30, ont pensé que l'œuvre de Samuel avait été continuée, après sa mort, par les prophètes Natan et Gad.
Si ancienne qu'elle soit, la définition même des livres de Samuel a quelque chose d'artificiel. On remarque immédiatement que les chapitres 21 — 24 de 2S interrompent un récit, assez homogène par son style et par son propos, qui relatait les vicissitudes internes du règne de David et aboutissait à l'avènement de Salomon. Les deux premiers chapitres de 1R appartiennent à cet ensemble ancien qui s'est trouvé disloqué par l'insertion de 2S 21 — 24. Cette insertion est comparable à celle des chapitres 17 — 21 du livre des Juges, appendices interrompant les histoires de juges-sauveurs qui paraissent reprendre avec celle de Samuel en 1S 1.
Le plan actuel des livres
Les diverses parties paraissent s'enchaîner selon un ordre chronologique. En 1S 1 — 7 nous lisons l'histoire de Samuel depuis sa naissance jusqu'au moment où il est devenu un grand juge-sauveur d'Israël. L'ambiance est celle des guerres contre les Philistins, dont on retient surtout les épisodes concernant l'arche de Silo.
La seconde partie montre Samuel vieilli, pressé par le peuple de lui donner un roi. Après avoir affirmé que seul le Seigneur règne sur Israël, Samuel cède au désir du peuple et investit Saül. Le débat sur la royauté et les récits de l'avènement de Saül occupent les chapitres 8 à 12 de 1S.
La troisième partie (1S 13 — 15) a pour objet les guerres de Saül, contre les Philistins, puis contre les Amalécites. On voit souligner la bravoure de Jonathan, futur ami de David, tandis qu'une ombre est jetée sur Saül, désobéissant en deux occasions à la volonté divine. Samuel lui signifie sa destitution par Dieu et annonce à mots à peine couverts que David le remplacera.
La quatrième partie (1S 16 — 2S 5) est constituée par un ensemble complexe de récits qu'on appelle « histoire de l'accession de David ». Sacré tout enfant par Samuel, David se signale par sa victoire merveilleuse sur le géant philistin. Il entre au service de Saül, devient un grand chef de guerre et conquiert l'affection de tous, en particulier celle de Jonathan. Mais il inspire à Saül une jalousie morbide. Pour sauver sa vie, David doit prendre la fuite et devient chef de bande. Constamment poursuivi par Saül, il est conduit à se mettre provisoirement au service des Philistins, mais on note avec soin qu'il ne porte pas les armes contre son propre peuple. Après la mort de Saül et de Jonathan, tués par les Philistins à la bataille de Guilboa, David doit lutter contre les successeurs de Saül et finit par triompher. Il est reconnu roi d'Israël comme il l'avait été de Juda.
La cinquième partie (2S 6 — 8) est la charnière du dyptique que forme l'histoire de David et expose des faits de la plus haute signification religieuse. L'installation de l'arche de Silo à Jérusalem consacre la ville conquise comme capitale de son royaume. La prophétie de Natan établit en faveur de la dynastie davidique le principe de l'hérédité monarchique et lui assure la protection indéfectible de Dieu. Enfin, la notice du chapitre 8 rappelle que David a été aussi le fondateur d'un véritable empire.
Le second volet du dyptique est constitué par les chapitres 9 — 20 de 2S (auxquels il faut joindre 1R 1 — 2). C'est « l'histoire de la succession de David », la relation des événements qui vont aboutir à l'intronisation de Salomon. On s'attache au récit de la naissance de Salomon et des circonstances qui l'ont entourée, puis on relate dans le détail comment ont été éliminés ceux des fils de David qui pouvaient faire obstacle au destin de Salomon, Amnon et Absalom (Adonias en 1R).
Introduits à la faveur d'une pause dans « l'histoire de la succession » les appendices de 2S 21 — 24 regroupent autour de deux compositions lyriques, elles-mêmes entourées de notices sur diverses personnalités du règne, les relations de deux calamités naturelles et de leur conjuration religieuse.
Les livres de Samuel et l'histoire d'Israël
Les livres de Samuel couvrent une période de l'histoire dont le terme ultime peut être fixé. Ils nous mènent en effet jusqu'au temps de la vieillesse de David, peu d'années avant l'avènement de Salomon en 970. Mais les épisodes initiaux sont plongés dans le même flou chronologique que les histoires des Juges qu'ils prolongent. De ces temps anciens, il subsiste en Samuel des traditions dont certains éléments ont la saveur de l'authenticité, en particulier les récits de batailles et ceux des pérégrinations de David, riches en indications topographiques précises et vérifiables. La tension entre « Israël » et « Juda », notée dans l'histoire des démêlés de Saül et de David et dans celle de la révolte d'Absalom, est encore une donnée du meilleur aloi. Malgré l'absence de confirmation extérieure et l'emphase toujours possible dans un document de cet ordre, la notice de 2S 8 sur les victoires de David à l'étranger ne peut être entièrement controuvée : seule la constitution d'un empire israélite au début du 1er millénaire, en un temps où l'Egypte et l'Assyrie sont sur la défensive, explique la prospérité du règne de Salomon, Israël ayant eu alors accès à la Méditerranée et à la mer Rouge. Les notices sur les fonctionnaires de David (2S 8.15-18 ; 20.23-26) et le recensement dont parle 2S 24 témoignent d'une volonté d'organiser un Etat et marquent un changement significatif depuis le temps de Saül, qui n'avait guère d'autre appareil qu'un embryon d'armée permanente.
En revanche, on ne saurait demander aux livres de Samuel des renseignements sûrs au sujet des débuts de la royauté. Le péril philistin a certainement joué un rôle aux origines de l'institution, mais c'est à la tradition de 1S 11, montrant en Saül le vainqueur des Ammonites, que l'étude interne confère les meilleures garanties. La chronologie du règne de Saül était déjà hors de portée des compilateurs, comme le montre la notice de 1S 13.1.
Les éléments d'une compilation
Les livres de Samuel ne constituent pas une chronique suivant les événements pas à pas. C'est une œuvre littéraire rassemblant des matériaux anciens et qui a dû faire l'objet d'élaborations successives. On discerne à la base de cette compilation quelques documents écrits, comme les notices sur le personnel, et surtout des traditions orales remontant à des compagnons de David. Mais il est difficile d'en retrouver l'état premier derrière la forme écrite. Si l'on hésite à préciser la date des premières mises en forme littéraire (peut-être, pour la plus ancienne, du vivant même de David, puis dans les débuts de la monarchie judéenne), on s'accorde à reconnaître que la dernière phase de la compilation est attribuable aux écrivains « deutéronomistes », qui ont fait entrer nos livres dans l'ensemble historique allant de Josué aux Rois, compilé après la ruine de l'Etat en 587.
« L'histoire de la succession de David » (2S 9 — 20 ; 1R 1 — 2) apparaît comme un récit relativement homogène dont les caractéristiques littéraires rappellent parfois l'auteur « yahviste » du Pentateuque, de sorte que certains regardent ces pages comme le vestige d'une vieille histoire nationale commençant au récit de la création de l'homme (Gn 2). La relation de la révolte d'Absalom, chargée de notations qui semblent prises sur le vif, ne peut avoir été rédigée longtemps après les faits. Elle a reçu pour préface l'histoire de la naissance de Salomon (2S 9 — 12) et pour conclusion celle de l'échec d'Adonias (1R 1 — 2). Malgré l'objectivité du ton, on perçoit nettement les tendances de l'auteur.
La composition de l'ensemble précédent, à partir de 1S 16, est plus difficile à retracer. « L'histoire de l'accession de David » présente ainsi des doublets narratifs qui ont fait croire à certains exégètes que cette partie de nos livres prolongeait les « sources » du Pentateuque. Il semble plutôt que nous ayons affaire à des traditions différentes que les narrateurs ou rédacteurs ont tenu à conserver et qu'ils ont tenté d'organiser en jalonnant le récit de formules-cadres et en soulignant par des mots-clés les thèmes dominants de chaque partie. Malgré les doublets, « l'histoire de l'accession » présente tant d'affinités avec celle de la « succession » qu'on doit penser que les auteurs à l'œuvre dans ces deux ensembles appartenaient aux mêmes milieux, ceux de la cour de David et du Temple de Jérusalem. Les écrivains de cour ont choisi et mis en forme des traditions orales déjà élogieuses pour leur héros. L'idéalisation de David s'est développée jusque dans les dernières étapes de la rédaction : on en a un indice en 1S 16 qui n'hésite pas à se mettre en contradiction avec des données plus anciennes, en montrant David sacré par Samuel.
Le caractère disparate des éléments juxtaposés est également visible dans la partie de 1S consacrée aux guerres de Saül. Des traditions anciennes et vraisemblables sont surchargées de traits hostiles au premier roi. A la différence des récits de batailles contre les Philistins, le chapitre 15 parlant de la campagne contre Amaleq apparaît comme destiné surtout à souligner la faute de Saül et l'ampleur de sa déchéance.
Les chapitres 8 — 12 de 1 Samuel ont aussi derrière eux une histoire très complexe. On y décèle des éléments anciens, comme le conte des ânesses, adaptant sans doute une tradition benjaminite (1S 9 — 10.16), le récit du tirage au sort à Miçpa (1S 10.17-27) et celui de la guerre ammonite (11), où Saül a les traits d'un juge charismatique. Mais les chapitres 8 et 12 posant le problème théologique de la royauté en Israël ont été l'un retouché, l'autre rédigé entièrement par un compilateur de l'école « deutéronomiste ». Dans toute cette partie, Saül n'est pas jugé. Il est simplement présenté, de diverses manières, comme l'élu du Seigneur. Il semble qu'on s'intéresse plus à l'institution monarchique qu'à celui qui en inaugura le fonctionnement.
La première partie du livre (1S 1 — 7) est dominée par le personnage de Samuel, présenté comme le type idéal de l'homme religieux et comme le véritable sauveur de son temps. On insiste sur l'élection divine de Samuel afin de bien marquer de qui ce faiseur de rois détenait son autorité. D'autres éléments des chapitres 1 — 7 prennent leur sens si l'on tient compte de certaines préoccupations des auteurs de Samuel en son ensemble : les aventures de l'arche sont rapportées avec tant de détails parce qu'elles contribuent à glorifier le meuble sacré dont David a fait l'emblème protecteur de sa capitale ; l'annonce du « prêtre fidèle » en 1S 2.27-36 est à la gloire d'une institution de l'ère salomonienne, la lignée sacerdotale des Sadocites, dont un représentant a dû retoucher une histoire primitive écrite à la gloire de l'arche par un défenseur de la lignée sacerdotale d'Eli, implantée à Silo ; l'antithèse élévation-déchéance domine aussi bien l'histoire de Samuel opposé à Eli et à ses fils que celle de David opposé à Saül et à sa maison. On peut attribuer à des doctrinaires royalistes la composition des chapitres 1 — 6. Le chapitre 7 est en grande partie l'œuvre d'un historien deutéronomiste qui a voulu en faire la conclusion de l'histoire des Juges.
La leçon des livres de Samuel
Ces livres sont un recueil de leçons diverses sur les rapports entre Dieu et les hommes : c'est Dieu qui dirige les événements, et David est présenté comme un modèle de soumission confiante à la volonté divine ; d'autres péricopes illustrent la nécessité des institutions cultuelles, qui permettent la médiation entre le divin et l'humain ; enfin, la révision deutéronomiste trouve dans l'histoire le moyen d'exposer une doctrine de la rétribution. Mais le thème dominant est celui de la royauté.
On ne cherche pas à dissimuler l'équivoque de son institution. Israël a pour roi le Seigneur. Que représente alors un souverain humain ? Le problème est résolu en faveur de la monarchie humaine, puisqu'en définitive le Seigneur et Samuel président à l'intronisation de Saül. Si l'initiative du peuple demandant un roi est cependant condamnée sans ambages, c'est pour signifier que la royauté d'un homme ne procède pas en droit de la volonté humaine, mais de l'autorité divine. Le nimbe légendaire qui entoure la figure de Samuel rehausse la suprématie de l'homme de Dieu, et l'on insiste sur la nature cultuelle des fautes de Saül pour enseigner que le roi ne doit pas empiéter sur un domaine qui n'est pas le sien.
Le roi par excellence est David. Son personnage est fort idéalisé, mais on ne cherche pas à dissimuler que sa carrière fut celle d'un soldat heureux. Sa bassesse même rehausse la grandeur du Seigneur, et on ne manque pas de noter la soumission du roi à Dieu et à ses instances. La remontrance du prophète Natan, humblement acceptée par David, montre que le roi, en Israël, ne saurait se soustraire à la loi commune.
Mais, à la différence de Saül, David n'est point puni dans sa descendance : il est assuré de voir l'un de ses fils régner à sa place. C'est le sens de la prophétie de Natan (2S 7), dont la rédaction deutéronomiste n'a pas altéré la teneur essentielle : la maison de David doit occuper à jamais le trône de Jérusalem, quelles que soient les fautes de ses membres régnants. Cette idée religieuse a valu aux livres de Samuel leur place dans l'histoire du salut. Un jour est venu où les rois se sont rendus responsables de tant de manquements que la royauté elle-même a paru condamnée ; le verdict définitif a été prononcé sur elle en 587 (chute de Jérusalem). Néanmoins, on n'a pas cessé de croire à la garantie d'éternité accordée par Dieu à la maison de David et on a attendu avec confiance la venue d'un fils de David digne des promesses faites à son aïeul. C'est le Messie, un roi idéal, certes, mais descendant bel et bien selon la chair de celui que le Seigneur avait choisi aux alentours de l'an mille avant notre ère.
DEUXIÈME LIVRE DE SAMUEL
David apprend la mort de Saül
1 C'est après la mort de Saül que David était revenu, ayant battu Amaleq. David resta deux jours à Ciqlag. [la mort de Saül : voir 1 S 31.4-5.
— ayant battu Amaleq (ou les Amalécites) : voir 1 S 30.
— Ciqlag : voir 1 S 27.6 et la note.]2 Le troisième jour, un homme arriva du camp, d'auprès de Saül. Il avait les vêtements déchirés et la tête couverte de terre. Or, en arrivant auprès de David, il se jeta face contre terre et se prosterna. [Le messager 2 S 11.22-24 ; 18.19-32 ; 1 S 4.12-17.]3 David lui dit : « D'où viens-tu ? » Il lui dit : « Je me suis échappé du camp d'Israël. » 4 David lui dit : « Comment la chose s'est-elle passée ? Raconte-moi. » Il dit : « Le peuple a été mis en déroute ; et puis, il est tombé beaucoup de morts dans le peuple ; et puis, Saül et son fils Jonathan sont morts. » 5 David dit à son jeune informateur : « Comment sais-tu que Saül est mort, ainsi que son fils Jonathan ? » 6 Le jeune homme lui dit : « Je me trouvais par hasard sur le mont Guilboa. Il y avait Saül, appuyé sur sa lance, et il y avait les chars et les cavaliers qui le serraient de près. [Voir 1 S 28.4 et la note.]7 Il s'est retourné et il m'a vu. Il m'a appelé et j'ai dit : “Présent !” 8 Il m'a dit : “Qui es-tu ?” Et je lui ai dit : “Je suis un Amalécite.” [Voir Ex 17.8 et la note.]9 Il m'a dit : “Reste près de moi, veux-tu, et donne-moi la mort, car je suis pris d'un malaise, bien que j'aie encore tout mon souffle.” [1 S 31.4.]10 Je suis donc resté près de lui et je lui ai donné la mort, car je savais qu'il ne survivrait pas à sa chute. J'ai pris le diadème qu'il avait sur la tête et le bracelet qu'il avait au bras. Je les ai apportés ici à mon seigneur. » [2 R 11.12 ; Ps 89.40 ; 132.18.]
11 David saisit ses vêtements et les déchira. Tous ses compagnons firent de même. 12 Ils célébrèrent le deuil, pleurèrent et jeûnèrent jusqu'au soir pour Saül, pour son fils Jonathan, pour le peuple du Seigneur et pour la maison d'Israël, qui étaient tombés par l'épée. [Les deux expressions peuple du Seigneur et maison d'Israël sont ici pratiquement équivalentes.]
13 David dit au jeune informateur : « D'où es-tu ? » Il dit : « Je suis le fils d'un émigré amalécite. » 14 David lui dit : « Comment ! Tu n'as pas craint d'étendre la main pour tuer le messie du Seigneur ? » [étendre la main pour tuer le messie 1 S 24.7.
— messie : voir 1 S 2.10 et la note.]15 David appela un des garçons et dit : « Avance et frappe-le. » Il l'abattit. 16 David lui dit : « Que ton sang soit sur ta tête, car tu as déposé contre toi-même en disant : C'est moi qui ai donné la mort au messie du Seigneur. » [Tournure sémitique signifiant que quelqu'un est responsable de la mort d'un autre et doit en supporter les conséquences.]
Complainte sur Saül et Jonathan
17 Alors David fit cette complainte sur Saül et sur son fils Jonathan. 18 Il dit :
(Pour apprendre aux fils de Juda. Arc. C'est écrit dans le livre du Juste. ) [Le texte du v. 18 est obscur, comme beaucoup de titres de Psaumes.
— Arc : la présence de ce mot dans le titre s'explique probablement par le rôle qu'il joue dans la section centrale du poème (v. 22).
— le livre du Juste : voir Jos 10.13 et la note.]
19 Honneur d'Israël, gisant sur tes collines !
Ils sont tombés, les héros !
20 Ne le publiez pas dans Gath,
ne l'annoncez pas dans les rues d'Ashqelôn,
de peur que les filles des Philistins ne se réjouissent,
que les filles des incirconcis ne sautent de joie. [Gath, Ashqelôn : voir Jos 13.3 ; 1 S 5.8 et les notes.]
21 Montagnes de Guilboa,
ne recevez ni rosée ni pluie,
ne vous couvrez plus de champs féconds !
Car là fut maculé le bouclier des héros,
le bouclier de Saül qui n'avait été huilé [Montagnes de Guilboa : voir 1 S 28.4 et la note.
— huilé : on entretenait avec de l'huile le cuir épais recouvrant la carcasse de bois du bouclier (comparer Es 21.5 et la note).]
22 que du sang des victimes, de la graisse des héros,
l'arc de Jonathan, qui ne recula point,
et l'épée de Saül, qui ne rentrait pas sèche.
23 Saül et Jonathan, les bien-aimés,
inséparables dans la vie et dans la mort,
plus rapides que des aigles,
plus vaillants que des lions !
24 Filles d'Israël, pleurez sur Saül,
qui vous revêtait de pourpre et de parures,
qui de bijoux d'or surchargeait vos habits. [Jg 5.30.]
25 Ils sont tombés en plein combat, les héros !
Jonathan, gisant sur tes collines !
26 Que de peine j'ai pour toi, Jonathan, mon frère !
Je t'aimais tant !
Ton amitié était pour moi une merveille
plus belle que l'amour des femmes. [1 S 18.1.]
27 Ils sont tombés, les héros !
Elles ont péri, les armes de guerre !
David à Hébron
2 Après cela, David demanda au Seigneur : « Dois-je monter dans l'une des villes de Juda ? » Le Seigneur lui dit : « Monte. » David dit : « Où dois-je monter ? » Le Seigneur dit : « A Hébron. » [Voir Gn 13.18 et la note.]2 David y monta ainsi que ses deux femmes, Ahinoam d'Izréel et Avigaïl, femme de Naval de Karmel. [1 S 27.3.]3 David fit également monter ses compagnons, chacun avec sa famille, et ils s'installèrent dans les villes d'Hébron. [C'est-à-dire les localités des environs d'Hébron.]4 Les gens de Juda vinrent et là ils oignirent David comme roi sur la maison de Juda.
On vint dire à David : « Ce sont les gens de Yavesh-de-Galaad qui ont enterré Saül. » [la maison de Juda ou le peuple de Juda ; dans un premier temps, David n'a régné que sur le sud du pays (comparer 2 S 5.1-5).
— Yavesh-de-Galaad : voir 1 S 31.11-13 et la note.]5 David envoya des messagers aux gens de Yavesh-de-Galaad et il leur dit : « Soyez bénis du Seigneur, vous qui avez accompli cet acte de fidélité envers votre seigneur Saül et qui l'avez enterré. 6 Maintenant, que le Seigneur agisse envers vous avec fidélité et loyauté. Moi aussi, j'agirai à votre égard avec la même bonté, puisque vous avez fait cela. 7 Et maintenant, que vos mains soient fermes. Soyez des hommes vaillants. Oui, votre seigneur Saül est mort, mais sachez aussi que la maison de Juda m'a oint pour être son roi. »
Notice sur les règnes d'Ishbosheth et de David
8 Avner, fils de Ner, chef de l'armée de Saül, avait emmené Ishbosheth, fils de Saül, et l'avait fait passer à Mahanaïm. [2 S 17.24 ; voir Gn 32.3 et la note.]9 Il en avait fait un roi pour le Galaad, les Ashourites et Izréel, comme sur Ephraïm, Benjamin et Israël tout entier. 10 Ishbosheth, fils de Saül, avait quarante ans quand il devint roi sur Israël et il régna deux ans. Mais la maison de Juda suivait David. [Ou le peuple de Juda.]11 Le temps que David passa à Hébron comme roi de la maison de Juda fut de sept ans et six mois. [2 S 5.5.]
Bataille de Gabaon
12 Avner, fils de Ner, et les serviteurs d'Ishbosheth, fils de Saül, sortirent de Mahanaïm en direction de Gabaon. [Ville située à 10 km au nord-ouest de Jérusalem.]13 Joab, fils de Cerouya, et les serviteurs de David sortirent également. S'étant rencontrés près du bassin de Gabaon, ils s'installèrent de part et d'autre du bassin. [Jr 41.12.]14 Avner dit à Joab : « Que les garçons se lèvent donc, et qu'ils joutent devant nous. » Joab dit : « Qu'ils se lèvent ! » [Voir 1 S 17.10.]15 Ils se levèrent et on les compta : douze pour Benjamin et pour Ishbosheth, fils de Saül, et douze des serviteurs de David. 16 Chacun saisit la tête de son adversaire et mit son épée dans le flanc de son adversaire, et ils tombèrent ensemble. On appela ce lieu le Champ des Rocs. Il se trouve à Gabaon. [2 S 5.20 ; 6.8 ; Jos 7.26 ; 1 S 23.28.]
17 Le combat fut très dur ce jour-là. Avner et les gens d'Israël furent battus devant les serviteurs de David. 18 Il y avait là les trois fils de Cerouya, Joab, Avishaï et Asahel. Asahel avait le pied aussi léger qu'une gazelle des champs. 19 Asahel se lança à la poursuite d'Avner, qu'il suivit sans dévier, ni a droite, ni à gauche. 20 Avner se retourna et dit : « Est-ce toi, Asahel ? » Il dit : « C'est moi. » 21 Avner lui dit : « Dévie à droite ou à gauche, attrape un des garçons et prends pour toi ses dépouilles. » Mais Asahel ne voulut pas s'écarter et cesser la poursuite. 22 De nouveau, Avner dit à Asahel : « Ecarte-toi, cesse de me poursuivre ! Ou faudra-t-il que je te terrasse ? Pourrais-je alors regarder en face ton frère Joab ? » 23 Mais Asahel refusa de s'écarter. Alors Avner le frappa au ventre avec le talon de sa lance. La lance sortit par derrière. Il tomba là et mourut sur place. Or tous ceux qui arrivaient à l'endroit où Asahel était tombé mort s'arrêtaient. [2 S 20.12.]
24 Joab et Avishaï se lancèrent à la poursuite d'Avner. Le soleil se couchait quand ils arrivèrent à Guivéath-Amma, qui se trouve à l'est de Guiah, sur le chemin du désert de Gabaon. [Ou la colline d'Amma : lieu non identifié.]25 Les fils de Benjamin se rassemblèrent derrière Avner, ne firent qu'un bloc et se postèrent au sommet d'une colline. 26 Avner cria en direction de Joab : « L'épée va-t-elle sans cesse dévorer ? Ne sais-tu pas que cela finira tristement ? Quand donc enfin diras-tu à tes hommes d'arrêter cette poursuite fratricide ? » [2 S 11.25 ; 18.8 ; Dt 32.42 ; Es 31.8 ; Jr 46.10,14.]27 Joab dit : « Par la vie de Dieu ! Si tu n'avais pas parlé, les hommes n'auraient pas suspendu cette poursuite fratricide avant demain matin. » 28 Joab sonna du cor : tout le peuple s'arrêta, cessant de poursuivre Israël, et on ne se battit plus. [2 S 18.16 ; 20.22 ; voir 1 R 22.36.]29 Avner et ses hommes marchèrent dans la Araba pendant toute la nuit. Ils passèrent le Jourdain, parcoururent tout le Bitrôn et arrivèrent à Mahanaïm. [la Araba désigne ici la vallée du Jourdain.
— parcoururent tout le Bitrôn : endroit inconnu ; autre traduction marchèrent toute la matinée.
— Mahanaïm : voir v. 8.]30 Quand Joab eut cessé de poursuivre Avner, il rassembla tout le peuple. Il manquait à l'appel, parmi les serviteurs de David, dix-neuf hommes et Asahel. 31 Les serviteurs de David, eux, avaient abattu trois cent soixante hommes parmi les Benjaminites et les gens d'Avner. 32 On emporta Asahel et on l'ensevelit dans la tombe de son père, à Bethléem. Joab et ses hommes marchèrent toute la nuit et, au lever du jour, ils furent à Hébron. [Voir v. 1-4.]
3 La guerre fut longue entre la maison de Saül et la maison de David. David ne cessait de se renforcer, la maison de Saül ne cessait de s'affaiblir. [la maison de Saül désigne ici le royaume d'Ishbosheth.
— la maison de David ou le royaume de Juda. (1 Ch 3.1-4)]
Les fils de David nés à Hébron
(1Ch 3. 1-4)
2 Des fils naquirent à David, à Hébron. Son premier né fut Amnon, d'Ahinoam d'Izréel ; 3 le second, Kiléav, d'Avigaïl, femme de Naval, de Karmel ; le troisième, Absalom, fils de Maaka, fille de Talmaï, roi de Gueshour ; [Voir 2 S 13.37 et la note.]4 le quatrième, Adonias, fils de Hagguith ; le cinquième, Shefatya, fils d'Avital ; 5 le sixième, Yitréam, de Egla, femme de David. Ceux-là naquirent à David, à Hébron.
Pourparlers et meurtre d'Avner
6 Pendant qu'il y avait la guerre entre la maison de Saül et la maison de David, Avner, lui, renforçait sa position dans la maison de Saül. [Voir v. 1 et la note.]7 Saül avait eu une concubine qui s'appelait Riçpa, fille d'Ayya. Ishbosheth dit à Avner : « Pourquoi es-tu allé vers la concubine de mon père ? » [Cet acte pouvait exprimer une prétention au pouvoir royal (comparer 1 R 2.22 et la note). Une concubine était une épouse légitime, mais d'un rang inférieur.
— Riçpa 2 S 21.8-11.]8 A ces mots, Avner entra dans une grande colère et il dit : « Suis-je, moi, une tête de chien judéen ? Aujourd'hui, j'agis avec fidélité envers la maison de ton père Saül, envers ses frères et ses amis. Je ne t'ai pas laissé tomber aux mains de David. Et maintenant, tu veux me faire grief d'un écart avec cette femme, aujourd'hui ! [Comparer 1 S 24.15 et la note.]9 Que Dieu fasse à Avner ceci et encore cela, si je ne fais pas pour David ce que le Seigneur lui a juré : [Voir 1 S 14.44 et la note.]10 ôter la royauté à la maison de Saül et ériger le trône de David sur Israël et sur Juda de Dan à Béer-Shéva. » [ôter la royauté 1 S 13.14 ; 15.28.
— de Dan à Béer-Shéva : voir la note sur Jos 19.47.]11 Ishbosheth ne put répliquer un mot à Avner, car il en avait peur.
12 Avner envoya des messagers à David en son propre nom. Il disait : « A qui le pays ? » Et : « Conclus une alliance avec moi et je te prête la main pour te rallier tout Israël. » 13 David répondit : « Bien. Je vais conclure une alliance avec toi. Je ne te demande qu'une chose : Ne te présente pas devant moi sans m'amener d'abord Mikal, la fille de Saül, quand tu viendras te présenter. » [Voir 1 S 18.20-30 ; 25.44.]14 David envoya des messagers à Ishbosheth, fils de Saül. Il disait : « Donne-moi ma femme Mikal, que je me suis acquise pour cent prépuces de Philistins. » 15 Ishbosheth l'envoya prendre chez son mari, Paltiël, fils de Laïsh. 16 Son mari l'accompagna jusqu'à Bahourim, il la suivit en pleurant. Mais Avner lui dit : « Va-t'en, retourne ! » Et il s'en retourna. [Localité non identifiée avec précision, mais située à quelques km seulement à l'est de Jérusalem.]
17 Avner engagea des pourparlers avec les anciens d'Israël. Il leur dit : « Il y a déjà longtemps que vous désirez avoir David pour roi. 18 C'est le moment d'agir. En effet, le Seigneur a déclaré au sujet de David : “Par la main de mon serviteur David, je sauverai mon peuple Israël de la main des Philistins et de la main de tous ses ennemis.” » 19 Avner confia cela aux oreilles des Benjaminites. Puis Avner alla confier aux oreilles de David, à Hébron, tout ce qui avait l'agrément d'Israël et de toute la maison de Benjamin. [confia cela aux oreilles des Benjaminites ou informa les Benjaminites de cela.
— toute la maison ou tout le peuple.]
20 Avner, accompagné de vingt hommes, vint trouver David à Hébron. David donna un banquet à Avner et à ses compagnons. 21 Avner dit à David : « Je vais me mettre à rassembler tout Israël auprès de mon seigneur le roi. Ils concluront une alliance avec toi, et tu régneras partout où tu le désires. » David laissa partir Avner, et celui-ci s'en alla en paix.
22 Mais voici que les serviteurs de David et Joab rentraient d'expédition, ramenant un énorme butin. Avner n'était plus à Hébron, auprès de David, puisque celui-ci l'avait laissé partir en paix. 23 Quand Joab et toute son armée furent arrivés, on vint dire à Joab : « Avner, le fils de Ner, est venu chez le roi, et celui-ci l'a laissé partir en paix. » 24 Joab vint trouver le roi et lui dit : « Qu'as-tu fait ? Voilà qu'Avner est venu chez toi ! Pourquoi donc l'as-tu laissé partir ainsi ? 25 Tu connais Avner, le fils de Ner : c'est pour te duper qu'il est venu, pour connaître tes allées et venues et pour savoir tout ce que tu fais. » [Voir 2 S 10.3 ; 15.34.]26 Sorti de chez David, Joab envoya des émissaires sur les pas d'Avner. Ils le firent revenir depuis la citerne de Sira, à l'insu de David. [Lieu non identifié, probablement au nord d'Hébron.]27 Quand Avner fut revenu à Hébron, Joab l'attira à l'écart à l'intérieur de la porte, comme pour lui parler tranquillement. Là, il le frappa mortellement au ventre, pour venger le sang de son frère Asahel. [Joab l'attira 2 S 20.8-10.
— il le frappa mortellement 2 S 18.14 ; 20.10.
— le sang d'Asahel 2 S 2.23.]28 Quand David l'apprit par la suite, il déclara : « Moi et ma royauté, nous sommes à jamais innocents, devant le Seigneur, du sang d'Avner, le fils de Ner. [1 R 2.5 ; voir 2 S 14.9 ; Jos 2.19.]29 Qu'il rejaillisse sur la tête de Joab et sur toute sa famille ! Qu'il ne cesse pas d'y avoir dans la maison de Joab des gens atteints d'écoulement ou de lèpre, ou qui tiennent le fuseau, ou qui tombent sous l'épée, ou qui manquent de pain ! » [Qu'il rejaillisse sur la tête de Joab : comparer 2 S 1.16 et la note ; 1 R 2.34.
— qu'il ne cesse pas... 1 S 2.33.
— la maison de Joab ou la famille de Joab.
— écoulement : voir Lv 15.1.
— lèpre : voir Lv 13-14.
— qui tiennent le fuseau, c'est-à-dire réduits à la condition des femmes.]30 C'est parce qu'il avait fait mourir leur frère Asahel à la bataille de Gabaon que Joab et son frère Avishaï avaient assassiné Avner. [Voir 2 S 2.23.]
31 David dit à Joab et à tout le peuple qui était avec lui : « Déchirez vos vêtements, ceignez-vous de sacs, et célébrez le deuil devant Avner. » Et le roi David marchait derrière la civière. 32 On ensevelit Avner à Hébron. Le roi éclata en sanglots sur la tombe d'Avner, et tout le peuple versa des larmes. 33 Puis le roi fit une complainte sur Avner. Il dit :
« Fallait-il qu'Avner mourût de la mort de l'infâme ? [2 S 1.17.]
34 Tes mains n'étaient pas enchaînées,
on n'avait pas mis tes pieds aux fers.
Comme on tombe devant des criminels, tu es tombé. »
Et tout le peuple se remit à pleurer sur lui.
35 Tout le peuple vint ensuite pour faire prendre quelque nourriture à David pendant qu'il faisait encore jour. Mais David fit ce serment : « Que Dieu me fasse ceci et encore cela si, avant le coucher du soleil, je goûte à du pain ou à quoi que ce soit ! » [quelque nourriture 2 S 12.17 ; 1 S 28.22.
— David refuse de manger 1 S 31.13.
— Que Dieu me fasse... : voir 1 S 14.44 et la note.]36 Tout le peuple en eut connaissance et l'approuva ; aussi bien, tout ce que faisait le roi avait l'approbation de tout le peuple. 37 Tout le peuple et tout Israël comprirent, ce jour-là, que le meurtre d'Avner, le fils de Ner, n'était pas le fait du roi. 38 Le roi dit à ses serviteurs : « Ne savez-vous pas qu'un chef, et un grand, est tombé aujourd'hui en Israël ? [1 S 26.15.]39 Moi, aujourd'hui, je suis tendre et j'ai reçu l'onction royale, et ces gens-là, les fils de Cerouya, sont plus durs que moi. Mais que le Seigneur rende au méchant selon sa méchanceté ! » [2 S 16.10 ; 19.23 ; 1 S 26.6.]
Meurtre d'Ishbosheth
4 Le fils de Saül apprit qu'Avner était mort à Hébron. Les mains lui en tombèrent et tout Israël en fut bouleversé. [Jr 6.24 ; 50.43.]
2 Il y avait deux hommes, des chefs de bandes, chez le fils de Saül. L'un s'appelait Baana et l'autre Rékav. Ils étaient fils de Rimmôn, le Béérotite, des fils de Benjamin — car Bééroth, elle aussi, est considérée comme benjaminite. [Localité située à une quinzaine de km au nord de Jérusalem.]3 Les gens de Bééroth se sont enfuis à Guittaïm et ils y sont restés comme résidents jusqu'à nos jours. [Localité non identifiée, située probablement dans la région de Lod, au nord-ouest de Jérusalem (voir Ne 11.33).]4 Or Jonathan, fils de Saül, avait un fils estropié des deux jambes. Il avait cinq ans lorsque arriva d'Izréel la nouvelle concernant Saül et Jonathan. Sa nourrice le prit pour s'enfuir et elle était si pressée de fuir que l'enfant tomba et resta boiteux. Il s'appelait Mefibosheth. [Izréel : voir 1 S 29.1,11.
— la nouvelle : de la mort de Saül et de Jonathan (1 S 31.2-6).
— Mefibosheth 2 S 9.1-13 : appelé Meribbaal en 1 Ch 8.34 ; 9.40.]
5 Donc, les fils de Rimmôn de Bééroth, Rékav et Baana, partirent et, à l'heure la plus chaude du jour, arrivèrent à la maison d'Ishbosheth. Il était couché pour la sieste de midi. 6 Ils pénétrèrent à l'intérieur de la maison, chargés de blé, et ils le frappèrent au ventre. Puis Rékav et son frère Baana s'échappèrent.
7 Etant entrés dans la maison alors qu'il était couché sur son lit dans la chambre à coucher, ils le frappèrent mortellement et le décapitèrent. Puis ils emportèrent sa tête et cheminèrent toute la nuit par la Araba. [Voir 2 S 2.29 et la note.]8 Ils apportèrent la tête d'Ishbosheth à David à Hébron et dirent au roi : « Voici la tête d'Ishbosheth, le fils de Saül, ton ennemi, qui en voulait à ta vie. Le Seigneur a donné à mon seigneur le roi pleine vengeance, en ce jour, sur Saül et sur sa descendance. » [en voulait à ta vie 2 S 16.11 ; Ex 4.19 ; 1 R 19.10,14 ; Mt 2.20.
— vengeance 2 S 22.48 ; 1 S 24.13.]
9 David répondit aux fils de Rimmôn de Bééroth, Rékav et Baana son frère : « Par la vie du Seigneur, qui m'a libéré de tout péril ! [1 S 26.24 ; 1 R 1.29.]10 Celui qui m'annonçait : “Saül est mort”, se prenait lui aussi pour un porteur de bonnes nouvelles. Eh bien, je l'ai fait arrêter et tuer à Ciqlag. C'était pour le payer de sa bonne nouvelle ! [2 S 1.5-16.]11 A plus forte raison quand des scélérats ont tué un juste dans sa maison, sur son lit ! Ne dois-je pas maintenant vous réclamer son sang, qui est sur vos mains, et vous supprimer de la terre ? » 12 David donna un ordre aux garçons. Ils les tuèrent, leur coupèrent les mains et les pieds et les suspendirent près du bassin d'Hébron. On prit la tête d'Ishbosheth et on l'ensevelit dans la tombe d'Avner, à Hébron. [2 S 1.15 ; 1 S 22.18. (1 Ch 11.1-3)]
David roi d'Israël. Notice sur le règne de David
(1Ch 11. 1-3)
5 Toutes les tribus d'Israël vinrent trouver David à Hébron et lui dirent : « Nous voici, nous sommes tes os et ta chair. [Hébron : voir 2 S 2.1-4.
— tes os et ta chair : cette formule exprime une relation de parenté (comparer Gn 2.23).]2 Il y a longtemps déjà, quand Saül était notre roi, c'était toi qui faisais sortir et rentrer Israël. Or le Seigneur t'a dit : “C'est toi qui feras paître Israël, mon peuple, et c'est toi qui seras le chef d'Israël.” » [faisais sortir et rentrer Israël, c'est-à-dire conduisais les expéditions militaires d'Israël (voir 1 S 18.13-16).
— chef d'Israël : voir 1 S 28.17.]
3 Tous les anciens d'Israël vinrent trouver le roi à Hébron, et le roi David conclut en leur faveur une alliance à Hébron, devant le Seigneur, et ils oignirent David comme roi d'Israël.
4 David avait trente ans quand il devint roi. Il régna quarante ans. 5 A Hébron, il régna sur Juda sept ans et six mois et, à Jérusalem, il régna trente-trois ans sur tout Israël et Juda. [2 S 2.11 ; 1 R 2.11. (1 Ch 11.4-9 ; 14.1-2)]
David s'installe à Jérusalem
(1Ch 11. 4-9; 14. 1-2)
6 Le roi et ses hommes marchèrent sur Jérusalem contre le Jébusite qui habitait le pays. On dit à David : « Tu n'entreras ici qu'en écartant les aveugles et les boiteux. » C'était pour dire : « David n'entrera pas ici. » [Voir au glossaire AMORITES.]7 David s'empara de la forteresse de Sion — c'est la Cité de David. 8 David dit ce jour-là : « Quiconque veut frapper le Jébusite doit atteindre le canal ! Quant aux boiteux et aux aveugles, ils dégoûtent David. » C'est pourquoi l'on dit : « Aveugle et boiteux n'entreront pas dans la Maison. » [le canal : le sens du mot hébreu est incertain.
— aveugle et boiteux voir Lv 21.18 ; Mt 21.14.
— la Maison ou le Temple.]9 David s'installa dans la forteresse et il l'appela « Cité de David ». Puis David construisit tout autour, depuis le Millo vers l'intérieur. [Voir 1 R 9.15 et la note.]10 David devint de plus en plus grand et le Seigneur, le Dieu des puissances, était avec lui. [1 S 18.12.]
11 Hiram, roi de Tyr, envoya des messagers à David avec du bois de cèdre, des charpentiers et des tailleurs de pierre pour les murs, et ils bâtirent une maison pour David. [1 R 5.15.]12 Alors David sut que le Seigneur l'avait établi roi sur Israël et qu'il avait exalté sa royauté à cause d'Israël son peuple.
Les fils de David nés à Jérusalem
(1 Ch 3. 5-9; 14. 3-7)
13 David prit encore des concubines et des femmes à Jérusalem après son arrivée d'Hébron, et il naquit encore à David des fils et des filles. [concubines : voir 2 S 3.7 et la note.
— d'Hébron 2 S 2.1-7 ; 3.2-5.]
14 Voici les noms de ceux qui lui naquirent à Jérusalem : Shammoua, Shovav, Natân et Salomon ; 15 Yivhar, Elishoua, Nèfèg et Yafia ; 16 Elishama, Elyada et Elifèleth.
Victoire contre les Philistins
1Ch 14. 8-16
17 Les Philistins apprirent qu'on avait oint David comme roi sur Israël. Tous les Philistins montèrent donc à la recherche de David. David l'apprit et descendit à la forteresse. 18 Les Philistins arrivèrent et se déployèrent dans la vallée des Refaïtes. [Au sud-ouest de Jérusalem.]19 David demanda au Seigneur : « Dois-je monter contre les Philistins ? Les livreras-tu entre mes mains ? » Le Seigneur dit à David : « Monte. Oui, je livrerai les Philistins entre tes mains. » 20 David arriva à Baal-Peracim et, là, David les battit. Il dit alors : « Le Seigneur m'a ouvert une brèche chez mes ennemis comme une brèche ouverte par les eaux ! » C'est pourquoi on a donné à ce lieu le nom de Baal-Peracim, c'est-à-dire Maître des Brèches. [Lieu non identifié.
— on a donné le nom 2 S 2.16.]21 Ils abandonnèrent là leurs idoles, et David et ses hommes les emportèrent. [1 S 4.11.]
22 A nouveau, les Philistins montèrent et se déployèrent dans la vallée des Refaïtes. 23 David interrogea le Seigneur, qui déclara : « Tu n'attaqueras pas de front. Tourne-les sur leurs arrières et tu arriveras vers eux en face des micocouliers. 24 Quand tu entendras un bruit de pas à la cime des micocouliers, alors décide-toi. C'est qu'alors le Seigneur sera sorti devant toi pour frapper l'armée des Philistins. » [Gn 3.8 ; 2 R 7.6.]25 David agit comme le Seigneur le lui avait ordonné et il battit les Philistins depuis Guèva jusqu'à l'entrée de Guèzèr. [Guèva : voir 1 S 13.3 et la note.
— Guèzèr : localité située à 30 km environ au nord-ouest de Jérusalem, près de la limite du territoire philistin. (1 Ch 13.1-14 ; 15.25-16.3)]
L'ARCHE, LA DYNASTIE ET LES GUERRES DE DAVID
L'arche à Jérusalem
(1Ch 13. 1-14; 15. 25 — 16. 3)
6 David réunit à nouveau toute l'élite d'Israël, trente mille hommes. [2 S 10.9 ; 1 S 24.3 ; 26.2.]2 David se mit en route et partit, lui et tout le peuple qui était avec lui, de Baalé-Yehouda pour en faire monter l'arche de Dieu sur laquelle a été prononcé un nom, le Nom du Seigneur le tout-puissant, siégeant sur les chérubins. [Baalé-Yehouda ou, selon 1 Ch 13.6, Baala (en Juda), ancien nom de Qiryath-Yéarim (voir Jos 15.9). C'est là que l'arche avait été déposée, voir 1 S 6.21 ; 7.1.
— faire monter l'arche 1 S 7.1.
— siégeant sur les chérubins Ex 25.22.]3 On chargea l'arche de Dieu sur un chariot neuf et on l'emporta de la maison d'Avinadav, située sur la colline. Ouzza et Ahyo, les fils d'Avinadav, conduisaient le chariot neuf. [1 S 6.7.]4 On l'emmena de la maison d'Avinadav, qui est sur la colline, avec l'arche de Dieu, et Ahyo marchait devant l'arche. 5 David et toute la maison d'Israël s'ébattaient devant le Seigneur au son de tous les instruments de cyprès, des cithares, des harpes, des tambourins, des sistres et des cymbales. [Ps 150.1]6 Ils arrivèrent à l'aire de Nakôn. Ouzza fit un geste en direction de l'arche de Dieu et il la saisit, car les bœufs allaient la renverser. [Lieu non identifié.]7 La colère du Seigneur s'enflamma contre Ouzza, et Dieu le frappa là pour cette insolence. Il mourut là, près de l'arche de Dieu. [la colère du Seigneur 1 S 5.6,9 ; 6.19 ; voir Lv 10.1-6.
— L'insolence de Ouzza consiste à avoir touché l'arche, ce que seuls les lévites avaient le droit de faire (Dt 10.8).]8 David fut bouleversé, parce que le Seigneur avait ouvert une brèche en se ruant sur Ouzza. Aujourd'hui encore, l'endroit s'appelle la Brèche de Ouzza. [2 S 2.16.]
9 David eut peur du Seigneur en ce jour-là et il dit : « Comment l'arche du Seigneur pourrait-elle venir chez moi ? » [David eut peur Gn 28.17 ; Ex 14.31 ; 1 S 4.7 ; 12.18.
— l'arche pourrait-elle venir 1 S 5.7-11 ; 6.20.]10 David renonça donc à transférer l'arche du Seigneur chez lui, dans la Cité de David, et il la remisa dans la maison de Oved-Edom le Guittite. [il la remisa 1 S 7.1.
— Guittite : selon certains, originaire de Guittaïm (voir 2 S 4.3 et la note), mais plus probablement, selon d'autres, originaire de Gath (voir 2 S 15.18 et la note).]11 L'arche du Seigneur demeura ainsi dans la maison de Oved-Edom le Guittite durant trois mois, et le Seigneur bénit Oved-Edom et toute sa maison. [1 Ch 26.4-5 ; voir Gn 30.30 ; 39.5.]12 On vint dire au roi David : « Le Seigneur a béni la maison de Oved-Edom et tout ce qui lui appartient, à cause de l'arche de Dieu. » David partit alors et fit monter l'arche de Dieu de la maison de Oved-Edom à la Cité de David, dans la joie. 13 Or donc, lorsque les porteurs de l'arche du Seigneur eurent fait six pas, il offrit en sacrifice un taureau et un veau gras. 14 David tournoyait de toutes ses forces devant le Seigneur — David était ceint d'un éphod de lin. [David tournoyait voir 1 R 18.26.
— éphod de lin : voir 1 S 2.18 et la note.]15 David et toute la maison d'Israël faisaient monter l'arche du Seigneur parmi les ovations et au son du cor. [Ou le peuple.]16 Or quand l'arche du Seigneur entra dans la Cité de David, Mikal, fille de Saül, se pencha à la fenêtre : elle vit le roi David qui sautait et tournoyait devant le Seigneur et elle le méprisa dans son cœur. [Jg 5.28 ; 2 R 9.30.]17 On fit entrer l'arche du Seigneur et on l'exposa à l'endroit préparé pour elle au milieu de la tente que David lui avait dressée. Et David offrit des holocaustes devant le Seigneur et des sacrifices de paix. [l'endroit préparé 1 R 8.6.
— David offre des sacrifices 1 R 3.4 ; 8.63-64 ; 9.25 ; 2 R 16.12-13 ; voir 1 S 13.7-15 ; 2 Ch 26.16-20.
— holocaustes : voir au glossaire SACRIFICES.]18 Quand David eut fini d'offrir l'holocauste et les sacrifices de paix, il bénit le peuple au nom du Seigneur, le tout-puissant. [1 R 8.14,55.]19 Puis il fit distribuer à tout le peuple, à toute la foule d'Israël, hommes et femmes, une galette, un gâteau de dattes et un gâteau de raisins secs par personne, et tout le peuple s'en alla chacun chez soi. 20 David rentra pour bénir sa maison. Mikal, la fille de Saül, sortit au-devant de David et lui dit : « Il s'est fait honneur aujourd'hui, le roi d'Israël, en se dénudant devant les servantes de ses esclaves comme le ferait un homme de rien ! » [le peuple s'en alla... (v. 19-20) 1 Ch 16.43.
— sa maison ou sa famille.]21 David dit à Mikal : « C'est devant le Seigneur, qui m'a choisi et préféré à ton père et à toute sa maison pour m'instituer comme chef sur le peuple du Seigneur, sur Israël, c'est devant le Seigneur que je m'ébattrai. [qui m'a choisi 1 S 13.14 ; 16 ; 1 R 8.16 ; Ps 78.70 ; 1 Ch 28.4 ; 2 Ch 6.6.
— comme chef : voir 2 S 5.2.]22 Je m'abaisserai encore plus et je m'humilierai à mes propres yeux, mais, près des servantes dont tu parles, auprès d'elles, je serai honoré. » 23 Et Mikal, fille de Saül, n'eut pas d'enfant jusqu'au jour de sa mort.
Prophétie de Natan
(1Ch 17. 1-15)
7 Or, lorsque le roi fut installé dans sa maison, et que le Seigneur lui eut accordé le repos alentour face à tous ses ennemis, 2 le roi dit au prophète Natan : « Tu vois, je suis installé dans une maison de cèdre, tandis que l'arche de Dieu est installée au milieu d'une tente de toile. » [maison de cèdre : voir 2 S 5.11 ; tente de toile : voir 2 S 6.17.
— L'intention de David (v. 1-17) 1 R 8.17-18 ; 1 Ch 22.7-10.]3 Natan dit au roi : « Tout ce que tu as l'intention de faire, va le faire, car le Seigneur est avec toi. » [1 S 18.12.]4 Or, cette nuit-là, la parole du Seigneur fut adressée à Natan en ces termes : [Nb 22.8-13,19-20 ; 1 S 9.15-17 ; 1 R 14.5 ; 2 R 20.4-6 ; Ac 9.10-16.]5 « Va dire à mon serviteur David : Ainsi parle le Seigneur : Est-ce toi qui me bâtiras une Maison pour que je m'y installe ? [Ou un Temple.]6 Car je ne me suis pas installé dans une maison depuis le jour où j'ai fait monter d'Egypte les fils d'Israël et jusqu'à ce jour : je cheminais sous une tente et à l'abri d'une demeure. [Ex 40.21.]7 Pendant tout le temps où j'ai cheminé avec tous les fils d'Israël, ai-je adressé un seul mot à une des tribus d'Israël que j'avais établies en paissant Israël mon peuple, pour dire : “Pourquoi ne m'avez-vous pas bâti une Maison de cèdre ?” 8 Maintenant donc, tu parleras ainsi à mon serviteur David : Ainsi parle le Seigneur le tout-puissant : C'est moi qui t'ai pris au pâturage, derrière le troupeau, pour que tu deviennes le chef d'Israël, mon peuple. [derrière le troupeau 1 S 16.11 ; Ps 78.70-71.
— chef d'Israël : voir 2 S 5.2 ; 1 S 24.21.]9 J'ai été avec toi partout où tu es allé : j'ai abattu tous tes ennemis devant toi. Je t'ai fait un nom aussi grand que le nom des grands de la terre. [Dt 12.29.]10 Je fixerai un lieu à Israël, mon peuple, je l'implanterai et il demeurera à sa place. Il ne tremblera plus, et des criminels ne recommenceront plus à l'opprimer comme jadis [Ex 23.20 ; Nb 10.29 ; 14.40 ; Dt 26.9 ; 1 S 12.8.]11 et comme depuis le jour où j'ai établi des juges sur Israël, mon peuple. Je t'ai accordé le repos face à tous tes ennemis. Et le Seigneur t'annonce que le Seigneur te fera une maison. [Ou, ici, une dynastie ; Natan joue sur le double sens du mot hébreu traduit par maison : ce n'est pas David qui bâtira une Maison pour le Seigneur (v. 5), c'est le Seigneur qui fera une maison pour David.]12 Lorsque tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes pères, j'élèverai ta descendance après toi, celui qui sera issu de toi-même, et j'établirai fermement sa royauté. [couché avec tes pères : voir 1 R 1.21 et la note.
— descendance 1 R 15.4.
— sa royauté 1 S 13.13 ; 1 R 2.12,46. La fin du verset fait allusion à Salomon.]13 C'est lui qui bâtira une Maison pour mon Nom, et j'établirai à jamais son trône royal. [une Maison pour mon Nom : voir 1 R 6.
— j'établirai Ex 15.17 ; Ps 9.8 ; 48.9 ; 87.5.]14 Je serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils. S'il commet une faute, je le corrigerai en me servant d'hommes pour bâton et d'humains pour le frapper. [un fils Ps 2.7 ; 89.27 ; 1 Ch 17.13 ; 22.10 ; 28.6 ; 2 Co 6.18 ; He 1.5.
— en me servant d'hommes... : voir 1 R 11.14-40 ; Ps 89.31-35.]15 Mais ma fidélité ne s'écartera point de lui, comme je l'ai écartée de Saül, que j'ai écarté devant toi. [ma fidélité : voir 1 R 11.13.
— écartée de Saül 1 S 13.14 ; 15.28 ; 16.14.]16 Devant toi, ta maison et ta royauté seront à jamais stables, ton trône à jamais affermi. » [à jamais stables 1 S 25.28 ; 1 R 11.38.
— ton trône affermi 1 R 2.45.]17 C'est selon toutes ces paroles et selon toute cette vision que parla Natan à David.
La réponse de David
(1Ch 17. 16-27)
18 Le roi David vint s'asseoir en présence du Seigneur et déclara : « Qui suis-je, Seigneur DIEU, et quelle est ma maison, pour que tu m'aies fait parvenir où je suis ? [qui suis-je 1 S 9.21.
— ma maison ou ma famille.]19 Or c'était encore trop peu à tes yeux, Seigneur DIEU : tu as parlé aussi pour la maison de ton serviteur, longtemps à l'avance. Telle est la loi de l'homme, Seigneur DIEU. [la maison de ton serviteur, c'est-à-dire ma dynastie.
— Telle est la loi de l'homme : texte obscur et traduction incertaine.]20 Et qu'est-ce que David pourrait te dire encore, alors que toi, tu connais ton serviteur, Seigneur DIEU ? 21 C'est à cause de ta parole et selon ton cœur que tu as accompli toute cette grande œuvre, en la faisant connaître à ton serviteur. 22 Aussi tu es grand, Seigneur DIEU : tu es sans pareil, et il n'est point de Dieu, toi excepté, selon tout ce que nous avons entendu de nos oreilles. [tu es grand Ps 104.1.
— toi excepté Ex 15.11.]23 Est-il sur la terre une seule nation pareille à Israël ton peuple, ce peuple que Dieu est allé racheter pour en faire son peuple, en lui donnant un nom et en accomplissant pour vous cette grande œuvre et pour ton pays des choses redoutables ? est-il une nation comparable à ton peuple que tu as racheté de l'Egypte, de cette nation et de ses dieux ? [Dt 4.7,33.]24 Et tu as établi Israël ton peuple pour en faire à jamais ton peuple, et toi, Seigneur, tu es devenu leur Dieu. [1 S 12.22.]25 Maintenant donc, Seigneur Dieu, la parole que tu as prononcée sur ton serviteur et sa maison, tiens-la à jamais et agis comme tu l'as promis. [Dt 9.5 ; 1 S 1.23 ; 1 R 2.4.]26 Que ton Nom soit magnifié à jamais, et qu'on dise : “Le Seigneur, le tout-puissant, est Dieu sur Israël.” Et que la maison de ton serviteur David reste ferme en ta présence. [Dieu sur Israël 1 R 18.36.
— reste ferme 2 S 7.16.]27 En effet, c'est toi-même, Seigneur tout-puissant, Dieu d'Israël, qui as averti ton serviteur en disant : “Je te bâtirai une maison.” Voilà pourquoi ton serviteur a trouvé le courage de t'adresser cette prière. [1 R 8.28,29,54.]28 Et maintenant, Seigneur DIEU, c'est toi qui es Dieu, tes paroles sont vérité, et tu as parlé de ce bonheur à ton serviteur. [Jn 17.17.]29 Veuille maintenant bénir la maison de ton serviteur, pour qu'elle soit à jamais en ta présence. Car c'est toi, Seigneur DIEU, qui as parlé, et par ta bénédiction la maison de ton serviteur sera bénie à jamais. » [Ps 21.4,7 ; 45.3.]
Les guerres de David
(1Ch 18. 1-13)
8 Après cela, David battit les Philistins et les fit fléchir. David enleva aux Philistins leur hégémonie. [1 R 5.1. (1 Ch 18.1-13)]2 Il battit les Moabites et les mesura au cordeau, en les couchant à terre. Il en mesura deux cordeaux à tuer et un plein cordeau à laisser en vie. Et les Moabites devinrent pour David des serviteurs soumis au tribut. [Sur les Philistins (v. 1), les Moabites (v.2), le royaume de çova (v.3), les fils d'Ammon (v.12) et Edom (v.14), voir 1 S 14.47 et la note.
— leur hégémonie : texte obscur et traduction incertaine. C'est-à-dire que David en fait mourir les deux tiers et en laisse un tiers en vie.]3 David battit Hadadèzèr, fils de Rehov, roi de Çova, quand celui-ci allait remettre la main sur le fleuve Euphrate. 4 David lui prit mille sept cents cavaliers et vingt mille fantassins. David coupa les jarrets de tous les attelages. Toutefois, il garda cent de ces attelages. [coupa les jarrets Gn 49.6 ; Jos 11.6-9.
— il garda cent attelages Dt 17.16 ; Es 31.1 ; Mi 5.9 ; Ps 20.8.]5 Les Araméens de Damas vinrent au secours de Hadadèzèr, roi de Çova. Mais David abattit vingt-deux mille hommes parmi les Araméens. 6 David établit alors des préfets dans l'Aram de Damas, et les Araméens devinrent pour David des serviteurs soumis au tribut. Le Seigneur donna donc la victoire à David partout où il alla. [Autres traductions établit des garnisons ou dressa des stèles (comparer 1 S 10.5 et la note).]
7 David s'empara des carquois d'or que portaient les serviteurs de Hadadèzèr et les apporta à Jérusalem. [1 R 10.16-17 ; 14.26-27 ; 2 R 11.10.]8 Et dans les villes de Hadadèzèr, Bètah et Bérotaï, le roi David s'empara d'une énorme quantité de bronze. [Bètah : localité inconnue ; Bérotaï : localité située à 50km environ au nord de Damas.]
9 Toï, roi de Hamath, apprit que David avait battu toute l'armée de Hadadèzèr. [Royaume araméen situé au nord-est de la Palestine.]10 Toï envoya donc son fils Yoram au roi David pour le saluer et pour le féliciter d'avoir fait la guerre à Hadadèzèr et de l'avoir battu, car Hadadèzèr était l'adversaire de Toï. Yoram apportait des objets d'argent, d'or et de bronze. 11 Ceux-là aussi, le roi David les consacra au Seigneur en plus de l'argent et de l'or déjà consacrés et provenant de toutes les nations conquises, [1 R 7.51 ; 2 R 12.19.]12 d'Aram, de Moab, des fils d'Ammon, des Philistins et d'Amaleq, ainsi que du butin de Hadadèzèr, fils de Rehov, roi de Çova. [Voir Ex 17.8 et la note.]
13 Et David se fit un nom, lorsqu'il revint de battre les Araméens, dans la vallée du Sel, au nombre de dix-huit mille. [Voir 2 R 14.7 et la note ; Ps 60.2.]14 Il établit alors en Edom des préfets ; c'est dans tout Edom qu'il établit des préfets, et tous les Edomites devinrent pour David des serviteurs. Le Seigneur donna donc la victoire à David partout où il alla.
Les fonctionnaires de David
(1Ch 18. 14-17)
15 David régna sur tout Israël. David faisait droit et justice à tout son peuple. [2 S 20.23-26 ; 1 R 4.1-6. (1 Ch 18.14-17) 1 R 3.28 ; 10.9.]16 Joab, fils de Cerouya, commandait l'armée ; Yehoshafath, fils d'Ahiloud, était chancelier ; 17 Sadoq, fils d'Ahitouv, et Ahimélek, fils d'Abiatar, étaient prêtres ; et Seraya était secrétaire ; 18 Benayahou, fils de Yehoyada, commandait les Kerétiens et les Pelétiens ; et les fils de David étaient prêtres. [Soldats étrangers formant la garde personnelle de David. Les Kerétiens étaient peut-être originaires de l'île de Crète ; Pelétiens est peut-être une variante du nom de Philistins.]
LA SUCCESSION AU TRÔNE DE DAVID
David et Mefibosheth
9 David dit : « Y a-t-il encore un survivant de la maison de Saül, que j'agisse envers lui avec fidélité, à cause de Jonathan ? » [un survivant 1 S 20.15-16,42 ; voir 2 S 21.1-14.
— la maison ou la famille.]2 La maison de Saül avait un domestique, nommé Civa. On l'appela chez David, et le roi lui dit : « Est-ce toi Civa ? » Il dit : « Ton serviteur. » [Civa 2 S 16.1-4 ; 19.25-31.
— Ton serviteur, c'est-à-dire C'est moi.]3 Le roi dit : « N'y a-t-il plus un homme de la maison de Saül, que j'accomplisse pour lui un acte de cette fidélité que Dieu sanctionne ? » Civa dit au roi : « Il y a encore un fils de Jonathan, estropié des deux jambes. » [que j'accomplisse pour lui un acte de cette fidélité que Dieu sanctionne ou que j'agisse envers lui avec la bonté de Dieu.
— un fils, estropié 2 S 4.4.]4 Le roi lui dit : « Où est-il ? » Civa dit au roi : « Il est justement dans la maison de Makir, fils d'Ammiël, de Lodevar. » [Makir : voir 17.27 ; Lodevar : localité située à une douzaine de km au sud du lac de Gennésareth, à l'est du Jourdain.]5 Le roi David l'envoya chercher dans la maison de Makir, fils d'Ammiël, à Lodevar. 6 Mefibosheth, fils de Jonathan, fils de Saül, arriva auprès de David. Il se jeta face contre terre et se prosterna. David dit : « Mefibosheth ! » Il dit : « Voici ton serviteur. » 7 David lui déclara : « N'aie aucune crainte. Je veux agir envers toi avec fidélité, en considération de ton père Jonathan. Je te restituerai toutes les terres de ton ancêtre Saül et toi-même, tu prendras tous tes repas à ma table. » 8 Il se prosterna et dit : « Qu'est-ce que ton serviteur, pour que tu tournes ton regard vers un chien crevé comme moi ! » [Voir 1 S 24.15 et la note.]9 Le roi appela Civa, le domestique de Saül, et lui dit : « Tout ce qui appartenait à Saül et à toute sa maison, je le donne au fils de ton maître. 10 Tu travailleras la terre pour lui, toi, tes fils et tes serviteurs, tu apporteras ce qui servira à nourrir le fils de ton maître. Et Mefibosheth, le fils de ton maître, prendra tous ses repas à ma table. » Or Civa avait quinze fils et vingt serviteurs. 11 Civa dit au roi : « Ton serviteur agira selon tout ce que mon seigneur le roi ordonnera à son serviteur. Mais Mefibosheth mange à ma table comme l'un des fils du roi. » [Civa semble émettre une timide protestation contre l'ordre du roi (v.10). Mais les versions anciennes, de manières diverses, parlent de la table de David.]12 Mefibosheth avait un jeune fils du nom de Mika. Et tous ceux qui habitaient dans la maison de Civa étaient au service de Mefibosheth. 13 Mefibosheth habitait à Jérusalem, car il prenait tous ses repas à la table du roi. Il était boiteux des deux jambes.
Première campagne ammonite
(1Ch 19. 1-19)
10 Il arriva après cela que mourut le roi des fils d'Ammon et que son fils Hanoun devint roi à sa place. [Ou Ammonites : peuple habitant à l'est du Jourdain.]2 David dit alors : « J'agirai envers Hanoun, fils de Nahash, avec autant de fidélité que son père en a eu envers moi. » David lui envoya donc, par l'entremise de ses serviteurs, ses consolations au sujet de son père. Et les serviteurs de David arrivèrent au pays des fils d'Ammon. [Nahash 1 S 11.1 ; 12.12.
— ses consolations 1 R 5.15.]3 Mais les princes des fils d'Ammon dirent à Hanoun, leur seigneur : « T'imagines-tu que David ait voulu honorer ton père quand il t'a envoyé des gens pour te consoler ? N'est-ce pas pour explorer la ville, pour l'espionner et pour la renverser, que David t'a envoyé ses serviteurs ? » [2 S 3.25.]4 Hanoun appréhenda les serviteurs de David, leur rasa la moitié de la barbe, coupa leurs vêtements à mi-hauteur jusqu'aux fesses et les congédia. 5 On informa David, et il envoya quelqu'un à leur rencontre, car ces hommes étaient couverts de honte. Le roi leur fit donc dire : « Restez à Jéricho jusqu'à ce que votre barbe ait repoussé. Alors seulement, vous reviendrez. »
6 Les fils d'Ammon virent qu'ils s'étaient rendus insupportables à David. Ils envoyèrent prendre à leur solde les Araméens de Beth-Rehov et les Araméens de Çova, soit vingt mille fantassins, le roi de Maaka — mille hommes — , et les gens de Tov, — douze mille hommes — . [Beth-Rehov : localité non identifiée ; çova : voir 2 S 8.3 ; 1 S 14.47 et la note ; Maaka, Tov : endroits non identifiés. Ces quatre endroits étaient probablement situés dans la même région.
— les gens de Tov : l'hébreu a litt. l'homme de Tov, qui est probablement un collectif, mais pourrait aussi éventuellement désigner le roi de Tov.]7 David l'apprit et il envoya Joab et toute l'armée des braves. [C'est-à-dire les soldats de métier (comparer v.17 et la note ; 2 S 11.1).]8 Les fils d'Ammon firent une sortie et se rangèrent en bataille à l'entrée de la porte. Les Araméens de Çova et de Rehov et les gens de Tov et de Maaka étaient à part dans la campagne. 9 Joab vit qu'il devait faire front en avant et en arrière. Il choisit des hommes dans toute l'élite d'Israël et établit une ligne face aux Araméens. 10 Il confia le reste de la troupe à son frère Avishaï et établit une ligne face aux fils d'Ammon. 11 Puis il dit : « Si les Araméens sont plus forts que moi, tu viendras à mon secours, et si les fils d'Ammon sont plus forts que toi, j'irai à ton secours. 12 Sois fort, montrons-nous forts, pour notre peuple et pour les villes de notre Dieu, et que le Seigneur fasse ce qui lui plaît. » [montrons-nous forts 1 S 4.9.
— que le Seigneur fasse... 1 S 3.18.]13 Alors Joab et sa troupe s'avancèrent pour combattre les Araméens. Ceux-ci prirent la fuite devant lui. 14 Quand les fils d'Ammon virent les Araméens en fuite, ils prirent eux-mêmes la fuite devant Avishaï et rentrèrent dans la ville. Joab revint de sa campagne contre les fils d'Ammon et il rentra à Jérusalem.
15 Les Araméens virent qu'ils avaient été battus devant Israël. Ils se réunirent tous. 16 Hadadèzèr envoya des messagers pour mobiliser les Araméens d'au-delà du Fleuve. Ceux-ci arrivèrent à Hélam. Shovak, chef de l'armée de Hadadèzèr, était à leur tête. [Hadadèzèr : voir 2 S 8.3.
— du Fleuve ou de l'Euphrate.
— Hélam : endroit non identifié.]17 On l'annonça à David. Il rassembla tout Israël, passa le Jourdain et arriva à Hélam. Les Araméens se mirent en ligne face à David et lui livrèrent bataille. [tout Israël : David mobilise cette fois tous les citoyens aptes au service militaire (comparer v.7 et la note).]18 Les Araméens prirent la fuite devant Israël. Et David tua aux Araméens sept cents attelages et quarante mille cavaliers. Il frappa Shovak, chef de l'armée araméenne, qui mourut là. 19 Tous les rois, serviteurs de Hadadèzèr, virent qu'ils avaient été battus devant Israël. Ils firent donc la paix avec Israël et le servirent. Et les Araméens eurent peur de revenir au secours des fils d'Ammon. [Jos 10.1-4 ; 2 R 18.31.]
Seconde campagne ammonite. David et Bethsabée
11 Or, au retour de l'année, au temps où les rois se mettent en campagne, David envoya Joab, avec tous ses serviteurs et tout Israël. Ils massacrèrent les fils d'Ammon et mirent le siège devant Rabba, tandis que David demeurait à Jérusalem. [Tout le verset 1 Ch 20.1.
— au retour de l'année, c'est-à-dire au printemps suivant.
— tout Israël : voir 2 S 10.17 et la note.
— Rabba : capitale du royaume des Ammonites (actuellement Amman, capitale de la Jordanie).]
2 Sur le soir, David se leva de son lit. Il alla se promener sur la terrasse de la maison du roi. Du haut de la terrasse, il aperçut une femme qui se baignait. La femme était très belle. 3 David envoya prendre des renseignements sur cette femme, et l'on dit : « Mais c'est Bethsabée, la fille d'Eliam, la femme d'Urie le Hittite ! » [Voir au glossaire AMORITES.]4 David envoya des émissaires pour la prendre. Elle vint chez lui, et il coucha avec elle. Elle venait de se purifier de son impureté. Puis elle rentra chez elle. [Voir Lv 15.19-30.]
5 La femme devint enceinte. Elle en fit informer David et déclara : « Je suis enceinte. » [Gn 38.24-25.]6 David envoya dire à Joab : « Envoie-moi Urie le Hittite. » Joab envoya donc Urie à David. 7 Urie arriva près de lui. David demanda comment allait Joab, et le peuple, et la guerre. 8 Puis David dit à Urie : « Descends chez toi et lave-toi les jambes. » Urie sortit de chez le roi, suivi d'un présent du roi. [lave-toi les jambes ou les pieds : on se lavait les pieds après un voyage (Gn 24.32). Mais ici, l'expression est probablement employée dans un sens plus général, correspondant à peu près à mets-toi à l'aise.]9 Mais Urie coucha à la porte de la maison du roi avec tous les serviteurs de son seigneur et il ne descendit pas dans sa propre maison. 10 On vint dire à David : « Urie n'est pas descendu chez lui. » David dit à Urie : « N'arrives-tu pas de voyage ? Pourquoi n'es-tu pas descendu chez toi ? » 11 Urie dit à David : « L'arche, Israël et Juda habitent dans des huttes. Mon seigneur Joab et les serviteurs de mon seigneur campent en rase campagne. Et moi, j'irais chez moi manger, boire et coucher avec ma femme ! Par ta vie, par ta propre vie, je ne ferai pas cette chose-là. » [La continence sexuelle était une règle pour les soldats, pendant la guerre.
— L'arche en campagne 1 S 4.3-4 ; voir 2 S 15.24-29.]12 David dit à Urie : « Reste ici encore aujourd'hui, et demain je te renverrai. » Urie resta donc à Jérusalem ce jour-là et le lendemain. 13 David l'invita. Il mangea et but en sa présence, et David l'enivra. Urie sortit le soir pour aller se coucher sur son lit avec les serviteurs de son seigneur, mais il ne descendit pas chez lui. 14 Le lendemain matin, David écrivit une lettre à Joab et l'envoya par l'entremise d'Urie. [1 R 21.8-9 ; 2 R 10.1.]15 Il avait écrit dans cette lettre : « Mettez Urie en première ligne, au plus fort de la bataille. Puis, vous reculerez derrière lui. Il sera atteint et mourra. »
16 Joab, qui surveillait la ville, plaça donc Urie à l'endroit où il savait qu'il y avait des hommes valeureux. 17 Les gens de la ville firent une sortie et attaquèrent Joab. Il y eut des victimes parmi le peuple, parmi les serviteurs de David, et Urie le Hittite mourut lui aussi. 18 Joab envoya informer David de toutes les circonstances de ce combat. 19 Il donna au messager l'ordre suivant : « Quand tu auras fini de rapporter au roi toutes les circonstances du combat, 20 si le roi se met en colère et qu'il te dise : “Pourquoi vous êtes-vous approchés de la ville pour livrer bataille ? Ne saviez-vous pas qu'on tire du haut du rempart ? 21 Qui donc a frappé Abimélek, fils de Yeroubbèsheth ? N'est-ce pas une femme qui lui a lancé une meule du haut du rempart, et c'est ainsi qu'il est mort à Tévéç ? Pourquoi vous êtes-vous approchés du rempart ?”, tu lui diras : “Ton serviteur Urie le Hittite est mort lui aussi.” » [Allusion à l'épisode raconté en Jg 9.50-54.
— une femme 2 S 20.16-22.]
22 Le messager partit et vint rapporter à David tout ce dont Joab l'avait chargé. 23 Le messager dit à David : « Ces gens-là étaient plus forts que nous. Ils ont fait une sortie dans notre direction en rase campagne, mais nous avons contre-attaqué jusqu'à l'entrée de la porte. 24 Les tireurs ont alors tiré sur tes serviteurs du haut du rempart. Il y a eu des morts parmi les serviteurs du roi et ton serviteur Urie le Hittite est mort lui aussi. » 25 David dit au messager : « Tu parleras ainsi à Joab : “Ne prends pas trop mal cette affaire. L'épée dévore d'une façon ou d'une autre. Renforce ton attaque contre la ville et renverse-la.” Réconforte-le ainsi. » [2 S 2.26.]
26 La femme d'Urie apprit qu'Urie, son mari, était mort, et elle pleura son mari. 27 Le deuil passé, David la fit chercher et la recueillit chez lui. Elle devint sa femme et elle lui enfanta un fils. Mais ce qu'avait fait David déplut au Seigneur.
Châtiment de l'adultère et naissance de Salomon
12 Le Seigneur envoya Natan à David. Il alla le trouver et lui dit : « Il y avait deux hommes dans une ville, l'un riche et l'autre pauvre. [Emploi d'une histoire fictive 2 S 14.4-11.
— envoya Natan Ps 51.1.
— un riche et un pauvre Lc 16.19-20.]2 Le riche avait force moutons et bœufs. 3 Le pauvre n'avait rien du tout, sauf une agnelle, une seule petite, qu'il avait achetée. Il la nourrissait. Elle grandissait chez lui en même temps que ses enfants. Elle mangeait de sa pitance, elle buvait à son bol, elle couchait dans ses bras. Elle était pour lui comme une fille. 4 Un hôte arriva chez le riche. Il n'eut pas le cœur de prendre de ses moutons et de ses bœufs pour apprêter le repas du voyageur venu chez lui. Il prit l'agnelle du pauvre et l'apprêta pour l'homme venu chez lui. »
5 David entra dans une violente colère contre cet homme et il dit à Natan : « Par la vie du Seigneur, il mérite la mort, l'homme qui a fait cela. 6 Et de l'agnelle, il donnera compensation au quadruple, pour avoir fait cela et pour avoir manqué de cœur. » [Ex 22.1.]7 Natan dit à David : « Cet homme, c'est toi ! Ainsi parle le Seigneur, le Dieu d'Israël : C'est moi qui t'ai oint comme roi d'Israël et c'est moi qui t'ai délivré de la main de Saül. [2 S 7.8-9 ; Jg 6.14 ; 1 S 10.1.]8 Je t'ai donné la maison de ton maître et j'ai mis dans tes bras les femmes de ton maître ; je t'ai donné la maison d'Israël et de Juda ; et si c'est trop peu, je veux y ajouter autant. [dans tes bras Gn 16.5.
— la maison d'Israël et de Juda ou le peuple d'Israël et de Juda.]9 Pourquoi donc as-tu méprisé la parole du Seigneur en faisant ce qui lui déplaît ? Tu as frappé de l'épée Urie le Hittite. Tu as pris sa femme pour en faire ta femme et, lui-même, tu l'as tué par l'épée des fils d'Ammon. [2 S 11.16-17.]10 Eh bien, l'épée ne s'écartera jamais de ta maison, puisque tu m'as méprisé et que tu as pris la femme d'Urie le Hittite pour en faire ta femme. [Ou ta famille.]11 Ainsi parle le Seigneur : Voici que je vais faire surgir ton malheur de ta propre maison. Je prendrai tes femmes sous tes yeux et je les donnerai à un autre. Il couchera avec tes femmes sous les yeux de ce soleil. [Allusion à ce qui est raconté en 2 S 16.21-22.]12 Car toi, tu as agi en secret, mais moi, je ferai cela devant tout Israël et devant le soleil. » 13 David dit alors à Natan : « J'ai péché contre le Seigneur. » Natan dit à David : « Le Seigneur, de son côté, a passé sur ton péché. Tu ne mourras pas. [j'ai péché 2 S 19.21 ; 24.10,17 ; 1 S 15.24,30 ; 26.21.
— tu ne mourras pas 2 S 19.24.]14 Mais, puisque, dans cette affaire, tu as gravement outragé le Seigneur — ou plutôt, ses ennemis — , le fils qui t'est né, lui, mourra. » 15 Et Natan s'en alla chez lui.
Le Seigneur frappa l'enfant que la femme d'Urie avait enfanté à David, et il tomba malade. 16 David eut recours à Dieu pour le petit. Il se mit à jeûner et, quand il rentrait chez lui pour la nuit, il couchait par terre. [2 S 13.31.]17 Les anciens de sa maison insistèrent auprès de lui pour le relever, mais il refusa et ne prit avec eux aucune nourriture. [Les anciens ou Les dignitaires.
— aucune nourriture 2 S 3.35.]18 Le septième jour, l'enfant mourut. Les serviteurs de David redoutaient de lui annoncer que l'enfant était mort. Ils se disaient en effet : « Lorsque l'enfant était vivant, nous lui avons parlé et il ne nous a pas écoutés. Maintenant comment lui dire : “L'enfant est mort” ? Il ferait un malheur ! » 19 David vit que ses serviteurs chuchotaient entre eux et David comprit que l'enfant était mort. David dit alors à ses serviteurs : « L'enfant est-il mort ? » Ils dirent : « Il est mort. » 20 Alors, David se leva de terre, se baigna, se parfuma et changea de vêtements ; puis il entra dans la Maison du Seigneur et se prosterna. Rentré chez lui, il demanda qu'on lui servît un repas et il mangea. 21 Ses serviteurs lui dirent : « Qu'est-ce que tu fais là ? Quand l'enfant était en vie, tu jeûnais et pleurais à cause de lui, et maintenant que l'enfant est mort, tu te relèves et tu prends un repas ! » 22 Il dit : « Quand l'enfant était encore en vie, je jeûnais et je pleurais, car je me disais : “Qui sait ? Peut-être que le Seigneur aura pitié de moi et que l'enfant vivra.” 23 Mais maintenant, il est mort. Pourquoi jeûnerais-je ? Est-ce que je puis encore le faire revenir ? C'est moi qui m'en vais vers lui, mais lui, il ne reviendra pas vers moi. » [Gn 37.35.]
24 David consola Bethsabée, sa femme. Il alla vers elle et il coucha avec elle. Elle enfanta un fils, et David lui donna le nom de Salomon. Le Seigneur l'aima 25 et l'envoya dire par l'entremise du prophète Natan. Et il lui donna le nom de Yedidya — c'est-à-dire Aimé du Seigneur — à cause du Seigneur.
Prise de Rabba
(1Ch 20.1-3)
26 Joab attaqua Rabba des fils d'Ammon et s'empara de la ville royale. [Voir 2 S 11.1 et la note.]27 Joab envoya donc des messagers à David. Il dit : « J'ai attaqué Rabba. Je me suis même emparé de la ville des eaux. [Cette expression désigne probablement la ville basse (près de la rivière), distinguée de la ville haute, mieux fortifiée.]28 Maintenant donc, rassemble le reste du peuple, viens assiéger la ville et t'en emparer, sinon je m'en emparerais moi-même, et elle porterait mon nom. » [C'est-à-dire « on m'attribuerait la gloire de l'avoir conquise ».]29 David rassembla tout le peuple, partit pour Rabba, l'attaqua et s'en empara. 30 Il enleva la couronne de leur roi de dessus sa tête ; son poids était d'un talent d'or, avec des pierres précieuses ; elle fut placée sur la tête de David, et il emporta de la ville une très grande quantité de butin. [Voir au glossaire POIDS ET MESURES.]31 Quant à la population, il la fit partir pour la mettre à manier la scie, les pics de fer et les haches de fer. Il les affecta au moulage des briques. Ainsi faisait-il pour toutes les villes des fils d'Ammon. Puis David et tout le peuple revinrent à Jérusalem. [Allusion probable aux travaux forcés imposés aux vaincus ; le texte n'étant pas très clair, on a parfois compris que David avait supplicié les vaincus au moyen des instruments énumérés.]
Amnon et Tamar
13 Voici ce qui arriva ensuite. Absalom, fils de David, avait une sœur fort belle, appelée Tamar. Amnon, fils de David, en devint amoureux. [Gn 34.]2 Amnon se rendit malade de chagrin à cause de sa sœur Tamar, car elle était vierge, et, aux yeux d'Amnon, lui faire quelque chose aurait été prodigieusement difficile. [malade de chagrin Pr 13.12 ; Jdt 12.16.
— sa sœur ou sa demi-sœur : Tamar, vraie sœur d'Absalom (v.4), n'était que la demi-sœur d'Amnon (voir 2 S 3.2-3).]3 Amnon avait un ami nommé Yonadav, fils de Shiméa, frère de David. Yonadav était un homme très avisé. 4 Il lui dit : « Pourquoi donc, fils du roi, es-tu si déprimé chaque matin ? Ne veux-tu pas m'en informer ? » Amnon lui dit : « C'est Tamar, la sœur de mon frère Absalom. J'en suis amoureux. » [Gn 40.7.]5 Yonadav lui dit : « Couche-toi sur ton lit et fais le malade. Quand ton père viendra te voir, tu lui diras : “Permets que ma sœur Tamar vienne me donner à manger : qu'elle apprête la nourriture sous mes yeux, de manière à ce que je la voie, qu'elle me l'apporte elle-même, et je mangerai.” » 6 Amnon se coucha et fit le malade. Le roi vint le voir, et Amnon dit au roi : « Permets que ma sœur Tamar vienne confectionner sous mes yeux deux crêpes, qu'elle me les apporte, et je mangerai. » 7 David envoya dire à Tamar chez elle : « Va donc chez ton frère Amnon et apprête-lui de la nourriture. » 8 Tamar s'en alla chez son frère Amnon. Il était couché. Elle prit de la pâte, la pétrit, confectionna les crêpes sous ses yeux et les fit cuire. 9 Puis elle prit la poêle et la vida devant lui, mais il refusa de manger. Amnon dit : « Faites sortir tout le monde d'ici. » Et tous ceux qui étaient près de lui sortirent. 10 Amnon dit à Tamar : « Apporte la nourriture dans la chambre, donne-la-moi, et je mangerai. » Tamar prit les crêpes qu'elle avait faites et les apporta à son frère Amnon dans la chambre. 11 Elle lui présenta à manger. Il la saisit et lui dit : « Viens, couche avec moi, ma sœur ! » 12 Elle lui dit : « Non, mon frère, ne me violente pas, car cela ne se fait pas en Israël. Ne commets pas cette infamie. [cela ne se fait pas Gn 34.7 ; Jg 19.30.
— infamie Dt 22.21 ; Jg 20.6,10 ; Jr 29.23.]13 Moi, où irais-je porter ma honte ? Et toi, tu serais tenu en Israël pour un infâme. Parle donc au roi. Il ne t'interdira pas de m'épouser. » [Selon l'ancien usage, un tel mariage était autorisé (Gn 20.12), mais la législation ultérieure (Lv 18.11 ; Dt 27.22) l'interdit.]14 Mais il ne voulut pas l'écouter. Il la maîtrisa, lui fit violence et coucha avec elle. 15 Amnon se mit alors à la haïr violemment. Oui, la haine qu'il lui porta fut plus violente que l'amour qu'il avait eu pour elle. Amnon lui dit : « Lève-toi. Va-t'en ! » [Dt 22.13,16 ; 24.3 ; Jg 15.2.]16 Elle lui dit : « Non, car me renvoyer serait un mal plus grand que l'autre, celui que tu m'as déjà fait. » Mais il ne voulut pas l'écouter. 17 Il appela le garçon qui le servait et lui dit : « Qu'on expulse cette fille de chez moi, et verrouille la porte derrière elle ! » 18 Elle portait une tunique princière, car c'est ainsi que s'habillaient les filles du roi quand elles étaient vierges. Le serviteur d'Amnon la fit sortir et verrouilla la porte derrière elle. [Traduction incertaine d'un terme qui ne se retrouve qu'en Gn 37 (voir Gn 37.3 et la note).]19 Tamar prit de la cendre et s'en couvrit la tête, déchira sa tunique princière, se mit la main sur la tête et partit en criant. 20 Son frère Absalom lui dit : « Est-ce que ton frère Amnon a été avec toi ? Maintenant, ma sœur, tais-toi. C'est ton frère. N'y pense plus. » Tamar demeura donc, abandonnée, dans la maison de son frère Absalom. [Gn 38.11.]21 Le roi David apprit toute cette affaire et en fut très irrité. 22 Absalom ne dit plus un mot à son frère Amnon, car Absalom avait pris Amnon en haine, à cause du viol de sa sœur Tamar.
Meurtre d'Amnon et fuite d'Absalom
23 Deux ans après, on fit la tonte chez Absalom, à Baal-Haçor, près d'Ephraïm. Absalom invita tous les fils du roi. [la tonte Gn 38.12-13 ; 1 S 25.4-8.
— Baal-Haçor, Ephraïm : deux localités situées à 25km environ au nord de Jérusalem.]24 Absalom vint chez le roi et dit : « Je t'en prie. Voici qu'on fait la tonte chez ton serviteur. Que le roi et ses serviteurs veuillent bien accompagner ton serviteur. » 25 Le roi dit à Absalom : « Non, mon fils, je t'en prie, n'y allons pas tous. Il ne faut pas que nous te soyons à charge. » Il insista, mais il ne consentit pas à y aller et il le bénit. 26 Absalom dit : « Permets du moins que mon frère Amnon nous accompagne. » Le roi lui dit : « Pourquoi t'accompagnerait-il ? » 27 Absalom insista, et le roi laissa partir avec lui Amnon et tous ses autres fils.
28 Absalom ordonna à ses domestiques : « Regardez bien ! Dès qu'Amnon aura le cœur en joie sous l'effet du vin et que je vous dirai : “Frappez Amnon !”, vous le mettrez à mort. N'ayez pas peur. Est-ce que ce n'est pas moi qui vous l'ordonne ? Courage et montrez-vous vaillants ! » [le cœur en joie 1 S 25.36 ; Est 1.10.
— quand je vous dirai 2 R 10.24-25.]29 Les domestiques d'Absalom firent à Amnon ce qu'Absalom avait ordonné. Tous les fils du roi se levèrent, enfourchèrent chacun son mulet et s'enfuirent.
30 Ils étaient encore en route quand la nouvelle parvint à David : Absalom avait abattu tous les fils du roi, et il n'en restait pas un seul. 31 Le roi se leva, déchira ses vêtements et se coucha par terre. Tous ses serviteurs se tenaient là, vêtements déchirés. [2 S 12.16.]32 Yonadav, fils de Shiméa, frère de David, prit la parole et dit : « Que mon seigneur ne dise pas qu'on a fait mourir tous les jeunes gens, les fils du roi. Non, Amnon seul est mort. Au dire d'Absalom, la chose était décidée depuis le viol de sa sœur Tamar. 33 Que mon seigneur le roi n'aille donc pas penser que tous les fils du roi sont morts. Non, Amnon seul est mort. »
34 Absalom prit la fuite.
Le garçon chargé du guet leva les yeux et vit une troupe nombreuse qui débouchait derrière lui, au flanc de la montagne. [1 S 27.4.]35 Yonadav dit au roi : « Voici les fils du roi qui arrivent. Tout s'est passé comme l'a dit ton serviteur. » 36 Or, il finissait à peine de parler que les fils du roi arrivèrent. Ils éclatèrent en sanglots. Le roi et tous ses serviteurs sanglotèrent abondamment eux aussi.
37 Absalom avait pris la fuite et s'en était allé chez Talmaï, fils d'Ammihour, roi de Gueshour. Et, pendant tout ce temps, David garda le deuil de son fils. [Gueshour : principauté araméenne, à l'est du lac de Gennésareth. D'après 2 S 3.3, Talmaï était le grand-père maternel d'Absalom.
— le deuil 2 S 19.2 ; Gn 37.34.]
Le retour d'Absalom
38 Quant à Absalom, il avait pris la fuite et s'en était allé à Gueshour où il demeura trois ans. 39 Et le roi David cessa de pencher vers Absalom, car il était désolé de la mort d'Amnon.
14 Joab, fils de Cerouya, comprit que le cœur du roi était contre Absalom. 2 Il envoya donc chercher à Teqoa une femme avisée et il lui dit : « Fais semblant d'êtreen deuil, mets des vêtements de deuil, ne te parfume pas, bref, sois comme une femme depuis longtemps en deuil d'un mort. [Teqoa : voir Am 1.1 et la note.
— fais semblant 2 S 12.1-6.]3 Puis, va trouver le roi et parle-lui de telle façon. » Et Joab lui dicta ce qu'elle devait dire. 4 La femme de Teqoa parla donc au roi. Elle se jeta face contre terre, se prosterna et dit : « Au secours, mon roi ! » [2 R 6.26.]5 Le roi lui dit : « Qu'as-tu ? » Elle dit : « Hélas ! Je suis veuve. Mon mari est mort. [2 R 4.1.]6 Ta servante avait deux fils. Tous les deux, ils se sont querellés dans la campagne. Il n'y avait personne pour les séparer. L'un d'eux a porté un coup mortel à son frère. [Ta servante avait, c'est-à-dire J'avais.
— querellés Gn 4.8.]7 Alors, tout le clan s'est dressé contre ta servante. Ils ont dit : “Livre le fratricide : nous le mettrons à mort pour prix de la vie de son frère qu'il a assassiné — et nous supprimerons du même coup l'héritier.” Ils éteindront ainsi la braise qui me reste, ne laissant à mon mari ni nom ni postérité sur la face de la terre. » [Image de l'existence (menacée) du fils survivant ; Es 42.3 ; Mt 12.20.]8 Le roi dit à la femme : « Va-t'en chez toi. Je vais donner des ordres à ton sujet. » 9 La femme de Teqoa dit au roi : « Sur moi la faute, mon seigneur le roi, et sur ma famille ! Le roi et son trône en sont innocents. » [1 S 25.24.]10 Le roi dit : « Celui qui t'en parlera, tu me l'amèneras, et il ne recommencera plus à s'en prendre à toi. » 11 Elle dit : « Que le roi daigne faire mention du Seigneur, ton Dieu, pour que le vengeur du sang n'ajoute pas encore au massacre, et qu'on ne supprime pas mon fils. » Il dit : « Par la vie du Seigneur, pas un cheveu de ton fils ne tombera à terre ! » [faire mention du Seigneur 2 S 18.28 ; Gn 21.23 ; Lv 19.12 ; 1 S 24.22 ; 1 R 1.17 ; Ps 63.11.
— pas un cheveu 1 S 14.45.]12 La femme dit : « Permets à ta servante de dire un mot à mon seigneur le roi. » Il dit : « Parle. » 13 La femme dit : « Et pourquoi donc as-tu fait un projet de ce genre à l'encontre du peuple de Dieu ? D'après ce qu'il vient de dire, le roi se déclare lui-même coupable en ne faisant pas revenir celui qu'il a banni. [2 S 13.37.]14 Oui, nous mourrons, pareils à de l'eau déferlant à terre et qu'on ne peut recueillir, mais Dieu ne s'emporte pas et il a fait ses plans pour que ne soit pas banni loin de lui celui qui a été banni. 15 Maintenant, si je suis venue dire à mon seigneur le roi ce que je viens de lui dire, c'est que le peuple m'a fait peur. Ta servante s'est dit : “Allons parler au roi. Peut-être le roi fera-t-il ce que lui dira son esclave.” [C'est-à-dire ce que je lui dirai.]16 Puisque le roi acceptait d'arracher son esclave de la main de l'homme qui voulait me supprimer du patrimoine de Dieu en même temps que mon fils, [Voir 1 S 10.1 et la note.]17 ta servante s'est dit : “Puisse la parole de mon seigneur le roi contribuer à l'apaisement. Car mon seigneur le roi est comme l'ange de Dieu : il écoute le bien et le mal.” Que le Seigneur, ton Dieu, soit avec toi. » [comme l'ange de Dieu 1 S 29.9.
— il écoute le bien et le mal ou il connaît ce qui est bien et ce qui est mal.]
18 Le roi répondit à la femme : « Ne me cache rien si je te pose une question. » La femme dit : « Que mon seigneur le roi daigne parler. » 19 Le roi dit : « Est-ce la main de Joab qui te guide dans toute cette affaire ? » La femme répondit : « Par ta vie, mon seigneur le roi, personne ne peut aller à droite ou à gauche de tout ce que dit mon seigneur le roi. Oui, c'est ton serviteur Joab qui m'a donné l'ordre et c'est lui qui a dicté à ta servante tout ce qu'elle devait dire. 20 C'est pour retourner la situation que ton serviteur Joab a fait cela, mais mon seigneur est sage, aussi sage que l'ange de Dieu : il sait tout ce qui se passe sur la terre. » [sage 1 R 3.28.
— il sait tout 2 S 18.13 ; voir Pr 25.2.]
21 Le roi dit à Joab : « Soit. L'affaire est réglée. Va, ramène le jeune Absalom. » 22 Joab se jeta face contre terre, se prosterna et bénit le roi. Joab dit : « Moi, ton serviteur, je sais aujourd'hui que je suis en faveur auprès de toi, mon seigneur le roi, puisque le roi a fait ce que lui a dit ton serviteur. » 23 Joab se mit en route et partit pour Gueshour. Il ramena Absalom à Jérusalem. [Voir 2 S 13.37 et la note.]24 Le roi dit : « Qu'il se retire chez lui et qu'il ne paraisse pas en ma présence. » Absalom se retira chez lui et il ne parut pas en présence du roi. [Ex 10.28.]
25 Il n'y avait personne dans tout Israël d'aussi beau qu'Absalom, d'aussi vanté que lui : de la plante des pieds au sommet de la tête, il était sans défaut. [1 S 9.2.]26 Il se rasait la tête à la fin de chaque année, quand sa chevelure était trop lourde. Lorsqu'il se rasait, on pesait sa chevelure : deux cents sicles, au poids du roi. [Voir au glossaire POIDS ET MESURES.]27 Il naquit à Absalom trois fils et une fille appelée Tamar. C'était une femme d'une grande beauté. [2 S 18.18.]
28 Absalom resta deux ans à Jérusalem sans paraître en présence du roi. 29 Absalom envoya chercher Joab pour l'envoyer chez le roi, mais il ne voulut pas venir chez lui. Il envoya un second message, mais il ne voulut pas venir. 30 Il dit alors à ses serviteurs : « Vous voyez le champ de Joab, à côté de chez moi, où il y a de l'orge : allez y mettre le feu. » Les serviteurs d'Absalom mirent donc le feu au champ. [Jg 15.4-5.]
31 Alors Joab alla trouver Absalom chez lui et lui dit : « Pourquoi tes serviteurs ont-ils mis le feu au champ qui m'appartient ? » 32 Absalom dit à Joab : « C'est que je t'avais fait demander de venir ici pour t'envoyer dire au roi : “Pourquoi suis-je revenu de Gueshour ? Il vaudrait mieux pour moi y être encore. Maintenant, je veux être admis en présence du roi, et, s'il y a en moi quelque faute, qu'il me mette à mort !” » [1 S 20.8.]33 Joab se rendit auprès du roi et lui fit un rapport. Le roi fit appeler Absalom qui vint auprès de lui et se prosterna face contre terre devant le roi. Alors le roi embrassa Absalom. [2 S 15.5 ; 19.40 ; 20.9.]
Révolte d'Absalom
15 Or, après cela, Absalom se procura un char et des chevaux ainsi que cinquante hommes qui couraient devant lui. [1 S 8.11.]2 Levé de bon matin, Absalom se tenait au bord du chemin de la porte. Chaque fois qu'un homme, ayant un procès, devait se rendre chez le roi pour demander justice, Absalom l'interpellait et lui disait : « De quelle ville es-tu ? » Il disait : « Ton serviteur est de l'une des tribus d'Israël. » [porte : c'est à la porte de la ville qu'on rendait la justice (Rt 4.1).
— pour demander justice Dt 25.1 ; 1 R 3.16-28 ; Lc 12.13 ; 18.3.
— tribus d'Israël désigne ici (comme au v.10) les tribus installées dans la partie nord de la Palestine.]3 Alors Absalom lui disait : « Vois. Ta cause est bonne et juste, mais il n'y a personne pour t'entendre de la part du roi. » 4 Absalom disait : « Ah ! si j'étais juge dans ce pays, c'est à moi que viendraient tous ceux qui ont des procès à juger, et je leur rendrais justice ! » [si j'étais juge, c'est-à-dire pratiquement roi, car une des tâches du roi était de rendre la justice (voir 2 S 14.1-17 ; 1 R 3.16-28).
— ils viendraient à moi 1 S 22.2.]5 Et lorsque l'homme s'approchait pour se prosterner devant lui, il tendait la main, le saisissait et l'embrassait. [2 S 14.33.]6 Absalom agissait de la sorte à l'égard de tous les Israélites qui se rendaient chez le roi pour demander justice. Et Absalom circonvenait les gens d'Israël.
7 Or, à la fin de la quarantième année, Absalom dit au roi : « Permets que j'aille à Hébron acquitter le vœu que j'ai fait au Seigneur. [à la fin de la quarantième année : on ne sait pas à quoi se rapporte cette notice chronologique ; les anciennes versions grecque et syriaque disent au bout de quatre ans.
— acquitter le vœu Dt 23.22.]8 Car ton serviteur a fait un vœu pendant son séjour à Gueshour en Aram. Il a dit : “Si vraiment le Seigneur me ramène à Jérusalem, je servirai le Seigneur.” » [Gueshour en Aram : voir 2 S 13.37 et la note.
— je servirai le Seigneur Gn 28.20-22.]9 Le roi lui dit : « Va en paix. » Il se mit donc en route et alla à Hébron.
10 Absalom envoya des agents dans toutes les tribus d'Israël en disant : « Dès que vous entendrez le son du cor, vous pourrez dire : Absalom est devenu roi à Hébron. » [1 R 1.39.]
11 Deux cents hommes de Jérusalem avaient accompagné Absalom, des invités, partis en toute innocence. Ils ne savaient rien de l'affaire. [1 S 9.13,22 ; 1 R 1.41,49.]
12 Pendant qu'Absalom offrait les sacrifices, il envoya chercher Ahitofel le Guilonite, conseiller de David, dans sa ville de Guilo. La conspiration devint puissante, et le parti d'Absalom de plus en plus important. [les sacrifices 1 R 1.9,19,25.
— Ahitofel 2 S 15.34 ; 16.23 ; 17.23.
— Guilo : localité située à une dizaine de km au nord-ouest d'Hébron.]
Fuite de David
13 Un informateur vint dire à David : « Le cœur des hommes d'Israël s'est tourné vers Absalom. » 14 David dit à tous ses serviteurs qui étaient avec lui à Jérusalem : « En route ! Fuyons. Car Absalom ne nous fera pas de quartier. Allez-vous-en vite, sinon, il aura vite fait de nous atteindre, de nous mettre à mal et de passer la ville au fil de l'épée. » [Ps 3.1.]15 Les serviteurs du roi dirent au roi : « Quel que soit le choix de mon seigneur le roi, tes serviteurs sont là. » 16 Le roi sortit donc à pied avec toute sa famille, mais le roi laissa dix concubines pour garder la maison. [Voir 2 S 3.7 et la note ; 2 S 16.21-22 ; 20.3.]17 Le roi sortit à pied avec tout le peuple et l'on s'arrêta à la dernière maison.
18 Tous ses serviteurs passaient auprès de lui, tous les Kerétiens, tous les Pelétiens. Tous les Guittites, six cents hommes venus de Gath à sa suite, passaient devant le roi. [Kerétiens, Pelétiens : voir 2 S 8.18 et la note.
— Guittites : voir 2 S 6.10 et la note ; voir aussi 1 S 5.8 et la note ; 1 S 27.1]19 Le roi dit à Ittaï le Guittite : « Pourquoi viendrais-tu, toi aussi, avec nous ? Retourne et reste avec l'autre roi, car tu es un étranger, tu es même un exilé pour ton pays. 20 Tu es arrivé hier, et aujourd'hui je t'entraînerais avec nous, alors que moi, je vais je ne sais où ? Retourne et remmène tes frères avec toi. Fidélité et loyauté ! » [Expression dont le sens est peu clair dans ce contexte. L'ancienne version grecque dit : Et que le Seigneur agisse envers toi avec fidélité et loyauté.]21 Ittaï répondit au roi et lui dit : « Par la vie du Seigneur et par la vie de mon seigneur le roi, là où sera mon seigneur le roi, pour la mort ou pour la vie, là sera ton serviteur. » [là où..., là... Rt 1.16 ; Lc 9.57 ; 22.33.
— sera ton serviteur, c'est-à-dire je serai.]22 David dit à Ittaï : « Va. Passe. » Ittaï le Guittite passa, avec tous ses hommes et tout son petit monde.
23 Tout le pays pleurait à grands sanglots, et tout le peuple passait. Le roi passait dans le torrent du Cédron, et tout le peuple passait en face du chemin qui longe le désert. [Le torrent du Cédron coule au pied de la muraille est de Jérusalem.]24 Il y avait aussi Sadoq, et avec lui tous les lévites portant l'arche de l'alliance de Dieu : ils déposèrent l'arche de Dieu et Abiatar monta jusqu'à ce que tout le peuple qui sortait de la ville eût fini de passer. 25 Le roi dit à Sadoq : « Ramène l'arche de Dieu dans la ville. Si le Seigneur m'est favorable, il me ramènera et me permettra de la revoir, ainsi que sa demeure. [Ps 27.4.]26 Mais s'il déclare : “Je ne veux pas de toi”, eh bien, qu'il me fasse ce qui lui plaît ! » [1 S 3.18.]27 Le roi dit au prêtre Sadoq : « Vois-tu ? Retourne en paix à la ville. Ton fils Ahimaaç et Jonathan, fils d'Abiatar, vos deux fils sont avec vous. 28 Voyez, je vais m'attarder dans les passes du désert, jusqu'à ce qu'un mot de vous m'apporte des nouvelles. » 29 Sadoq et Abiatar ramenèrent donc l'arche de Dieu à Jérusalem et ils y restèrent.
30 David montait par la montée des Oliviers, il montait en pleurant ; il avait la tête voilée et il marchait nu-pieds. Tout le peuple qui l'accompagnait s'était voilé la tête. Ils montaient, montaient en pleurant. [La montée des Oliviers est le chemin qui conduit au mont des Oliviers, en face de Jérusalem, de l'autre côté du Cédron.
— la tête voilée 2 S 19.5 ; Est 6.12.
— nu-pieds Mi 1.8.]31 David déclara : « Ahitofel est parmi les conjurés, avec Absalom. » David dit : « Je t'en prie, Seigneur, rends fous les conseils d'Ahitofel ! » [David déclara : selon un manuscrit de Qumrân et les versions anciennes, il faudrait comprendre On annonça à David.
— rends fous les conseils 2 S 17.14,23 ; Ps 33.10.]
32 David arrivait au sommet, là où l'on se prosterne devant Dieu, quand vint à sa rencontre Houshaï l'Arkite, la tunique déchirée et la tête couverte de terre. 33 David lui dit : « Si tu passes avec moi, tu me seras à charge. [2 S 19.36.]34 Mais si tu retournes à la ville et que tu dises à Absalom : “Je serai ton serviteur, ô roi ; naguère j'étais le serviteur de ton père ; eh bien, maintenant, je suis ton serviteur”, alors tu pourras déjouer à mon avantage les conseils d'Ahitofel. 35 Et n'auras-tu pas près de toi, là-bas, les prêtres Sadoq et Abiatar ? Tout ce que tu entendras de la maison du roi, tu le rapporteras aux prêtres Sadoq et Abiatar. 36 Ils ont près d'eux là-bas leurs deux fils : Ahimaaç pour Sadoq, et Jonathan pour Abiatar. Vous me transmettrez par leur intermédiaire tout ce que vous entendrez dire. » 37 Et Houshaï, l'ami de David, rentra dans la ville, au moment où Absalom entrait à Jérusalem. [ami a ici un sens technique : c'est le titre donné à un confident et conseiller du roi.]
David et Civa
16 David avait un peu dépassé le sommet quand Civa, le domestique de Mefibosheth, vint à sa rencontre, avec une paire d'ânes bâtés, chargés de deux cents pains, cent mesures de raisin sec, cent figues et une outre de vin. [Il s'agit du sommet du mont des Oliviers, voir 2 S 15.30 et la note.
— Mefibosheth 2 S 9.1-6.
— ânes chargés 2 S 17.27-29 ; 1 S 25.18.]2 Le roi dit à Civa : « Qu'as-tu là ? » Civa répondit : « Les ânes serviront de monture à la famille du roi ; le pain et les figues, de nourriture pour les jeunes gens ; et le vin, de boisson aux gens épuisés par le désert. » [Jg 10.4 ; 12.14 ; Za 9.9.]3 Le roi dit : « Mais où est le fils de ton seigneur ? » Civa répondit au roi : « Eh bien, il est resté à Jérusalem, car il s'est dit : “Aujourd'hui, la maison d'Israël me rendra la royauté de mon père.” » [Ou le peuple d'Israël (voir 2 S 15.2 et la note).]4 Le roi déclara à Civa : « Tous les biens de Mefibosheth sont désormais les tiens. » Civa dit : « Me voici prosterné. Reste-moi favorable, mon seigneur le roi. » [2 S 19.30-31.]
David et Shiméï
5 Le roi David arrivait à Bahourim quand un homme en sortait. Il était du même clan que la maison de Saül et s'appelait Shiméï, fils de Guéra. Tout en sortant, il proférait des malédictions. [Bahourim : voir 2 S 3.16 et la note.
— maison ou famille.
— Shiméï 2 S 19.17-24 ; 1 R 2.8-9,36-46.]6 Il jetait des pierres à David et à tous les serviteurs du roi, et pourtant, tout le peuple et tous les braves étaient à droite et à gauche de David. 7 Voici ce que disait Shiméï dans ses malédictions : « Va-t'en, va-t'en, vaurien sanguinaire ! 8 Le Seigneur a fait retomber sur toi tout le sang de la maison de Saül, à la place de qui tu es devenu roi. Le Seigneur a remis la royauté entre les mains de ton fils Absalom, et te voilà, toi, dans le malheur, car tu es un homme de sang. » [Comparer 2 S 1.16 et la note ; 1 S 25.39.]9 Avishaï, fils de Cerouya, dit au roi : « Pourquoi ce chien crevé maudit-il mon seigneurle roi ? Laisse-moi passer et lui couper la tête. » [2 S 4.7 ; 1 S 17.46 ; 2 R 6.32 ; Jdt 13.8.]10 Le roi dit : « Qu'y a-t-il entre moi et vous, fils de Cerouya ? S'il maudit et si le Seigneur lui a dit : “Va maudire David”, qui pourrait lui dire : “Pourquoi as-tu fait cela ?” » 11 David dit à Avishaï et à tous ses serviteurs : « Si mon fils, celui qui est issu de moi, en veut à ma vie, à plus forte raison ce Benjaminite ; laissez-le maudire, si le Seigneur le lui a dit. 12 Peut-être le Seigneur regardera-t-il ma misère et me rendra-t-il le bonheur, au lieu de sa malédiction d'aujourd'hui. » [Gn 29.32 ; 31.42 ; Ex 3.7 ; 4.31 ; Dt 26.7.]
13 David avança sur le chemin avec ses hommes, tandis que Shiméï avançait au flanc de la montagne, à côté de lui, continuant à maudire et à lancer des pierres, à côté de lui. Il faisait aussi voler de la poussière.
14 Le roi et toute sa troupe arrivèrent exténués. Là, on reprit souffle. [On ignore de quel endroit il s'agit ; peut-être un nom de lieu a-t-il disparu du texte.]
Délibérations
15 Absalom et toute la troupe des hommes d'Israël étaient arrivés à Jérusalem. Ahitofel était avec lui. [Voir 2 S 15.2 et la note.]16 Quand Houshaï l'Arkite, l'ami de David, arriva auprès d'Absalom, Houshaï dit à Absalom : « Vive le roi ! Vive le roi ! » [ami : voir 2 S 15.37 et la note.
— Vive le roi ! Ps 72.15.]17 Absalom dit à Houshaï : « Est-ce là ta fidélité à l'égard de ton ami ? Pourquoi n'es-tu pas parti avec ton ami ? » 18 Houshaï dit à Absalom : « Non. Celui qu'a choisi le Seigneur, ainsi que tout ce peuple et tous les hommes d'Israël, c'est à lui que je veux être et avec lui que je veux rester. [Dt 17.15 ; 1 S 10.24 ; Ps 89.4.]19 En second lieu, qui vais-je servir ? N'est-ce pas son fils ? De même que j'ai été au service de ton père, je serai à ton service. »
20 Absalom dit à Ahitofel : « Tenez conseil entre vous sur ce que nous devons faire. » 21 Ahitofel dit à Absalom : « Va vers les concubines de ton père qu'il a laissées pour garder la maison. Ainsi tout Israël saura que tu t'es rendu insupportable à ton père, et le bras de tous tes partisans en sera fortifié. » [Voir 2 S 3.7 et la note ; 2 S 12.11 ; 15.16.]22 On monta pour Absalom une tente sur la terrasse, et Absalom alla vers les concubines de son père sous les yeux de tout Israël. 23 Les conseils que donnait Ahitofel en ce temps-là avaient valeur d'oracle. Il en était ainsi de tous les conseils d'Ahitofel, aussi bien pour David que pour Absalom. [2 S 15.12.]
17 Ahitofel dit à Absalom : « Je choisirais douze mille hommes et partirais à la poursuite de David, cette nuit même. [2 S 20.6.]2 J'arriverais sur lui lorsqu'il sera à bout de forces, je le terroriserais ; toute sa troupe prendra la fuite, et je frapperai le roi quand il sera seul. [2 S 16.14.]3 Ainsi je ferai revenir tout le peuple vers toi. Atteindre l'homme que tu recherches équivaudra au retour de tous : tout le peuple sera en paix. » 4 L'avis parut juste à Absalom et à tous les anciens d'Israël. 5 Absalom dit : « Appelle donc aussi Houshaï l'Arkite, pour que nous entendions ce qu'il a à dire, lui aussi. » 6 Houshaï se rendit auprès d'Absalom, et Absalom lui dit : « Voilà comment Ahitofel a parlé. Devons-nous faire ce qu'il a dit ? Sinon, parle toi-même. » 7 Houshaï répondit à Absalom : « Le conseil qu'a donné Ahitofel n'est pas bon cette fois-ci. » 8 Puis Houshaï dit : « Tu connais toi-même ton père et ses hommes : ce sont des braves et ils sont hargneux comme une ourse qui a perdu son ourson dans la campagne. Ton père est un homme de guerre, il ne passera pas la nuit avec le peuple. [comme une ourse Os 13.8 ; Pr 17.12.
— un homme de guerre 1 S 16.18.]9 Le voici maintenant caché dans quelque trou ou ailleurs. Or, dès qu'il commencera à y avoir des victimes parmi les nôtres, quelqu'un l'apprendra et dira : “Il y a eu des pertes dans le peuple qui suit Absalom !” [1 S 22.1.]10 Alors, même un soldat d'élite au cœur de lion se sentira fondre, car tout Israël sait que ton père est un brave, et que ses compagnons sont des soldats d'élite. [2 S 23.8-23.]11 Voici donc ce que je conseille : que se rassemble auprès de toi tout Israël, de Dan à Béer-Shéva, aussi nombreux que le sable des plages, toi-même marchant au combat. [tout Israël : la mobilisation générale prendra plusieurs jours ; cela laissera du temps à Houshaï pour avertir David (v.15-22), et à David pour se préparer au combat (ch.18).
— de Dan à Béer-Shéva : voir la note sur Jos 19.47.
— aussi nombreux Gn 22.17.]12 Nous l'atteindrons en quelque lieu qu'il se trouve. Nous nous poserons sur lui comme la rosée tombe sur le sol : de lui et de ses compagnons, il ne reste plus personne. [Ou il ne restera.]13 S'il entre dans une ville pour se regrouper, tout Israël fera apporter des cordes à cette ville, et nous le traînerons jusqu'au torrent, si bien qu'il ne s'y trouvera même plus un caillou. » [Ou, selon les versions anciennes, nous la traînerons (la ville avec tous ceux qui s'y trouvent). A la fin du verset, l'adverbe de lieu y désigne l'emplacement de la ville.]14 Absalom et tous les hommes d'Israël dirent : « Le conseil de Houshaï l'Arkite est meilleur que le conseil d'Ahitofel. » Le Seigneur en effet avait décrété de faire échouer le conseil d'Ahitofel qui était le meilleur, pour amener le malheur sur Absalom. [2 S 15.31,34.]
15 Houshaï dit aux prêtres Sadoq et Abiatar : « Voilà ce qu'Ahitofel a conseillé à Absalom et aux anciens d'Israël, et voilà ce que moi, j'ai conseillé. 16 Maintenant donc, envoyez vite informer David. Dites-lui : “Ne t'arrête pas cette nuit dans les steppes du désert, et même il faut que tu passes, sinon, on ne fait qu'une bouchée du roi et de tout le peuple qui l'accompagne.” » [2 S 15.28.]17 Jonathan et Ahimaaç se tenaient à Ein-Roguel. Une servante devait aller les informer, et ils devaient aller eux-mêmes informer le roi David, car ils ne pouvaient pas se faire voir en entrant dans la ville. [Ou la source du Foulon : voir 1 R 1.9 et la note.]18 Mais un jeune homme les vit et en informa Absalom. Ils partirent tous les deux rapidement et arrivèrent à la maison d'un homme de Bahourim. Il avait un puits dans sa cour. Ils y descendirent. [Voir 2 S 3.16 et la note.]19 La femme prit la bâche et l'étendit par-dessus le puits. Elle étala dessus des graines. On ne remarquait rien. [Jos 2.4-6 ; 1 S 19.11-17.]20 Les serviteurs d'Absalom entrèrent chez cette femme, dans la maison, et ils dirent : « Où sont Ahimaaç et Jonathan ? » La femme leur dit : « Ils ont passé... l'eau. » Ils cherchèrent sans trouver et ils s'en retournèrent à Jérusalem. [L'hébreu présente ici un mot inconnu ; on suppose qu'il pourrait s'agir d'un réservoir ou d'un canal.]
21 Après leur départ, les autres remontèrent du puits et allèrent informer le roi David. Ils dirent à David : « En route ! Passez l'eau rapidement, car voilà le conseil qu'Ahitofel a donné à votre sujet. » [C'est-à-dire ici le Jourdain (voir v.22).]22 David se mit donc en route ainsi que tout le peuple qui était avec lui, et ils passèrent le Jourdain. A l'aube, il n'en restait pas un seul qui n'eût passé le Jourdain.
23 Quand Ahitofel s'aperçut qu'on ne mettait pas son conseil à exécution, il sella son âne, se mit en route et s'en alla chez lui, dans sa ville. Il donna ses ordres à sa famille et se pendit. Après sa mort, il fut enseveli dans la tombe de son père. [Ahitofel 2 S 15.12.
— se suicida Jg 9.54 ; 1 S 31.4-6 ; 1 R 16.18 ; 2 M 14.41-46 ; Mt 27.5.]
David à Mahanaïm
24 David arriva à Mahanaïm tandis qu'Absalom passait le Jourdain, lui et tous les hommes d'Israël avec lui. [Voir Gn 32.3 et la note.]25 A la tête de l'armée, Absalom avait mis Amasa, à la place de Joab. Or Amasa était le fils d'un nommé Yitra l'Israélite, qui s'était uni à Avigal, fille de Nahash et sœur de Cerouya, la mère de Joab. 26 Israël et Absalom établirent leur camp au pays du Galaad. [Indication géographique vague : le pays du Galaad s'étend à l'est du Jourdain ; Mahanaïm (v.24) en fait partie.]
27 Dès l'arrivée de David à Mahanaïm, Shovi, fils de Nahash, de Rabba des fils d'Ammon, Makir, fils de Ammiël, de Lodevar, et Barzillaï le Galaadite, de Roguelim, [Rabba : voir 11.1 et la note ; Lodevar : voir 2 S 9.4 et la note ; Roguelim : localité située probablement à 25km environ au sud-est du lac de Gennésareth.
— Makir 2 S 9.4.
— Barzillaï 2 S 19.32-40 ; 1 R 2.7.]28 apportèrent du matériel de couchage, des lainages, de la vaisselle, ainsi que du blé, de l'orge, de la farine, des épis grillés, des fèves, des lentilles, des épis grillés, [L'ancienne version grecque omet la répétition de des épis grillés.]29 du miel, du beurre, des moutons et des morceaux de bœuf qu'ils apportaient comme nourriture à David et au peuple qui était avec lui, car ils se disaient : « Le peuple a souffert de la faim, de la fatigue et de la soif dans le désert. » [Des provisions : 2 S 16.1.]
Défaite et mort d'Absalom
18 David passa en revue le peuple qui était avec lui et il mit à leur tête des chefs de millier et des chefs de centaine. 2 Puis David donna au peuple le signal du départ ; un tiers était confié à Joab, un tiers à Avishaï, fils de Cerouya, frère de Joab, un tiers à Ittaï le Guittite. Le roi dit au peuple : « Je tiens à sortir, moi aussi, avec vous. » [Guittite : voir 2 S 6.10 et la note.
— au peuple ou aux soldats.
— à sortir, c'est-à-dire ici à me mettre en campagne.]3 Le peuple dit : « Tu ne dois pas sortir. Si, en effet, nous prenons la fuite, on ne ferapas attention à nous ; même s'il meurt la moitié d'entre nous, on ne fera pas attention à nous ; mais maintenant, il s'agit de dix mille comme nous. Donc, mieux vaut que tu puisses nous secourir depuis la ville. » [Les anciennes versions grecque et latine précisent le sens implicite de l'hébreu : mais toi, tu es comme dix mille d'entre nous.
— tu ne dois pas sortir 2 S 21.17.]4 Le roi leur dit : « Je ferai ce qui vous plaira. » Le roi se tint près de la porte, pendant que tout le peuple sortait par centaines et par milliers. 5 Le roi donna cet ordre à Joab, à Avishaï et à Ittaï : « Par égard pour moi, doucement avec le jeune Absalom ! » Tout le peuple entendit le roi donner cet ordre à tous les chefs au sujet d'Absalom. [2 S 14.21 ; 18.12,29 ; 19.7.]
6 Le peuple sortit dans la campagne à la rencontre d'Israël, et la bataille eut lieu dans la forêt d'Ephraïm. [La localisation de la forêt d'Ephraïm est incertaine ; peut-être s'agit-il de la région à l'est du Jourdain, mentionnée en Jos 17.15. L'ancienne version grecque parle ici de la forêt de Mahanaïm (voir 2 S 17.24,27).]7 Là, le peuple d'Israël fut battu devant les serviteurs de David. Il y eut beaucoup de pertes ce jour-là, vingt mille hommes. [2 S 17.9.]8 Le combat s'éparpilla sur toute l'étendue du pays. Ce jour-là, la forêt dévora plus de gens parmi le peuple que n'en dévora l'épée. [dévora, c'est-à-dire fit mourir.
— l'épée qui dévore 2 S 2.26.]
9 Absalom se trouva par hasard face aux serviteurs de David. Absalom montait un mulet, et le mulet s'engagea sous la ramure enchevêtrée d'un grand térébinthe. La tête d'Absalom se prit dans le térébinthe, et il se trouva entre ciel et terre, tandis que le mulet qui était sous lui continuait. [2 S 13.29.]10 Un homme le vit et vint dire à Joab : « J'ai vu Absalom suspendu à un térébinthe. » 11 Joab dit à son informateur : « Ainsi tu l'as vu ! Mais pourquoi ne l'as-tu pas frappé et abattu sur place ? Je te devrais alors dix sicles d'argent et une ceinture. » [Voir au glossaire POIDS ET MESURES.]12 L'homme dit à Joab : « Et même si je soupesais maintenant dans mes mains mille sicles d'argent, je ne porterais pas la main sur le fils du roi, car c'est à nos oreilles que le roi t'a donné cet ordre, ainsi qu'à Avishaï et à Ittaï : “Prenez garde que nul ne touche au jeune Absalom.” 13 D'ailleurs, si j'avais commis cette forfaiture contre sa vie, rien n'échappe au roi, et toi-même, tu te serais tenu à l'écart. » [2 S 14.20.]14 Joab dit : « Je ne vais pas attendre ainsi devant toi ! » Il prit donc en main trois épieux et les planta dans le cœur d'Absalom, encore vivant au milieu du térébinthe. [2 S 3.27.]15 Puis dix jeunes gens, les écuyers de Joab, entourèrent Absalom et le frappèrent à mort. 16 Joab sonna du cor, et le peuple cessa de poursuivre Israël, car Joab retint le peuple. [2 S 2.28.]17 On prit Absalom et on le jeta dans la forêt, dans une grande fosse, et l'on érigea dessus un énorme tas de pierres. Tout Israël s'était enfui, chacun à ses tentes. [un tas de pierres Jos 7.26 ; 8.29 ; 10.27.
— à ses tentes : voir Jos 22.4 et la note.]
Le monument d'Absalom
18 Or Absalom avait entrepris de se faire ériger, de son vivant, la stèle qui se trouve dans la vallée du Roi, car il s'était dit : « Je n'ai pas de fils pour perpétuer mon nom. » Il donna donc son nom à la stèle. On l'appelle encore aujourd'hui le monument d'Absalom. [la stèle ou la pierre dressée.
— La vallée du Roi, non identifiée avec certitude, se trouvait probablement aux environs de Jérusalem.
— le monument 1 S 15.12.]
David apprend la mort d'Absalom
19 Ahimaaç, fils de Sadoq, dit : « Permets-moi de courir porter au roi la bonne nouvelle que le Seigneur lui a rendu justice en le tirant des mains de ses ennemis. » 20 Joab lui dit : « Tu ne serais pas porteur d'une bonne nouvelle en ce jour-ci. Tu la porteras un autre jour, mais aujourd'hui même, tu ne porterais pas une bonne nouvelle puisqu'il s'agit de la mort du fils du roi. » [2 S 4.10.]21 Et Joab dit à un Nubien : « Va informer le roi de ce que tu as vu. » Le Nubien se prosterna devant Joab et partit en courant. [Ou un Ethiopien.]22 De nouveau, Ahimaaç, fils de Sadoq, dit à Joab : « Advienne que pourra ! Laisse-moi courir, moi aussi, derrière le Nubien. » Joab dit : « A quoi bon courir, toi aussi, mon fils, sans bonne nouvelle qui te vaudrait une récompense ? » — 23 « Advienne que pourra ! Je courrai. » Il lui dit : « Cours ! » Ahimaaç prit en courant le chemin de la plaine du Jourdain et il dépassa le Nubien.
24 David était assis entre les deux portes. Le guetteur se rendit à la terrasse de la porte, au rempart. Il leva les yeux et vit un homme qui courait seul. [entre les deux portes : sans doute un local aménagé dans l'épaisseur du mur d'enceinte de la ville, entre la porte extérieure et la porte intérieure.
— le guetteur 2 S 13.34 ; 2 R 9.17-20.]25 Le guetteur cria pour en informer le roi. Le roi dit : « S'il est seul, c'est qu'il a une bonne nouvelle à annoncer. » Tandis que l'homme se rapprochait, 26 le guetteur en vit accourir un autre. Il cria au portier : « Voici un homme qui court seul. » Le roi dit : « Celui-là aussi apporte une bonne nouvelle. » 27 Le guetteur dit : « Je reconnais la façon de courir du premier : c'est celle d'Ahimaaç, fils de Sadoq. » Le roi dit : « C'est un homme de bien. Il vient pour une très bonne nouvelle. » [je reconnais 2 R 9.20.
— un homme de bien 1 R 1.42.]28 Ahimaaç cria et dit au roi : « Tout va bien. » Il se prosterna face contre terre devant le roi et dit : « Béni soit le Seigneur, ton Dieu, qui a livré les hommes qui s'étaient insurgés contre mon seigneur le roi ! » 29 Le roi dit : « Tout va bien pour le jeune Absalom ? » Ahimaaç dit : « J'ai vu qu'on s'agitait beaucoup quand Joab a envoyé un serviteur du roi et ton serviteur, mais je ne sais pas pourquoi. » [2 S 18.5.]30 Le roi dit : « Ecarte-toi et tiens-toi là. » Il s'écarta et resta là. 31 Alors le Nubien arriva. Le Nubien dit : « Que mon seigneur le roi apprenne la bonne nouvelle : le Seigneur t'a rendu justice aujourd'hui en te tirant des mains de tous tes adversaires. » [1 S 24.16.]32 Le roi dit au Nubien : « Tout va-t-il bien pour le jeune Absalom ? » Le Nubien répondit : « Qu'ils aient le sort de ce jeune homme, les ennemis de mon seigneur le roi et tous les adversaires qui veulent ton malheur ! »
19 Alors le roi frémit. Il monta dans la chambre au-dessus de la porte et il se mit à pleurer. Il disait en marchant : « Mon fils Absalom, mon fils, mon fils Absalom, que ne suis-je mort moi-même à ta place ! Absalom, mon fils, mon fils ! » [Ex 16.3.]2 On prévint Joab : « Voici, lui dit-on, que le roi pleure et se lamente sur Absalom. » [Gn 37.35.]3 La victoire, ce jour-là, se changea en deuil pour tout le peuple, car le peuple avait entendu dire, en ce jour-là : « Le roi est très affecté à cause de son fils. » [Lm 5.15.]4 Le peuple, ce jour-là, rentra furtivement dans la ville, comme le ferait un peuple honteux d'avoir fui au combat. 5 Le roi, lui, s'était voilé le visage. Le roi criait à pleine voix : « Mon fils Absalom, Absalom, mon fils, mon fils ! » [2 S 15.30.]
6 Joab vint trouver le roi à l'intérieur. Il dit : « Tu couvres de honte, aujourd'hui, le visage de tous tes serviteurs qui t'ont sauvé la vie aujourd'hui, ainsi qu'à tes fils et à tes filles, à tes femmes et à tes concubines. [Voir 2 S 3.7 et la note.]7 Tu aimes ceux qui te détestent et tu détestes ceux qui t'aiment. Tu as proclamé aujourd'hui que chefs et serviteurs ne sont rien pour toi. Eh bien, aujourd'hui, je le sais, si Absalom était vivant et nous tous morts, aujourd'hui, eh bien, tu trouverais cela normal. [2 S 18.5.]8 Maintenant, lève-toi, et va parler au cœur de tes serviteurs, car, je te le jure par le Seigneur, si tu n'y vas pas, personne ne passera cette nuit avec toi, et ce sera pour toi un malheur pire que tous les malheurs qui te sont arrivés depuis ta jeunesse jusqu'à maintenant. » 9 Alors, le roi se leva et vint s'asseoir à la porte, et l'on proclama à tout le peuple : « Voici que le roi est assis à la porte ! » Et tout le peuple vint en présence du roi. [Voir Jos 22.4 et la note.]
Le retour de David
Israël s'était enfui, chacun à ses tentes. 10 Dans toutes les tribus d'Israël, tout le peuple discutait. On disait : « Le roi nous avait arrachés de la main de nos ennemis, il nous avait délivrés de la main des Philistins et, maintenant, il a dû s'enfuir du pays pour échapper à Absalom. [les tribus d'Israël : voir 2 S 15.2 et la note.
— délivré des Philistins 2 S 3.18 ; 5.17-25 ; 21.15-22.]11 Quant à Absalom, que nous avions oint pour être notre chef, il est mort à la guerre. Qu'attendez-vous maintenant pour faire revenir le roi ? » [2 S 15.10.]
12 Le roi David, de son côté, envoya dire aux prêtres Sadoq et Abiatar : « Parlez aux anciens de Juda et dites-leur : “Pourquoi seriez-vous les derniers à faire revenir le roi chez lui, alors que ce que dit tout Israël est parvenu au roi chez lui ? 13 Vous êtes mes frères. Vous êtes mes os et ma chair. Pourquoi donc seriez-vous les derniers à faire revenir le roi ?” [Voir 2 S 5.1 et la note.]14 Et vous direz à Amasa : “N'es-tu pas mes os et ma chair ? Que Dieu me fasse ceci et encore cela, si tu ne remplaces pas Joab comme chef permanent de mon armée !” » [Voir 1 S 14.44 et la note.]15 David retourna l'opinion de tous les hommes de Juda, comme d'un seul homme. Ils envoyèrent dire au roi : « Reviens, toi et tous tes serviteurs ! »
Shiméï
16 Le roi revint donc et arriva au Jourdain. Juda était venu à Guilgal pour aller à la rencontre du roi, pour faire passer au roi le Jourdain. [Nom de plusieurs localités en Israël ; ici il s'agit probablement du Guilgal situé à proximité de Jéricho (voir Jos 3-4).]17 Shiméï, fils de Guéra, le Benjaminite de Bahourim, se hâta de descendre avec les hommes de Juda à la rencontre du roi David. [Shiméï 2 S 16.5.]18 Il y avait avec lui mille hommes de Benjamin, ainsi que Civa, le domestique de la maison de Saül, avec ses quinze fils et ses vingt serviteurs. Ils devaient se précipiter au Jourdain au-devant du roi, [Civa : ch.9 ; 2 S 16.1-4.
— la maison ou la famille.]19 tandis que le radeau traverserait, pour faire passer la maison du roi et exécuter ce qu'il jugerait bon. Shiméï, fils de Guéra, s'étant jeté aux pieds du roi pendant que celui-ci passait le Jourdain, 20 dit au roi : « Que mon seigneur ne m'impute pas de faute. Ne te souviens pas de la faute que ton serviteur a commise le jour où mon seigneur le roi quitta Jérusalem. Que le roi ne la prenne pas à cœur ! [Ps 32.2.]21 Car ton serviteur le sait : j'ai péché. Mais aujourd'hui, je suis venu, précédant toute la maison de Joseph, pour descendre à la rencontre de mon seigneur le roi. » [j'ai péché 2 S 12.13.
— précédant ou le premier de.
— la maison de Joseph désigne soit les tribus d'Ephraïm et Manassé, soit l'ensemble des tribus du nord.]22 Avishaï, fils de Cerouya, intervint et dit : « Est-ce une raison pour ne pas mettre à mort Shiméï, alors qu'il a maudit le messie du Seigneur ? » [Voir 1 S 2.10 et la note.]23 David dit : « Qu'y a-t-il entre moi et vous, fils de Cerouya, pour que vous agissiez envers moi aujourd'hui comme un accusateur ? Mettra-t-on quelqu'un à mort aujourd'hui en Israël ? Ne suis-je pas sûr d'être aujourd'hui roi d'Israël ? » [1 S 11.13 ; voir 1 R 2.46.]24 Le roi dit à Shiméï : « Tu ne mourras pas. » Et le roi le lui jura. [1 R 2.8.]
Mefibosheth
25 Mefibosheth, fils de Saül, descendit à la rencontre du roi. Il n'avait pris soin ni de ses pieds ni de sa moustache, il n'avait pas lavé ses habits, depuis le jour où le roi était parti jusqu'à ce jour où il revenait sain et sauf. [2 S 9.1-6.]26 Or, quand il arriva à Jérusalem à la rencontre du roi, le roi lui dit : « Pourquoi n'es-tu pas parti avec moi, Mefibosheth ? » 27 Il dit : « Mon seigneur le roi, mon serviteur m'a trompé. Car ton serviteur s'était dit : “Je vais seller mon ânesse pour la monter et partir avec le roi” — car ton serviteur est boiteux. [ton serviteur s'était dit, c'est-à-dire je m'étais dit.
— boiteux 2 S 4.4.]28 Il a calomnié ton serviteur auprès de mon seigneur le roi. Mais mon seigneur le roi est comme l'ange de Dieu. Fais donc ce qui te semble bon. [Il a calomnié : voir 2 S 16.1-4.
— l'ange de Dieu 1 S 29.9.]29 En effet, pour mon seigneur le roi, toute la maison de mon père ne comptait que des gens qui méritaient la mort, et cependant tu as admis ton serviteur parmi ceux qui mangent à ta table. Ai-je encore un droit ? Que puis-je encore réclamer au roi ? » [2 S 9.10,13.]30 Le roi lui dit : « Pourquoi discourir encore ? Je le déclare : Toi et Civa, vous vous partagerez les terres. » [Voir 2 S 16.4.]31 Mefibosheth dit au roi : « Qu'il prenne même la totalité, du moment que mon seigneur le roi est rentré chez lui sain et sauf. »
Barzillaï
32 Barzillaï le Galaadite était descendu de Roguelim. Il passa le Jourdain avec le roi, prenant congé de lui près du Jourdain. [2 S 17.27.]33 Barzillaï était très vieux, il avait quatre-vingts ans. C'est lui qui avait pourvu à l'entretien du roi quand il s'était retiré à Mahanaïm, car Barzillaï était un personnage important. 34 Le roi dit à Barzillaï : « Toi, continue avec moi, et je subviendrai à ton entretien auprès de moi à Jérusalem. » 35 Barzillaï dit au roi : « Combien d'années me reste-t-il à vivre pour que je monte avec le roi à Jérusalem ? 36 J'ai aujourd'hui quatre-vingts ans. Puis-je distinguer ce qui est bon de ce qui est mauvais ? Ton serviteur peut-il apprécier ce qu'il mange et ce qu'il boit ? Puis-je encore entendre la voix des chanteurs et des chanteuses ? Pourquoi donc ton serviteur serait-il encore une charge pour mon seigneur le roi ? [Ton serviteur... ce qu'il boit ?, c'est-à-dire Puis-je apprécier ce que je mange et ce que je bois ?
— une charge 2 S 15.33.]37 Pour un peu ton serviteur passait le Jourdain avec le roi. Mais pourquoi le roi m'accorderait-il une telle récompense ? 38 Permets que ton serviteur s'en retourne, et que je meure dans ma ville auprès de la tombe de mon père et de ma mère. Mais voici ton serviteur Kimham. Qu'il continue avec mon seigneur le roi, et fais pour lui ce qui te plaira. » [1 R 2.7.]39 Le roi dit : « Que Kimham continue avec moi, et je ferai pour lui ce qui te plaira, et tout ce que tu choisiras de me demander, je le ferai pour toi. » 40 Tout le peuple passa le Jourdain, et le roi passa. Le roi embrassa Barzillaï et le bénit. Celui-ci s'en retourna chez lui. [2 S 14.33.]41 Le roi continua vers Guilgal, et Kimham continua avec lui.
Tout le peuple de Juda, ainsi que la moitié du peuple d'Israël, avaient fait passer le roi. [Voir v. 16 et la note. Querelle entre Israël et Juda 1 R 12.]
Israël et Juda
42 En arrivant auprès du roi, tous les hommes d'Israël déclarèrent au roi : « Pourquoi nos frères, les hommes de Juda, t'ont-ils accaparé pour faire passer le Jourdain au roi et à sa maison, alors que tous les hommes de David étaient près de lui ? » [Ou sa famille.]43 Tous les hommes de Juda répliquèrent aux hommes d'Israël : « C'est que le roi m'est plus proche. Et pourquoi t'irriter de cela ? Avons-nous mangé quelque chose qui vienne du roi ? A-t-on prélevé quelque chose pour nous ? » 44 Les hommes d'Israël répondirent aux hommes de Juda : « J'ai dix fois plus de droits que tu n'en as sur le roi, et même sur David. Pourquoi as-tu fait de moi si peu de cas, et ma parole n'a-t-elle pas été la première à faire revenir mon roi ? » Mais le langage des hommes de Juda fut plus dur que celui des hommes d'Israël. [Les tribus de l'Israël du nord sont au nombre de dix, alors que Juda est une tribu unique. sonna du cor Jg 3.27 ; 6.34.
— On trouve en 1 R 12.16 un appel presque semblable à la révolte.
— à ses tentes : voir Jos 22.4 et la note.
— Israël : voir 2 S 15.2 et la note.]
Révolte de Shèva
20 Là se trouvait par hasard un vaurien appelé Shèva, fils de Bikri, un Benjaminite. Il sonna du cor et déclara :
« Nous n'avons pas de part avec David,
nous n'avons rien en commun avec le fils de Jessé.
Chacun à ses tentes, Israël ! »
2 Tous les hommes d'Israël remontèrent, quittant David pour suivre Shèva, fils de Bikri. Mais les hommes de Juda restèrent attachés aux pas de leur roi, depuis le Jourdain jusqu'à Jérusalem. [2 S 15.13.]
3 David rentra chez lui à Jérusalem. Le roi prit les dix concubines qu'il avait laissées pour garder la maison et il les mit dans une maison bien gardée. Il pourvut à leur entretien, mais il n'alla plus vers elles. Elles furent séquestrées jusqu'au jour de leur mort, dans l'état de veuves d'un vivant. [Voir 2 S 15.16 ; 3.7 et la note.]
4 Le roi dit à Amasa : « Convoque-moi tous les hommes de Juda dans les trois jours. Puis tiens-toi ici. » [2 S 17.25 ; 19.14.]5 Amasa alla convoquer les hommes de Juda, mais il fut en retard sur le délai que lui avait fixé David. 6 David dit à Avishaï : « Maintenant, Shèva, fils de Bikri, va nous faire plus de tort qu'Absalom. Prends toi-même les serviteurs de ton maître et pars à la poursuite de Shèva, de peur qu'il ne trouve pour lui des villes fortifiées et n'échappe à nos yeux. » [les serviteurs de ton maître, c'est-à-dire mes serviteurs, mes soldats.
— à la poursuite 2 S 17.1.]7 Derrière Avishaï sortirent les hommes de Joab, les Kerétiens, les Pelétiens, et tous les braves. Ils sortirent de Jérusalem, à la poursuite de Shèva, fils de Bikri. [Kerétiens, Pelétiens : voir 2 S 8.18 et la note.
— braves : voir 2 S 10.7 et la note.]
8 Ils se trouvaient près de la grosse pierre qui est à Gabaon quand Amasa arriva devant eux. Joab était équipé de sa tenue, sur laquelle un ceinturon supportait une épée, fixée sur ses reins dans son fourreau. Quand il sortit, elle tomba. [Voir 2 S 2.12 et la note.]9 Joab dit à Amasa : « Tu vas bien, mon frère ? » La main droite de Joab saisit la barbe d'Amasa pour l'embrasser. [2 S 14.33.]10 Amasa n'avait pas pris garde à l'épée qui était dans la main de Joab. Celui-ci l'en frappa au ventre et répandit ses entrailles à terre. Il mourut sans que Joab eût à lui donner un second coup.
Joab, avec son frère Avishaï, se mit à la poursuite de Shèva, fils de Bikri. [2 S 3.27 ; voir Jg 3.21.]11 Un des garçons de Joab était resté près d'Amasa. Le garçon dit : « Quiconque est partisan de Joab, et quiconque est pour David, qu'il suive Joab ! » [Ou soldats.]12 Cependant, Amasa s'était roulé dans son sang au milieu du chemin, et l'homme s'aperçut que tout le peuple s'arrêtait. Il tira donc Amasa du chemin dans le champ et jeta sur lui une couverture, quand il vit que tous ceux qui arrivaient près de lui s'arrêtaient. [2 S 2.23.]13 Lorsqu'il l'eut écarté du chemin, tous les hommes passèrent, suivant Joab à la poursuite de Shèva, fils de Bikri. 14 Celui-ci parcourut toutes les tribus d'Israël jusqu'à Avel-Beth-Maaka, vers tous les Bérites. Mais ceux-ci n'en firent aucun cas et, bien plus, ils se mirent à sa poursuite. [Avel-Beth-Maaka : localité située à 40km environ au nord du lac de Gennésareth.
— On ignore qui sont et d'où viennent les Bérites.]15 Ils vinrent l'assiéger dans Avel-Beth-Maaka. Ils entassèrent contre la ville un remblai, qui atteignit le niveau de l'avant-mur. Tout le peuple qui était avec Joab sapait le rempart pour le faire tomber. [2 R 19.32.]16 Une femme avisée cria de la ville : « Ecoutez ! Ecoutez ! Veuillez dire à Joab : “Approche-toi jusqu'ici. Je veux te parler.” » [2 S 11.21 ; 14.2 ; 1 S 25.14-28.]17 Joab s'approcha d'elle, et la femme lui dit : « Est-ce toi Joab ? » Il répondit : « C'est moi. » Elle lui dit : « Ecoute les paroles de ta servante. » Il répondit : « J'écoute. » 18 Elle poursuivit en ces termes : « On ne manquera pas de dire avant tout : “Qu'on interroge Avel, et on en aura fini.” [Nom abrégé d'Avel-Beth-Maaka (v.14).]19 Je suis ce qu'il y a de plus pacifique et de plus sûr en Israël. Et toi, tu cherches à faire périr une ville — une métropole ! — en Israël. Pourquoi veux-tu engloutir le patrimoine du Seigneur ? » [Voir 1 S 10.1 et la note.]20 Joab répondit et dit : « Abomination, abomination sur moi si j'engloutis et si je détruis ! [1 S 24.7.]21 Il ne s'agit pas de cela. Mais un homme de la montagne d'Ephraïm nommé Shèva, fils de Bikri, s'est insurgé contre le roi David. Livrez-le, lui seul, et je lèverai le siège. » La femme dit à Joab : « Eh bien, on va te jeter sa tête par-dessus le rempart. » [montagne d'Ephraïm : voir 1 S 9.4 et la note.
— sa tête 2 S 4.7-8 ; 1 S 17.51,54 ; 31.9.]22 La femme fit part à tout le peuple de son avis judicieux. On coupa la tête de Shèva, fils de Bikri, et on la jeta à Joab. Joab sonna du cor, ils levèrent le siège et se dispersèrent, chacun vers ses tentes. Joab, lui, revint à Jérusalem auprès du roi. [sonna du cor 2 S 2.28.
— vers ses tentes : voir Jos 22.4 et la note.]
Les fonctionnaires de David
23 Joab commandait toute l'armée d'Israël ; Benaya, fils de Yehoyada, les Kerétiens et les Pelétiens. [2 S 8.15-18. Voir 2 S 8.18 et la note.]24 Adoram était préposé à la corvée. Yehoshafath, fils d'Ahiloud, était chancelier ; 25 Shewa, secrétaire ; Sadoq et Abiatar, prêtres. 26 Il y avait aussi Ira, le Yaïrite ; David l'avait pour prêtre.
SUPPLÉMENTS
Famine et mise à mort des descendants de Saül
21 Il y eut une famine au temps de David, trois années consécutives. David sollicita le Seigneur, et le Seigneur dit : « Cela vise Saül et cette maison sanguinaire, parce qu'il a mis à mort les Gabaonites. » [Voir 2 S 2.12 et la note ; Jos 9.3-27.]2 Le roi convoqua les Gabaonites et leur parla. Les Gabaonites ne faisaient point partie des fils d'Israël, mais ils se rattachaient aux survivants des Amorites. Les fils d'Israël s'étaient engagés envers eux par serment. Néanmoins, Saül, dans son excès de zèle pour les fils d'Israël et de Juda, avait cherché à les abattre. [On ignore à quel moment et en quelles circonstances Saül a agi ainsi à l'égard des Gabaonites.]3 David déclara donc aux Gabaonites : « Que dois-je faire pour vous et comment puis-je réparer, pour que vous bénissiez le patrimoine du Seigneur ? » [Voir 1 S 10.1 et la note.]4 Les Gabaonites lui dirent : « Nous n'avons pas avec Saül et sa maison une affaire d'argent et d'or. Nous n'avons pas à faire mourir quelqu'un en Israël. » Il dit : « Quoi que vous disiez, je l'exécuterai pour vous. » [sa maison ou sa famille.
— faire mourir quelqu'un en Israël : la réponse des Gabaonites n'est pas claire ; peut-être veulent-ils simplement souligner qu'ils n'ont pas le droit de vie et de mort sur les Israélites.]5 Ils dirent au roi : « L'homme qui a voulu nous anéantir et qui nous a cru déjà éliminés de tout le territoire d'Israël, [anéantir, éliminer Dt 7.22-23.]6 qu'on nous livre sept de ses descendants, et nous les écartèlerons devant le Seigneur à Guivéa de Saül, l'élu du Seigneur. » Le roi dit : « Je les livrerai. » [écartèlerons : le sens du verbe hébreu n'est pas certain ; autres traductions : pendrons, empalerons.
— Guivéa de Saül : voir 1 S 10.5 et la note.]7 Mais le roi épargna Mefibosheth, fils de Jonathan, fils de Saül, à cause du serment par le Seigneur qui existait entre eux — entre David et Jonathan, fils de Saül. [Mefibosheth : voir 2 S 9.1-13.
— serment entre David et Jonathan : voir 1 S 20.14-16,42.]8 Le roi prit donc les deux fils de Riçpa, fille d'Ayya, qu'elle avait enfantés à Saül, Armoni et Mefibosheth, et les cinq fils de Mikal, fille de Saül, qu'elle avait enfantés à Adriël, fils de Barzillaï, de Mehola, [Riçpa 2 S 3.7.
— de Mehola ou d'Avel-Mehola : voir Jg 7.22 et la note.]9 et il les livra aux mains des Gabaonites, qui les écartelèrent sur la montagne devant le Seigneur. Ils succombèrent tous les sept ensemble. On les mit à mort aux premiers jours de la moisson, au commencement de la moisson des orges. [Généralement en avril.]
10 Riçpa, fille d'Ayya, prit un sac, qu'elle étendit sur le rocher, depuis le commencement de la moisson jusqu'à ce que l'eau tombât sur eux du ciel. Elle ne laissa pas les oiseaux du ciel se poser sur eux durant le jour, non plus que les bêtes sauvages durant la nuit. [oiseaux, bêtes sauvages Gn 15.11 ; 1 S 17.46 ; 1 R 14.11 ; Ez 29.5.]11 On informa David de ce qu'avait fait Riçpa, fille d'Ayya, la concubine de Saül. [Voir 2 S 3.7 et la note.]12 David alla reprendre les ossements de Saül et ceux de Jonathan, son fils, aux bourgeois de Yavesh-de-Galaad, qui les avaient dérobés sur l'esplanade de Beth-Shéân, où les Philistins les avaient suspendus, le jour où les Philistins avaient frappé Saül à Guilboa. [ossements Gn 50.25 ; Ex 13.19.
— Yavesh-de-Galaad, Beth-Shéân : voir 1 S 31.10-11 et les notes.
— Guilboa : voir 1 S 28.4 et la note ; 1 S 31.1-6.]13 Il emporta de là les ossements de Saül et de son fils Jonathan, et l'on recueillit les ossements des suppliciés. 14 On ensevelit les ossements de Saül et de son fils Jonathan au pays de Benjamin, à Céla, dans la tombe de Qish, son père. On fit donc tout ce qu'avait ordonné le roi. Après quoi, Dieu se montra propice au pays. [Céla : localité non identifiée.
— se montra propice 2 S 24.25. (1 Ch 20.4-8)]
Héros de la guerre contre les Philistins
(1Ch 20. 4-8)
15 Il y eut encore un combat entre les Philistins et Israël. David et ses serviteurs avec lui descendirent combattre les Philistins. David se sentit fatigué. [2 S 19.10.]16 Yishbi-be-Nov, qui appartenait aux descendants de Harafa, qui avait un épieu pesant trois cents sicles, poids du bronze, et qui était équipé de neuf, parlait de frapper David. [Voir au glossaire POIDS ET MESURES.]17 Mais Avishaï, fils de Cerouya, lui vint en aide et frappa le Philistin à mort. C'est alors que les hommes de David l'adjurèrent en disant : « Tu ne sortiras plus avec nous au combat, pour que tu n'éteignes pas la lampe d'Israël. » [tu ne sortiras plus 2 S 18.3.
— la lampe 1 R 11.36 et la note.]
18 Après cela, il y eut encore un combat contre les Philistins à Gov. C'est alors que Sibbekaï de Housha battit Saf, l'un des descendants de Harafa. [Endroit inconnu.]
19 Il y eut encore un combat contre les Philistins à Gov. Elhanân, fils de Yaaré-Oreguim, de Bethléem, abattit Goliath de Gath, dont la lance avait un bois pareil à une ensouple de tisserand. [Voir 1 S 5.8 et la note.]
20 Il y eut encore un combat à Gath. Il y avait un champion ayant six doigts aux mains et six aux pieds, vingt-quatre au total. Lui aussi était un descendant de Harafa. 21 Il lança un défi à Israël. Et Yehonatân, fils de Shiméa, frère de David, l'abattit. [1 S 17.8-11. Le texte de ce chapitre se retrouve, avec beaucoup de petites variantes, au Ps 18, auquel on se reportera pour les notes et les références parallèles. (Ps 18)]
22 Ces quatre étaient descendants de Harafa, à Gath, et ils tombèrent sous les coups de David et de ses serviteurs.
Psaume de David
(Ps 18)
22 David adressa au Seigneur les paroles de ce chant, le jour où le Seigneur l'eut délivré de la poigne de tous ses ennemis et de celle de Saül. 2 Il dit :
J'ai le Seigneur pour roc, pour forteresse et pour libérateur,
3 Dieu, le rocher où je me réfugie,
mon bouclier, l'arme de ma victoire, ma citadelle,
mon asile, mon sauveur, tu me sauves des violents.
4 Loué soit-il ! J'ai appelé le Seigneur,
et j'ai été vainqueur de mes ennemis.
5 Les vagues de la mort m'ont enserré,
les torrents de Bélial m'ont surpris,
6 les liens des enfers m'ont entouré,
les pièges de la mort étaient tendus devant moi.
7 Dans ma détresse, j'ai appelé le Seigneur
et j'ai appelé mon Dieu.
De son Temple, il a entendu ma voix ;
mon cri est parvenu à ses oreilles.
8 Alors la terre se troubla et trembla ;
les fondations des cieux frémirent
et furent troublées quand il se mit en colère.
9 De son nez monta une fumée,
de sa bouche un feu dévorant
avec des braises enflammées.
10 Il déplia les cieux et descendit,
un épais nuage sous les pieds.
11 Sur le char du chérubin, il s'envola,
apparaissant sur les ailes du vent.
12 Il fit son abri des ténèbres l'entourant,
amoncellements liquides, nuages sur nuages !
13 Une lueur le précéda, des braises flamboyèrent.
14 Le Seigneur tonne du haut des cieux,
le Très-Haut donne de la voix.
15 Il lança les flèches et il les dispersa,
l'éclair, et il les mit en déroute.
16 Et le lit de la mer apparut.
Les fondations du monde sont dévoilées,
par le grondement du Seigneur,
par le souffle exhalé de son nez.
17 D'en haut, il m'envoie prendre,
il me retire des grandes eaux.
18 Il me délivre de mon puissant ennemi,
de ces adversaires plus forts que moi.
19 Le jour de ma défaite, ils m'affrontaient,
mais le Seigneur s'est fait mon appui.
20 Il m'a dégagé, donné du large ;
il m'a délivré, car il m'aime.
21 Le Seigneur me traite selon ma justice,
il me traite selon la pureté de mes mains,
22 car j'ai gardé les chemins du Seigneur,
je n'ai pas été infidèle à mon Dieu.
23 Toutes ses lois ont été devant moi,
et ses commandements, je ne m'en écarte pas.
24 J'ai été intègre avec lui,
et je me suis gardé de toute faute.
25 Alors le Seigneur m'a rendu selon ma justice,
selon ma pureté qu'il a vue de ses yeux.
26 Avec le fidèle, tu es fidèle ;
avec le preux intègre, tu es intègre.
27 Avec le pur, tu es pur ;
avec le pervers, tu es retors.
28 Tu rends vainqueur un peuple humilié,
tu fais tomber ton regard sur ceux qui s'élèvent.
29 C'est toi qui es ma lampe, Seigneur.
Le Seigneur illumine mes ténèbres.
30 C'est avec toi que je saute le fossé,
avec mon Dieu que je franchis la muraille.
31 De ce Dieu, le chemin est parfait,
la parole du Seigneur a fait ses preuves.
Il est le bouclier de tous ceux qui l'ont pour refuge.
32 Qui donc est dieu sinon le Seigneur ?
Qui donc est le Roc sinon notre Dieu ?
33 Ce Dieu est ma place forte,
il me fait parcourir un chemin parfait.
34 Il rend mes pieds pareils à ceux des biches.
Il me maintient sur mes hauteurs.
35 Il entraîne mes mains pour le combat,
et mes bras plient l'arc de bronze.
36 Tu me donnes ton bouclier vainqueur,
ta sollicitude me grandit.
37 Tu allonges ma foulée,
et mes chevilles ne fléchissent pas.
38 Je poursuis mes ennemis, je les ai supprimés,
je ne reviens pas avant de les avoir achevés.
39 Je les ai achevés, massacrés, ils ne se relèvent pas,
ils sont tombés sous mes pieds.
40 Tu me ceins de vigueur pour le combat,
tu fais plier sous moi les agresseurs.
41 De mes ennemis tu me livres la nuque,
j'ai exterminé mes adversaires :
42 ils crient, mais nul ne secourt ;
ils crient vers le Seigneur, mais il ne répond pas.
43 J'en fais de la poussière,
je les écrase, je les piétine comme la boue des rues.
44 Tu m'as libéré des séditions de mon peuple.
Tu me gardes à la tête des nations.
Un peuple d'inconnus se met à mon service ;
45 des étrangers se font mes courtisans,
au premier mot, ils m'obéissent ;
46 des étrangers s'effondrent,
hors de leurs bastions ils sont ceinturés.
47 Vive le Seigneur ! Béni soit mon Roc !
Que triomphe Dieu, le roc de ma victoire !
48 Ce Dieu m'accorde la revanche
et abaisse des peuples sous moi.
49 Tu me soustrais à mes ennemis,
tu me fais triompher de mes agresseurs
et tu me délivres d'hommes violents.
50 Aussi je te rends grâce, Seigneur, parmi les nations !
Et je chante en l'honneur de ton nom :
51 il donne de grandes victoires à son roi,
il agit avec fidélité envers son messie,
envers David et sa dynastie, pour toujours.
Dernières paroles de David
23 Et voici les dernières paroles de David :
Oracle de David, fils de Jessé,
oracle de l'homme haut placé,
messie du Dieu de Jacob
et favori des chants d'Israël. [dernières paroles de David 1 R 2.1-9 ; voir Gn 49.
— messie : voir 1 S 2.10 et la note.
— favori des chants d'Israël : 1 S 18.7 offre un exemple de chant célébrant les exploits de David.]
2 L'esprit du Seigneur parle par moi,
et sa parole est sur ma langue. [Mt 22.43.]
3 Le Dieu d'Israël l'a dit,
le Rocher d'Israël me l'a déclaré :
Il gouverne les hommes selon la justice,
celui qui gouverne dans la crainte de Dieu. [Ps 28.1.]
4 Et telle la lumière du matin quand se lève le soleil,
un matin sans nuages :
- de cet éclat, après la pluie, le gazon sort de terre — ,
5 telle est, n'est-ce pas ? ma maison auprès de Dieu,
puisqu'il m'a accordé une alliance éternelle,
réglée en tout et bien gardée.
Tous mes triomphes, toute chose aimable,
ne les fait-il point germer ? [ma maison ou ma dynastie.
— une alliance éternelle 2 S 7.12.
— germer Es 61.11.]
6 Mais les vauriens sont tous comme l'épine qu'on rejette.
Ne les attrape-t-on pas par brassées ?
7 L'homme qui y touche se barde de fer et de bois de lance,
et ils sont brûlés, brûlés sur place. [épines brûlées Es 33.12 ; voir Jn 15.6. (1 Ch 11.10-47)]
Les braves de David
(1Ch 11. 10-47)
8 Voici les noms des braves de David :
« Celui qui se tenait à sa place », un Tahkemonite, était chef des cuirassiers. C'est lui qui... sur huit cents victimes en une seule fois. [« Celui qui se tenait à sa place » : c'est peut-être le surnom d'un héros. On a parfois traduit, d'après l'ancienne version grecque, Ishbosheth ou Ishbaal.
— Tahkemonite : nom d'origine, dérivé d'un nom de lieu inconnu.
— cuirassiers : traduction conjecturale d'un terme inexpliqué.
— qui... : le texte hébreu présente ici deux mots incompréhensibles, parfois corrigés en : qui brandit sa lance, d'après le v.18.
— Dans toute cette liste de personnages et d'exploits, le texte hébreu est souvent peu clair.]
9 Après lui, Eléazar, fils de Dodo, fils d'un Ahohite ; il était parmi les trois braves accompagnant David quand ils défièrent les Philistins qui s'étaient rassemblés là pour le combat. Les hommes d'Israël se retirèrent, 10 mais lui tint ferme et frappa parmi les Philistins jusqu'à ce que sa main, fatiguée, se fut crispée sur l'épée, et le Seigneur opéra une grande victoire ce jour-là. Le peuple revint derrière lui, mais seulement pour prendre les dépouilles. [2 S 23.12 ; 1 S 11.13 ; 19.5.]
11 Après lui, Shamma, fils d'Agué, le Hararite. Les Philistins s'étaient rassemblés en un corps. Il y avait à cet endroit un champ couvert de lentilles, et le peuple s'enfuyait devant les Philistins. 12 Il se posta au milieu du champ, le dégagea, frappa les Philistins, et le Seigneur opéra une grande victoire.
13 Trois des Trente descendirent de compagnie, au temps de la moisson, et arrivèrent auprès de David, à la grotte d'Adoullam. Un corps de Philistins campait dans la vallée des Refaïtes. [Les Trente : troupe d'élite de la garde personnelle de David (voir v.24-39), composée d'une trentaine d'hommes (voir v.39).
— Adoullam : voir 1 S 22.1 et la note.]14 David était alors dans son refuge, et un poste de Philistins se trouvait alors à Bethléem. 15 David exprima ce désir : « Qui me fera boire de l'eau de la citerne qui est à la porte de Bethléem ? » 16 Les Trois braves firent irruption dans le camp des Philistins, puisèrent de l'eau à la citerne près de la porte de Bethléem, l'emportèrent et la présentèrent à David. Mais il ne voulut pas la boire ; il en fit une libation au Seigneur. [Descendre au camp ennemi 1 S 26.6.
— libation : voir au glossaire SACRIFICES.]17 Il dit : « Que le Seigneur m'ait en abomination si je fais cela ! Mais c'est le sang des hommes qui sont allés là-bas au péril de leur vie ! » Et il ne voulut pas la boire. Voilà ce que firent ces Trois braves.
18 Avishaï, frère de Joab, fils de Cerouya, était chef des cuirassiers. C'est lui qui brandit sa lance sur trois cents victimes et il se fit un nom parmi les Trois. [Les Trois sont le Tahkemonite (v. 8), Eléazar (v.9) et Shamma (v.11).]19 Certes, il eut plus d'honneurs que les Trois, et il devint leur chef, mais il n'atteignit pas les Trois.
20 Benayahou, fils de Yehoyada, fils d'un vaillant homme, aux nombreux exploits, originaire de Qavcéel. C'est lui qui frappa les deux Ariel de Moab. C'est lui qui descendit frapper le lion dans la citerne un jour de neige. [Benayahou 2 S 20.23 ; 1 R 1.26,36 ; 2.25,35,46.
— les deux Ariel : personnages inconnus.]21 C'est lui aussi qui frappa un Egyptien, un homme de fière allure. L'Egyptien avait à la main une lance. Il descendit vers lui, armé d'un bâton, arracha la lance de la main de l'Egyptien et le tua avec sa propre lance. [un bâton 1 S 17.43.
— avec sa propre lance 1 S 17.51.]22 Voilà ce que fit Benayahou, fils de Yehoyada. Il se fit un nom parmi les Trois braves. 23 Il eut plus d'honneurs que les Trente, mais il n'atteignit pas les Trois. David l'affecta à sa garde personnelle.
24 Asahel, frère de Joab, était au nombre des Trente, ainsi qu'Elhanân, fils de Dodo, de Bethléem, [2 S 2.18-23.]25 Shamma le Harodite, Eliqa le Harodite, 26 Hèleç le Paltite, Ira, fils de Iqqesh le Teqoïte, 27 Avièzer le Anatotite, Mevounaï le Houshatite, 28 Çalmôn l'Ahohite, Mahraï le Netofatite, 29 Hélev, fils de Baana le Netofatite, Ittaï, fils de Rivaï de Guivéa des fils de Benjamin, 30 Benayahou un Piréatonite, Hiddaï des Torrents de Gaash, 31 Avi-Alvôn le Arvatite, Azmaweth le Barhoumite, 32 Elyahba le Shaalvonite. Les fils de Yashén : Yehonatân, 33 Shamma le Hararite, Ahiam, fils de Sharar l'Ararite, 34 Elifèleth, fils d'Ahasbaï, fils du Maakatite, Eliam, fils d'Ahitofel le Guilonite, 35 Hèçraï le Karmélite, Paaraï l'Arbite, 36 Yiguéal, fils de Natân de Çova, Bani le Gadite, 37 Cèleq l'Ammonite, Nahraï le Béérotite, écuyer de Joab, fils de Cerouya, 38 Ira le Yitrite, Garev le Yitrite, 39 Urie le Hittite. Au total, trente-sept. [2 S 11.3-27.]
Recensement et peste
(1Ch 21. 1-27)
24 La colère du Seigneur s'enflamma encore contre les Israélites, et il excita David contre eux en disant : « Va, dénombre Israël et Juda. » [Nb 1.1-47. (1 Ch 21.1-27) Nb 25.3 ; 32.13 ; Jg 2.14-20 ; 3.8 ; 2 R 13.3.]2 Le roi dit à Joab, chef de l'armée, qui était avec lui : « Parcours toutes les tribus d'Israël de Dan à Béer-Shéva et recensez le peuple, que j'en sache le nombre. » [Voir la note sur Jos 19.47.]3 Joab dit au roi : « Que le Seigneur, ton Dieu, accroisse le peuple au centuple, et que mon seigneur le roi le voie de ses propres yeux ! Mais pourquoi mon seigneur le roi veut-il une chose pareille ? » [au centuple Dt 1.11.
— une chose pareille ? : le recensement était un moyen de connaître, entre autres, la puissance militaire d'un royaume. Seulement le roi du peuple de Dieu ne doit pas compter sur le grand nombre de ses soldats, mais sur la puissance de son Dieu ; le recensement ordonné par David est interprété par Joab comme un manque de confiance en Dieu.]4 Néanmoins l'ordre du roi s'imposa à Joab et aux chefs de l'armée, et Joab se mit enroute avec les chefs de l'armée royale pour recenser le peuple d'Israël. 5 Ils passèrent le Jourdain et campèrent à Aroër, au sud de la ville qui est dans le ravin du torrent de Gad, puis vers Yazér. [Aroër : localité située à l'est de la mer Morte, à la frontière de Moab.
— Selon l'itinéraire décrit jusqu'au v.8, les envoyés de David parcourent le pays d'Israël en commençant par la région est, puis en passant au nord et à l'ouest pour finir par le sud.]6 Ils arrivèrent au Galaad et dans le bas pays à Hodshi. Ils arrivèrent à Dan-Yaân et, en continuant le circuit, à Sidon. 7 Ils entrèrent dans le Fort-de-Tyr et dans toutes les villes des Hivvites et des Cananéens. Puis ils partirent pour le Néguev de Juda, à Béer-Shéva. [Voir au glossaire AMORITES.]8 Ils parcoururent ainsi tout le pays et arrivèrent, au bout de neuf mois et vingt jours, à Jérusalem. 9 Joab donna au roi les chiffres du recensement du peuple : Israël comptait huit cent mille hommes de guerre, pouvant tirer l'épée, et Juda, cinq cent mille hommes.
10 David sentit son cœur battre après qu'il eut ainsi dénombré le peuple. David dit au Seigneur : « C'est un grave péché que j'ai commis. Mais maintenant, Seigneur, daigne passer sur la faute de ton serviteur, car j'ai agi vraiment comme un fou. » [sentit son cœur battre 1 S 24.6.
— un grave péché 2 S 12.13.
— comme un fou 1 S 13.13.]
11 Quand David se leva le lendemain matin, la parole du Seigneur avait été adressée au prophète Gad, le voyant de David, en ces termes : [Voir 1 S 9.9.]12 « Va dire à David : Ainsi parle le Seigneur : Je fais peser sur toi trois menaces. Choisis l'une d'elles et je l'exécuterai. » 13 Gad alla donc trouver David et il l'en informa. Il lui dit : « Subiras-tu sept années de famine dans ton pays, ou trois mois de déroute devant ton adversaire, lancé à ta poursuite, ou trois jours de peste dans ton pays ? Maintenant donc, réfléchis et vois ce que je dois répondre à celui qui m'a envoyé. » [famine 2 S 21.1 ; Gn 41.27.
— déroute Lv 26.36-38 ; Jos 7.2-5 ; 1 R 8.33.
— peste 1 R 8.37 ; Jr 21.7 ; Ez 5.12.]14 David dit à Gad : « Je suis dans une grande angoisse... Tombons plutôt entre les mains du Seigneur, car sa miséricorde est grande, mais que je ne tombe pas entre les mains des hommes ! » [une grande angoisse 1 S 28.15.
— sa miséricorde est grande Ps 119.156 ; Ne 9.19,27,31.]
15 Le Seigneur envoya donc la peste en Israël depuis ce matin-là jusqu'au temps fixé, et il mourut, parmi le peuple, de Dan à Béer-Shéva, soixante-dix mille hommes. [Voir la note sur Jos 19.47.]16 L'ange étendit la main vers Jérusalem pour la détruire, mais le Seigneur renonça à sévir et dit à l'ange qui exterminait le peuple : « Assez ! Maintenant, relâche ton bras. » Or l'ange du Seigneur était auprès de l'aire d'Arauna le Jébusite. [L'ange Ex 12.23.
— renonça à sévir Ex 32.14 ; Jr 18.8 ; Jon 3.10 ; 4.2.
— Jébusite : originaire de Jébus, ancien nom de la ville de Jérusalem, avant qu'elle devînt la capitale de David.]
17 David parla au Seigneur, quand il vit l'ange qui frappait dans le peuple. Il dit : « C'est moi qui ai péché et c'est moi qui ai commis une faute, mais ces brebis, qu'ont-elles fait ? Que ta main soit sur moi et sur ma famille ! » [David désigne ainsi le peuple dont il est le roi (Ps 78.70-72) ; voir aussi au glossaire BERGER.]
18 Gad alla trouver David, en ce jour-là, et il lui dit : « Monte ériger un autel au Seigneur sur l'aire d'Arauna le Jébusite. » 19 David monta comme l'avait dit Gad, selon l'ordre du Seigneur. 20 Arauna regarda et vit le roi et ses serviteurs qui s'avançaient vers lui. Arauna sortit et se prosterna devant le roi, la face contre terre. 21 Arauna dit : « Pourquoi mon seigneur le roi vient-il chez son serviteur ? » David répondit : « Pour t'acheter l'aire, afin d'y bâtir un autel au Seigneur. Ainsi le fléau sera retenu loin du peuple. » [chez son serviteur, c'est-à-dire chez moi.
— Transaction de vente Gn 23.8-16.
— le fléau sera retenu Nb 17.13 ; Ps 106.30.]22 Arauna dit à David : « Que mon seigneur le roi prenne ce qui lui plaît pour offrir l'holocauste. Tu vois, les bœufs fourniront l'holocauste, le traîneau et l'attelage des bœufs fourniront le bois. » [holocauste : voir au glossaire SACRIFICES ; 1 S 6.14.]23 Tout cela, le roi Arauna le donna au roi. Arauna dit au roi : « Que le Seigneur, ton Dieu, veuille t'agréer ! » [Certains pensent qu'Arauna était roi de Jébus avant que David s'empare de sa ville. On pourrait aussi traduire comme discours direct (suite du v.22) : « Tout cela, ô roi, Arauna (c'est-à-dire je) le donne au roi (David). »]24 Mais le roi dit à Arauna : « Non, je tiens à te l'acheter pour son prix, et je ne veux pas offrir au Seigneur, mon Dieu, des holocaustes qui ne coûtent rien. » David acheta donc l'aire et les bœufs pour cinquante sicles d'argent. [Voir au glossaire POIDS ET MESURES.]25 Là, David bâtit un autel au Seigneur et il offrit des holocaustes et des sacrifices de paix. Le Seigneur se montra propice au pays, et le fléau fut retenu loin d'Israël.[2 S 21.14.]
