Le livre de Baruch, transmis par la version grecque des Septante, est un écrit pseudonyme: il se présente comme ayant été rédigé par Baruch, le « secrétaire » de Jérémie, pendant l'exil à Babylone, à l'intention de la communauté restée à Jérusalem; mais les nombreux écarts entre les informations des écrits contemporains de la prise de Jérusalem en 587 et de l'exil, et les données de Baruch rendent impossible l'attribution de cet ouvrage au « secrétaire » de Jérémie. Ces écarts sont autant de marques d'actualisation.
Ce livre est constitué de quatre parties hétérogènes, qui ne peuvent être ni du même auteur ni de la même époque: une introduction historique, une prière de confession des péchés, une méditation sur la Sagesse, enfin une exhortation à Jérusalem. Ces morceaux diffèrent tant par la langue originale qu'ils supposent (ont-ils été rédigés en grec, ou sont-ils la traduction d'un original sémitique? Pour chaque partie les avis sont partagés), que par leur genre littéraire et leur doctrine.
L'introduction historique (Ba 1.1-14), qui décrit les circonstances et l'intention de la composition du livre, sert de préface aux prières qui suivent.
La prière de confession des péchés (Ba 1.15 à 3.8), mosaïque de citations bibliques, comporte deux parties: une confession proprement dite (Ba 1.15 à 2.10) puis une supplication (Ba 2.11 à 3.10). Elle relève d'un genre littéraire bien attesté, celui de la confession nationale (ainsi Esd 9.6-15 ; Ne 9 ; Ps 106 ; Dn 9.4-19 et à Qumrân le recueil liturgique intitulé « Paroles des Luminaires » de la grotte IV). Le début de la prière (Ba 1.15 — 2.19) dépend de celle de Daniel, mais y apporte quelques modifications. En particulier Baruch omet les passages de Daniel relatifs à Jérusalem et au sanctuaire désolé (Dn 9.16,17b,18b,19) ; mais Baruch ajoute des développements sur la situation du peuple en exil (Ba 2.3-5,13,14b). Ces transformations suggèrent que la prière de Baruch émane d'une communauté juive de la diaspora, pour laquelle la situation du Temple ne se présentait pas, ou plus, d'une façon aussi dramatique que celle évoquée par Daniel.
Le jeûne et les lamentations, les sacrifices offerts au sanctuaire, la confession nationale, tout cela indique que le cadre liturgique de ces deux parties de Baruch est celui d'une liturgie pénitentielle célébrée en vue de réconcilier Dieu et son peuple à la suite d'une période particulièrement troublée de son histoire. On peut penser à la prise de Jérusalem par Pompée en 63 avant notre ère, ou à celle par Titus en 70 après l'ère chrétienne. Mais c'est le pillage du Temple par Antiochus IV en 169 et la restauration du culte par Judas Maccabée en 164 (donc cinq ans plus tard, voir Ba 1.2,8) qui paraissent rendre le mieux compte des écarts significatifs de la typologie mise en œuvre dans cet écrit. Quant au milieu d'origine de ces deux premières parties, c'est sans doute une communauté juive de la diaspora, profondément attachée à la tradition des ancêtres — à la différence des Juifs hellénisés, comparer 1 M 1.11-15 — mais politiquement hostile à une résistance armée aux Séleucides (Ba 1.11-12; 2.21,24).
La méditation sur la Sagesse (Ba 3.9 — 4.4) reprend l'interrogation sur la cause des malheurs du peuple en exil. Cette méditation se situe à un tournant de l'histoire des doctrines sapientielles juives. L'idée d'une Sagesse universellement dispensée (Pr 8.17,31), définie comme la crainte de Dieu (Pr 1.7 ; 9.10 ; 15.33 ; Ps 111.10 ; Jb 28.28) se précise : tantôt elle est identifiée à la Loi, dont le peuple élu est le seul dépositaire (Si 24.8-12; Ba 4.1) ; tantôt elle est montrée comme participant à l'œuvre créatrice de Dieu (Pr 8.22-31 ; Si 24.9 ; et peut-être Ba 3.32-35), puis habitant parmi les hommes. Cette seconde conception annonce les développements théologiques ultérieurs identifiant la Sagesse au Messie (1Co 1.24; 2.6-9 ; Jn 1.14). Il y a convergence de ces deux courants dans Baruch (comparer Ba 4.1 et 3.38). Sans doute l'identification de la Sagesse à la Loi est-elle plus nettement marquée dans le texte grec ; néanmoins le courant messianique y est également présent comme le mettra en évidence la traduction latine de Ba 3.38 ; en effet, pour la Vetus Latina, après que Dieu a transmis la Sagesse à Jacob, « Il a été vu sur la terre et Il a conversé parmi les hommes ». Aussi les Pères de l'Eglise ont-ils interprété ce verset comme faisant allusion à l'incarnation du Christ. Cette méditation sur la Sagesse, en raison des affinités doctrinales qu'elle présente avec le Siracide, peut sans doute être datée de la première moitié du second siècle avant notre ère.
L'Exhortation et la consolation de Jérusalem (Ba 4.5 — 5.9) est un poème d'encouragement et de réconfort dans le style du Deutéro-Esaïe. Le onzième Psaume de Salomon, rédigé peu après la prise de Jérusalem par Pompée en 63 avant notre ère, est très proche de cette section de Baruch. La comparaison permet de conclure à l'antériorité de cette dernière. Contrairement à l'introduction historique et à la prière de confession des péchés, qui se situent au début de l'exil et prônent une politique de conciliation avec les nations, le texte leur est ici franchement hostile et suppose le retour imminent des dispersés. Il appartient donc à une époque et à un milieu sensiblement différents de ceux des deux premières parties. Antérieur à 63, il peut être daté de la seconde moitié du second siècle, et attribué à une communauté de la diaspora pour laquelle il n'est plus question de composer avec les Séleucides. Il semble enfin que cette exhortation à Jérusalem s'inscrive sans difficulté dans le cadre de la liturgie pénitentielle (voir Ba 4.20) : c'est la réponse de Dieu, sous forme d'oracle, à la supplication du peuple.
Baruch est donc un écrit de la diaspora juive invitant ses coreligionnaires de Jérusalem à célébrer une liturgie pénitentielle. Les deux premières parties, les plus anciennes, doivent être contemporaines ou de peu postérieures aux événements de 164 et semblent émaner d'une communauté de la dispersion que ses choix politiques et religieux situent à mi-distance entre les juifs hellénisés de Judée et les partisans des Maccabées. La quatrième partie, ajoutée par la suite, provient sans doute d'un milieu acquis à la cause de l'indépendance juive et animé des espérances apocalyptiques. Quant au développement sur la Sagesse, il est difficile d'en préciser la provenance; pour des raisons de style, tenant en particulier à l'unité du locuteur, on le rattacherait volontiers à l'exhortation à Jérusalem. Le livre a vraisemblablement pris sa forme définitive au cours de la deuxième moitié du second siècle.
Dans sa forme actuelle, le texte débute par un constat de rupture entre Dieu et son peuple, et s'achève sur leur réconciliation. Ce passage de la rupture à la réconciliation s'opère par la médiation d'une réflexion sur le péché, puis sur la Sagesse identifiée à la Loi : tel est le mouvement d'ensemble. Mais son unité réside aussi dans sa fonction liturgique : Baruch peut être lu comme le livret d'un jour de jeûne pénitentiel. Il est vraisemblable qu'après le second siècle, on en a donné une lecture réactualisante, notamment au jour de jeûne commémorant la destruction du Temple en 70 après J.C. : la coïncidence soulignée par la tradition juive, en particulier par Flavius Josèphe et la Mishna, entre la date des destructions de 587 avant J.C. et 70 après J.C. au cinquième mois ; la mention dans les sources rabbiniques de jeûnes pénitentiels célébrés après 70 sur le modèle de ceux auxquels font allusion Za 7.3 et 8.19; le témoignage enfin des Constitutions apostoliques (v. 20.3), d'après lequel les Juifs lisaient Baruch le jour anniversaire de la destruction de Jérusalem, sont autant d'indices en faveur de cette hypothèse. De nos jours, dans la liturgie de l'Eglise catholique, Ba 3.9-15 et 3.32 — 4.4 font partie des lectures possibles de la Veillée Pascale.
1 Voici le contenu du livre que Baruch, fils de Nérias, fils de Maaséas, fils de Sédécias, fils de Hasadias, fils de Helkias, écrivit à Babylone, [Le livre est attribué à Baruch, ami et secrétaire du prophète Jérémie (voir Jr 32.12+ ; 36.4 ; 45.1).]
— le septième jour du mois : probablement du cinquième mois (voir 2 R 25.8) ; c'est la date anniversaire du pillage de Jérusalem.
— les Chaldéens : voir Jr 21.4 et la note.
— Prise et incendie de Jérusalem 2 R 25.3-12.]
3 Baruch donna lecture du contenu de ce livre en présence de Jékhonias, fils de Joakim, roi de Juda, et de tout le peuple qui était venu pour entendre le livre, [lecture publique Ex 24.7 ; Dt 31.30 ; 32.44 ; 2 R 23.2-3 ; Jr 36.6 ; Ne 8.1-8.
— Jékhonias : forme grecque de Yekonya, autre nom de Yoyakîn (voir Jr 22.24+ ; 27.20 et les notes).]
— le fleuve Soud, inconnu par ailleurs, est probablement un des canaux passant à Babylone.]
— Restitution des objets emportés par Nabuchodonosor Esd 1.7-11.
— Sur le pillage du temple par les Babyloniens, voir 2 R 25.13-15 (et comparer 2 R 24.13).
— Siwân : voir au glossaire CALENDRIER.
— Sur Sédécias, dernier roi de Juda, voir 2 R 24.18-25.7.]
10 Et ils dirent : Voici, nous vous avons envoyé de l'argent ; avec cette somme, achetez des victimes en vue des holocaustes et des sacrifices pour les péchés, achetez de l'encens ; faites des offrandes, présentez des sacrifices sur l'autel du Seigneur notre Dieu,
— Baltasar : forme grecque de Belshassar, nom du souverain mentionné en Dn 5.1.
— que leurs jours soient... : tournure empruntée à l'hébreu et signifiant que leur vie dure autant que le ciel au-dessus de la terre (voir Dt 11.21).]
— à l'ombre des puissants (image de la tranquillité) Jg 9.15 ; Es 30.3 ; Ez 31.6 ; Dn 4.18 ; Mc 4.32 ; voir Ps 91.1 ; Lm 4.20.]
— la Fête (sans autre précision) désigne habituellement la fête des Tentes (1 R 8.2,65) ; voir au glossaire CALENDRIER.]
Au Seigneur notre Dieu appartient la justice, mais à nous la honte au visage, comme on le voit aujourd'hui ! La honte pour l'homme de Juda et les habitants de Jérusalem, [Ba 2.6 ; Dn 9.7 ; voir Jr 7.19 ; Ps 44.16 ; Esd 9.7.]
16 pour nos rois, nos chefs, nos prêtres, nos prophètes et nos pères. [Dn 9.8 ; voir Jr 32.32 ; Ne 9.32.]
— marcher selon ses commandements voir Lv 26.3 ; Jr 26.4 ; 32.23 ; 44.10,23.
— qu'il a placés devant nous Dt 4.8 ; 11.32.]
— sortie d'Egypte Jr 7.22+.
— Israël infidèle dès la sortie d'Egypte Es 48.8 ; Ez 20.8 ; 23.5 ; Ps 106.7 ; Esd 9.7 ; voir Jr 22.21.]
— pays ruisselant de lait et de miel Jr 11.5+.]
2 Le Seigneur a donc mis à exécution la parole qu'il avait prononcée contre nous, contre nos juges qui gouvernèrent Israël, contre nos rois, contre nos chefs et contre les habitants d'Israël et de Juda : [Le Seigneur a mis à exécution... v. 24 ; Dn 9.12.
— Israël et Juda : voir la note sur Jr 3.6.]
6 Au Seigneur notre Dieu appartient la justice, mais à nous et à nos pères la honte au visage, comme on le voit aujourd'hui !
11 Et maintenant, Seigneur Dieu d'Israël, toi qui fis sortir ton peuple du pays d'Egypte par ta main forte, avec des signes et des prodiges, avec une grande puissance et par ton bras étendu, toi qui t'es fait un nom comme on le voit aujourd'hui, [toi qui fis sortir ton peuple... Dn 9.15.
— main forte, signes, prodiges Dt 4.34.
— un Nom Es 63.12 ; Jr 32.20 ; Ne 9.10.]
— petit nombre (reste) Dt 4.27 ; Es 1.9 ; 4.3+ ; Jr 42.2.]
14 Ecoute, Seigneur, notre prière et notre requête, épargne-nous à cause de toi et fais-nous grâce devant ceux qui nous ont déportés, [Dn 9.17.]
— rendre gloire à Dieu Rm 4.20+.]
19 Ainsi, ce n'est pas en nous appuyant sur les œuvres de justice de nos pères et de nos rois que nous déposons notre supplication devant ta face, Seigneur notre Dieu ; [les œuvres de justice ou les mérites.
— nos pères ou nos ancêtres.
— ce n'est pas en nous appuyant sur les œuvres... Dn 9.18 ; Ga 2.16 ; Tt 3.5 que nous déposons notre supplication Ex 32.11-14 ; voir Ba 2.14.]
— Absence ou violation de sépulture Jr 8.1-2 et la note ; Jr 16.4 ; 22.18-19.]
— famine, épée, exil 2 S 24.13 ; Jr 14.12 ; 24.10 ; Ez 5.12.]
— ils rentreront en eux-mêmes Lc 15.17 ; voir Dt 4.29-30 ; 1 R 8.47-48.]
— Je leur donnerai un cœur... Jr 24.7 ; 32.39 ; Ez 11.19 ; voir 1 R 3.9.]
— du chemin de leurs pères ou de la conduite de leurs pères ou encore de ce qui est arrivé à leurs pères.]
3 Seigneur tout-puissant, Dieu d'Israël, c'est une âme dans l'angoisse, c'est un esprit accablé qui crie vers toi.
— ton Nom Ez 20.14 ; Ps 79.9.]
9 Ecoute, Israël, les préceptes de vie,
prêtez l'oreille pour apprendre à discerner. [Ecoute, Israël Dt 4.1 ; 5.1 ; 6.4.
— les préceptes de vie Dt 6.24 ; 8.1 ; voir Lv 18.5 ; Ez 20.11 ; Pr 4.20-23 ; Ne 9.29.]
10 Que se passe-t-il, Israël ? Pourquoi es-tu en pays ennemi ?
Pourquoi as-tu vieilli en terre étrangère ?
11 Pourquoi t'es-tu souillé avec les morts
et pourquoi as-tu été mis au nombre de ceux qui vont dans l'Hadès ? [Lv 5.2 ; Os 9.4 ; voir au glossaire PUR. L'expression les morts désigne peut-être ici, au sens figuré, les païens parmi lesquels les Israélites ont été déportés.]
12 C'est que tu as délaissé la source de la Sagesse. [tu as délaissé Jr 2.13 ; 17.13 la source Ps 36.10 ; Pr 13.14 ; 14.27 ; 16.22 ; 18.4 ; Si 21.13 ; 24.23-29.]
13 Si tu avais suivi le chemin de Dieu,
tu habiterais dans la paix pour toujours.
14 Apprends où est le discernement, où est la force, où est le savoir
pour connaître en même temps où sont la longévité et la vie,
où sont la lumière des yeux et la paix. [apprendre où est le discernement Pr 2.1-4 ; voir Dt 4.6-8.
— longévité Pr 3.2,16 ; Si 1.12.]
15 Qui a trouvé la résidence de la Sagesse
et qui est entré dans ses trésors ? [Qui a trouvé... ? Jb 28.12-28 ; Si 1.6.]
16 Où sont les chefs des nations,
et ceux qui maîtrisent les bêtes sauvages de la terre ? [ceux qui maîtrisent les bêtes sauvages : allusion imagée aux chefs des nations (voir Jr 27.6 ; Dn 2.38). Au v. 17 l'expression ceux qui se jouent des oiseaux du ciel est à prendre dans le même sens.]
17 Où sont ceux qui se jouent des oiseaux du ciel,
ceux qui mettent en réserve l'argent et l'or,
dans lesquels des hommes ont placé leur confiance,
eux dont la fortune est sans limite ?
18 Où sont ceux qui travaillent l'argent et en font l'objet de leur souci,
eux dont les œuvres passent l'imagination ?
19 Ils ont été anéantis, ils sont descendus dans l'Hadès,
et d'autres se sont levés à leur place.
20 De plus jeunes virent la lumière et ont habité sur la terre ;
mais ils n'ont pas connu le chemin de la science, [Ce terme est ici synonyme de sagesse.]
21 ils n'ont pas fait attention à ses sentiers
et ils ne se sont pas préoccupés d'elle ;
les fils se sont tenus à l'écart du chemin de leurs pères.
22 On ne l'a pas non plus entendue en Canaan
ni vue à Témân ; [Canaan : ce nom désigne les populations qui occupaient la Palestine à l'arrivée des Israélites.
— Témân : voir Ab v.8-9 et les notes.
— sagesse à Témân Jr 49.7.]
23 même les fils d'Agar qui recherchaient le savoir sur la terre,
les marchands de Merrân et de Témân,
les conteurs de fables et les chercheurs de savoir,
ils n'ont pas connu le chemin de la Sagesse
et ne se sont pas souvenus de ses sentiers. [fils d'Agar, marchands de Merrân : populations d'Arabie ; voir Gn 25.12-15.]
24 O Israël, comme elle est grande la maison de Dieu,
comme il est vaste le domaine qui lui appartient !
25 Il est grand et n'a pas de fin,
il est élevé et sans mesure !
26 C'est là que furent engendrés les fameux géants, ceux du commencement,
de haute stature et versés dans l'art de la guerre. [Gn 6.1-4 ; Sg 14.6 ; Si 16.7.]
27 Ce n'est pas eux que Dieu a choisis,
ni à eux qu'il a indiqué le chemin de la science ;
28 et ils périrent, car ils n'avaient pas de discernement ;
ils périrent à cause de leur irréflexion.
29 Qui est monté au ciel, qui s'est emparé d'elle
pour la faire descendre des nuées ? [Dt 30.11-14 ; Rm 10.6.]
30 Qui est allé au-delà de la mer, qui l'a trouvée
pour l'emporter au prix d'un or précieux ? [La Sagesse ne s'achète pas Jb 28.15 ; Pr 2.4.]
31 Il n'est personne qui en connaisse le chemin,
personne même qui désire en suivre le sentier.
32 Mais celui qui sait toutes choses la connaît,
il l'a découverte par son intelligence ;
il a appareillé la terre pour l'éternité,
puis l'a peuplée de quadrupèdes ; [Dieu connaît la Sagesse Jb 28.23-27.
— Sagesse et création Pr 8.22-31.
— il a appareillé ou il a mis en place ou encore il a organisé.]
33 il envoie la lumière et elle chemine ;
il l'a appelée : elle lui obéit en frémissant ;
34 les étoiles ont brillé en leurs veilles et se sont réjouies ; [les étoiles ont brillé Si 43.9-10.
— Les anciens divisaient la nuit en plusieurs veilles (Jg 7.19 ; Lc 12.38).]
35 il les a appelées, et elles ont répondu : Nous voici !
Elles ont brillé avec allégresse pour leur Créateur. [Dociles à leur Créateur Es 40.26 ; Ps 147.4.]
36 C'est lui notre Dieu,
et l'on n'en comptera pas d'autre que lui. [Es 43.10 ; 44.6 ; 45.18.]
37 Il a découvert tout le chemin qui mène à la science
et l'a indiqué à Jacob, son serviteur,
et à Israël, son bien-aimé. [science : voir Ba 3.20 et la note.
— Dieu a connu le chemin de la Sagesse Jb 28.23.]
38 Après cela on la vit sur la terre
et elle a vécu parmi les hommes. [on la vit sur la terre Dt 4.33-36 ; Si 17.11-14.
— parmi les hommes Pr 8.31 ; Jn 1.14.]
4 La Sagesse c'est le livre des commandements de Dieu
c'est la Loi qui existe pour toujours ;
tous ceux qui s'attachent à elle iront à la vie,
mais ceux qui l'abandonnent mourront. [La Sagesse c'est la Loi Si 24.23.
— Sagesse et vie Ba 3.9 ; Si 45.5.]
2 Retourne-toi, Jacob, et saisis-la ;
fais route vers la clarté, à la rencontre de sa lumière. [Retourne-toi Jr 3.12 ; Ez 14.6 ; Os 14.2-3.
— Jacob : voir Jr 30.10 et la note.]
3 Ne donne pas ta gloire à un autre,
ni tes privilèges à une nation étrangère. [ta gloire : expression condensée pour ce qui constitue ta gloire, c'est-à-dire la faveur que Dieu t'a faite de connaître la Sagesse.]
4 Heureux sommes-nous, Israël,
car il nous est possible de connaître ce qui plaît à Dieu !
5 Courage, mon peuple, toi le mémorial d'Israël ! [courage ! v. 21,27,30.
— toi le mémorial d'Israël ou toi qui perpétues le nom d'Israël.]
6 Vous avez été vendus aux nations,
mais ce n'est pas pour votre destruction ;
c'est parce que vous avez irrité Dieu,
que vous avez été livrés aux ennemis ; [vendus aux nations Es 50.1 ; 52.3.
— vous avez irrité Dieu Dt 32.16.]
7 car vous avez exaspéré votre Créateur
en sacrifiant à des démons et non à Dieu ; [Lv 17.7 ; Dt 32.17 ; Ps 106.37 ; 1 Co 10.20.]
8 vous avez oublié le Dieu éternel qui vous a nourris,
vous avez affligé aussi celle qui vous a élevés, Jérusalem. [vous avez oublié Dieu Dt 32.18 qui vous a nourris Dt 32.13,14 ; voir Es 1.2.]
9 Elle a vu s'abattre sur vous la colère de Dieu
et elle a dit :
« Ecoutez, voisines de Sion,
Dieu m'a infligé une grande douleur ;
10 car j'ai vu la captivité
que l'Eternel a infligée à mes fils et à mes filles ; [l'Eternel (appellation de Dieu) Ba 4.14,20, etc. ; Ba 5.2 ; voir Ba 2.35 ; 3.13 ; 4.1,23,29 ; 5.1,4.]
11 je les avais élevés avec joie,
mais je les ai laissés partir dans la tristesse et la souffrance. [Lm 1.2,16.]
12 Que personne ne se réjouisse
si je suis veuve et abandonnée de beaucoup.
J'ai été rendue déserte à cause du péché de mes enfants,
parce qu'ils se sont écartés de la Loi de Dieu ; [Lm 1.1-2 ; voir Es 49.21.]
13 ils n'ont pas connu ses prescriptions,
ils n'ont pas marché sur les chemins des préceptes de Dieu
ni suivi les sentiers de l'éducation conforme à sa justice.
14 Qu'elles viennent, les voisines de Sion !
Souvenez-vous de la captivité
que l'Eternel a infligée à mes fils et à mes filles !
15 Car il a lancé contre eux une nation venue de loin,
une nation impudente et de langue étrangère,
des gens qui n'eurent ni respect du vieillard ni pitié de l'enfant, [Dt 28.49-50 ; Jr 5.15.]
16 qui emmenèrent les enfants chéris de la veuve
et la réduisirent à la solitude en la privant de ses filles.
17 Mais moi, comment puis-je venir à votre secours ?
18 C'est celui qui vous a infligé ces calamités
qui vous arrachera aux mains de vos ennemis.
19 Marchez, enfants, marchez !
Moi, me voici donc abandonnée et déserte ;
20 j'ai quitté la robe de la paix,
j'ai mis mon vêtement de suppliante ;
je crierai vers l'Eternel tout au long de mes jours. [la robe de la paix ou la robe que je portais quand tout allait bien.
— mon vêtement de suppliante : voir au glossaire SAC, DÉCHIRER SES VÈTEMENTS.]
21 Prenez courage, enfants ! Criez vers Dieu,
et il vous arrachera à la domination, aux mains de vos ennemis ;
22 car moi, j'ai placé dans l'Eternel l'espérance de votre salut,
et le Saint m'a envoyé une joie :
la miséricorde vous viendra bientôt de la part de l'Eternel votre sauveur. [le Saint Es 40.25+.]
23 Car je vous ai laissés partir dans la souffrance et la tristesse,
mais Dieu vous rendra à moi dans la joie et l'allégresse pour toujours. [Retour prochain et joie v. 29,36 ; Ba 5.9 ; Es 51.3,11 ; 52.9 ; 55.12 ; 61.3,7.]
24 Comme les voisines de Sion voient maintenant votre captivité,
ainsi elles verront bientôt le salut qui viendra de votre Dieu :
il vous arrivera avec la gloire éclatante et la splendeur de l'Eternel.
25 Enfants, supportez patiemment la colère qui vous est venue de Dieu ;
l'ennemi t'a poursuivi, mais tu verras bientôt sa destruction
et tu lui piétineras la nuque. [Voir Jos 10.24 et la note ; Ps 110.1.]
26 Mes tendres enfants ont parcouru des chemins rocailleux,
ils ont été enlevés comme du bétail ravi de force par les ennemis.
27 Gardez courage, enfants, et criez vers Dieu,
car celui qui vous a conduits là se souviendra de vous.
28 Comme vous avez eu le dessein de vous écarter de Dieu,
eh bien, une fois convertis, décuplez vos efforts à le chercher !
29 Car celui qui vous a infligé ces calamités
vous amènera la joie éternelle en même temps que votre salut. »
30 Courage, Jérusalem ! Il te consolera, celui qui t'a donné ton nom. [consolation Es 40.1.
— celui qui t'a donné son nom Ba 5.4 ; Es 1.26 ; 60.14 ; Jr 33.16 ; Ez 48.35 ; Za 8.3 ; Ps 87.5.]
31 Malheureux ceux qui t'ont maltraitée et qui se sont réjouis de ta chute !
32 Malheureuses les villes dont tes enfants ont été les esclaves !
Malheureuse celle qui a reçu tes fils ! [v. 31-32 : avertissement à Babylone Jr 50-51.
— celle qui a reçu tes fils : allusion à Babylone, personnifiée comme celle qui a retenu chez elle la population déportée de Jérusalem.]
33 Car, comme elle s'est réjouie de ta chute et s'est félicitée de ta ruine,
ainsi sera-t-elle affligée de sa propre dévastation ;
34 je la priverai de la nombreuse population qui fait sa joie,
et son insolence se changera en souffrance,
35 car l'Eternel fera s'abattre un feu sur elle pour de longs jours,
et elle sera habitée par des démons pendant plus longtemps encore. [feu dans la ville ennemie Es 47.14.
— Ville désertée hantée par les démons Es 13.21+.]
36 Regarde vers l'Orient, Jérusalem, et vois la joie qui te vient de Dieu. [l'Orient (d'où viendra le salut) Es 41.2,25 ; 46.11 ; voir Mt 2.2.]
37 Voici, ils viennent, les fils que tu avais vus partir,
ils viennent, rassemblés de l'Orient jusqu'à l'Occident par la parole du Saint,
en se réjouissant de la gloire de Dieu. [Es 43.5-7.]
5 Jérusalem, quitte ta robe de souffrance et d'infortune
et revêts pour toujours la belle parure de la gloire de Dieu. [Es 49.18 ; 52.1 ; 61.10.]
2 Couvre-toi du manteau de la justice, celle qui vient de Dieu,
et mets sur ta tête le diadème de la gloire de l'Eternel ;
3 car Dieu va montrer ta splendeur à toute la terre qui est sous le ciel, [Es 62.1-4.]
4 et il te donnera ce nom pour toujours :
« Paix-de-Justice et Gloire-de-piété ». [Ba 4.30+.]
5 Debout, Jérusalem, place-toi sur la hauteur et tourne ton regard vers l'Orient :
Vois tes enfants, rassemblés du soleil couchant jusqu'au Levant par la parole du Saint ;
ils se réjouissent que Dieu se souvienne ; [Debout, Jérusalem Es 51.17 ; 60.1.
— Vois tes enfants revenir Es 60.4.
— le Saint : Ba 4.22 ; Es 40.25+.]
6 ils sortirent de tes portes à pied, poussés par des ennemis,
mais Dieu les fait revenir vers toi,
portés glorieusement comme un trône royal. [Es 49.22 ; 60.4 ; 66.20.]
7 Car Dieu a ordonné que toute haute montagne soit abaissée, ainsi que les dunes sans fin ;
il a fait combler les ravins pour que la terre soit aplanie
et qu'Israël puisse avancer d'un pas assuré, dans la gloire de Dieu. [Es 40.4 ; 49.11 ; voir Es 42.16.]
8 Sur son ordre, les forêts aussi, et chaque arbre odoriférant, ont préparé leur ombrage pour Israël. [Es 41.19.]
9 Car Dieu guidera Israël, dans la joie, à la lumière de sa gloire,
accompagné de la miséricorde et de la justice qui sont les siennes.