Cet écrit de sagesse est attribué à Salomon (Qo 1.1). Les deux premiers chapitres font allusion à la vie de ce roi (voir 1R 3s). Cependant la langue, proche de l'hébreu rabbinique, et la doctrine, sévère critique du système des rétributions temporelles, invitent à situer ce livre bien après le retour de l'exil, mais avant l'époque des Maccabées, puisqu'on en a retrouvé à Qumrân (grotte 4) quelques lignes datées du milieu du IIe siècle avant J.C.
Il est possible que le nom de Qohéleth, dérivé de qahal, « l'assemblée », évoque deux épisodes importants de la vie de Salomon, recevant à Gabaon la sagesse « au milieu d'un peuple nombreux » (1R 3.8), et bénissant l'assemblée lors de la dédicace du Temple (1R 8.2,14). Le mot grec correspondant, transcrit en français « Ecclésiaste », désigne le président ou l'orateur d'une assemblée. L'épilogue ou appendice (Qo 12.8-14), qui serait l'œuvre d'un disciple, semble faire allusion à des discussions dans les milieux juifs sur l'origine et l'autorité de ce livre déconcertant, lu chaque année lors de la fête des Tentes.
Le caractère composite du livre en rend l'intelligence difficile. Rien n'oblige à nier l'unité d'auteur; celui-ci discute avec lui-même et cite parfois ses devanciers pour critiquer leurs opinions. Un prologue (Qo 1.3-11) sur le retour cyclique des choses est suivi de trois parties. Qohéleth fait d'abord faire à Salomon son autocritique (Qo 1.12 — 2.26). Alors que le Cantique des Cantiques célébrait le faste du grand roi, l'Ecclésiaste finit par constater l'inutilité des efforts de l'homme, fût-il le plus comblé, pour échapper à sa condition.
Dans la deuxième partie (Qo 3.1 à 6.12), Qohéleth montre comment chaque réalité humaine comporte son aspect négatif et ses limites, à commencer par le contraste entre la durée infinie et les instants éphémères. Le sage prend ainsi conscience de la relativité et même l'assume comme étant elle-même un don de Dieu. Il exprime alors une angoisse philosophique devant le mystère de la destinée (Qo 3.22 ; 6.12 ; 7.14 ; 8.7 ; 9.12 ; 10.14). A quoi bon la vie humaine (Qo 1.3 ; 2.22 ; 3.9 ; 5.15) ? L'homme peut-il échapper à l'absurdité de son existence ? N'en reste-t-il que la nausée d'un échec total ? Entre le suicide et l'appétit de jouissance, Qohéleth va tenter de trouver un comportement humain.
La troisième partie (Qo 7.1 — 12.7) débute par une série de sept réflexions sous forme comparative, de même que la deuxième partie débutait par la reprise initiale, quatorze fois, de l'expression « un temps pour... et un temps pour... ». L'auteur traite ensuite de la sagesse et de ses relations avec la justice, la femme, l'exercice du pouvoir, le secret de la destinée, le thème classique de la justice immanente, les relations sociales et leurs anomalies flagrantes dans un monde perverti. Comme avant lui l'auteur du livre de Job (voir aussi Ps 37, 49, 73 ; Jr 12.1 ; Ml 3.14-25), Qohéleth réagit contre le conformisme des sages pour exhorter l'homme à l'engagement dans l'existence. Ceux qui parlent beaucoup sont des sots ; ils ignorent les choses les plus simples (Qo 10.15).
L'Ecclésiaste dénonce les positions extrêmes qui, paradoxalement, se rejoignent dans l'inefficacité. Ni pessimiste, ni optimiste, ni opportuniste, c'est un esprit réaliste et lucide. Pour lui, la vie est bonne; c'est un don de Dieu qu'il faut accueillir avec joie, sans tenter de faire l'ange ou la bête (voir Qo 3.13 ; 5.17 ; 8.15 ; 9.9).
Qohéleth multiplie les paradoxes au service d'une dialectique qui semble ne déboucher que sur des oppositions irréductibles. Rien d'étonnant à ce qu'il n'ait pas fait école. Si on peut en rapprocher plusieurs psaumes (Qo 39, 62, 88, 90), l'auteur de l'Ecclésiastique, peu après Qohéleth, marque un retour aux idées traditionnelles, sans pourtant ignorer son prédécesseur (voir surtout Si 14).
On a rapproché de l'Ecclésiaste plusieurs œuvres littéraires de l'ancien Orient : pour l'Egypte, le Dialogue du désespéré avec son âme, les chants des harpistes et les sentences du papyrus Insinger ; pour la Mésopotamie, le dialogue acrostiche appelé la « théodicée babylonienne », et un texte bilingue suméro-akkadien récemment découvert à Ugarit. Les contacts avec la pensée philosophique grecque demeurent imprécis ; mais on ne peut nier le fait d'une ambiance commune à l'Ecclésiaste et aux philosophies épicuriennes, stoïciennes ou cyniques. Notre auteur a vécu sans doute au temps de la domination des Ptolémées sur la Palestine (IIIe siècle avant J.C.).
Tout en faisant abstraction des perspectives de l'Alliance et du messianisme, comme l'indique en particulier l'emploi du mot « Dieu » ou plutôt « La Divinité » (Elohim) avec l'article, Qohéleth n'en partage pas moins la foi de son peuple. Le Dieu d'Israël est pour lui aussi Celui qui a fait toutes choses (Qo 11.5 ; voir aussi Qo 8.17) ; il est le Créateur (Qo 12.1) ; il a fait le monde beau (Qo 3.11) et l'homme droit (Qo 7.29) ; il faut le craindre (Qo 3.14 ; 5.6 ; 7.18 ; voir aussi 8.12) et lui rendre un culte spirituel (Qo 4.17) ; il jugera chacun selon ses œuvres (Qo 3.17 ; 11.9 ; et aussi 9.7 ; 12.14). En attendant ce règlement de comptes définitif, Dieu offre aux hommes un bonheur réel, bien que limité (Qo 8.15 ; 9.7 ; 11.9) dont ils doivent profiter sans toutefois trop s'y attacher.
1 Paroles de Qohéleth, fils de David, roi à Jérusalem. [Qohéleth. le sens de ce nom n'est pas sûr ; il peut signifier « celui qui parle dans l'assemblée » ou « celui qui préside l'assemblée ». Il est employé ici de façon symbolique.
— fils de David, roi à Jérusalem. ces précisions ne peuvent renvoyer qu'à Salomon sous l'autorité duquel le livre est placé.]
2 Vanité des vanités, dit Qohéleth,
vanité des vanités, tout est vanité. [Ou Tout est absolument vain, dit Qohéleth, tout est absolument vain, rien n'a de sens. En hébreu l'expression traduite par vanité des vanités a la valeur d'un superlatif ; voir aussi Qo 12.8 ; Ps 62.10 ; Rm 8.20.]
3 Quel profit y a-t-il pour l'homme
de tout le travail qu'il fait sous le soleil ? [Quel profit ? Qo 2.20-22 ; 3.9-11.
— sous le soleil. Cette expression qui revient souvent dans le livre de Qo, peut signifier, suivant les contextes, sur la terre ou pendant la vie (de l'homme), ou les deux à la fois.]
4 Un âge s'en va, un autre vient,
et la terre subsiste toujours. [Un âge (ou une génération) s'en va... Si 14.18.]
5 Le soleil se lève et le soleil se couche,
il aspire à ce lieu d'où il se lève. [Ou il retourne en hâte à l'endroit où il va se lever de nouveau.]
6 Le vent va vers le midi et tourne vers le nord,
le vent tourne, tourne et s'en va,
et le vent reprend ses tours.
7 Tous les torrents vont vers la mer,
et la mer n'est pas remplie ;
vers le lieu où vont les torrents,
là-bas, ils s'en vont de nouveau. [Si 40.11.]
8 Tous les mots sont usés, on ne peut plus les dire,
l'œil ne se contente pas de ce qu'il voit,
et l'oreille ne se remplit pas de ce qu'elle entend. [Autre traduction Toutes les choses sont lassantes.]
9 Ce qui a été, c'est ce qui sera,
ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera :
rien de nouveau sous le soleil !
10 S'il est une chose dont on puisse dire :
« Voyez, c'est nouveau, cela ! »
- cela existe déjà depuis les siècles qui nous ont précédés.
11 Il n'y a aucun souvenir des temps anciens ;
quant aux suivants qui viendront,
il ne restera d'eux aucun souvenir
chez ceux qui viendront après. [Qo 2.16.]
12 Moi, Qohéleth, j'ai été roi sur Israël, à Jérusalem. [Voir Qo 1.1 et la note.]
13 J'ai eu à cœur de chercher et d'explorer par la sagesse
tout ce qui se fait sous le ciel.
C'est une occupation de malheur que Dieu a donnée
aux fils d'Adam pour qu'ils s'y appliquent. [aux fils d'Adam ou aux humains.]
14 J'ai vu toutes les œuvres qui se font sous le soleil ;
mais voici que tout est vanité et poursuite de vent. [sous le soleil, c'est-à-dire sur la terre.
— vanité et poursuite de vent Qo 2.11,17,26 ; 4.4,16 ; 6.9 ; 11.8,10 ; voir Qo 1.3.]
15 Ce qui est courbé, on ne peut le redresser,
ce qui fait défaut ne peut être compté. [Ou on ne peut pas tenir compte de ce qui n'existe pas.]
16 Je me suis dit à moi-même :
« Voici que j'ai fait grandir et progresser la sagesse
plus que quiconque m'a précédé comme roi sur Jérusalem. »
J'ai fait l'expérience de beaucoup de sagesse et de science, [1 R 3.12 ; 5.9-10 ; 10.1-13,23-24 ; Si 47.14-17.]
17 j'ai eu à cœur de connaître la sagesse
et de connaître la folie et la sottise ;
j'ai connu que cela aussi, c'est poursuite de vent.
18 Car en beaucoup de sagesse, il y a beaucoup d'affliction ;
qui augmente le savoir augmente la douleur.
2 Je me suis dit en moi-même : « Allons, que je t'éprouve par la joie, goûte au bonheur ! »
Et voici, cela aussi est vanité. [Qo 1.14.]
2 Du rire, j'ai dit — « C'est fou ! »
Et de la joie : « Qu'est-ce que cela fait ? »
3 J'ai délibéré en mon cœur
de traîner ma chair dans le vin
et tout en conduisant mon cœur avec sagesse,
de tenir à la sottise,
le temps de voir ce qu'il est bon pour les fils d'Adam
de faire sous le ciel
pendant les jours comptés de leur vie. [traîner ma chair dans le vin ou m'adonner au vin. Le vin représente ici les jouissances matérielles.
— tenir à la sottise ou faire l'expérience d'une vie insensée.
— ce qu'il est bon de faire Qo 5.17 ; 6.12 pendant les jours comptés Jb 14.5.]
4 J'ai entrepris de grandes œuvres :
je me suis bâti des maisons, planté des vignes ;
5 je me suis fait des jardins et des vergers,
j'y ai planté toutes sortes d'arbres fruitiers ;
6 je me suis fait des bassins
pour arroser de leur eau une forêt de jeunes arbres.
7 J'ai acheté des esclaves et des servantes, j'ai eu des domestiques,
et aussi du gros et du petit bétail en abondance
plus que tous mes prédécesseurs à Jérusalem.
8 J'ai aussi amassé de l'argent et de l'or,
la fortune des rois et des Etats ;
je me suis procuré des chanteurs et des chanteuses
et, délices des fils d'Adam, une dame, des dames. [C'est-à-dire de nombreuses femmes.]
9 Je devins grand, je m'enrichis
plus que tous mes prédécesseurs à Jérusalem.
Cependant ma sagesse, elle, m'assistait.
10 Je n'ai rien refusé à mes yeux de ce qu'ils demandaient ;
je n'ai privé mon cœur d'aucune joie,
car mon cœur jouissait de tout mon travail :
c'était la part qui me revenait de tout mon travail. [Ou Je ne me suis rien refusé de ce que je désirais. Les yeux sont considérés ici comme le siège du désir.]
11 Mais je me suis tourné vers toutes les œuvres
qu'avaient faites mes mains
et vers le travail que j'avais eu tant de mal à faire.
Eh bien ! tout cela est vanité et poursuite de vent,
on n'en a aucun profit sous le soleil. [vanité et poursuite de vent Qo 1.14.
— sous le soleil. voir Qo 1.3 et la note.]
12 Je me suis aussi tourné, pour les considérer,
vers sagesse, folie et sottise.
Voyons ! que sera l'homme qui viendra après le roi ?
Ce qu'on aura déjà fait de lui ! [Autre traduction Il agira comme le roi a agi.]
13 Voici ce que j'ai vu :
On profite de la sagesse plus que de la sottise,
comme on profite de la lumière plus que des ténèbres.
14 Le sage a les yeux là où il faut,
l'insensé marche dans les ténèbres.
Mais je sais, moi, qu'à tous les deux
un même sort arrivera. [C'est-à-dire la mort (voir v. 16).]
15 Alors, moi, je me dis en moi-même :
Ce qui arrive à l'insensé m'arrivera aussi,
pourquoi donc ai-je été si sage ?
Je me dis à moi-même que cela aussi est vanité.
16 Car il n'y a pas de souvenir du sage,
pas plus que de l'insensé, pour toujours.
Déjà dans les jours qui viennent, tout sera oublié :
Eh quoi ? le sage meurt comme l'insensé ! [pas de souvenir Qo 1.11 ; Sg 2.4 ; voir Si 44.8-15.
— le sage meurt aussi Ps 49.11.]
17 Donc, je déteste la vie,
car je trouve mauvais ce qui se fait sous le soleil :
tout est vanité et poursuite de vent.
18 Moi, je déteste tout le travail que j'ai fait sous le soleil
et que j'abandonnerai à l'homme qui me succédera.
19 Qui sait s'il sera sage ou insensé ?
Il sera maître de tout mon travail,
que j'aurai fait avec ma sagesse sous le soleil :
Cela aussi est vanité.
20 J'en suis venu à me décourager
pour tout le travail que j'ai fait sous le soleil.
21 En effet, voici un homme qui a fait son travail
avec sagesse, science et succès :
C'est à un homme qui n'y a pas travaillé
qu'il donnera sa part.
Cela aussi est vanité et grand mal.
22 Oui, que reste-t-il pour cet homme
de tout son travail et de tout l'effort personnel
qu'il aura fait, lui, sous le soleil ? [Si 11.18-19 ; voir Qo 1.3.]
23 Tous ses jours, en effet, ne sont que douleur,
et son occupation n'est qu'affliction ;
même la nuit, son cœur est sans repos :
Cela aussi est vanité. [Qo 8.16 ; Jb 7.1-4 ; Si 40.5.]
24 Rien de bon pour l'homme, sinon de manger et de boire,
de goûter le bonheur dans son travail.
J'ai vu, moi, que cela aussi vient de la main de Dieu. [Jouir de la vie Qo 3.12-13 ; 5.17 ; 8.15 ; 9.7 ; 11.9 ; Si 14.14 ; voir 1 Co 15.32.]
25 « Car qui a de quoi manger, qui sait jouir, sinon moi ? » [Le sens du texte hébreu est incertain.]
3 Il y a un moment pour tout et un temps pour chaque chose sous le ciel :
2 un temps pour enfanter et un temps pour mourir,
un temps pour planter et un temps pour arracher le plant,
3 un temps pour tuer et un temps pour guérir,
un temps pour saper et un temps pour bâtir,
4 un temps pour pleurer et un temps pour rire,
un temps pour se lamenter et un temps pour danser,
5 un temps pour jeter des pierres et un temps pour amasser des pierres,
un temps pour embrasser et un temps pour éviter d'embrasser,
6 un temps pour chercher et un temps pour perdre,
un temps pour garder et un temps pour jeter,
7 un temps pour déchirer et un temps pour coudre,
un temps pour se taire et un temps pour parler,
8 un temps pour aimer et un temps pour haïr,
un temps de guerre et un temps de paix.
9 Quel profit a l'artisan du travail qu'il fait ? [Qo 1.3.]
10 Je vois l'occupation que Dieu a donnée
aux fils d'Adam pour qu'ils s'y occupent. [aux fils d'Adam ou aux humains.]
11 Il fait toute chose belle en son temps ;
à leur cœur il donne même le sens de la durée
sans que l'homme puisse découvrir
l'œuvre que fait Dieu depuis le début jusqu'à la fin. [l'homme ne peut pas découvrir Qo 6.12 ; 7.14 ; 8.17 ; 11.5 ; Si 18.6 l'œuvre de Dieu Ps 139.14-17 ; Pr 30.18,19 ; Si 11.4 ; 39.16 ; Rm 11.33.]
12 Je sais qu'il n'y a rien de bon pour lui
que de se réjouir et de se donner du bon temps durant sa vie. [Jouir de la vie Qo 2.24.]
13 Et puis, tout homme qui mange et boit
et goûte au bonheur en tout son travail,
cela, c'est un don de Dieu.
14 Je sais que tout ce que fait Dieu, cela durera toujours ;
il n'y a rien à y ajouter, ni rien à en retrancher,
et Dieu fait en sorte qu'on ait de la crainte devant sa face. [cela durera toujours Ps 33.11.
— de la crainte devant sa face ou du respect pour lui.
— la crainte de Dieu Pr 1.29.]
15 Ce qui est a déjà été, et ce qui sera a déjà été,
et Dieu va rechercher ce qui a disparu. [Ou et Dieu fait que ce qui a disparu (dans le passé) se produise de nouveau.]
16 J'ai encore vu sous le soleil
qu'au siège du jugement, là était la méchanceté,
et qu'au siège de la justice, là était la méchanceté. [C'est-à-dire sur la terre.]
17 Je me suis dit en moi-même :
Dieu jugera le juste et le méchant,
car il y a là un temps
pour chaque chose et pour chaque action. [Dieu jugera Qo 11.9 ; 12.14 ; voir Pr 11.31 ; 1 P 1.17.
— L'adverbe là renvoie vraisemblablement au lieu où se déroulera le jugement de Dieu (voir première partie du verset). On peut aussi comprendre car il y a un temps pour toute chose et un jugement sur chaque action.]
18 Je me suis dit en moi-même,
au sujet des fils d'Adam,
que Dieu veut les éprouver ;
alors on verra qu'en eux-mêmes, ils ne sont que des bêtes. [Ou des humains.]
19 Car le sort des fils d'Adam, c'est le sort de la bête,
c'est un sort identique :
telle la mort de celle-ci, telle la mort de ceux-là ;
ils ont tous un souffle identique :
la supériorité de l'homme sur la bête est nulle,
car tout est vanité. [L'homme et la bête Ps 49.13-20.]
20 Tout va vers un lieu unique,
tout vient de la poussière
et tout retourne à la poussière. [Gn 3.19 ; Ps 104.29 ; Si 17.1.]
21 Qui connaît le souffle des fils d'Adam
qui monte, lui, vers le haut,
tandis que le souffle des bêtes
descend vers le bas, vers la terre ? [Autre traduction : Qui sait si le souffle (de vie) des humains monte vers le haut et si le souffle (de vie) des bêtes descend en bas vers la terre ?]
22 Je vois qu'il n'y a rien de mieux pour l'homme
que de jouir de ses œuvres, car telle est sa part.
Qui en effet l'emmènera voir ce qui sera après lui ? [Voir Qo 3.11.]
4 D'autre part, je vois toutes les oppressions qui se pratiquent sous le soleil.
Regardez les pleurs des opprimés :
ils n'ont pas de consolateur ;
la force est du côté des oppresseurs :
ils n'ont pas de consolateur. [Qo 5.7.]
2 Et moi, de féliciter les morts qui sont déjà morts
plutôt que les vivants qui sont encore en vie.
3 Et plus heureux que les deux
celui qui n'a pas encore été,
puisqu'il n'a pas vu l'œuvre mauvaise
qui se pratique sous le soleil. [Mieux vaudrait ne pas être né Qo 6.3 ; Jr 20.18 ; Jb 3.11-16 ; Jb 10.18-19.]
4 Je vois, moi, que tout le travail,
tout le succès d'une œuvre,
c'est jalousie des uns envers les autres :
cela est aussi vanité et poursuite de vent. [Qo 1.14.]
5 L'insensé se croise les bras
et dévore sa propre chair : [Sort du paresseux Pr 6.11.
— dévore sa propre chair ou cause son propre malheur.]
6 Mieux vaut le creux de la main plein de repos
que deux poignées de travail, de poursuite de vent. [le creux de la main plein de repos ou un peu de repos.
— deux poignées de travail, de poursuite de vent ou beaucoup de travail, ce qui ne sert à rien.]
7 Par ailleurs je vois une vanité sous le soleil. [Ou Je vois un autre exemple de non-sens dans la vie.]
8 Voici un homme seul, sans compagnon,
n'ayant ni fils ni frère.
Pas de limite à tout son travail,
même ses yeux ne sont jamais rassasiés de richesses.
Alors, moi, je travaille,
je me prive de bonheur : c'est pour qui ?
Cela est aussi vanité, c'est une mauvaise affaire.
9 Deux hommes valent mieux qu'un seul,
car ils ont un bon salaire pour leur travail.
10 En effet, s'ils tombent, l'un relève l'autre.
Mais malheur à celui qui est seul !
S'il tombe, il n'a pas de second pour le relever.
11 De plus, s'ils couchent à deux, ils ont chaud,
mais celui qui est seul, comment se réchauffera-t-il ?
12 Et si quelqu'un vient à bout de celui qui est seul,
deux lui tiendront tête ;
un fil triple ne rompt pas vite. [Ce proverbe est l'équivalent du proverbe français « l'union fait la force ».]
13 Mieux vaut un gamin indigent, mais sage,
qu'un roi vieux, mais insensé, qui ne sait plus se laisser conseiller.
14 Que ce garçon soit sorti de prison pour régner,
qu'il soit même né mendiant pour exercer sa royauté,
15 j'ai vu tous les vivants qui marchent sous le soleil
être du côté du gamin, du second,
celui qui surgit à la place de l'autre.
16 Pas de fin à tout ce peuple, à tous ceux dont il est le chef.
Toutefois la postérité pourrait bien ne pas s'en réjouir,
car cela aussi est vanité et poursuite de vent. [Qo 1.14.]
17 Surveille tes pas quand tu vas à la Maison de Dieu,
approche-toi pour écouter plutôt que pour offrir le sacrifice des insensés ;
car ils ne savent pas qu'ils font le mal.
5 Que ta bouche ne se précipite pas et que ton cœur ne se hâte pas de proférer une parole devant Dieu.
Car Dieu est dans le ciel, et toi sur la terre.
Donc, que tes paroles soient peu nombreuses ! [Dt 4.39 ; Jos 2.11 ; Jb 22.12.]
2 Car de l'abondance des occupations vient le rêve
et de l'abondance des paroles, les propos ineptes. [le rêve : il s'agit vraisemblablement du mauvais rêve.
— Les paroles doivent être peu nombreuses Si 7.14 ; Mt 6.7 ; voir Qo 6.11 ; Pr 13.3.]
3 Si tu fais un vœu à Dieu,
ne tarde pas à l'accomplir.
Car il n'y a pas de faveur pour les insensés ;
le vœu que tu as fait, accomplis-le. [Nb 30.2-16.]
4 Mieux vaut pour toi ne pas faire de vœu
que faire un vœu et ne pas l'accomplir.
5 Ne laisse pas ta bouche te rendre coupable tout entier,
et ne va pas dire au messager de Dieu : « C'est une méprise. »
Pourquoi Dieu devrait-il s'irriter de tes propos
et ruiner l'œuvre de tes mains ? [Ici probablement le prêtre.]
6 Quand il y a abondance de rêves, de vanités,
et beaucoup de paroles, alors, crains Dieu. [abondance de rêves Si 34.1-7.
— Fin du verset. le sens du texte hébreu est incertain. On peut comprendre aussi Quand il y a beaucoup de paroles, il y a beaucoup de rêves et d'actions vaines. mais toi crains Dieu.
— crains Dieu ou respecte Dieu (en ne faisant pas de vœu à la légère) ; voir Pr 8.13.]
7 Si, dans l'Etat, tu vois l'indigent opprimé,
le droit et la justice violés,
ne sois pas surpris de la chose ;
car au-dessus d'un grand personnage
veille un autre grand,
et au-dessus d'eux, il y a encore des grands. [Qo 3.16 ; 4.1 ; Jb 9.24.]
8 Et à tous, la terre profite ;
le roi est tributaire de l'agriculture. [C'est-à-dire le roi lui-même profite d'une agriculture prospère. Mais le sens du texte hébreu est incertain.]
9 Qui aime l'argent ne se rassasiera pas d'argent,
ni du revenu celui qui aime le luxe.
Cela est aussi vanité. [Qo 6.2 ; Si 14.3.]
10 Avec l'abondance des biens abondent ceux qui les consomment,
et quel bénéfice pour le propriétaire,
sinon un spectacle pour les yeux ?
11 Doux est le sommeil de l'ouvrier,
qu'il ait mangé peu ou beaucoup ;
mais la satiété du riche, elle, ne le laisse pas dormir.
12 Il y a un mal affligeant que j'ai vu sous le soleil :
la richesse conservée par son propriétaire pour son malheur.
13 Cette richesse périt dans une mauvaise affaire ;
s'il engendre un fils, celui-ci n'a plus rien en main.
14 Comme il est sorti du sein de sa mère,
nu, il s'en retournera comme il était venu :
il n'a rien retiré de son travail
qu'il puisse emporter avec lui. [Jb 1.21.]
15 Et cela est aussi un mal affligeant
qu'il s'en aille ainsi qu'il était venu :
quel profit pour lui d'avoir travaillé pour du vent ?
16 De plus, il consume tous ses jours dans les ténèbres ;
il est grandement affligé, déprimé, irrité.
17 Ce que, moi, je reconnais comme bien, le voici :
il convient de manger et de boire,
de goûter le bonheur dans tout le travail
que l'homme fait sous le soleil,
pendant le nombre des jours de vie que Dieu lui donne,
car telle est sa part. [Jouir de la vie Qo 2.24.]
18 De plus, tout homme à qui Dieu donne richesse et ressources
et à qui Il a laissé la faculté d'en manger,
d'en prendre sa part et de jouir de son travail,
c'est là un don de Dieu ;
19 non, il ne songe guère aux jours de sa vie,
tant que Dieu le tient attentif à la joie de son cœur.
6 Il y a un mal que j'ai vu sous le soleil, et il est immense pour l'humanité.
2 Soit un homme à qui Dieu donne richesse, ressources et gloire,
à qui rien ne manque pour lui-même de tout ce qu'il désire,
mais à qui Dieu ne laisse pas la faculté d'en manger,
car c'est quelqu'un d'étranger qui le mange :
cela aussi est vanité et mal affligeant. [la faculté d'en manger ou la possibilité d'en profiter.
— étranger : soit quelqu'un d'une autre famille soit quelqu'un d'un autre pays.
— un étranger le mange Si 14.3-4 ; Lc 12.20.]
3 Soit un homme qui engendre cent fois
et vit de nombreuses années,
mais qui, si nombreux soient les jours de ses années,
ne se rassasie pas de bonheur
et n'a même pas de sépulture.
Je dis : L'avorton vaut mieux que lui, [Qo 4.3.]
4 car c'est en vain qu'il est venu
et il s'en va dans les ténèbres,
et par les ténèbres son nom sera recouvert ; [il est venu.... il s'agit de l'avorton.
— son nom c'est-à-dire ce qu'il aurait pu être s'il avait vécu.]
5 il n'a même pas vu le soleil et ne l'a pas connu,
il a du repos plus que l'autre.
6 Même si celui-ci avait vécu deux fois mille ans,
il n'aurait pas goûté le bonheur.
N'est-ce pas vers un lieu unique que tout va ? [un lieu unique, c'est-à-dire la mort.
— Si 41.4 ; voir Qo 3.20.]
7 Tout le travail de l'homme est pour sa bouche,
et pourtant l'appétit n'est pas comblé. [est pour sa bouche, c'est-à-dire pour manger ou, d'une façon plus générale, pour satisfaire ses désirs.
— l'appétit : le mot peut désigner le désir en général.]
8 En effet, qu'a de plus le sage que l'insensé,
qu'a le pauvre qui sait aller de l'avant face à la vie ? [Ou affronter la vie.]
9 Mieux vaut la vision des yeux que le mouvement de l'appétit :
cela est aussi vanité et poursuite de vent. [la vision des yeux ou ce que l'on voit.
— le mouvement de l'appétit ou l'agitation causée par le désir.
— vanité et poursuite de vent Qo 1.14.]
10 Ce qui a été a déjà reçu un nom
et on sait ce que c'est, l'homme ;
mais il ne peut entrer en procès
avec plus fort que lui. [entrer en procès avec Dieu Jb 9.14.]
11 Quand il y a des paroles en abondance,
elles font abonder la vanité :
qu'est-ce que l'homme a de plus ? [Vanité des paroles voir Pr 13.3.]
12 En effet, qui sait ce qui est le mieux pour l'homme pendant l'existence,
pendant les nombreux jours de sa vaine existence
qu'il passe comme une ombre ?
Qui indiquera donc à l'homme
ce qui sera après lui sous le soleil ? [qui sait ? Qo 3.11.
— comme une ombre Ps 102.12 ; 109.23 ; Jb 14.2.]
7 Mieux vaut le renom que l'huile exquise,
et le jour de la mort que le jour de la naissance. [le renom Pr 22.1 ; Si 41.12.
— Ce verset oppose ce qui demeure (le renom) à ce qui est éphémère (l'huile, utilisée comme parfum), et ce qui marque la fin des soucis terrestres (le jour de la mort) à ce qui en marque le début (le jour de la naissance).]
2 Mieux vaut aller à la maison de deuil
qu'à la maison du banquet ;
puisque c'est la fin de tout homme,
il faut que les vivants y appliquent leur cœur.
3 Mieux vaut le chagrin que le rire,
car sous un visage en peine, le cœur peut être heureux ;
4 le cœur des sages est dans la maison de deuil,
et le cœur des insensés, dans la maison de joie. [deuil et joie voir Ps 126.5 ; Lc 6.25.]
5 Mieux vaut écouter la semonce du sage,
qu'être homme à écouter la chanson des insensés.
6 Car, tel le pétillement des broussailles sous la marmite,
tel est le rire de l'insensé.
Mais cela aussi est vanité,
7 que l'oppression rende fou le sage
et qu'un présent perde le cœur. [Ce verset explique que le sage peut devenir insensé dans certaines circonstances, par exemple lorsqu'il est opprimé ou lorsqu'on l'achète par des présents.]
8 Mieux vaut l'aboutissement d'une chose que ses prémices,
mieux vaut un esprit patient qu'un esprit prétentieux.
9 Que ton esprit ne se hâte pas de s'irriter,
car l'irritation vit au cœur des insensés. [Jc 1.19-20.]
10 Ne dis pas : Comment se fait-il
que les temps anciens aient été meilleurs que ceux-ci ?
Ce n'est pas la sagesse
qui te fait poser cette question.
11 La sagesse est bonne comme un héritage ;
elle profite à ceux qui voient le soleil : [Valeur de la sagesse Pr 8.11.]
12 Car être à l'ombre de la sagesse,
c'est être à l'ombre de l'argent,
et le profit du savoir,
c'est que la sagesse fait vivre ceux qui la possèdent. [l'ombre symbolise ici l'abri, la protection. L'idée est que la sagesse donne autant de sécurité que l'argent.]
13 Regarde l'œuvre de Dieu :
Qui donc pourra réparer ce qu'Il a courbé ? [3.11.]
14 Au jour du bonheur, sois heureux,
et au jour du malheur, regarde :
celui-ci autant que celui-là, Dieu les a faits
de façon que l'homme ne puisse rien découvrir
de ce qui sera après lui. [Jb 2.10.]
15 Dans ma vaine existence, j'ai tout vu :
un juste qui se perd par sa justice,
un méchant qui survit par sa malice. [Le juste et le méchant Qo 8.14 ; 9.2 ; voir Qo 3.17 ; 8.12-13.]
16 Ne sois pas juste à l'excès,
ne te fais pas trop sage ;
pourquoi te détruire ?
17 Ne fais pas trop le méchant
et ne deviens pas insensé ;
pourquoi mourir avant ton temps ?
18 Il est bon que tu tiennes à ceci
sans laisser ta main lâcher cela.
Car celui qui craint Dieu
fera aboutir l'une et l'autre chose. [Ou qui respecte Dieu.]
19 La sagesse rend le sage plus fort
que dix gouverneurs présents dans une ville.
20 Car aucun homme n'est assez juste sur terre
pour faire le bien sans pécher. [Ps 143.2 ; Jb 4.17 ; Pr 20.9 ; Si 8.5 ; Rm 3.20 ; 1 Jn 1.8.]
21 D'ailleurs à tous les propos qu'on profère,
ne prête pas attention :
ainsi, tu n'entendras pas ton serviteur te dénigrer,
22 car bien des fois, tu as eu conscience,
toi aussi, de dénigrer les autres.
23 J'ai essayé tout cela avec sagesse,
je disais : Je serai un sage.
Mais elle est loin de ma portée. [elle ou la sagesse.]
24 Ce qui est venu à l'existence est lointain
et profond, profond ! Qui le découvrira ? [C'est-à-dire impossible à comprendre totalement.]
25 Moi, je m'appliquerai de tout cœur
à connaître, à explorer, à rechercher
la sagesse et la logique,
à connaître aussi que la méchanceté est une sottise,
une sottise affolante. [Ou la raison d'être des choses.]
26 Et je trouve, moi, plus amère que la mort
une femme quand elle est un traquenard,
et son cœur un filet, ses mains des liens :
celui qui plaît à Dieu lui échappera,
mais le pécheur se laissera prendre par elle. [Pr 22.14 voir Pr 2.16.]
27 Voilà ce que j'ai trouvé, a dit Qohéleth,
en les voyant l'une après l'autre pour trouver une opinion. [Ou en voyant une femme après l'autre pour me faire une opinion. Mais le texte hébreu est obscur et l'on traduit aussi en considérant les choses une à une pour en trouver la raison.]
28 J'en suis encore à chercher et n'ai pas trouvé :
Un homme sur mille, je l'ai trouvé,
mais une femme parmi elles toutes,
je ne l'ai pas trouvée.
29 Seulement, vois-tu ce que j'ai trouvé :
Dieu a fait l'homme droit,
mais eux ils ont cherché une foule de complications. [C'est-à-dire les hommes en général.]
8 Qui est comme le sage et sait interpréter cette parole :
« La sagesse d'un homme illumine son visage
et la dureté de son visage en est transformée » ?
2 Moi ! Observe l'ordre du roi,
et, à cause du serment divin, [Moi. le texte hébreu est obscur. Certaines traductions omettent moi. D'autres comprennent Je te dis. observe...
— Observe l'ordre du roi Rm 13.1.
— le serment divin ou le serment prêté devant Dieu (au roi). On peut aussi comprendre le serment que Dieu a fait (au roi).]
3 ne te presse pas de t'écarter de lui,
ne t'obstine pas dans un mauvais cas.
car il fera tout ce qui lui plaira,
4 car la parole du roi est souveraine,
et qui lui dira : « Que fais-tu ? »
5 « Celui qui observe le commandement
ne connaîtra rien de mauvais.
Le temps et le jugement, le cœur du sage les connaît. » [Qo 12.13 ; Pr 19.16.]
6 Oui, il y a pour chaque chose un temps et un jugement,
mais il y a un grand malheur pour l'homme :
7 il ne sait pas ce qui arrivera,
qui lui indiquera quand cela arrivera ? [l'homme ne sait pas Qo 3.11.]
8 Personne n'a de pouvoir sur le souffle vital
pour retenir ce souffle ;
personne n'a de pouvoir sur le jour de la mort ;
il n'y a pas de relâche dans le combat,
et la méchanceté ne sauve pas son homme. [Sg 2.1.]
9 Tout cela, je l'ai vu en portant mon attention
sur tout ce qui se fait sous le soleil,
au temps où l'homme a sur l'homme
le pouvoir de lui faire du mal.
10 Ainsi, j'ai vu des méchants mis au tombeau ;
on allait et venait depuis le lieu saint
et on oubliait dans la ville comme ils avaient agi.
Cela aussi est vanité.
11 Parce que la sentence contre l'œuvre mauvaise
n'est pas vite exécutée,
le cœur des fils d'Adam est rempli de malfaisance. [Ou des humains.]
12 Que le pécheur fasse le mal cent fois,
alors même il prolonge sa vie.
Je sais pourtant, moi aussi,
« qu'il y aura du bonheur pour ceux qui craignent Dieu,
parce qu'ils ont de la crainte devant sa face, [Crainte de Dieu Pr 10.27 et bonheur Ps 73.1 et suiv.
— qui craignent Dieu ou qui respectent Dieu.]
13 mais qu'il n'y aura pas de bonheur pour le méchant
et que, passant comme l'ombre, il ne prolongera pas ses jours,
parce qu'il est sans crainte devant la face de Dieu ».
14 Il est un fait, sur la terre, qui est vanité :
il est des justes qui sont traités selon le fait des méchants,
et des méchants qui sont traités selon le fait des justes.
J'ai déjà dit que cela est aussi vanité, [Les justes et les méchants Qo 7.15.]
15 et je fais l'éloge de la joie ;
car il n'y a pour l'homme sous le soleil
rien de bon, sinon de manger, de boire, de se réjouir ;
et cela l'accompagne dans son travail
durant les jours d'existence
que Dieu lui donne sous le soleil. [Jouir de la vie Qo 2.24.]
16 Quand j'eus à cœur de connaître la sagesse
et de voir les occupations auxquelles on s'affaire sur terre,
- même si, le jour et la nuit, l'homme ne voit pas de ses yeux le sommeil —
17 alors j'ai vu toute l'œuvre de Dieu ;
l'homme ne peut découvrir l'œuvre qui se fait sous le soleil,
bien que l'homme travaille à la rechercher, mais sans la découvrir ;
et même si le sage affirme qu'il sait,
il ne peut la découvrir. [C'est-à-dire j'ai fait cette constatation au sujet de l'œuvre de Dieu.
— découvrir l'œuvre de Dieu Qo 3.11.]
9 Oui, tout cela, je l'ai pris à cœur,
et voici tout ce que j'ai éprouvé :
c'est que les justes, les sages et leurs travaux
sont entre les mains de Dieu.
Ni l'amour, ni la haine, l'homme ne les connaît,
tout cela le devance ; [entre les mains de Dieu Dt 33.3 ; Ps 16.1 ; Sg 7.16.
— le devance ou est imprévisible pour lui.]
2 tout est pareil pour tous,
un sort identique échoit au juste et au méchant,
au bon et au pur comme à l'impur,
à celui qui sacrifie et à celui qui ne sacrifie pas ;
il en est du bon comme du pécheur,
de celui qui prête serment comme de celui qui craint de le faire. [Le juste et le méchant Qo 7.15.]
3 C'est un mal dans tout ce qui se fait sous le soleil
qu'un sort identique pour tous ;
aussi le cœur des fils d'Adam est-il plein de malice,
la folie est dans leur cœur pendant leur vie,
et après ... , on s'en va vers les morts. [des fils d'Adam ou des humains.
— et après... on s'en va vers les morts. le texte hébreu est obscur et la traduction incertaine.]
4 En effet, qui sera préféré ?
Pour tous les vivants, il y a une chose certaine :
un chien vivant vaut mieux qu'un lion mort. [qui sera préféré ?. sous-entendu par Dieu (au moment du jugement). Mais le texte hébreu du v.4a est incertain ; d'après certains manuscrits on peut traduire : Pour celui qui fait partie de la société des vivants il y a de l'espoir.
— Dans la culture biblique le chien est considéré comme un animal méprisable ; Ps 22.17 ; Pr 26.11 ; Mt 7.6 ; Lc 16.21.]
5 Car les vivants savent qu'ils mourront ;
mais les morts ne savent rien du tout ;
pour eux, il n'y a plus de rétribution,
puisque leur souvenir est oublié.
6 Leurs amours, leurs haines, leurs jalousies
ont déjà péri ; ils n'auront plus jamais de part
à tout ce qui se fait sous le soleil.
7 Va, mange avec joie ton pain
et bois de bon cœur ton vin,
car déjà Dieu a agréé tes œuvres. [Jouir de la vie Qo 2.24.]
8 Que tes vêtements soient toujours blancs
et que l'huile ne manque pas sur ta tête ! [Les jours de fête il était d'usage de porter des vêtements blancs et de répandre de l'huile parfumée sur sa tête.]
9 Goûte la vie avec la femme que tu aimes
durant tous les jours de ta vaine existence,
puisque Dieu te donne sous le soleil tous tes jours vains ;
car c'est là ta part dans la vie
et dans le travail que tu fais sous le soleil. [Pr 5.18.]
10 Tout ce que ta main se trouve capable de faire,
fais-le par tes propres forces ;
car il n'y a ni œuvre, ni bilan, ni savoir, ni sagesse
dans le séjour des morts où tu t'en iras.
11 Je vois encore sous le soleil
que la course n'appartient pas aux plus robustes,
ni la bataille aux plus forts,
ni le pain aux plus sages,
ni la richesse aux plus intelligents,
ni la faveur aux plus savants,
car à tous leur arrivent heur et malheur.
12 En effet, l'homme ne connaît pas plus son heure
que les poissons qui se font prendre au filet de malheur,
que les passereaux pris au piège.
Ainsi les fils d'Adam sont surpris par le malheur
quand il tombe sur eux à l'improviste. [son heure, c'est-à-dire l'heure de sa mort ou, de façon plus générale, l'heure où il rencontrera l'adversité. voir Lc 12.20.
— les fils d'Adam ou les humains.]
13 J'ai encore vu sous le soleil, en fait de sagesse,
une chose importante à mes yeux.
14 Il y avait une petite ville, de peu d'habitants.
Un grand roi marcha contre elle, l'investit
et dressa contre elle de grandes embuscades.
15 Il s'y trouvait un homme indigent et sage ;
il sauva la ville par sa sagesse,
mais personne ne se souvint de cet indigent. [il sauva la ville.... autre traduction il aurait pu sauver la ville par sa sagesse mais personne ne pensa à cet indigent.]
16 Alors je dis, moi :
mieux vaut la sagesse que la puissance,
mais la sagesse de l'indigent est méprisée
et ses paroles ne sont pas écoutées. [Valeur de la sagesse Pr 8.11.]
17 Les paroles des sages se font entendre dans le calme,
mieux que les cris d'un souverain parmi les insensés.
18 Mieux vaut la sagesse que des engins de combat,
mais un seul maladroit annule beaucoup de bien.
10 Des mouches mortes infectent et font fermenter
l'huile du parfumeur.
Un peu de sottise pèse plus
que la sagesse, que la gloire.
2 L'esprit du sage va du bon côté,
mais l'esprit de l'insensé va gauchement.
3 Même en chemin, quand l'insensé s'avance,
l'esprit lui fait défaut ;
il fait dire à tout le monde qu'il est insensé. [Autre traduction et il dit de chacun. « c'est un sot ».]
4 Si l'humeur du chef s'élève contre toi,
n'abandonne pas ton poste,
car le sang-froid évite de grandes maladresses.
5 Il y a un mal que j'ai vu sous le soleil,
comme une méprise échappée au souverain :
6 la sottise élevée aux plus hautes situations,
et des riches demeurant dans l'abaissement ;
7 j'ai vu des esclaves sur des chevaux,
et des princes marcher à pied comme des esclaves. [Pr 19.10 ; 30.22 ; voir 1 S 2.7-8.]
8 Qui creuse une fosse tombe dedans,
qui sape un mur, un serpent le mord, [Voir Ps 7.16.]
9 qui extrait des pierres peut se blesser avec,
qui fend du bois encourt un danger.
10 Si le fer est émoussé et qu'on n'en aiguise pas le tranchant,
il faut redoubler de forces ;
il y a profit à exercer comme il convient la sagesse.
11 Si le serpent mord faute d'être charmé,
pas de profit pour le charmeur.
12 Ce que dit la bouche d'un sage plaît,
mais les lèvres de l'insensé le ravalent ; [Ou l'insensé se déconsidère par ses discours.]
13 le début de ses propos est sottise,
et la fin de ses propos, folie mauvaise. [Les paroles de l'insensé. voir Es 32.6 ; Ps 14.1.]
14 L'insensé multiplie les paroles ;
l'homme ne sait plus ce qui arrivera :
qui lui indiquera ce qui arrivera après lui ?
15 Le travail de l'insensé l'épuise,
il ne sait même pas comment aller à la ville. [L'insensé se fatigue beaucoup pour peu car il ignore les choses les plus simples telles que le chemin pour aller à la ville.]
16 Malheur à toi, pays dont le roi est un gamin
et dont les princes festoient dès le matin ! [le roi est un gamin Es 3.4-12 et les princes festoient voir Pr 31.4 ; 20.1.]
17 Heureux es-tu, pays dont le roi est de souche noble
et dont les princes festoient en temps voulu,
pour prendre des forces et non pour boire !
18 Avec deux bras paresseux, la poutre cède,
quand les mains se relâchent, il pleut dans la maison. [C'est-à-dire si un homme est trop paresseux (pour réparer le toit de sa maison), le toit s'effondre.]
19 Pour se divertir, on fait un repas,
et le vin réjouit la vie,
et l'argent répond à tout. [Ps 104.15.]
20 Ne maudis pas le roi dans ton for intérieur,
ne maudis pas le riche même en ta chambre à coucher,
car l'oiseau du ciel en emporte le bruit,
et la bête ailée fera connaître ce qu'on dit.
11 Lance ton pain à la surface des eaux,
car à la longue tu le retrouveras.
2 Donne une part à sept ou même à huit personnes,
car tu ne sais pas quel malheur peut arriver sur la terre. [Ou à de nombreuses personnes. La progression dans le nombre indique habituellement une grande quantité.]
3 Si les nuages se remplissent,
ils déversent la pluie sur la terre ;
qu'un arbre tombe au sud aussi bien qu'au nord,
à l'endroit où il est tombé, il reste.
4 Qui observe le vent ne sème pas,
qui regarde les nuages ne moissonne pas.
5 De même que tu ignores le cheminement du souffle vital,
comme celui de l'ossification dans le ventre d'une femme enceinte,
ainsi tu ne peux connaître l'œuvre de Dieu,
Lui qui fait toutes choses. [Qo 3.11.]
6 Le matin, sème ta semence,
et le soir, ne laisse pas de repos à ta main,
car tu ne sais pas, de l'une ou de l'autre activité, celle qui convient, ou si toutes deux sont également bonnes.
7 Douce est la lumière,
c'est un plaisir pour les yeux de voir le soleil.
8 Si l'homme vit de nombreuses années,
qu'il se réjouisse en elles toutes,
mais qu'il se souvienne que les jours sombres sont nombreux,
que tout ce qui vient est vanité. [Jouir de la vie Qo 2.24.]
9 Réjouis-toi, jeune homme, dans ta jeunesse,
que ton cœur soit heureux aux jours de ton adolescence,
marche selon les voies de ton cœur
et selon la vision de tes yeux.
Mais sache que pour tout cela,
Dieu te fera comparaître en jugement. [(marche) selon la vision de tes yeux ou fais ce que tu désires ; voir Qo 2.10 et la note.
— Dieu jugera Qo 3.17.]
10 Eloigne de ton cœur l'affliction,
écarte de ta chair le mal,
car la jeunesse et l'aurore de la vie sont vanité.
12 Et souviens-toi de ton Créateur aux jours de ton adolescence,
- avant que ne viennent les mauvais jours
et que n'arrivent les années dont tu diras :
« Je n'y ai aucun plaisir »,
2 - avant que ne s'assombrissent le soleil et la lumière
et la lune et les étoiles,
et que les nuages ne reviennent, puis la pluie, [le soleil, la lumière... qui s'assombrissent symbolisent la joie de vivre qui diminue. Les nuages et la pluie symbolisent ici la tristesse du déclin de l'homme.]
3 au jour où tremblent les gardiens de la maison,
où se courbent les hommes vigoureux,
où s'arrêtent celles qui meulent, trop peu nombreuses,
où perdent leur éclat celles qui regardent par la fenêtre,
4 quand les battants se ferment sur la rue,
tandis que tombe la voix de la meule,
quand on se lève au chant de l'oiseau
et que les vocalises s'éteignent ;
5 alors, on a peur de la montée,
on a des frayeurs en chemin,
tandis que l'amandier est en fleur,
que la sauterelle s'alourdit
et que le fruit du câprier éclate ;
alors que l'homme s'en va vers sa maison d'éternité,
et que déjà les pleureuses rôdent dans la rue ; [Les v. 3 à 5 évoquent la fin de la vie avec des images que l'on peut interpréter de diverses manières mais qui se réfèrent toutes à l'affaiblissement et aux infirmités qui atteignent l'homme vieillissant.
— les pleureuses. voir Jr 9.16 et la note.]
6 - avant que ne se détache le fil argenté
et que la coupe d'or ne se brise,
que la jarre ne se casse à la fontaine
et qu'à la citerne la poulie ne se brise, [avant que dépend du souviens-toi du v. 1a (voir v. 1b, 2 et 7).
— Les images du v. 6 illustrent le phénomène de la mort.]
7 - avant que la poussière ne retourne à la terre, selon ce qu'elle était,
et que le souffle ne retourne à Dieu qui l'avait donné. [la poussière retourne à la terre Qo 3.20.
— Dieu a donné le souffle de vie Gn 2.7.]
8 Vanité des vanités, a dit le Qohéleth, tout est vanité. [Voir Qo 1.2 et la note.
— Qohéleth. voir Qo 1.1 et la note.]
9 Ce qui ajoute à la sagesse de Qohéleth,
c'est qu'il a encore enseigné la science au peuple ;
il a pesé, examiné, ajusté un grand nombre de proverbes.
10 Qohéleth s'est appliqué à trouver des paroles plaisantes
dont la teneur exacte est ici transcrite :
ce sont les paroles authentiques. [dont la teneur exacte... les paroles authentiques. autre traduction et à transcrire exactement des paroles vraies.]
11 Les paroles des sages sont comme des aiguillons,
les auteurs des recueils sont des jalons bien plantés ;
tel est le don d'un pasteur unique. [les auteurs des recueils sont des jalons bien plantés. le texte hébreu est incertain ; autre traduction elles (les paroles des sages) sont comme des jalons plantés par les maîtres des troupeaux.
— pasteur ou berger. allusion possible à l'auteur du livre.]
12 Garde-toi, mon fils, d'y ajouter :
à multiplier les livres, il n'y a pas de limites,
et à beaucoup étudier, le corps s'épuise.
13 Fin du discours : Tout a été entendu.
Crains Dieu et observe ses commandements,
car c'est là tout l'homme : [Crains Dieu ou Respecte Dieu (voir Pr 8.13).
— c'est là tout l'homme. autres traductions : c'est le devoir de tout homme ou cela vaut pour tous les hommes.]
14 Dieu fera venir toute œuvre en jugement
sur tout ce qu'elle recèle de bon ou de mauvais.