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TOB – Hébreux

ÉPÎTRE AUX HÉBREUX

INTRODUCTION

L'Epître aux Hébreux peut déconcerter le lecteur moderne. Tantôt l'auteur a des formules incomparables pour proclamer la transcendance du Christ et il sait en même temps exprimer avec réalisme l'extrême solidarité qui unit Jésus à « ses frères ». De plus, la profonde connaissance qu'il a de l'Ancien Testament apparaît à chaque ligne et son amour de l'Eglise sous-tend chacune de ses exhortations. Tantôt il donne beaucoup de place aux rites anciens, et bien des lecteurs ont alors l'impression de perdre pied.

Par ailleurs, l'origine même de cette œuvre pose des questions complexes: de qui provient cette épître ? Peut-on, oui ou non, la rattacher au nom de l'apôtre Paul? Pourquoi ressemble-t-elle si peu aux grandes épîtres pauliniennes ? A qui fut-elle adressée et en quelle occasion ? Est-ce même réellement une épître ?

Pendant les quatre premiers siècles, la position de l'Epître aux Hébreux connut bien des vicissitudes, mais on note une différence sensible entre les Eglises d'Orient et celles d'Occident.

Dans les Eglises d'Orient, Hébreux fut toujours considérée comme paulinienne. Clément d'Alexandrie présente l'épître comme une adaptation grecque d'un texte composé par Paul en hébreu et traduit par Luc. Un peu plus tard, Origène pense que la composition n'est pas de l'apôtre, mais d'un disciple de Paul, sans savoir qui il est. D'autres commentateurs orientaux s'en tenaient à l'affirmation de l'origine paulinienne, garantie par la tradition de leurs Eglises.

En Occident, la situation était différente et l'Epître aux Hébreux ne fut pas acceptée sans réticences. Etait-ce un écrit inspiré ? L'usage qu'en firent certaines sectes contribua à augmenter les soupçons. Les spéculations sur Melkisédeq (ch. 7), le refus du pardon aux chrétiens qui avaient apostasié pendant la persécution (He 6.4-6 et 10.26), l'affirmation que le Verbe ne serait qu'une créature (He 3.2), tout cela fit qu'à la fin du IVe siècle, l'épître n'était pas lue dans les églises. Saint Jérôme et saint Augustin adoptèrent l'attitude des Eglises d'Orient. Les listes du « canon des Ecritures » établies à la fin du IVe siècle mentionnent explicitement l'Epître aux Hébreux.

Les discussions reprirent à la Renaissance. On en trouve un écho dans le commentaire que Luther donna de l'épître en 1517-1518. Si He 2.3 est un argument très fort pour montrer que l'épître n'est pas de Paul, He 13.19 joue en sens contraire. En 1526, Luther a défini sa position : l'épître est d'un auteur inconnu qui utilise avec maîtrise les Ecritures. Calvin déclare qu'Hébreux fait indiscutablement partie des Ecritures apostoliques sans être pour autant une œuvre de saint Paul.

L'exégèse protestante connut par la suite une certaine diversité d'opinions. Plus attaché au témoignage de la tradition, le magistère catholique se soucia de défendre l'origine paulinienne de l'épître. Lors des discussions du début du XXe siècle, la Commission biblique romaine interdit aux catholiques de nier l'origine paulinienne, tout en admettant qu'on parlât de rédaction non paulinienne. Aujourd'hui, on entend origine paulinienne au sens large. Par exemple, Apollos aurait composé l'épître après le martyre de Paul.

De fait, nombreux sont les arguments qui s'opposent à l'authenticité paulinienne. L'allure générale d'Hébreux ne correspond pas du tout au tempérament de Paul : style paisible, composition régulière, personnalité effacée, différences dans le vocabulaire, les tournures employées et la façon même de concevoir le mystère du Christ. Les citations de l'A.T. sont toujours introduites comme « paroles » (il dit). L'auteur parle souvent de l'intronisation céleste du Christ, mais une seule fois de sa résurrection. Sa présentation du Christ grand prêtre est unique dans tout le N.T.

Cependant il y a sur plusieurs points une parenté très nette entre Hébreux et la doctrine de Paul :

1) la passion du Christ est présentée sous son aspect d'obéissance volontaire (He 5.8 et 10.9) ;

2) l'inefficacité de la Loi ancienne et son abrogation sont affirmées (He 7.11 et 10.1-10) ;

3) réciproquement c'est dans les épîtres pauliniennes que l'aspect sacrificiel et sacerdotal de la rédemption a été mis progressivement en lumière (voir Ga 2.20 et Ep 5.2,25) ;

4) entre la christologie d'Hébreux et celle des épîtres de la captivité, il y a des affinités : le Fils image de Dieu, son élévation au-dessus des anges, le nom qu'il reçoit à l'issue de son sacrifice.

Quant à déterminer plus précisément le nom de l'auteur, on n'y peut guère prétendre. On a proposé Luc, Clément de Rome, Barnabas. Luther met en avant celui d'Apollos, juif, d'éducation hellénistique à Alexandrie, connaisseur des Ecritures et orateur. Mais on ne peut vérifier cette hypothèse. Résignons-nous donc à ignorer le nom de l'auteur.

Le genre même de l'œuvre prête à contestation : on l'appelle couramment épître. Mais le corps de l'écrit ne contient aucun élément épistolaire. Il faut attendre les tout derniers versets pour que le ton change. On est donc amené à distinguer dans l'écrit que nous possédons, d'une part, un sermon destiné à être prononcé oralement (He 1.1 — 13.21) et, d'autre part, un court billet qui lui a été ajouté (He 13.22-25). Prononcé devant l'assemblée des fidèles, le sermon a été de surcroît envoyé par écrit à d'autres chrétiens.

Le titre « aux Hébreux » a été choisi au moment d'insérer l'écrit dans un recueil de plusieurs épîtres. Son sens n'est pas clair. Des commentateurs anciens en avaient déduit que les destinataires étaient d'origine juive, habitaient la Palestine et parlaient hébreu. Cette façon de voir n'est plus admise. Car le grec de l'épître est un excellent grec.

Bien des hypothèses ont été émises : les destinataires seraient des membres de la secte de Qumrân ou encore des gnostiques. Il en ressort que l'épître s'est nourrie d'un terreau très riche dans un milieu sensible à diverses influences et s'adresse à des communautés de fondation assez ancienne (He 5.12; 13.7). L'influence judéo-chrétienne semble en tout cas marquer profondément ces communautés (He 13.9).

La finale épistolaire évoque des circonstances que nous ne pouvons pas préciser. La date de la composition peut, elle aussi, être estimée de façon très diverse : très tôt avant les grandes épîtres de Paul, ou à la fin du Ier siècle et même au-delà. L'utilisation d'Hébreux par Clément de Rome, vers 95, exclut une datation trop tardive. On peut penser aux années qui précédèrent la destruction du temple de Jérusalem, survenue en 70.

Le genre littéraire de l'Epître aux Hébreux lui assure une notable indépendance par rapport aux événements particuliers. Une étude précise de la composition met en évidence une technique de composition très ferme dont les procédés (inclusions, mots-crochets, symétries) se rattachent à des traditions littéraires bibliques. On peut ainsi reconnaître une structure en cinq parties annoncées par l'auteur.

1) Dans une première partie (He 1.5 — 2.18), l'auteur s'attache à définir la position du Christ par rapport à Dieu (He 1.5-14) et par rapport aux hommes (He 2.5-18). Ce développement aboutit à l'affirmation du sacerdoce du Christ (He 2.17).

2) Une deuxième partie (He 3.1 — 5.10) montre deux traits fondamentaux du sacerdoce du Christ: Le Christ est accrédité auprès de Dieu (He 3.1-6) et il est solidaire des hommes (He 4.15 — 5.10).

3) La troisième partie (He 5.11 — 10.39) met en lumière les traits spécifiques du sacerdoce du Christ: grand prêtre d'un genre nouveau (He 7.1-28) ; son sacrifice personnel diffère des rites anciens et ouvre l'accès au vrai sanctuaire (He 8.1 — 9.28) par un pardon définitif des péchés (He 10.1-18).

4) Une quatrième partie (He 11.1 — 12.13) insiste sur deux aspects: la foi, à l'exemple des anciens (He 11.1-40), et l'endurance nécessaire (He 12.1-13).

5) La dernière partie (He 12.14 — 13.18) brosse un tableau de l'existence chrétienne.

L'apport doctrinal de l'Epître aux Hébreux consiste avant tout dans sa présentation sacerdotale du mystère du Christ.

Pour que soit pleinement révélé le caractère sacrificiel de la passion et de la résurrection du Christ, un double dépassement est nécessaire : il faut, d'une part, qu'éclate l'étroitesse des conceptions traditionnelles, attachées à l'exécution des rites et, d'autre part, que soit reconnu, au-delà des apparences, le sens profond de l'événement. Avec l'Epître aux Hébreux, l'affirmation arrive à ce résultat par une comparaison avec les rites anciens et les sacrifices d'animaux.

Dans le Christ glorifié à l'issue de sa passion, l'auteur reconnaît le parfait accomplissement du sacerdoce : Fils de Dieu, Frère des hommes, le Christ glorieux assure aux hommes l'accès auprès de Dieu. Selon le Ps 110, Dieu voulait susciter un prêtre d'un genre nouveau « dans la ligne de Melkisédeq » (He 7.1-28). La mort et la glorification du Christ constituent le seul véritable sacrifice (He 9.9 ; 10.1-4). La mort du Christ, offrande personnelle parfaite (He 9.14), prend l'homme tout entier et le soumet entièrement à la volonté de Dieu (He 5.8 ; 10.9-10). Elle le renouvelle de fond en comble et l'établit dans l'intimité de Dieu.

Elle se définit avant tout par cette mise en relation sacerdotale avec Dieu : Nous avons un grand prêtre (He 8.1 ; 10.21 ; 9.12 ; 7.25 ; 9.24). Il nous a ouvert le chemin: à sa suite, nous sommes invités à nous approcher de Dieu en toute confiance (He 4.16 ; 7.19 ; 10.22) ; le péché est aboli (He 9.26 ; 10.12); l'ennemi vaincu (He 2.14) ; la libération définitive obtenue (He 2.15; 9.12). Les chrétiens ont part dès maintenant aux biens du monde à venir (He 6.4-5 ; 12.28). Dans ce monde terrestre, ils attendent la cité à venir (He 13.14) et la seconde apparition de leur Sauveur (He 9.28). Ils perçoivent la proximité du jour (He 10.25,37), mais ne jouissent pas encore de toute sa lumière.

Leur relation avec Dieu par le Christ est réelle et étroite, mais elle leur est donnée dans la foi. Dans sa façon de parler de la foi, l'auteur unit deux points de vue assez différents, l'un plus intellectuel, qui précise le contenu de la foi (He 11.1b,3,6), l'autre plus existentiel, qui montre le dynamisme de la foi et la rapproche de l'espérance (He 11.1a,8-10).

C'est d'ailleurs ce que l'on peut observer en d'autres développements. Dans le culte ancien, l'auteur montre à la fois le reflet de l'immuable réalité céleste (He 8.5; 9.24) et la préfiguration d'un événement « à venir », le sacrifice du Christ, dont la portée est eschatologique (He 9.7-12). Cette jonction paradoxale de deux perspectives qu'on pourrait croire inconciliables manifeste assurément la pénétration de son esprit, mais aussi et surtout la profondeur de sa foi.

L'auteur montre que la foi est riche en œuvres et que tout ce qui s'est réalisé de valable dans l'Ancien Testament avait la foi pour base. Dans la situation d'épreuve où nous sommes, notre foi doit se doubler d'endurance (He 6.12 ; 10.36 ; 12.1-13). Si le Christ a pris sur lui la souffrance et la mort humaines et en a fait le chemin de sa gloire (He 2.9) et de notre salut (He 5.8-9) c'est pour nous permettre de les affronter pleins d'espoir (He 12.2-3).

Bien qu'il insiste beaucoup sur la parfaite efficacité d'un seul sacrifice, celui du Christ, l'auteur n'hésite pas à présenter la vie chrétienne comme une offrande continuelle (He 13.15) de « sacrifices » (au pluriel: He 13.16). A l'exemple du sacrifice du Christ, et en union avec lui, le chrétien ne met pas le culte à côté de sa vie, mais il s'unit à Dieu par son existence réelle. L'auteur rappelle la nécessité de la cohésion entre chrétiens : sollicitude des uns pour les autres (He 3.12 ; 4.1,11 ; 10.24 ; 12.15), assiduité aux assemblées chrétiennes (He 10.25), obéissance aux dirigeants (He 13.17). Il fait comprendre toute l'importance qu'il reconnaît à la prédication (He 2.1,3 ; 4.2 ; 5.11; 13.7) et à la liturgie chrétiennes (He 6.4 ; 10.19-22,29).

Mieux peut-être qu'aucun autre écrit du Nouveau Testament, l'Epître aux Hébreux montre comment les Ecritures anciennes se sont accomplies dans le Christ et elle révèle l'ensemble des apports qui définissent cet accomplissement chrétien. L'exemple le plus significatif est celui du sacrifice du Christ: en un sens, la mort du Christ en croix est la négation même du culte ancien ; elle paraît sans rapport avec lui. Un regard attentif découvre cependant une profonde continuité : d'un côté comme de l'autre, une offrande est présentée à Dieu, qui va jusqu'à l'effusion du sang et qui vise à obtenir le pardon des péchés. Mais quelle supériorité dans le cas du Christ! A l'immolation rituelle d'animaux succède un don personnel poussé à l'extrême, dans une obéissance parfaite envers Dieu et une solidarité totale avec les hommes.

Cet exemple est loin d'être le seul. D'un bout à l'autre de son œuvre, l'auteur confronte les promesses et leur réalisation, les préfigurations anciennes et leur accomplissement. Il a un sens aigu de la continuité du dessein de Dieu qui fait l'unité des deux Testaments, mais il ne se montre pas moins conscient de la nouveauté et du caractère final de la révélation apportée par le Christ.

S'il faut un certain effort pour aborder le texte de l'Epître aux Hébreux, cet effort ne tarde pas à être amplement récompensé. On perçoit dans cet écrit du Nouveau Testament un si intense désir d'entrer en communion avec Dieu, on y découvre une doctrine si profonde de la médiation du Christ et une compréhension si réelle des difficultés de l'existence humaine, qu'on ne se lasse plus de revenir à ces pages substantielles. Leur apport est sans doute, en notre temps, plus précieux que jamais. L'Epître aux Hébreux s'adresse en effet à des chrétiens désorientés et menacés de découragement. Elle indique le vrai remède à ce genre de mal: non pas de vagues exhortations moralisantes, mais un sérieux effort d'approfondissement dans la foi du Christ.

ÉPÎTRE AUX HÉBREUX

Dieu nous a parlé par son Fils

1 Après avoir, à bien des reprises et de bien des manières, parlé autrefois aux pères dans les prophètes, Dieu, [Ou à nos pères, les ancêtres du peuple israélite ; Rm 4.16-18 ; 11.17 ; 1 Co 10.1.]2 en la période finale où nous sommes, nous a parlé à nous en un Fils qu'il a établi héritier de tout, par qui aussi il a créé les mondes. [Les derniers temps Ez 38.16 ; Dn 2.28 ; 10.14 ; Mi 4.1 ; Ac 2.17 ; 1 Co 10.11 ; 1 P 1.20.
— Le Christ héritier Mt 21.38 ; 28.18 ; Ps 2.8 ; Gn 15.3-4 ; Si 44.21
— Le Christ associé à la création Jn 1.3 ; 1 Co 8.6 ; Col 1.16 (voir Pr 8.27-31 ; Sg 7.21 ; 9.9).]
3 Ce Fils est resplendissement de sa gloire et expression de son être et il porte l'univers par la puissance de sa parole. Après avoir accompli la purification des péchés, il s'est assis à la droite de la Majesté dans les hauteurs, [image de Dieu 2 Co 4.4 ; Col 1.15.
— Le Christ assis à la droite de Dieu Ps 110.1 (Mt 22.44).
— La droite est le côté honorifique.
— Majesté : un des titres de Dieu, adopté par les Juifs pour n'avoir pas à prononcer son nom.]
4 devenu d'autant supérieur aux anges qu'il a hérité d'un nom bien différent du leur. [le nom Ep 1.21 ; Ph 2.9.]

Le Fils de Dieu supérieur aux anges

5 Auquel des anges, en effet, a-t-il jamais dit :
Tu es mon fils,
moi, aujourd'hui, je t'ai engendré ?
et encore :
Moi, je serai pour lui un père
et lui sera pour moi un fils ? [v.5a : Ps 2.7.
— le Christ Fils Ac 13.33 ; He 5.5.
— v.5b : 2 S 7.14 ; 1 Ch 17.13.]

6 Par contre, lorsqu'il introduit le premier-né dans le monde, il dit :
Et que se prosternent devant lui tous les anges de Dieu. [Dt 32.43 (grec).
— premier-né Col 1.18. — le monde : voir He 2.5 où le même terme grec désigne le monde à venir.]

7 Pour les anges, il a cette parole :
Celui qui fait de ses anges des esprits
et de ses serviteurs une flamme de feu. [Ps 104.4.]

8 Mais pour le Fils, celle-ci :
Ton trône, Dieu, est établi à tout jamais ! et :
Le sceptre de la droiture est sceptre de ton règne. [Ou son règne.
— v. 8-9 : Ps 45.7-8.]

9 Tu aimas la justice et détestas l'iniquité,
c'est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu te donna l'onction
d'une huile d'allégresse, de préférence à tes compagnons.

10 Et encore :
C'est toi qui, aux origines, Seigneur, fondas la terre,
et les cieux sont l'œuvre de tes mains.

11 Eux périront, mais toi, tu demeures.
Oui, tous comme un vêtement vieilliront

12 et comme on fait d'un manteau, tu les enrouleras,
comme un vêtement, oui, ils seront changés,
mais toi, tu es le même et tes années ne tourneront pas court. [Autre texte (voir Es 34.4) : tu les changeras.
— v. 10-12 : Ps 102.26-28.]

13 Et auquel des anges a-t-il jamais dit :
Siège à ma droite,
de tes ennemis, je vais faire ton marchepied ? [Ps 110.1 (Mt 22.44 ; He 10.13).]

14 Ne sont-ils pas tous des esprits remplissant des fonctions et envoyés en service pour le bien de ceux qui doivent recevoir en héritage le salut ?

Importance décisive du salut annoncé

2 Il s'ensuit que nous devons prendre plus au sérieux le message entendu, si nous ne voulons pas aller à la dérive. 2 Car si la parole annoncée par des anges entra en vigueur et si toute transgression et toute désobéissance reçurent une juste rétribution, [Selon une tradition rabbinique, la révélation de la Loi au Sinaï a été promulguée par des anges (Ga 3.19 ; Ac 7.53).
— rétribution He 10.29 ; 12.25.]
3 comment nous-mêmes échapperons-nous, si nous négligeons un pareil salut, qui commença à être annoncé par le Seigneur, puis fut confirmé pour nous par ceux qui l'avaient entendu, 4 et fut appuyé aussi du témoignage de Dieu par des signes et des prodiges, des miracles de toute sorte, et par des dons de l'Esprit Saint répartis selon sa volonté ! [Mc 16.17-18,20 ; Ac 5.12 ; Rm 15.19 ; 2 Co 12.12.]

Le Frère des hommes

5 Car ce n'est pas à des anges qu'il a soumis le monde à venir, dont nous parlons. L'attestation en fut donnée quelque part en ces termes :

6 Qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui ?
Ou le fils de l'homme pour que tu portes tes regards sur lui ?

7 Tu l'abaissas quelque peu par rapport aux anges ;
de gloire et d'honneur tu le couronnas ;

8 tu mis toutes choses sous ses pieds.
En lui soumettant toutes choses, il n'a rien laissé qui puisse lui rester insoumis. Or, en fait, nous ne voyons pas encore que tout lui ait été soumis, [v. 6-8 : Ps 8.5-7.
— Tout est soumis au Christ 1 Co 15.27 ; Ep 1.22 ; Ph 3.21.]
9 mais nous faisons une constatation : celui qui a été abaissé quelque peu par rapport aux anges, Jésus, se trouve, à cause de la mort qu'il a soufferte, couronné de gloire et d'honneur. Ainsi, par la grâce de Dieu, c'est pour tout homme qu'il a goûté la mort. [quelque peu : à un niveau un peu inférieur, ou bien pendant un peu de temps.
— abaissé et glorifié Ph 2.8-9.]

10 Il convenait, en effet, à celui pour qui et par qui tout existe et qui voulait conduire à la gloire une multitude de fils, de mener à l'accomplissement par des souffrances l'initiateur de leur salut. [celui par qui... : Dieu.
— Le Christ mené à l'accomplissement par sa passion Lc 13.32 ; He 5.9 ; 7.28.
— l'initiateur... : le Fils.]
11 Car le sanctificateur et les sanctifiés ont tous une même origine ; aussi ne rougit-il pas de les appeler frères [Mt 25.40 ; Mc 3.35 ; Jn 20.17.]12 et de dire :
J'annoncerai ton nom à mes frères,
au milieu de l'assemblée, je te louerai, [Ps 22.23.]

13 et encore :
Moi, je serai plein de confiance en lui, et encore :
Me voici, moi et les enfants que Dieu m'a donnés. [v.13a : 2 S 22.3 ; Es 8.17.
— v.13b : Es 8.18.]

14 Ainsi donc, puisque les enfants ont en commun le sang et la chair, lui aussi, pareillement, partagea la même condition, afin de réduire à l'impuissance, par sa mort, celui qui détenait le pouvoir de la mort, c'est-à-dire le diable, [Le Christ a partagé notre condition Rm 8.3 ; Ph 2.7 ; He 2.17.
— L'œuvre du diable Sg 2.24 ; 1 Jn 3.8.]
15 et de délivrer ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d'esclaves. 16 Car ce n'est pas à des anges qu'il vient en aide, mais c'est à la descendance d'Abraham. 17 Aussi devait-il en tous points se faire semblable à ses frères, afin de devenir un grand prêtre miséricordieux en même temps qu'accrédité auprès de Dieu pour effacer les péchés du peuple. [Lv 4.20,26,35 ; 16.6,10,11 donnent un aperçu des rites de purification opérés par le grand prêtre de l'ancienne alliance.
— Le Christ grand prêtre He 3.1 ; 4.14 ; 5.1 ; 6.20 ; 7.26 ; 8.1 ; He 9.11.]
18 Car puisqu'il a souffert lui-même l'épreuve, il est en mesure de porter secours à ceux qui sont éprouvés.

Jésus comparé à Moïse

3 Ainsi donc, frères saints, qui avez en partage une vocation céleste, considérez l'apôtre et le grand prêtre de notre confession de foi, Jésus. [apôtre : au sens étymologique d'envoyé.
— Jésus grand prêtre He 2.17.]
2 Il est accrédité auprès de celui qui l'a constitué, comme Moïse le fut dans toute sa maison. [constitué ou établi (dans sa fonction de grand prêtre).
— Moïse dans la maison de Dieu Nb 12.7.]
3 En fait, c'est une gloire supérieure à celle de Moïse qui lui revient, dans toute la mesure où le constructeur de la maison est plus honoré que la maison elle-même. 4 Toute maison, en effet, a son constructeur, et le constructeur de tout est Dieu. 5 Or Moïse fut accrédité dans toute sa maison comme serviteur en vue de garantir ce qui allait être dit, 6 mais Christ l'est comme Fils, et sur sa maison. Sa maison, c'est nous, si nous conservons la pleine assurance et la fierté de l'espérance. [Certains manuscrits ajoutent : fermement jusqu'à la fin (mots empruntés à He 3.14).]

L'entrée par la foi dans le repos de Dieu

7 C'est pourquoi, comme dit l'Esprit Saint :
Aujourd'hui, si vous entendez sa voix,

8 n'endurcissez pas vos cœurs comme au temps de l'exaspération,
au jour de la mise à l'épreuve dans le désert, [v. 7-11 : Ps 95.7-11.
— Episode de Massa et Mériba Ex 17.7.]

9 où vos pères me mirent à l'épreuve en cherchant à me sonder,
et ils virent mes œuvres 10 pendant quarante ans.
C'est pourquoi, je me suis emporté contre cette génération
et j'ai dit : Toujours leurs cœurs s'égarent ;
ces gens-là n'ont pas trouvé mes chemins,

11 car j'ai juré dans ma colère :
On verra bien s'ils entreront dans mon repos !

12 Prenez garde, frères, qu'aucun de vous n'ait un cœur mauvais que l'incrédulité détache du Dieu vivant, 13 mais encouragez-vous les uns les autres, jour après jour, tant que dure la proclamation de l'aujourd'hui, afin qu'aucun d'entre vous ne s'endurcisse, trompé par le péché. 14 Nous voici devenus, en effet, les compagnons du Christ, pourvu que nous tenions fermement jusqu'à la fin notre position initiale, 15 alors qu'il est dit :
Aujourd'hui, si vous entendez sa voix,
n'endurcissez pas vos cœurs comme au temps de l'exaspération.

16 Quels sont, en effet, ceux qui entendirent et qui provoquèrent l'exaspération ? N'est-ce pas tous ceux qui sortirent d'Egypte grâce à Moïse ? 17 Et contre qui s'est-il emporté pendant quarante ans ? N'est-ce pas contre ceux qui avaient péché, dont les cadavres tombèrent dans le désert ? 18 Et à qui jura-t-il qu'ils n'entreraient pas dans son repos, sinon à ces indociles ? [v. 11-18 : mission de reconnaissance en Canaan Nb 13.
— Manque de foi du peuple Nb 14.11 ; Dt 1.26.
— Interdiction d'entrer en Terre promise Nb 14.21-23.
— Leur mort dans le désert Nb 14.29,32 ; 1 Co 10.10.]
19 Et nous constatons qu'ils ne purent pas entrer à cause de leur incrédulité.

4 Craignons donc, alors que subsiste une promesse d'entrer dans son repos, craignons que quelqu'un d'entre vous ne soit convaincu d'être resté en retrait. 2 Car nous avons reçu la bonne nouvelle tout comme ces gens-là, mais la parole qu'ils avaient entendue ne leur fut d'aucun profit, car les auditeurs ne s'en sont pas pénétrés par la foi. [Autre texte : car ils n'ont pas fusionné par la foi avec les auditeurs de la parole.]

3 Nous qui sommes venus à la foi, nous entrons dans le repos, dont il a dit :
Car j'ai juré dans ma colère :
On verra bien s'ils entreront dans mon repos !
son ouvrage, assurément, ayant été réalisé dès la fondation du monde, 4 car on a dit du septième jour : Et Dieu se reposa le septième jour de tout son ouvrage, [Gn 2.2.]5 et de nouveau dans notre texte : s'ils entreront dans mon repos.

6 Ainsi donc, puisqu'il reste décidé que certains y entrent, et que les premiers à avoir reçu la bonne nouvelle n'y entrèrent pas à cause de leur indocilité, 7 il fixe de nouveau un jour, aujourd'hui, disant beaucoup plus tard, dans le texte de David déjà cité :
Aujourd'hui, si vous entendez sa voix,
n'endurcissez pas vos cœurs.

8 De fait, si Josué leur avait assuré le repos, il ne parlerait pas, après cela, d'un autre jour. [repos dans la Terre promise Jos 21.44 ; 22.4 ; 23.1.]9 Un repos sabbatique reste donc en réserve pour le peuple de Dieu. 10 Car celui qui est entré dans son repos s'est mis, lui aussi, à se reposer de son ouvrage, comme Dieu s'est reposé du sien. 11 Empressons-nous donc d'entrer dans ce repos, afin que le même exemple d'indocilité n'entraîne plus personne dans la chute. [Ou afin que personne ne tombe en donnant le même exemple d'indocilité]

12 Vivante, en effet, est la parole de Dieu, énergique et plus tranchante qu'aucun glaive à double tranchant. Elle pénètre jusqu'à diviser âme et esprit, articulations et mœlles. Elle passe au crible les mouvements et les pensées du cœur. [Ou jusqu'au point de division de l'âme et de l'esprit.
— le glaive de la parole Es 49.2 ; Sg 18.15,16 ; Ap 19.15.]
13 Il n'est pas de créature qui échappe à sa vue ; tout est nu à ses yeux, tout est subjugué par son regard. Et c'est à elle que nous devons rendre compte.

L'adhésion au Christ grand prêtre

14 Ayant donc un grand prêtre éminent, qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, tenons ferme la confession de foi. [grand prêtre He 2.17.]15 Nous n'avons pas, en effet, un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses ; il a été éprouvé en tous points à notre ressemblance, mais sans pécher. [He 2.17-18 ; 7.26 ; 9.14 ; Jn 8.46 ; 2 Co 5.21 ; 1 Jn 3.5.]16 Avançons-nous donc avec pleine assurance vers le trône de la grâce, afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être aidés en temps voulu.

Le Christ, grand prêtre compatissant

5 Tout grand prêtre, en effet, pris d'entre les hommes est établi en faveur des hommes pour leurs rapports avec Dieu. Son rôle est d'offrir des dons et des sacrifices pour les péchés. [le prêtre s'approche de Dieu Ex 28.43 ; 29.30 ; Nb 18.1-7.
— il enseigne la Loi Dt 33.10 ; Lv 10.11 ; Ml 2.7.
— il offre le sacrifice Lv 1 ; 4 ; 9 etc.]
2 Il est capable d'avoir de la compréhension pour ceux qui ne savent pas et s'égarent, car il est, lui aussi, atteint de tous côtés par la faiblesse [compréhension pour la faiblesse He 2.17-18 ; 4.15.
— Péché d'ignorance Nb 15.22-31 ; Lc 23.34 ; Ac 3.17.]
3 et, à cause d'elle, il doit offrir, pour lui-même aussi bien que pour le peuple, des sacrifices pour les péchés. [Lv 9.7-8 ; 16.6,11 ; He 7.27.]4 On ne s'attribue pas à soi-même cet honneur, on le reçoit par appel de Dieu, comme ce fut le cas pour Aaron. [Ex 28.1 ; Nb 16.]

5 C'est ainsi que le Christ non plus ne s'est pas attribué à lui-même la gloire de devenir grand prêtre ; il l'a reçue de celui qui lui a dit : Tu es mon fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré, [Ps 2.7 (He 1.5).]6 conformément à cette autre parole : Tu es prêtre pour l'éternité à la manière de Melkisédeq. [Ps 110.4 (He 6.20 ; 7.17).]7 C'est lui qui, au cours de sa vie terrestre, offrit prières et supplications avec grand cri et larmes à celui qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de sa soumission. 8 Tout Fils qu'il était, il apprit par ses souffrances l'obéissance, [Mt 26.36-46 par. ; Ph 2.8.]9 et, conduit jusqu'à son propre accomplissement, il devint pour tous ceux qui lui obéissent cause de salut éternel, [Ou rendu parfait.
— accomplissement He 2.10.]
10 ayant été proclamé par Dieu grand prêtre à la manière de Melkisédeq.

Vers un approfondissement de la vie chrétienne

11 Sur ce sujet, nous avons bien des choses à dire et leur explication s'avère difficile, car vous êtes devenus lents à comprendre. 12 Vous devriez être, depuis le temps, des maîtres et vous avez de nouveau besoin qu'on vous enseigne les tout premiers éléments des paroles de Dieu. Vous en êtes arrivés au point d'avoir besoin de lait, non de nourriture solide. [1 Co 2.14-15 ; 3.1-3 ; 1 P 2.2.]13 Quiconque en est encore au lait ne peut suivre un raisonnement sur ce qui est juste, car c'est un bébé. 14 Les adultes, par contre, prennent de la nourriture solide, eux qui, par la pratique, ont les sens exercés à discerner ce qui est bon et ce qui est mauvais.

6 Ainsi donc, laissons l'enseignement élémentaire sur le Christ pour nous élever à une perfection d'adulte, sans revenir sur les données fondamentales : repentir des œuvres mortes et foi en Dieu, [He 9.14 ; Rm 8.6,13 ; Ep 5.11 ; Ga 5.19.]2 doctrine des baptêmes et imposition des mains, résurrection des morts et jugement définitif. [baptêmes : ce pluriel peut désigner soit les rites d'ablution pratiqués par les Juifs et les païens, soit l'ensemble des actes accompagnant le baptême chrétien, soit conjointement le baptême de Jean et le baptême chrétien (Ac 18.25 ; 19.1).
— imposition des mains Ac 8.17 ; 19.6 ; 1 Tm 4.14 ; 5.22.]
3 Voilà ce que nous allons faire, si du moins Dieu le permet.

4 Il est impossible, en effet, que des hommes qui un jour ont reçu la lumière, ont goûté au don céleste, ont eu part à l'Esprit Saint, [He 10.32 ; Ep 1.18 ; 5.14.]5 ont savouré la parole excellente de Dieu et les forces du monde à venir, 6 et qui pourtant sont retombés, — il est impossible qu'ils trouvent une seconde fois le renouveau, en remettant sur la croix le Fils de Dieu pour leur conversion et en l'exposant aux injures. [Péché impardonnable He 10.26 ; Mt 12.31 ; 1 Jn 5.16.]

7 Lorsqu'une terre boit les fréquentes ondées qui tombent sur elle et produit une végétation utile à ceux qui la font cultiver, elle reçoit de Dieu sa part de bénédiction. 8 Mais produit-elle épines et chardons, elle est jugée sans valeur, bien près d'être maudite, et finira par être brûlée.

9 Quant à vous, bien-aimés, nous sommes convaincus, tout en parlant ainsi, que vous êtes du bon côté, celui du salut. 10 Dieu, en effet, n'est pas injuste ; il ne peut oublier votre activité et l'amour que vous avez montré à l'égard de son nom en vous mettant au service des saints dans le passé, et encore dans le présent. [saints Ex 19.5-6 ; Rm 1.7 ; 12.13 ; 15.25 ; 16.2 ; 1 P 1.16 ; 2.9.]11 Mais notre désir est que chacun de vous montre la même ardeur à porter l'espérance à son épanouissement jusqu'à la fin, 12 sans ralentir votre effort, mais en imitant ceux qui, par la foi et la persévérance, reçoivent l'héritage des promesses.

Promesse de Dieu et espérance

13 Lorsque Dieu fit sa promesse à Abraham, comme il n'avait personne de plus grand par qui jurer, il jura par lui-même 14 et dit :
Oui, de bénédictions je te comblerai,
une immense expansion je te donnerai. [Gn 22.17 (grec) ; Si 44.21 ; He 11.12.]

15 Ayant alors persévéré, Abraham vit se réaliser la promesse. [persévérance dans la foi Rm 4.20.
— L'objet de la promesse He 11.9,13,33,39.]
16 Les hommes jurent par plus grand qu'eux-mêmes, et pour mettre un terme à toute contestation, ils recourent à la garantie du serment. 17 En ce sens, Dieu, voulant bien davantage montrer aux héritiers de la promesse le caractère irrévocable de sa décision, intervint par un serment. 18 Ainsi, deux actes irrévocables, dans lesquels il ne peut y avoir de mensonge de la part de Dieu, nous apportent un encouragement puissant, à nous qui avons tout laissé pour saisir l'espérance proposée. [deux actes : la promesse et le serment.
— Dieu ne ment pas Nb 23.19 ; 1 S 15.29.]
19 Elle est pour nous comme une ancre de l'âme, bien fermement fixée, qui pénètre au-delà du voile, [Allusion au voile qui, dans le temple de Jérusalem, isolait le Saint des Saints, lieu de la présence de Dieu (He 9.3). Il s'agit ici du sanctuaire céleste ; He 10.20 ; Lv 16.2-3,12,15.]20 là où est entré pour nous, en précurseur, Jésus, devenu grand prêtre pour l'éternité à la manière de Melkisédeq.

Melkisédeq

7 Ce Melkisédeq, roi de Salem, prêtre du Dieu Très-Haut, est allé à la rencontre d'Abraham, lorsque celui-ci revenait du combat contre les rois, et l'a béni. [Gn 14.17-20.]2 C'est à lui qu'Abraham remit la dîme de tout. D'abord, il porte un nom qui se traduit « roi de justice », et ensuite, il est aussi roi de Salem, c'est-à-dire roi de paix. [roi de justice est le sens étymologique de Melkisédeq.
— Salem signifie paix et désigne Jérusalem, ville de la paix.]
3 Lui qui n'a ni père, ni mère, ni généalogie, ni commencement pour ses jours, ni fin pour sa vie, mais qui est assimilé au Fils de Dieu reste prêtre à perpétuité. [Gn 14 ne parle ni de l'ascendance, ni de la naissance, ni de la mort de Melkisédeq. Certaines tendances du judaïsme considéraient Melkisédeq comme un être divin, une sorte de Sauveur céleste.]

4 Contemplez la grandeur de ce personnage, à qui Abraham a donné en dîme la meilleure part du butin, lui, le patriarche. 5 Or, ceux des fils de Lévi qui reçoivent le sacerdoce ont ordre, de par la loi, de prélever la dîme sur le peuple, c'est-à-dire sur leurs frères, qui sont pourtant des descendants d'Abraham. [loi de la dîme Nb 18.21.]6 Mais lui, qui ne figure pas dans leurs généalogies, a soumis Abraham à la dîme et a béni le titulaire des promesses. 7 Or sans aucune contestation, c'est l'inférieur qui est béni par le supérieur. 8 Et ici, ceux qui perçoivent la dîme sont des hommes qui meurent, là c'est quelqu'un dont on atteste qu'il vit. 9 Et pour tout dire, en la personne d'Abraham, même Lévi, qui perçoit la dîme, a été soumis à la dîme. 10 Car il était encore dans les reins de son ancêtre, lorsque eut lieu la rencontre avec Melkisédeq. [Siège de la vigueur physique, les reins étaient censés contenir à l'avance toute la postérité d'un homme (Gn 35.11 ; 1 R 8.19).]

Grand prêtre à la manière de Melkisédeq

11 Si on était parvenu à un parfait accomplissement par le sacerdoce lévitique, car il était la base de la législation donnée au peuple, quel besoin y aurait-il eu encore de susciter un autre prêtre, dans la ligne de Melkisédeq, au lieu de le désigner dans la ligne d'Aaron ? 12 Car un changement de sacerdoce entraîne forcément un changement de loi. 13 Et celui que vise le texte cité fait partie d'une tribu dont aucun membre n'a été affecté au service de l'autel. 14 Il est notoire, en effet, que notre Seigneur est issu de Juda, d'une tribu pour laquelle Moïse n'a rien dit dans ses textes sur les prêtres. [Par l'intermédiaire de David (Lc 1.32 ; Mt 9.27 ; Rm 1.3 ; 2 Tm 2.8), lui-même descendant de Juda (Mt 1.2 ; Lc 3.33 ; Ap 5.5).]15 Et l'évidence est plus grande encore si l'autre prêtre suscité ressemble à Melkisédeq, 16 et n'accède pas à la prêtrise en vertu d'une loi de filiation humaine, mais en vertu de la puissance d'une vie indestructible. 17 Ce témoignage, en effet, lui est rendu :
Tu es prêtre pour l'éternité
à la manière de Melkisédeq. [Ps 110.4 (He 5.6 ; 6.20).]

18 De fait, on a là, d'une part, l'abrogation du précepte antérieur en raison de sa déficience et de son manque d'utilité, 19 car la loi n'a rien mené à l'accomplissement, et, d'autre part, l'introduction d'une espérance meilleure, par laquelle nous approchons de Dieu.

20 Et dans la mesure où cela ne s'est pas réalisé sans prestation de serment — car s'il n'y a pas eu prestation de serment pour le sacerdoce des autres, 21 pour lui il y a eu le serment prononcé par celui qui a dit à son intention : Le Seigneur l'a juré et il ne reviendra pas sur cela : Tu es prêtre pour l'éternité — , 22 dans cette mesure, c'est d'une meilleure alliance que Jésus est devenu le garant. [meilleure alliance He 8.6.]23 De plus, les autres sont nombreux à être devenus prêtres, puisque la mort les empêchait de rester ; 24 mais lui, puisqu'il demeure pour l'éternité, possède un sacerdoce exclusif. 25 Et c'est pourquoi il est en mesure de sauver d'une manière définitive ceux qui, par lui, s'approchent de Dieu, puisqu'il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur. [Rm 8.34 ; 1 Jn 2.1.]26 Et tel est bien le grand prêtre qui nous convenait, saint, innocent, immaculé, séparé des pécheurs, élevé au-dessus des cieux. [le grand prêtre He 2.17.]27 Il n'a pas besoin, comme les autres grands prêtres, d'offrir chaque jour des sacrifices, d'abord pour ses propres péchés, puis pour ceux du peuple. Cela, il l'a fait une fois pour toutes en s'offrant lui-même. [He 5.3.]28 Alors que la loi établit grands prêtres des hommes qui restent déficients, la parole du serment qui intervient après la loi établit un Fils qui, pour l'éternité, est arrivé au parfait accomplissement. [Faiblesse du prêtre He 5.2.]

Notre grand prêtre et le culte terrestre

8 Or, point capital de notre exposé, c'est bien un tel grand prêtre que nous avons, lui qui s'est assis à la droite du trône de la Majesté dans les cieux, [assis à la droite Mt 22.44.
— la Majesté : voir He 1.3 et la note.]
2 comme ministre du vrai sanctuaire et de la véritable tente dressée par le Seigneur et non par un homme. [la véritable tente He 9.11.
— sanctuaire He 9.24.]
3 Tout grand prêtre est établi pour offrir des dons et des sacrifices ; d'où la nécessité pour lui aussi d'avoir quelque chose à offrir. 4 Si le Christ était sur la terre, il ne serait pas même prêtre, la place étant prise par ceux qui offrent les dons conformément à la loi ; 5 mais leur culte, ils le rendent à une image, à une esquisse des réalités célestes, selon l'avertissement divin reçu par Moïse pour construire la tente :
Vois, lui est-il dit,
tu feras tout d'après le modèle qui t'a été montré sur la montagne. [Ou à une figure. Voir Ex 25.40 : le sanctuaire terrestre construit par Moïse d'après le modèle qui lui fut montré sur la montagne n'était qu'une copie, nécessairement déficiente, de l'habitation de Dieu. Vois, lui est-il dit,]

6 En réalité, c'est un ministère bien supérieur qui lui revient, car il est médiateur d'une bien meilleure alliance, dont la constitution repose sur de meilleures promesses.

Annonce du changement d'alliance

7 Si, en effet, cette première alliance avait été sans reproche, il ne serait pas question de la remplacer par une seconde. [Celle conclue au Sinaï (Ex 24.3-8).]8 En fait, c'est bien un reproche qu'il leur adresse :
Voici : des jours viennent, dit le Seigneur,
où je conclurai avec la maison d'Israël
et avec la maison de Juda une alliance nouvelle, [v. He 8.8-12 : Jr 31.31-34.
— nouvelle alliance Lc 22.20 ; 1 Co 11.25 ; 2 Co 3.6 ; He 8.13 ; 9.15 ; He 12.24.]

9 non pas comme l'alliance que je fis avec leurs pères
le jour où je les pris par la main
pour les mener hors du pays d'Egypte.
Parce qu'eux-mêmes ne se sont pas maintenus dans mon alliance,
moi aussi je les ai délaissés, dit le Seigneur.

10 Car voici l'alliance par laquelle je m'allierai avec la maison d'Israël
après ces jours-là, dit le Seigneur :
en donnant mes lois,
c'est dans leur pensée et dans leurs cœurs que je les inscrirai.
Je deviendrai leur Dieu,
ils deviendront mon peuple.

11 Chacun d'eux n'aura plus à enseigner son compatriote
ni son frère en disant : Connais le Seigneur !
car tous me connaîtront,
du plus petit jusqu'au plus grand,

12 parce que je serai indulgent pour leurs fautes
et de leurs péchés, je ne me souviendrai plus. [Pardon des péchés He 10.17-18.]

13 En parlant d'une alliance nouvelle, il a rendu ancienne la première ; or ce qui devient ancien et qui vieillit est près de disparaître.

Le culte ancien

9 La première alliance avait donc un rituel pour le culte et un temple terrestre. 2 En effet, une tente fut installée, une première tente appelée le Saint, où étaient le chandelier, la table et les pains d'offrande. [la tente Ex 26.1-30.
— le chandelier Ex 25.31-40.
— la table des pains Ex 25.23-30.]
3 Puis, derrière le second voile, se trouvait une tente, appelée Saint des Saints, [le Saint des Saints Ex 26.31-33.]4 avec un brûle-parfum en or et l'arche de l'alliance toute recouverte d'or ; dans celle-ci un vase d'or qui contenait la manne, le bâton d'Aaron qui avait fleuri et les tables de l'alliance. [le brûle-parfum Ex 30.1-6.
— l'arche Ex 25.10-16.
— l'urne pour la manne Ex 16.32-34.
— les tables de l'alliance Ex 25.16 ; 40.20 ; Dt 10.3-5 ; 1 R 8.9.]
5 Au-dessus de l'arche, les chérubins de gloire couvraient de leur ombre le propitiatoire. Mais il n'y a pas lieu d'entrer ici dans les détails. [les chérubins et le propitiatoire Ex 25.17-22.]6 L'ensemble étant ainsi installé, les prêtres, pour accomplir leur service, rentrent en tout temps dans la première tente. [Nb 18.2-6.]7 Mais, dans la seconde, une seule fois par an, seul entre le grand prêtre, et encore, ce n'est pas sans offrir du sang pour ses manquements et pour ceux du peuple. [Lv 16.2,12,15.]8 Le Saint Esprit a voulu montrer ainsi que le chemin du sanctuaire n'est pas encore manifesté, tant que subsiste la première tente. 9 C'est là un symbole pour le temps présent : des offrandes et des sacrifices y sont offerts, incapables de mener à l'accomplissement, en sa conscience, celui qui rend le culte. [Impuissance des sacrifices He 10.1-4,11.]10 Fondés sur des aliments, des boissons et des ablutions diverses, ce ne sont que rites humains, admis jusqu'au temps du relèvement. [Le temps de la nouvelle alliance.]

Le sacrifice du Christ

11 Mais Christ est survenu, grand prêtre des biens à venir. C'est par une tente plus grande et plus parfaite, qui n'est pas œuvre des mains — c'est-à-dire qui n'appartient pas à cette création-ci — , [Autre texte : des biens arrivés.
— le Christ grand prêtre He 2.17.]
12 et par le sang, non pas des boucs et des veaux, mais par son propre sang, qu'il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire et qu'il a obtenu une libération définitive. [He 9.26 ; 10.10.]13 Car si le sang de boucs et de taureaux et si la cendre de génisse répandue sur les êtres souillés les sanctifient en purifiant leur corps, [purification par le sang Lv 16.14-16.
— la cendre de génisse Nb 19.9,17-19.]
14 combien plus le sang du Christ, qui, par l'esprit éternel, s'est offert lui-même à Dieu comme une victime sans tache, purifiera-t-il notre conscience des œuvres mortes pour servir le Dieu vivant. [He 10.19 ; 1 P 1.18-19 ; 1 Jn 1.7.]

L'alliance scellée par le sang

15 Voilà pourquoi il est médiateur d'une alliance nouvelle, d'un testament nouveau ; sa mort étant intervenue pour le rachat des transgressions commises sous la première alliance, ceux qui sont appelés peuvent recevoir l'héritage éternel déjà promis. [Le texte original n'a qu'un seul mot pour désigner à la fois l'alliance et le testament.
— alliance nouvelle He 8.8-12.]
16 Car là où il y a testament, il est nécessaire que soit constatée la mort du testateur. 17 Un testament ne devient valide qu'en cas de décès ; il n'a pas d'effet tant que le testateur est en vie. 18 Aussi la première alliance elle-même n'a-t-elle pas été inaugurée sans effusion de sang. 19 Lorsque Moïse eut proclamé à tout le peuple chaque commandement conformément à la loi, il prit le sang des veaux et des boucs, puis de l'eau, de la laine écarlate et de l'hysope, et il en aspergea le livre lui-même et tout le peuple, 20 en disant : Ceci est le sang de l'alliance que Dieu a ordonnée pour vous ; [v. He 9.19-20 : conclusion de l'alliance
Ex 24.3-8.
— le sang de l'alliance Za 9.11 ; Mt 26.28 ; 1 Co 11.25 ; He 10.29 ; He 12.24 ; 13.20.
— l'hysope Lv 14.4 ; Nb 19.6.
— L'auteur a rapproché Ex 24.8 des paroles de la Cène en remplaçant voici par ceci (Mt 26.68 ; Mc 14.24).]
21 puis il aspergea aussi avec le sang la tente et tous les ustensiles du culte, 22 et c'est avec du sang que, d'après la loi, on purifie presque tout, et sans effusion de sang, il n'y a pas de pardon. [Lv 17.11 ; Nb 35.33.]23 Si donc les images de ce qui est dans les cieux sont purifiées par ces rites, il est nécessaire que les réalités célestes elles-mêmes le soient par des sacrifices bien meilleurs.

L'entrée du Christ au ciel

24 Ce n'est pas, en effet, dans un sanctuaire fait de main d'homme, simple copie du véritable, que Christ est entré, mais dans le ciel même, afin de paraître maintenant pour nous devant la face de Dieu. 25 Et ce n'est pas afin de s'offrir lui-même à plusieurs reprises, comme le grand prêtre qui entre chaque année dans le sanctuaire avec du sang étranger. 26 Car alors il aurait dû souffrir à plusieurs reprises depuis la fondation du monde. En fait, c'est une seule fois, à la fin des temps, qu'il a été manifesté pour abolir le péché par son propre sacrifice. 27 Et comme le sort des hommes est de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement, 28 ainsi le Christ fut offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude et il apparaîtra une seconde fois, sans plus de rapport avec le péché, à ceux qui l'attendent pour le salut. [les péchés de la multitude
Es 53.12 ; 1 P 2.24.
— le Christ attendu 1 Th 1.10 ; Ph 3.20 ; 2 Tm 4.8.]

L'unique sacrifice efficace

10 Ne possédant que l'esquisse des biens à venir et non l'expression même des réalités, la loi est à jamais incapable, malgré les sacrifices, toujours les mêmes, offerts chaque année indéfiniment, de mener à l'accomplissement ceux qui viennent y prendre part. [la loi de Moïse.
— à l'accomplissement : ou à la perfection.
— Insuffisance des sacrifices Est 1.11-13 ; Jr 6.20 ; 7.22 ; Os 6.6 ; Am 5.21-25 ; Mi 6.6-8.]
2 Sinon, n'aurait-on pas cessé de les offrir pour la simple raison que, purifiés une bonne fois, ceux qui rendent ainsi leur culte n'auraient plus eu conscience d'aucun péché ? 3 Mais, en fait, par ces sacrifices, on remet les péchés en mémoire chaque année.

4 Car il est impossible que du sang de taureaux et de boucs enlève les péchés. 5 Aussi, en entrant dans le monde, le Christ dit :
De sacrifice et d'offrande, tu n'as pas voulu,
mais tu m'as façonné un corps.

6 Holocaustes et sacrifices pour le péché
ne t'ont pas plu.

7 Alors j'ai dit :
Me voici, car c'est bien de moi
qu'il est écrit dans le rouleau du livre :
Je suis venu, ô Dieu, pour faire ta volonté. [v. He 10.5-7 ; Ps 40.7-9 (grec).]

8 Il déclare tout d'abord :
Sacrifices, offrandes, holocaustes, sacrifices pour le péché,
tu n'en as pas voulu, ils ne t'ont pas plu.
Il s'agit là, notons-le, des offrandes prescrites par la loi.

9 Il dit alors :
Voici, je suis venu pour faire ta volonté.
Il supprime le premier culte pour établir le second. 10 C'est dans cette volonté que nous avons été sanctifiés par l'offrande du corps de Jésus Christ, faite une fois pour toutes.

11 Et tandis que chaque prêtre se tient chaque jour debout pour remplir ses fonctions et offre fréquemment les mêmes sacrifices, qui sont à jamais incapables d'enlever les péchés, [Sacrifice quotidien Ex 29.38.]12 lui, par contre, après avoir offert pour les péchés un sacrifice unique, siège pour toujours à la droite de Dieu [la droite : voir He 1.3 et note.
— v. He 10.12-13 : Ps 110.1 (Mt 22.44).]
13 et il attend désormais que ses ennemis en soient réduits à lui servir de marchepied. 14 Par une offrande unique, en effet, il a mené pour toujours à l'accomplissement ceux qu'il sanctifie. 15 C'est ce que l'Esprit Saint nous atteste, lui aussi. Car après avoir dit :

16 Voici l'alliance par laquelle je m'allierai avec eux après ces jours-là,
le Seigneur a déclaré :
En donnant mes lois,
c'est dans leurs cœurs et dans leur pensée que je les inscrirai,

17 et de leurs péchés et de leurs iniquités je ne me souviendrai plus. [v. He 10.16-17 : Jr 31.31-34 (He 8.10-12).]

18 Or, là où il y a eu pardon, on ne fait plus d'offrande pour le péché.

Appel à une vie chrétienne généreuse

19 Nous avons ainsi, frères, pleine assurance d'accéder au sanctuaire par le sang de Jésus. [He 9.12,14.]20 Nous avons là une voie nouvelle et vivante, qu'il a inaugurée à travers le voile, c'est-à-dire par son humanité. 21 Et nous avons un prêtre éminent établi sur la maison de Dieu. 22 Approchons-nous donc avec un cœur droit et dans la plénitude de la foi, le cœur purifié de toute faute de conscience et le corps lavé d'une eau pure ; [Ez 36.25 ; Ep 5.26.]23 sans fléchir, continuons à affirmer notre espérance, car il est fidèle, celui qui a promis. 24 Veillons les uns sur les autres, pour nous exciter à la charité et aux œuvres bonnes. 25 Ne désertons pas nos assemblées, comme certains en ont pris l'habitude, mais encourageons-nous et cela d'autant plus que vous voyez s'approcher le Jour.

26 Car si nous péchons délibérément après avoir reçu la pleine connaissance de la vérité, il ne reste plus pour les péchés aucun sacrifice, 27 mais seulement une attente terrible du jugement et l'ardeur d'un feu qui doit dévorer les rebelles. 28 Quelqu'un viole-t-il la loi de Moïse ? Sans pitié, sur la déposition de deux ou trois témoins, c'est pour lui la mort. [Dt 17.6 ; 19.15 ; Mt 18.16 ; 2 Co 13.1 ; 1 Tm 5.19.]29 Quelle peine plus sévère encore ne méritera-t-il pas, vous le pensez, celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura profané le sang de l'alliance dans lequel il a été sanctifié, et qui aura outragé l'Esprit de la grâce ? [le sang de l'alliance He 9.20.]30 Nous le connaissons, en effet, celui qui a dit :
A moi la vengeance, c'est moi qui rétribuerai !
Et encore :
Le Seigneur jugera son peuple. [Dt 32.35-36 (Rm 12.19).]

31 Il est terrible de tomber aux mains du Dieu vivant.

32 Mais souvenez-vous de vos débuts : à peine aviez-vous reçu la lumière que vous avez enduré un lourd et douloureux combat, [He 6.4.]33 ici, donnés en spectacle sous les injures et les persécutions ; là, devenus solidaires de ceux qui subissaient de tels traitements. 34 Et, en effet, vous avez pris part à la souffrance des prisonniers et vous avez accepté avec joie la spoliation de vos biens, vous sachant en possession d'une fortune meilleure et durable. 35 Ne perdez pas votre assurance, elle obtient une grande récompense. 36 C'est d'endurance, en effet, que vous avez besoin, pour accomplir la volonté de Dieu et obtenir ainsi la réalisation de la promesse.

37 Car encore si peu, si peu de temps,
et celui qui vient sera là, il ne tardera pas. [Es 26.20 (grec).]

38 Mon juste par la foi vivra,
mais s'il fait défection,
mon âme ne trouve plus de satisfaction en lui. [Ha 2.3-4 (Rm 1.17 ; Ga 3.11).]

39 Nous, nous ne sommes pas hommes à faire défection pour notre perte, mais hommes de foi pour le salut de nos âmes.

Les réalisations de la foi

11 La foi est une manière de posséder déjà ce que l'on espère, un moyen de connaître des réalités que l'on ne voit pas. [La foi 1 Co 13.12 ; 2 Co 5.7.
— l'espérance Rm 8.24-25.]
2 C'est elle qui valut aux anciens un bon témoignage.

3 Par la foi, nous comprenons que les mondes ont été organisés par la parole de Dieu. Il s'ensuit que le monde visible ne prend pas son origine en des apparences. [Gn 1 ; Ps 33.6,9 ; 2 P 3.5.]

4 Par la foi, Abel offrit à Dieu un sacrifice meilleur que celui de Caïn. Grâce à elle, il reçut le témoignage qu'il était juste, et Dieu rendit témoignage à ses dons. Grâce à elle, bien que mort, il parle encore. [Abel Gn 4.4-10.]

5 Par la foi, Hénoch fut enlevé afin d'échapper à la mort et on ne le retrouva pas, parce que Dieu l'avait enlevé ; avant son enlèvement, en effet, il avait reçu le témoignage qu'il avait été agréable à Dieu. [Gn 5.18-24 (grec) ; Si 44.16 ; 49.14 ; Lc 3.37.]6 Or, sans la foi, il est impossible d'être agréable à Dieu, car celui qui s'approche de Dieu doit croire qu'il existe et qu'il récompense ceux qui le cherchent.

7 Par la foi, Noé, divinement averti de ce que l'on ne voyait pas encore, prit l'oracle au sérieux, et construisit une arche pour sauver sa famille. Ainsi, il condamna le monde et devint héritier de la justice qui s'obtient par la foi. [Noé Gn 6.13-22 ; 7.1.]

8 Par la foi, répondant à l'appel, Abraham obéit et partit pour un pays qu'il devait recevoir en héritage, et il partit sans savoir où il allait. [Abraham Gn 12.1-5.]9 Par la foi, il vint résider en étranger dans la terre promise, habitant sous la tente avec Isaac et Jacob, les cohéritiers de la même promesse. [étranger Gn 23.4.
— la terre promise Gn 26.3 ; 35.12.]
10 Car il attendait la ville munie de fondations, qui a pour architecte et constructeur Dieu lui-même. [C'est la Jérusalem céleste que la cité de David ne faisait que préfigurer ; He 11.16 ; 12.22 ; Ap 21.2,10-27.]

11 Par la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge avancé, fut rendue capable d'avoir une postérité, parce qu'elle tint pour fidèle l'auteur de la promesse. [Sara Gn 17.19 ; 18.11-14 ; 21.2.]12 C'est pourquoi aussi, d'un seul homme, déjà marqué par la mort, naquit une multitude comparable à celle des astres du ciel, innombrable, comme le sable du bord de la mer. [descendance nombreuse comme le sable Gn 13.16 ; 32.13.
— comme les étoiles Gn 15.5 ; 26.4 ; Dt 1.10.
— comme le sable et les étoiles Gn 22.17 ; Si 44.21.]

13 Dans la foi, ils moururent tous, sans avoir obtenu la réalisation des promesses, mais après les avoir vues et saluées de loin et après s'être reconnus pour étrangers et voyageurs sur la terre. 14 Car ceux qui parlent ainsi montrent clairement qu'ils sont à la recherche d'une patrie ; 15 et s'ils avaient eu dans l'esprit celle dont ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d'y retourner ; 16 en fait, c'est à une patrie meilleure qu'ils aspirent, à une patrie céleste. C'est pourquoi Dieu n'a pas honte d'être appelé leur Dieu ; il leur a, en effet, préparé une ville.

17 Par la foi, Abraham, mis à l'épreuve, a offert Isaac ; il offrait le fils unique, alors qu'il avait reçu les promesses [Gn 22.1-14 ; Jc 2.21.]18 et qu'on lui avait dit :
C'est par Isaac qu'une descendance te sera assurée.

19 Même un mort, se disait-il, Dieu est capable de le ressusciter ; aussi, dans une sorte de préfiguration, il retrouva son fils.

20 Par la foi aussi, Isaac bénit Jacob et Esaü en vue de l'avenir. [Gn 27.27-29,39-40.]21 Par la foi, Jacob, sur le point de mourir, bénit chacun des fils de Joseph et se prosterna appuyé sur l'extrémité de son bâton. [Gn 48.15-20 ; 49.1.]22 Par la foi, Joseph, approchant de sa fin, évoqua l'exode des fils d'Israël et donna des ordres au sujet de ses ossements. [Gn 50.24-25 ; Ex 13.19.]

23 Par la foi, Moïse, après sa naissance, fut caché trois mois durant par ses parents, car ils avaient vu la beauté de leur enfant et ils ne craignirent pas le décret du roi. [Moïse caché Ex 2.2.
— le décret du roi Ex 1.22.]
24 Par la foi, Moïse, devenu grand, renonça à être appelé fils de la fille du Pharaon. 25 Il choisit d'être maltraité avec le peuple de Dieu plutôt que de jouir pour un temps du péché. 26 Il considéra l'humiliation du Christ comme une richesse plus grande que les trésors de l'Egypte, car il avait les yeux fixés sur la récompense. 27 Par la foi, il quitta l'Egypte sans craindre la colère du roi et, en homme qui voit celui qui est invisible, il tint ferme. [v. He 11.24-27 ; Ex 2.11-15.]

28 Par la foi, il a célébré la Pâque et fait l'aspersion du sang afin que le Destructeur ne touchât point aux premiers-nés d'Israël. [la Pâque Ex 12.12-13,22-23.]29 Par la foi, ils traversèrent la mer Rouge comme une terre sèche, alors que les Egyptiens, qui s'y essayèrent, furent engloutis. [la mer Rouge Ex 14.]30 Par la foi, les remparts de Jéricho tombèrent, après qu'on en eut fait le tour pendant sept jours. [Jéricho Jos 6.]31 Par la foi, Rahab, la prostituée, ne périt pas avec les rebelles, car elle avait accueilli pacifiquement les espions. [Jos 2.1-13 ; 6.17,22-25 ; Mt 1.5 ; Jc 2.25.]

32 Et que dire encore ? Le temps me manquerait pour parler en détail de Gédéon, Baraq, Samson, Jephté, David, Samuel et les prophètes, [Gédéon Jg 6.
— Baraq Jg 4.
— Samson Jg 13.
— Jephté Jg 10.
— Samuel et David 1 SSa — 2Sa.]
33 eux qui, grâce à la foi, conquirent des royaumes, mirent en œuvre la justice, virent se réaliser des promesses, muselèrent la gueule des lions, [Jg 14.5-6 ; 1 S 17.34-36 ; Dn 6.]34 éteignirent la puissance du feu, échappèrent au tranchant de l'épée, reprirent vigueur après la maladie, se montrèrent vaillants à la guerre, repoussèrent les armées étrangères ; [Dn 3.23-25.]35 des femmes retrouvèrent leurs morts par résurrection. Mais d'autres subirent l'écartèlement, refusant la délivrance pour aboutir à une meilleure résurrection ; [1 R 17.17-24 ; 2 R 4.18-37.]36 d'autres encore subirent l'épreuve des moqueries et du fouet et celle des liens et de la prison ; 37 ils furent lapidés, ils furent sciés ; ils moururent tués à coups d'épée ; ils menèrent une vie errante, vêtus de peaux de moutons ou de toisons de chèvres ; ils étaient soumis aux privations, opprimés, maltraités, [v.36-37 : Persécutions 2 M 6.18-7.42 ; Jr 20 ; 37 ; 38 ; 2 Ch 24.21.]38 eux dont le monde n'était pas digne ; ils erraient dans les déserts et les montagnes, dans les grottes et les cavités de la terre. 39 Eux tous, s'ils ont reçu bon témoignage grâce à leur foi, n'ont cependant pas obtenu la réalisation de la promesse. 40 Puisque Dieu prévoyait pour nous mieux encore, ils ne devaient pas arriver sans nous à l'accomplissement.

Endurance dans l'épreuve

12 Ainsi donc, nous aussi, qui avons autour de nous une telle nuée de témoins, rejetons tout fardeau et le péché qui sait si bien nous entourer, et courons avec endurance l'épreuve qui nous est proposée, [témoins : non pas des spectateurs mais tous ceux qui, selon le chapitre précédent, ont témoigné de leur foi.
— endurance du chrétien He 10.32 ; 1 Co 9.24-27 ; Ph 3.12 ; 1 Tm 6.12 ; 2 Tm 2.5.]
2 les regards fixés sur celui qui est l'initiateur de la foi et qui la mène à son accomplissement, Jésus, lui qui, renonçant à la joie qui lui revenait, endura la croix au mépris de la honte et s'est assis à la droite du trône de Dieu. [Le Christ initiateur He 2.10.
— renonçant à la joie...ou en vue de la joie qui lui était réservée.
— assis à la droite Mt 22.44.]
3 Oui, pensez à celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle opposition contre lui, afin de ne pas vous laisser accabler par le découragement. 4 Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang dans votre combat contre le péché 5 et vous avez oublié l'exhortation qui s'adresse à vous comme à des fils :
Mon fils, ne méprise pas la correction du Seigneur,
ne te décourage pas quand il te reprend.

6 Car le Seigneur corrige celui qu'il aime,
il châtie tout fils qu'il accueille. [v. He 12.5-6 ; Pr 3.11-12.]

7 C'est pour votre éducation que vous souffrez. C'est en fils que Dieu vous traite. Quel est, en effet, le fils que son père ne corrige pas ? [Dt 8.5 ; 2 S 7.14.]8 Si vous êtes privés de la correction, dont tous ont leur part, alors vous êtes des bâtards et non des fils.

9 Nous avons eu nos pères terrestres pour éducateurs, et nous nous en sommes bien trouvés ; n'allons-nous pas, à plus forte raison, nous soumettre au Père des esprits et recevoir de lui la vie ? 10 Eux, en effet, c'était pour un temps, selon leurs impressions, qu'ils nous corrigeaient ; lui, c'est pour notre profit, en vue de nous communiquer sa sainteté. 11 Toute correction, sur le moment, ne semble pas sujet de joie, mais de tristesse. Mais plus tard, elle produit chez ceux qu'elle a ainsi exercés un fruit de paix et de justice. 12 Redressez donc les mains défaillantes et les genoux chancelants, [Es 35.3.]13 et pour vos pieds, faites des pistes droites, afin que le boiteux ne s'estropie pas, mais plutôt qu'il guérisse. [Pr 4.26 (grec).]

Fidélité à la vocation chrétienne

14 Recherchez la paix avec tous, et la sanctification sans laquelle personne ne verra le Seigneur. 15 Veillez à ce que personne ne vienne à se soustraire à la grâce de Dieu ; qu'aucune racine amère ne se mette à pousser, à causer du trouble et à infecter ainsi la communauté. [Dt 29.17 (grec) ; He 6.4-8 ; 10.26-31.]

16 Veillez à ce qu'il n'y ait pas de débauché ou de profanateur, tel Esaü qui, pour un seul plat, vendit son droit d'aînesse. [Esaü Gn 25.33-34.]17 Car, vous le savez, lorsqu'il voulut par la suite hériter de la bénédiction, il fut exclu et il n'y eut pour lui aucune possibilité de changement, malgré ses supplications et ses larmes ! [Gn 27.34.]

18 Vous ne vous êtes pas approchés d'une réalité palpable, feu qui s'est consumé, obscurité, ténèbres, ouragan, [v. He 12.18-19 : allusion aux phénomènes terrifiants qui accompagnaient la révélation de Dieu au Sinaï ; Ex 19.16-21 ; Ex 20.18-21 ; Dt 4.11-12 ; 5.23.]19 son de trompette et bruit de voix ; ceux qui l'entendirent refusèrent d'écouter davantage la parole. 20 Car ils ne pouvaient supporter cette injonction :
Qui touchera la montagne — fût-ce une bête — sera lapidé ! [Ex 19.12-13.]

21 Et si terrifiant était ce spectacle que Moïse dit :
Je suis terrifié et tremblant. [Dt 9.19.]

22 Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la ville du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, et des myriades d'anges en réunion de fête, [He 11.10.]23 et de l'assemblée des premiers-nés, dont les noms sont inscrits dans les cieux, et de Dieu, le juge de tous, et des esprits des justes parvenus à l'accomplissement, 24 et de Jésus, médiateur d'une alliance neuve, et du sang de l'aspersion qui parle mieux encore que celui d'Abel. [nouvelle alliance He 8.8-12.
— Abel He 11.4.]

25 Veillez à ne pas refuser d'entendre celui qui vous parle ! Car s'ils n'ont pas échappé au châtiment lorsqu'ils refusèrent d'entendre celui qui les avertissait sur la terre, à plus forte raison nous non plus n'y échapperons pas, si nous nous détournons de qui nous parle du haut des cieux.

26 Lui, dont la voix ébranla alors la terre, fait maintenant cette proclamation : Une dernière fois je ferai trembler non seulement la terre mais aussi le ciel. [Ag 2.6.]27 Les mots une dernière fois annoncent la disparition de tout ce qui participe à l'instabilité du monde créé, afin que subsiste ce qui est inébranlable. 28 Puisque nous recevons un royaume inébranlable, tenons bien cette grâce. Par elle, servons Dieu d'une manière qui lui soit agréable, avec soumission et avec crainte. [Dn 7.18.]29 Car notre Dieu est un feu dévorant. [Dt 4.24 ; 9.3 ; Es 33.14.]

La vraie communauté

13 Que l'amour fraternel demeure. [1 Th 4.9 ; Rm 12.10 ; 1 P 1.22 ; 2 P 1.7 ; 1 Jn 3.10-18.]2 N'oubliez pas l'hospitalité, car, grâce à elle, certains, sans le savoir, ont accueilli des anges. [Gn 18.1-8 ; 19.1-3 ; Tb 5-7.]3 Souvenez-vous de ceux qui sont en prison, comme si vous étiez prisonniers avec eux, de ceux qui sont maltraités, puisque vous aussi, vous avez un corps. [He 10.34 ; 11.36.]4 Que le mariage soit honoré de tous et le lit conjugal sans souillure, car les débauchés et les adultères seront jugés par Dieu. [Ep 5.5 ; 1 Co 6.13-19.]5 Quel'amour de l'argent n'inspire pas votre conduite ; contentez-vous de ce que vousavez, car le Seigneur lui-même a dit :
Non, je ne te lâcherai pas, je ne t'abandonnerai pas ! [Dt 31.6 (selon une version d'origine inconnue).]

6 Si bien qu'en toute assurance nous pouvons dire :
Le Seigneur est mon secours,
je ne craindrai rien ;
que peut me faire un homme ? [Ps 118.6.]

7 Souvenez-vous de vos dirigeants, qui vous ont annoncé la parole de Dieu ; considérez comment leur vie s'est terminée et imitez leur foi. 8 Jésus Christ est le même, hier et aujourd'hui ; il le sera pour l'éternité. 9 Ne vous laissez pas égarer par toutes sortes de doctrines étrangères. Car il est bon que le cœur soit fortifié par la grâce et non par des aliments, qui n'ont jamais profité à ceux qui en font une question d'observance. [Rm 14.2-23 ; 1 Co 8.8 ; Col 2.16-22 ; 1 Tm 4.3.]10 Nous avons un autel dont les desservants de la tente n'ont pas le droit de tirer leur nourriture. [Voir He 9.11-14 : l'autel du sanctuaire céleste. Les desservants de la tente sont les prêtres lévitiques.]11 Car les corps des animaux, dont le grand prêtre porte le sang dans le sanctuaire pour l'expiation du péché, sont brûlés hors du camp. [Lv 16.27.]12 C'est la raison pour laquelle Jésus, pour sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert en dehors de la porte. [Jn 19.17,20.]13 Sortons donc à sa rencontre en dehors du camp, en portant son humiliation. [humiliation du Christ He 11.26.]14 Car nous n'avons pas ici-bas de cité permanente, mais nous sommes à la recherche de la cité future. [la cité future He 11.16.]15 Par lui, offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c'est-à-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom. [sacrifice de louange 2 Ch 29.31 ; Ps 50.14,23.
— le fruit de lèvres qui confessent son nom Os 14.3.]
16 N'oubliez pas la bienfaisance et l'entraide communautaire, car ce sont de tels sacrifices qui plaisent à Dieu. 17 Obéissez à vos dirigeants et soyez-leur dociles ; car ils veillent personnellement sur vos âmes, puisqu'ils en rendront compte. Ainsi pourront-ils le faire avec joie et non en gémissant, ce qui ne tournerait pas à votre avantage. [He 13.7 ; 1 Th 5.12.]18 Priez pour nous, car nous avons la conviction d'avoir une conscience pure avec la volonté de bien nous conduire en toute occasion. 19 Faites-le, je vous le demande instamment, afin que je vous sois plus vite rendu. [L'auteur est retenu par des circonstances qu'il ne précise pas.]

Souhait final

20 Que le Dieu de la paix qui a fait remonter d'entre les morts, par le sang d'une alliance éternelle, le grand pasteur des brebis, notre Seigneur Jésus, [Es 63.11.
— le sang de l'alliance He 9.20.
— alliance éternelle Es 55.3 ; 61.8 ; Jr 32.40 ; Ez 37.26.]
21 vous rende aptes à tout ce qui est bien pour faire sa volonté ; qu'il réalise en nous ce qui lui est agréable, par Jésus Christ, à qui soit la gloire dans les siècles des siècles. Amen !

Envoi

22 Frères, je vous engage à supporter ce sermon ! D'ailleurs, je ne vous envoie que quelques mots. 23 Apprenez que notre frère Timothée a été libéré. S'il vient assez vite, j'irai vous voir avec lui. [Timothée Ac 16.1.]24 Saluez tous vos dirigeants et tous les saints. Ceux d'Italie vous saluent.[Soit des personnes résidant en Italie, soit un groupe d'Italiens habitant une des provinces de l'empire romain.]

25 La grâce soit avec vous tous !

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