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TOB – Jacques

ÉPÎTRE DE JACQUES

INTRODUCTION

L'Epître de Jacques ne présente à première vue rien de mystérieux. Elle se présente elle-même comme une lettre circulaire dont l'auteur est clairement désigné. Sa langue et son style attestent qu'elle est de provenance hellénistique. En raison de la polémique qu'elle mène en 2.14-26, contre une forme dégénérée de la doctrine paulinienne du salut par la foi et du silence qu'elle observe au sujet de la terrible Guerre juive de 66 à 70, elle peut difficilement être datée d'avant l'année 80. Enfin, son contenu n'a rien d'abstrait et propose un enseignement moral dont une bonne part reprend les idées courantes dans le milieu hellénistique du temps.

Or, on constate que l'Epître de Jacques n'a été admise dans le canon du Nouveau Testament qu'après de longs débats et qu'au XVIe siècle, elle a de nouveau été critiquée avec vigueur par Luther. L'identification de l'auteur avec Jacques, « frère du Seigneur » et l'un des premiers chefs de l'Eglise de Jérusalem, semble assez fragile, vu le caractère purement palestinien de ce personnage, dont la culture hellénistique devait être mince. On est ainsi conduit à postuler l'existence d'une tradition des paroles de Jacques, sous-jacente à certains passages de l'épître, dont les procédés de composition ressemblent plus aux écrits juifs de Sagesse qu'à la littérature grecque et dont la langue comporte quelques sémitismes fort inattendus dans un écrit dont le grec est si élégant. Cette tradition aurait été utilisée par le rédacteur de l'épître, écrivant vers 80-90, un peu comme celle des paroles de Jésus l'a été à la même époque par les auteurs des Evangiles. Si l'on rejetait cette solution, il faudrait alors admettre qu'un secrétaire de langue grecque a mis en forme les exhortations que Jacques souhaitait adresser à ses lecteurs.

Un autre problème a été soulevé par certains exégètes modernes : Jésus Christ n'étant mentionné que deux fois (Jc 1.1 et 2.1), d'une façon très allusive, faut-il vraiment considérer l'Epître de Jacques comme un écrit chrétien? Ne s'agirait-il pas plutôt d'un document juif superficiellement christianisé ? Le caractère visiblement chrétien du débat de 2.14-26 rend cette hypothèse bien peu vraisemblable. Mais à quels destinataires un auteur chrétien a-t-il pu adresser une œuvre où la personne de Jésus Christ joue un rôle aussi effacé ? Il faut sans doute penser d'une part à des chrétiens de culture grecque gardant des relations avec les synagogues auxquelles ils avaient jadis appartenu, et de l'autre à des Juifs hellénisés qu'il espérait gagner en mettant l'accent sur ce que les chrétiens avaient en commun avec eux : le zèle pour la loi morale, l'idéal de pauvreté, l'attente eschatologique et la foi au Dieu unique révélé dans l'Ancien Testament.

La proximité entre chrétiens et Juifs se traduisant principalement sur le terrain de la morale, on s'explique alors l'importance prépondérante accordée à celle-ci, ainsi que l'intime mélange entre motifs juifs et motifs grecs, si fréquent dans les écrits du judaïsme hellénistique. L'enseignement proposé par l'Epître de Jacques ne se réduit pourtant pas à la répétition de banalités acceptables par tous. L'une de ses originalités est le triple développement des ch. 2.1 à 3.13, consacré à la manière de célébrer le culte : attribution des places aux membres présents (Jc 2.1-13) ; ordre du service (Jc 3.1-13) ; suites pratiques à donner à la fraternité cultuelle (Jc 2.14-26). Ces trois passages dirigent une polémique assez vive contre les mauvaises habitudes prises, peut-être, dans certaines des Eglises se rattachant à la tradition paulinienne, qui étaient aussi celles qui avaient le plus complètement rompu avec le judaïsme.

L'autre originalité de l'enseignement moral de l'Epître de Jacques, c'est l'extrême sévérité de ses attaques contre les riches (Jc 1.9-11 ; 2.5-7 ; 4.13-17 ; 5.1-6), trop précises et trop vigoureuses pour n'être que des conventions littéraires. Les notables ainsi critiqués sont en outre des persécuteurs (Jc 2.6-7 ; 5.6), très probablement juifs.

L'auteur de l'Epître de Jacques paraît donc mener un combat sur deux fronts, contre des Eglises se réclamant de Paul, d'une part, et contre des Juifs riches, de l'autre. Il cherche ainsi à rassembler les autres chrétiens et les Juifs de condition modeste qui sont à ses yeux les deux composantes des « douze tribus de la dispersion ». Un tel regroupement était encore concevable avant le ralliement définitif des synagogues de la dispersion à la réforme pharisienne du judaïsme préconisée par l'école rabbinique de Jamnia. Il concernait toute la diaspora de langue grecque, mais l'épître pourrait néanmoins venir d'une ville hellénophone de Palestine, comme Césarée ou Tibériade.

Une telle tentative de rapprochement peut surprendre des lecteurs habitués à distinguer nettement judaïsme et christianisme. Pourtant, à l'heure du dialogue œcuménique et de la liquidation du contentieux judéo-chrétien, à l'époque de l'économie d'abondance et des nations prolétaires, le message de l'Epître de Jacques est sûrement actuel. Jadis dédaigné par les protestants et tiré dans un sens apologétique par les catholiques, il peut désormais donner à réfléchir aux uns comme aux autres.

Le contenu de l'épître n'est pas présenté selon un plan précis. Une section centrale, s'étendant de 2.1 à 3.13, se distingue du reste par son thème (critique de la pratique cultuelle de certaines Eglises de tradition paulinienne) et par son recours à des procédés rhétoriques fréquents dans la « diatribe » grecque : questions et appels aux lecteurs, discussion avec un interlocuteur fictif, etc. Mais le chapitre premier n'est qu'une longue chaîne de sentences brèves sans ordre apparent. Quant à la troisième partie, à partir de 3.14, elle mêle au hasard développements un peu fournis (Jc 4.1-10 ; 4.13-17 ; 5.1-6 ; 5.7-11) et sentences isolées.

Ce désordre est habituel dans la littérature morale du temps et n'empêche pas l'auteur d'utiliser divers procédés stylistiques: allitération et rime, membres de phrases rythmés, etc. Il reproduit sans doute pour une part celui qui existait dans la tradition des paroles de Jésus, que l'auteur connaissait, et dans celle des paroles de Jacques. Il n'est ni sans force ni sans charme.

ÉPÎTRE DE JACQUES

Adresse et salutation

1 Jacques, serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus Christ, aux douze tribus vivant dans la dispersion, salut. [Jacques voir Ac 15.13 serviteur de Jésus Christ Rm 1.1 ; Ph 1.1 ; 2 P 1.1 ; Jude 1.1.
— le Seigneur Jésus Christ Jc 2.1 ; 5.14-15.
— douze tribus : voir Mt 19.28 ; Ac 26.7. Jacques s'adresse à des chrétiens d'origine juive vivant hors de Palestine (voir Jn 7.35 et note). Selon d'autres, les douze tribus représentent l'ensemble du peuple de Dieu (Ap 7.4).
— ceux de la dispersion Ac 15.23 ; 1 P 1.1.]

A la perfection par l'épreuve

2 Prenez de très bon cœur, mes frères, toutes les épreuves par lesquelles vous passez, [Rm 5.3-5 ; Jc 1.12 ; 1 P 1.6.]3 sachant que le test auquel votre foi est soumise produit de l'endurance. [Autre texte : l'authenticité de votre foi.
— un test pour la foi 1 P 1.7.
— épreuve et endurance Jc 1.12 ; 5.11 ; voir Lc 8.13-15.]
4 Mais que l'endurance soit parfaitement opérante, afin que vous soyez parfaits et accomplis, exempts de tout défaut. [Jc 1.17,25 ; 2.22 ; 3.2 ; voir Mt 5.48 ; 19.21.]

La prière de la foi

5 Si la sagesse fait défaut à l'un de vous, qu'il la demande au Dieu qui donne à tous avec simplicité et sans faire de reproche ; elle lui sera donnée. [sagesse Jc 3.13.
— demander la sagesse Pr 2.3-6 ; voir Jc 4.2-3.
— simplicité Rm 12.8 ; 2 Co 11.3 ; Col 3.22. Certains traduisent : avec générosité.]
6 Mais qu'il demande avec foi, sans éprouver le moindre doute ; car celui qui doute ressemble à la houle marine que le vent soulève. [Mt 7.7 ; Mc 11.24.]7 Que ce personnage ne s'imagine pas que le Seigneur donnera quoi que ce soit 8 à un homme partagé, fluctuant dans toutes ses démarches. [Jc 4.8.]

Le pauvre et le riche

9 Que le frère de condition modeste tire fierté de son élévation, [Voir 1 Co 1.26-29 ; 11.21-22 ; Jc 2.1-7 ; 5.1-6.]10 et le riche, de son déclassement, parce qu'il passera comme la fleur des prés. [sirocco : vent brûlant venant du désert.
la fleur qui se fane Ps 102.5,12 ; Es 40.6-8 ; 1 P 1.24.]
11 Car le soleil s'est levé avec le sirocco et a desséché l'herbe, dont la fleur est tombée et dont la belle apparence a disparu ; de la même façon, le riche, dans ses entreprises, se flétrira.

A la vie par l'épreuve

12 Heureux l'homme qui endure l'épreuve, parce que, une fois testé, il recevra la couronne de la vie, promise à ceux qui L'aiment. [Heureux Mt 5.3 ; Lc 6.20 ; 12.37-38 ; voir Jc 1.25 ; 5.11.
— couronne de vie 1 Co 9.25 ; Ph 4.1 et la note ; Ap 2.10.]

Tentation humaine et don de Dieu

13 Que nul, quand il est tenté, ne dise : « Ma tentation vient de Dieu. » Car Dieu ne peut être tenté de faire le mal et ne tente personne. [Si 15.11-13.]14 Chacun est tenté par sa propre convoitise, qui l'entraîne et le séduit. [Rm 7.7-8 ; 1 Jn 2.16-17.]15 Une fois fécondée, la convoitise enfante le péché, et le péché, arrivé à la maturité, engendre la mort. [péché Jc 2.9 ; 4.17 ; 5.15-16 et mort Jc 5.20 ; voir Rm 5.12 ; Rm 6.23 ; 7.13.]16 Ne vous y trompez pas, mes frères bien-aimés. 17 Tout don de valeur et tout cadeau parfait descendent d'en haut, du Père des lumières chez lequel il n'y a ni balancement ni ombre due au mouvement. [tout don de valeur vient du Père Mt 7.11.
— le Père Jc 1.27 ; 3.9 des lumières voir Gn 1.3,14-18 ; 1 Jn 1.5.]
18 De sa propre volonté, il nous a engendrés par la parole de vérité, afin que nous soyons pour ainsi dire les prémices de ses créatures. [Dieu nous a engendrés Jn 1.13 par la parole de vérité 1 P 1.23-25 ; voir Ep 1.13 ; Col 1.5 ; 2 Tm 2.15 ; Jc 3.14 ; Jc 5.19]

Ecouter et réaliser la parole

19 Vous êtes savants, mes frères bien-aimés. Pourtant, que nul ne néglige d'être prompt à écouter, lent à parler, lent à se mettre en colère, [Vous êtes savants... ou Sachez-le, mes frères bien-aimés, que nul ne néglige pourtant... Autre texte : Par conséquent, mes frères bien- aimés, que nul ne néglige...
— prompt à écouter, lent à parler Si 5.11.
— lent à la colère Qo 7.9 ; voir Ex 34.6.]
20 car la colère de l'homme ne réalise pas la justice de Dieu. [la justice (de Dieu) Jc 2.21-25 ; 3.18 ; 5.16 ;voir Mt 5.6,10,20 ; Mt 6.33.]21 Aussi, débarrassés de toute souillure et de tout débordement de méchanceté, accueillez avec douceur la parole plantée en vous et capable de vous sauver la vie. [Ep 4.22,25 ; Col 3.8 ; 1 P 2.1 ; voir Rm 13.12 ; He 12.1.]22 Mais soyez les réalisateurs de la parole, et pas seulement des auditeurs qui s'abuseraient eux-mêmes. [Mt 7.24 ; Rm 2.13.]23 En effet, si quelqu'un écoute la parole et ne la réalise pas, il ressemble à un homme qui observe dans un miroir le visage qu'il a de naissance : 24 il s'est observé, il est parti, il a tout de suite oublié de quoi il avait l'air. 25 Mais celui qui s'est penché sur une loi parfaite, celle de la liberté, et s'y est appliqué, non en auditeur distrait, mais en réalisateur agissant, celui-là trouvera le bonheur dans ce qu'il réalisera. [la loi de la liberté Rm 8.2 ; Ga 6.2 ; Jc 2.12 ; 1 P 2.16.
— réalisateur agissant voir Jc 2.14.
— réalisation de la parole et bonheur Jn 13.17.]
26 Si quelqu'un se croit religieux sans tenir sa langue en bride, mais en se trompant lui-même, vaine est sa religion. [Ps 34.14 ; 39.2 ; 141.3.]27 La religion pure et sans tache devant Dieu le Père, la voici : visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse ; se garder du monde pour ne pas se souiller. [religion pure et sans tache Es 1.11-17,23 ; Jr 5.28 ; Ez 22.7 ; Za 7.10.
— se garder du monde voir Jc 4.4.]

Favoriser les riches, c'est violer la loi

2 Mes frères, ne mêlez pas des cas de partialité à votre foi en notre glorieux Seigneur Jésus Christ. [Jb 34.19 ; Ac 10.34 ; Jc 2.9.]2 En effet, s'il entre dans votre assemblée un homme aux bagues d'or, magnifiquement vêtu ; s'il entre aussi un pauvre vêtu de haillons ; 3 si vous vous intéressez à l'homme qui porte des vêtements magnifiques et lui dites : « Toi, assieds-toi à cette bonne place » ; si au pauvre vous dites : « Toi, tiens-toi debout » ou « Assieds-toi là-bas, au pied de mon escabeau », [Sorte de tabouret bas utilisé pour poser les pieds quand on était assis (Mt 5.35 ; Lc 20.43 ; Ac 7.49).]4 n'avez-vous pas fait en vous-mêmes une discrimination ? N'êtes-vous pas devenus des juges aux raisonnements criminels ? 5 Ecoutez, mes frères bien-aimés ! N'est-ce pas Dieu qui a choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde pour les rendre riches en foi et héritiers du Royaume qu'il a promis à ceux qui l'aiment ? [Dieu a choisi... les pauvres 1 Co 1.26-28.
— héritiers du Royaume Mt 25.34 ; 1 Co 6.9-10 ; 15.50 ; Ga 5.21 ; voir Jc 1.12.]
6 Mais vous, vous avez privé le pauvre de sa dignité. N'est-ce pas les riches qui vous oppriment ? Eux encore qui vous traînent devant les tribunaux ? 7 N'est-ce pas eux qui diffament le beau nom qu'on invoque sur vous ? [Il s'agit du nom du Seigneur Jésus (voir Jc 1.1 ; 2.1) ; Ac 2.38 ; 10.48.]8 Certes, si vous exécutez la loi royale, conformément au texte : Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous agissez bien. [la loi royale : c'est-à-dire la loi qui est au-dessus des autres lois. Certains traduisent cependant : la loi du Royaume (de Dieu).
— la loi Jc 1.25 ; 4.11.
— Tu aimeras... Lv 19.18 (Mt 19.19 ; 22.39 ; Mc 12.31 ; Lc 10.27 ; Rm 13.9 ; Ga 5.14) ; voir Jn 13.34-35.]
9 Mais si vous êtes partiaux, vous commettez un péché et la loi vous met en accusation comme transgresseurs. [partialité Dt 1.17.]10 En effet, observer toute la loi et trébucher sur un seul point, c'est se rendre passible de tout, [Mt 5.19 ; Dt 27.26 ; Ga 3.10.]11 car celui qui a dit : Tu ne commettras pas d'adultère a dit aussi : Tu n'assassineras pas et si, sans commettre d'adultère, tu commets un meurtre, tu contreviens à la loi. [Tu ne commettras pas... Ex 20.14 ; Dt 5.18 (Mt 5.27 ; 19.18 ; Lc 18.20 ; Rm 13.9).
— Tu n'assassineras pas Ex 20.13 ; Dt 5.17 (Mt 5.21 ; Mc 10.19 ; Lc 18.20 ; Rm 13.9).]
12 Parlez et agissez en hommes appelés à être jugés d'après la loi de liberté. [appelés à être jugés Jc 5.9.
— loi de liberté Jc 1.25.]
13 En effet, le jugement est sans pitié pour qui n'a pas eu pitié ; la pitié dédaigne le jugement. [Mt 5.7 ; 18.32-35.]

Sans œuvres, la foi est morte

14 A quoi bon, mes frères, dire qu'on a de la foi, si l'on n'a pas d'œuvres ? La foi peut-elle sauver, dans ce cas ? [Une foi non agissante Mt 7.21,26 ; voir Jc 1.25 ; 3.13.
— foi et œuvres voir Rm 3.28 ; Ga 2.16.
— les œuvres produites par la foi Rm 2.6,15-16 ; Ga 5.6 ; Ep 2.8-10 ; Col 1.10 ; 1 Th 1.3 ; 2 Th 1.11 ;voir Mt 5.16,20 ; 7.12-27 ; Mt 12.50 ; 18.23-35 ; 25.31-46.]
15 Si un frère ou une sœur n'ont rien à se mettre et pas de quoi manger tous les jours, 16 et que l'un de vous leur dise : « Allez en paix, mettez-vous au chaud et bon appétit », sans que vous leur donniez de quoi subsister, à quoi bon ? 17 De même, la foi qui n'aurait pas d'œuvres est morte dans son isolement. [Ou tout à fait morte ; Jc 2.20,26.]18 Mais quelqu'un dira : « Tu as de la foi ; moi aussi, j'ai des œuvres ; prouve-moi ta foi sans les œuvres et moi, je tirerai de mes œuvres la preuve de ma foi. 19 Tu crois que Dieu est un ? Tu fais bien. Les démons le croient, eux aussi, et ils frissonnent. » [Mt 8.29 ; Mc 1.24 ; 5.7 ; Lc 4.34.]20 Veux-tu te rendre compte, pauvre être, que la foi est inopérante sans les œuvres ? [Autre texte : la foi est morte.]21 Abraham, notre père, n'est-ce pas aux œuvres qu'il dut sa justice, pour avoir mis son fils Isaac sur l'autel ? [Abraham Rm 4 ; Ga 3.6-9 notre père Es 51.2 ; Mt 3.9 ; Lc 16.24,27,30 ; Jn 8.39,53.
— il dut sa justice : certains traduisent il fut reconnu juste (par Dieu).
— Isaac sur l'autel Gn 22.9,12.]
22 Tu vois que la foi coopérait à ses œuvres, que les œuvres ont complété la foi, [Foi et actes d'Abraham He 11.17.]23 et que s'est réalisé le texte qui dit : Abraham eut foi en Dieu et cela lui fut compté comme justice, et il reçut le nom d'ami de Dieu. [Abraham eut foi en Dieu Gn 15.6 (Rm 4.3,9,22 ; Ga 3.6) ; voir 1Mac 2.52 ; Si 44.20.
— Abraham, ami de Dieu 2 Ch 20.7 ; Es 41.8.]
24 Vous constatez que l'on doit sa justice aux œuvres et pas seulement à la foi. [Certains traduisent : l'homme est reconnu juste (par Dieu).]25 Tel fut le cas aussi pour Rahab la prostituée : n'est-ce pas aux œuvres qu'elle dut sa justice, pour avoir accueilli les messagers et les avoir fait partir par un autre chemin ? [Jos 2.4,15 ; 6.17 ; He 11.31.]26 En effet, de même que, sans souffle, le corps est mort, de même aussi, sans œuvres, la foi est morte. [une foi morte Jc 2.17,20.]

Vous qui enseignez, tenez votre langue

3 Ne vous mettez pas tous à enseigner, mes frères. Vous savez avec quelle sévérité nous serons jugés, [Rm 12.7 ; 1 Co 12.28-29 ; Ep 4.11.]2 tant nous trébuchons tous. Si quelqu'un ne trébuche pas lorsqu'il parle, il est un homme parfait, capable de tenir en bride son corps entier. [parfait Jc 1.4.]3 Si nous mettons un mors dans la bouche des chevaux pour qu'ils nous obéissent, nous menons aussi leur corps entier. 4 Voyez aussi les bateaux : si grands soient-ils et si rudes les vents qui les poussent, on les mène avec un tout petit gouvernail là où veut aller celui qui tient la barre. 5 De même, la langue est un petit membre et se vante de grands effets. Voyez comme il faut peu de feu pour faire flamber une vaste forêt ! 6 La langue aussi est un feu, le monde du mal ; la langue est installée parmi nos membres, elle qui souille le corps entier, qui embrase le cycle de la nature, qui est elle-même embrasée par la géhenne. [la langue et le corps tout entier Mt 12.36-37 ; 15.11,18-19.
— la géhenne Mt 5.22.]
7 Il n'est pas d'espèce, aussi bien de bêtes fauves que d'oiseaux, aussi bien de reptiles que de poissons, que l'espèce humaine n'arrive à dompter. 8 Mais la langue, nul homme ne peut la dompter : fléau fluctuant, plein d'un poison mortel ! [fléau fluctuant : autre texte fléau sans frein (c'est-à-dire qu'on ne peut maîtriser).
— Langue venimeuse Ps 140.4 (Rm 3.13).]
9 Avec elle nous bénissons le Seigneur et Père ; avec elle aussi nous maudissons les hommes, qui sont à l'image de Dieu ; [Gn 1.26-27 ; 1 Co 11.7.]10 de la même bouche sortent bénédiction et malédiction. Mes frères, il ne doit pas en être ainsi. 11 La source produit-elle le doux et l'amer par le même orifice ? 12 Un figuier, mes frères, peut-il donner des olives, ou une vigne des figues ? Une source saline ne peut pas non plus donner d'eau douce. [Certains manuscrits comportent : De même une source saline...]13 Qui est sage et intelligent parmi vous ? Qu'il tire de sa bonne conduite la preuve que la sagesse empreint ses actes de douceur.

Sagesse terrestre et sagesse d'en haut

14 Mais si vous avez le cœur plein d'aigre jalousie et d'esprit de rivalité, ne faites pas les avantageux et ne nuisez pas à la vérité par vos mensonges. 15 Cette sagesse-là ne vient pas d'en haut ; elle est terrestre, animale, démoniaque. [sagesse d'en haut Jc 1.5,17.]16 En effet, la jalousie et l'esprit de rivalité s'accompagnent de remous et de force affaires fâcheuses. 17 Mais la sagesse d'en haut est d'abord pure, puis pacifique, douce, conciliante, pleine de pitié et de bons fruits, sans façon et sans fard. [Fruits de la sagesse voir Ga 5.22-25.
— pacifique Mt 5.9 ; He 12.11 ; 1 P 3.10-11.
— pitié Jc 2.13. — douceur Mt 5.4 ; Jc 1.21 ; 1 P 3.4,16.]
18 Le fruit de la justice est semé dans la paix pour ceux qui font œuvre de paix. [justice et paix Es 32.17 ; He 12.11.
— ceux qui font œuvre de paix Mt 5.9.]

Ami du monde, ennemi de Dieu

4 D'où viennent les conflits, d'où viennent les combats parmi vous ? N'est-ce pas de vos plaisirs qui guerroient dans vos membres ? [guerre 1 P 2.11 dans vos membres Rm 7.23.]2 Vous convoitez et ne possédez pas ; vous êtes meurtriers et jaloux, et ne pouvez réussir ; vous combattez et bataillez. Vous ne possédez pas parce que vous n'êtes pas demandeurs ; 3 vous demandez et ne recevez pas parce que vos demandes ne visent à rien de mieux que de dépenser pour vos plaisirs. [Jc 1.5 ; voir Jc 5.13-18.]4 Femmes infidèles ! Ne savez-vous pas que l'amitié envers le monde est hostilité contre Dieu ? Celui qui veut être ami du monde se fait donc ennemi de Dieu. [Femmes infidèles ! Certains traduisent : Adultères ! (au sens imagé ; voir Os 3.1 ; Mt 12.39 ; 16.4). Autre texte : Hommes et femmes infidèles !
— amitié envers le monde 1 Jn 2.15.
— hostilité contre Dieu Rm 8.7.]
5 Ou bien pensez-vous que ce soit pour rien que l'Ecriture dit : Dieu désire jalousement l'esprit qu'il a fait habiter en nous ? [Ou L'Esprit que Dieu a fait habiter en nous a des désirs jaloux. Ce texte ne figure ni dans l'A.T. ni dans le N.T.
— jalousie de Dieu Ex 20.5 ; voir Gn 6.3.]
6 Mais il fait mieux pour se montrer favorable ; voilà pourquoi l'Ecriture dit : Dieu résiste aux orgueilleux, mais se montre favorable aux humbles. [Pr 3.34 (grec) ; Mt 23.12 ; 1 P 5.5.]7 Soumettez-vous donc à Dieu, mais résistez au diable, et il fuira loin de vous ; [Ep 6.12-13 ; 1 P 5.8-9.]8 approchez-vous de Dieu et il s'approchera de vous. Nettoyez vos mains, pécheurs, et purifiez vos cœurs, hommes partagés ! [approchez-vous... Dieu s'approchera Za 1.3 ; Ml 3.7.
— nettoyez vos mains Es 1.16.
— purifiez vos cœurs voir Jc 1.26-27 ; Mc 5.8.
— hommes partagés voir Mt 6.2,5,16 ; 15.7-8.]
9 Reconnaissez votre misère, prenez le deuil, pleurez ; que votre rire se change en deuil et votre joie en abattement ! 10 Humiliez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera. [Jb 5.11 ; 1 P 5.6.]

Qui es-tu pour juger le prochain ?

11 Ne médisez pas les uns des autres, frères. Celui qui médit d'un frère ou juge son frère médit d'une loi et juge une loi ; mais si tu juges une loi, tu agis en juge et non en réalisateur de la loi. [voir Jc 1.26 ; 3.9-10.]12 Or un seul est législateur et juge : celui qui peut sauver et perdre. Qui es-tu, toi, pour juger le prochain ? [Rm 2.1 ; 14.4.]

Gare à vous, hommes d'affaires !

13 Alors, vous qui dites : « Aujourd'hui — ou demain — , nous irons dans telle ville, nous y passerons un an, nous ferons du commerce, nous gagnerons de l'argent », [v. Jc 4.13-14 ; Pr 27.1 ; Lc 12.18-20.]14 et qui ne savez même pas, le jour suivant, ce que sera votre vie, car vous êtes une vapeur, qui paraît un instant et puis disparaît ! 15 Au lieu de dire : « Si le Seigneur le veut bien, nous vivrons et ferons ceci ou cela », [Ac 18.21 ; Rm 1.10 ; 1 Co 4.19.]16 vous tirez fierté de vos fanfaronnades. Toute fierté de ce genre est mauvaise. 17 Qui donc sait faire le bien et ne le fait pas se charge d'un péché. [Lc 12.47.]

Malheur à vous, riches !

5 Alors, vous les riches, pleurez à grand bruit sur les malheurs qui vous attendent ! [Es 5.8-10 ; Jr 5.26-30 ; Am 8.4-8 ; Lc 6.24.]2 Votre richesse est pourrie, vos vêtements rongés des vers ; [Mt 6.19-20.]3 votre or et votre argent rouillent, et leur rouille servira contre vous de témoignage, elle dévorera vos chairs comme un feu. Vous vous êtes constitué des réserves à la fin des temps ! [Ps 21.10 ; Jdt 16.17.]4 Voyez le salaire des ouvriers qui ont fait la récolte dans vos champs : retenu par vous, il crie et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur Sabaoth. [salaire retenu (autre texte : volé) Lv 19.13 ; Dt 24.14-15 ; Ml 3.5
— une clameur qui va jusqu'à Dieu Gn 4.10 ; Ps 18.7.
— Sabaoth : transcription d'un terme hébreu que l'A.T. accole parfois au titre de Seigneur, pour désigner le Dieu d'Israël. Le sens est discuté ; certains traduisent : le Seigneur des armées.]
5 Vous avez eu sur terre une vie de confort et de luxe, vous vous êtes repus au jour du carnage. [Jr 12.3 ; 25.34.]6 Vous avez condamné, vous avez assassiné le juste : il ne vous résiste pas. [Ps 37.1 ; Sg 2.12-20 ; Mt 5.39.]

Patience, le Seigneur approche

7 Prenez donc patience, frères, jusqu'à la venue du Seigneur. Voyez le cultivateur : il attend le fruit précieux de la terre sans s'impatienter à son propos tant qu'il n'en a pas recueilli du précoce et du tardif. [Autre texte : tant qu'il n'a pas reçu les pluies précoces et (les pluies) tardives ; voir Dt 11.14 ; Jr 5.24 ; Jl 2.23.]8 Vous aussi, prenez patience, ayez le cœur ferme, car la venue du Seigneur est proche. [patience voir 1 Th 5.1-11.
— cœur ferme 1 Th 3.13.
— la venue du Seigneur Mt 24.3,27,37 ; 2 P 1.16 ; 1 Jn 2.28 ; voir 1 Co 15.23 ; 1 Th 2.19 ; 3.13 ; 4.15 ; 5.23 ; 2 Th 2.1,8 est proche Rm 13.11-12 ; He 10.25 ; 1 P 4.7.]
9 Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, pour éviter d'être jugés. Voyez : le juge se tient aux portes. [Mt 24.33.]10 Pour la souffrance et la patience, le modèle à prendre, frères, ce sont les prophètes, qui ont parlé au nom du Seigneur. [souffrance des prophètes Mt 5.12 ; 23.29-31 ; Ac 7.52 ; Rm 11.3 ; 1 Th 2.15 ; He 11.36-38.]11 Voyez : nous félicitons les gens endurants ; vous avez entendu l'histoire de l'endurance de Job et vu le but du Seigneur parce que le Seigneur a beaucoup de cœur et montre de la pitié. [félicitations aux gens endurants Dn 12.12 ; voir Col 1.11 ; Jc 1.3-4.
— l'endurance de Job Jb 1.20-22 ; 2.10.
— le Seigneur a beaucoup... Ex 34.6 ; Ps 103.8 ; 111.4.
— le but du Seigneur Jb 42.10-17.]

Que votre oui soit oui

12 Mais avant tout, mes frères, ne jurez pas, ni par le ciel, ni par la terre, ni d'aucune autre manière. Que votre oui soit oui, et votre non, non, afin que vous ne tombiez pas sous le jugement. [Mt 5.34-37 ; voir Si 23.9-11.]

Priez !

13 L'un de vous souffre-t-il ? Qu'il prie. Est-il joyeux ? Qu'il chante des cantiques. [prière 1 Th 5.17-18.
— chanter des cantiques Rm 15.9 ; 1 Co 14.15 ; Ep 5.19-20 ; Col 3.16-17.]
14 L'un de vous est-il malade ? Qu'il fasse appeler les anciens de l'Eglise, et qu'ils prient après avoir fait sur lui une onction d'huile au nom du Seigneur. [prière pour les malades Ac 28.8.
— onction d'huile Mc 6.13.]
15 La prière de la foi sauvera le patient ; le Seigneur le relèvera et, s'il a des péchés à son actif, il lui sera pardonné. [Sur cette tournure impersonnelle voir les notes sur Mt 3.2 ; 7.1.
— Prière et guérison Mc 16.18.
— sauver, relever, pardonner Mc 5.34,41 ; Lc 17.19.]
16 Confessez-vous donc vos péchés les uns aux autres et priez les uns pour les autres, afin d'être guéris. La requête d'un juste agit avec beaucoup de force. [Dn 9.4-20 ; Ba 1.14
— Jc 2.10 ; Mt 3.6 ; Ac 19.18.]
17 Elie était un homme semblable à nous ; il pria avec ferveur pour qu'il ne plût pas, et il ne plut pas sur la terre pendant trois ans et six mois ; [un homme comme nous Ac 14.15.
— Elie (voir Mt 11.14) et la sécheresse 1 R 17.1 ; Si 48.2.
— trois ans et six mois Lc 4.25.]
18 puis il pria de nouveau, le ciel donna de la pluie, la terre produisit son fruit... [La prière d'Elie 1 R 18.42-45.
— Le prophète intercesseur Gn 18.22-32 ; Ex 32.11-14,30-32 ; Jr 14.11 ; 18.20 ; Am 7.2,5.]

Ramenez les égarés

19 Mes frères, si l'un de vous s'est égaré loin de la vérité et qu'on le ramène, [Voir Mt 18.12-13,15.]20 sachez que celui qui ramène un pécheur du chemin où il s'égarait lui sauvera la vie et fera disparaître une foule de péchés. [lui sauvera la vie 1 Tm 4.16 ; 1 Jn 5.16 ; autres textes : sauvera une vie.
— ou arrachera une vie à la mort du pécheur.
— faire disparaître une foule de péchés Pr 10.12 ; 1 P 4.8 ; voir Ez 3.20-21.]

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