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TOB – Juges

LES JUGES

INTRODUCTION

Faisant suite au livre de Josué et appartenant comme lui au groupe des « Premiers Prophètes », le livre des Juges nous donne un aperçu de la vie des tribus pendant une des périodes les plus obscures de l'histoire du peuple d'Israël, celle qui suit la conquête et précède l'apparition de l'institution royale.

Le plan du livre

Le plan du livre se laisse découvrir avec une grande facilité. Une première introduction (ch. 1) présente l'installation des tribus en Canaan avec leurs succès et leurs échecs ; la situation des tribus dont l'action ne paraît pas concertée est celle d'une existence menacée par la présence de villes cananéennes dans le territoire fixé à chaque tribu. Cette situation, qui est en contradiction avec la promesse de Dieu, reçoit une première explication (Jg 2. 1-5). Après cet exposé préliminaire qui nous renvoie à la période de la conquête, s'ouvre la période des Juges proprement dite (Jg 2.6 — 16.31). Celle-ci est introduite par un prologue qui donne le sens religieux de cette étape de l'histoire des tribus (Jg 2.6 — 3.6). Alors que l'époque de Josué était celle de la fidélité, celle des juges nous est présentée comme celle de l'infidélité. On nous donne ensuite une histoire fragmentaire des actions des juges qui se trouvent au nombre de douze, mais dont les notices sont de longueur variée : Otniel (Jg 3.7-11), Ehoud (Jg 3.12-30), Shamgar (Jg 3.31), Débora et Baraq (Jg 4 — 5), Gédéon et Abimélek (Jg 6.1 — 9.57), Tola (Jg 10.1-2), Yaïr (Jg 10.3-5), Jephté (Jg 10.6 — 12.7), Ibçân (Jg 12.8-10), Elôn (Jg 12.11-12), Avdôn (Jg 12.13-15), Samson (Jg 13.1 — 16.31).

Le recueil s'achève par deux appendices qui montrent l'anarchie régnant en Israël avant l'instauration de la monarchie. L'un raconte la migration des Danites et les origines du sanctuaire de Dan (17 — 18), l'autre le crime commis par les habitants de Guivéa et la guerre entreprise par les tribus contre Benjamin, qui se refusait à punir les coupables (19 — 21).

Juges et sauveurs

Les personnages présentés par ce livre sont donc appelés globalement « juges », mais il convient d'examiner la portée de ce titre. Au pluriel, le terme n'apparaît qu'en Jg 2.16-18 pour désigner ceux que Dieu a choisis pour sauver son peuple, mais si cet emploi est rare dans le texte, la désignation de la période pré-monarchique comme « temps des juges » est connue de la tradition biblique (2S 7.11 ; 2R 23.22 ; Rt 1.1). Cependant si le titre de « juge » est pratiquement absent des récits, on rencontre assez souvent le verbe « juger » pour décrire l'action des héros du livre (Jg 3.10 ; 4.4 ; 10.1-5 ; 12.7,8-15 ; 15.20 ; 16.31). On observera toutefois que ce verbe se trouve le plus souvent dans des notices qui encadrent les récits, ce qui peut indiquer un emploi rédactionnel. Même dans ce cas le verbe ne recouvre pas simplement le sens de « rendre la justice », mais celui de « commander, gouverner ».

Si certains personnages ont jugé Israël, il n'est pas certain que tous ceux dont on nous rapporte les hauts faits aient eu cette fonction, car un autre verbe qualifie l'action de ceux que nous appelons les Juges, c'est celui de « sauver » (Jg 3.31 ; 6.15 ; 10.1). Dans cette perspective Otniel et Ehoud sont qualifiés de « sauveurs » (Jg 3.9,15). Plus généralement Dieu est celui qui sauve son peuple en faisant choix d'un homme qui réalise concrètement ce salut (Jg 3.9 ; 6.36-37 ; 7.7 ; 10.13). On se trouve donc là devant une dualité d'expressions qui renvoie très probablement à une dualité de perspectives que la lecture du livre des Juges fait apparaître.

Sans que l'on puisse se prononcer avec certitude sur la composition du livre, on peut découvrir des traditions ou des cycles de récits qui ont eu une existence antérieure indépendante. Ainsi les notices sur les petits juges (Jg 10.1-5 ; 12.8-15) doivent provenir d'une liste ancienne qui ne fournissait que des renseignements succincts. Par ailleurs l'histoire de Jephté coupe en deux cette liste et permet de vérifier comment on a pu passer du personnage du juge à celui du sauveur, car Jephté fut l'un et l'autre. Les récits sur les autres juges reposent sur des traditions anciennes qui ont été élargies, complétées et fusionnées.

Le cadre théologique

Mais au-delà de ces traditions et de ces recueils, le livre des Juges offre un cadre théologique qui retient l'attention, car il donne la leçon religieuse des événements rapportés. Cette perspective théologique se trouve en particulier dans le prologue (Jg 2.6 — 3.6), au début du chapitre 6 (Jg 6. 7-10) et dans l'introduction à l'histoire de Jephté (Jg 10.6-16).

Elle se caractérise par une série de formules stéréotypées: « les fils d'Israël firent ce qui est mal aux yeux du Seigneur » (Jg 2.11 ; 3.7,12 ; 4.1 ; 6.1 ; 10.6 ; 13.1), formule qui peut être précisée par cette autre: «  ils abandonnèrent le Seigneur et ils servirent Baal et les Astartés  » (Jg 2.11,13 ; 3.7 ; 10.6). La conséquence de cette infidélité est alors indiquée : «  le Seigneur les livra aux mains de tel ou tel ennemi  » (Jg 2.14 ; 3.8 ; 4.2 ; 6.1 ; 10.7). Puis vient la formule : les fils d'Israël crièrent vers le Seigneur (Jg 3.9,15 ; 4.3 ; 6.6 ; 10.10). A cette supplication de son peuple, le Seigneur répond en suscitant des juges (Jg 2.16) ou un sauveur (Jg 3.9,15). Enfin, lors de la conclusion des récits, d'autres formules apparaissent: «  l'ennemi fut abaissé sous la main d'Israël  » (Jg 3.30 ; 8.28, voir 4.23-24) ou encore : «  le pays fut en repos pendant tant d'années  » (Jg 3.11,30 ; 5.31 ; 8.28).

De ces formules se dégage une logique religieuse à quatre termes: le péché entraîne le châtiment, mais le repentir du peuple amène l'envoi d'un sauveur. On se trouve ainsi en présence d'une théologie de l'histoire qui a été ajoutée après coup aux récits et qui s'applique à tout Israël, mais ce cadre ne répond pas toujours à ce que nous apprenons par les histoires des juges.

Les appendices du livre (17 — 21), qui recueillent également des traditions anciennes, ont été ajoutés pendant ou après l'exil, car ils font usage d'un vocabulaire que l'on retrouve dans les écrits sacerdotaux. Par contre il est plus difficile de situer l'époque où fut ajoutée l'introduction du chapitre 1 qui contient des renseignements anciens, très marqués par une tendance à faire l'apologie de la tribu de Juda.

Le livre des Juges et l'histoire

En dépit de toutes les incertitudes qui demeurent sur la rédaction du livre des Juges, celui-ci demeure pour l'historien la seule source de renseignements pour la période qui va de la mort de Josué à l'instauration de la monarchie, mais son utilisation pose de nombreux problèmes. Les récits permettent de se faire une idée de la période des juges; ils nous offrent un tableau de l'histoire de certaines tribus où rien n'autorise à affirmer une unité politique, même pas sous la forme d'une ligue de douze tribus. On a affaire à des histoires de groupes qui révèlent des affinités ou des hostilités entre certaines tribus, à des récits de combat pour conserver le territoire déjà acquis, mais tout ceci est fragmentaire et s'offre à nous sans souci d'un ordre chronologique.

En effet le livre des juges se contente d'indiquer la durée de chaque judicature. Les indications chiffrées qu'il donne ont probablement une valeur surtout symbolique, car le total des chiffres fournis donne 410 ans, ce qui n'est pas compatible avec les autres données chronologiques de l'histoire d'Israël. A vrai dire, la chronologie de la période des juges doit être obtenue en tenant compte à la fois des débuts de la période royale et de la date de l'entrée en Canaan. En fait, l'ensemble des traditions rapportées doit se situer entre 1200 et 1020 av. J.C., la seconde date étant celle de l'établissement de la royauté.

Un livre de la foi d'Israël

Document intéressant et difficile pour l'historien, le livre des Juges est avant tout une œuvre suscitée par la foi d'Israël. Dès les plus anciens textes qui le composent, ainsi le cantique de Débora (ch. 5), se découvre cette conviction : le Dieu d'Israël est celui qui soutient son peuple aux heures difficiles. Cette expérience théologale a été étendue à tout Israël, et le cadre théologique du livre a encore renforcé l'intuition originelle, insistant davantage sur la faiblesse d'Israël et sur la patience de Dieu, qui inlassablement envoie des hommes pour délivrer les tribus de l'oppression.

Certes les héros du livre des Juges sont enracinés dans un temps où les mœurs étaient rudes et où les idées morales ne correspondaient pas aux nôtres. La ruse d'un Ehoud, le meurtre de Sisera par Yaël, le sacrifice de la fille de Jephté, les amours de Samson peuvent nous choquer, mais, à travers ces récits qui ne cherchent pas à édulcorer la réalité, il faut apprendre à découvrir l'action de Dieu qui conduit un peuple en lui donnant des chefs animés par l'Esprit (Jg 3.10 ; 6.34 ; 11.29 ; 13.25 ; 14.6,19 ; 15.14). Ces hommes préfiguraient le roi qui devait recevoir l'Esprit du Seigneur pour diriger le peuple avec justice, mais le roi lui-même annonçait le Messie sur qui reposerait l'Esprit aux multiples dons (Es 11.2).

LES JUGES

INTRODUCTIONS

Succès et échecs des tribus lors de l'installation en Canaan

1 Il arriva qu'après la mort de Josué les fils d'Israël consultèrent le Seigneur en disant : « Qui de nous montera en premier contre les Cananéens pour les combattre ? » [mort de Josué Jos 24.29.
— fils d'Israël ou Israélites.
— consultèrent : la consultation se faisait dans un sanctuaire, probablement au moyen du Ourim et du Toummim (voir Ex 28.30 et la note). Jg 18.5 ; 20.18,27-28 ; 1 S 14.37 ; 23.2 ; 30.8 ; 2 S 2.1, etc. ; 1 R 22.7-8 ; 2 R 8.8 ; 22.13 ; Es 30.2 ; Ez 20.1,3,31.
— Cananéens : voir au glossaire AMORITES.]
2 Le Seigneur dit : « C'est Juda qui montera. Voici que j'ai livré le pays entre ses mains. » [C'est Juda Jg 20.18.
— Juda (v.2) et Siméon (v.3) désignent ici deux des tribus d'Israël.]
3 Juda dit à Siméon son frère : « Monte avec moi dans mon lot, et combattons les Cananéens. Puis, moi aussi, j'irai avec toi dans ton lot. » Et Siméon alla avec lui. [Ou dans le territoire qui m'a été attribué (voir Jos 15 ; 19.1-9).
— Le lot de chaque tribu : Jos 13-21.]
4 Juda monta, et le Seigneur livra entre leurs mains les Cananéens et les Perizzites. A Bèzeq ils battirent dix mille d'entre eux. [Localité difficile à situer. Elle devait être proche de Jérusalem.]5 Ils trouvèrent Adoni-Bèzeq à Bèzeq et lui livrèrent combat ; ils battirent les Cananéens et les Perizzites. [On ne sait rien de lui en dehors de son nom.]6 Adoni-Bèzeq s'enfuit, mais ils le poursuivirent, le saisirent et lui coupèrent les pouces des mains et des pieds. [Les hommes ainsi mutilés ne pouvaient plus se servir d'un arc.]7 Adoni-Bèzeq dit : « Soixante-dix rois dont on avait coupé les pouces des mains et des pieds ramassaient les restes sous ma table. Ce que j'ai fait, Dieu me l'a rendu. » On l'amena à Jérusalem et c'est là qu'il mourut.

8 Les fils de Juda attaquèrent Jérusalem et s'en emparèrent ; ils la passèrent au tranchant de l'épée et livrèrent la ville au feu. [Ou membres de la tribu de Juda.
— Autre récit de la prise de Jérusalem 2 S 5.6-12 ; voir Jos 15.63.]
9 Après cela les fils de Juda descendirent pour combattre les Cananéens qui habitaient la Montagne, le Néguev et le Bas-Pays. [De l'est à l'ouest, le pays promis comporte la plaine du Jourdain ou Araba, une région montagneuse dite La Montagne, le Bas-Pays, les Pentes, la plaine côtière (voir Dt 1.7 ; Jos 10.40 ; 12.8). Le Néguev se trouve au sud (voir Gn 12.9 et la note) ; voir Jr 32.44 ; 33.13.]

10 Puis Juda marcha contre les Cananéens qui habitaient à Hébron — le nom d'Hébron était auparavant Qiryath-Arba — et ils frappèrent Shéshaï, Ahimân et Talmaï. [Voir Gn 13.18 et la note ; Jos 10.36-37 ; 14.6-15 ; 15.13-14.]11 De là Juda marcha contre les habitants de Devir — le nom de Devir était auparavant Qiryath-Séfèr. [Jos 10.38-39 ; 11.21-22.]12 Caleb dit : « Celui qui frappera Qiryath-Séfèr et s'en emparera, je lui donnerai pour femme ma fille Aksa. » [Caleb et la conquête de Devir Jos 15.15-19.]13 Otniel, fils de Qenaz, le frère cadet de Caleb, s'empara de la ville, et Caleb lui donna pour femme sa fille Aksa. [Jg 3.9-10 ; Jos 15.17.]14 Or, dès son arrivée, elle l'incita à demander à son père un champ. Elle descendit de son âne, et Caleb lui dit : « Que veux-tu ? » 15 Elle lui dit : « Fais-moi une faveur. Puisque tu m'as donné une terre du Néguev, donne-moi aussi des vasques d'eau », et Caleb lui donna les vasques d'en haut et les vasques d'en bas.

16 Les fils de Qéni, beau-parent de Moïse, montèrent de la ville des Palmiers avec les fils de Juda au désert de Juda qui est au sud de Arad. Ils vinrent habiter avec le peuple. [les fils ou descendants de Qéni Nb 24.21-22.
— beau-parent de Moïse Jg 4.11 ; Ex 2.16-22 ; Nb 10.29-32.
— ville des Palmiers : nom parfois donné à Jéricho (Dt 34.3 ; Jg 3.13) ; l'expression pourrait cependant désigner ici Tamar (Palmier), localité au sud de la mer Morte.
— Arad : à 30km au sud d'Hébron.]

17 Juda marcha avec Siméon, son frère. Ils battirent les Cananéens qui habitaient Cefath et vouèrent celle-ci à l'interdit. On appela la ville du nom de Horma. [Cefath : localisation incertaine.
— Horma : ce nom reprend les consonnes du verbe hébreu qui signifie vouer à l'interdit. Sur cette expression, voir Dt 2.34 et la note.]
18 Juda s'empara de Gaza et de son territoire, d'Ashqelôn et de son territoire, de Eqrôn et de son territoire. [Trois villes du territoire des Philistins Jos 13.3 ; 1 S 6.17 ; Jr 25.20 ; Am 1.6-8.]19 Le Seigneur fut avec Juda, qui prit possession de la Montagne, mais non au point de déposséder les habitants de la plaine parce qu'ils avaient des chars de fer. [Jg 4.3,13 ; Jos 17.16 et la note.]

20 Selon la parole de Moïse, on donna Hébron à Caleb, qui en déposséda les trois fils de Anaq. [Nb 14.24 ; Jos 14.12.]21 Quant aux Jébusites qui habitaient Jérusalem, les fils de Benjamin ne les dépossédèrent pas, et les Jébusites ont habité à Jérusalem avec les fils de Benjamin jusqu'à ce jour. [Jos 15.63 ; 18.28.]

22 La maison de Joseph, elle aussi, monta, mais à Béthel, et le Seigneur fut avec elle. [La maison de Joseph désigne les tribus d'Ephraïm et Manassé. 2 S 19.21 ; 1 R 11.28.
— Béthel (anciennement Louz) Gn 28.17-19 ; 35.6 ; 48.3 ; Jos 18.13 ; voir Gn 12.8 et la note.]
23 La maison de Joseph fit faire une reconnaissance de Béthel ; le nom de la ville était auparavant Louz. 24 Les guetteurs virent un homme sortir de la ville et ils lui dirent : « Fais-nous donc voir par où entrer dans la ville, et nous ferons preuve de loyauté envers toi. » 25 Il leur fit voir par où entrer dans la ville, et ils passèrent la ville au tranchant de l'épée, mais ils laissèrent aller l'homme et tout son clan. [Population exterminée Jos 6.21 sauf un clan Jos 6.22-25.]26 Cet homme s'en alla au pays des Hittites et bâtit une ville qu'il nomma Louz ; c'est encore son nom aujourd'hui. [Le pays des Hittites désigne la Syrie-Palestine dans des documents néo-babyloniens.
— La nouvelle Louz est inconnue.]

27 Manassé ne conquit ni Beth-Shéân et ses dépendances, ni Taanak et ses dépendances, ni les habitants de Dor et ses dépendances, ni les habitants de Yivléâm et ses dépendances, ni les habitants de Meguiddo et ses dépendances, et les Cananéens continuèrent à habiter dans ce pays. [Villes non conquises par Manassé Jos 17.11-13.]28 Mais lorsque Israël fut devenu fort il imposa aux Cananéens la corvée, mais en fait il ne les déposséda pas. [Travaux imposés aux peuples vaincus Jos 9.27 ; 2 S 20.24 ; 1 R 9.20-22.]

29 Ephraïm ne déposséda pas les Cananéens qui habitaient à Guèzèr, et les Cananéens habitèrent à Guèzèr au milieu d'Ephraïm. [Jos 16.10.]

30 Zabulon ne déposséda pas les habitants de Qitrôn ni ceux de Nahalol ; les Cananéens habitèrent au milieu de Zabulon, mais furent astreints à la corvée. [Jg 5.14 ; Jos 19.10-16.]

31 Asher ne déposséda pas les habitants de Akko, ni ceux de Sidon, Ahlav, Akziv, Helba, Afiq et Rehov. [Jos 19.24-31.]32 Les Ashérites habitèrent au milieu des Cananéens qui habitaient le pays puisqu'ils ne les avaient pas dépossédés.

33 Nephtali ne déposséda pas les habitants de Beth-Shèmesh, ni ceux de Beth-Anath, et il habita au milieu des Cananéens qui habitaient le pays, mais les habitants de Beth-Shèmesh et de Beth-Anath furent astreints à la corvée. [Jos 19.32-39.]

34 Les Amorites acculèrent les fils de Dan à la montagne, car ils ne les laissèrent pas descendre dans la plaine. [Jos 19.47 ; voir Jg 18.]35 Les Amorites continuèrent à habiter à Har-Hèrès, Ayyalôn et Shaalvim, mais quand la main de la maison de Joseph se fit plus lourde, ils furent astreints à la corvée. 36 Le territoire des Amorites va depuis la montée des Aqrabbim, depuis la Roche, et en remontant. [la Roche (Sèla) 2 R 14.7.]

Oracle sur la conduite d'Israël

2 L'ange du Seigneur monta de Guilgal à Bokim et dit : « Je vous ai fait monter d'Egypte et je vous ai fait entrer dans le pays que j'avais promis par serment à vos pères. J'avais dit : “Jamais je ne romprai mon alliance avec vous, [Guilgal : voir Jos 4.19 et la note.
— Bokim : localisation inconnue. Ce nom signifie les Pleureurs (v. 4-5) et on peut le rapprocher du « Chêne des Pleurs » situé près de Béthel (Gn 35.8).
— l'ange du Seigneur Jg 6.11 ; Gn 16.7.
— Je vous ai fait monter d'Egypte... Lv 11.45 ; 1 S 8.8 ; Am 2.10 ; Ps 81.11 ; voir Nb 32.11 ; Jg 19.30 ; Jr 2.6 ; Os 12.14.
— dans le pays promis Dt 26.3 ; 34.4 ; Jos 1.6.
— alliance inviolable Lv 26.44 ; Jr 14.21 ; 33.20-21 ; Ps 89.35.]
2 et vous, vous ne conclurez pas d'alliance avec les habitants de ce pays ; vous renverserez leurs autels.” Mais vous n'avez pas écouté ma voix. Qu'avez-vous fait là ! [pas d'alliance avec les Cananéens Ex 23.32 ; 34.12 ; Dt 7.2.
— renverser leurs autels Ex 34.13 ; Dt 7.5 ; 12.3.
— vous n'avez pas écouté Jg 6.10.]
3 Alors je dis : “Je ne les chasserai pas devant vous ; ils seront pour vous un traquenard, et leurs dieux seront pour vous un piège.” » [traquenard Jos 23.13.
— piège Jg 8.27 ; Ex 23.33 ; 34.12 ; Dt 7.16.]
4 Or, dès que l'ange du Seigneur eut adressé ces paroles à tous les fils d'Israël, le peuple poussa des cris et ils pleurèrent. 5 Ils nommèrent ce lieu Bokim et là ils offrirent des sacrifices au Seigneur.

Mort de Josué

6 Josué renvoya le peuple, et les fils d'Israël se rendirent chacun dans son patrimoine pour prendre possession du pays. [Jos 24.28.]7 Le peuple servit le Seigneur durant toute la vie de Josué et toute la vie des anciens qui vécurent encore après Josué et qui avaient vu toute la grande œuvre que le Seigneur avait faite pour Israël. [Jos 24.31.]8 Josué, fils de Noun, serviteur du Seigneur, mourut à l'âge de cent dix ans. [Jos 24.29.]9 On l'ensevelit dans le territoire de son patrimoine à Timnath-Hèrès, dans la montagne d'Ephraïm, au nord du mont Gaash. [Localité appelée aussi Timnath-Sèrah (Jos 19.50 ; 24.30).]10 Et puis toute cette génération fut réunie à ses pères ; après elle ce fut une autre génération qui se leva, mais elle n'avait connu ni le Seigneur, ni l'œuvre qu'il avait faite pour Israël. [fut réunie à ses pères ou mourut (voir Gn 25.8 et la note).
— connu : le texte sous-entend personnellement Dt 11.2.]

Abandon de Dieu et châtiment

11 Les fils d'Israël firent ce qui est mal aux yeux du Seigneur et ils servirent les Baals. [Faute, châtiment, repentir, délivrance 2 R 13.2-5. Dt 4.25.]12 Ils abandonnèrent le Seigneur, le Dieu de leurs pères, qui les avait fait sortir du pays d'Egypte, et ils suivirent d'autres dieux parmi ceux des peuples qui les entouraient ; ils se prosternèrent devant eux et ils offensèrent le Seigneur. [abandonner le Seigneur Jr 2.13.
— leurs pères ou leurs ancêtres.
— suivre d'autres dieux Jr 5.19 ; voir Ex 20.3.]
13 Ils abandonnèrent le Seigneur et ils servirent Baal et les Astartés. [Associée à Baal, Astarté était la déesse de l'amour et de la fécondité. Son culte était très répandu dans tout le Proche-Orient, d'où l'utilisation du pluriel ; Jg 10.6 ; 1 S 12.10.]14 La colère du Seigneur s'enflamma contre Israël : il les livra aux mains des pillards qui les pillèrent et il les vendit à leurs ennemis d'alentour. Ils ne furent plus capables de tenir devant leurs ennemis. [colère du Seigneur contre Israël Nb 25.3 ; Dt 7.4 ; Jos 22.20 ; 2 S 24.1 ; Es 5.25 ; Jr 4.8 ; voir Ep 5.6.
— il les vendit Jg 3.8 ; 4.2 ; 10.7 ; Dt 32.30 ; 1 S 12.9 ; Es 50.1 ; 52.3 ; Ps 44.13.]
15 Dans toutes leurs sorties la main du Seigneur était sur eux pour leur malheur, comme le Seigneur l'avait dit et le leur avait juré ; leur détresse devint extrême. [Dt 28.15-46.]16 Alors le Seigneur suscita des juges qui les délivrèrent de ceux qui les pillaient. [Les juges dont il est question dans ce livre sont avant tout des hommes que Dieu charge soit de commander et de gouverner, soit de sauver une ou plusieurs tribus en difficulté.]17 Mais, même leurs juges, ils ne les écoutèrent pas, car ils se prostituèrent à d'autres dieux et se prosternèrent devant eux ; ils s'écartèrent très vite du chemin où avaient marché leurs pères qui avaient écouté les commandements du Seigneur ; ils n'agirent pas ainsi. [se prostituer à d'autres dieux Os 1.2 ; 2.4 et la note.
— les chemins où avaient marché leurs pères Jr 6.16.]
18 Quand le Seigneur leur suscitait des juges, le Seigneur était avec le juge et il les délivrait de leurs ennemis durant toute la vie du juge, car le Seigneur se laissait émouvoir par leur plainte devant ceux qui les opprimaient et les maltraitaient. 19 Mais, à la mort du juge, ils recommençaient à se pervertir, plus encore que leurs pères, suivant d'autres dieux, les servant et se prosternant devant eux ; ils ne renonçaient en rien à leurs pratiques et à leur conduite endurcie.

20 La colère du Seigneur s'enflamma contre Israël. Il dit : « Puisque cette nation a transgressé mon alliance, celle que j'avais prescrite à leurs pères, et qu'elle n'a pas écouté ma voix, [la colère du Seigneur v.14.
— alliance transgressée Dt 17.2 ; Jos 7.11 ; 23.16 ; 2 R 18.12 ; Os 6.7.]
21 moi non plus, je ne continuerai plus à déposséder devant elle aucune de ces nations que Josué a laissées en place avant de mourir. » [Dt 4.38.]22 C'était pour mettre par elles Israël à l'épreuve et savoir s'il garderait ou non le chemin du Seigneur en y marchant comme l'avaient fait leurs pères. [Israël à l'épreuve Ex 15.25 ; 16.4 ; 20.20 ; Dt 8.2 ; Es 48.10 ; Jr 9.6 ; Ps 81.8.
— s'il garderait ou non le chemin du Seigneur en y marchant ou s'il serait ou non fidèle au Seigneur Dt 8.6.]
23 Aussi le Seigneur laissa subsister ces nations sans les déposséder trop vite et il ne les livra pas à Josué. [Jos 13.1-6.]

3 Voici les nations que le Seigneur laissa subsister pour mettre par elles Israël à l'épreuve, tous ceux qui n'avaient pas connu toutes les guerres de Canaan [Jg 2.22.]2 - ce fut seulement pour instruire les générations des fils d'Israël, pour leur apprendre la guerre, seulement parce qu'auparavant ils ne l'avaient pas connue : 3 cinq tyrans philistins, tous les Cananéens, les Sidoniens et les Hivvites qui habitaient la montagne du Liban, depuis la montagne de Baal-Hermon jusqu'à Lebo-Hamath. [Cananéens, Hivvites : voir au glossaire AMORITES.
— les Sidoniens : habitants de Sidon, port de la côte phénicienne, au nord de la Palestine.
— Les nations non asservies Jos 13.3-6.]

4 Ce fut pour mettre par elles Israël à l'épreuve, pour savoir s'ils écouteraient les commandements que le Seigneur avait prescrits à leurs pères par l'intermédiaire de Moïse. 5 Les fils d'Israël habitèrent au milieu des Cananéens, des Hittites, des Amorites, des Perizzites, des Hivvites et des Jébusites ; [Ex 3.8,17.]6 ils prirent leurs filles pour femmes et ils donnèrent leurs filles à leurs fils ; ils servirent leurs dieux.

HISTOIRE FRAGMENTAIRE DES JUGES

I. OTNIEL

7 Les fils d'Israël firent ce qui est mal aux yeux du Seigneur : ils oublièrent le Seigneur, leur Dieu, et ils servirent les Baals et les Ashéras. [ce qui est mal aux yeux du Seigneur Dt 4.25.
— oublier le Seigneur Dt 32.18 ; 1 S 12.9 ; Es 17.10 ; 51.13 ; Jr 2.32 ; 3.21 ; Ez 22.12 ; Os 8.14 ; Ps 106.21.
— ils servirent les Baals Jg 2.13.
— Ashéra est une divinité cananéenne que la Bible associe souvent à Baal. Dans chaque haut-lieu elle était représentée par un poteau sacré, symbole de la fécondité (voir Dt 16.21).]
8 La colère du Seigneur s'enflamma contre Israël et il les vendit à Koushân-Rishéataïm, roi d'Aram-des-deux-Fleuves ; les fils d'Israël servirent Koushân-Rishéataïm pendant huit ans. [la colère du Seigneur contre Israël Jg 2.14.
— il les vendit Jg 2.14.
— Koushân-Rishéataïm : surnom signifiant le Koushite à la double méchanceté.
— Aram-des-deux-Fleuves : voir Gn 24.10 et la note.]
9 Les fils d'Israël crièrent vers le Seigneur, et le Seigneur suscita pour eux un sauveur qui les sauva : Otniel, fils de Qenaz, frère cadet de Caleb. [le Seigneur suscita un sauveur v.15 ; Jg 10.12.
— Otniel Jg 1.13.]
10 L'esprit du Seigneur fut sur lui, et il jugea Israël. Il partit en guerre et le Seigneur lui livra Koushân-Rishéataïm, roi d'Aram, et sa main fut puissante contre Koushân-Rishéataïm. [Ou il fut le chef d'Israël (voir la note sur Jg 2.16).
— l'esprit du Seigneur fut sur lui Jg 6.34 ; 11.29 ; 13.25 ; 14.6,19 ; 15.14 ; 1 S 10.6,10 ; 16.13 ; Es 11.2 ; 42.1 ; 61.1.]
11 Le pays fut en repos pendant quarante ans, puis Otniel, fils de Qenaz, mourut. [Jg 3.30 ; 5.31 ; 8.28.]

II. ÉHOUD

12 Les fils d'Israël recommencèrent à faire ce qui est mal aux yeux du Seigneur et le Seigneur encouragea Eglôn, roi de Moab, contre Israël puisqu'ils faisaient ce qui est mal aux yeux du Seigneur. [ce qui est mal aux yeux du Seigneur Dt 4.25.
— Moab : voir Gn 19.37 et la note. Le royaume de Moab fut créé au 13e siècle av. J.C. A l'époque d'Ehoud il réussit à s'étendre jusqu'à Jéricho.]
13 Eglôn s'adjoignit les fils d'Ammon et Amaleq, puis il se mit en marche et battit Israël ; ils prirent possession de la ville des Palmiers. [Ammon : voir Gn 19.38 et la note.
— Amaleq : voir Ex 17.8 et la note. A l'époque des juges les Amalécites sont l'ennemi principal des tribus d'Israël (voir Jg 6.3,33 ; 7.12 ; 10.12).
— La ville des Palmiers désigne Jéricho (Dt 34.3).]
14 Les fils d'Israël servirent Eglôn, roi de Moab, pendant dix-huit ans. 15 Les fils d'Israël crièrent vers le Seigneur et le Seigneur leur suscita un sauveur, Ehoud fils de Guéra, benjaminite, qui était gaucher. Par son intermédiaire les fils d'Israël envoyèrent un tribut à Eglôn, roi de Moab. [v.9.]

16 Ehoud se fit un poignard à deux tranchants, long d'un gomed, et il l'attacha sous son vêtement contre sa cuisse droite. [Voir au glossaire POIDS ET MESURES.]17 Il présenta donc le tribut à Eglôn, roi de Moab ; or Eglôn était un homme très gros. 18 Dès qu'il eut fini de présenter le tribut, Ehoud raccompagna les gens qui avaient porté le tribut, 19 mais lui, arrivé aux Idoles qui sont près de Guilgal, rebroussa chemin et dit : « J'ai pour toi une parole confidentielle, ô roi ! » Celui-ci dit : « Silence ! », et tous ceux qui se tenaient debout auprès de lui se retirèrent. [Les Idoles sont probablement des pieux ou des pierres taillées.
— Guilgal : voir Jos 4.19 et la note.]
20 Ehoud vint vers Eglôn alors qu'il était assis dans la chambre haute bien fraîche qui lui était réservée. Ehoud dit : « J'ai une parole de Dieu pour toi », et le roi se leva de son siège. [Il s'agit d'une chambre située sur la terrasse de la maison.]21 Ehoud étendit la main gauche, prit le poignard sur sa cuisse droite et l'enfonça dans le ventre du roi. 22 Même la poignée entra après la lame et la graisse se referma sur la lame, car Ehoud n'avait pas retiré le poignard du ventre du roi ; alors Ehoud sortit par le trou. [Terme unique désignant peut-être le trou des latrines (v.24) ou synonyme du mot rendu par vestibule au v.23.]23 Il sortit par le vestibule, après avoir fermé les portes de la chambre haute derrière lui et mis le verrou. 24 Lui sorti, les serviteurs du roi vinrent et regardèrent : voici que les portes de la chambre haute étaient verrouillées, et ils dirent : « Sans doute se couvre-t-il les pieds dans la pièce bien fraîche. » [Ou s'accroupir : expression figurée signifiant « satisfaire un besoin naturel » 1 S 24.4.]25 Ils attendirent jusqu'à en être troublés : voilà qu'il n'ouvrait toujours pas les portes de la chambre haute. Alors ils prirent la clé, ouvrirent et voici que leur maître gisait à terre, mort. 26 Quant à Ehoud, il s'était échappé pendant qu'ils s'attardaient ; en effet il avait dépassé les Idoles et s'échappait vers la Séïra. [Région qu'on peut situer au nord de Jéricho.]

27 Or, dès qu'il arriva, il sonna du cor dans la montagne d'Ephraïm ; les fils d'Israël descendirent avec lui de la montagne, lui à leur tête. [Au nord de Jérusalem (Jos 20.7 ; 21.21) Jg 4.5 ; 10.1 ; 17.1 ; 18.13 ; 19.1,16 ; 1 S 1.1.]28 Il leur dit : « Suivez-moi, car le Seigneur a livré vos ennemis, les Moabites, entre vos mains. » Ils descendirent derrière lui, occupèrent les gués du Jourdain qui étaient à Moab et ne laissèrent personne passer. 29 En ce temps-là ils battirent Moab, environ dix mille hommes, tous corpulents et vaillants, et personne ne s'échappa. 30 En ce jour-là Moab fut abaissé sous la main d'Israël, et le pays fut en repos pendant quatre-vingts ans. [v.11.]

III. SHAMGAR

31 Après Ehoud il y eut Shamgar, fils de Anath. Il battit les Philistins, au nombre de six cents hommes, avec un aiguillon à bœufs ; lui aussi sauva Israël. [Shamgar, fils de Anath Jg 5.6.
— il battit les Philistins 2 S 23.12.
— Anath désigne peut-être la localité de Beth-Anath (voir Jg 1.33).
— aiguillon : bâton terminé par une pointe de fer et utilisé pour faire avancer les bœufs.]

IV. DÉBORA ET BARAQ

La victoire de Taanak

4 Ehoud mort, les fils d'Israël recommencèrent à faire ce qui est mal aux yeux du Seigneur. [Dt 4.25.]2 Le Seigneur les vendit à Yavîn, roi de Canaan, qui régnait à Haçor. Le chef de son armée était Sisera, mais celui-ci habitait à Harosheth-Goïm. [le Seigneur les vendit Jg 2.14.
— Yavîn, roi de Haçor Jg 4.23-24 ; Jos 11.1-11.
— Sisera Jg 5.28-30 ; 1 S 12.9 ; Ps 83.10.
— Harosheth-Goïm : localisation incertaine, peut-être à 15km au sud-est de Haïfa, entre le pied du mont Carmel et le torrent du Qishôn (voir Jg 4.7 et la note).]
3 Les fils d'Israël crièrent vers le Seigneur, car Sisera avait neuf cents chars de fer et il avait opprimé durement les fils d'Israël pendant vingt ans. [crier vers le Seigneur Jg 3.9,15.
— chars de fer : voir Jos 17.16 et la note ; Jg 1.19.]

4 Or Débora, une prophétesse, femme de Lappidoth, jugeait Israël en ce temps-là. [Ex 15.20.]5 Elle siégeait sous le Palmier de Débora, entre Rama et Béthel, dans la montagne d'Ephraïm, et les fils d'Israël montaient vers elle pour des questions d'arbitrage. [Rama : à quelques km au nord de Jérusalem.
— sous le Palmier de Débora voir Gn 35.8.
— la montagne d'Ephraïm Jg 3.27.]
6 Elle fit appeler Baraq, fils d'Avinoam, de Qèdesh de Nephtali et elle lui dit : « Le Seigneur, Dieu d'Israël, a vraiment donné un ordre. Va, rassemble au mont Tabor et prends avec toi dix mille hommes parmi les fils de Nephtali et les fils de Zabulon. [Baraq Jg 5.12,15 ; He 11.32.
— Le mont Tabor : voir Jos 19.22 et la note.]
7 J'attirerai vers toi au torrent du Qishôn Sisera, chef de l'armée de Yavîn, ainsi que ses chars et ses troupes, et je le livrerai entre tes mains. » [Le torrent du Qishôn longe le versant nord du mont Carmel et se jette dans la mer près de Haïfa Jg 5.21 ; Ps 83.10.]8 Baraq lui dit : « Si tu marches avec moi, je marcherai, mais si tu ne marches pas avec moi, je ne marcherai pas. » 9 Elle dit : « Je marcherai donc avec toi ; toutefois sur le chemin où tu marches, la gloire ne sera pas pour toi, car c'est à une femme que le Seigneur vendra Sisera. » Débora se leva et elle alla vers Baraq à Qèdesh. 10 Baraq convoqua Zabulon et Nephtali à Qèdesh. Dix mille hommes montèrent sur ses pas et avec lui monta Débora.

11 Héber le Qénite s'était séparé de Caïn, des fils de Hobab, beau-père de Moïse, et il avait dressé sa tente aussi loin que le chêne de Çaannaïm, près de Qèdesh. [Caïn : nom de l'ancêtre des Qénites d'après Nb 24.21-22.
— Hobab Nb 10.29
— beau-père de Moïse Jg 1.16.
— Caannaïm en Nephtali ; même localité que Caanannim en Jos 19.33.]

12 On annonça à Sisera que Baraq, fils d'Avinoam, était monté au mont Tabor. 13 Alors Sisera convoqua tous ses chars, neuf cents chars de fer, ainsi que tout le peuple qui était avec lui, depuis Harosheth-Goïm au torrent du Qishôn. [Jg 1.19.]14 Débora dit à Baraq : « Lève-toi, car voici le jour où le Seigneur a livré Sisera entre tes mains. Oui, le Seigneur est sorti devant toi. » Baraq descendit du mont Tabor, ayant dix mille hommes derrière lui. 15 Alors, devant Baraq, le Seigneur mit en déroute Sisera, tous ses chars et toute son armée — au tranchant de l'épée. Sisera descendit de son char et s'enfuit à pied. [Ex 14.24.]16 Baraq poursuivit les chars et l'armée jusqu'à Harosheth-Goïm ; toute l'armée de Sisera tomba sous le tranchant de l'épée ; il n'en resta pas un seul.

17 Or Sisera s'enfuyait à pied vers la tente de Yaël, femme de Héber le Qénite, car il y avait la paix entre Yavîn, roi de Haçor, et la maison de Héber le Qénite. [Yaël Jg 5.6,24.
— femme v.9 de Héber le Qénite v.11.]
18 Yaël sortit à la rencontre de Sisera et lui dit : « Arrête-toi, mon seigneur, arrête-toi chez moi ; ne crains rien. » Il s'arrêta chez elle, dans sa tente, et elle le recouvrit d'une couverture. 19 Il lui dit : « Peux-tu me donner à boire un peu d'eau, car j'ai soif. » Elle ouvrit l'outre de lait, le fit boire et le recouvrit. [Jg 5.25.]20 Il lui dit : « Tiens-toi à l'entrée de la tente et si quelqu'un vient, t'interroge et dit : “Y a-t-il quelqu'un ici ?”, tu diras : “Non.” » 21 Mais Yaël, femme de Héber, prit un piquet de la tente, saisit dans sa main le marteau, entra auprès de lui doucement et lui enfonça dans la tempe le piquet, qui alla se planter dans la terre. Sisera qui, épuisé, était profondément endormi, mourut. 22 Or, voici Baraq à la poursuite de Sisera ! Yaël sortit à sa rencontre et lui dit : « Viens, et je te ferai voir l'homme que tu cherches. » Il entra chez elle et voilà que Sisera gisait, mort, le piquet dans la tempe.

23 En ce jour-là Dieu abaissa Yavîn, roi de Canaan, devant les fils d'Israël. 24 La main des fils d'Israël se fit de plus en plus lourde contre Yavîn, roi de Canaan, jusqu'à ce qu'ils eussent abattu Yavîn, roi de Canaan.

Le cantique de Débora

5 Ce jour-là Débora et Baraq, fils d'Avinoam, chantèrent en disant : [Ce poème est un des plus anciens textes de la Bible et, pour cette raison, il est souvent difficile à traduire.]

2 « Lorsqu'en Israël on se consacre totalement,
lorsque le peuple s'offre librement,
bénissez le Seigneur. [Littéralement on dénoue les chevelures, rite par lequel on montrait qu'on se consacrait à Dieu en vue de la guerre sainte. Autre traduction les chefs commandent.]

3 Ecoutez, rois ! prêtez l'oreille, souverains !
Pour le Seigneur, moi, je veux chanter,
je veux célébrer le Seigneur, Dieu d'Israël.

4 Seigneur, quand tu sortis de Séïr,
quand tu partis de la steppe d'Edom,
la terre trembla, les cieux ont déversé,
les nuées ont déversé de l'eau, [Séïr : voir Gn 32.4 et la note.
— le Seigneur arrivant de Séïr Dt 33.2 ; voir Ps 68.8.]

5 les montagnes s'affaissèrent devant le Seigneur (celui du Sinaï),
devant le Seigneur, le Dieu d'Israël. [s'affaissèrent : autre traduction ruisselèrent.
— La nature bouleversée par l'approche du Seigneur Ha 3.3-6 ; 1 R 19.11-12 ; Ps 29 ; 68.9 ; He 12.26 ; voir Ex 19.16-18 ; Ps 77.18-19 ; 97.3-5.]

6 Aux jours de Shamgar, fils de Anath,
aux jours de Yaël, avaient cessé les caravanes,
et ceux qui voyageaient allaient par des chemins détournés. [Shamgar, fils de Anath Jg 3.31.
— Yaël Jg 4.17.
— caravanes ou voyages.
— détournés : la présence des Cananéens dans la plaine empêchait la circulation des caravanes et des voyageurs entre les tribus du nord et celles de la montagne d'Ephraïm. Voir Es 33.8.]

7 Des villages étaient abandonnés,
ils étaient abandonnés en Israël
jusqu'à ce que tu te sois levée, Débora,
jusqu'à ce que tu te sois levée, mère en Israël.

8 On choisissait des dieux nouveaux ; alors la guerre était aux portes ;
c'est à peine si on voyait un bouclier et une lance
pour quarante mille hommes en Israël. [Texte difficile ; traduction conjecturale.
— Un peuple désarmé 1 S 13.19-22.]

9 Mon cœur va aux commandants d'Israël,
à ceux qui, dans le peuple, s'offrent librement.
Bénissez le Seigneur !

10 Vous qui montez des ânesses blanches,
vous qui siégez sur des tapis,
et vous qui marchez sur la route, méditez. [A cette époque l'ânesse était la monture des chefs et des personnages de marque (Jg 10.4 ; Nb 22.21).]

11 Par la voix des bergers, entre les abreuvoirs,
là, on raconte les victoires du Seigneur,
les victoires de sa force en Israël.
Alors le peuple du Seigneur est descendu aux portes. [portes : lieu de rassemblement des habitants d'une ville.]

12 Eveille-toi, éveille-toi, Débora !
Eveille-toi, éveille-toi, lance un chant.
Lève-toi, Baraq, et ramène tes captifs, fils d'Avinoam. [ramène tes captifs : texte de sens incertain.]

13 Alors le rescapé est descendu vers les nobles,
le peuple du Seigneur est descendu pour moi parmi les héros.

14 D'Ephraïm sont descendus ceux qui ont des racines en Amaleq,
derrière toi Benjamin est descendu avec tes troupes,
de Makir sont descendus des commandants
et de Zabulon ceux qui tiennent le bâton de gouverneur, [Ephraïm Jos 16.1-10.
— Amaleq voir Jg 12.15.
— Benjamin Jos 18.11-28.
— Makir Nb 32.39 ; Jos 17.1.
— Zabulon Jg 1.30.]

15 les chefs en Issakar sont avec Débora.
Comme Issakar, Baraq s'élance à pied dans la plaine.
Dans les clans de Ruben, grandes sont les résolutions ! [Quatre tribus qui n'ont pas participé au combat vont recevoir des reproches : Ruben (v.15), Galaad, Dan, Asher (v.17).
— Issakar Jos 19.17-23.
— Débora Jg 4.4-5.
— Baraq Jg 4.6.
— Ruben Jos 13.15-23.]

16 Pourquoi es-tu resté parmi les bagages
à écouter les sifflements pour les troupeaux ?
Dans les clans de Ruben, grandes sont les interrogations ! [Les sifflements sont peut-être ceux des bergers ; certains pensent qu'il s'agit du son des flûtes.
— interrogations : les clans de Ruben ne se décident pas à participer au combat avec les autres tribus.]

17 Galaad habite au-delà du Jourdain.
Et Dan, pourquoi séjourne-t-il sur des vaisseaux ?
Asher demeure au bord de la mer
et habite près de ses ports. [Galaad, nom habituel de la Transjordanie centrale, désigne ici les tribus qui y étaient installées, Gad et une partie de Manassé Nb 32.1.
— vaisseaux : les Danites servaient peut-être comme marins sur des vaisseaux phéniciens. A cette époque la tribu de Dan était encore installée à l'ouest du territoire de Benjamin (voir Jg 18.1-2) Jos 19.40-51.
— Asher occupait la plaine littorale au nord du mont Carmel Jos 19.24-31.]

18 Zabulon est un peuple qui a risqué sa vie au mépris de la mort,
ainsi que Nephtali, sur les hauteurs de la campagne. [Nephtali Jos 19.32-39.]

19 Survinrent des rois, ils ont combattu,
alors les rois de Canaan ont combattu
à Taanak, près des eaux de Meguiddo ;
un butin d'argent ils n'ont pas obtenu. [Taanak et Meguiddo sont deux villes cananéennes importantes, situées à la bordure méridionale de la plaine d'Izréel Jos 12.21 ; 17.11 ; Jg 1.27.]

20 Du haut des cieux les étoiles ont combattu,
de leurs orbites elles ont combattu contre Sisera.

21 Le torrent du Qishôn les a balayés,
le torrent antique, le torrent du Qishôn !
Marche, mon âme, avec hardiesse ! [Jg 4.7.]

22 Alors les sabots des chevaux ont martelé le sol,
du galop, du galop des coursiers.

23 Maudissez Méroz, dit l'ange du Seigneur.
Maudissez de malédiction ses habitants,
car ils ne sont pas venus au secours du Seigneur,
au secours du Seigneur avec les héros. [Ville située à 12km au sud-est de Qèdesh de Nephtali.]

24 Bénie soit parmi les femmes Yaël, femme de Héber le Qénite,
parmi les femmes qui vivent sous la tente, qu'elle soit bénie ! [Bénie soit... Lc 1.42.
— Yaël Jg 4.17.]

25 Il demandait de l'eau, elle donna du lait ;
dans la coupe des nobles elle présenta de la crème. [Jg 4.19.]

26 Elle étendit sa main vers le piquet
et sa droite vers le marteau des travailleurs ;
elle martela Sisera et lui broya la tête ;
elle lui écrasa et transperça la tempe. [Jdt 13.8.]

27 A ses pieds il s'affaisse, il tombe, il est couché ;
à ses pieds, il s'affaisse, il tombe.
Là où il s'est affaissé, il est tombé, anéanti.

28 Par la fenêtre elle se penche et elle regarde,
la mère de Sisera, à travers le grillage :
“Pourquoi son char tarde-t-il à venir ?
Pourquoi la marche de ses chars est-elle si lente ?”

29 La plus sage de ses princesses lui répond,
elle lui réplique en disant :

30 “N'est-ce pas parce qu'ils trouvent et partagent le butin :
une captive, deux captives par tête de guerrier,
un butin d'étoffes de couleur pour Sisera, un butin d'étoffes,
une broderie, une étoffe de couleur,
deux broderies pour le cou des captives.” [une broderie... captives : traduction conjecturale d'un texte peu clair.]

31 Qu'ainsi périssent tous tes ennemis, Seigneur,
et que tes amis soient comme le soleil quand il se lève dans sa force. »
Et le pays fut en repos pendant quarante ans. [tes amis : d'après plusieurs versions anciennes ; hébreu : ses amis.
— Qu'ainsi périssent tes ennemis Nb 10.35 ; 1 S 2.10 ; Ps 37.20 ; 68.2 ; 72.9.
— les amis de Dieu Dt 5.10.
— comme le soleil se lève 2 S 23.4 ; Dn 12.3 ; Mt 13.43.
— le pays fut en repos Jg 3.11.]

V. GÉDÉON ET ABIMÉLEK

Oppression madianite

6 Les fils d'Israël firent ce qui est mal aux yeux du Seigneur ; et le Seigneur les livra à Madiân pendant sept ans. [ce qui est mal aux yeux de Dieu Dt 4.25.
— Madiân : voir Gn 25.2-6 ; Ex 2.15-22 ; 3.1 ; 18.1-12 ; Nb 10.29-32 ; 22.4,7 ; 25.6-18 ; 31.1-18.]
2 La main de Madiân fut puissante contre Israël. A cause de Madiân, les fils d'Israël aménagèrent dans les montagnes les failles, les grottes et les points escarpés. 3 Or, chaque fois qu'Israël avait semé, Madiân montait, ainsi qu'Amaleq et les fils de l'Orient ; ils montaient l'envahir. [Amaleq Jg 3.13 ; Ex 17.8-16 ; Dt 25.17-19 ; 1 S 15.3,7-8 ; 30.1-2 ; Ps 83.8.
— fils de l'Orient : désignation générale de groupes nomades vivant dans le nord de la Transjordanie et dans le désert syrien Jg 8.10 ; Ez 25.4,10 ; Jb 1.3.]
4 Ils campaient auprès des Israélites, ravageaient les produits du pays jusqu'à proximité de Gaza et ils ne laissaient en Israël aucun moyen de subsistance, ni moutons, ni bœufs, ni ânes. [Une des cinq villes des Philistins, la plus au sud, non loin de la mer.]5 En effet, ils montaient, eux et leurs troupeaux, avec leurs tentes, arrivaient aussi nombreux que des sauterelles — eux et leurs chameaux étaient innombrables — et ils entraient dans le pays pour le ravager. [Ces insectes arrivent parfois en troupes innombrables qui dévorent toute la verdure et laissent le pays ravagé Jg 7.12 ; Jr 46.23 ; Jl 1.4 — 2.11 ; Am 7.1-2 ; Nahum 3.15.]6 Ainsi, Israël fut très affaibli à cause de Madiân ; et les fils d'Israël crièrent vers le Seigneur.

7 Or, comme les fils d'Israël criaient vers le Seigneur à cause de Madiân, [Jg 3.9,15 ; 10.12.]8 le Seigneur envoya aux fils d'Israël un prophète qui leur dit : « Ainsi parle le Seigneur, Dieu d'Israël : C'est moi qui vous ai fait monter d'Egypte et qui vous ai fait sortir de la maison de servitude. [Bienfaits de Dieu, indignité du peuple (v. 8-10) Jg 2.1,2,12 ; 10.11-14 ; 1 S 2.27-36 ; 10.18-19 ; Es 1.2-3 ; 5.1-7 ; Os 2.4-15 ; Am 2.6-16 ; 3.1-2, etc. ; voir Jos 24.17-18.
— qui vous ai fait monter d'Egypte Jg 2.1.
— la maison de servitude Dt 5.6.]
9 Je vous ai délivrés de la main des Egyptiens et de tous ceux qui vous opprimaient ; je les ai chassés devant vous et je vous ai donné leur pays. 10 Je vous ai dit : “Je suis le Seigneur, votre Dieu. Vous ne craindrez pas les dieux des Amorites dont vous habitez le pays !” Mais vous n'avez pas écouté ma voix ! » [Je suis le Seigneur votre Dieu Ex 20.2 ; Lv 18.2,30 ; 19.2,4,10,12 ; 20.7,24 ; Dt 5.6.
— vous ne craindrez pas les dieux Ex 20.3,5 des Amorites Jos 24.15.
— vous n'avez pas écouté Dt 1.43 ; Es 66.4 ; Jr 13.11.]

Vocation de Gédéon

11 L'ange du Seigneur vint s'asseoir sous le térébinthe d'Ofra, qui appartenait à Yoash, du clan d'Avièzer. Gédéon, son fils, était en train de battre le blé dans le pressoir pour le soustraire à Madiân. [Autres vocations d'envoyés de Dieu Ex 3 ; 1 S 3.1-14 ; Es 6 ; Jr 1.1 ; Am 7.14-15. l'ange du Seigneur Jg 2.1 ; 13.3 ; Gn 22.11, etc. ; voir Jg 6.14,16,20-23.
— Ofra : localisation incertaine, sur le territoire de Manassé.
— Le térébinthe est ici un arbre sacré Gn 35.4 ; 1 R 13.14.
— Avièzer : clan de la tribu de Manassé Jos 17.2.
— Habituellement on bat le blé au grand air, mais Gédéon s'est caché dans le pressoir, c'est-à-dire le creux où l'on écrasait le raisin.
— Gédéon He 11.32.]
12 L'ange du Seigneur lui apparut et lui dit : « Le Seigneur est avec toi, vaillant guerrier ! » [Rt 2.4 ; voir Jos 1.5.]13 Gédéon lui dit : « Pardon, mon seigneur ! Si le Seigneur est avec nous, pourquoi tout cela nous est-il arrivé ? Où sont donc toutes les merveilles que nous racontaient nos pères en concluant : “N'est-il pas vrai que le Seigneur nous a fait monter d'Egypte ?” Or maintenant, le Seigneur nous a délaissés en nous livrant à Madiân. » [le Seigneur nous a fait monter d'Egypte Jg 2.1.
— livrés à Madiân Jg 2.14.]

14 Le Seigneur se tourna vers lui et dit : « Va avec cette force que tu as et sauve Israël de Madiân. Oui, c'est moi qui t'envoie ! » 15 Mais Gédéon lui dit : « Pardon, mon seigneur, comment sauverai-je Israël ? Mon clan est le plus faible en Manassé, et moi, je suis le plus jeune dans la maison de mon père ! » [je suis le plus jeune Ex 3.11 ; 1 S 9.21 ; 1 R 3.7 ; Jr 1.6.
— Dieu choisit souvent les derniers Gn 21.12 ; 25.23 ; 37.7 ; 48.19 ; 1 S 10.17-24 ; 16.1-13 ; voir Mt 19.30 ; 1 Co 1.26-31.]
16 Le Seigneur lui répondit : « Je serai avec toi, et ainsi tu battras les Madianites tous ensemble. » [Gn 26.3,24 ; 28.15 ; 31.3 ; Ex 3.12 ; Dt 31.23 ; Jos 1.9 ; 3.7 ; Es 41.10 ; Jr 1.8 : voir Jg 6.12.]17 Gédéon lui dit : « Si vraiment j'ai trouvé grâce à tes yeux, manifeste-moi par un signe que c'est toi qui me parles. [Jg 6.36-40 ; Gn 15.8 ; Ex 4.1-9 ; 33.16 ; 2 R 20.8-11 ; Es 7.10-14.]18 Je t'en prie, ne t'éloigne pas d'ici jusqu'à ce que je revienne vers toi, le temps d'apporter mon offrande et de la déposer devant toi. » Le Seigneur dit : « Je resterai jusqu'à ton retour. » [Gn 18.3-5 ; Jg 13.15.]

19 Gédéon vint préparer un chevreau et, avec un épha de farine, il fit des pains sans levain. Il mit la viande dans un panier et le jus dans un pot, puis il apporta le tout sous le térébinthe et le lui présenta. [Voir au glossaire POIDS ET MESURES.]20 L'ange de Dieu lui dit : « Prends la viande et les pains sans levain, pose-les sur cette roche et répands le jus ! » Ainsi fit Gédéon. 21 L'ange du Seigneur étendit l'extrémité du bâton qu'il avait à la main et toucha la viande et les pains sans levain. Le feu jaillit du rocher et consuma la viande et les pains sans levain. Puis l'ange du Seigneur disparut à ses yeux. [Ex 3.2-6 ; Lv 9.24 ; 1 R 18.38 ; 1 Ch 21.26 ; 2 Ch 7.1.]22 Alors Gédéon vit que c'était l'ange du Seigneur et il dit : « Ah ! Seigneur DIEU, j'ai donc vu l'ange du Seigneur face à face ! » [Jg 13.22 ; Ex 3.2-6 ; 33.20-23 ; 1 R 19.13 ; Es 6.5 ; voir Gn 32.31.]23 Le Seigneur lui dit : « La paix est avec toi ! Ne crains rien ; tu ne mourras pas. » [Gn 26.24 ; Es 41.10,13 ; Jr 30.10.]24 A cet endroit, Gédéon bâtit un autel au Seigneur et il l'appela « Le Seigneur est paix ». Jusqu'à ce jour, cet autel est encore à Ofra d'Avièzer. [Construction d'un autel Gn 12.7-8 auquel un nom est donné Gn 33.20 ; 35.7 ; Ex 17.15-16 ; Jos 22.34.]

La démolition de l'autel du Baal

25 Or cette nuit-là, le Seigneur dit à Gédéon : « Prends le taureau qui appartient à ton père, le taureau d'une seconde portée âgé de sept ans. Puis tu démoliras l'autel du Baal que possède ton père et tu couperas le poteau sacré qui est à côté. [tu démoliras l'autel Ex 34.13 ; Dt 7.5 ; 12.3 du Baal Jg 2.11.
— poteau sacré : symbole de la déesse Ashéra (voir Jg 3.7 et la note).]
26 Tu bâtiras ensuite un autel bien appareillé au Seigneur, ton Dieu, au sommet de cette hauteur ; tu prendras alors le taureau d'une seconde portée et tu l'offriras en holocauste sur le bois du poteau sacré que tu auras coupé. » [bien appareillé : traduction incertaine ; certains comprennent comme à l'ordinaire.
— holocauste : voir au glossaire SACRIFICES.]
27 Gédéon prit dix hommes parmi ses serviteurs, et il agit comme le lui avait dit le Seigneur. Mais, parce qu'il craignait les gens de la maison de son père et ceux de la ville, plutôt que de le faire de jour, il le fit de nuit. 28 S'étant levés de bon matin, les gens de la ville virent que l'autel du Baal était renversé, le poteau sacré qui était à côté, coupé, et qu'on avait offert en holocauste le taureau d'une seconde portée sur l'autel qui venait d'être bâti. 29 Ils se dirent l'un à l'autre : « Qui a fait cela ? » S'étant renseignés et ayant fait des recherches, ils dirent : « C'est Gédéon, fils de Yoash, qui a fait cela ! » 30 Les gens de la ville dirent à Yoash : « Fais sortir ton fils et qu'il meure, car il a renversé l'autel du Baal et coupé le poteau sacré qui était à côté. » 31 Yoash dit à tous ceux qui se tenaient près de lui : « Est-ce à vous de plaider pour Baal ? Est-ce à vous de venir à son secours ? — Quiconque plaide pour Baal doit être mis à mort avant le matin ! — Si Baal est Dieu, qu'il plaide lui-même sa cause, puisque Gédéon a renversé son autel. » [1 R 18.27.]32 Ce jour-là, on appela Gédéon : Yeroubbaal, en disant : « Que Baal plaide sa cause contre lui », puisqu'il a renversé son autel. [Yeroubbaal signifie Que Baal plaide.]

Préparation de la campagne contre Madiân

33 Tout Madiân ainsi qu'Amaleq et les fils de l'Orient se réunirent d'un commun accord, passèrent le Jourdain et campèrent dans la plaine d'Izréel. [Madiân, Amaleq, fils de l'Orient : voir Jg 6.1-3 et les notes.
— Izréel : voir Jos 19.18 et la note.]
34 L'esprit du Seigneur revêtit Gédéon, qui sonna du cor, et le clan d'Avièzer fut convoqué à sa suite. [l'esprit du Seigneur Jg 3.10.
— sonnerie de cor Jr 4.5.]
35 Il envoya des messagers dans tout Manassé qui, lui aussi, fut convoqué à sa suite. Puis il envoya des messagers dans les tribus d'Asher, de Zabulon et de Nephtali, qui montèrent à leur rencontre.

36 Gédéon dit à Dieu : « Si tu veux sauver Israël par ma main, comme tu l'as dit, [v. 14-16.]37 voici, je vais étendre sur l'aire une toison de laine : s'il n'y a de la rosée que sur la toison et si tout le terrain reste sec, je saurai que tu veux sauver Israël par ma main, comme tu l'as dit. » [toison : peau de mouton encore garnie de sa laine.
— Un signe demandé v. 17.]
38 Et il en fut ainsi. Lorsque le lendemain Gédéon se leva, il pressa la toison et il en exprima la rosée, une pleine coupe d'eau. 39 Gédéon dit à Dieu : « Que ta colère ne s'enflamme pas contre moi si je parle encore une fois. Permets que je fasse une dernière fois l'épreuve de la toison : Que la toison seule reste sèche et qu'il y ait de la rosée sur tout le terrain. » [Gn 18.30,32.]40 Cette nuit-là, Dieu fit ainsi : seule la toison resta sèche et il y eut de la rosée sur tout le terrain.

Campagne de Gédéon à l'ouest du Jourdain

7 Yeroubbaal — c'est Gédéon — se leva de bon matin, lui et tout le peuple qui était avec lui, et ils campèrent près de Ein-Harod, tandis que le camp de Madiân se trouvait plus au nord, du côté de la colline de Moré, dans la plaine. [Yeroubbaal : voir Jg 6.32 et la note.
— Ein-Harod (la source du tremblement) ; à l'est de la plaine d'Izréel, au pied du mont Guilboa.
— colline de Moré, c'est-à-dire du devin, haute de 515m, au sud du mont Tabor.]

2 Le Seigneur dit à Gédéon : « Trop nombreux est le peuple qui est avec toi pour que je livre Madiân entre ses mains : Israël pourrait s'en glorifier à mes dépens et dire : “C'est ma main qui m'a sauvé !” [Dt 8.17-18 ; 9.4-6 ; Es 10.13-15 ; Am 6.13 ; voir Jos 24.12 ; 1 S 17.47 ; Os 1.7 ; Ps 44.4.]3 En conséquence, proclame donc ceci au peuple : “Quiconque a peur et tremble, qu'il s'en retourne et déguerpisse par le mont Galaad !” » Vingt-deux mille hommes parmi le peuple s'en retournèrent, et il resta dix mille hommes. [quiconque a peur... Dt 20.8 ; 1 M 3.56.
— tremble : allusion à Ein-Harod (voir la note sur le v.1).]

4 Le Seigneur dit à Gédéon : « Ce peuple est encore trop nombreux ! Fais-le descendre au bord de l'eau, et là je le mettrai à l'épreuve pour toi. Ainsi, celui dont je te dirai : “Qu'il aille avec toi”, celui-là ira avec toi, et tout homme dont je te dirai : “Qu'il n'aille pas avec toi”, celui-là n'ira pas ! » 5 Alors Gédéon fit descendre le peuple au bord de l'eau, et le Seigneur dit à Gédéon : « Quiconque lapera l'eau, comme un chien le fait avec la langue, tu le mettras à part, et de même quiconque se mettra à genoux pour boire. » 6 Or, le nombre de ceux qui lapèrent en portant la main à la bouche fut de trois cents hommes, alors que tout le reste du peuple s'était mis à genoux pour boire de l'eau. 7 Le Seigneur dit à Gédéon : « C'est avec les trois cents hommes qui ont lapé que je vous sauverai et que je livrerai Madiân entre tes mains. Que le gros du peuple rentre chacun chez soi. » 8 Les trois cents prirent les provisions que le peuple avait, ainsi que leurs cors, puis Gédéon renvoya le gros des hommes d'Israël chacun sous sa tente, mais il retint les trois cents hommes. Le camp de Madiân était au-dessous du sien dans la plaine. [Jg 20.8 ; 1 S 13.2 ; 2 S 20.1 ; 1 R 8.66 ; 12.16.]

9 Or, cette nuit-là, le Seigneur dit à Gédéon : « Lève-toi, descends au camp, car je l'ai livré entre tes mains. 10 Mais si tu as peur de descendre, descends vers le camp avec Poura, ton serviteur. 11 Tu entendras ce qu'on y dit. Ton courage en sera fortifié, et tu pourras faire une descente dans le camp. » Il descendit donc avec Poura, son serviteur, jusqu'aux avant-postes du camp. 12 Madiân, Amaleq et tous les fils de l'Orient s'étalaient dans la plaine aussi nombreux que des sauterelles ; on ne pouvait compter leurs chameaux, aussi nombreux que les grains de sable sur le bord de la mer. [Madiân, Amaleq et les fils de l'Orient Jg 6.1,3,33.
— aussi nombreux que des sauterelles Jg 6.5 ou que les grains de sable Gn 22.17 ; Jos 11.4 ; 1 R 4.20 ; Jr 33.22 ; Os 2.1.]
13 Au moment où Gédéon arrivait, voilà qu'un homme racontait un songe à son camarade : « Tiens, lui disait-il, je viens d'avoir un songe : Voici qu'une miche de pain d'orge tournoyait dans le camp de Madiân, arrivait jusqu'à la tente, la heurtait, provoquant sa chute et la mettant sens dessus dessous, si bien que la tente était effondrée ! » [songes symboliques Gn 37.5-11 ; 40.5 ; 41.36.
— Le pain d'orge symbolise les Israélites cultivateurs ; la tente représente les Madianites nomades.]
14 Son camarade lui répondit et dit : « Ce ne peut être que l'épée de Gédéon, fils de Yoash, l'Israélite. Dieu a livré entre ses mains Madiân et tout le camp. » 15 Dès que Gédéon eut entendu le récit de ce songe et son interprétation, il se prosterna, puis il revint au camp d'Israël et dit : « Levez-vous, car le Seigneur a livré entre vos mains le camp de Madiân. »

16 Gédéon divisa les trois cents hommes en trois bandes. A tous il remit des cors et des cruches vides avec des torches dans les cruches. [Jg 9.43 ; 1 S 11.11 ; 13.17.]17 Il leur dit : « Vous regarderez de mon côté et vous ferez comme moi ! Quand je serai arrivé aux abords du camp, ce que je ferai, vous le ferez aussi. 18 Je sonnerai du cor, moi et tous ceux qui seront avec moi, alors vous sonnerez du cor, vous aussi, tout autour du camp et vous crierez : “Pour le Seigneur et pour Gédéon !” »

19 Gédéon et les cent hommes qui étaient avec lui arrivèrent aux abords du camp au début de la veille de la minuit ; on venait de relever les sentinelles. Ils sonnèrent du cor et brisèrent les cruches qu'ils avaient à la main. [Vers 11 heures du soir ; voir Ex 14.24 ; 1 S 11.11.]20 Alors, les trois bandes sonnèrent du cor et brisèrent les cruches ; de la main gauche ils saisirent les torches et de la main droite les cors pour en sonner, et ils crièrent : « Epée pour le Seigneur et pour Gédéon ! » 21 Pendant qu'ils se tenaient debout autour du camp, chacun à sa place, le camp tout entier se mit à courir, à pousser des cris et à prendre la fuite. 22 Et tandis que retentissaient les trois cents cors, le Seigneur fit que dans tout le camp chacun dirigeait son épée contre son camarade, et tous s'enfuirent jusqu'à Beth-Shitta, du côté de Ceréra, et jusqu'à la rive d'Avel-Mehola, près de Tabbath. [Ceréra : localité inconnue. Avel-Mehola à l'ouest du Jourdain et Tabbath à l'est, ainsi peut-être que Beth-Shitta. Les Madianites fuient vers le sud pour franchir les gués du Jourdain.]

23 Alors les hommes d'Israël furent convoqués de Nephtali, d'Asher et de tout Manassé, et ils poursuivirent Madiân. [Jg 5.17-18 ; 6.15,35.]24 Gédéon envoya des messagers dans toute la montagne d'Ephraïm pour dire : « Descendez à la rencontre de Madiân et occupez avant eux les points d'eau jusqu'à Beth-Bara ainsi que le Jourdain. » Tous les hommes d'Ephraïm furent convoqués et ils occupèrent les points d'eau jusqu'à Beth-Bara ainsi que le Jourdain. 25 Ils s'emparèrent de deux chefs de Madiân, Orev et Zéev. Ils tuèrent Orev au rocher de Orev et Zéev au pressoir de Zéev. Puis ils menèrent leur poursuite jusque vers Madiân et rapportèrent à Gédéon les têtes de Orev et de Zéev d'au-delà du Jourdain.

8 Les hommes d'Ephraïm dirent à Gédéon : « Que signifie cette manière d'agir envers nous en ne nous appelant pas lorsque tu partais combattre Madiân ? » Et ils le prirent violemment à partie. [Jg 12.1-6.]2 Gédéon leur dit : « Qu'ai-je donc fait de comparable à vous ? Le grappillage d'Ephraïm ne vaut-il pas mieux que la vendange d'Avièzer ? [Cueillette des grappes de raisin qui restent après la vendange.]3 C'est entre vos mains que Dieu a livré les chefs de Madiân, Orev et Zéev. Qu'ai-jedonc pu faire de comparable à vous ? » Dès qu'il eut prononcé cette parole, leur animosité contre lui s'apaisa.

Campagne de Gédéon à l'est du Jourdain

4 Gédéon arriva au Jourdain et le traversa, lui et les trois cents hommes qui étaient avec lui. Bien qu'épuisés, ils continuaient leur poursuite. 5 Il dit aux gens de Soukkoth : « Donnez, je vous prie, des galettes de pain à la troupe qui me suit, car ils sont épuisés, et je poursuis Zèvah et Çalmounna, rois de Madiân. » [Soukkoth : voir Gn 33.17 et la note ; Jos 13.27.
— Zèvah (victime) et Calmounna (ombre retranchée) sont probablement des surnoms ironiques donnés par le narrateur aux deux rois madianites.]
6 Mais les chefs de Soukkoth répondirent : « Tiens-tu déjà en ton pouvoir Zèvah et Çalmounna pour que nous donnions du pain à ton armée ? » — 7 « Eh bien, répliqua Gédéon, quand le Seigneur aura livré entre mes mains Zèvah et Çalmounna, je vous fouetterai avec les épines du désert et les chardons. » [Autre traduction je vous foulerai sous (ou comme).]8 De là il monta à Penouël et il parla aux habitants de la même manière, et les gens de Penouël lui répondirent comme avaient répondu les gens de Soukkoth. [Ville de Transjordanie, proche de Soukkoth (voir Gn 32.31-32) ; 1 R 12.25.]9 Il dit aussi aux gens de Penouël : « Si je reviens sain et sauf, je renverserai cette tour ! »

10 Zèvah et Çalmounna se trouvaient dans le Qarqor avec leur armée, environ quinze mille hommes, tous ceux qui restaient de toute l'armée des fils de l'Orient. En effet, il était tombé cent vingt mille hommes sachant tirer l'épée. [Qarqor : lieu inconnu.
— fils de l'Orient : voir Jg 6.3 et la note.]
11 Gédéon monta par la route des nomades à l'est de Novah et de Yogboha, et il battit l'armée, alors que celle-ci se croyait en sûreté. [Novah : nom d'un clan de Manassé en Transjordanie (voir Nb 32.42).
— Yogboha : ville de Gad, en Transjordanie, à 13km au nord-ouest d'Amman.]
12 Zèvah et Çalmounna prirent la fuite, mais Gédéon les poursuivit, s'empara des deux rois de Madiân, Zèvah et Çalmounna, et il sema la panique dans toute l'armée.

13 Gédéon, fils de Yoash, revint du combat par la montée du Hèrès. [Localisation inconnue.]14 Il saisit un jeune homme de Soukkoth, qu'il interrogea et qui lui désigna par écrit les chefs de Soukkoth et ses anciens : soixante-dix-sept hommes. [Gn 4.24 ; 46.27 ; Jg 8.30 ; 9.2 ; 2 R 10.1.]15 Il se rendit alors auprès des gens de Soukkoth et leur dit : « Voici Zèvah et Çalmounna à propos desquels vous m'avez mis au défi, en disant : “Tiens-tu déjà en ton pouvoir Zèvah et Çalmounna pour que nous donnions du pain à tes hommes épuisés ?” » 16 Il prit les anciens de la ville, ainsi que des épines du désert et des chardons, et il en fit faire connaissance aux hommes de Soukkoth. [Texte hébreu incertain. Les versions anciennes lisent... chardons avec lesquels il piétina les hommes de Soukkoth.]17 Il renversa aussi la tour de Penouël et massacra les hommes de la ville.

18 Puis il dit à Zèvah et à Çalmounna : « Comment étaient les hommes que vous avez tués au Tabor ? » Ils répondirent : « Ils étaient comme toi. Ils avaient chacun l'air d'un fils de roi. » [Tabor Jg 4.6 : voir Jos 19.22 et la note. Gédéon fait allusion à une bataille inconnue, sans doute différente de celle du ch. 7.
— fils de roi : les frères de Gédéon ont été exécutés parce qu'on les a considérés comme des chefs.]
19 Il leur dit : « C'étaient mes frères, les fils de ma mère ! Par la vie du Seigneur, si vous les aviez laissé vivre, je ne vous tuerais pas. » [Gn 43.29 ; Dt 13.7 ; Ct 8.1.]20 Puis il dit à Yètèr, son fils aîné : « Lève-toi et tue-les ! » Mais le jeune homme ne tira pas son épée, car il avait peur, n'étant encore qu'un jeune homme. [Le proche parent d'un homme tué par un autre avait le devoir de faire périr le meurtrier. C'est ce qu'on appelait la « vengeance du sang » ; Gn 4.14-15,23-24 ; Nb 35.19-29 ; Jos 20.1-3 ; 2 S 3.27,30 ; 14.7 ; 21.1-9.]21 Zèvah et Çalmounna dirent alors : « Lève-toi toi-même et frappe-nous, car tel est l'homme, telle est sa bravoure. » Alors Gédéon se leva et tua Zèvah et Çalmounna, puis il prit les croissants qui étaient au cou de leurs chameaux. [tel est l'homme... : les rois trouvent plus glorieux de mourir de la main d'un guerrier brave que de celle d'un adolescent peureux Jg 9.54.
— croissants : sortes de bijoux en forme de quartier de lune.]

Fin de la carrière de Gédéon

22 Les hommes d'Israël dirent à Gédéon : « Sois notre souverain, toi-même, puis ton fils, puis le fils de ton fils, car tu nous as sauvés de la main de Madiân. » 23 Gédéon leur dit : « Ce n'est pas moi qui serai votre souverain, ni mon fils. Que le Seigneur soit votre souverain ! » [1 S 8.7 ; 12.12.]

24 Puis Gédéon leur dit : « Je voudrais vous faire une demande : Donnez-moi chacun un anneau de votre butin ! » En effet, les vaincus avaient des anneaux d'or puisque c'étaient des Ismaélites. [Collecte des anneaux d'or Ex 32.2-3.
— Ismaélites possède apparemment ici le sens général de nomades ou de caravaniers (voir Gn 37.25-28 ; 39.1).]
25 Ils répondirent : « Oui, nous allons te les donner ! » Ils étendirent un manteau et y jetèrent chacun un anneau de son butin. 26 Le poids des anneaux d'or qu'il avait demandés s'éleva à mille sept cents sicles d'or, sans compter les croissants, les pendants d'oreilles et les vêtements de pourpre que portaient les rois de Madiân, sans compter non plus les colliers qui étaient au cou de leurs chameaux. [sicles : voir au glossaire POIDS ET MESURES.
— pourpre : étoffe précieuse, de couleur rouge.]
27 Gédéon en fit un éphod qu'il installa dans sa ville, à Ofra. Tout Israël vint se prostituer là, devant cet éphod, qui devint un piège pour Gédéon et pour sa maison. [L'éphod peut désigner ici soit un étui où l'on met les objets sacrés utilisés pour la divination, soit plus probablement une statue divine Jg 17.5 ; 18.14-20 ; Os 3.4. Il est différent de l'éphod Ex 25.7 (voir la note).
— se prostituer : voir Os 1.2 ; 2.4 et la note.
— un piège Jg 2.3.]

28 Ainsi Madiân fut abaissé devant les fils d'Israël et il ne releva plus la tête. Le pays fut en repos pendant quarante ans durant la vie de Gédéon. [Jg 3.11.]

29 Yeroubbaal, fils de Yoash, s'en alla et demeura dans sa maison. 30 Gédéon eut soixante-dix fils, issus de son sang, car il avait beaucoup de femmes. [Jg 9.5,24,56.]31 Quant à sa concubine, qui se trouvait à Sichem, elle lui enfanta, elle aussi, un fils, à qui il imposa le nom d'Abimélek. 32 Gédéon, fils de Yoash, mourut après une heureuse vieillesse et il fut enseveli dans le tombeau de Yoash, à Ofra d'Avièzer. [Jg 10.2,5 ; 12.7,10,12,15 ; 16.31.]

33 Mais après la mort de Gédéon, les fils d'Israël recommencèrent à se prostituer aux Baals, et ils adoptèrent Baal-Berith pour dieu. [Rechute dans l'idolâtrie Jg 2.19 ; 3.12 ; 4.1 ; 6.1 ; 10.6 ; 13.1.
— Baal-Berith (comme en 9.4) ou El-Berith (Jg 9.46) : dieu de l'alliance ou des serments. Il s'agit probablement du dieu adoré à Sichem (voir Jg 9.4).]
34 Les fils d'Israël ne se souvinrent plus du Seigneur, leur Dieu, qui les avait délivrés de la main de tous leurs ennemis d'alentour, 35 et ils ne firent preuve d'aucune loyauté envers la maison de Yeroubbaal-Gédéon, après tout le bien qu'il avait fait à Israël.

La royauté d'Abimélek

9 Abimélek, fils de Yeroubbaal, alla à Sichem trouver les frères de sa mère pour leur parler, ainsi qu'à tout le clan de la maison paternelle de sa mère, et il leur dit : [Voir Jg 8.31.]2 « Parlez donc ainsi à tous les propriétaires de Sichem : Que vaut-il mieux pour vous ? Etre dominés par soixante-dix hommes, tous fils de Yeroubbaal, ou être dominés par un seul homme ? Souvenez-vous que je suis, moi, de vos os et de votre chair. » [Ces propriétaires forment un groupe qui dispose d'une influence politique.
— Yeroubbaal : voir Jg 6.32 et la note.
— soixante-dix fils Jg 8.30.
— vos os et votre chair : cette expression marque une étroite parenté (voir Gn 2.23 ; 29.14).]
3 Les frères de sa mère répétèrent toutes ces paroles d'Abimélek à tous les propriétaires de Sichem et leur cœur opta pour Abimélek, car ils se dirent : « C'est notre frère. » 4 Ils lui donnèrent donc soixante-dix sicles d'argent du temple de Baal-Berith avec lesquels Abimélek prit à sa solde des hommes de rien et des aventuriers qui marchèrent à sa suite. [sicles : voir au glossaire POIDS ET MESURES.
— Baal-Berith ; voir Jg 8.33 et la note.
— des hommes de rien à sa solde Jg 11.3.]
5 Puis il entra dans la maison de son père à Ofra et il tua ses frères, les fils de Yeroubbaal, soixante-dix hommes à la fois. Il ne subsista que Yotam, le plus jeune fils de Yeroubbaal, car il s'était caché. [Extermination de la descendance royale 2 R 10.1-17 ; 11.1-3 ; voir Mt 2.16-18.]6 Tous les propriétaires de Sichem et tout le Beth-Millo se rassemblèrent et allèrent proclamer roi Abimélek près du térébinthe de la stèle qui est à Sichem. [Beth-Millo (maison du Terre-plein) : l'expression doit désigner la partie haute de la ville, probablement fortifiée, nommée aux v.46-49 Migdal-Sichem (tour de Sichem).
— térébinthe : ici arbre sacré. Voir Gn 12.6 ; 35.4.
— stèle ou pierre dressée, considérée comme sacrée elle aussi. Jos 24.26.]

7 On l'annonça à Yotam. Celui-ci alla se placer au sommet du mont Garizim ; il éleva la voix et cria, puis leur dit : « Ecoutez-moi, propriétaires de Sichem, et que Dieu vous écoute. [Voir Dt 11.29 et la note.]8 Les arbres s'étaient mis en route pour aller oindre celui qui serait leur roi. Ils dirent à l'olivier : “Règne donc sur nous.” [La fable de Yotam voir 2 S 12.1-4 ; 2 R 14.9 ; Ez 17.]9 L'olivier leur dit : “Vais-je renoncer à mon huile que les dieux et les hommes apprécient en moi, pour aller m'agiter au-dessus des arbres ?” [Usages profane et sacré de l'huile Lv 2.1-16 ; 1 S 10.1 ; 16.13 ; Ps 104.15.]10 Les arbres dirent au figuier : “Viens donc, toi, régner sur nous.” 11 Le figuier leur dit : “Vais-je renoncer à ma douceur et à mon bon fruit, pour aller m'agiter au-dessus des arbres ?” 12 Les arbres dirent alors à la vigne : “Viens donc, toi, régner sur nous.” 13 La vigne leur dit : “Vais-je renoncer à mon vin qui réjouit les dieux et les hommes pour aller m'agiter au-dessus des arbres ?” [Ps 104.15 ; Si 31.27-28 ; voir Qo 9.7.]14 Alors tous les arbres dirent au buisson d'épines : “Viens donc, toi, régner sur nous.” 15 Mais le buisson d'épines dit aux arbres : “Si c'est loyalement que vous me donnez l'onction pour que je sois votre roi, alors venez vous abriter sous mon ombre. Mais s'il n'en est pas ainsi, un feu sortira du buisson d'épines et il dévorera les cèdres du Liban.” [Voir Es 10.34 et la note.]16 Maintenant donc, si vous avez agi avec loyauté et intégrité en proclamant Abimélek comme roi, si vous avez agi correctement à l'égard de Yeroubbaal et de sa maison, si vous avez agi envers lui selon le mérite de ses actions — [maison ou famille.
— actions : la phrase, interrompue après ce mot, reprend au v.19.]
17 alors que mon père a combattu pour vous, qu'il a exposé sa vie, qu'il vous a délivrés de la main de Madiân, [Jos 6.33-8.28.]18 vous, aujourd'hui, vous vous êtes levés contre la maison de mon père ; vous avez tué ses fils, soixante-dix hommes à la fois, et vous avez proclamé roi Abimélek, le fils de sa servante, sur les propriétaires de Sichem parce qu'il est votre frère — , 19 si donc vous avez agi en ce jour avec loyauté et intégrité à l'égard de Yeroubbaal et de sa maison, trouvez votre joie en Abimélek, et que lui trouve sa joie en vous ! 20 S'il n'en est pas ainsi, un feu sortira d'Abimélek et il dévorera les propriétaires de Sichem et le Beth-Millo ; un feu sortira des propriétaires de Sichem et du Beth-Millo et il dévorera Abimélek. » [v. 49.]

21 Yotam disparut en prenant la fuite et il s'en alla à Béer ; il y habita loin de la présence d'Abimélek son frère. [Localité située à 15km au sud-est du mont Tabor.]22 Abimélek gouverna sur Israël pendant trois ans, 23 puis Dieu envoya un esprit mauvais entre Abimélek et les propriétaires de Sichem et les propriétaires de Sichem devinrent infidèles à Abimélek. [1 S 16.14 ; 1 R 22.23 ; Es 19.14 ; 29.10.]24 En effet il fallait que le forfait commis contre les soixante-dix fils de Yeroubbaal soit imputé et que leur sang retombe sur Abimélek, leur frère, qui les avait tués, et sur les propriétaires de Sichem qui l'avaient poussé à tuer ses frères. [Jr 51.35.]25 Les propriétaires de Sichem placèrent contre lui des embuscades au sommet des montagnes et ils dépouillaient tous ceux qui passaient près d'eux sur la route ; et on en informa Abimélek. [Ces embuscades privaient Abimélek des droits qu'il percevait sur les marchandises qui passaient par Sichem.]

26 Or Gaal, fils de Eved, vint à passer par Sichem avec ses frères, et les propriétaires de Sichem mirent leur confiance en lui. [Ou les gens de sa parenté.]27 Ceux-ci sortirent dans les champs pour vendanger leurs vignes ; ils foulèrent le raisin, puis organisèrent des réjouissances. Ils vinrent au temple de leur dieu, mangèrent et burent, puis ils maudirent Abimélek. 28 Gaal, fils de Eved, disait : « Qu'est-ce qu'un Abimélek par rapport à Sichem pour que nous lui soyons asservis ? Le fils de Yeroubbaal et Zevoul, son lieutenant, n'étaient-ils pas asservis aux hommes de Hamor, père de Sichem ? Pourquoi, nous, devrions-nous lui être asservis ? [Allusion à Gn 34 : Gaal estime que, en vertu du pacte conclu jadis avec Hamor, prince hivvite de Sichem, les Israélites doivent se considérer comme soumis aux propriétaires de Sichem, et non l'inverse.
— Hamor, père de Sichem Gn 34.2,4.]
29 Ah ! si seulement on me confiait ce peuple, comme j'écarterais Abimélek ! » Et, à l'adresse d'Abimélek, il disait : « Augmente ton armée et viens au combat. »

30 Zevoul, gouverneur de la ville, apprit les paroles de Gaal, fils de Eved, et il se mit en colère. 31 Il envoya en secret des messagers à Abimélek pour lui dire : « Voici que Gaal, fils de Eved, est arrivé à Sichem avec ses frères, et les voilà qui soulèvent la ville contre toi. 32 Maintenant donc, lève-toi de nuit, toi et la troupe qui est avec toi, et mets-toi en embuscade dans la campagne. 33 Puis, le matin, dès le lever du soleil, tu partiras et tu lanceras un assaut contre la ville. Quand Gaal, lui et tout le peuple qui est avec lui, sortira à ta rencontre, tu le traiteras selon les circonstances. »

34 Abimélek, ainsi que toute la troupe qui était avec lui, se leva de nuit, et ils se mirent en embuscade près de Sichem, en quatre bandes. 35 Gaal fils de Eved sortit et se tint à l'entrée de la porte de la ville. Alors surgirent de l'embuscade Abimélek et la troupe qui était avec lui. 36 A la vue de cette troupe, Gaal dit à Zevoul : « Voici une troupe qui descend du sommet des montagnes. » Mais Zevoul lui dit : « C'est l'ombre des montagnes que tu prends pour des hommes. » 37 Gaal reprit encore la parole et dit : « Voici des gens qui descendent du côté du Nombril de la terre et une autre bande qui vient par le chemin du Chêne des Devins. » [Nombril de la terre : nom d'une bosse de terrain sur une des montagnes qui entourent Sichem (voir aussi Ez 38.12 où la même expression est appliquée à Jérusalem).
— Chêne des Devins : c'est probablement un autre nom du chêne de Moré (Gn 12.6 ; Dt 11.30).]
38 Zevoul lui dit : « Où est ta langue, toi qui disais : “Qu'est-ce qu'un Abimélek pour que nous lui soyons asservis ?” N'est-ce pas là cette troupe que tu méprisais ? Sors donc maintenant et livre-lui combat. » 39 Gaal sortit à la tête des propriétaires de Sichem et il livra combat à Abimélek. 40 Mais Abimélek poursuivit Gaal qui s'était enfui devant lui. De nombreuses victimes tombèrent jusqu'à l'entrée de la porte. 41 Puis Abimélek résida à Arouma, et Zevoul chassa Gaal et ses frères pour qu'ils ne puissent résider à Sichem. [Localité située à 14km au sud-est de Sichem.]

42 Or, le lendemain, la population sortit dans la campagne et on l'annonça à Abimélek. 43 Celui-ci prit sa troupe et la divisa en trois bandes, puis il se mit en embuscade dans la campagne. Lorsqu'il vit la population sortir de la ville, il surgit sur elle et la battit. 44 Abimélek et la bande qui était avec lui s'élancèrent et prirent position à l'entrée de la porte de la ville tandis que les deux autres bandes s'élançaient sur tous ceux qui étaient dans la campagne et les battaient. 45 Abimélek combattit toute la journée contre la ville, puis il s'en empara et massacra toute la population qui s'y trouvait ; il démolit la ville et y sema du sel. [Le sel est ici le symbole de la stérilité à laquelle Abimélek voue Sichem ; Dt 29.22 ; Jr 17.6 ; Ps 107.34.]46 Lorsque tous les propriétaires de Migdal-Sichem apprirent cela, ils vinrent dans la grotte du temple d'El-Berith. [Migdal-Sichem : voir Jg 9.6 et la note. La grotte doit se trouver hors de la ville.
— El-Berith : voir Jg 8.33 et la note.]
47 On annonça à Abimélek que tous les propriétaires de Migdal-Sichem s'étaient rassemblés. 48 Alors Abimélek monta sur le mont Çalmôn, lui et toute la troupe qui était avec lui ; prenant en main une hache, il coupa une branche d'arbre qu'il souleva et mit sur son épaule et il dit à la troupe qui était avec lui : « Ce que vous m'avez vu faire, hâtez-vous de le faire comme moi. » [le mont %1Calmôn : peut-être le mont Ebal (voir Dt 11.29 et la note).]49 Tous les hommes de la troupe coupèrent chacun une branche et suivirent Abimélek. Puis ils entassèrent les branches contre la grotte et ils mirent le feu à la grotte sur ceux qui s'y trouvaient. Ainsi moururent également tous les habitants de Migdal-Sichem, environ mille hommes et femmes. [En mettant le feu, Abimélek évite de violer ouvertement le droit d'asile du temple d'El-Berith (v. 46). Voir v. 20.]

Mort d'Abimélek

50 Puis Abimélek se mit en route vers Tévéç ; il l'assiégea et s'en empara. [Localité à quelques km au nord-est de Sichem.]51 Il y avait, au milieu de la ville, une tour fortifiée où s'étaient réfugiés tous les hommes et toutes les femmes ainsi que tous les propriétaires de la ville. Après avoir fermé la porte sur eux, ils étaient montés sur la terrasse de la tour. 52 Abimélek arriva jusqu'à la tour, l'attaqua et s'approcha jusqu'à la porte de la tour pour y mettre le feu. 53 Alors une femme lança une meule sur la tête d'Abimélek et lui fracassa le crâne. [Il s'agit de la meule d'un petit moulin domestique. 2 S 11.21.]54 Abimélek appela aussitôt son écuyer et lui dit : « Tire ton épée et fais-moi mourir, de peur qu'on ne dise de moi : “C'est une femme qui l'a tué.” » Alors son écuyer le transperça et il mourut. [son écuyer ou le jeune homme qui portait ses armes.
— achève-moi 1 S 31.4.]
55 Quand les hommes d'Israël virent qu'Abimélek était mort, ils s'en allèrent chacun chez soi.

56 Dieu fit retomber sur Abimélek le mal qu'il avait fait à son père en tuant ses soixante-dix frères. 57 Dieu fit aussi retomber sur la tête des hommes de Sichem toute leur méchanceté. C'est ainsi que s'accomplit sur eux la malédiction de Yotam, fils de Yeroubbaal. [Jg 9.20.]

VI. TOLA

10 Après Abimélek ce fut Tola, fils de Poua, fils de Dodo, homme d'Issakar, qui se leva pour sauver Israël ; il habitait Shamir dans la montagne d'Ephraïm. [Tola, Poua Gn 46.13 ; Nb 26.23 ; 1 Ch 7.1.
— Shamir n'a pas été localisé.
— la montagne d'Ephraïm Jg 3.27.]
2 Il jugea Israël pendant vingt-trois ans ; il mourut et il fut enseveli à Shamir. [Voir la note sur Jg 2.16.]

VII. YAÏR

3 Après lui ce fut Yaïr, le Galaadite, qui se leva ; il jugea Israël pendant vingt-deux ans. [Nb 32.41 ; Dt 3.14 ; 1 R 4.13 ; 1 Ch 2.21-23. Voir la note sur Jg 5.17.]4 Il avait trente fils qui montaient trente ânons et qui possédaient trente villes appelées jusqu'à ce jour les Campements de Yaïr au pays du Galaad. [trente fils Jg 8.30 ; 12.14.
— ânons : voir Jg 5.10 et la note ; voir aussi Jg 12.14.
— villes : d'après les versions anciennes ; hébreu : ânons.]
5 Yaïr mourut, et il fut enseveli à Qamôn. [Ville à l'est du Jourdain, à mi-chemin entre la mer de Kinnéreth et Ramoth-de-Galaad.]

VIII. JEPHTÉ

Attaques des Ammonites contre Israël

6 Les fils d'Israël recommencèrent à faire ce qui est mal aux yeux du Seigneur. Ils servirent les Baals et les Astartés, les dieux d'Aram, les dieux de Sidon, les dieux de Moab, les dieux des fils d'Ammon et les dieux des Philistins. Ils abandonnèrent le Seigneur et ne le servirent plus. [ce qui est mal aux yeux du Seigneur Dt 4.25.
— les Baals et les Astartés Jg 2.13. Voir Jg 3.7 et la note.
— ils abandonnèrent le Seigneur Jg 2.12 ; 3.7.]
7 La colère du Seigneur s'enflamma contre Israël et il les vendit aux Philistins et aux fils d'Ammon. [Jg 2.14.]8 Ceux-ci mirent en pièces les fils d'Israël cette année-là, et pendant dix-huit ans tous les fils d'Israël qui étaient au-delà du Jourdain, dans le pays des Amorites, au Galaad. 9 Les fils d'Ammon passèrent le Jourdain pour faire également la guerre à Juda, Benjamin et la maison d'Ephraïm, et la détresse d'Israël fut extrême. 10 Alors les fils d'Israël crièrent vers le Seigneur en disant : « Nous avons péché contre toi, car nous avons abandonné notre Dieu pour servir les Baals. » [Appel au Seigneur Jg 3.9,15 ; 4.3 ; 6.6.
— nous avons péché Dt 1.41 ; 1 S 12.10 ; 1 R 8.47 ; Ps 106.6 ; Dn 9.5 ; Ba 1.17.]
11 Le Seigneur dit aux fils d'Israël : « Lorsque les Egyptiens, les Amorites, les fils d'Ammon, les Philistins, 12 les Sidoniens, Amaleq et Méoun vous ont opprimés et que vous avez crié vers moi, ne vous ai-je pas sauvés de leurs mains ? [Méoun : d'après 2 Ch 26.7 ; hébreu Maôn.
— Amaleq et Madiân Jg 3.13 ; 6.1,3.
— ne vous ai-je pas sauvés ? Jg 2.16 ; 3.9,15 ; 6.9,14 ; 10.1.]
13 Mais vous, vous m'avez abandonné et vous avez servi d'autres dieux. C'est pourquoi je ne recommencerai pas à vous sauver. [Ex 20.3.]14 Allez ! Criez vers les dieux que vous avez choisis. Qu'ils viennent, eux, à votre secours au temps de votre détresse ! » [Dt 32.37-38 ; Jr 2.28.]15 Les fils d'Israël dirent au Seigneur : « Nous avons péché. Traite-nous en tout comme il le semblera bon à tes yeux ; mais délivre-nous aujourd'hui ! » [v. 10.]16 Ils écartèrent les dieux de l'étranger du milieu d'eux et ils servirent le Seigneur, qui ne put supporter la souffrance d'Israël. [ils écartèrent les dieux étrangers Gn 35.2,4 ; Jos 24.23 ; 1 S 7.3-4.
— souffrance d'Israël insupportable au Seigneur Ex 3.7,9.]

17 Les fils d'Ammon furent convoqués et campèrent au Galaad. Les fils d'Israël se rassemblèrent et campèrent à Miçpa. [Localité située au sud du Yabboq et appelée aussi Miçpé-de-Galaad (Jg 11.29) ; voir aussi Gn 31.49.]18 Le peuple, les chefs du Galaad, se dirent l'un à l'autre : « Quel est l'homme qui entreprendra de combattre les fils d'Ammon ? Celui-là sera le chef de tous les habitants du Galaad. »

11 Jephté, le Galaadite, un vaillant guerrier, était le fils d'une prostituée, et Galaad l'avait engendré. [Considéré ici comme l'ancêtre d'une tribu. En général c'est un nom géographique.
— Jephté He 11.32.]
2 L'épouse de Galaad lui enfanta aussi des fils, et lorsque les fils de cette femme eurent grandi, ils chassèrent Jephté en lui disant : « Tu ne recevras pas de patrimoine dans la maison de notre père, car tu es le fils d'une autre femme. » [Voir Gn 21.10.]3 Jephté s'enfuit loin de ses frères et il demeura au pays de Tov. Des hommes de riens'associèrent à Jephté et firent des coups de main avec lui. [associé à des hommes de rien Jg 9.4.
— Tov : à l'extrémité nord du Galaad, à 60 km à l'est de la mer de Kinnéreth.
— des coups de main ou des raids.]

4 Or, au bout d'un certain temps, les fils d'Ammon firent la guerre à Israël. [Jg 10.7.]5 Comme les fils d'Ammon faisaient la guerre à Israël, les anciens du Galaad allèrentchercher Jephté au pays de Tov. 6 Ils lui dirent : « Viens, sois notre commandant, et nous pourrons combattre les fils d'Ammon. » 7 Jephté dit aux anciens du Galaad : « N'est-ce pas vous qui m'avez haï et chassé de la maison de mon père ? Pourquoi venez-vous à moi, maintenant que vous êtes dans la détresse ? » 8 Les anciens du Galaad dirent à Jephté : « Si maintenant nous sommes revenus vers toi, c'est pour que tu viennes avec nous, que tu combattes les fils d'Ammon et que tu sois notre chef, celui de tous les habitants du Galaad. » 9 Jephté dit aux anciens du Galaad : « Si vous me faites revenir pour combattre les fils d'Ammon et que le Seigneur les livre devant moi, alors c'est moi qui serai votre chef. » 10 Les anciens du Galaad dirent à Jephté : « Le Seigneur sera témoin entre nous si nous n'agissons pas comme tu l'as dit. » [1 S 12.5 ; Jr 29.23 ; 42.5 ; Ml 2.14 ; Rm 1.9 ; 2 Co 1.23 ; Ph 1.8 ; 1 Th 2.5,10 ; Ap 1.5 ; 3.14.]11 Jephté partit avec les anciens du Galaad, et le peuple le plaça au-dessus de lui comme chef et comme commandant. Jephté répéta toutes ses paroles devant le Seigneur à Miçpa. [Voir Jg 10.17 et la note ; Gn 31.49.]

Pourparlers avec les Ammonites

12 Jephté envoya des messagers au roi des fils d'Ammon pour lui dire : « Qu'y a-t-il entre toi et moi pour que tu sois venu vers moi faire la guerre à mon pays ? » [Expression hébraïque qui traduit un désaccord ou même une hostilité entre deux personnes ; 2 S 16.10 ; 19.23 ; 1 R 17.18 ; 2 Ch 35.21 ; voir Mc 1.24 ; Jn 2.4.]13 Le roi des fils d'Ammon dit aux messagers de Jephté : « C'est parce qu'Israël, lorsqu'il montait d'Egypte, a pris mon pays depuis l'Arnôn jusqu'au Yabboq et jusqu'au Jourdain. Maintenant donc, rends-le pacifiquement. » [Dt 2.17-23.]

14 Jephté recommença à envoyer des messagers au roi des fils d'Ammon 15 et lui dit : « Ainsi parle Jephté : Israël n'a pas pris le pays de Moab, ni le pays des fils d'Ammon. 16 En effet, lorsqu'il montait d'Egypte, Israël marcha dans le désert jusqu'à la mer des Joncs et arriva à Qadesh. [Séjour d'Israël à Qadesh, démarche auprès d'Edom Nb 20.1,14-21.]17 Israël envoya des messagers au roi d'Edom en disant : “Permets que je traverse ton pays.” Mais le roi d'Edom ne l'écouta pas. Il en envoya aussi au roi de Moab qui ne consentit pas, et Israël demeura à Qadesh. 18 Puis il marcha dans le désert, contourna le pays d'Edom et le pays de Moab et, venant du soleil levant, il arriva au pays de Moab. Ils campèrent au-delà de l'Arnôn et n'entrèrent pas dans le territoire de Moab, car l'Arnôn est la frontière de Moab, 19 Israël envoya des messagers à Sihôn, roi des Amorites, roi de Heshbôn, et Israël lui dit : “Permets que je traverse ton pays jusqu'à ma destination.” [Occupation du royaume de Sihôn Nb 21.21-26 ; Dt 2.26-37.]20 Mais Sihôn n'eut pas confiance en Israël et refusa la traversée de son territoire ; il rassembla tout son peuple qui campa à Yahça et il livra combat à Israël. 21 Le Seigneur, Dieu d'Israël, livra Sihôn et tout son peuple à Israël, qui les battit. Israël prit possession de tout le pays des Amorites qui habitaient ce pays. 22 Ils possédèrent tout le territoire des Amorites, depuis l'Arnôn jusqu'au Yabboq, depuis le désert jusqu'au Jourdain. 23 Et maintenant que le Seigneur, Dieu d'Israël, a dépossédé les Amorites devant son peuple Israël, toi, tu voudrais le déposséder ? [Dt 4.38.]24 Ne possèdes-tu pas ce que Kemosh, ton Dieu, te fait posséder ? Et tout ce que le Seigneur notre Dieu a mis en notre possession, ne le posséderions-nous pas ? [Kemosh Nb 21.29.]25 Et maintenant, vaux-tu vraiment mieux que Balaq, fils de Cippor, roi de Moab ? A-t-il cherché querelle à Israël au point de lui faire la guerre ? [Nb 22-24.]26 Lorsque Israël s'est établi à Heshbôn et dans ses filiales, à Aroër et dans ses filiales, dans toutes les villes qui sont sur les bords de l'Arnôn, il y a trois cents ans, pourquoi ne les avez-vous pas reprises en ce temps-là ? [ses filiales ou les villes qui en dépendent.
— Israël à Aroër Jos 13.25-26.]
27 Quant à moi, je n'ai pas péché contre toi, mais c'est toi qui agis mal envers moi en me faisant la guerre. Que le Seigneur, le Juge, juge aujourd'hui entre les fils d'Israël et les fils d'Ammon. » [Gn 16.5 ; 1 S 24.13,16.]28 Mais le roi des fils d'Ammon n'écouta pas les paroles que Jephté lui avait fait transmettre.

Le vœu de Jephté

29 L'esprit du Seigneur fut sur Jephté. Jephté passa par le Galaad et Manassé, puis par Miçpé-de-Galaad, et de Miçpé-de-Galaad il franchit la frontière des fils d'Ammon. [l'esprit du Seigneur Jg 3.10.
— Miçpé-de-Galaad (ou Miçpa) v. 11.]
30 Jephté fit un vœu au Seigneur et dit : « Si vraiment tu me livres les fils d'Ammon, [1 S 14.24 ; voir Lv 27.1-25.]31 quiconque sortira des portes de ma maison à ma rencontre quand je reviendrai sain et sauf de chez les fils d'Ammon, celui-là appartiendra au Seigneur, et je l'offrirai en holocauste. » [Voir au glossaire SACRIFICES.
— Holocauste humain 2 R 3.27 ; voir Gn 22.1-19 ; Mi 6.7.]
32 Jephté franchit la frontière des fils d'Ammon pour leur faire la guerre et le Seigneur les lui livra. 33 Il les battit depuis Aroër jusqu'à proximité de Minnith, soit vingt villes, et jusqu'à Avel-Keramim. Ce fut une très grande défaite ; ainsi les fils d'Ammon furent abaissés devant les fils d'Israël. [Jephté traverse tout le pays d'Ammon, du nord au sud.]

34 Tandis que Jephté revenait vers sa maison à Miçpa, voici que sa fille sortit à sa rencontre, dansant et jouant du tambourin. Elle était son unique enfant : il n'avait en dehors d'elle ni fils, ni fille. [Ex 15.20 ; 1 S 18.6 ; Jdt 16.1.]35 Dès qu'il la vit, il déchira ses vêtements et dit : « Ah ! ma fille, tu me plonges dans le désespoir ; tu es de ceux qui m'apportent le malheur ; et moi j'ai trop parlé devant le Seigneur et je ne puis revenir en arrière. » [il déchira ses vêtements Jos 7.6.
— j'ai trop parlé : autre traduction : je me suis engagé. Nb 30.3 ; Qo 5.3-5 ; voir Jb 35.16.]
36 Mais elle lui dit : « Mon père, tu as trop parlé devant le Seigneur ; traite-moi selon la parole sortie de ta bouche puisque le Seigneur a tiré vengeance de tes ennemis, les fils d'Ammon. » 37 Puis elle dit à son père : « Que ceci me soit accordé : laisse-moi seule pendant deux mois pour que j'aille errer dans les montagnes et pleurer sur ma virginité, moi et mes compagnes. » [C'était un déshonneur pour une femme de ne pas se marier et de n'avoir pas d'enfants.]38 Il lui dit : « Va », et il la laissa partir deux mois ; elle s'en alla, elle et ses compagnes, et elle pleura sur sa virginité dans les montagnes. 39 A la fin des deux mois elle revint chez son père, et il accomplit sur elle le vœu qu'il avait prononcé. Or elle n'avait pas connu d'homme et cela devint une coutume en Israël [elle n'avait pas connu d'homme ou : elle était vierge.
— une coutume en Israël 2 Ch 35.25.]
40 que d'année en année les filles d'Israël aillent célébrer la fille de Jephté, le Galaadite, quatre jours par an. [Autre traduction : se lamenter sur.]

Altercation avec les Ephraïmites

12 Les hommes d'Ephraïm furent convoqués et ils passèrent vers Çafôn. Ils dirent à Jephté : « Pourquoi as-tu franchi la frontière des fils d'Ammon pour leur faire la guerre sans nous avoir appelés à marcher avec toi ? Ta maison, nous allons la brûler sur toi. » [Jg 8.1-3. Ville de la tribu de Gad (Jos 13.27), près du confluent du Yabboq et du Jourdain.]2 Jephté leur répliqua : « J'étais en grand conflit, moi et mon peuple, avec les fils d'Ammon. Lorsque j'ai fait appel à vous, vous ne m'avez pas sauvé de leurs mains. 3 Quand j'ai vu que tu ne viendrais pas comme sauveur, j'ai risqué ma vie et j'aifranchi la frontière des fils d'Ammon ; le Seigneur me les a livrés. Pourquoi êtes-vous montés aujourd'hui chez moi pour me faire la guerre ? » 4 Puis Jephté regroupa tous les hommes du Galaad et il livra combat à Ephraïm ; les hommes du Galaad battirent les Ephraïmites parce qu'ils avaient dit : « Vous êtes des rescapés d'Ephraïm, gens du Galaad, au milieu d'Ephraïm, au milieu de Manassé. » 5 Galaad s'empara des gués du Jourdain, vers Ephraïm. Or, lorsqu'un des rescapés d'Ephraïm disait : « Laisse-moi traverser », les hommes du Galaad lui disaient : « Es-tu Ephraïmite ? » S'il répondait : « Non », [Jg 3.28 ; 7.24.]6 alors ils lui disaient : « Eh bien ! dis Shibboleth. » Il disait : « Sibboleth », car il n'arrivait pas à prononcer comme il faut. Alors on le saisissait et on l'égorgeait près des gués du Jourdain. Il tomba en ce temps-là quarante-deux mille hommes d'Ephraïm. [Ce mot, qui signifie épi, n'avait pas la même prononciation dans toutes les tribus.]

7 Jephté jugea Israël pendant six ans puis Jephté le Galaadite mourut et il fut enseveli dans sa ville, Miçpé-de-Galaad. [jugea : voir la note sur Jg 2.16.
— dans sa ville... : d'après l'ancienne version grecque ; l'hébreu : dans les villes de Galaad ne convient pas.]

IX. IBÇÂN

8 Après lui, ce fut Ibçân de Bethléem qui jugea Israël. [Bethléem : voir Jos 19.15 et la note.
— jugea : voir la note sur Jg 2.16.]
9 Il avait trente fils et trente filles. Celles-ci, il les maria au-dehors et il fit venir du dehors trente filles pour ses fils. Il jugea Israël pendant sept ans. [Jg 10.4 ; 12.14.]10 Ibçân mourut et il fut enseveli à Bethléem.

X. ÉLÔN

11 Après lui ce fut Elôn de Zabulon qui jugea Israël. Il jugea Israël pendant dix ans. 12 Elôn de Zabulon mourut et il fut enseveli à Elôn au pays de Zabulon. [Gn 46.14 ; Nb 26.26.]

XI. AVDÔN

13 Après lui ce fut Avdôn, fils de Hillel, de Piréatôn qui jugea Israël. [Ville à 12 km au sud-ouest de Sichem ; 1 M 9.50.]14 Il avait quarante fils et trente petits-fils qui montaient soixante-dix ânons. Il jugea Israël pendant huit ans. [Voir Jg 5.10 et la note ; voir aussi Jg 10.4.
— quarante fils voir v. 9.]
15 Avdôn, fils de Hillel, de Piréatôn, mourut et il fut enseveli à Piréatôn au pays d'Ephraïm, dans la montagne d'Amaleq. [Jg 5.14.]

XII. SAMSON

Annonce de la naissance de Samson

13 Les fils d'Israël recommencèrent à faire ce qui est mal aux yeux du Seigneur, et le Seigneur les livra aux Philistins pendant quarante ans. [Dt 4.25.]

2 Il y avait un homme de Çoréa, du clan des Danites, qui se nommait Manoah. Sa femme était stérile, elle n'avait pas d'enfant. [à 22 km à l'ouest de Jérusalem ; localité attribuée à la tribu de Dan d'après Jos 19.41. Après la migration des Danites vers le nord (Jg 17-18), elle appartint à la tribu de Juda (Jos 15.33).
— stérile Gn 11.30 ; 18.11 ; 29.31 ; 1 S 1.2 ; Lc 1.7.]
3 L'ange du Seigneur apparut à cette femme et lui dit : « Je sais que tu es stérile, que tu n'as pas d'enfant, mais tu vas concevoir et enfanter un fils. [Gn 18.10 ; Lc 1.13.]4 Désormais, abstiens-toi de boire du vin ou une boisson alcoolisée, ne mange rien d'impur, 5 car voici que tu vas concevoir et enfanter un fils. Le rasoir ne passera pas sur sa tête, car ce garçon sera consacré à Dieu dès le sein maternel, et c'est lui qui commencera à sauver Israël de la main des Philistins. » [Les obligations imposées ici (v. 4-5) concernent ordinairement celui qui est consacré à Dieu par un vœu de naziréat (Nb 6.1-8). Si la mère elle-même est tenue de s'abstenir de boissons alcoolisées (v. 4), c'est sans doute pour marquer que son enfant est consacré dès avant sa naissance.]6 Puis la femme rentra chez elle et dit à son mari : « Un homme de Dieu est venu vers moi ; son aspect était semblable à celui de l'ange de Dieu, tant il était redoutable. Je ne lui ai pas demandé d'où il était et il ne m'a pas révélé son nom. 7 Il m'a dit : “Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils. Désormais, ne bois ni vin, niboisson alcoolisée ; ne mange rien d'impur, car le garçon sera consacré à Dieu depuis le sein maternel jusqu'au jour de sa mort.” »

8 Alors Manoah implora le Seigneur et dit : « De grâce, Seigneur, que l'homme de Dieu que tu as envoyé vienne encore vers nous et qu'il nous enseigne ce que nous devons faire pour le garçon lorsqu'il sera né. » 9 Dieu écouta la voix de Manoah, et l'ange de Dieu vint encore vers la femme ; elle était assise dans le champ et Manoah, son mari, n'était pas avec elle. 10 Aussitôt la femme accourut l'annoncer à son mari et lui dit : « Voilà, l'homme qui, l'autre jour, est venu vers moi m'est apparu. » 11 Manoah se leva, suivit sa femme, vint vers l'homme et lui dit : « Es-tu l'homme qui a parlé à cette femme ? » Et celui-ci répondit : « C'est bien moi. » 12 Manoah lui dit : « Maintenant, puisque ta parole va se réaliser, quelle sera la règle pour ce garçon ? Quelle sera la conduite à tenir à son égard ? » 13 L'ange du Seigneur dit à Manoah : « Tout ce que j'ai mentionné à cette femme, qu'elle s'en abstienne : 14 elle ne doit rien manger de ce qui provient du fruit de la vigne ; elle ne boira ni vin, ni boisson alcoolisée ; elle ne mangera rien d'impur et elle doit observer tout ce que je lui ai prescrit. » 15 Manoah dit à l'ange du Seigneur : « Permets que nous te retenions et que nous t'apprêtions un chevreau. » [Jg 6.18.]16 L'ange du Seigneur dit à Manoah : « Même si tu me retenais, je ne mangerais pas de ton pain, mais si tu veux faire un holocauste, offre-le au Seigneur. » En effet, Manoah ne savait pas que c'était l'ange du Seigneur. [Voir au glossaire SACRIFICES.]17 Manoah dit à l'ange du Seigneur : « Quel est ton nom, afin que nous puissions t'honorer lorsque tes paroles se seront réalisées ? » [Gn 32.30 ; Ex 3.12-15.]18 L'ange du Seigneur lui dit : « Pourquoi me demandes-tu mon nom ? Il est mystérieux. » 19 Manoah prit un chevreau ainsi que l'offrande et il l'offrit sur le rocher au Seigneur, à celui dont l'action est mystérieuse. Manoah et sa femme regardaient. [Voir au glossaire SACRIFICES ; voir aussi Jg 6.19-21.
— sur le rocher Jg 6.20.]
20 Or, tandis que la flamme montait de l'autel vers le ciel, l'ange du Seigneur monta dans la flamme de l'autel. Voyant cela, Manoah et sa femme se jetèrent face contre terre. [Jg 6.21.]21 L'ange du Seigneur n'apparut plus à Manoah et à sa femme. Alors Manoah sut que c'était l'ange du Seigneur. 22 Manoah dit à sa femme : « Nous allons sûrement mourir, car nous avons vu Dieu. » [Jg 6.22-23 ; Ex 33.20 ; Dt 5.24-26 ; voir Gn 32.31.]23 Mais sa femme lui dit : « Si le Seigneur désirait nous faire mourir, il n'aurait accepté de notre main ni holocauste ni offrande ; il ne nous aurait pas fait voir tout cela et il ne nous aurait pas, à l'instant, communiqué pareilles instructions. » 24 La femme enfanta un fils et elle le nomma Samson. Le garçon grandit et le Seigneur le bénit. [He 11.32.]25 C'est à Mahané-Dan, entre Çoréa et Eshtaol, que l'esprit du Seigneur commença à agiter Samson. [Mahané-Dan Jg 18.12.
— Eshtaol Jg 16.31 ; 18.2 ; Jos 19.41.]

Mariage de Samson

14 Samson descendit à Timna et y remarqua une femme parmi les filles des Philistins. [C'est une ville danite alors occupée par les Philistins ; Jos 15.10 ; 19.43.]2 Il monta l'annoncer à son père et à sa mère et leur dit : « A Timna j'ai remarqué une femme parmi les filles des Philistins. Et maintenant, allez me la prendre pour femme. » [Gn 34.4.]3 Son père et sa mère lui dirent : « N'y a-t-il pas de femme parmi les filles de tes frères et dans mon peuple pour que tu ailles prendre femme chez les Philistins, ces incirconcis ? » Mais Samson dit à son père : « Prends-la-moi, car c'est celle-là qui me plaît. » [frères ou compatriotes.
— une femme d'Israël Gn 24.3-4 ; 28.1-2 ; Dt 7.3-4 ; Ne 13.23-27.
— Philistins incirconcis Jg 15.18 ; 1 S 14.6 ; 17.26,36 ; 31.4 ; 2 S 1.20 ; 1 Ch 10.4.]
4 Son père et sa mère ne savaient pas que cela venait du Seigneur, car celui-ci cherchait une occasion de s'en prendre aux Philistins ; en ce temps-là, les Philistins dominaient sur Israël. [Es 28.29 ; Ps 118.23 ; Ac 5.39.]

5 Samson descendit donc vers Timna, avec son père et sa mère. Alors qu'ils arrivaient aux vignes de Timna, voilà qu'un jeune lion vint en rugissant à sa rencontre. 6 L'esprit du Seigneur pénétra en lui, et Samson, sans avoir rien en main, déchira le lion en deux comme on déchire un chevreau, mais il ne raconta pas à son père et à sa mère ce qu'il avait fait. [l'esprit du Seigneur Jg 3.10.
— Combat contre un lion 1 S 17.34-37 ; 2 S 23.20.]
7 Puis il descendit à Timna, parla à cette femme, et elle lui plut.

8 Quelques jours après, il revint pour l'épouser, mais il fit un détour pour voir le cadavre du lion : voici qu'il y avait dans la carcasse du lion un essaim d'abeilles et du miel. 9 Il en recueillit dans le creux de la main et, tout en marchant, il en mangea. Lorsqu'il se rendit chez son père et sa mère, il leur en donna ; ils en mangèrent, mais il ne raconta pas qu'il avait recueilli le miel dans la carcasse du lion.

Une énigme posée aux Philistins

10 Puis son père descendit chez la femme et Samson y donna un festin, car c'est ainsi que font les jeunes gens. [festin de mariage.]11 Or, dès qu'on le vit, on prit trente compagnons pour rester avec lui. [Ces compagnons sont tous Philistins.]12 Samson leur dit : « Je vais vous proposer une énigme. Si vous m'en révélez le sens au cours des sept jours du festin, si vous le trouvez, alors je vous donnerai trente tuniques et trente vêtements de rechange. [1 R 10.1 ; Ez 17.2.]13 Mais si vous ne pouvez me le révéler, c'est vous qui me donnerez trente tuniques et trente vêtements de rechange. » Ils lui dirent alors : « Propose ton énigme ; nous écoutons. » 14 Samson leur dit :
« De celui qui mange est sorti ce qui se mange
et du fort est sorti le doux. »
Au bout de trois jours, les jeunes gens n'avaient pas encore pu révéler le sens de l'énigme. 15 Or, le septième jour, ils dirent à la femme de Samson : « Séduis ton mari pour qu'il nous révèle le sens de l'énigme ; sinon, nous te brûlerons, toi et la maison de ton père. Est-ce ou non pour nous déposséder que vous nous avez invités ? » [Jg 15.6.]16 La femme de Samson le poursuivit de ses pleurs. Elle lui disait : « Tu n'as pour moi que de la haine ; tu ne m'aimes pas. Cette énigme que tu as proposée aux fils de mon peuple, tu ne m'en as pas révélé le sens. » Il lui dit : « Je ne l'ai même pas révélé à mon père et à ma mère, et à toi je le révélerais ! » 17 Elle le poursuivit de ses pleurs pendant les sept jours que dura le festin. Le septième jour, il lui révéla le sens, car elle l'avait harcelé ; et elle révéla le sens de l'énigme aux fils de son peuple. 18 Au septième jour, avant le coucher du soleil, les gens de la ville dirent à Samson :
« Quoi de plus doux que le miel,
quoi de plus fort que le lion ? »
Il leur répondit :
« Si vous n'aviez pas labouré avec ma génisse,
vous n'auriez pas trouvé mon énigme. » [Expression en forme de proverbe, équivalant à : Si ma femme ne vous avait pas aidés.]

19 Alors l'esprit du Seigneur pénétra en lui. Samson descendit à Ashqelôn, tua trente de ses habitants, prit leurs dépouilles et les donna à ceux qui avaient révélé le sens de l'énigme. Bouillant de colère, il remonta à la maison de son père. [l'esprit du Seigneur Jg 3.10.
— Ashqelôn Jos 13.3 et la note.]
20 Quant à la femme de Samson, elle fut donnée au compagnon qui lui avait servi de garçon d'honneur. [Celui des compagnons de l'époux qui était spécialement responsable du bon déroulement de la fête.]

Vengeance de Samson

15 Or, quelque temps après, à l'époque de la moisson des blés, Samson rendit visite à sa femme en apportant un chevreau et déclara : « Je veux entrer chez ma femme, dans la chambre à coucher. » Mais le père de sa femme ne lui permit pas d'entrer [Samson a fait un mariage où la femme continue d'habiter chez son père. L'époux ne paie pas de dot, mais quand il rend visite à sa femme, il lui apporte des cadeaux.]2 et dit à Samson : « Vraiment je me suis dit que tu devais avoir bien de la haine pour elle et je l'ai donnée à ton garçon d'honneur. Mais sa sœur cadette ne vaut-elle pas mieux qu'elle ? Prends-la donc à la place de l'autre ! » [La femme de Samson mérite sa haine parce qu'elle l'a trahi en révélant son énigme (Jg 14.17).]3 Samson leur dit : « Cette fois, je suis quitte envers les Philistins et je vais leur faire du mal. »

4 Samson s'en alla, s'empara de trois cents renards, prit des torches et, tournant les renards queue contre queue, il plaça une torche entre deux queues, au milieu. 5 Puis il mit le feu aux torches et, lâchant les renards dans les moissons des Philistins, il incendia aussi bien les gerbiers que le blé sur pied, et même des vignes et des oliviers. 6 Les Philistins dirent : « Qui a fait cela ? » On leur répondit : « C'est Samson, le gendre du Timnite, car celui-ci a pris sa femme et l'a donnée à son garçon d'honneur. » Les Philistins montèrent et ils brûlèrent cette femme ainsi que son père. [Jg 14.15.]7 Samson leur dit : « Puisque vous agissez de la sorte, je n'aurai de cesse qu'après m'être vengé de vous. » 8 Il les battit à plate couture, leur infligeant une grande défaite. Puis il descendit demeurer dans une faille du rocher de Etam. [Endroit escarpé dans le territoire de Juda.]

Samson et la mâchoire d'âne

9 Les Philistins montèrent camper en Juda et se déployèrent contre Lèhi. [Le nom de cette localité proche du territoire philistin signifie mâchoire.]10 Les hommes de Juda leur dirent : « Pourquoi êtes-vous montés contre nous ? » Les Philistins répondirent : « C'est pour lier Samson que nous sommes montés, pour le traiter comme il nous a traités. » 11 Trois mille hommes de Juda descendirent vers la faille du rocher de Etam et dirent à Samson : « Ne sais-tu pas que les Philistins dominent sur nous ? Que nous as-tu fait là ? » Il leur dit : « Comme ils m'ont traité, je les ai traités. » 12 Ils lui dirent : « C'est pour te lier que nous sommes descendus, pour te livrer aux Philistins. » Samson leur dit : « Jurez-moi que vous ne m'abattrez pas vous-mêmes. » 13 Ils lui dirent : « Non, nous voulons seulement te lier et te livrer en leurs mains ; nous ne voulons pas te mettre à mort. » Ils le lièrent avec deux cordes neuves et ils le firent remonter du rocher. 14 Lorsqu'il arriva près de Lèhi, les Philistins vinrent à sa rencontre en poussant des cris, mais l'esprit du Seigneur pénétra en lui : les cordes qui étaient sur ses bras devinrent comme des fils de lin consumés par le feu et ses liens se décomposèrent autour de ses mains. [Jg 3.10.]15 Puis, trouvant une mâchoire d'âne toute fraîche, il étendit la main, la ramassa et en frappa mille hommes. 16 Samson dit :
« Avec une mâchoire d'âne je les ai étrillés,
avec une mâchoire d'âne j'ai frappé mille hommes. » [Hébreu peu clair : la traduction s'appuie sur le grec.]

17 Or, dès qu'il eut achevé de parler, il jeta loin de lui la mâchoire ; aussi appela-t-on ce lieu Ramath-Lèhi. [Ce nom signifie Colline de la mâchoire (voir v.9 et la note).]18 Comme il avait très soif, il invoqua le Seigneur en disant : « C'est toi qui as accordé par ton serviteur cette grande victoire. Et maintenant, vais-je mourir de soif et tomber aux mains des incirconcis ? » [Jg 14.3.]19 Alors Dieu fendit la cavité qui est à Lèhi et de l'eau en sortit. Samson but, reprit ses esprits et se ranima. C'est pourquoi on donna le nom de Ein-Qoré à la source qui se trouve encore aujourd'hui à Lèhi. [l'eau sortant du rocher Ex 17.6 ; Ps 78.15-16.
— Ein-Qoré signifie Source de celui qui invoque (voir v. 18).]

20 Samson jugea Israël à l'époque des Philistins pendant vingt ans. [jugea : voir la note sur Jg 2.16.
— pendant vingt ans Jg 16.31.]

Nouvel exploit de Samson

16 Samson alla à Gaza. Il y vit une prostituée et vint vers elle. [Gaza Jos 13.3 ; voir Dt 2.23 et la note.
— il vint vers une prostituée Jos 2.1.]
2 On dit aux gens de Gaza : « Samson est venu ici. » Ils firent des rondes et le guettèrent toute la nuit à la porte de la ville. Toute la nuit ils se tinrent tranquilles en se disant : « Attendons la lumière du matin et alors nous le tuerons. » 3 Mais Samson ne resta couché que jusqu'au milieu de la nuit et, au milieu de la nuit, il se leva, saisit les battants de la porte de la ville ainsi que les deux montants, les arracha avec la barre, les plaça sur ses épaules et les transporta jusque sur le sommet de la montagne qui fait face à Hébron. [La barre de bois servait à bloquer la porte pendant la nuit.
— Hébron : à 70 km de Gaza.]

Dalila et la capture de Samson

4 Or, après cela, Samson aima une femme, du côté des gorges du Soreq ; elle se nommait Dalila. [Petite vallée à l'ouest de la ville de Samson (Jg 13.2).]5 Les tyrans des Philistins montèrent la trouver et lui dirent : « Séduis-le et vois pourquoi sa force est si grande et comment nous pourrions l'emporter sur lui et le lier pour le réduire à l'impuissance ; et nous, nous te donnerons chacun onze cents sicles d'argent. » [tyrans ou princes Jos 13.3.
— séduis-le Jg 14.15-17.
— sicles : voir au glossaire POIDS ET MESURES.]
6 Dalila dit à Samson : « Révèle-moi donc pourquoi ta force est si grande et comment tu devrais être lié pour te réduire à l'impuissance. » 7 Samson lui dit : « Si on me liait avec sept cordes d'arc fraîches qui n'ont pas été séchées, je deviendrais faible et je serais pareil à n'importe quel homme. » 8 Les tyrans des Philistins lui firent apporter sept cordes d'arc fraîches qui n'avaient pas été séchées et Dalila le lia avec ces cordes. 9 L'embuscade était en place dans sa chambre et elle lui lança : « Les Philistins sur toi, Samson. » Celui-ci rompit les cordes d'arc comme se rompt le cordon d'étoupe lorsqu'il sent le feu. Mais on ne découvrit pas le secret de sa force.

10 Dalila dit alors à Samson : « Tu t'es joué de moi et tu m'as dit des mensonges. Maintenant révèle-moi donc comment tu devrais être lié. » 11 Il lui dit : « Si on me liait fortement avec des cordes neuves avec lesquelles n'a été fait aucun travail, je deviendrais faible et je serais pareil à n'importe quel homme. » 12 Dalila prit des cordes neuves dont elle le lia, puis elle lui lança : « Les Philistins sur toi, Samson. » L'embuscade était en place dans la chambre, mais il rompit les cordes qu'il avait aux bras comme si c'était du fil.

13 Dalila dit à Samson : « Jusqu'ici tu t'es joué de moi et tu m'as dit des mensonges. Révèle-moi donc comment tu devrais être lié. » Samson lui dit : « Si tu tissais sept tresses de ma chevelure avec la chaîne d'un tissu et si tu les comprimais avec un peigne de tisserand, alors je deviendrais faible et je serais pareil à n'importe quel homme. » [A partir de : et si tu les comprimais et jusqu'à : avec la chaîne (v. 14), le texte a été complété d'après les versions anciennes car une phrase semble avoir disparu du texte hébreu.]14 Elle l'endormit, tissa sept tresses de sa chevelure avec la chaîne, les comprima avec le peigne, puis elle lança : « Les Philistins sur toi, Samson. » Il s'éveilla de son sommeil et il arracha le peigne, le métier et la chaîne. [peigne : d'après l'ancienne version grecque ; hébreu : piquet. En hébreu les noms du peigne et du piquet se ressemblent beaucoup.]

15 Dalila lui dit : « Comment peux-tu dire : “Je t'aime”, alors que ton cœur n'est pas avec moi. Voilà trois fois que tu te joues de moi et tu ne m'as pas révélé pourquoi ta force est si grande. » 16 Or, comme tous les jours elle le harcelait par ses paroles et l'importunait, Samson, excédé à en mourir, 17 lui ouvrit tout son cœur et lui dit : « Le rasoir n'a jamais passé sur ma tête, car je suis consacré à Dieu depuis le sein de ma mère. Si j'étais rasé, alors ma force se retirerait loin de moi, je deviendrais faible et je serais pareil aux autres hommes. » [Voir Jg 13.4-5 et la note.]18 Dalila vit qu'il lui avait ouvert tout son cœur et elle envoya appeler les tyrans des Philistins en leur disant : « Montez cette fois, car il m'a ouvert tout son cœur. » Les tyrans des Philistins montèrent chez elle et ils avaient l'argent en main. 19 Elle endormit Samson sur ses genoux et elle appela un homme qui rasa les sept tresses de sa chevelure ; alors il commença à faiblir et sa force se retira loin de lui. [qui rasa ; il commença à faiblir : d'après les anciennes versions ; hébreu et elle rasa ; elle commença à l'affaiblir.]20 Dalila lui dit : « Les Philistins sur toi, Samson. » Il s'éveilla de son sommeil et dit : « J'en sortirai comme les autres fois et je me dégagerai », mais il ne savait pas que le Seigneur s'était retiré loin de lui. [1 S 16.14 ; 18.12 ; 28.15.]21 Les Philistins le saisirent et lui crevèrent les yeux ; ils le firent descendre à Gaza et le lièrent avec une double chaîne de bronze. Samson tournait la meule dans la prison. [travail d'esclave (Ex 11.5) ou de femme (Mt 24.41) ; Jb 31.10.]22 Mais, après qu'il eut été rasé, les cheveux de sa tête commencèrent à repousser.

Dernière vengeance et mort de Samson

23 Or les tyrans des Philistins se réunirent pour offrir un grand sacrifice à Dagôn, leur dieu, et pour se livrer à des réjouissances. Ils disaient : « Notre dieu a livré entre nos mains Samson, notre ennemi. » [les tyrans des Philistins v. 5.
— Dagôn, dieu des Philistins 1 S 5.2-7 ; voir Jos 15.41 ; 19.27.]
24 Le peuple vit Samson et ils louèrent leur dieu en disant :
« Notre dieu a livré entre nos mains notre ennemi,
celui qui dévastait notre pays
et qui multipliait nos morts. » [Littéralement Le peuple le vit. Certains traduisent Le peuple vit son dieu et il le loua.]

25 Or comme leur cœur était en joie, ils dirent : « Appelez Samson et qu'il nous divertisse. » On envoya chercher Samson à la prison et il se livra à des bouffonneries devant eux, puis on le plaça entre les colonnes. 26 Samson dit au garçon qui le tenait par la main : « Guide-moi et fais-moi toucher les colonnes sur lesquelles repose le temple afin que je m'y appuie. » 27 Le temple était rempli d'hommes et de femmes ; il y avait là tous les tyrans des Philistins et sur la terrasse environ trois mille hommes et femmes qui avaient regardé les divertissements de Samson. 28 Samson invoqua le Seigneur et dit : « Je t'en prie, Seigneur DIEU, souviens-toi de moi et rends-moi fort, ne serait-ce que cette fois, ô Dieu, pour que j'exerce contre les Philistins une unique vengeance pour mes deux yeux. » 29 Puis Samson palpa les deux colonnes du milieu sur lesquelles reposait le temple et il prit appui contre elles, contre l'une avec son bras droit et contre l'autre avec son bras gauche. 30 Samson dit : « Que je meure avec les Philistins », puis il s'arc-bouta avec force et le temple s'écroula sur les tyrans et sur tout le peuple qui s'y trouvait. Les morts qu'il fit mourir par sa mort furent plus nombreux que ceux qu'il avait fait mourir durant sa vie. 31 Ses frères et toute la maison de son père descendirent et l'emportèrent ; ils remontèrent et l'ensevelirent, entre Çoréa et Eshtaol, dans le tombeau de Manoah, son père.
Samson avait jugé Israël pendant vingt ans. [Eshtaol Jg 13.25.
— Samson, juge pendant vingt ans Jg 15.20. Voir la note sur Jg 2.16.]

LA TRIBU DE DAN

Le sanctuaire de Mika

17 Il y avait un homme de la montagne d'Ephraïm qui s'appelait Mikayehou. [Jg 3.27.]2 Il dit à sa mère : « Les onze cents sicles d'argent qu'on t'a pris et à propos desquels tuas proféré une malédiction que tu m'as même répétée, eh bien, cet argent, je l'ai ; c'est moi qui l'avais pris ! » Sa mère dit : « Sois béni du Seigneur, mon fils ! » [sicles : voir au glossaire POIDS ET MESURES.
— béni : la mère bénit son fils pour le protéger contre les effets de la malédiction précédemment prononcée contre le voleur.
— une malédiction : Lv 5.1 ; 1 R 8.31-32 ; Pr 29.24 ; voir Za 5.3-4.
— bénédiction 2 S 21.3 ; 1 R 2.45.]
3 Il rendit donc les onze cents sicles d'argent à sa mère, mais elle lui dit : « En fait, j'ai consacré de moi-même cet argent au Seigneur à l'intention de mon fils, pour faire une idole et une image en métal. Aussi vais-je maintenant te le rendre. » [une idole et une image : le texte hébreu ne permet pas de savoir s'il s'agit d'un seul objet ou de deux objets distincts.
— en métal : soit du métal massif, soit du bois plaqué de métal ; Jg 18.17-18 ; voir Dt 27.15.]
4 Ainsi, lorsqu'il eut rendu l'argent à sa mère, elle prit deux cents sicles d'argent, qu'elle remit au fondeur. Celui-ci en fit une idole et une image en métal qui fut placée dans la maison de Mikayehou. 5 Or, cet homme, Mika, avait une stèle divine. Il fit donc faire un éphod et destéraphim, puis il donna l'investiture à l'un de ses fils, qui devint son prêtre. [Mika : forme abrégée de Mikayehou.
— stèle divine (voir Gn 28.18 et la note) : l'hébreu a maison de Dieu (ou de dieux) qui désigne probablement ici une stèle de pierre (voir Gn 28.22) plutôt qu'un sanctuaire privé.
— éphod : voir Jg 8.27 et la note.
— téraphim : voir Gn 31.19 et la note. De même que l'éphod et la stèle, les téraphim étaient parfois utilisés pour la divination (1 S 15.23 ; Os 3.4 ; Ez 21.26).
— investiture : voir Lv 7.37 et la note.]
6 En ces jours-là il n'y avait pas de roi en Israël ; chacun faisait ce qui lui plaisait. [Jg 18.1 ; 19.1 ; 21.25.]

7 Or, il y avait un jeune homme de Bethléem de Juda, du clan de Juda, qui était lévite et résidait là comme étranger. [Bethléem de Juda 1 S 16.4 ; Mi 5.1 ; Mt 2.1 ; voir Jg 19.1.
— un lévite De 18.6 résidant là comme étranger Dt 12.12,18-19.]
8 Cet homme s'en alla de la ville de Bethléem de Juda pour trouver un lieu où résider comme étranger. Il arriva dans la montagne d'Ephraïm et, chemin faisant, il aboutit à la maison de Mika. 9 Mika lui dit : « D'où viens-tu ? » — « Je suis un lévite de Bethléem de Juda, lui répondit-il, et je suis en route pour trouver un lieu où résider comme étranger. » 10 Alors Mika lui dit : « Reste donc chez moi et sois pour moi un père et un prêtre. Pour ma part, je te donnerai dix sicles d'argent par an, un assortiment de vêtements et ta nourriture. » Le lévite s'en alla. [Ce titre s'explique par le fait que le sacerdoce fut d'abord exercé par le père de famille Jg 11.31-39 ; 13.19 ; 18.19 ; voir 2 R 2.12 ; 6.21 ; 13.14.]11 Puis le lévite consentit à rester chez cet homme qui considéra le jeune homme comme l'un de ses fils. 12 Mika donna l'investiture au lévite ; le jeune homme devint son prêtre et demeura dans la maison de Mika. 13 Mika dit : « Maintenant je sais que le Seigneur agira pour mon bien puisque ce lévite est devenu mon prêtre. »

Les Danites à la recherche d'un territoire

18 En ces jours-là il n'y avait pas de roi en Israël. Or, en ces jours-là, la tribu des Danites se cherchait un territoire pour y habiter, car jusqu'à ce jour-là il ne lui était pas échu de territoire au milieu des tribus d'Israël. [pas de roi en Israël Jg 17.6.
— Ce changement de patrimoine est indiqué aussi par Jos 19.40-48 et sa cause par Jg 1.34. La tribu de Dan était si petite qu'on la considérait parfois comme un simple clan (v. 2 ; voir Jg 13.2).]
2 Les fils de Dan envoyèrent donc cinq hommes de leur clan, des guerriers de chez eux, depuis Çoréa et Eshtaol pour explorer le pays et le reconnaître. Ils leur dirent : « Allez reconnaître le pays ! » Les cinq hommes arrivèrent dans la montagne d'Ephraïm et aboutirent à la maison de Mika où ils passèrent la nuit. [
— Eshtaol : Jg 13.25.
— pour explorer le pays Nb 13-14 ; Dt 1.22-25 ; Jos 2.1.
— montagne d'Ephraïm : voir Jg 3.27 et la note.
— Mika Jg 17.1-13.]
3 Alors qu'ils étaient près de la maison de Mika, ils reconnurent la voix du jeune lévite et, s'étant dirigés de son côté, ils lui dirent : « Qui t'a fait venir ici ? Que fais-tu en cet endroit ? Qu'est-ce qui te retient ici ? » 4 Il leur répondit : « Mika a fait pour moi telle et telle chose : il m'a engagé, et je suis devenu son prêtre. » 5 Ils lui dirent : « Consulte donc Dieu afin que nous sachions si le voyage que nous entreprenons réussira. » [C'est une des fonctions de la tribu de Lévi. Le lévite possède les instruments nécessaires (voir Jg 17.5 et la note). Consulter Dieu : Jg 1.1 ; 1 S 23.9-12.]6 Le prêtre leur dit : « Allez en paix ! Le voyage que vous entreprenez est sous le regard du Seigneur ! » [Ex 4.18 ; 1 S 1.17 ; Lc 7.50 ; 8.48.]

7 Les cinq hommes s'en allèrent et arrivèrent à Laïsh. Ils virent que la population qui s'y trouvait demeurait en sécurité, à la manière des Sidoniens, tranquille et confiante. Il n'y avait personne parlant avec autorité dans le pays, personne y exerçant un quelconque pouvoir. Les habitants de Laïsh étaient loin des Sidoniens et ils ne dépendaient de personne. [Laïsh : voir Jos 19.47 et la note.
— Sidoniens : voir Jg 3.3 et la note. Pacifiques, ils s'occupaient surtout de commerce.
— Il n'y avait... pouvoir : texte hébreu difficile, traduction en partie incertaine.
— ils ne dépendaient de personne : autre traduction ils n'avaient de relations avec personne.]
8 Les cinq hommes revinrent auprès de leurs frères à Çoréa et Eshtaol, et leurs frères leur dirent : « Qu'en pensez-vous ? » [Retour d'exploration Nb 13.25-26.]9 Ils répondirent : « Levons-nous ! Montons contre eux, car nous avons vu le pays, et c'est un excellent pays. Mais vous, vous restez sans rien dire ! Que votre inertie ne vous empêche pas de partir, d'entrer dans ce pays et d'en prendre possession. [Allons-y ! Nb 13.30.
— c'est un excellent pays Nb 13.27 ; 14.7.]
10 Lorsque vous y entrerez, vous arriverez chez un peuple confiant. Le pays est largement ouvert, car Dieu l'a livré là entre vos mains. C'est un lieu où il ne manque aucun des biens de la terre. » [Jos 2.24.]

11 Alors partirent de là, du clan des Danites, de Çoréa et d'Eshtaol, six cents hommes équipés d'armes de guerre. 12 Ils montèrent camper à Qiryath-Yéarim en Juda. C'est pourquoi on appelle cet endroit Mahané-Dan jusqu'à ce jour. Il se trouve à l'ouest de Qiryath-Yéarim. [Qiryath-Yéarim (cité des forêts) : localité située à 13 km à l'ouest de Jérusalem.
— Mahané-Dan (camp de Dan) : voir Jg 13.25.]
13 De là, ils passèrent dans la montagne d'Ephraïm et aboutirent à la maison de Mika. [Jg 3.27.]14 Les cinq hommes qui étaient allés explorer le pays — c'est-à-dire Laïsh — prirent la parole et dirent à leurs frères : « Savez-vous qu'il y a dans ces maisons un éphod, des téraphim, une idole et une image en métal fondu ? Et maintenant, sachez ce que vous avez à faire. » [Voir Jg 17.5 et la note.
— sachez ce que vous avez à faire 1 S 25.17.]
15 Ils se dirigèrent de ce côté-là, entrèrent dans la maison du jeune lévite, la maison de Mika, et lui demandèrent comment il allait, 16 tandis que les six cents Danites, équipés de leurs armes de guerre, prenaient position à l'entrée de la porte. 17 Les cinq hommes qui étaient allés explorer le pays montèrent à l'étage, y pénétrèrent et prirent l'idole, l'éphod, les téraphim et l'image en métal fondu, alors que le prêtre se tenait à l'entrée de la porte ainsi que les six cents hommes équipés d'armes de guerre. 18 Comme ceux qui étaient entrés dans la maison de Mika avaient pris l'idole, l'éphod, les téraphim et l'image en métal fondu, le prêtre leur dit : « Que faites-vous là ? » — 19 « Tais-toi, lui dirent-ils, mets ta main sur ta bouche et viens avec nous ! Sois pour nous un père et un prêtre. Vaut-il mieux que tu sois le prêtre de la maison d'un seul homme ou celui d'une tribu et d'un clan en Israël ? » [mets ta main sur ta bouche Mi 7.16 ; Jb 21.5 ; 29.9 ; 40.4 ; Pr 30.32 ; Sg 8.12.
— père : voir Jg 17.10 et la note.]
20 Le prêtre en eut le cœur joyeux, il prit l'éphod, les téraphim ainsi que l'idole et il entra au milieu de la troupe.

21 Reprenant leur direction, ils s'en allèrent, ayant placé en tête les non-combattants, le bétail et les bagages. 22 Ils s'étaient déjà éloignés de la maison de Mika lorsque les hommes qui habitaient les maisons proches de celle de Mika s'ameutèrent et se mirent à la poursuite des fils de Dan. [poursuite des voleurs d'idoles Gn 31.23.]23 Ils poussèrent des cris à l'adresse des fils de Dan et ceux-ci, faisant volte-face, dirent à Mika : « Qu'as-tu à ameuter ces gens ? » 24 Il répondit : « Les dieux que je m'étais faits, vous les avez pris ainsi que le prêtre, et vous vous en allez. Que me reste-t-il ? Et comment pouvez-vous me dire : “Qu'as-tu donc ?” » [Ou Le dieu que je m'étais fait, vous l'avez pris.]25 Les fils de Dan lui répliquèrent : « Qu'on ne t'entende plus ! Sinon des hommes exaspérés pourraient bien tomber sur vous, et tu y perdrais la vie, toi et ta maison. » 26 Les fils de Dan allèrent leur chemin, et Mika, voyant qu'ils étaient plus forts que lui, fit demi-tour et revint chez lui.

Prise de Laïsh. Fondation de la ville de Dan et de son sanctuaire

27 Quant à eux, ayant pris ce qu'avait fait Mika et le prêtre qu'il avait à son service, ils arrivèrent sur Laïsh, sur sa population tranquille et confiante qu'ils passèrent au tranchant de l'épée. Quant à la ville, ils l'incendièrent. [Voir Jos 19.47 et la note.]28 Et il n'y eut personne pour venir la délivrer, car elle était loin de Sidon et ne dépendait de personne. Elle se trouve en effet dans la plaine qui s'étend vers Beth-Rehov. Ils rebâtirent la ville et s'y établirent. [Voir Jg 18.7 et la note.
— Beth-Rehov Nb 13.21.]
29 Ils appelèrent la ville du nom de Dan, d'après le nom de Dan, leur père, qui était né d'Israël, mais à l'origine le nom de cette ville était Laïsh. [la ville de Dan Jos 19.47.
— père ou ancêtre Gn 30.6.
— Israël, c'est-à-dire Jacob.]
30 Les fils de Dan dressèrent l'idole. Yehonatân, fils de Guershom, fils de Moïse, puis ses fils furent prêtres de la tribu des Danites jusqu'à l'époque de la déportation du pays. [Yehonatân est le lévite des ch. 17-18.
— Moïse : d'après les anciennes versions ; hébreu Manassé, mais les manuscrits placent la lettre n au-dessus de la ligne pour montrer que le nom originel a été corrigé.
— Guershom, fils de Moïse Ex 2.22 ; 18.3.
— la déportation du pays : probablement celle qui eut lieu sous Tiglath-Piléser III en 734 av. J.C. (voir 2 R 15.29).]
31 Ils installèrent l'idole que Mika avait faite et elle y demeura aussi longtemps que subsista la maison de Dieu à Silo. [Le sanctuaire de Silo Jg 21.19 ; Jos 18.1 et la note, 1 S 1.3,9,24. Il fut probablement détruit par les Philistins après la bataille d'Evèn-Ezèr 1 S 4.1-11 ; Jr 7.12 ; 26.6,9.]

LA TRIBU DE BENJAMIN

Le crime de Guivéa

19 Or, en ces jours-là — il n'y avait pas alors de roi en Israël — , un lévite qui résidait dans l'arrière-pays de la montagne d'Ephraïm prit une concubine de Bethléem de Juda. [pas de roi en Israël Jg 17.6.
— un lévite Jg 17.7.
— la montagne d'Ephraïm Jg 3.27 et la note.]
2 Sa concubine se fâcha contre lui et elle le quitta pour la maison de son père, à Bethléem de Juda, où elle resta un certain temps, quatre mois. 3 Son mari partit la retrouver pour parler à son cœur et la ramener. Il avait avec lui son serviteur et deux ânes. Sa concubine le fit entrer dans la maison de son père. Le père de la jeune femme le vit et, tout joyeux, vint à sa rencontre. [Gn 34.3 ; 50.21 ; Es 40.2 ; Os 2.16 ; Rt 2.13.]4 Son beau-père, le père de la jeune femme, le retint, et il resta chez lui pendant trois jours ; ils mangèrent, burent et y passèrent la nuit. 5 Or, le quatrième jour, ils se levèrent de bon matin, et le lévite se préparait à partir lorsque le père de la jeune femme dit à son gendre : « Restaure-toi en mangeant un morceau de pain, vous partirez après ! » [Gn 24.54-59 ; voir Gn 33.12-17.]6 S'étant assis, ils mangèrent et ils burent tous deux ensemble. Le père de la jeune femme dit à cet homme : « Consens donc à passer la nuit, et que ton cœur se réjouisse ! » 7 Comme l'homme se préparait à partir, son beau-père insista auprès de lui, si bien qu'il se ravisa et passa la nuit en cet endroit. 8 Le cinquième jour, il se leva de bon matin pour partir, mais le père de la jeune femme lui dit : « Restaure-toi, je t'en prie, et attardez-vous jusqu'au déclin du jour », et ils mangèrent tous deux. 9 L'homme se préparait à partir, lui, sa concubine et son serviteur, mais son beau-père, le père de la jeune femme, lui dit : « Voici que le jour baisse, c'est presque le soir ; passez donc la nuit ! Voici que le jour décline, passe la nuit ici, et que ton cœur se réjouisse ! Demain matin vous vous mettrez en route et tu regagneras ta tente. » [Voir Jos 22.4 et la note.]10 Mais l'homme ne voulut pas passer la nuit. Il se leva, partit, et arriva en vue de Jébus — c'est Jérusalem — , ayant avec lui ses deux ânes bâtés et sa concubine. [Jg 1.21 ; Jos 15.8 ; 18.16,28.]

11 Lorsqu'ils furent arrivés près de Jébus, le jour avait beaucoup baissé, et le serviteur dit à son maître : « Allons, arrêtons-nous dans la ville des Jébusites que voici, et passons-y la nuit ! » 12 Son maître lui dit : « Nous ne nous arrêterons pas dans cette ville d'étrangers, ici où il n'y a aucun fils d'Israël. Nous pousserons jusqu'à Guivéa. [ville d'étrangers : Jérusalem sera conquise seulement par David sur les Jébusites (voir 2 S 5.6-7).
— Guivéa : appelée Guivéa en Benjamin (Jg 19.14) ou de Benjamin (1 S 13.2), à 6 km au nord de Jérusalem.]
13 Allons, dit-il à son serviteur, dirigeons-nous vers l'une de ces localités et nous passerons la nuit à Guivéa ou à Rama. » [Localité située à 3 km au nord de Guivéa.]14 Poussant plus loin, ils s'en allèrent, et le soleil se couchait lorsqu'ils étaient près de Guivéa en Benjamin. [Gn 28.11.]15 Ils se détournèrent alors de ce côté pour passer la nuit à Guivéa. Le lévite entra et s'assit sur la place de la ville, mais personne ne les accueillit dans sa maison pour passer la nuit. [la place de la ville où se déroulait la vie publique se trouvait toujours à l'entrée de la ville, près de la porte principale.
— nuit : c'était un devoir sacré d'accueillir dans sa maison les étrangers de passage.]

16 Et voici qu'un vieillard rentrait le soir de son travail des champs. C'était un homme de la montagne d'Ephraïm, mais il résidait à Guivéa alors que les hommes de la localité étaient benjaminites. [L'infamie de Guivéa Jg 19.16-30 ; Os 9.9 ; 10.9 ; voir Jg 20.6.
— de la montagne d'Ephraïm v.1 ; voir Jg 3.27.]
17 Levant les yeux, il vit le voyageur sur la place de la ville : « Où vas-tu, dit le vieillard, et d'où viens-tu ? » 18 Il lui répondit : « Partis de Bethléem de Juda, nous faisons route vers l'arrière-pays de la montagne d'Ephraïm. C'est de là que je suis. J'étais allé jusqu'à Bethléem de Juda. Je fréquente la maison du Seigneur, mais personne ne m'accueille dans sa maison. 19 Pourtant, nous avons de la paille et du fourrage pour nos ânes ; j'ai aussi du pain et du vin pour moi, pour ta servante et pour le jeune homme qui accompagne ton serviteur ; nous ne manquons de rien. » 20 Le vieillard répondit : « Que la paix soit avec toi ! Bien sûr, tous tes besoins seront à ma charge, mais ne passe pas la nuit sur la place ! » 21 Il les fit entrer dans sa maison et donna du fourrage aux ânes. Les voyageurs se lavèrent les pieds, ils mangèrent et ils burent. [Gn 18.4 ; 19.2 ; 24.32 ; 43.24 ; voir Lc 7.44 ; Jn 13.5.]

22 Pendant qu'ils se réconfortaient, voici que les hommes de la ville, des vauriens, cernèrent la maison, frappèrent violemment contre la porte et dirent au vieillard, propriétaire de la maison : « Fais sortir cet homme qui est entré chez toi afin que nous le connaissions. » [Voir Gn 19.4-5 et la note.]23 Le propriétaire de la maison sortit et leur dit : « Non, mes frères, je vous prie, ne commettez pas le mal. Maintenant que cet homme est entré chez moi, ne commettez pas cette infamie ! [mal, infamie : ces deux mots visent à la fois le délit sexuel et la violation des lois de l'hospitalité ; Gn 19.6-8.]24 Voici ma fille qui est vierge, je vais donc la faire sortir. Abusez d'elle et faites-lui ce que bon vous semblera. Mais envers cet homme, vous ne commettrez pas une infamie de cette sorte ! » [Après : vierge la traduction omet : et sa concubine que l'hébreu a ajouté en anticipant le v. 25.
— faites-lui ce que bon vous semblera : voir la note sur Gn 19.8.]
25 Les hommes ne voulurent pas l'écouter. Alors le lévite saisit sa concubine et la leur amena dehors. Ils la connurent et la malmenèrent toute la nuit jusqu'au matin, et au lever de l'aurore ils l'abandonnèrent.

26 A l'approche du matin, la femme vint tomber à l'entrée de la maison de l'homme chez qui était son mari, gisant là jusqu'à ce qu'il fît jour. 27 Son mari se leva de bon matin, ouvrit la porte de la maison et sortit pour reprendre sa route, et voilà que sa concubine gisait à l'entrée de la maison, les mains sur le seuil. 28 « Lève-toi, lui dit-il, et partons ! » Pas de réponse. Alors il la chargea sur son âne, et l'homme partit et gagna sa localité. 29 Arrivé chez lui, il prit un couteau et, saisissant sa concubine, la découpa, membre après membre, en douze morceaux qu'il envoya dans tout le territoire d'Israël. [1 S 11.7.]30 Or, quiconque voyait cela disait : « Jamais n'est arrivée ni ne s'est vue pareille chose depuis le jour où les fils d'Israël sont montés du pays d'Egypte jusqu'à ce jour ! » Le lévite avait donné cet ordre aux hommes qu'il avait envoyés : « Ainsi parlerez-vous à tous les hommes d'Israël : Pareille chose est-elle arrivée depuis le jour où les fils d'Israël sont montés du pays d'Egypte jusqu'à ce jour ? Réfléchissez-y, consultez-vous et prononcez-vous ! » [jamais une pareille chose... Jr 2.10.
— depuis la sortie d'Egypte 1 S 8.8 ; 2 S 7.6.
— Le lévite avait donné cet ordre... jusqu'à ce jour : ce passage manque dans le texte hébreu ; il est traduit d'après l'ancienne version grecque.]

La guerre punitive contre Benjamin

20 Tous les fils d'Israël sortirent et, comme un seul homme, la communauté s'assembla depuis Dan jusqu'à Béer-Shéva ainsi que le pays du Galaad, auprès du Seigneur à Miçpa. [la communauté Jg 21.10 ; Ex 12.3 ; 16.1 ; 34.31 ; Lv 4.13, etc. ; Nb 1.18 ; 16.9, etc. ; Jos 9.18 ; 22.18.
— de Dn 18.29 à Béer-Shéva 1 S 3.20 ; 2 S 17.11. Voir les notes sur Jos 19.47 ; Gn 21.14.
— Galaad : voir Gn 31.21 et la note.
— auprès du Seigneur : c'est-à-dire au sanctuaire du Seigneur.
— Miçpa : localité de Benjamin à 13 km au nord de Jérusalem ; à ne pas confondre avec Miçpa-de-Galaad (Jg 10.17 et la note) Jg 21.1,5 ; 1 S 7.5-7 ; 10.17 ; 1 M 3.46.]
2 Les chefs de tout le peuple, toutes les tribus d'Israël, se présentèrent à l'assemblée du peuple de Dieu, quatre cent mille fantassins, sachant tirer l'épée. 3 Les fils de Benjamin apprirent que les fils d'Israël étaient montés à Miçpa.
Les fils d'Israël dirent : « Rapportez-nous comment est arrivé ce crime. » 4 Le lévite, le mari de la femme qui avait été assassinée, répondit : « C'est à Guivéa en Benjamin que j'étais arrivé, moi et ma concubine, pour y passer la nuit. [Voir Jg 19.12 et la note ; Jg 19.22-29.]5 Les propriétaires de Guivéa se dressèrent contre moi, et, pendant la nuit, cernèrent la maison où j'étais ; ils voulaient me tuer et ils ont abusé de ma concubine au point qu'elle en est morte. 6 Je pris ma concubine, la découpai et l'envoyai dans tout le territoire du patrimoine d'Israël, car ils ont commis une impudicité et une infamie en Israël. [Voir Jg 19.23 et la note ; Dt 22.21.]7 Vous tous, fils d'Israël, donnez-vous la parole et consultez-vous ici même ! » 8 Tout le peuple se leva comme un seul homme en disant : « Aucun d'entre nous ne regagnera sa tente, et aucun ne retournera dans sa maison. 9 Et maintenant, voici ce que nous allons faire à l'égard de Guivéa : nous monterons contre elle en tirant au sort ; 10 et nous prendrons, dans toutes les tribus d'Israël, dix hommes sur cent, cent sur mille et mille sur dix mille pour procurer des provisions au peuple, à ceux qui iront traiter Guivéa de Benjamin selon toute l'infamie qu'elle a commise en Israël. » 11 Tous les hommes d'Israël s'unirent contre la ville, associés comme un seul homme.

12 Les tribus d'Israël envoyèrent des hommes dans toute la tribu de Benjamin pour lui dire : « Quel est ce crime qui s'est produit parmi vous ? 13 Et maintenant, livrez ces hommes, ces vauriens qui sont à Guivéa, afin que nous les mettions à mort et que nous enlevions le mal d'Israël. » Les fils de Benjamin ne voulurent pas écouter la voix de leurs frères, les fils d'Israël. [Dt 13.6.]

14 Venant de leurs villes, les fils de Benjamin se réunirent à Guivéa pour partir en guerre contre les fils d'Israël. 15 Ce jour-là, les fils de Benjamin venus des villes se présentèrent au recensement : ils étaient vingt-six mille hommes sachant tirer l'épée, sans compter les habitants de Guivéa dont le recensement dénombre sept cents hommes d'élite. 16 Dans tout ce peuple il y avait sept cents hommes d'élite gauchers. Chacun d'eux pouvait, avec la pierre de sa fronde, tirer sur un cheveu sans le manquer. 17 Les hommes d'Israël se présentèrent aussi au recensement ; sans compter Benjamin, ils étaient quatre cent mille sachant tirer l'épée, tous hommes de guerre. 18 Ils partirent et montèrent à Béthel pour consulter Dieu, et les fils d'Israël dirent : « Qui de nous montera en premier pour combattre les fils de Benjamin ? », et le Seigneur dit : « C'est Juda qui montera en premier ! » [à Béthel v. 26 ; Jg 21.2-4. Voir Gn 12.8 et la note.
— consulter Dieu v. 27 ; Jg 1.1.
— Qui... ? C'est Juda Jg 1.1-2.]

19 Les fils d'Israël se levèrent de bon matin et ils campèrent près de Guivéa. 20 Sortis pour combattre contre Benjamin, les hommes d'Israël se rangèrent en bataille face à Guivéa. 21 Les fils de Benjamin sortirent de Guivéa et, ce jour-là, ils terrassèrent vingt-deux mille hommes d'Israël. 22 Le peuple des hommes d'Israël se ressaisit et de nouveau ils se rangèrent en bataille à l'endroit où ils s'étaient rangés le premier jour. 23 Les fils d'Israël montèrent pleurer devant le Seigneur jusqu'au soir, et ils consultèrent le Seigneur : « Dois-je encore engager le combat contre les fils de Benjamin, mon frère ? » Le Seigneur répondit : « Montez contre lui ! » [Pleurs Jg 2.4 ; 21.2 ; Nb 11.4 ; 14.1 ; 1 S 11.4 ; Esd 10.1.
— devant le Seigneur : c'est-à-dire au sanctuaire du Seigneur, à Béthel.]
24 Le second jour, les fils d'Israël s'approchèrent des fils de Benjamin. 25 Ce second jour Benjamin sortit de Guivéa à leur rencontre et ils terrassèrent encore dix-huit mille hommes parmi les fils d'Israël, tous sachant tirer l'épée. 26 Tous les fils d'Israël et tout le peuple montèrent et vinrent à Béthel ; là ils pleurèrent assis devant le Seigneur, et ils jeûnèrent ce jour-là jusqu'au soir, et ils firent monter des holocaustes et des sacrifices de paix devant le Seigneur. [assis à terre (pour pleurer) Es 3.26 ; 47.1 ; Ps 137.1 ; Esd 9.3 (et jeûner) 1 S 7.6 ; 2 S 12.16 ; voir Jb 2.13.
— des holocaustes et des sacrifices de paix Jg 21.4.]
27 Les fils d'Israël consultèrent le Seigneur — en effet, l'arche de l'alliance de Dieu se trouvait à cet endroit en ces jours-là. 28 Pinhas, fils d'Eléazar, fils d'Aaron, se tenait devant elle en ces jours-là. « Dois-je encore, dirent-ils, sortir pour combattre contre les fils de Benjamin mon frère, ou bien dois-je renoncer ? » Le Seigneur répondit : « Montez, car demain je le livrerai entre vos mains. » [Pinhas Nb 25.10-13.
— se tenait devant elle ou exerçait les fonctions sacerdotales dans le sanctuaire.]

29 Israël plaça des hommes en embuscade tout autour de Guivéa. [Jg 9.34 ; Jos 8.4.]30 Le troisième jour, les fils d'Israël montèrent contre les fils de Benjamin et se rangèrent contre Guivéa comme les autres fois. 31 Les fils de Benjamin sortirent à la rencontre du peuple, ils se laissèrent attirer loin de la ville et commencèrent, comme les autres fois, à faire des victimes parmi le peuple, environ trente hommes d'Israël, sur les routes qui montent l'une à Béthel, l'autre à Guivéa en rase campagne. [Jos 8.6,16.]32 Les fils de Benjamin dirent : « Les voilà battus devant nous comme précédemment. » Mais les Israélites s'étaient dit : « Nous allons fuir et nous les attirerons loin de la ville sur les routes. » 33 Tous les hommes d'Israël, ayant surgi de leur position, se rangèrent en bataille à Baal-Tamar tandis que l'embuscade d'Israël, depuis sa position, s'élançait sur le point faible de Guèva. [Baal-Tamar : endroit inconnu, proche de Guivéa.
— Guèva : ville de Benjamin, à 4 km au nord-est de Guivéa. Jos 18.24 ; 1 S 14.5.]
34 Dix mille hommes d'élite pris dans tout Israël arrivèrent en face de Guivéa ; la bataille fut acharnée, mais les Benjaminites ne savaient pas que le malheur fondait sur eux. 35 Le Seigneur battit Benjamin devant Israël et, ce jour-là, les fils d'Israël firent périr en Benjamin vingt-cinq mille cent hommes, tous sachant tirer l'épée. 36 Les fils de Benjamin virent qu'ils étaient battus.
Les hommes d'Israël cédèrent du terrain à Benjamin parce qu'ils comptaient sur l'embuscade qu'ils avaient placée contre Guivéa. 37 L'embuscade s'élança vers Guivéa en toute hâte, se déploya et frappa toute la ville au tranchant de l'épée. 38 Or, il y avait cette convention entre les hommes d'Israël et ceux de l'embuscade : ces derniers devaient faire monter de la ville un signal de fumée. 39 Les hommes d'Israël firent volte-face dans la bataille, et Benjamin commença à faire des victimes parmi les hommes d'Israël, environ trente hommes. « Vraiment, se disaient-ils, les voilà complètement battus devant nous comme lors de la première bataille ! » 40 Mais le signal, une colonne de fumée, avait commencé à monter de la ville, et, lorsque Benjamin se retourna, voici que la ville tout entière montait en flammes vers le ciel. [Jos 8.20.]41 Les hommes d'Israël avaient donc fait volte-face, et les hommes de Benjamin furent terrifiés car ils voyaient que le malheur avait fondu sur eux. 42 Ils tournèrent le dos devant les hommes d'Israël en direction du désert, mais la bataille les talonnait, et ceux qui venaient des villes les massacraient en les prenant à revers. [A la fin du verset, traduction incertaine d'un texte peu clair.]43 On cerna Benjamin, on le poursuivit sans répit, on le piétina jusqu'en face de Guèva du côté du soleil levant. [on le poursuivit sans répit : traduction conjecturale d'un texte peu clair.
— Guèva : conjecture ; hébreu Guivéa, qui ne convient pas au contexte.]
44 De Benjamin dix-huit mille hommes tombèrent, tous hommes vaillants. 45 Tournant le dos, ils s'enfuirent vers le désert, vers le rocher de Rimmôn. On en ramassa cinq mille sur les routes, on les poursuivit jusqu'à les retrancher et on en tua encore deux mille. [Rimmôn : à 9 km au nord-est de Guivéa.
— ramassa : autre traduction exécuta.
— les retrancher : d'après Jg 21.6. L'hébreu a lu un nom de lieu (inconnu) : Guidéom.]

46 Le total des Benjaminites qui tombèrent ce jour-là fut de vingt-cinq mille hommes sachant tirer l'épée, tous hommes vaillants. 47 Six cents hommes tournèrent le dos et s'enfuirent dans le désert, vers le rocher de Rimmôn, et ils demeurèrent au rocher de Rimmôn pendant quatre mois. 48 Les hommes d'Israël revinrent vers les fils de Benjamin et les passèrent au tranchant de l'épée, depuis les habitants des villes jusqu'au bétail et tout ce qu'ils trouvaient. De plus, ils mirent le feu à toutes les villes qu'ils rencontraient. [Voir Dt 2.34-35.]

Réhabilitation et renaissance de la tribu de Benjamin

21 Les hommes d'Israël avaient fait ce serment à Miçpa : « Aucun d'entre nous ne donnera sa fille en mariage à un Benjaminite. » [Voir Jg 20.1 et la note.]2 Le peuple vint à Béthel et, là, ils restèrent assis jusqu'au soir, devant Dieu. Ils poussèrent des cris et versèrent d'abondantes larmes. [Béthel : voir Gn 12.8 et la note.
— devant Dieu : voir Jg 20.23 et la note.]
3 « Seigneur, Dieu d'Israël, disaient-ils, pourquoi se fait-il qu'aujourd'hui il manque à Israël une de ses tribus ? » 4 Le lendemain, le peuple se leva de bon matin, et ayant bâti un autel à cet endroit, ils firent monter des holocaustes et des sacrifices de paix. [Jg 20.26.]5 Les fils d'Israël dirent : « Quelle est celle parmi toutes les tribus d'Israël qui n'est pas montée à l'assemblée auprès du Seigneur ? » En effet, il y avait eu ce grand serment contre quiconque ne serait pas monté auprès du Seigneur à Miçpa : « Il sera mis à mort ! » [Jg 5.15-17,23 ; 12.3.]6 Les fils d'Israël furent pris de pitié pour Benjamin, leur frère. « Aujourd'hui, disaient-ils, une tribu a été retranchée d'Israël. [v. 15.]7 Que ferons-nous pour procurer des femmes à ceux qui restent, alors que nous avons juré par le Seigneur de ne pas leur donner nos filles en mariage ? »

8 Ils dirent alors : « Y a-t-il quelqu'un parmi les tribus d'Israël qui ne soit pas monté auprès du Seigneur à Miçpa ? » Et voici que de Yavesh-de-Galaad personne n'était venu au camp, à l'assemblée. [Localité située à peu près à mi-chemin entre le Yabboq et le Yarmouk, les deux grands affluents orientaux du Jourdain. Ses liens avec Benjamin 1 S 11 ; 31.11-13 ; 2 S 2.4-7 ; 21.12.]9 Lorsque le peuple se présenta au recensement, on vit qu'il n'y avait là aucun des habitants de Yavesh-de-Galaad. 10 La communauté envoya là-bas douze mille hommes parmi les guerriers et leur donna cet ordre : « Allez et passez les habitants de Yavesh-de-Galaad au tranchant de l'épée, y compris femmes et enfants ! [Expédition punitive Nb 31.5-6,15-18.
— la communauté Jg 20.1.]
11 Voici ce que vous ferez : vous vouerez à l'interdit tout mâle et toute femme ayant connu la couche d'un homme. » [vouerez à l'interdit : voir Dt 2.34 et la note.
— Epargner les vierges : voir Dt 20.10-20 ; 21.10-14.]
12 Parmi les habitants de Yavesh-de-Galaad, ils trouvèrent quatre cents jeunes filles vierges qui n'avaient pas connu la couche d'un homme et ils les amenèrent au camp, à Silo, qui est au pays de Canaan. [Voir Jos 18.1 et la note.]

13 Toute la communauté envoya des porte-parole aux fils de Benjamin qui étaient au rocher de Rimmôn et ils leur annoncèrent la paix. [Jg 20.45-47.]14 Les Benjaminites revinrent à ce moment-là, et on leur donna les femmes laissées en vie parmi celles de Yavesh-de-Galaad, mais ils n'en trouvèrent pas assez pour eux.

15 Le peuple fut pris de pitié pour Benjamin, car le Seigneur avait fait une brèche dans les tribus d'Israël. 16 Les anciens de la communauté dirent alors : « Que ferons-nous pour que ceux qui restent aient des femmes, puisque les femmes de Benjamin ont été exterminées ? 17 Benjamin peut-il avoir une postérité, dirent-ils, pour qu'une tribu ne soit pas effacée d'Israël ? [Ou Benjamin possédera-t-il des survivants ?
— Un reste : voir Es 4.3.]
18 Nous-mêmes ne pouvons pas leur donner de nos filles en mariage. » En effet, les fils d'Israël avaient fait ce serment : « Maudit soit celui qui donnera une femme à Benjamin. » [v. 1,7.]19 Mais ils dirent : « Il y a chaque année la fête du Seigneur à Silo, qui est au nord de Béthel, à l'est de la route qui monte de Béthel à Sichem, et au sud de Levona. » [Il s'agit probablement ici d'une fête locale à l'occasion des vendanges (v. 21).
— Silo : Jg 18.31.]
20 Puis ils donnèrent cet ordre aux fils de Benjamin : « Allez vous embusquer dans les vignes ! 21 Vous regarderez, et dès que les filles de Silo sortiront pour danser en chœurs, vous sortirez des vignes et vous vous emparerez chacun d'une femme parmi les filles de Silo, puis vous vous en irez au pays de Benjamin. [Jg 11.34 ; Ex 15.20 ; 32.17-19 ; 1 S 18.6 ; 2 S 6.5,14-15 ; 1 R 18.26 ; Ps 150.4.]22 Si, par hasard, leurs pères ou leurs frères viennent nous chercher querelle, nous leur dirons : “Soyez généreux envers eux, car aucun d'entre nous n'a pris de femme lors de la guerre ; de plus, vous-mêmes, vous ne pouviez pas leur en donner ; autrement, vous auriez été coupables.” » [pères et frères Gn 34.5-31 ; 2 S 13.20-29.
— lors de la guerre : il s'agit de la guerre contre Yavesh-de-Galaad (voir Jg 21.10-14).]
23 Les fils de Benjamin agirent ainsi. Parmi les danseuses qu'ils avaient enlevées, ils emportèrent des femmes en nombre égal au leur. Ils partirent, retournèrent dans leur patrimoine, reconstruisirent leurs villes et y habitèrent. [Nb 18.20 ; 26.62 ; Jos 13.23 ; 19.51.]

24 A ce moment-là, les fils d'Israël se dispersèrent chacun dans sa tribu et dans son clan et, de là, ils repartirent chacun dans son patrimoine. 25 En ces jours-là, il n'y avait pas de roi en Israël. Chacun faisait ce qui lui plaisait.[Jg 17.6.]

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