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TOB – Jean

ÉVANGILE SELON JEAN

INTRODUCTION

Un évangile

Fidèle à une grande tradition, le quatrième évangile rapporte ce qui s'est passé depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu'au jour où Jésus est passé par la croix dans la gloire du Père. L'ouvrage se présente comme un témoignage (Jn 19.35) qui a été mis par écrit en vue de garantir la foi de la communauté ecclésiale (Jn 21.24). Après un prologue théologique d'une grande ampleur (Jn 1.1-18), cet évangile relate l'activité et l'enseignement de Jésus en Galilée et surtout à Jérusalem (Jn 1.19 — 12.50) ; la seconde partie relate longuement le dernier repas de Jésus avec ses disciples et les paroles décisives qu'il prononça au moment d'entrer dans la Passion, qui est aussi le lieu de la manifestation suprême de sa gloire (Jn 13.1 — 21.25). Comme il le dit explicitement dans une brève conclusion (Jn 20.30-31), Jean a choisi certains signes dont il dégage le sens et la portée, afin d'amener les chrétiens auxquels il s'adresse à mieux affirmer leur foi en Jésus, Christ et Fils de Dieu. Pour ce faire, il est conduit à prendre position vis-à-vis de diverses situations qui mettent en danger la fidélité de la communauté.

L'ordonnance de l'évangile

Il n'est guère aisé de préciser davantage et de dégager le plan adopté. Certes, la plupart des épisodes sont nettement circonscrits, mais on ne voit pas clairement les critères en fonction desquels ils ont été disposés. La question est d'autant plus délicate que l'hypothèse du déplacement de certaines sections au moment de l'édition reste plausible (insertion éventuelle du chapitre 5 entre 7.14 et 15). Mais il faut sans doute tenir compte des lois très souples de la tradition et de la composition hébraïques qui ne se conforment pas toujours aux requêtes de notre logique. Il n'est d'ailleurs pas certain que l'évangile obéisse toujours et partout aux mêmes règles de composition. On peut relever la prédominance de certains thèmes dans telle ou telle section; on peut aussi observer que dans la première partie prédominent d'abord les discours de révélation (Jn 1.19 — 5.47), tandis que l'opposition s'amorce (Jn 5.17s) ; elle conduira aux grands affrontements qui dominent la seconde partie de la vie de Jésus, préparant ainsi la Passion (Jn 6.1 — Jn 12.50). Dans la seconde partie de l'évangile, le récit d'allure traditionnelle de la Passion et des apparitions du ressuscité (Jn 13.1-30 ; 18.1 — 19.42 ; 20.1-25) est interrompu par de longs entretiens où le maître introduit ses disciples dans l'intelligence et la pratique de la vie eschatologique désormais ouverte aux croyants (Jn 13.31 — Jn 17.26).

Rapports avec les évangiles synoptiques

Si Jean est fidèle à la conception d'ensemble d'un évangile, il se distingue des évangiles synoptiques à bien des points de vue. On est frappé d'abord par les différences géographiques et chronologiques : alors que les synoptiques évoquaient une longue période en Galilée suivie d'une marche plus ou moins prolongée vers la Judée et d'un bref séjour à Jérusalem qui s'achève au Calvaire, Jean répartit son récit sur une période longue mentionnant trois fêtes de la Pâque et divers séjours à Jérusalem.

Les différences apparaissent également au niveau du style et des procédés de composition : alors que les synoptiques offrent, le plus souvent, des sections brèves, recueils de sentences ou récits de miracles contenant de brèves déclarations, Jean propose un choix limité d'événements ou de signes qui sont longuement élucidés dans des discours ou des entretiens. Ce faisant il atteint à certains moments des compositions fort complexes et une grande intensité dramatique.

Jean se singularise enfin par le choix et l'originalité des matériaux mis en œuvre. Certes, il évoque divers événements mentionnés par les traditions synoptiques (Jn 1.19-51 ; 2.13-21 ; 4.43-54 ; 5.1-15 ; 9.1-7 ; 6.1-21 ; 9.1-7 et plus largement le récit de la Passion : Jn 12.1-19 ; 18.1 — 19.42 ; 20.1-3,19-23). Mais bien des aspects de la tradition sont absents comme la tentation au désert, la transfiguration, le récit de l'institution de l'eucharistie à la dernière cène ou la veillée de Gethsémani (allusion en Jn 18.11) ; la comparution devant le Sanhédrin est à peine mentionnée (Jn 18.24); le langage lui-même est fort différent : le message fondamental n'invite plus à la conversion en vue du Royaume de Dieu (cette dernière expression n'apparaît que deux fois en Jn 3.3-5). Jean préfère parler de la vie (éternelle) accordée à ceux qui croient en Jésus qui vient de Dieu. Par contre, Jean introduit des données nouvelles: des épisodes (le signe de Cana, les entretiens avec Nicodème et la Samaritaine, la résurrection de Lazare, diverses indications relatives à la Passion et à la Résurrection) et de nombreux discours.

Dans quelle mesure Jean a-t-il connu les évangiles synoptiques ? Plusieurs commentateurs pensent qu'on ne peut démontrer qu'il les ait utilisés. D'autres croient discerner les traces d'une utilisation de Marc et surtout de Luc. On peut s'accorder sur le fait de la connaissance d'un certain nombre de traditions relatives à Jésus qui ont trouvé, par ailleurs, leur expression dans les évangiles synoptiques.

Ces traditions, Jean s'applique à les méditer et à les retravailler en fonction de ses centres d'intérêt et il le fait avec plus d'assurance et de liberté. Pour lui, la fidélité consiste à saisir et à exprimer en profondeur la véritable portée de l'événement de révélation et de salut qui s'opère en Jésus.

L'écriture johannique

Cette indépendance à l'égard des évangiles synoptiques s'expliquerait-elle par l'utilisation d'autres sources ? L'analyse de la langue doit contribuer à élucider la question. Un certain nombre d'aramaïsmes amenèrent à envisager l'hypothèse d'un original araméen qui aurait été traduit, parfois maladroitement, en grec. Des examens minutieux ne favorisent pas cette explication. Considéré dans son ensemble, le quatrième évangile a été rédigé en un grec pauvre et simple, mais correct. On y trouve des vocables et des jeux de mots qui n'ont pas leur équivalent en araméen. Le style et divers traits d'écriture permettent de reconnaître l'unité du langage johannique. Bien des choses s'expliquent sans doute par la première formulation dans un milieu palestinien hellénisé et par l'influence de la version grecque de l'A.T. (Septante). Il se peut que Jean ait utilisé certaines sources araméennes, mais leur transposition s'est faite de telle façon qu'il n'est guère possible de les identifier. Ces quelques observations mettent bien en lumière la complexité des problèmes littéraires soulevés par ce texte d'allure si sobre.

L'élaboration de l'évangile

1. On peut tenter à l'aide de divers indices de reconstituer les grands moments de la formation de l'Evangile de Jean. La tradition johannique s'enracine dans un cercle chrétien palestinien et plus précisément dans une communauté très proche de Jérusalem: les notations topographiques et liturgiques, les références notamment aux fêtes et à leur célébration favorisent cette explication. Il faut noter aussi certains liens avec la Samarie (Jn 4.1-42).

Aux origines, on relatait surtout des récits de miracles considérés comme des signes permettant aux croyants de discerner en Jésus le Messie annoncé par Moïse et les prophètes (Jn 1.41,45,49 ; 4.25,29 ; 7.26s, 31,41 ; 10.24). L'intelligence de la personne et du rôle de Jésus est poursuivie par le recours aux Ecritures (en particulier Ex, Dt, Es, Ps et certains écrits sapientiaux) qu'on lisait suivant une méthode proche de celle des homélies synagogales et en appliquant souvent une exégèse typologique. L'unité de l'Ecriture reconnue comme porteuse de la parole de Dieu (Jn 10.36) permettait d'éclairer les textes les uns par les autres et de montrer comment ils trouvaient dans la personne et l'œuvre de Jésus leur sens véritable (Jn 5.39). Jésus, en effet, présente un caractère transcendant tel qu'il faut reconnaître en lui non seulement le Fils de l'homme mais aussi le Fils de Dieu qui est venu dans le monde pour offrir aux hommes qui croiront la connaissance et la communion de Dieu son Père, en quoi consiste la vie véritable et éternelle.

Mais la communauté qui vivait de cette foi n'a pas tardé à connaître l'opposition de certains milieux juifs ; l'évangile porte de nombreuses traces des affrontements avec les docteurs pharisiens et les polémiques concernant Jésus et l'appartenance au véritable Israël y sont nombreuses (en particulier Jn 5.10-47 ; 6.41s ; 7.10). L'opposition ira en s'intensifiant et l'évangile connaît bien la décision d'exclure du culte ceux qui reconnaissaient Jésus comme Messie (Jn 9.22 ; 12.42 ; 16.2) ; il semble aussi que de graves violences aient été exercées contre des membres de la communauté (Jn 16.2 rappelle une maxime zélote).

Peut-être faut-il placer vers la même époque palestinienne certaines tensions avec un cercle de disciples de Jean le Baptiste qui refusaient de reconnaître la messianité de Jésus au nom de la fidélité au premier maître (Jn 3.22s; 1.15,19-36; 5.33) ; dans la même ligne, il convient de constater certaines rencontres de formules qui permettent d'envisager des contacts avec une théologie pratiquée à Qumrân (divers aspects de la notion de vérité ; le dualisme).

2. Mais si l'enracinement palestinien est ainsi incontestable, il faut reconnaître que l'évangile, tel qu'il se présente à nous, porte les traces de l'existence d'une communauté en dehors des limites de la Palestine, du côté vraisemblablement de la Syrie ou de l'Asie Mineure. La communauté judéenne avait-elle été contrainte d'émigrer ? avait-elle essaimé ? Toujours est-il que la tradition johannique est parvenue en terre lointaine où elle s'est ouverte à de nouvelles influences et a connu d'autres conflits. Il faut constater tout d'abord que la rupture avec le monde juif est pleinement consommée : l'emploi massif de vocables pour désigner les autorités ou de vastes groupes israélites est déjà révélateur ; on notera aussi la manière de se distancer en parlant de « votre Loi » ou de « leur Loi » (Jn 8.17 ; 10.34 ; 15.25).

Dans un premier temps, la communauté perçoit intensément les grandes aspirations qui orientaient alors bien des croyants; beaucoup d'hommes se sentent désormais étrangers et menacés dans le monde (cosmos) et ils perçoivent profondément l'opposition du matériel et du spirituel. Désireux de trouver la sérénité et la paix, ils la cherchent dans une évasion vers le divin. L'Evangile de Jean rencontre cette aspiration qui conduira bientôt aux tentatives gnostiques et il lui apporte une réponse originale. Jésus est le Fils de Dieu, il est descendu dans ce monde qui est par lui-même incapable de rejoindre Dieu, pour révéler et offrir aux hommes la connaissance de la vérité divine qui est aussi la vie divine. Cet aspect du message est si fortement mis en valeur et affirmé sous des formes si variées que l'on risque de laisser s'estomper d'autres aspects. C'est ainsi que l'eschatologie est presque uniquement située dans le présent immédiat. Cependant, certains aspects essentiels de la gnose ne se retrouveront pas: le révélateur reste Jésus, et l'accès à la connaissance vivifiante s'opère par la foi en sa parole ou en lui; par ailleurs la vie divine n'est pas la nature profonde de l'âme à laquelle il faudrait s'éveiller, cela reste un pur don du Fils et de son Esprit auquel on accède dans la communauté des croyants.

Il n'en est pas moins vrai que cette tendance n'allait pas sans dangers et que l'on risquait d'aboutir à un certain docétisme qui aurait fait du Révélateur un « Dieu marchant sur la terre » mais étranger à la condition humaine. Les épîtres de Jean donnent à penser que la tension fut si vive qu'on en vint à des ruptures (1Jn 2.18). Dans ces circonstances douloureuses, la fidélité fut assurée grâce à la mise en lumière de quelques grands aspects de la tradition commune aux Eglises : comme on peut aussi l'observer dans les épîtres on affirma la réalité humaine de Jésus qui s'accorde avec sa filiation divine (1Jn 2.22 ; 4.3 ; 5.5s ; 2Jn 7), d'où l'insistance sur l'incarnation du Verbe (Jn 1.14) ou du Fils de l'homme (Jn 6.53), et sur la réalité de sa mort (Jn 19.30,33-37) ; cette mort est par ailleurs envisagée comme expression suprême de l'amour pour les hommes (Jn 13.1s ; 15.12s; 10.11-18), amour qui fonde celui que les vrais disciples doivent vivre dans la communauté de foi (Jn 13.34 ; 15.11-17 ; 1Jn 3.11,23). Leur unité est un signe eschatologique (Jn 17.22s). C'est également dans la même perspective que l'on aura sans doute accentué le rôle et le réalisme des sacrements (Jn 3.5 ; 6.51-58).

Cette mise en lumière de l'essentiel, dans la fidélité à la première tradition johannique, fut rendue possible par la présence au sein de la communauté d'un homme jouissant d'une grande autorité spirituelle. Il semble que ce grand témoin soit évoqué dans divers passages où il est question du disciple « que Jésus aimait » et qui au dernier repas se trouvait auprès de lui (Jn 13.23) ; il est au pied de la croix où il reçoit de Jésus Marie pour mère (Jn 19.26,35), il sera celui qui, voyant le tombeau vide et les linges pliés, croira le premier (Jn 20.8). Il sera par excellence le témoin inspiré dont le témoignage consigné dans l'évangile « demeurera » à jamais comme l'attestent les éditeurs (Jn 21.20-23). C'est effectivement celui qui a été le plus aimé qui peut porter le témoignage auquel il faudra désormais se reporter fidèlement dans la communauté.

L'auteur de l'évangile

Le quatrième évangile était répandu en Egypte dès la première moitié du IIe siècle comme l'attestent quelques fragments récemment retrouvés ; divers auteurs comme Ignace d'Antioche, Justin et d'autres utilisent des thèmes typiquement johanniques. On peut donc conclure que loin d'être confiné dans une secte ésotérique, l'évangile était reçu dans l'Eglise et qu'il y jouissait d'une autorité qui en faisait le pendant des synoptiques. C'est ce qu'Irénée formule clairement (Adv. Haer. 3.1,1) ; il est le premier à désigner l'auteur sous le nom de Jean: « le disciple du Seigneur, celui qui reposa sur sa poitrine, a publié l'évangile pendant son séjour à Ephèse en Asie ». Irénée disait tenir cette information de Polycarpe dont il avait été le disciple. Faut-il l'identifier avec l'apôtre saint Jean, le fils de Zébédée qui tint une place importante parmi les Douze et dans la communauté de Jérusalem ? Pendant longtemps la chose sembla très naturelle.

L'évangile lui-même ne nous éclaire guère sur ce point ; tout au plus peut-on y discerner un indice. Alors que l'on voit nommer divers membres du groupe des Douze qui interviennent dans l'action, les fils de Zébédée et deux disciples non nommés paraissent en Jn 21.1-2 ; le disciple que Jésus aimait et qui est présenté comme l'auteur de l'évangile est parmi eux (Jn 21.7,20-24); par ailleurs, au début du récit évangélique, l'un des deux premiers disciples de Jésus n'est pas nommé (Jn 1.35s). Cette discrétion pourrait être révélatrice et on ne peut exclure que la tradition qui se forma dans la première communauté ait bénéficié du témoignage de l'apôtre. Mais il nous paraît que le titre de « disciple que Jésus aimait » vise aussi un disciple qui assura la continuité et l'épanouissement de la tradition johannique en terre étrangère et peut-être à Ephèse. Peut-être se nommait-il lui aussi Jean comme un texte de Papias de Hiérapolis cité et interprété par Eusèbe (Hist. eccl. 3.39,4) le suggérait déjà.

ÉVANGILE SELON JEAN

Prologue

1 Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu. [Jn 1.1-2 : Au commencement Pr 8.22-26 ; Si 24.9 ; Jn 17.5 ; 1 Jn 1.1-2.
— le Verbe Ap 19.13 ; voir Si 24.3.
— tourné vers Dieu Jn 5.17-30.
— le Verbe était Dieu Ph 2.6 ; Col 1.15 ; He 1.3.]
2 Il était au commencement tourné vers Dieu. 3 Tout fut par lui, et rien de ce qui fut, ne fut sans lui. [Parole et création Gn 1.3 ; Ps 33.6,9 ; 147.15-18 ; Es 40.26 ; 48.3 ; Sg 9.1 ; Jn 1.10 ; 1 Co 8.6 ; Col 1.16-17 ; He 1.2.
— Sagesse et création Pr 8.27-30 ; Sg 9.9.]
4 En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes, [En lui était la vie Jn 5.26.
— lumière Jn 8.12.]
5 et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise. [la lumière incomprise Jn 1.10-13 ; 3.19 ; voir Sg 13.1-9 ; Rm 1.19-23 ; 1 Co 1.21.
— Autre traduction possible : les ténèbres n'ont pas pu s'en rendre maîtresses (voir Jn 12.35).]
6 Il y eut un homme, envoyé de Dieu : son nom était Jean. [Il s'agit de Jean le Baptiste ; voir Jn 1.19-36 ; 3.22-30 ; Lc 1.13,17,76 ; Mt 3.1.]7 Il vint en témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous croient par lui. [Jn 1.15,19-35 ; 3.27-30 ; 5.33 ; 10.41.]8 Il n'était pas la lumière, mais il devait rendre témoignage à la lumière. [Jn 1.20.]9 Le Verbe était la vraie lumière qui, en venant dans le monde, illumine tout homme. [la vraie lumière 1 Jn 2.8.
— en venant dans le monde Jn 6.14.]
10 Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l'a pas reconnu. [le monde Jn 3.16 ; 12.31 ; 1 Jn 2.16.
— le monde fut par lui Jn 1.3.
— le monde ne l'a pas reconnu Jn 17.25.]
11 Il est venu dans son propre bien, et les siens ne l'ont pas accueilli. 12 Mais à ceux qui l'ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu. [le nom Jn 2.23 ; 3.18 ; 1 Jn 3.23 ; 5.13.
— ceux qui croient... Ga 3.26.
— enfants de Dieu Jn 11.52 ; 1 Jn 3.1-2,10 ; 5.2,4,18.]
13 Ceux-là ne sont pas nés du sang, ni d'un vouloir de chair, ni d'un vouloir d'homme, mais de Dieu. [Jn 3.3,5-6 ; Jc 1.18 ; 1 P 1.23 ; 1 Jn 3.9 ; 5.18.]14 Et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire, cette gloire que, Fils unique plein de grâce et de vérité, il tient du Père. [il a habité ou il a planté sa tente parmi nous.
— Incarnation Rm 1.3 ; Ga 4.4 ; Ph 2.7 ; 1 Tm 3.16 ; He 2.14 ; 1 Jn 4.2
— chair Jn 3.6.
— nous avons vu sa gloire Es 60.1-2 ; Lc 9.32 ; Jn 2.11 ; voir Jn 12.23,28 ; 13.31 ; 17.2-5,22-23.
— grâce et vérité Ex 34.6.]
15 Jean lui rend témoignage et proclame : « Voici celui dont j'ai dit : après moi vient un homme qui m'a devancé, parce que, avant moi, il était. » [le témoignage de Jean Jn 1.30.
— après moi vient... Mt 3.11 ; Mc 1.7 ; Jn 1.27.]
16 De sa plénitude en effet, tous, nous avons reçu, et grâce sur grâce. [Col 2.9-10.]17 Si la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. [Ex 31.18 ; 34.28 ; Jn 7.19.]18 Personne n'a jamais vu Dieu ; Dieu Fils unique, qui est dans le sein du Père, nous l'a dévoilé. [voir Dieu Ex 33.20 ; Jn 6.46 ; 1 Tm 6.16 ; 1 Jn 4.12.
— le Fils unique Mt 11.27 ; Lc 10.22.]

Le témoignage de Jean

(Mt 3. 1-12 ; Mc 1. 2-8 ; Lc 3. 15-17)

19 Et voici quel fut le témoignage de Jean lorsque, de Jérusalem, les Juifs envoyèrent vers lui des prêtres et des lévites pour lui poser la question : « Qui es-tu ? » [Voir Jn 2.18 ; 5.10-18 ; 7.1,13 ; 9.22, etc. Ici comme souvent chez Jean l'appellation les Juifs désigne les chefs spirituels de l'Israël contemporain de Jésus.]20 Il fit une déclaration sans restriction, il déclara : « Je ne suis pas le Christ. » [Jn 3.28.]21 Et ils lui demandèrent : « Qui es-tu ? Es-tu Elie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. » — « Es-tu le Prophète ? » Il répondit : « Non. » [Elie : Mt 11.14 ; voir Mc 6.15 et la note.
— Le Prophète Mt 21.11 ; en s'appuyant sur Dt 18.15 beaucoup de Juifs contemporains de Jésus attendaient l'apparition du Prophète des derniers temps.]
22 Ils lui dirent alors : « Qui es-tu ? ... que nous apportions une réponse à ceux qui nous ont envoyés ! Que dis-tu de toi-même ? » 23 Il affirma : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : “Aplanissez le chemin du Seigneur”, comme l'a dit le prophète Esaïe. » [Es 40.3 (Mt 3.3 par.).]24 Or ceux qui avaient été envoyés étaient des Pharisiens. 25 Ils continuèrent à l'interroger en disant : « Si tu n'es ni le Christ, ni Elie, ni le Prophète, pourquoi baptises-tu ? » 26 Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l'eau. Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; [Mt 3.6.]27 il vient après moi et je ne suis même pas digne de dénouer la lanière de sa sandale. » [il vient après moi Jn 1.15.
— indigne de dénouer... Mt 3.11 par. ; Ac 13.25.]
28 Cela se passait à Béthanie, au-delà du Jourdain, où Jean baptisait. [Béthanie : village de site inconnu localisé à l'est du Jourdain ; à ne pas confondre avec le village du même nom situé à proximité de Jérusalem (voir Jn 11.1,18).]

L'agneau de Dieu

29 Le lendemain, il voit Jésus qui vient vers lui et il dit : « Voici l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. [l'agneau de Dieu Jn 1.36.
— qui « te le péché du monde Es 53.6-7 ; Ac 8.32 ; 1 P 1.18-19 ; voir 1 Co 5.7-12.]
30 C'est de lui que j'ai dit : “Après moi vient un homme qui m'a devancé, parce que, avant moi, il était.” [Jn 1.15,27.]31 Moi-même, je ne le connaissais pas, mais c'est en vue de sa manifestation à Israël que je suis venu baptiser dans l'eau. » 32 Et Jean porta son témoignage en disant : « J'ai vu l'Esprit, tel une colombe, descendre du ciel et demeurer sur lui. [l'Esprit descend Mt 3.16 par.
— et demeure sur lui Es 11.2 ; 61.1 ; voir Jn 3.34.]
33 Et je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau, c'est lui qui m'a dit : “Celui sur lequel tu verras l'Esprit descendre et demeurer sur lui, c'est lui qui baptise dans l'Esprit Saint.” 34 Et moi j'ai vu et j'atteste qu'il est, lui, le Fils de Dieu. »[Mt 3.17 ; 17.5 par. ; voir Mt 14.33 ; Mc 1.1.]

Les premiers disciples

35 Le lendemain, Jean se trouvait de nouveau au même endroit avec deux de ses disciples. 36 Fixant son regard sur Jésus qui marchait, il dit : « Voici l'agneau de Dieu. » [Jn 1.29.]37 Les deux disciples, l'entendant parler ainsi, suivirent Jésus. 38 Jésus se retourna et, voyant qu'ils s'étaient mis à le suivre, il leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils répondirent : « Rabbi — ce qui signifie Maître — , où demeures-tu ? » [Ce terme qui, comme l'indique le texte, signifie Maître, est emprunté à l'araméen. Voir Mc 11.21.]39 Il leur dit : « Venez et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là ; c'était environ la dixième heure. [Quatre heures de l'après-midi. Voir Mt 20.3 et note.]40 André, le frère de Simon-Pierre, était l'un de ces deux qui avaient écouté Jean et suivi Jésus. [Mt 4.18 par.]41 Il va trouver, avant tout autre, son propre frère Simon et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie ! » — ce qui signifie le Christ. [Jn 4.25 ; voir Lc 4.41.]42 Il l'amena à Jésus. Fixant son regard sur lui, Jésus dit : « Tu es Simon, le fils de Jean ; tu seras appelé Céphas » — ce qui veut dire Pierre. [Céphas 1 Co 1.12 c'est-à-dire Pierre Mt 10.2 ; 16.18 ; Mc 3.16 ; Lc 6.14 ; voir Mt 4.18.]43 Le lendemain, Jésus résolut de gagner la Galilée. Il trouve Philippe et lui dit : « Suis-moi. » 44 Or, Philippe était de Bethsaïda, la ville d'André et de Pierre. [Philippe Mt 10.3.
— de Bethsaïda Jn 12.21 ; voir Mt 11.21.]
45 Il va trouver Nathanaël et lui dit : « Celui de qui il est écrit dans la Loi de Moïse et dans les prophètes, nous l'avons trouvé : c'est Jésus, le fils de Joseph, de Nazareth. » [Dt 18.18 ; Es 9.6 ; Ez 34.23.]46 - « De Nazareth, lui dit Nathanaël, peut-il sortir quelque chose de bon ? » Philippe lui dit : « Viens et vois. » 47 Jésus regarde Nathanaël qui venait à lui et il dit à son propos : « Voici un véritable Israélite en qui il n'est point d'artifice. » 48 - « D'où me connais-tu ? » lui dit Nathanaël ; et Jésus de répondre : « Avant même que Philippe ne t'appelât, alors que tu étais sous le figuier, je t'ai vu. » [D'après les récits des rabbins on s'abritait volontiers sous un figuier pour lire et méditer l'Ecriture.]49 Nathanaël reprit : « Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël. » [Fils de Dieu Ps 2.7 ; Mt 14.33 ; Mc 1.1,11 par. ; Mc 4.41 ; Jn 11.27 ; Ac 13.33.
— roi d'Israël So 3.15 ; Mt 27.42 ; Mc 15.32 ; Jn 12.13.]
50 Jésus lui répondit : « Parce que je t'ai dit que je t'avais vu sous le figuier, tu crois. Tu verras des choses bien plus grandes. » 51 Et il ajouta : « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'homme. »[le ciel ouvert Mt 3.16.
— les anges montant et descendant Gn 28.12.
— le Fils de l'homme Mt 8.20.]

Le premier signe

2 Or, le troisième jour, il y eut une noce à Cana de Galilée et la mère de Jésus était là. [Cana Jn 4.46.]2 Jésus lui aussi fut invité à la noce ainsi que ses disciples. 3 Comme le vin manquait, la mère de Jésus lui dit : « Ils n'ont pas de vin. » 4 Mais Jésus lui répondit : « Que me veux-tu, femme ? Mon heure n'est pas encore venue. » [Le grec a conservé la forme originale de la tournure hébraïque : Qu'y a-t-il pour moi et pour toi ? qu'on retrouve en Jg 11.12 ; 2 Ch 35.21 ; Mt 8.29 ; Mc 1.24 ; 5.7 ; Lc 4.34 ; 8.28, etc. On l'employait pour écarter une intervention qu'on jugeait déplacée.
— heure non encore venue Jn 7.30 ; 8.20 ; voir Jn 7.6.
— l'heure de Jésus Jn 12.23,27 ; 13.1 ; 17.1 ; voir Jn 5.25,28 ; Mc 14.35-41.]
5 Samère dit aux serviteurs : « Quoi qu'il vous dise, faites-le. » [faites-le Gn 41.55.]6 Il y avait là sixjarres de pierre destinées aux purifications des Juifs ; elles contenaient chacune de deux à trois mesures. [purifications juives Mc 7.3-4 ; Jn 3.25.
— Une mesure correspondait à une quarantaine de litres.]
7 Jésus dit aux serviteurs : « Remplissez d'eau ces jarres » ; et ils les emplirent jusqu'au bord. 8 Jésus leur dit : « Maintenant puisez et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent, 9 et il goûta l'eau devenue vin — il ne savait pas d'où il venait, à la différence des serviteurs qui avaient puisé l'eau — , aussi il s'adresse au marié 10 et lui dit : « Tout le monde offre d'abord le bon vin et, lorsque les convives sont gris, le moins bon ; mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à maintenant ! » 11 Tel fut, à Cana de Galilée, le commencement des signes de Jésus. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. [signes opérés par Jésus Jn 4.54 ; 20.30 ;voir Es 66.19 ; Mt 12.38
— Il manifesta sa gloire Lc 9.32 ; Jn 1.14 ; 12.41.]
12 Après quoi, il descendit à Capharnaüm avec sa mère, ses frères et ses disciples ; mais ils n'y restèrent que peu de jours. [Capharnaüm Mt 4.13.
— mère et frères de Jésus Mc 3.31.]

La purification du temple

(Mt 21. 12-17 ; Mc 11. 15-17 ; Lc 19. 45-46)

13 La Pâque des Juifs était proche et Jésus monta à Jérusalem. [Pâque Ex 12.1-27.
— proche Jn 6.4 ; 11.55 ; voir Jn 13.1.]
14 Il trouva dans le temple les marchands de bœufs, de brebis et de colombes ainsi que les changeurs qui s'y étaient installés. [Voir Mc 11.15 et la note.]15 Alors, s'étant fait un fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple, et les brebis et les bœufs ; il dispersa la monnaie des changeurs, renversa leurs tables ; 16 et il dit aux marchands de colombes : « Otez tout cela d'ici et ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. » [Lc 2.49.]17 Ses disciples se souvinrent qu'il est écrit : Le zèle de ta maison me dévorera. [Ps 69.10.]18 Mais les Juifs prirent la parole et lui dirent : « Quel signe nous montreras-tu, pour agir de la sorte ? » [les Juifs : voir Jn 1.19 et la note.
— Quel signe... ? Mt 12.38 ; 16.1 ; Mc 8.11 ; Lc 11.16,29 ; Jn 6.30 ; 1 Co 1.22.]
19 Jésus leur répondit : « Détruisez ce temple et, en trois jours, je le relèverai. » [Mt 26.61 ; 27.40 ; Mc 14.58 ; 15.29 ; Ac 6.14.]20 Alors les Juifs lui dirent : « Il a fallu quarante-six ans pour construire ce temple et toi, tu le relèverais en trois jours ? » [La construction du temple avait commencé vers l'année 20 av. J.C. sous l'impulsion d'Hérode le Grand.]21 Mais lui parlait du temple de son corps. [1 Co 6.19 ; voir Jn 1.14,51 ; 4.20-24.]22 Aussi, lorsque Jésus se releva d'entre les morts, ses disciples se souvinrent qu'il avait parlé ainsi, et ils crurent à l'Ecriture ainsi qu'à la parole qu'il avait dite. [Lc 24.6-8 ; Jn 12.16 ; 14.26 ; 16.4.]

La foi qui ne suffit pas

23 Tandis que Jésus séjournait à Jérusalem, durant la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom à la vue des signes qu'il opérait. [Jn 7.31 ; 11.47-48.]24 Mais Jésus, lui, ne croyait pas en eux, car il les connaissait tous, [Jn 4.16-19 ; 10.14.]25 et il n'avait nul besoin qu'on lui rendît témoignage au sujet de l'homme : il savait, quant à lui, ce qu'il y a dans l'homme.

L'entretien avec Nicodème

3 Or il y avait, parmi les Pharisiens, un homme du nom de Nicodème, un des notables juifs. [Nicodème Jn 7.50 ; 19.39.]2 Il vint, de nuit, trouver Jésus et lui dit : « Rabbi, nous savons que tu es un maître qui vient de la part de Dieu, car personne ne peut opérer les signes que tu fais si Dieu n'est pas avec lui. » [Rabbi : voir Jn 1.38 et la note.
— Compliment adressé à Jésus Mt 22.16.
— signes probants Jn 9.16,33 ; Ac 10.38.]
3 Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis : à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. » [Le terme grec traduit par de nouveau signifie aussi d'en haut. Les deux sens sont à considérer ici conjointement (voir Jn 3.4) ; voir Tt 3.5 ; 1 P 1.23 ; 1 Jn 2.29 ; 3.9 ; 4.7 ; 5.1.
— Royaume de Dieu Mt 3.2 ; 6.10.]
4 Nicodème lui dit : « Comment un homme pourrait-il naître s'il est vieux ? Pourrait-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître ? » 5 Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis : nul, s'il ne naît d'eau et d'Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. [naître d'eau et d'Esprit Tt 3.5.
— entrer dans le Royaume de Dieu Mt 5.20.]
6 Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit. [Jn 1.14 ; 6.51,63 ; 8.15 ; 1 Jn 4.2.]7 Ne t'étonne pas si je t'ai dit : “Il vous faut naître d'en haut”. 8 Le vent souffle où il veut, et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit. » [En grec c'est le même terme qui désigne le vent et l'Esprit.
— le vent souffle o- il veut Ps 30.4 ; Qo 11.5.]
9 Nicodème lui dit : « Comment cela peut-il se faire ? » 10 Jésus lui répondit : « Tu es maître en Israël et tu n'as pas la connaissance de ces choses ! 11 En vérité, en vérité, je te le dis : nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu, et, pourtant, vous ne recevez pas notre témoignage. [Jn 3.32 ; 8.26.]12 Si vous ne croyez pas lorsque je vous dis les choses de la terre, comment croiriez-vous si je vous disais les choses du ciel ? [choses de la terre, du ciel Sg 9.16 ; Lc 22.67.]13 Car nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. [Pr 30.4 ; Rm 10.6.
— D'assez nombreux manuscrits ajoutent à la fin du verset qui est dans le ciel.]
14 Et comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l'homme soit élevé [Moïse et le serpent Nb 21.9 ; voir Sg 16.5-10.
— élévation du Fils de l'homme Jn 8.28 ; 12.34 ; voir Mt 8.20.]
15 afin que quiconque croit ait, en lui, la vie éternelle. [Jn 20.31.]16 Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, son unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. [Dieu a donné son Fils... Rm 8.32 ; 1 Jn 4.9-10.
— foi en Jésus et vie éternelle Jn 3.36 ; 10.28 ; 1 Jn 5.13.]
17 Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. [non pour juger mais pour sauver Jn 12.47.
— Le Fils et le jugement Jn 5.22,27,30 ; 8.15-16 ; Ac 17.31.]
18 Qui croit en lui n'est pas jugé ; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. [pas jugé Jn 5.24.
— le nom (du Fils unique) Jn 1.12.]
19 Et le jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré l'obscurité à la lumière parce que leurs œuvres étaient mauvaises. [le jugement Jn 9.39-41 ; 12.37-50.
— la lumière dans le monde Jn 1.5,9 ; 8.12 ; 9.5.]
20 En effet, quiconque fait le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de crainte que ses œuvres ne soient démasquées. [Ep 5.11-13.]21 Celui qui fait la vérité vient à la lumière pour que ses œuvres soient manifestées, elles qui ont été accomplies en Dieu. »[Celui qui fait la vérité : par cette tournure typique les anciens juifs désignaient celui qui conforme sa conduite à la vérité ; Tb 4.6 ; voir Jn 7.17 ; 1 Jn 1.6.
— la vérité Jn 18.37.]

Jean et Jésus

22 Après cela, Jésus se rendit avec ses disciples dans le pays de Judée ; il y séjourna avec eux et il baptisait. [Jn 3.26 ; 4.1-2.]23 Jean, de son côté, baptisait à Aïnôn, non loin de Salim, où les eaux sont abondantes. Les gens venaient et se faisaient baptiser. [Aïnôn et Salim : deux localités de site incertain, dans la vallée du Jourdain.]24 Jean, en effet, n'avait pas encore été jeté en prison. [Mt 4.12 ; 14.3 ; Mc 1.14 ; 6.17 ; Lc 3.20.]25 Or il arriva qu'une discussion concernant la purification opposa un Juif à des disciples de Jean. 26 Ils vinrent trouver Jean et lui dirent : « Rabbi, celui qui était avec toi au-delà du Jourdain, celui auquel tu as rendu témoignage, voici qu'il se met lui aussi à baptiser et tous vont vers lui. » [Voir Jn 1.38 et la note.]27 Jean leur fit cette réponse : « Un homme ne peut rien s'attribuer au-delà de ce qui lui est donné du ciel. [Jn 19.11 ; 1 Co 4.7 ; He 5.4.]28 Vous-mêmes, vous m'êtes témoins que j'ai dit : “Moi, je ne suis pas le Christ, mais je suis celui qui a été envoyé devant lui.” [Jean nie être le Christ Jn 1.20.
— envoyé devant lui Ml 3.1 (Mt 11.10 ; Mc 1.2).]
29 Celui qui a l'épouse est l'époux ; quant à l'ami de l'époux, il se tient là, il l'écoute et la voix de l'époux le comble de joie. Telle est ma joie, elle est parfaite. [Image de l'épouse Os 2.21 ; Ez 16.8 ; Es 62.4-5 ; 2 Co 11.2 ; Ep 5.25-31 ; Ap 21.2 ; 22.17.
— l'ami de l'époux Mt 9.15 ; Mc 2.19.]
30 Il faut qu'il grandisse, et que moi, je diminue.

Celui qui vient d'en haut

31 « Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tout. Celui qui est de la terre est terrestre et parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel [d'en haut... de la terre Jn 8.23.
— parler de façon terrestre 1 Jn 4.5.]
32 témoigne de ce qu'il a vu et de ce qu'il a entendu, et personne ne reçoit son témoignage. [Jn 3.11 ; 8.26.]33 Celui qui reçoit son témoignage ratifie que Dieu est véridique. 34 En effet, celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, qui lui donne l'Esprit sans mesure. 35 Le Père aime le Fils et il a tout remis en sa main. [Le Père aime le Fils Jn 5.20 ; 10.17 ; 15.9.
— tout en sa main Mt 11.27 ; Lc 10.22 ; Jn 13.3.]
36 Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui n'obéit pas au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. »[Foi et vie éternelle Jn 3.16 ; 1 Jn 5.13.
— la colère de Dieu Ep 5.6.]

L'entretien avec la Samaritaine

4 Quand Jésus apprit que les Pharisiens avaient entendu dire qu'il faisait plus de disciples et en baptisait plus que Jean, [Jn 3.22,26.]2 - à vrai dire, Jésus lui-même ne baptisait pas, mais ses disciples — 3 il quitta la Judée et regagna la Galilée. 4 Or il lui fallait traverser la Samarie. [Mt 10.5 ; Lc 9.52 ; 17.11.]5 C'est ainsi qu'il parvint dans une ville de Samarie appelée Sychar, non loin de la terre donnée par Jacob à son fils Joseph, [Gn 33.19 ; 48.22 ; Jos 24.32.]6 là même où se trouve le puits de Jacob. Fatigué du chemin, Jésus était assis tout simplement au bord du puits. C'était environ la sixième heure. [le puits de Jacob Jn 4.12.
— la sixième heure : midi. Voir Mt 20.3 et la note.]
7 Arrive une femme de Samarie pour puiser de l'eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » 8 Ses disciples, en effet, étaient allés à la ville pour acheter de quoi manger. 9 Mais cette femme, cette Samaritaine, lui dit : « Comment ? Toi, un Juif, tu me demandes à boire à moi, une femme samaritaine ! » Les Juifs, en effet, ne veulent rien avoir de commun avec les Samaritains. [Esd 4.3 ; 9.1-10.44 ; Si 50.25-26 ; Mt 10.5 et la note ; Lc 9.52-53 ; 10.33.]10 Jésus lui répondit : « Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c'est toi qui aurais demandé et il t'aurait donné de l'eau vive. » [celui qui te parle Jn 4.26.
— eau vive : expression d'origine hébraïque pour désigner l'eau courante. Mais il y a ici une sorte de jeu de mots : l'eau vive dont parle Jésus est aussi ce qui donne la vie (Jn 4.14) ;Jr 2.13 ; Jn 7.37-38 ; Ap 21.6 ; 22.17.]
11 La femme lui dit : « Seigneur, tu n'as pas même un seau et le puits est profond ; d'où la tiens-tu donc, cette eau vive ? 12 Serais-tu plus grand, toi, que notre père Jacob qui nous a donné le puits et qui, lui-même, y a bu ainsi que ses fils et ses bêtes ? » [Jn 8.53.]13 Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau-ci aura encore soif ; 14 mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; au contraire, l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle. » [jamais soif Jn 6.35.
— une source Jn 7.38.
— l'eau comme symbole
a) de vie Es 12.3 ; Jr 2.13 ; 17.13 ;
b) de sagesse Ba 3.12 ; Si 15.3 ; 24.30-31 ;
c) de l'Esprit Es 44.3 ; Jl 3.1 ; Jn 7.38-39.]
15 La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi cette eau pour que je n'aie plus soif et que je n'aie plus à venir puiser ici. » 16 Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari et reviens ici. » 17 La femme lui répondit : « Je n'ai pas de mari. » 18 Jésus lui dit : « Tu dis bien : “Je n'ai pas de mari” ; tu en as eu cinq et l'homme que tu as maintenant n'est pas ton mari. En cela tu as dit vrai. » 19 - « Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es un prophète. [Mt 16.14 ; voir Jn 7.40.]20 Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous, vous affirmez qu'à Jérusalem se trouve le lieu où il faut adorer. » [Exclus de la communauté juive, les Samaritains avaient édifié un temple sur le mont Garizim, montagne proche de l'ancienne Sichem ; Dt 11.29 ; Jos 8.33.
— le lieu o- il faut adorer Dt 12.5-14 ; Ps 122.1-5.]
21 Jésus lui dit : « Crois-moi, femme, l'heure vient où ce n'est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. 22 Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. [Es 2.3 ; Rm 9.3-4.]23 Mais l'heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père. [Ph 3.3.]24 Dieu est esprit et c'est pourquoi ceux qui l'adorent doivent adorer en esprit et en vérité. » [2 Co 3.17.]25 La femme lui dit : « Je sais qu'un Messie doit venir — celui qu'on appelle Christ. Lorsqu'il viendra, il nous annoncera toutes choses. » [le Messie, Christ Jn 1.41.
— il nous annoncera toutes choses Jn 14.26.]
26 Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. » [Je le suis Mc 14.61-62 ; Jn 6.20, moi qui te parle Jn 9.37.]27 Sur quoi les disciples arrivèrent. Ils s'étonnaient que Jésus parlât avec une femme ; cependant personne ne lui dit « Que cherches-tu ? » ou « Pourquoi lui parles-tu ? » 28 La femme alors, abandonnant sa cruche, s'en fut à la ville et dit aux gens : 29 « Venez donc voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? » [Mt 12.23 ; Jn 7.26.]30 Ils sortirent de la ville et allèrent vers lui. 31 Entre-temps, les disciples le pressaient : « Rabbi, mange donc. » [Voir Jn 1.38 et la note.]32 Mais il leur dit : « J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas. » 33 Sur quoi les disciples se dirent entre eux : « Quelqu'un lui aurait-il donné à manger ? » 34 Jésus leur dit : « Ma nourriture, c'est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et d'accomplir son œuvre. [la volonté de celui qui m'a envoyé Jn 5.30 ; 6.38
— accomplir son œuvre Jn 5.36 ; 17.4.]
35 Ne dites-vous pas vous-mêmes : “Encore quatre mois et viendra la moisson” ? Mais moi je vous dis : levez les yeux et regardez ; déjà les champs sont blancs pour la moisson ! [blancs : les Hébreux n'avaient probablement pas de mot particulier pour désigner la couleur jaune des blés m-rs ; ils employaient le même terme pour qualifier les teintes plus pâles que le vert.
— la moisson Mt 9.37 ; Lc 10.2.]
36 Déjà le moissonneur reçoit son salaire et amasse du fruit pour la vie éternelle, si bien que celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble. 37 Car en ceci le proverbe est vrai, qui dit : “L'un sème, l'autre moissonne.” [Voir Mi 6.15.]38 Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucune peine ; d'autres ont peiné et vous avez pénétré dans ce qui leur a coûté tant de peine. » 39 Beaucoup de Samaritains de cette ville avaient cru en lui à cause de la parole de la femme qui attestait : « Il m'a dit tout ce que j'ai fait. » 40 Aussi, lorsqu'ils furent arrivés près de lui, les Samaritains le prièrent de demeurer parmi eux. Et il y demeura deux jours. 41 Bien plus nombreux encore furent ceux qui crurent à cause de sa parole à lui ; 42 et ils disaient à la femme : « Ce n'est plus seulement à cause de tes dires que nous croyons ; nous l'avons entendu nous-mêmes et nous savons qu'il est vraiment le Sauveur du monde. »[le Sauveur Es 19.20 ; 43.3 ; Mt 1.21 ; Lc 2.11 du monde 1 Jn 4.14.]

Le second signe de Cana

(Mt 8. 5-13 ; Lc 7. 1-10)

43 Deux jours plus tard, Jésus quitta ces lieux et regagna la Galilée. 44 Il avait en effet attesté lui-même qu'un prophète n'est pas honoré dans sa propre patrie. [Mt 13.57 ; Mc 6.4 ; Lc 4.24.]45 Cependant, lorsqu'il arriva en Galilée, les Galiléens lui firent bon accueil : ils étaient allés à Jérusalem pour la fête, eux aussi, et ils avaient pu voir tout ce que Jésus avait fait. [Jn 2.23.]46 Jésus revint donc à Cana de Galilée où il avait fait du vin avec de l'eau. Il y avait un officier royal dont le fils était malade à Capharnaüm. [Le terme grec désigne un personnage attaché au service du « roi » Hérode Antipas (voir Mc 1.14 et la note).
— à Cana Jn 2.1-11.]
47 Ayant entendu dire que Jésus arrivait de Judée en Galilée, il vint le trouver et le priait de descendre guérir son fils qui se mourait. [Mt 8.5-6 ; Lc 7.1-3.]48 Jésus lui dit : « Si vous ne voyez signes et prodiges, vous ne croirez donc jamais ! » [Mc 13.22 ; 1 Co 1.22.]49 L'officier lui dit : « Seigneur, descends avant que mon enfant ne meure ! » 50 Jésus lui dit : « Va, ton fils vit. » Cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et il se mit en route. [Va... Mt 8.13 ; Mc 7.29.]51 Tandis qu'il descendait, ses serviteurs vinrent à sa rencontre et dirent : « Ton enfant vit ! » 52 Il leur demanda à quelle heure il s'était trouvé mieux et ils répondirent : « C'est hier, à la septième heure, que la fièvre l'a quitté. » [Une heure de l'après-midi (voir Mt 20.3 et la note).]53 Le père constata que c'était à cette heure même que Jésus lui avait dit : « Ton fils vit. » Dès lors il crut, lui et toute sa maisonnée. [Ac 11.14 ; 16.14-15,31.]54 Tel fut le second signe que Jésus accomplit lorsqu'il revint de Judée en Galilée. [Voir Jn 2.11.]

Guérison d'un paralytique à Jérusalem

5 Après cela et à l'occasion d'une fête juive, Jésus monta à Jérusalem. [Certains manuscrits lisent la fête ; il s'agirait alors de la Pâque (voir Jn 6.4).]2 Or il existe à Jérusalem, près de la porte des Brebis, une piscine qui s'appelle en hébreu Bethzatha. Elle possède cinq portiques, [Certains manuscrits lisent Bezatha ; d'autres Bethesda. Bethzatha est le nom d'un quartier situé au nord-est de Jérusalem. Des fouilles récentes ont permis de dégager les ruines de cette piscine.]3 sous lesquels gisaient une foule de malades, aveugles, boiteux, impotents. [... [Certains manuscrits ajoutent ici une notice qui prépare le récit qui va suivre : qui attendaient l'agitation de l'eau, 4 car à certains moments l'ange du Seigneur descendait dans la piscine ; l'eau s'agitait et le premier qui y entrait après que l'eau avait bouillonn tait guéri quelle que f-t sa maladie.]4 ] 5 Il y avait là un homme infirme depuis trente-huit ans. 6 Jésus le vit couché et, apprenant qu'il était dans cet état depuis longtemps déjà, lui dit : « Veux-tu guérir ? » 7 L'infirme lui répondit : « Seigneur, je n'ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l'eau commence à s'agiter ; et, le temps d'y aller, un autre descend avant moi. » 8 Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton grabat et marche. » [Mc 2.11 par.]9 Et aussitôt l'homme fut guéri ; il prit son grabat, il marchait. Or ce jour-là était un jour de sabbat. [aussitôt... il prit... il marchait Mc 2.12 ; Lc 5.25.
— un jour de sabbat Lc 13.14 ; Jn 9.14 ; voir Mt 12.1.]
10 Aussi les Juifs dirent à celui qui venait d'être guéri : « C'est le sabbat, il ne t'est pas permis de porter ton grabat. » [Voir Jr 17.21.
— les Juifs : voir Jn 1.19 et la note.]
11 Mais il leur répliqua : « Celui qui m'a rendu la santé, c'est lui qui m'a dit : “Prends ton grabat et marche.” » 12 Ils l'interrogèrent : « Qui est cet homme qui t'a dit : “Prends ton grabat et marche” ? » 13 Mais celui qui avait été guéri ne savait pas qui c'était, car Jésus s'était éloigné de la foule qui se trouvait en ce lieu. [Mt 8.13 ; 13.36 ; Mc 4.36 ; 7.17 ; Jn 6.2-3,15.]14 Plus tard, Jésus le retrouve dans le temple et lui dit : « Te voilà bien portant : ne pèche plus de peur qu'il ne t'arrive pire encore ! » [Jn 8.11.]15 L'homme alla raconter aux Juifs que c'était Jésus qui l'avait guéri. [Jn 9.11.]16 Dès lors, les Juifs s'en prirent à Jésus qui avait fait cela un jour de sabbat. 17 Mais Jésus leur répondit : « Mon Père, jusqu'à présent, est à l'œuvre et moi aussi je suis à l'œuvre. » 18 Dès lors, les Juifs n'en cherchaient que davantage à le faire périr, car non seulement il violait le sabbat, mais encore il appelait Dieu son propre Père, se faisant ainsi l'égal de Dieu. [faire périr Jésus Mt 14.5 ; 26.4 ; Mc 14.1 ; Jn 7.1,19,25 ; 8.37,40 ; Jn 11.53.
— l'égal de Dieu Jn 10.30,33.]

Le pouvoir du Fils

19 Jésus reprit la parole et leur dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, mais seulement ce qu'il voit faire au Père : car ce que fait le Père, le Fils le fait pareillement. [Jn 5.30 ; 7.16-18,28 ; 8.28,42 ; 12.49 ; 14.10.]20 C'est que le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu'il fait ; il lui montrera des œuvres plus grandes encore, de sorte que vous serez dans l'étonnement. [le Père aime le Fils Jn 3.35 ; 10.17 ; 15.9 ; 17.23-24.
— œuvres du Père, du Fils Jn 5.19-20 ; 7.3,21 ; 9.3-5 ; 10.25-38 ; Jn 14.10-12 ; 15.24.]
21 Comme le Père, en effet, relève les morts et les fait vivre, le Fils lui aussi fait vivre qui il veut. [le Père relève les morts Rm 4.17 ; Ep 2.5.
— le Fils fait vivre Jn 11.25.]
22 Le Père ne juge personne, il a remis tout jugement au Fils, [Jn 3.17 ; 5.27 ; 9.39 ; 12.47 ; Ac 10.42 ; 17.31.]23 afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n'honore pas le Fils, n'honore pas non plus le Père qui l'a envoyé. [honorer le Fils, le Père Ph 2.10-11.
— ne pas honorer le Fils Lc 10.16.]
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit en celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle ; il ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. [Foi et vie éternelle Jn 3.15-16 ; 8.51 ; 12.44-46.
— il ne vient pas en jugement Jn 3.18.
— passer de la mort à la vie 1 Jn 3.14.]
25 En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient — et maintenant elle est là — où les morts entendront la voix du Fils de Dieu et ceux qui l'auront entendue vivront. [Mc 5.41 ; Lc 7.14 ; 8.54 ; Jn 5.28 ; 11.43.]26 Car, comme le Père possède la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils de posséder la vie en lui-même ; [Jn 1.4.]27 il lui a donné le pouvoir d'exercer le jugement parce qu'il est le Fils de l'homme. [le pouvoir d'exercer le jugement Jn 5.22.
— le Fils de l'homme Mt 8.20.]
28 Que tout ceci ne vous étonne plus ! L'heure vient où tous ceux qui gisent dans les tombeaux entendront sa voix, 29 et ceux qui auront fait le bien en sortiront pour la résurrection qui mène à la vie ; ceux qui auront pratiqué le mal, pour la résurrection qui mène au jugement. [Dn 12.2 ; Ac 24.15.]30 Moi, je ne puis rien faire de moi-même : je juge selon ce que j'entends et mon jugement est juste parce que je ne cherche pas ma propre volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. [ne rien faire de moi-même Jn 5.19.
— la volonté de celui qui m'a envoyé Lc 22.42 ; Jn 4.34.]

Les témoignages

31 « Si je me rendais témoignage à moi-même, mon témoignage ne serait pas recevable ; [Jn 8.13-14.]32 c'est un autre qui me rend témoignage, et je sais que le témoignage qu'il me rend est conforme à la vérité. [un autre est témoin pour Jésus Jn 1.15,34 ; 3.26 ; 5.36,37,39 ; 8.18 ; Jn 10.25 ; 15.26 ; 1 Jn 5.6-9.
— témoignage conforme à la vérité Jn 19.35 ; 21.24.]
33 Vous avez envoyé une délégation auprès de Jean, et il a rendu témoignage à la vérité. [Voir Jn 1.19-27 ; 3.22-30 : il s'agit de Jean le Baptiste.]34 Pour moi, ce n'est pas que j'aie à recevoir le témoignage d'un homme, mais je parle ainsi afin que vous soyez sauvés. [1 Jn 5.9.]35 Jean fut la lampe qu'on allume et qui brille : et vous avez bien voulu vous réjouir pour un moment à sa lumière. 36 Or je possède un témoignage qui est plus grand que celui de Jean : ce sont les œuvres que le Père m'a données à accomplir ; je les fais et ce sont elles qui portent à mon sujet témoignage que le Père m'a envoyé. [un témoignage plus grand 1 Jn 5.9.
— les œuvres que le Père m'a confiées Jn 10.25,38 ; 14.11.]
37 Le Père qui m'a envoyé a lui-même porté témoignage à mon sujet. Mais jamais vous n'avez ni écouté sa voix ni vu ce qui le manifestait, [Mc 1.11 par. ; Jn 5.32 ; 8.18 ; 1 Jn 5.9.]38 et sa parole ne demeure pas en vous, puisque vous ne croyez pas à celui qu'il a envoyé. [sa parole en vous 1 Jn 2.14.
— croire en celui que Dieu a envoyé Jn 6.29.]
39 Vous scrutez les Ecritures parce que vous pensez acquérir par elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage à mon sujet. [le témoignage des Ecritures au sujet de Jésus Jn 1.45 ; 2.22 ; 5.47 ; Jn 12.41 ; 19.28 ; voir Lc 14.27 ; Ac 13.27 ; 1 P 1.10-11.
— les Ecritures, source de vie Dt 4.1 ; 8.1,3 ; 30.15-20 ; Ps 119.]
40 Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie éternelle. 41 La gloire, je ne la tiens pas des hommes. [Jn 12.43.]42 Mais je vous connais, vous n'avez pas en vous l'amour de Dieu. [Jésus connaît les cœurs Jn 2.25.
— l'amour de Dieu en vous 1 Jn 3.17.]
43 Je suis venu au nom de mon Père, et vous refusez de me recevoir. Qu'un autre vienne en son propre nom, celui-là vous le recevrez ! [Voir Jn 7.17-18.]44 Comment pourriez-vous croire, vous qui tenez votre gloire les uns des autres et qui ne cherchez pas la gloire qui vient de Dieu seul ? [Jn 7.18 ; 8.50-54 ; 12.23,28,43 ; 13.31-32 ; 17.1 ; 1 Co 1.29,31 ; 1 Co 3.21 ; 4.7.]45 Ne pensez pas que ce soit moi qui vous accuserai devant le Père : votre accusateur, c'est Moïse en qui vous avez mis vos espoirs. [Dt 31.26-27.
— Les Juifs du temps de Jésus considéraient Moïse comme l'auteur des cinq premiers livres de la Bible.]
46 En effet, si vous croyiez en Moïse, vous croiriez en moi, car c'est à mon sujet qu'il a écrit. [Dt 18.15 ; Lc 24.27 ; Ac 3.22 ; 7.37.]47 Si vous ne croyez pas ce qu'il a écrit, comment croiriez-vous ce que je dis ? »[Lc 16.29-31.]

Jésus nourrit une grande foule

(Mt 14. 13-21 ; Mc 6. 30-44 ; Lc 9. 10-17)

6 Après cela, Jésus passa sur l'autre rive de la mer de Galilée, dite encore de Tibériade. [La mer de Galilée, ou de Tibériade est encore nommée lac de Gennésareth en Lc 5.1. Les Hébreux désignaient par le même mot toute grande quantité d'eau : mer, lac, et même la cuve géante de 1 R 7.23-26.]2 Une grande foule le suivait parce que les gens avaient vu les signes qu'il opérait sur les malades. [Jésus suivi par la foule Mt 4.25 ; 8.1 ; 12.15 ; 19.2 ; 20.29 ; Mc 5.24 ; Lc 9.11.
— parce qu'ils avaient vu les signes... Jn 2.23 ; 6.14.]
3 C'est pourquoi Jésus gravit la montagne et s'y assit avec ses disciples. [Mt 5.1 ; 24.3 ; Mc 3.13 ; Lc 22.39.]4 C'était peu avant la Pâque qui est la fête des Juifs. [Lc 22.1 ; Jn 2.13.]5 Or, ayant levé les yeux, Jésus vit une grande foule qui venait à lui. Il dit à Philippe : « Où achèterons-nous des pains pour qu'ils aient de quoi manger ? » 6 En parlant ainsi il le mettait à l'épreuve ; il savait, quant à lui, ce qu'il allait faire. [Jésus sait Jn 1.48 ; 2.25 ; 4.17-19,29 ; 6.61,64,71 ; 13.11,27-28 ; Jn 16.19,30 ; 18.4 ; 21.17.]7 Philippe lui répondit : « Deux cents deniers de pain ne suffiraient pas pour que chacun reçoive un petit morceau. » [Voir au glossaire MONNAIES.]8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : [André Mt 4.18.]9 « Ily a là un garçon qui possède cinq pains d'orge et deux petits poissons ; maisqu'est-ce que cela pour tant de gens ? » [pains et poissons Jn 21.9,13.
— qu'est-ce que cela ? 2 R 4.42-44.]
10 Jésus dit : « Faites-les asseoir. » Il y avait beaucoup d'herbe à cet endroit. Ils s'assirent donc ; ils étaient environ cinq mille hommes. 11 Alors Jésus prit les pains, il rendit grâce et les distribua aux convives. Il fit de même avec les poissons ; il leur en donna autant qu'ils en désiraient. 12 Lorsqu'ils furent rassasiés, Jésus dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux qui restent, de sorte que rien ne soit perdu. » 13 Ils les rassemblèrent et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d'orge qui étaient restés à ceux qui avaient mangé. 14 A la vue du signe qu'il venait d'opérer, les gens dirent : « Celui-ci est vraiment le Prophète, celui qui doit venir dans le monde. » [Voir 1.21 et la note ; Mt 21.11 ; Ac 7.37.]15 Mais Jésus, sachant qu'on allait venir l'enlever pour le faire roi, se retira à nouveau, seul, dans la montagne. [Jésus roi Jn 18.36.
— Jésus se retire Mt 14.23 ; 15.29 ; Mc 6.46 ; Lc 6.12.]

La marche sur la mer

(Mt 14. 22-27 ; Mc 6. 45-52)

16 Le soir venu, ses disciples descendirent jusqu'à la mer. 17 Ils montèrent dans une barque et se dirigèrent vers Capharnaüm, sur l'autre rive. Déjà l'obscurité s'était faite, et Jésus ne les avait pas encore rejoints. 18 Un grand vent soufflait et la mer était houleuse. 19 Ils avaient ramé environ vingt-cinq à trente stades, lorsqu'ils voient Jésus marcher sur la mer et s'approcher de la barque. Alors ils furent pris de peur, [Environ 5km.]20 mais Jésus leur dit : « C'est moi, n'ayez pas peur ! » [Mt 14.27 ; voir Mc 16.6.]21 Ils voulurent le prendre dans la barque, mais aussitôt la barque toucha terre au lieu où ils allaient.

Jésus, le pain de vie

22 Le lendemain, la foule, restée sur l'autre rive, se rendit compte qu'il y avait eu là une seule barque et que Jésus n'avait pas accompagné ses disciples dans leur barque ; ceux-ci étaient partis seuls. 23 Toutefois, venant de Tibériade, d'autres barques arrivèrent près de l'endroit où ils avaient mangé le pain après que le Seigneur eut rendu grâce. 24 Lorsque la foule eut constaté que ni Jésus ni ses disciples ne se trouvaient là, les gens montèrent dans les barques et ils s'en allèrent à Capharnaüm, à la recherche de Jésus. 25 Et quand ils l'eurent trouvé de l'autre côté de la mer, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » [Voir Jn 1.38 et la note.]26 Jésus leur répondit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, ce n'est pas parce que vous avez vu des signes que vous me cherchez, mais parce que vous avez mangé des pains à satiété. [voir des signes et croire Jn 2.11.
— manger à satiété Jn 6.11-12.]
27 Il faut vous mettre à l'œuvre pour obtenir non pas cette nourriture périssable, mais la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que le Fils de l'homme vous donnera, car c'est lui que le Père, qui est Dieu, a marqué de son sceau. » [qui demeure en vie éternelle Jn 4.14 ; 6.50,51,54,58.
— le Fils de l'homme Mt 8.20.
— marqué de son sceau Ep 1.13 ; 4.30 ; Ap 7.2 et la note, Ap 7.3-4.]
28 Ils lui dirent alors : « Que nous faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » [Jn 9.4 ; 1 Co 15.58.]29 Jésus leur répondit : « L'œuvre de Dieu c'est de croire en celui qu'Il a envoyé. » [croire Rm 3.28.]30 Ils lui répliquèrent : « Mais toi, quel signe fais-tu donc, pour que nous voyions et que nous te croyions ? Quelle est ton œuvre ? [quel signe ? Jn 2.18.]31 Au désert, nos pères ont mangé la manne, ainsi qu'il est écrit : Il leur a donné à manger un pain qui vient du ciel. » [la manne Ex 16.15 ; Nb 11.7-9 ; Dt 8.3 ; Ne 9.15 ; Sg 16.20 ; Jn 6.49,58.
— Il leur a donné... Ps 78.24 ; 105.40.]
32 Mais Jésus leur dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain du ciel, mais c'est mon Père qui vous donne le véritable pain du ciel. 33 Car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. » [Jn 6.41,51.]34 Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là ! » [donne-nous toujours... Jn 4.15.
— donne-nous Mt 6.11 ; Lc 11.3.]
35 Jésus leur dit : « C'est moi qui suis le pain de vie ; celui qui vient à moi n'aura pas faim ; celui qui croit en moi jamais n'aura soif. [Je suis Jn 8.12 ; 10.7,9 ; 11.25 ; 14.6 ; 15.1 le pain de vie Jn 6.48,51,58.
— plus jamais soif Jn 4.14.]
36 Mais je vous l'ai dit : vous avez vu et pourtant vous ne croyez pas. [Jn 20.29 ; voir Jn 9.41.]37 Tous ceux que le Père me donne viendront à moi, et celui qui vient à moi, je ne le rejetterai pas, [ceux que le Père me donne Jn 17.2,6-7,24.
— Accueillir celui qui vient Mt 11.28.]
38 car je suis descendu du ciel pour faire, non pas ma propre volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. [Mc 14.36 par. ; Jn 4.34 ; 5.30.]39 Or la volonté de celui qui m'a envoyé, c'est que je ne perde aucun de ceux qu'il m'a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. [aucun de ceux qu'il m'a donnés Mt 18.14 ; Jn 10.28-29 ; 17.12 ; Jn 18.9.
— je le ressusciterai au dernier jour Jn 6.44,54 ; 11.24 ; voir Jn 5.28-29 ; 14.3,19.]
40 Telle est en effet la volonté de mon Père : que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » 41 Dès lors, les Juifs se mirent à murmurer à son sujet parce qu'il avait dit : « Je suis le pain qui descend du ciel. » [murmurer Ex 16.2-8.
— le pain qui descend du ciel Jn 6.33,35,51,58.]
42 Et ils ajoutaient : « N'est-ce pas Jésus, le fils de Joseph ? Ne connaissons-nous pas son père et sa mère ? Comment peut-il déclarer maintenant : “Je suis descendu du ciel” ? » [Mc 6.3 par.]43 Jésus reprit la parole et leur dit : « Cessez de murmurer entre vous ! 44 Nul ne peut venir à moi si le Père qui m'a envoyé ne l'attire, et moi je le ressusciterai au dernier jour. [si le Père... ne l'attire Jn 6.65.
— je le ressusciterai au dernier jour Jn 6.39.]
45 Dans les Prophètes il est écrit : Tous seront instruits par Dieu. Quiconque a entendu ce qui vient du Père et reçoit son enseignement vient à moi. [Es 54.13 ; voir Jr 31.33-34 ; 1 Th 4.9.]46 C'est que nul n'a vu le Père, si ce n'est celui qui vient de Dieu. Lui, il a vu le Père. [Jn 1.18.]47 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit a la vie éternelle. [Plusieurs manuscrits lisent ici : celui qui croit en moi.
— Foi et vie éternelle Jn 3.15,16,36.]
48 Je suis le pain de vie. [Jn 6.35.]49 Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts. [Jn 6.31.]50 Tel est le pain qui descend du ciel, que celui qui en mangera ne mourra pas. 51 « Je suis le pain vivant qui descend du ciel. Celui qui mangera de ce pain vivra pour l'éternité. Et le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » [v. Jn 6.50-51 : pain du ciel et vie éternelle Jn 6.33,58.
— chair Jn 3.6.
— donnée Jn 10.11,15 ; 11.50-52 ; 15.13 ; 17.19 ; 18.14 ; 1 Jn 3.16.]
52 Sur quoi, les Juifs se mirent à discuter violemment entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » 53 Jésus leur dit alors : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas en vous la vie. 54 Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. [Jn 6.39.]55 Car ma chair est vraie nourriture, et mon sang vraie boisson. 56 Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. [Jn 15.5 ; voir 1 Jn 3.24.]57 Et comme le Père qui est vivant m'a envoyé et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mangera vivra par moi. 58 Tel est le pain qui est descendu du ciel : il est bien différent de celui que vos pères ont mangé ; ils sont morts, eux, mais celui qui mangera du pain que voici vivra pour l'éternité. » 59 Tels furent les enseignements de Jésus, dans la synagogue, à Capharnaüm.

La décision de la foi

60 Après l'avoir entendu, beaucoup de ses disciples commencèrent à dire : « Cette parole est rude ! Qui peut l'écouter ? » 61 Mais, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, Jésus leur dit : « C'est donc pour vous une cause de scandale ? 62 Et si vous voyiez le Fils de l'homme monter là où il était auparavant... ? [le Fils de l'homme Mt 8.20.
— monter... Ac 1.9-11.]
63 C'est l'Esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. [l'Esprit vivifie 2 Co 3.6.
— la chair ne sert de rien Jn 3.6.]
64 Mais il en est parmi vous qui ne croient pas. » En fait, Jésus savait dès le début quels étaient ceux qui ne croyaient pas et qui était celui qui allait le livrer. [Jn 13.11.]65 Il ajouta : « C'est bien pourquoi je vous ai dit : “Personne ne peut venir à moi si cela ne lui est donné par le Père.” » [Jn 6.44.]66 Dès lors, beaucoup de ses disciples s'en retournèrent et cessèrent de faire route avec lui. 67 Alors Jésus dit aux Douze : « Et vous, ne voulez-vous pas partir ? » 68 Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as des paroles de vie éternelle. [Jn 6.63.]69 Et nous, nous avons cru et nous avons connu que tu es le Saint de Dieu. » [Mc 1.24 ; voir Jn 10.36 ; 17.18 ; Mt 16.16-23 ; Mc 8.27-33 ; Lc 9.18-22.]70 Jésus leur répondit : « N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les Douze ? et cependant l'un de vous est un diable ! » [choisis Jn 15.16.]71 Il désignait ainsi Judas, fils de Simon l'Iscariote ; car c'était lui qui allait le livrer, lui, l'un des Douze. [Jn 12.4 ; voir Mt 10.4.]

Le manque de foi des frères de Jésus

7 Dans la suite, Jésus continua à parcourir la Galilée ; il préférait en effet ne point parcourir la Judée où les Juifs cherchaient à le faire périr. [les Juifs : voir Jn 1.19 et la note.
— le faire périr Jn 5.18.]
2 Cependant la fête juive des Tentes était proche. [La fêtes des Tentes était célébrée par les Juifs àl'automne et coïncidait avec la fête des récoltes. Elle rappelait le séjour d'Israël au désert. Pendant toute la durée de la fête les familles habitaient sous des huttes dressées pour cette occasion. Jérusalem devenait alors un centre de pèlerinage ; Lv 23.34 ; Nb 29.12-30 ; Dt 16.13-16.]3 Ses frères lui dirent : « Passe d'ici en Judée afin que tes disciples, eux aussi, puissent voir les œuvres que tu fais. [Ses frères Mc 3.31.]4 On n'agit pas en cachette quand on veut s'affirmer. Puisque tu accomplis de telles œuvres, manifeste-toi au monde ! » [Jn 2.18 ; 4.48 ; 6.30 ; voir Mt 12.38-40.]5 En effet, ses frères eux-mêmes ne croyaient pas en lui. 6 Jésus leur dit alors : « Mon temps n'est pas encore venu ; votre temps à vous est toujours favorable. [Jn 2.4.]7 Le monde ne peut pas vous haïr, tandis que moi, il me hait parce que je témoigne que ses œuvres sont mauvaises. [haï par le monde Jn 15.18.
— ses œuvres sont mauvaises Jn 3.19-21.]
8 Montez donc à cette fête. Pour ma part, je n'y monterai pas, car mon temps n'est pas encore accompli. » 9 Après avoir ainsi parlé, il demeura en Galilée. 10 Mais lorsque ses frères furent partis pour la fête, il se mit en route, lui aussi, sans se faire voir et presque secrètement.

Enseignements durant la fête des Tentes

11 Au cours de la fête, les Juifs le cherchaient et on disait : « Où est-il donc ? » [la fête : voir Jn 7.2 et la note.
— On cherche Jésus Jn 11.56.]
12 Dans la foule, on discutait beaucoup à son propos ; les uns disaient : « C'est un homme de bien », d'autres : « Au contraire, il séduit la foule. » 13 Toutefois, personne n'osait parler ouvertement de lui, par crainte des Juifs. [Jn 9.22 ; 19.38 ; 20.19 ; voir Jn 1.19 et la note.]14 Alors qu'on était déjà au milieu de la fête, Jésus monta au temple et il se mit à enseigner. 15 Les Juifs en étaient surpris et ils disaient : « Comment est-il si savant, lui qui n'a pas étudié ? » [Ou Comment connaît-il les lettres ? Il s'agit des éléments de la lecture et de l'écriture, que l'on enseignait à partir des livres de la Loi. L'expression désigne donc la formation propre aux scribes et aux experts des Ecritures saintes ; Mt 15.34 ; Lc 2.47.]16 Jésus leur répondit : « Mon enseignement ne vient pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé. [Jn 3.11-13,31-35 ; 5.19-23 ; 12.49 ; 14.10.]17 Si quelqu'un veut faire la volonté de Dieu, il saura si cet enseignement vient de Dieu ou si je parle de moi-même. 18 Qui parle de lui-même cherche sa propre gloire ; seul celui qui cherche la gloire de celui qui l'a envoyé est véridique, et il n'y a pas en lui d'imposture. [Jn 8.50.]19 N'est-ce pas Moïse qui vous a donné la Loi ? Or aucun de vous n'agit selon la Loi : pourquoi cherchez-vous à me faire mourir ? » [Moïse, donateur de la Loi Jn 1.17.
— aucun n'agit selon la Loi Ac 7.53 ; Rm 2.21-24.
— chercher à faire mourir Jésus Jn 5.18.]
20 La foule lui répondit : « Tu es possédé d'un démon ! Qui cherche à te faire mourir ? » [Mc 3.22.]21 Jésus reprit la parole et leur dit : « Je n'ai fait qu'une seule œuvre et tous vous êtes étonnés. [Jn 5.16.]22 Moïse vous a donné la circoncision — encore qu'elle vienne des patriarches et non pas de Moïse — et vous la pratiquez le jour du sabbat. [Gn 17.10-13 ; Lv 12.3 ; Rm 4.11.]23 Si donc un homme reçoit la circoncision un jour de sabbat sans que la Loi de Moïse soit violée, pourquoi vous irriter contre moi parce que j'ai guéri complètement un homme un jour de sabbat ? [Jn 5.8-9,16 ; voir Mt 12.1.]24 Cessez de juger selon l'apparence, mais jugez selon ce qui est juste ! » [juger selon l'apparence Es 11.3 ; Jn 8.15.
— jugement juste Lv 19.15 ; Es 11.4.]
25 Des gens de Jérusalem disaient : « N'est-ce pas là celui qu'ils cherchent à faire mourir ? [Jn 5.18.]26 Le voici qui parle ouvertement et ils ne lui disent rien ! Nos autorités auraient-elles vraiment reconnu qu'il est bien le Christ ? 27 Cependant celui-ci, nous savons d'où il est, tandis que, lorsque viendra le Christ, nul ne saura d'où il est. » [Jn 9.29.]28 Alors Jésus, qui enseignait dans le temple, proclama : « Vous me connaissez ! Vous savez d'où je suis ! Et pourtant, je ne suis pas venu de moi-même. Celui qui m'a envoyé est véridique, lui que vous ne connaissez pas. 29 Moi, je le connais parce que je viens d'auprès de lui et qu'il m'a envoyé. » [Jn 8.55 ; 17.25.]30 Ils cherchèrent alors à l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n'était pas encore venue. [heure non encore venue Jn 2.4.
— Tentative d'appréhender Jésus Jn 7.44.]
31 Dans la foule bien des gens crurent en lui, et ils disaient : « Lorsque le Christ viendra, opérera-t-il plus de signes que celui-ci n'en a fait ? » [Jn 2.23 ; 8.30 ; 10.42 ; 11.45 ; 12.11,42 ; voir Jn 12.18-19.]32 Ce qui se chuchotait dans la foule à son sujet parvint aux oreilles des Pharisiens : les grands prêtres et les Pharisiens envoyèrent alors des gardes pour l'arrêter. 33 Jésus dit : « Je suis encore avec vous pour un peu de temps et je vais vers celui qui m'a envoyé. [avec vous pour un peu de temps Jn 13.33 ; 16.16-19 ; voir Jn 9.10.
— vers Celui qui m'a envoyé Jn 16.5 ; 17.18.
— Le départ de Jésus Jn 8.14,21-22 ; 13.3,36 ; 14.4-5,28 ; 16.5,10 ; Jn 17.11,13.]
34 Vous me chercherez et vous ne me trouverez pas ; car là où je suis, vous ne pouvez venir. » [Vous me chercherez... Jn 8.21 ; 13.33.
— là o- je suis Jn 13.36 ; voir Jn 17.24.]
35 Les Juifs dès lors se disaient entre eux : « Où faut-il donc qu'il aille pour que nous ne le trouvions plus ? Va-t-il rejoindre ceux qui sont dispersés parmi les Grecs ? Va-t-il enseigner aux Grecs ? [Jn 4.35-38 ; 12.20-24.
— L'appellation les Grecs désigne ici les païens plutôt que les Juifs vivant en pays païen. Voir Rm 1.14 et la note.]
36 Que signifie cette parole qu'il a dite : “Vous me chercherez et vous ne me trouverez pas”, et “là où je suis, vous, vous ne pouvez venir” ? »

Le dernier jour de la fête

37 Le dernier jour de la fête, qui est aussi le plus solennel, Jésus, debout, se mit à proclamer : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et que boive [Le dernier jour de la fête Lv 23.36.
— venir àJésus et boire Jn 4.10,14.]
38 celui qui croit en moi. Comme l'a dit l'Ecriture : “De son sein couleront des fleuves d'eau vive.” » [La ponctuation de ce verset autorise deux variantes. D'une part, on peut fermer les guillemets avant la citation de l'Ecriture, qui devient alors, comme le Jn 7.39, une remarque de l'évangéliste concernant Jésus. D'autre part, on peut lire : àqu'il vienne à moi et qu'il boive. v.38 Celui qui croit en moi... La citation s'applique alors au croyant.
— des fleuves d'eau vive Pr 18.4 ; Es 58.11 ; Za 14.8.]
39 Il désignait ainsi l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui : en effet, il n'y avait pas encore d'Esprit parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié. [l'Esprit, après la glorification de Jésus Jn 16.7 ; 20.22 ; Ac 2.4.
— glorification de Jésus
(a) au cours de son ministère terrestre : Jn 1.14 ; 2.11 ; 11.4 ;
(b) à l'heure de la croix : Jn 12.16,23,28 ; 13.31-32 ; 17.5.]
40 Parmi les gens de la foule qui avaient écouté ses paroles, les uns disaient : « Vraiment, voici le Prophète ! » [Voir Jn 1.21 et la note ; Jn 6.14 ; Mt 21.11.]41 D'autres disaient : « Le Christ, c'est lui. » Mais d'autres encore disaient : « Le Christ pourrait-il venir de la Galilée ? [le Christ, c'est lui Jn 4.29 ; Ac 9.22.
— venir de la Galilée Jn 7.52 ; voir Jn 1.46.]
42 L'Ecriture ne dit-elle pas qu'il sera de la lignée de David et qu'il viendra de Bethléem, la petite cité dont David était originaire ? » [de la lignée de David 2 S 7.12 ; Ps 89.4-5 ; Jr 23.5.
— de Bethléem Mi 5.1 ; Mt 2.5-6.]
43 C'est ainsi que la foule se divisa à son sujet. [Jn 9.16 ; 10.19 ; voir Jn 3.19-21.]44 Quelques-uns d'entre eux voulurent l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui. [Jn 7.30.]45 Les gardes revinrent donc vers les grands prêtres et les Pharisiens qui leur dirent : « Pourquoi ne l'avez-vous pas amené ? » 46 Les gardes répondirent : « Jamais homme n'a parlé comme cet homme. » 47 Les Pharisiens leur dirent : « Auriez-vous donc été abusés, vous aussi ? 48 Parmi les notables ou parmi les Pharisiens, en est-il un seul qui ait cru en lui ? [Jn 12.42.]49 Il y a tout juste cette masse qui ne connaît pas la Loi, des gens maudits ! » 50 Mais l'un d'entre les Pharisiens, ce Nicodème qui naguère était allé trouver Jésus, dit : [Jn 3.1-2 ; 19.39.]51 « Notre Loi condamnerait-elle un homme sans l'avoir entendu et sans savoir ce qu'il fait ? » [Dt 1.16.]52 Ils répliquèrent : « Serais-tu de Galilée, toi aussi ? Cherche bien et tu verras que de Galilée il ne sort pas de prophète. »[Jn 1.46 ; 7.41.]

La femme adultère

53 Ils s'en allèrent chacun chez soi. [Le passage Jn 7.53
— Jn 8.11 ne figure pas dans les manuscrits les plus anciens et les versions latine, syriaque, etc. Quelques manuscrits le situent ailleurs, en particulier à la fin de l'évangile.]

8 Et Jésus gagna le mont des Oliviers. [Voir Mc 11.1 et la note ; Lc 21.37.]2 Dès le point du jour, il revint au temple et, comme tout le peuple venait à lui, il s'assit et se mit à enseigner. [Mt 26.55.]3 Les scribes et les Pharisiens amenèrent alors une femme qu'on avait surprise en adultère et ils la placèrent au milieu du groupe. 4 « Maître, lui dirent-ils, cette femme a été prise en flagrant délit d'adultère. 5 Dans la Loi, Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Et toi, qu'en dis-tu ? » [Lv 20.10 ; Dt 22.22-24.]6 Ils parlaient ainsi dans l'intention de lui tendre un piège, pour avoir de quoi l'accuser. Mais Jésus, se baissant, se mit à tracer du doigt des traits sur le sol. [Mt 16.1.]7 Comme ils continuaient à lui poser des questions, Jésus se redressa et leur dit : « Que celui d'entre vous qui n'a jamais péché lui jette la première pierre. » [Dt 17.7.]8 Et s'inclinant à nouveau, il se remit à tracer des traits sur le sol. 9 Après avoir entendu ces paroles, ils se retirèrent l'un après l'autre, à commencer par les plus âgés, et Jésus resta seul. Comme la femme était toujours là, au milieu du cercle, [Mt 22.22.]10 Jésus se redressa et lui dit : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t'a condamnée ? » 11 Elle répondit : « Personne, Seigneur », et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas : va, et désormais ne pèche plus. »[Jn 5.14.]

Jésus est la lumière du monde

12 Jésus, à nouveau, leur adressa la parole : « Je suis la lumière du monde. Celui qui vient à ma suite ne marchera pas dans les ténèbres ; il aura la lumière qui conduit à la vie. » [lumière du monde Es 49.6 ; Jn 1.4,5,9 ; 3.19-21 ; 9.5 ; 11.9-10 ; Jn 12.35-36,46 ; 1 Jn 1.5-7 ; 2.8-10.
— suivre Jésus Jn 1.37-38,43 ; 10.4,27 ; 12.26 ; 13.36-37 ; Jn 21.19,22 ; voir Mt 4.19.]
13 Les Pharisiens lui dirent alors : « Tu te rends témoignage à toi-même ! Ton témoignage n'est pas recevable ! » [Jn 5.31.]14 Jésus leur répondit : « Il est vrai que je me rends témoignage à moi-même, et pourtant mon témoignage est recevable, parce que je sais d'où je viens et où je vais ; tandis que vous, vous ne savez ni d'où je viens ni où je vais. [Origine et destination de Jésus Jn 13.3 ; 16.28.
— L'origine de Jésus ignorée Jn 7.28 ; 9.29.]
15 Vous jugez de façon purement humaine. Moi, je ne juge personne ; [jugement purement humain 1 S 16.7 ; Jn 7.24 ; 1 Co 1.26 ; 2.8-16.
— Jésus ne juge personne Jn 12.47.]
16 et s'il m'arrive de juger, mon jugement est conforme à la vérité parce que je ne suis pas seul : il y a aussi celui qui m'a envoyé. [jugement porté par Jésus Jn 5.22-30 ; 9.39 ; voir Jn 3.17-21 ; 12.47.
— pas seul Jn 5.37 ; 8.29.]
17 Dans votre propre Loi il est d'ailleurs écrit que le témoignage de deux hommes est recevable. [Dt 17.6 ; 19.15 ; voir Nb 35.30.]18 Je me rends témoignage à moi-même, et le Père qui m'a envoyé me rend témoignage lui aussi. » [1 Jn 5.9.]19 Ils lui dirent alors : « Ton Père, où est-il ? » Jésus répondit : « Vous ne me connaissez pas et vous ne connaissez pas mon Père ; si vous m'aviez connu, vous auriez aussi connu mon Père. » [ni moi ni mon Père Jn 16.3.
— Connaître Jésus, connaître le Père Jn 14.7,9-11.]
20 Il prononça ces paroles au lieu dit du Trésor, alors qu'il enseignait dans le temple. Personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n'était pas encore venue. [Le Trésor pouvait désigner, par abréviation, l'esplanade attenante au bâtiment o- l'on conservait le trésor du temple ; ou encore l'endroit de la cour des femmes o- se trouvaient les troncs destinés à recevoir les offrandes Mc 12.41-43 ; Lc 21.1-4.
— heure non encore venue Jn 2.4.]

Le départ de Jésus et le jugement

21 Jésus leur dit encore : « Je m'en vais ; vous me chercherez, mais vous mourrez dans votre péché. Là où je vais, vous ne pouvez aller. » [Jn 7.34,36 ; 13.33.]22 Les Juifs dirent alors : « Aurait-il l'intention de se tuer puisqu'il dit : “Là où je vais, vous ne pouvez aller” ? » [Jn 7.35.]23 Jésus leur répondit : « Vous êtes d'en bas ; moi, je suis d'en haut ; vous êtes de ce monde, moi je ne suis pas de ce monde. [d'en bas... d'en haut Jn 3.31.
— de ce monde... pas de ce monde Jn 17.14.]
24 C'est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. Si, en effet, vous ne croyez pas que Je Suis, vous mourrez dans vos péchés. » [Jn 8.28,58 ; 13.19 ; voir Ex 3.14-15 ; Dt 32.39 ; Es 41.4 ; 43.10-11 ; Es 48.12.]25 Ils dirent alors : « Toi, qui es-tu ? » Jésus leur répondit : « Ce que je ne cesse de vous dire depuis le commencement. [Ou Faut-il seulement que je vous parle ? ou encore : D'abord ce que je vous dis ; ou même : absolument ce que je vous dis.]26 En ce qui vous concerne, j'ai beaucoup à dire et à juger ; mais celui qui m'a envoyé est véridique, et ce que j'ai entendu auprès de lui, c'est cela que je déclare au monde. » [Celui qui m'a envoyé est véridique Jn 7.28.
— Jésus, porte-parole du Père Jn 7.17 ; 12.49 ; 14.10.]
27 Ils ne comprirent pas qu'il leur avait parlé du Père. 28 Jésus leur dit alors : « Lorsque vous aurez élevé le Fils de l'homme, vous connaîtrez que Je Suis et que je ne fais rien de moi-même : je dis ce que le Père m'a enseigné. [élévation du Fils de l'homme Jn 3.14 ; voir Jn 12.32.
— rien de moi-même Jn 5.19.]
29 Celui qui m'a envoyé est avec moi : il ne m'a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui plaît. » [avec moi Ex 3.12 ; Jos 1.5 ; 1 S 10.7 ; Jr 1.8 ; Am 5.14.
— Jésus ne reste pas seul Jn 8.16 ; 16.32.
— toujours ce qui plaît à Dieu Jn 4.34 ; 5.30 ; 6.38.]
30 Alors qu'il parlait ainsi, beaucoup crurent en lui. [Jn 7.31.]

La véritable postérité d'Abraham

31 Jésus donc dit aux Juifs qui avaient cru en lui : « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, [Jn 15.7 ; voir Jn 5.38 ; 6.56 ; 8.37 ; 2 Jn 1.9.]32 vous connaîtrez la vérité et la vérité fera de vous des hommes libres. » [Jn 1.14,17 ; 14.6,17 ; 15.26 ; 16.7,13 ; 17.17-19 ; 18.37-38.]33 Ils lui répliquèrent : « Nous sommes la descendance d'Abraham et jamais personne ne nous a réduits en esclavage : comment peux-tu prétendre que nous allons devenir des hommes libres ? » [descendance d'Abraham Mt 3.9 ; Lc 3.8 ; Jn 8.39,56 ; voir Rm 4.12 ; Ga 3.6-16.
— réduits en esclavage Ne 9.36.]
34 Jésus leur répondit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui commet le péché est esclave du péché. [Rm 6.16,20 ; 2 P 2.19.]35 L'esclave ne demeure pas toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours. [Gn 21.9-14 ; voir Ex 21.2 ; Dt 15.12 ; Jr 2.14.]36 Dès lors, si c'est le Fils qui vous affranchit, vous serez réellement des hommes libres. 37 Vous êtes la descendance d'Abraham, je le sais ; mais parce que ma parole ne pénètre pas en vous, vous cherchez à me faire mourir. [Jn 5.18.]38 Moi, je dis ce que j'ai vu auprès de mon Père, tandis que vous, vous faites ce que vous avez entendu auprès de votre père ! » 39 Ils ripostèrent : « Notre père, c'est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous êtes enfants d'Abraham, faites donc les œuvres d'Abraham. [Abraham notre père Mt 3.9 ; Jn 8.33.
— les œuvres d'Abraham Gn 15.6 ; Si 44.20-21 ; Rm 4.3,18,20 ; He 11.8-19 ; Jc 2.21-24.]
40 Or, vous cherchez maintenant à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j'ai entendue auprès de Dieu ; cela Abraham ne l'a pas fait. 41 Mais vous, vous faites les œuvres de votre père. » Ils lui répliquèrent : « Nous ne sommes pas nés de la prostitution ! Nous n'avons qu'un seul père, Dieu ! » [prostitution (idolâtrie) Os 1 ; Jr 3.1-4 ; Ez 16.33 ; Es 57.1-13.
— un seul père, Dieu Dt 32.6 ; Es 63.16 ; 64.7.]
42 Jésus leur dit : « Si Dieu était votre père, vous m'auriez aimé, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne suis pas venu de mon propre chef, c'est Lui qui m'a envoyé. [avoir Dieu pour père et aimer Jésus 1 Jn 5.1.
— Jésus vient de Dieu Jn 13.3 ; 16.28 ; 17.8.
— Jésus, envoyé de Dieu Jn 7.28 ; 17.8.]
43 Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? Parce que vous n'êtes pas capables d'écouter ma parole. [Jn 18.37.]44 Votre père, c'est le diable, et vous avez la volonté de réaliser les désirs de votre père. Dès le commencement il s'est attaché à faire mourir l'homme ; il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas en lui de vérité. Lorsqu'il profère le mensonge, il puise dans son propre bien parce qu'il est menteur et père du mensonge. [réaliser les désirs du diable 1 Jn 3.8.
— le diable, menteur dès l'origine Gn 3.4 ; voir Ap 12.9 ; et meurtrier voir Sg 1.13-16 ; 2.24 ; Rm 5.12 ; 1 Jn 3.8-15.]
45 Quant à moi, c'est parce que je dis la vérité que vous ne me croyez pas. 46 Qui de vous me convaincra de péché ? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ? [2 Co 5.21 ; 1 P 2.22 ; 1 Jn 3.5 ; voir He 4.15.]47 Celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu ; et c'est parce que vous n'êtes pas de Dieu que vous ne m'écoutez pas. » [Jn 18.37 ; 1 Jn 4.6.]48 Les Juifs lui répondirent : « N'avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain et un possédé ? » [un Samaritain Jn 4.9 ; Mt 10.5 et la note.
— Jésus accusé d'être possédé Mc 3.22 ; Lc 11.15-26 ; Jn 7.20 ; Jn 10.20 ; voir Mt 11.18-19.]
49 Jésus leur répliqua : « Non, je ne suis pas un possédé ; mais j'honore mon Père, tandis que vous, vous me déshonorez ! 50 Je n'ai d'ailleurs pas à chercher ma propre gloire : il y a Quelqu'un qui y pourvoit et qui juge. [Jn 5.41.]51 En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. » [Jn 5.24 ; 8.24,31 ; voir Jn 11.25-26.]52 Les Juifs lui dirent alors : « Nous savons maintenant que tu es un possédé ! Abraham est mort, et les prophètes aussi, et toi, tu viens dire : “Si quelqu'un garde ma parole, il ne fera jamais l'expérience de la mort.” [Mc 9.1 ; He 2.9.]53 Serais-tu plus grand que notre père Abraham, qui est mort ? Et les prophètes aussi sont morts ! Pour qui te prends-tu donc ? » [Jn 4.12.]54 Jésus leur répondit : « Si je me glorifiais moi-même, ma gloire ne signifierait rien. C'est mon Père qui me glorifie, lui dont vous affirmez qu'il est votre Dieu. 55 Vous ne l'avez pas connu, tandis que moi, je le connais. Si je disais que je ne le connais pas, je serais, tout comme vous, un menteur ; mais je le connais et je garde sa parole. [Mt 11.27 ; Lc 10.22 ; Jn 7.28-29 ; 17.25.]56 Abraham, votre père, a exulté à la pensée de voir mon Jour : il l'a vu et il a été transporté de joie. » [Am 5.18 ; Es 13.6 ; Ez 30.3 ; Jl 1.15, etc. ; Lc 17.24 ; 1 Co 1.8 ; 5.5 ; 2 Co 1.14.
— voir le Jour du Christ : voir Jn 12.41.]
57 Sur quoi, les Juifs lui dirent : « Tu n'as même pas cinquante ans et tu as vu Abraham ! » 58 Jésus leur répondit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, Je Suis. » [avant Abraham Jn 1.1-3.
— Je Suis Jn 8.24.]
59 Alors, ils ramassèrent des pierres pour les lancer contre lui, mais Jésus se déroba et sortit du temple. [Jn 10.31 ; 11.8.]

La guérison d'un aveugle

9 En passant, Jésus vit un homme aveugle de naissance. 2 Ses disciples lui posèrent cette question : « Rabbi, qui a péché pour qu'il soit né aveugle, lui ou ses parents ? » [Rabbi ; voir Jn 1.38 et la note.
— Punition du péché Ex 20.5 ; Ez 18.20 ; Ps 38.2-6 ; Lc 13.2,4.]
3 Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents. Mais c'est pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui ! [Jn 11.4.]4 Tant qu'il fait jour, il nous faut travailler aux œuvres de celui qui m'a envoyé : la nuit vient où personne ne peut travailler ; [travailler aux œuvres de Dieu Jn 5.17.
— la nuit... Jn 11.10.]
5 aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » [Jn 8.12.]6 Ayant ainsi parlé, Jésus cracha à terre, fit de la boue avec la salive et l'appliqua sur les yeux de l'aveugle ; [Mc 8.23 ; voir Jn 7.33.]7 et il lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » — ce qui signifie Envoyé. L'aveugle y alla, il se lava et, à son retour, il voyait. [Va te laver 2 R 5.10.
— La piscine de Siloé était située à l'intérieur des murs de Jérusalem ; 2 R 20.20 ; Es 8.6 ; Ne 3.15.]
8 Les gens du voisinage et ceux qui auparavant avaient l'habitude de le voir — car c'était un mendiant — disaient : « N'est-ce pas celui qui était assis à mendier ? » [Ac 3.8.]9 Les uns disaient : « C'est bien lui ! » D'autres disaient : « Mais non, c'est quelqu'un qui lui ressemble. » Mais l'aveugle affirmait : « C'est bien moi. » 10 Ils lui dirent donc : « Et alors, tes yeux, comment se sont-ils ouverts ? » 11 Il répondit : « L'homme qu'on appelle Jésus a fait de la boue, m'en a frotté les yeux et m'a dit : “Va à Siloé et lave-toi.” Alors moi, j'y suis allé, je me suis lavé et j'ai retrouvé la vue. » 12 Ils lui dirent : « Où est-il, celui-là ? » Il répondit : « Je n'en sais rien. » 13 On conduisit chez les Pharisiens celui qui avait été aveugle. 14 Or c'était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. [Jn 5.9.]15 A leur tour, les Pharisiens lui demandèrent comment il avait recouvré la vue. Il leur répondit : « Il m'a appliqué de la boue sur les yeux, je me suis lavé, je vois. » 16 Parmi les Pharisiens, les uns disaient : « Cet individu n'observe pas le sabbat, il n'est donc pas de Dieu. » Mais d'autres disaient : « Comment un homme pécheur aurait-il le pouvoir d'opérer de tels signes ? » Et c'était la division entre eux. [être de Dieu Jn 3.2 ; 9.33.
— il n'observe pas le sabbat Jn 5.16,18.
— un pécheur n'aurait pas ce pouvoir Jn 9.31 ; voir Jn 3.2 ; Dt 13.1-6.
— divisés au sujet de Jésus Jn 7.43.]
17 Alors, ils s'adressèrent à nouveau à l'aveugle : « Et toi, que dis-tu de celui qui t'a ouvert les yeux ? » Il répondit : « C'est un prophète. » [Mt 16.14 ; voir Jn 7.40.]18 Mais tant qu'ils n'eurent pas convoqué ses parents, les Juifs refusèrent de croire qu'il avait été aveugle et qu'il avait recouvré la vue. 19 Ils posèrent cette question aux parents : « Cet homme est-il bien votre fils dont vous prétendez qu'il est né aveugle ? Alors comment voit-il maintenant ? » 20 Les parents leur répondirent : « Nous sommes certains que c'est bien notre fils et qu'il est né aveugle. 21 Comment maintenant il voit, nous l'ignorons. Qui lui a ouvert les yeux ? Nous l'ignorons. Interrogez-le, il est assez grand, qu'il s'explique lui-même à son sujet ! » 22 Ses parents parlèrent ainsi parce qu'ils avaient peur des Juifs. Ceux-ci étaient déjà convenus d'exclure de la synagogue quiconque confesserait que Jésus est le Christ. [par peur des Juifs Jn 7.13 ; voir Jn 1.19 et la note.
— Décision d'exclusion Jn 12.42 ; 16.2.]
23 Voilà pourquoi les parents dirent : « Il est assez grand, interrogez-le. » 24 Une seconde fois, les Pharisiens appelèrent l'homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. » [Jos 7.19 ; Ap 11.13.]25 Il leur répondit : « Je ne sais si c'est un pécheur ; je ne sais qu'une chose : j'étais aveugle et maintenant je vois. » 26 Ils lui dirent : « Que t'a-t-il fait ? Comment t'a-t-il ouvert les yeux ? » 27 Il leur répondit : « Je vous l'ai déjà raconté, mais vous n'avez pas écouté ! Pourquoi voulez-vous l'entendre encore une fois ? N'auriez-vous pas le désir de devenir ses disciples vous aussi ? » 28 Les Pharisiens se mirent alors à l'injurier et ils disaient : « C'est toi qui es son disciple ! Nous, nous sommes disciples de Moïse. 29 Nous savons que Dieu a parlé à Moïse tandis que celui-là, nous ne savons pas d'où il est ! » [Jn 7.27,28 ; 8.14.]30 L'homme leur répondit : « C'est bien là, en effet, l'étonnant : que vous ne sachiez pas d'où il est, alors qu'il m'a ouvert les yeux ! 31 Dieu, nous le savons, n'exauce pas les pécheurs ; mais si un homme est pieux et fait sa volonté, Dieu l'exauce. [Dieu n'exauce pas les pécheurs Es 1.15 ; Ps 66.18 ; 109.7 ; Jb 27.9 ; 35.13 ; mais celui qui fait sa volonté Ps 34.16 ; Pr 15.29 ; Jn 16.23-27 ; 1 Jn 3.21-22.]32 Jamais on n'a entendu dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle de naissance. 33 Si cet homme n'était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » [Un signe probant Jn 3.2.]34 Ils ripostèrent : « Tu n'es que péché depuis ta naissance et tu viens nous faire la leçon ! » ; et ils le jetèrent dehors. [Ps 51.7 ; Jn 9.2.]35 Jésus apprit qu'ils l'avaient chassé. Il vint alors le trouver et lui dit : « Crois-tu, toi, au Fils de l'homme ? » [Mt 8.20 ; Jn 1.51 ; 3.14-15 ; 6.62-63.]36 Et lui de répondre : « Qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » 37 Jésus lui dit : « Eh bien ! Tu l'as vu, c'est celui qui te parle. » [Jn 4.26.]38 L'homme dit : « Je crois, Seigneur » et il se prosterna devant lui. 39 Et Jésus dit alors : « C'est pour un jugement que je suis venu dans le monde, pour que ceux qui ne voyaient pas voient, et que ceux qui voyaient deviennent aveugles. » [Jn 3.17 ; 5.22,27,30 ; 8.15-16 ; 12.47 ; voir Mc 4.11-12.]40 Les Pharisiens qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : « Est-ce que, par hasard, nous serions des aveugles, nous aussi ? » [Pharisiens aveugles Mt 15.14 ; 23.26.]41 Jésus leur répondit : « Si vous étiez des aveugles, vous n'auriez pas de péché. Mais à présent vous dites “nous voyons” : votre péché demeure. [Jn 15.22.]

La parabole du berger

10 « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans l'enclos des brebis mais qui escalade par un autre côté, celui-là est un voleur et un brigand. [Pendant la nuit les troupeaux étaient parqués à l'intérieur d'un enclos de pierres sèches sous la surveillance d'un gardien.]2 Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. 3 Celui qui garde la porte lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix ; les brebis qui lui appartiennent, il les appelle, chacune par son nom, et ils les emmène dehors. 4 Lorsqu'il les a toutes fait sortir, il marche à leur tête, et elles le suivent parce qu'elles connaissent sa voix. [Jn 10.27.]5 Jamais elles ne suivront un étranger ; bien plus, elles le fuiront parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers. » 6 Jésus leur dit cette parabole, mais ils ne comprirent pas la portée de ce qu'il disait. [parabole Jn 16.25.]7 Jésus reprit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. 8 Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands, mais les brebis ne les ont pas écoutés. [Jr 23.1-2 ; Ez 34.2-3.]9 Je suis la porte : si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé, il ira et viendra et trouvera de quoi se nourrir. [la porte Gn 28.17 ; Ps 118.20 ; Mt 7.13-14 ; 25.10 ; Lc 11.52 ; voir Jn 14.6.
— sauvé Jn 3.17.
— de quoi se nourrir ou un pâturage.]
10 Le voleur ne se présente que pour voler, pour tuer et pour perdre ; moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu'ils l'aient en abondance. 11 « Je suis le bon berger : le bon berger se dessaisit de sa vie pour ses brebis. [berger :
(a) Dieu Ps 23.1 ; Es 40.11 ; Jr 31.9 ; Ez 34.15 ;
(b) le Messie Ps 78.70-72 ; Ez 37.24 ;
(c) les chefs Jr 2.8 ; 10.21 ; 23.1-3 ; Ez 34.1 ;
(d) Mc 6.34 ; 14.27 ; Mt 9.36 ; 18.12-14 ; 25.32 ; 26.31 ; Lc 15.3-7 ;
(e) He 13.20 ; Ap 7.17.
— se dessaisir de sa vie pour... Mc 10.45 ; Jn 6.51 ; 10.15 ; Jn 11.51-52 ; 15.13 ; 18.14 ; 1 Jn 3.16 ; voir Rm 5.8.]
12 Le mercenaire, qui n'est pas vraiment un berger et à qui les brebis n'appartiennent pas, voit-il venir le loup, il abandonne les brebis et prend la fuite ; et le loup s'en empare et les disperse. [loup Ac 20.29.]13 C'est qu'il est mercenaire et que peu lui importent les brebis. 14 Je suis le bon berger, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, [Jn 10.27 ; 2 Tm 2.19.]15 comme mon Père me connaît et que je connais mon Père ; et je me dessaisis de ma vie pour les brebis. [Mt 11.27.]16 J'ai d'autres brebis qui ne sont pas de cet enclos et celles-là aussi, il faut que je les mène ; elles écouteront ma voix et il y aura un seul troupeau et un seul berger. [d'autres brebis à conduire Es 56.8 ; Jn 11.52 ; 1 P 2.25 ; voir Jn 4.35-38 ; 17.20 ; Ga 3.28 ; Col 3.11.
— un seul berger Ez 34.23 ; 37.24.]
17 Le Père m'aime parce que je me dessaisis de ma vie pour la reprendre ensuite. [Ph 2.8-9.]18 Personne ne me l'enlève mais je m'en dessaisis de moi-même ; j'ai le pouvoir de m'en dessaisir et j'ai le pouvoir de la reprendre : tel est le commandement que j'ai reçu de mon Père. » [Jn 14.31 ; 15.10.]19 Ces paroles provoquèrent à nouveau la division parmi les Juifs. [Jn 7.43.]20 Beaucoup d'entre eux disaient : « Il est possédé, il déraisonne, pourquoi l'écoutez-vous ? » [Mc 3.22.]21 Mais d'autres disaient : « Ce ne sont pas là propos de possédé ; un démon pourrait-il ouvrir les yeux d'un aveugle ? »

Déclaration solennelle et accusation de blasphème

22 On célébrait alors à Jérusalem la fête de la Dédicace. C'était l'hiver. [Fête célébrée à Jérusalem vers la fin de décembre pour commémorer la purification du temple. Cette purification suivit la victoire remportée par Judas Maccabée sur le roi de Syrie Antiochus IV. Voir 1Mac 4.36-59 ; 2Mac 1.9,18 ;10.1-8.]23 Au temple, Jésus allait et venait sous le portique de Salomon. [Ac 3.11 ; 5.12.]24 Les Juifs firent cercle autour de lui et lui dirent : « Jusqu'à quand vas-tu nous tenir en suspens ? Si tu es le Christ, dis-le-nous ouvertement ! » [dis-le Lc 22.67 ; Jn 2.18 ; 8.25.]25 Jésus leur répondit : « Je vous l'ai dit et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père me rendent témoignage, [Les œuvres... Jn 5.36.]26 mais vous ne me croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis. [Jn 6.64 ; 8.45.]27 Mes brebis écoutent ma voix, et je les connais, et elles viennent à ma suite. [écouter Jn 8.47 ; 10.3.]28 Et moi, je leur donne la vie éternelle ; elles ne périront jamais et personne ne pourra les arracher de ma main. [donner la vie éternelle Jn 17.2.
— elles ne périront jamais Jn 3.16.
— personne ne les arrachera... Jn 6.39 ; 17.12 ; 18.9.]
29 Mon Père qui me les a données est plus grand que tout, et nul n'a le pouvoir d'arracher quelque chose de la main du Père. [Variante : Ce que mon Père m'a donné est plus grand que tout.
— nul n'a le pouvoir... Es 43.13.]
30 Moi et le Père nous sommes un. » [Jn 5.17-19 ; 17.11,21.]31 Les Juifs, à nouveau, ramassèrent des pierres pour le lapider. [Jn 8.59.]32 Mais Jésus reprit : « Je vous ai fait voir tant d'œuvres belles qui venaient du Père. Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? » 33 Les Juifs lui répondirent : « Ce n'est pas pour une belle œuvre que nous voulons te lapider, mais pour un blasphème, parce que toi qui es un homme tu te fais Dieu. » [pour un blasphème Mt 9.3.
— tu te fais Dieu Jn 5.18.]
34 Jésus leur répondit : « N'a-t-il pas été écrit dans votre Loi : J'ai dit : vous êtes des dieux ? [la Loi (== l'Ecriture) Jn 7.49 ; 12.34 ; 15.25.
— J'ai dit :... Ps 82.6.]
35 Il arrive donc à la Loi d'appeler dieux ceux auxquels la parole de Dieu fut adressée. Or nul ne peut abolir l'Ecriture. [Mt 5.18 ; Lc 16.17.]36 A celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous dites : “Tu blasphèmes”, parce que j'ai affirmé que je suis le Fils de Dieu. [consacré et envoyé Jr 1.5 ; Si 49.7 ; Jn 6.69 ; 17.17-19.
— Fils de Dieu Jn 5.17-20 ; 10.30,38.]
37 Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas ! 38 Mais si je les fais, quand bien même vous ne me croiriez pas, croyez en ces œuvres, afin que vous connaissiez et que vous sachiez bien que le Père est en moi comme je suis dans le Père. » [Jn 14.10-11 ; 17.21.]39 Alors, une fois de plus, ils cherchèrent à l'arrêter, mais il échappa de leurs mains. [Tentative (manquée) d'arrestation Jn 7.30,44 ; 8.20.
— Jésus s'esquive Lc 4.30.]
40 Jésus s'en retourna au-delà du Jourdain, à l'endroit où Jean avait commencé à baptiser, et il y demeura. [Jn 1.28 ; voir Jn 3.23.]41 Beaucoup vinrent à lui et ils disaient : « Jean, certes, n'a opéré aucun signe, mais tout ce qu'il a dit de cet homme était vrai. » [Jn 1.29,34 ; 3.28 ; 5.33-36.]42 Et là, ils furent nombreux à croire en lui. [Jn 7.31.]

Jésus rend la vie à un mort

11 Il y avait un homme malade ; c'était Lazare de Béthanie, le village de Marie et de sa sœur Marthe. [Lazare : nom probablement assez courant à l'époque de Jésus ; forme abrégée d'Eléazar (Dieu l'aide).
— Béthanie Mt 21.17 ; voir Mc 11.1 et la note.
— Marthe et Marie Lc 10.38-39.]
2 Il s'agit de cette même Marie qui avait oint le Seigneur d'une huile parfumée et lui avait essuyé les pieds avec ses cheveux ; c'était son frère Lazare qui était malade. [Jn 12.3 ; Mt 26.6-13 ; Mc 14.3-9 ; voir Lc 7.36-50.]3 Les sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » [Jn 11.36.]4 Dès qu'il l'apprit, Jésus dit : « Cette maladie n'aboutira pas à la mort, elle servira à la gloire de Dieu : c'est par elle que le Fils de Dieu doit être glorifié. » [Jn 9.3 ; voir Jn 1.14 ; 7.39 ; 12.16,23,28 ; 13.31,32 ; 17.1-5.]5 Or Jésus aimait Marthe et sa sœur et Lazare. 6 Cependant, alors qu'il savait Lazare malade, il demeura deux jours encore à l'endroit où il se trouvait. 7 Après quoi seulement, il dit aux disciples : « Retournons en Judée. » 8 Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment encore les Juifs cherchaient à te lapider ; et tu veux retourner là-bas ? » [Jn 8.59 ; voir Jn 5.18 ; 7.1,19-20,25 ; 8.37,40.
— Rabbi : voir Jn 1.38 et la note.]
9 Jésus répondit : « N'y a-t-il pas douze heures de jour ? Si quelqu'un marche de jour, il ne trébuche pas parce qu'il voit la lumière de ce monde ; [Jn 11.9-10 : dans la lumière ou dans la nuit Jn 12.35 ; 13.30 ; voir Lc 22.53.
— lumière du monde Jn 8.12.]
10 mais si quelqu'un marche de nuit, il trébuche parce que la lumière n'est pas en lui. » [Mt 6.23 ; Lc 11.35.]11 Après avoir prononcé ces paroles, il ajouta : « Notre ami Lazare s'est endormi, mais je vais aller le réveiller. » [Mt 9.24 ; 1 Co 11.30 ; voir Rm 13.11 ; Ep 5.14.]12 Les disciples lui dirent donc : « Seigneur, s'il s'est endormi, il sera sauvé. » 13 En fait, Jésus avait voulu parler de la mort de Lazare, alors qu'ils se figuraient, eux, qu'il parlait de l'assoupissement du sommeil. 14 Jésus leur dit alors ouvertement : « Lazare est mort, 15 et je suis heureux pour vous de n'avoir pas été là, afin que vous croyiez. Mais allons à lui ! » 16 Alors Thomas, celui que l'on appelle Didyme, dit aux autres disciples : « Allons, nous aussi, et nous mourrons avec lui. » [Thomas Mt 10.3 ; Mc 3.18 ; Ac 1.13.
— Didyme surnom qui signifie le jumeau.
— mourir avec Jésus Mc 14.31 ; Rm 6.8 ; voir Jn 12.25.]
17 A son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau ; il y était depuis quatre jours déjà. 18 Comme Béthanie est distante de Jérusalem d'environ quinze stades, [Un peu moins de 3km.
— Béthanie Mt 21.17.]
19 beaucoup de Juifs étaient venus chez Marthe et Marie pour les consoler au sujet de leur frère. 20 Lorsque Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla au-devant de lui, tandis que Marie était assise dans la maison. 21 Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. [11.32.]22 Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te le donnera. » 23 Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » 24 - « Je sais, répondit-elle, qu'il ressuscitera lors de la résurrection, au dernier jour. » [Dn 12.2 ; 2Mac 12.44 ; Jn 5.28-29 ; 6.39-40 ; Ac 24.15.]25 Jésus lui dit : « Je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; [Jn 5.26-29 ; 6.39-40,44,54.]26 et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » [Jn 8.51.]27 - « Oui, Seigneur, répondit-elle, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. » [je crois que tu es... Jn 6.69 le Christ, le Fils de Dieu Mt 16.16, Celui qui vient dans le monde Jn 1.9 ; 6.14 ; voir Mt 3.11 ; Lc 7.19.]28 Là-dessus, elle partit appeler sa sœur Marie et lui dit tout bas : « Le Maître est là et il t'appelle. » 29 A ces mots, Marie se leva immédiatement et alla vers lui. 30 Jésus, en effet, n'était pas encore entré dans le village ; il se trouvait toujours à l'endroit où Marthe l'avait rencontré. 31 Les Juifs étaient avec Marie dans la maison et ils cherchaient à la consoler. Ils la virent se lever soudain pour sortir, ils la suivirent : ils se figuraient qu'elle se rendait au tombeau pour s'y lamenter. 32 Lorsque Marie parvint à l'endroit où se trouvait Jésus, dès qu'elle le vit, elle tomba à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » [Jn 11.21.]33 Lorsqu'il les vit se lamenter, elle et les Juifs qui l'accompagnaient, Jésus frémit intérieurement et il se troubla. 34 Il dit : « Où l'avez-vous déposé ? » Ils répondirent : « Seigneur, viens voir. » 35 Alors Jésus pleura ; [Lc 19.41.]36 et les Juifs disaient : « Voyez comme il l'aimait ! » [Jn 11.3.]37 Mais quelques-uns d'entre eux dirent : « Celui qui a ouvert les yeux de l'aveugle n'a pas été capable d'empêcher Lazare de mourir. » [Jn 9.6.]38 Alors, à nouveau, Jésus frémit intérieurement et il s'en fut au tombeau ; c'était une grotte dont une pierre recouvrait l'entrée. [Dans la Palestine du temps de Jésus les tombes étaient souvent creusées à flanc de coteau dans le rocher et fermées par une grosse pierre ronde et plate ; Mc 15.46 ; Lc 24.2 ; Jn 20.1.]39 Jésus dit alors : « Enlevez cette pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il doit déjà sentir... Il y a en effet quatre jours... » 40 Mais Jésus lui répondit : « Ne t'ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? » 41 On ôta donc la pierre. Alors, Jésus leva les yeux et dit : « Père, je te rends grâce de ce que tu m'as exaucé. [Mc 6.41 ; Lc 18.13 ; Jn 17.1 ; Ac 7.55.]42 Certes, je savais bien que tu m'exauces toujours, mais j'ai parlé à cause de cette foule qui m'entoure, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé. » [exaucement Jn 15.7,16 ; 16.23-24 ; 1 Jn 3.21-22 ; 5.14-15.
— à cause de cette foule Jn 12.30.
— qu'ils croient que tu m'as envoyé Jn 6.29 ; 17.8,21.]
43 Ayant ainsi parlé, il cria d'une voix forte : « Lazare, sors ! » 44 Et celui qui avait été mort sortit, les pieds et les mains attachés par des bandes, et le visage enveloppé d'un linge. Jésus dit aux gens : « Déliez-le et laissez-le aller ! »

(Mt 26. 1-5 ; Mc 14. 1-2 ; Lc 22. 1-2)

[bandes et suaire Jn 20.6-7.]45 Beaucoup de ces Juifs qui étaient venus auprès de Marie et qui avaient vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui. [Jn 7.31 ; voir Lc 16.31.]46 Mais d'autres s'en allèrent trouver les Pharisiens et leur racontèrent ce que Jésus avait fait. 47 Les grands prêtres et les Pharisiens réunirent alors un conseil et dirent : « Que faisons-nous ? Cet homme opère beaucoup de signes. 48 Si nous le laissons continuer ainsi, tous croiront en lui, les Romains interviendront et ils détruiront et notre saint Lieu et notre nation. » [Cette expression peut désigner soit la ville de Jérusalem dans son ensemble soit le temple en particulier ; 2Mac 3.18,30 ; Ac 6.13-14 ; 7.7.]49 L'un d'entre eux, Caïphe, qui était Grand Prêtre en cette année-là, dit : « Vous n'y comprenez rien [Caïphe Lc 3.2.]50 et vous ne percevez même pas que c'est votre avantage qu'un seul homme meure pour le peuple et que la nation ne périsse pas tout entière. » [Jn 18.14.]51 Ce n'est pas de lui-même qu'il prononça ces paroles, mais, comme il était Grand Prêtre en cette année-là, il fit cette prophétie qu'il fallait que Jésus meure pour la nation 52 et non seulement pour elle, mais pour réunir dans l'unité les enfants de Dieu qui sont dispersés. [Jn 10.16 ; 17.21-23.]53 C'est ce jour-là donc qu'ils décidèrent de le faire périr. [Mt 14.5 ; Jn 5.18 ; 7.1,25 ; 8.37,40.]54 De son côté, Jésus s'abstint désormais d'aller et de venir ouvertement parmi les Juifs : il se retira dans la région proche du désert, dans une ville nommée Ephraïm, où il séjourna avec ses disciples. [Jésus évite de se montrer Jn 7.1.
— Ephraïm : on situe souvent cette localité à une vingtaine de km au nord-est de Jérusalem.
— séjour avec les disciples Jn 2.12 ; 3.22.]

L'onction de Béthanie

(Mt 26. 6-13 ; Mc 14. 3-9 ; voir Lc 7. 36-38)

55 Cependant la Pâque des Juifs était proche. A la veille de cette Pâque, beaucoup de gens montèrent de la campagne à Jérusalem pour se purifier. [proximité de la Pâque Jn 2.13 ; 6.4 ; voir Jn 13.1.
— pour se purifier Ex 19.10-15 ; Nb 9.9-14 ; 2 Ch 30.1-3,17-20 ; Ac 21.24-26 ; 24.18 ; voir Jn 18.28.]
56 Ils cherchaient Jésus et, dans le temple où ils se tenaient, ils se disaient entre eux : « Qu'en pensez-vous ? Jamais il ne viendra à la fête ! » [Jn 7.11.]57 Les grands prêtres et les Pharisiens avaient donné des ordres : quiconque saurait où il était devait le dénoncer afin qu'on se saisisse de lui.

12 Six jours avant la Pâque, Jésus arriva à Béthanie où se trouvait Lazare qu'il avait relevé d'entre les morts. [Jn 11.1,43-44 ; voir Mc 11.1 et la note.]2 On y offrit un dîner en son honneur : Marthe servait tandis que Lazare se trouvait parmi les convives. [Lc 10.40.]3 Marie prit alors une livre d'un parfum de nard pur de grand prix ; elle oignit les pieds de Jésus, les essuya avec ses cheveux et la maison fut remplie de ce parfum. [Lc 7.37-38.
— La livre romaine pesait un peu plus de 325g.
— nard voir Mc 14.4 et la note.
— pur : le terme grec ainsi traduit est rare et son sens discuté.]
4 Alors Judas Iscariote, l'un de ses disciples, celui-là même qui allait le livrer, dit : [Jn 6.71 ; voir Mt 10.4.]5 « Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum trois cents deniers, pour les donner aux pauvres ? » [vendre... pour donner aux pauvres Mt 19.21 par.
— trois cents deniers Mc 14.5 ; voir Jn 6.7. Voir au glossaire MONNAIES.]
6 Il parla ainsi, non qu'il eût souci des pauvres, mais parce qu'il était voleur et que, chargé de la bourse, il dérobait ce qu'on y déposait. 7 Jésus dit alors : « Laisse-la ! Elle observe cet usage en vue de mon ensevelissement. [Jn 19.40.]8 Des pauvres, vous en avez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'avez pas pour toujours. » [Dt 15.11 ; Mt 26.11 ; Mc 14.7.]9 Cependant une grande foule de Juifs avaient appris que Jésus était là, et ils arrivèrent non seulement à cause de Jésus lui-même, mais aussi pour voir ce Lazare qu'il avait relevé d'entre les morts. [Jn 11.43-44.]10 Les grands prêtres dès lors décidèrent de faire mourir aussi Lazare, 11 puisque c'était à cause de lui qu'un grand nombre de Juifs les quittaient et croyaient en Jésus. [Jn 7.31.]

L'arrivée triomphale devant Jérusalem

(Mt 21. 1-11 ; Mc 11. 1-11 ; Lc 19. 28-40)

12 Le lendemain, la grande foule venue à la fête apprit que Jésus arrivait à Jérusalem ; [Voir Jn 11.55.]13 ils prirent des branches de palmiers et sortirent à sa rencontre. Ils criaient : « Hosanna ! Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient, le roi d'Israël. » [des branches de palmiers 1Mac 13.51 ; 2Mac 10.7 ; Ap 7.9.
— Hosanna est la transcription en grec d'un verbe araméen signifiant : daigne accorder le salut ; on l'employait comme une acclamation. Ps 118.25-26 ; voir Mc 11.9 et la note.
— Celui qui vient Mt 3.11 ; voir Jn 1.9 ; 6.14 ; 11.27.
— le roi d'Israël Jn 1.49 ; voir Jn 6.15 ; 18.33,37,39 ; 19.3-21.]
14 Trouvant un ânon, Jésus s'assit dessus selon qu'il est écrit : 15 Ne crains pas, fille de Sion : voici ton roi qui vient, il est monté sur le petit d'une ânesse. [Ne crains pas... Za 9.9.]16 Au premier moment, ses disciples ne comprirent pas ce qui arrivait, mais lorsque Jésus eut été glorifié, ils se souvinrent que cela avait été écrit à son sujet, et que c'était cela même qu'on avait fait pour lui. [Incompréhension des disciples Mt 16.9 ; Mc 6.52 ; 8.17,21 ; Lc 18.34 ; Jn 16.12.
— glorification de Jésus Jn 7.39.
— Les disciples se rappelèrent Jn 2.22 ; 15.26 ; 16.4,13-15 ; voir Lc 24.8.]
17 Cependant la foule de ceux qui étaient avec lui lorsqu'il avait appelé Lazare hors du tombeau et qu'il l'avait relevé d'entre les morts, lui rendait témoignage. [Jn 11.43-44.]18 C'était bien, en effet, parce qu'elle avait appris qu'il avait opéré ce signe qu'elle se portait à sa rencontre. 19 Les Pharisiens se dirent alors les uns aux autres : « Vous le voyez, vous n'arriverez à rien : voilà que le monde se met à sa suite ! »[Jn 11.48 ; voir Mc 1.37 ; Jn 12.32.]

La gloire et la croix

20 Il y avait quelques Grecs qui étaient montés pour adorer à l'occasion de la fête. [Ces gens qui participent au pèlerinage pascal sans être pour autant de race juive, peuvent être considérés comme des sympathisants du judaïsme ou encore comme des prosélytes (païens gagnés à la foi juive).]21 Ils s'adressèrent à Philippe qui était de Bethsaïda de Galilée et ils lui firent cette demande : « Seigneur, nous voudrions voir Jésus. » [Philippe Mt 10.3 de Bethsaïda Jn 1.44 ; voir Mt 11.21.
— voir Jésus Lc 19.3 ; 23.8.]
22 Philippe alla le dire à André, et ensemble ils le dirent à Jésus. 23 Jésus leur répondit en ces termes : « Elle est venue, l'heure où le Fils de l'homme doit être glorifié. [l'heure Mc 14.35,41 ; Jn 2.4 ; 7.6,8,30 ; 8.20 ; 13.1 ; 17.1.
— glorification 7.39 du Fils de l'homme voir Jn 8.28 ; Mt 8.20.]
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas, il reste seul ; si au contraire il meurt, il porte du fruit en abondance. [1 Co 15.36.]25 Celui qui aime sa vie la perd, et celui qui cesse de s'y attacher en ce monde la gardera pour la vie éternelle. [Mt 10.39 ; Mc 8.35 ; Lc 9.24.]26 Si quelqu'un veut me servir, qu'il se mette à ma suite, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, le Père l'honorera. [suivre Jésus Mt 4.19 ; Mc 8.34 ; Lc 14.27.
— là où je suis... là aussi Jn 14.3 ; 17.24.]
27 « Maintenant mon âme est troublée, et que dirai-je ? Père, sauve-moi de cette heure ? Mais c'est précisément pour cette heure que je suis venu. [mon âme est troublée Ps 6.4 ; 42.6,11 ; Mt 26.38 ; Mc 14.34.
— sauve-moi de cette heure Mc 14.32-42 par.]
28 Père, glorifie ton nom. » Alors, une voix vint du ciel : « Je l'ai glorifié et je le glorifierai encore. » [glorifie ton nom Mt 6.9 ; Jn 13.31-32 ; 17.1-11.
— une voix venant du ciel Mc 1.11 ; 9.7 par.
— glorification du Père Jn 13.31-32 ; 17.1.]
29 La foule qui se trouvait là et qui avait entendu disait que c'était le tonnerre ; d'autres disaient qu'un ange lui avait parlé. [Ac 23.9.]30 Jésus reprit la parole : « Ce n'est pas pour moi que cette voix a retenti, mais bien pour vous. [Jn 11.42.]31 C'est maintenant le jugement de ce monde, maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors. [le jugement de ce monde Jn 3.19 ; 9.39.
— le prince de ce monde Jn 14.30 ; 16.11.]
32 Pour moi, quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes. » [élevé de la terre est une expression à double sens, comme il arrive souvent chez Jn (voir 3.3 et la note). Elle vise ici à la fois l'élévation de Jésus sur la croix et son élévation à la gloire ; voir Jn 12.33 et Jn 3.14-15 ; 8.28.
— attirés à Jésus Jn 6.44.]
33 - Par ces paroles il indiquait de quelle mort il allait mourir. [Jn 18.32 ; 21.19.]34 La foule lui répondit : « Nous avons appris par la Loi que le Christ doit rester à jamais. Comment peux-tu dire qu'il faut que le Fils de l'homme soit élevé ? Qui est-il, ce Fils de l'homme ? » [Es 9.6 ; Ps 89.5,37 ; 110.4 ; Dn 7.14.]35 Jésus leur répondit : « La lumière est encore parmi vous pour un peu de temps. Marchez pendant que vous avez la lumière, pour que les ténèbres ne s'emparent pas de vous : car celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va. [encore un peu parmi vous Jn 7.33.
— tant que vous avez la lumière Jn 9.4.
— lumière et ténèbres Jn 1.5 ; 8.12 ; 12.46.
— dans les ténèbres on ne sait où on va Jn 11.10 ; 1 Jn 2.11.]
36 Pendant que vous avez la lumière croyez en la lumière, pour devenir des fils de lumière. » Après leur avoir ainsi parlé, Jésus se retira et se cacha d'eux. [Ep 5.8 ; 1 Th 5.5.]

Epilogue. Les conditions de la foi véritable

37 Quoiqu'il eût opéré devant eux tant de signes, ils ne croyaient pas en lui, 38 de sorte que s'accomplît la parole que le prophète Esaïe avait dite : Seigneur, qui a cru ce qu'on nous avait entendu dire ? et à qui le bras du Seigneur a-t-il été révélé ? [Es 53.1 (Rm 10.16).]39 Le même Esaïe a indiqué la raison pour laquelle ils ne pouvaient croire : 40 Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur cœur, pour qu'ils ne voient pas de leurs yeux, que leur cœur ne comprenne pas, qu'ils ne se convertissent pas, et je les aurais guéris ! [Es 6.9-10 (Mt 13.15 ; Mc 4.12 ; 8.18 ; Lc 8.10 ; Ac 28.26-27) ; voir Jn 1.9-11 ; 9.39-41.]41 Cela, Esaïe le dit parce qu'il a vu sa gloire et qu'il a parlé de lui. [Es 6.1 ; voir Jn 1.14 ; 8.56.]42 Cependant, parmi les dirigeants eux-mêmes, beaucoup avaient cru en lui ; mais, à cause des Pharisiens, ils n'osaient le confesser, de crainte d'être exclus de la synagogue : [parmi les dirigeants Jn 7.48 beaucoup crurent en lui Jn 7.31.
— exclusion de la synagogue Jn 9.22 ; 16.1-4.]
43 c'est qu'ils préféraient la gloire qui vient des hommes à la gloire qui vient de Dieu. [Jn 5.44.]44 Cependant, Jésus proclama : « Qui croit en moi, ce n'est pas en moi qu'il croit, mais en celui qui m'a envoyé, [Mt 10.40 ; Jn 13.20.]45 et celui qui me voit, voit aussi celui qui m'a envoyé. [Jn 10.38 ; 13.20 ; 14.9 ; voir Jn 1.18 ; 5.19-30.]46 Moi, la lumière, je suis venu dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. [lumière venue dans le monde Jn 3.19.
— croire en Jésus et être délivré des ténèbres Jn 12.35.]
47 Si quelqu'un entend mes paroles et ne les garde pas, ce n'est pas moi qui le juge : car je ne suis pas venu juger le monde, je suis venu sauver le monde. [entendre mais ne pas garder... Mt 7.26 ; Lc 6.49.
— non pour juger, mais pour sauver Jn 3.17 ; 8.15 ; voir Jn 5.22,27 ; 8.16,26.]
48 Qui me rejette et ne reçoit pas mes paroles a son juge : la parole que j'ai dite le jugera au dernier jour. 49 Je n'ai pas parlé de moi-même, mais le Père qui m'a envoyé m'a prescrit ce que j'ai à dire et à déclarer. [Jn 12.49-50.7.17 ; 8.26,28 ; 14.10,24.]50 Et je sais que son commandement est vie éternelle : ce que je dis, je le dis comme le Père me l'a dit. »

Le dernier repas et le lavement des pieds

13 Avant la fête de la Pâque, Jésus sachant que son heure était venue, l'heure de passer de ce monde au Père, lui, qui avait aimé les siens qui sont dans le monde, les aima jusqu'à l'extrême. [la Pâque Jn 2.13.
— son heure est venue Mt 26.45 ; Mc 14.41 ; Jn 12.23,27 ; 17.1 ; voir Jn 2.4.
— passer de ce monde au Père Jn 16.28.
— L'amour, sens de la mort de Jésus Jn 13.34 ; 15.9 ; 17.23 ; 1 Jn 3.16 ; voir Rm 5.8 ; 8.35 ; 2 Co 5.14 ; Ga 2.20 ; Ep 3.19 ; 5.1-2.]
2 Au cours d'un repas, alors que déjà le diable avait jeté au cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, la pensée de le livrer, [Judas Mt 10.4.
— Inspiré par le diable Lc 22.3 ; Jn 13.27.]
3 sachant que le Père a remis toutes choses entre ses mains, qu'il est sorti de Dieu et qu'il va vers Dieu, [toutes choses entre ses mains Mt 11.27 ; Lc 10.22 ; Jn 3.35 ; Jn 5.19-20,36 ; 6.37,39.
— sorti de Dieu Jn 8.42 ; 16.27-28 ; 17.8.
— allant à Dieu Jn 7.33-34 ; 16.28 ; voir Jn 3.13 ; 6.62.]
4 Jésus se lève de table, dépose son vêtement et prend un linge dont il se ceint. 5 Il verse ensuite de l'eau dans un bassin et commence à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. [Lc 7.44 ; voir Jn 12.3.]6 Il arrive ainsi à Simon-Pierre qui lui dit : « Toi, Seigneur, me laver les pieds ! » 7 Jésus lui répond : « Ce que je fais, tu ne peux le savoir à présent, mais par la suite tu comprendras. » 8 Pierre lui dit : « Me laver les pieds à moi ! Jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu ne peux pas avoir part avec moi. » 9 Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, non pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » 10 Jésus lui dit : « Celui qui s'est baigné n'a nul besoin d'être lavé, car il est entièrement pur : et vous, vous êtes purs, mais non pas tous. » [De nombreux manuscrits offrent un texte plus long : n'a aucun besoin de se laver, sinon les pieds.
— Le même mot grec signifie à la fois propre et pur ; Jn 15.3.]
11 Il savait en effet qui allait le livrer ; et c'est pourquoi il dit : « Vous n'êtes pas tous purs. » [Jn 6.64,70-71.]12 Lorsqu'il eut achevé de leur laver les pieds, Jésus prit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que j'ai fait pour vous ? 13 Vous m'appelez “le Maître et le Seigneur” et vous dites bien, car je le suis. [Mt 23.8,10.]14 Dès lors, si je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres ; [Le Seigneur serviteur Mt 20.28 ; Lc 22.27.
— laver les pieds 1 Tm 5.10.]
15 car c'est un exemple que je vous ai donné : ce que j'ai fait pour vous, faites-le vous aussi. [Ph 2.5 ; 1 P 2.21 ; voir Jn 13.34 ; 15.12.]16 En vérité, en vérité, je vous le dis, un serviteur n'est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l'envoie. [Mt 10.24 ; voir Lc 22.24-30.]17 Sachant cela, vous serez heureux si du moins vous le mettez en pratique. [Jc 1.22,25 ; voir Mt 7.24-27 ; Rm 2.13.]18 Je ne parle pas pour vous tous ; je connais ceux que j'ai choisis. Mais qu'ainsi s'accomplisse l'Ecriture : Celui qui mangeait le pain avec moi, contre moi a levé le talon. [choisis Jn 6.70 ; 15.16.
— Celui qui mangeait Ps 41.10 ; voir Mc 14.18.]
19 Je vous le dis à présent, avant que l'événement n'arrive, afin que, lorsqu'il arrivera, vous croyiez que Je Suis. [avant que l'événement n'arrive Jn 14.29 ; 16.4.
— croire que Je Suis Jn 8.24,28,58.]
20 En vérité, en vérité, je vous le dis, recevoir celui que j'enverrai, c'est me recevoir moi-même, et me recevoir c'est aussi recevoir celui qui m'a envoyé. »[Mt 10.40 ; 18.5 ; Mc 9.37 ; Lc 9.48 ; 10.16 ; Jn 12.44.]

La trahison de Judas

(Mt 26. 20-25 ; Mc 14. 17-21 ; Lc 22. 21-23)

21 Ayant ainsi parlé, Jésus fut troublé intérieurement et il déclara solennellement : « En vérité, en vérité, je vous le dis, l'un d'entre vous va me livrer. » [Jn 11.33 ; 12.27.]22 Les disciples se regardaient les uns les autres, se demandant de qui il parlait. 23 Un des disciples, celui-là même que Jésus aimait, se trouvait à côté de lui. [Le texte grec laisse entendre que les convives étaient allongés autour de la table, appuyés sur le bras gauche,àla manière antique.
— le disciple que Jésus aimait Jn 19.26 ; 20.2 ; 21.7,20.]
24 Simon-Pierre lui fit signe : « Demande de qui il parle. » 25 Se penchant alors vers la poitrine de Jésus, le disciple lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? » 26 Jésus répondit : « C'est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper. » Sur ce, Jésus prit la bouchée qu'il avait trempée et il la donna à Judas Iscariote, fils de Simon. 27 C'est à ce moment, alors qu'il lui avait offert cette bouchée, que Satan entra en Judas. Jésus lui dit alors : « Ce que tu as à faire, fais-le vite. » [Lc 22.3 ; Jn 13.2.]28 Aucun de ceux qui se trouvaient là ne comprit pourquoi il avait dit cela. 29 Comme Judas tenait la bourse, quelques-uns pensèrent que Jésus lui avait dit d'acheter ce qui était nécessaire pour la fête, ou encore de donner quelque chose aux pauvres. [Jn 12.6.]30 Quant à Judas, ayant pris la bouchée, il sortit immédiatement : il faisait nuit. [Lc 22.53 ; Jn 9.4 ; 11.10 ; 12.35.]

L'entretien suprême

31 Dès que Judas fut sorti, Jésus dit : « Maintenant, le Fils de l'homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié par lui ; [le Fils de l'homme Mt 8.20.
— glorification Jn 7.39.]
32 Dieu le glorifiera en lui-même, et c'est bientôt qu'il le glorifiera. 33 Mes petits enfants, je ne suis plus avec vous que pour peu de temps. Vous me chercherez et comme j'ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez venir”, à vous aussi maintenant je le dis. [avec vous pour peu de temps Jn 7.33 ; 19.
— Impossibilité de rejoindre Jésus Jn 7.34,36 ; 8.21.]
34 « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. [Le commandement d'amour Jn 15.12,17 ; 1 Jn 3.11,23.
— commandement nouveau 1 Jn 2.8 ; 2 Jn 1.5.]
35 A ceci, tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l'amour que vous aurez les uns pour les autres. »

(Mt 26. 31-35 ; Mc 14. 27-31 ; Lc 22. 31-34)

[1 Jn 3.14.] 36 Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux me suivre maintenant, mais tu me suivras plus tard. » [Seigneur, où vas-tu ? Jn 7.35 ; 14.5 ; voir Jn 16.5.
— Pierreà plus tard Jn 21.18-19.]
37 « Seigneur, lui répondit Pierre, pourquoi ne puis-je te suivre tout de suite ? Je me dessaisirai de ma vie pour toi ! » 38 Jésus répondit : « Te dessaisir de ta vie pour moi ! En vérité, en vérité, je te le dis, trois fois tu m'auras renié avant qu'un coq ne se mette à chanter. »

Jésus, chemin vers le Père

14 « Que votre cœur ne se trouble pas : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. [ne vous troublez pas Jn 14.27 ; voir Jn 16.6,20.
— Foi en Jésus voir Jn 5.38 ; 8.46-47.]
2 Dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de demeures : sinon vous aurais-je dit que j'allais vous préparer le lieu où vous serez ? 3 Lorsque je serai allé vous le préparer, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, si bien que là où je suis, vous serez vous aussi. [je reviendrai
a) Mt 16.27 ; 25.31 ; 1 Co 11.26 ; 16.22 ; 1 Th 4.16-17 ; 1 Jn 2.28 ; Ap 22.17,20 ;
b) Jn 14.18,23,28 ; 15.26 ; 16.7,13,16-23.
— là où je suis vous serez aussi Jn 2.25 ; 17.24.]
4 Quant au lieu où je vais, vous en savez le chemin. » 5 Thomaslui dit : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas, comment enconnaîtrions-nous le chemin ? » 6 Jésus lui dit : « Je suis le chemin et la vérité et la vie. Personne ne va au Père si ce n'est par moi. [le chemin, c'est Jésus He 10.20 ; voir Mc 8.34 par. ; Jn 10.9 ; voir Ac 9.2.
— la vérité Jn 1.14,18 ; 14.9 ; 17.8,14.
— la vie Jn 1.4 ; 3.16 ; 6.40,47,63 ; 11.25.]
7 Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Dès à présent vous le connaissez et vous l'avez vu. » [Jn 8.19.]8 Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit. » [Mt 10.3.]9 Jésus lui dit : « Je suis avec vous depuis si longtemps, et cependant, Philippe, tu ne m'as pas reconnu ! Celui qui m'a vu a vu le Père. Pourquoi dis-tu : “Montre-nous le Père” ? [Jn 1.18 ; 6.46 ; 12.45 ; Col 1.15 ; He 1.3.]10 Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ! Au contraire, c'est le Père qui, demeurant en moi, accomplit ses propres œuvres. [Communion du Père et du Fils Jn 10.38 ; 14.20 ; 17.21.
— Jésus porte-parole du Père Jn 12.49-50.]
11 Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi ; et si vous ne croyez pas ma parole, croyez du moins à cause de ces œuvres. [Jn 10.37-38.]12 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera lui aussi les œuvres que je fais ; il en fera même de plus grandes, parce que je vais au Père. [Jn 7.33 ; 13.1 ; 14.28 ; 16.10,17,28 ; 20.17.]13 Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, de sorte que le Père soit glorifié dans le Fils. [Exaucement Jn 15.16 ; 16.23,24,26 ; voir 1 Jn 5.14-15.
— le Père glorifié dans le Fils Jn 13.31-32 ; 17.1,5.]
14 Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.

La promesse de l'Esprit

15 « Si vous m'aimez, vous vous appliquerez à observer mes commandements ; [Sg 6.18 ; Jn 15.10 ; 1 Jn 5.3 ; 2 Jn 1.6.]16 moi, je prierai le Père : il vous donnera un autre Paraclet qui restera avec vous pour toujours. [Paraclet est la transcription d'un terme grec du vocabulaire juridique, désignant celui qui est appelé auprès d'un accusé pour le défendre : avocat, assistant, défenseur, consolateur, intercesseur sont autant de traductions possibles, mais insuffisantes ; Jn 14.26 ; Jn 15.26 ; 16.7 ; voir 1 Jn 2.1.
— avec vous pour toujours Mt 28.20.]
17 C'est lui l'Esprit de vérité, celui que le monde est incapable d'accueillir parce qu'il ne le voit pas et qu'il ne le connaît pas. Vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous et il est en vous. [Jn 15.26 ; 16.13 ; voir 1 Jn 4.6 ; 5.6.]18 Je ne vous laisserai pas orphelins, je viens à vous. [Jn 14.3,28.]19 Encore un peu, et le monde ne me verra plus ; vous, vous me verrez vivant et vous vivrez vous aussi. [Encore un peu Jn 7.33-34,36.
— vous me verrez Jn 16.16 ; 1 Jn 3.1-2.
— Jésus vivant, ses disciples aussi Jn 6.57.]
20 En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père et que vous êtes en moi et moi en vous. [En ce jour-là Es 2.17 ; 4.1-2 ; Jr 4.9 ; Jn 16.23.
— Communion du Père et du Fils Jn 10.38 ; 14.10-11 et des disciples avec Jésus Jn 17.21-23.]
21 Celui qui a mes commandements et qui les observe, celui-là m'aime : or celui qui m'aime sera aimé de mon Père et, à mon tour, moi je l'aimerai et je me manifesterai à lui. » [Amour et obéissance Jn 14.15 ; voir Jn 5.24 ; 12.47.
— Amour pour Jésus, amour du Père Jn 16.27.]
22 Jude, non pas Judas l'Iscariote, lui dit : « Seigneur, comment se fait-il que tu aies à te manifester à nous et non pas au monde ? » [Jude Lc 6.16 ; Ac 1.3 ; voir Jude 1.1.
— à nous et non pas au monde Ac 10.40-41.]
23 Jésus lui répondit : « Si quelqu'un m'aime, il observera ma parole, et mon Père l'aimera ; nous viendrons à lui et nous établirons chez lui notre demeure. [1 R 8.27 ; Ez 37.26-27 ; Za 2.13.]24 Celui qui ne m'aime pas n'observe pas mes paroles ; or, cette parole que vous entendez, elle n'est pas de moi mais du Père qui m'a envoyé. [Jn 12.49-50.]25 Je vous ai dit ces choses tandis que je demeurais auprès de vous ; 26 le Paraclet, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit. [Paraclet Jn 14.16.
— en mon nom Jn 14.13-14 ; 15.16 ; 16.23-26.
— souvenir Jn 2.22.]
27 Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur cesse de se troubler et de craindre. [la paix Es 9.5 ; Za 9.9-10 ; Jn 16.33 ; 20.19,21.
— ne vous troublez pas Jn 14.1.]
28 Vous l'avez entendu, je vous ai dit : “Je m'en vais et je viens à vous.” Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père, car le Père est plus grand que moi. [Je m'en vais et je viens Jn 14.3 ; 16.16-17.
— Jésus va au Père Jn 14.12.]
29 Je vous ai parlé dès maintenant, avant l'événement, afin que, lorsqu'il arrivera, vous croyiez. [Jn 13.19 ; 16.4.]30 Désormais, je ne m'entretiendrai plus guère avec vous, car le prince de ce monde vient. Certes, il n'a en moi aucune prise ; [Jn 12.31.]31 mais de la sorte le monde saura que j'aime mon Père et que j'agis conformément à ce que le Père m'a prescrit. Levez-vous, partons d'ici ! [j'agis conformément Jn 12.49 ; 15.10.
— Levez-vous ! Mt 26.46 ; Mc 14.42.]

Jésus, la vraie vigne

15 « Je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron. [Es 5.1-7 ; Jr 2.21 ; Ez 15.1-8 ; 19.10-14 ; Mt 21.33-41 par.]2 Tout sarment qui, en moi, ne porte pas de fruit, il l'enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, afin qu'il en porte davantage encore. [le même verbe grec signifie à la fois purifier et émonder (c'est-à-dire enlever les feuilles qui empêchent le mûrissement des grappes).
— tout sarment improductif Mt 3.10 ; 15.13.]
3 Déjà vous êtes émondés par la parole que je vous ai dite. [Jn 13.10.]4 Demeurez en moi comme je demeure en vous ! De même que le sarment, s'il ne demeure sur la vigne, ne peut de lui-même porter du fruit, ainsi vous non plus si vous ne demeurez en moi. [le sarment sur la vigne Rm 11.17-18.
— Incapable par lui-même 2 Co 3.5.
— demeurer en Jésus Jn 6.56 ; voir Jn 8.31 ; 15.9-10 ; 1 Jn 2.10 ; 4.13-16.]
5 Je suis la vigne, vous êtes les sarments : celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là portera du fruit en abondance car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. [la vigne et ses sarments voir 1 Co 12.12,27.
— Jésus demeure en vous 1 Jn 2.27 ; 3.9,15 ; 4.12-15.
— porter du fruit en abondance Jn 15.16.
— hors de moi vous ne pouvez rien... 2 Co 3.5 ; voir Jn 1.3.]
6 Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment, il se dessèche, puis on les ramasse, on les jette au feu et ils brûlent. [Mt 3.10 ; 7.19 ; 13.42.]7 Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et cela vous arrivera. [Mc 11.24 ; Jn 14.13 ; 16.23.]8 Cequi glorifie mon Père, c'est que vous portiez du fruit en abondance et que voussoyez pour moi des disciples. [Mt 5.16.]9 Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés ; demeurez dans mon amour. 10 Si vous observez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme, en observant les commandements de mon Père, je demeure dans son amour. [Jn 14.15,21 ; 1 Jn 2.3-8 ; 3.22-23 ; 5.3.]11 « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. [joie Es 9.2 ; 35.10 ; 55.12 ; 65.18 ; So 3.14 ; Ps 126.3-5 ; Mt 25.21,23 ; Lc 1.14 ; 2.10 parfaite Jn 16.20-24 ; 17.13 ; 1 Jn 1.4 ; 2 Jn 1.12.]12 Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. [Jn 13.34 ; 2 Jn 1.5.]13 Nul n'a d'amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu'il aime. [le plus grand amour Jn 13.1,34.
— se dessaisir de sa vie pour Jn 10.11.]
14 Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. 15 Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur reste dans l'ignorance de ce que fait son maître ; je vous appelle amis, parce que tout ce que j'ai entendu auprès de mon Père, je vous l'ai fait connaître. 16 Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis et institués pour que vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure : si bien que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l'accordera. [c'est moi qui vous ai choisis Jn 6.70 ; 13.18 ; voir Dt 7.6-8 ; Es 41.8 ; 43.20 ; 44.2 ; 45.4 ; 65.9,15,22 ; Am 3.2 ; 7.15 ; Mc 3.13 ; Lc 6.13.
— institués Mt 10.1 ; Mc 3.14 ; 6.7 ; Lc 9.1 ; Ac 13.47 ; 20.28 ; 1 Co 12.28 ; 2 Tm 1.11.
— porter du fruit Jn 15.5.
— Exaucement Jn 14.13.]
17 Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres. [Jn 13.34 ; 2 Jn 1.5.]

La haine du monde

18 « Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï le premier. [Mt 10.22 ; 24.9 ; Mc 13.13 ; Lc 6.22 ; Jn 17.14 ; 1 Th 2.15-16 ; 1 Jn 3.13.]19 Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui lui appartiendrait ; mais vous n'êtes pas du monde : c'est moi qui vous ai mis à part du monde et voilà pourquoi le monde vous hait. [Jn 7.7 ; 1 Jn 4.5 ; voir Jn 17.14.]20 Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : “Le serviteur n'est pas plus grand que son maître” ; s'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi ; s'ils ont observé ma parole, ils observeront aussi la vôtre. [Le serviteur et son maître Mt 10.24.
— persécutés comme le maître 1 Th 1.6 ; 1 P 4.12-19.]
21 Tout cela, ils vous le feront à cause de mon nom, parce qu'ils ne connaissent pas celui qui m'a envoyé. [Mt 5.11 ; 10.22 ; Mc 13.13 ; Lc 21.17 ; Ac 5.41 ; Ap 2.3.]22 Si je n'étais pas venu, si je ne leur avais pas adressé la parole, ils n'auraient pas de péché ; mais à présent leur péché est sans excuse. [sans péché Jn 9.41.]23 Celui qui me hait, hait aussi mon Père. [Lc 10.16 ; Jn 5.23 ; 1 Jn 2.23.]24 Si je n'avais pas fait au milieu d'eux ces œuvres que nul autre n'a faites, ils n'auraient pas de péché ; mais à présent qu'ils les ont vues, ils continuent à nous haïr, et moi et mon Père ; [Jn 14.11.]25 mais c'est pour que s'accomplisse la parole qui est écrite dans leur Loi : Ils m'ont haï sans raison. [la Loi (= les Ecritures) Jn 8.17 ; 10.34.
— haï sans raison Ps 35.19 ; 69.5.]
26 « Lorsque viendra le Paraclet que je vous enverrai d'auprès du Père, l'Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra lui-même témoignage de moi ; [Paraclet Jn 14.16 et la note.
— l'Esprit de vérité Jn 14.17 qui procède du Père Jn 14.16,26 ; Jn 16.15 ; Tt 3.6 ; 1 Jn 3.24 ; 4.13.]
27 et à votre tour, vous me rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi depuis le commencement. [témoins de Jésus Ac 1.8 ; 5.32 ; 1 Jn 4.14.
— avec Jésus depuis le commencement Lc 1.2 ; Ac 1.21-22.]

16 « Je vous ai dit tout cela afin que vous ne succombiez pas à l'épreuve. 2 On vous exclura des synagogues. Bien plus, l'heure vient où celui qui vous fera périr croira présenter un sacrifice à Dieu. [Jn 9.22]3 Ils agiront ainsi pour n'avoir connu ni le Père ni moi. [Jn 15.21.]4 Mais je vous ai dit cela afin que, leur heure venue, vous vous rappeliez que je vous l'avais dit. [l'heure venue Jn 13.1.
— Les disciples se souviendront Jn 2.22.]

L'œuvre de l'Esprit

« Je ne vous l'ai pas dit dès le début car j'étais avec vous. 5 Mais maintenant je vais à celui qui m'a envoyé, et aucun d'entre vous ne me pose la question : “Où vas-tu ?” [Celui qui m'a envoyé Jn 7.33.
— Où vas-tu ? Jn 13.36 ; 14.5.]
6 Mais parce que je vous ai dit cela, l'affliction a rempli votre cœur. [affliction Jn 16.22.]7 Cependant je vous ai dit la vérité : c'est votre avantage que je m'en aille ; en effet, si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas à vous ; si, au contraire, je pars, je vous l'enverrai. [Paraclet Jn 14.16 et la note.]8 Et lui, par sa venue, il confondra le monde en matière de péché, de justice et de jugement ; [Voir Ac 24.25.]9 en matière de péché : ils ne croient pas en moi ; [péché Jn 8.21-24 ; 9.41 ; 15.22-24.
— ils ne croient pas en moi Jn 3.19,36 ; 5.38 ; 6.36,64 ; 7.5 ; 10.26 ; Jn 12.37.]
10 en matière de justice : je vais au Père et vous ne me verrez plus ; [Jésus va au Père Jn 14.12.
— ne plus voir Jésus Jn 7.34 ; 13.33 ; 14.19 ; 16.16-19.]
11 en matière de jugement : le prince de ce monde a été jugé. [Jn 12.31.]12 J'ai encore bien des choses à vous dire mais vous ne pouvez les porter maintenant ; [les porter ou les comprendre ; 1 Co 3.1-2.]13 lorsque viendra l'Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité tout entière. Car il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira ce qu'il entendra et il vous communiquera tout ce qui doit venir. [l'Esprit de vérité Jn 14.17.
— la vérité tout entière Jn 14.26 ; 1 Jn 2.27.]
14 Il me glorifiera car il recevra de ce qui est à moi, et il vous le communiquera. 15 Tout ce que possède mon Père est à moi ; c'est pourquoi j'ai dit qu'il vous communiquera ce qu'il reçoit de moi. [au Père et à moi Jn 17.10]

De l'affliction à la joie

16 « Encore un peu et vous ne m'aurez plus sous les yeux, et puis encore un peu et vous me verrez. » [Jn 14.19.]17 Certains de ses disciples se dirent alors entre eux : « Qu'a-t-il voulu nous dire : “Encore un peu et vous ne m'aurez plus sous les yeux, et puis encore un peu et vous me verrez” ; ou encore : “Je vais au Père” ? 18 Que signifie donc ce “un peu”, disaient-ils, nous ne comprenons pas ce qu'il veut dire ! » 19 Sachant qu'ils désiraient l'interroger, Jésus leur dit : « Vous cherchez entre vous le sens de ma parole : “Encore un peu et vous ne m'aurez plus sous les yeux, et puis encore un peu et vous me verrez.” 20 En vérité, en vérité, je vous le dis, vous allez gémir et vous lamenter tandis que le monde se réjouira ; vous serez affligés mais votre affliction tournera en joie. 21 Lorsque la femme enfante, elle est dans l'affliction puisque son heure est venue ; mais lorsqu'elle a donné le jour à l'enfant, elle ne se souvient plus de son accablement, elle est toute à la joie d'avoir mis un homme au monde. [Es 13.8 ; 21.3 ; 26.17 ; Mi 4.9 ; Mc 13.8 ; Rm 8.22 ; 1 Th 5.3 ; Ap 12.2.]22 C'est ainsi que vous êtes maintenant dans l'affliction ; mais je vous verrai à nouveau, votre cœur alors se réjouira, et cette joie, nul ne vous la ravira. [votre cœur se réjouira Es 66.14.
— joie du revoir Mt 28.8 ; Lc 24.41 ; Jn 17.13 ; 20.20 ; voir Jn 15.11.]
23 Ainsi, en ce jour-là, vous ne m'interrogerez plus sur rien. En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous demandez quelque chose à mon Père en mon nom, il vous le donnera. [en ce jour-là Mc 13.17, etc. ; Mc 14.25 ; Jn 14.20 ; Ac 2.17 ; 2 Tm 1.12,18, etc.
— Exaucement Jn 14.13.]
24 Jusqu'ici vous n'avez rien demandé en mon nom : demandez et vous recevrez, pour que votre joie soit parfaite. [demandez Mt 7.7-8,11 ; 18.19 ; Lc 11.9-13.
— joie à son comble Jn 15.11.]

La victoire sur le monde

25 « Je vous ai dit tout cela de façon énigmatique, mais l'heure vient où je ne vous parlerai plus de cette manière, mais où je vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père. [Voir Mt 13.34 ; Mc 4.33-34 ; Lc 8.10 ; Jn 10.6 ; voir aussi Jn 12.16 ; 13.7.]26 Ce jour-là, vous demanderez en mon nom et cependant je ne vous dis pas que je prierai le Père pour vous, 27 car le Père lui-même vous aime parce que vous m'avez aimé et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu. [L'amour du Père pour les disciples Jn 14.21,23.
— Jésus vient de Dieu Jn 3.2 ; 8.42.]
28 Je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde ; tandis qu'à présent je quitte le monde et je vais au Père. » 29 Ses disciples lui dirent : « Voici que maintenant tu parles ouvertement et que tu abandonnes tout langage énigmatique ; 30 maintenant nous savons que toi, tu sais toutes choses et que tu n'as nul besoin que quelqu'un t'interroge. C'est bien pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. » 31 Jésus leur répondit : « Croyez-vous, à présent ? 32 Voici que l'heure vient, et maintenant elle est là, où vous serez dispersés, chacun allant de son côté, et vous me laisserez seul. Mais je ne suis pas seul, le Père est avec moi. [Le maître abandonné par les disciples Za 13.7 ; Mt 26.31,56 ; Mc 14.27,50.
— Jésus ne reste pas seul Jn 8.16,29 ; voir Jn 10.30.]
33 Je vous ai dit cela pour qu'en moi vous ayez la paix. En ce monde vous êtes dans la détresse, mais prenez courage, j'ai vaincu le monde ! »[la paix Jn 14.27.
— Adversité
a) Mc 13.19,24 ; Rm 2.9 ;
b) Mc 4.17 ; Ac 11.19 ; 2 Co 1.8 ; 2.4 ; 4.17 ; 6.4,etc. ; 1 Th 1.6 ; 3.3,7 ; 2 Th 1.4.
— vainqueur du monde 1 Jn 4.4 ; 5.4-5 ; Ap 2.7,11,17, etc. ; Jn 5.5 ; 6.2.]

La prière de Jésus

17 Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l'heure est venue, glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie [les yeux au ciel Mc 6.41 ; Lc 18.13 ; Jn 11.41.
— l'heure est venue Jn 13.1 ; voir Jn 5.25.
— glorification du Fils et du Père Jn 13.31-32.]
2 et que, selon le pouvoir sur toute chair que tu lui as donné, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. [pouvoir Mt 28.18 ; Jn 3.35 ; 5.19-30 ; 13.3.]3 Or la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. [vie éternelle Jn 4.14,36 ; 6.27 ; 12.25 ; 1 Jn 5.13,20.
— connaître Dieu Sg 15.3.
— le (seul) vrai Dieu 1 Th 1.9 ; 1 Jn 5.20.]
4 Je t'ai glorifié sur la terre, j'ai achevé l'œuvre que tu m'as donnée à faire. [le Père glorifié par le Fils Jn 13.31-32 ; 14.13.
— l'œuvre confiée à Jésus Jn 4.34 ; 5.30 ; 6.38 ; 8.29 ; 9.4 ; 10.37-38 ; voir Jn 13.1 ; 19.30.]
5 Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi de cette gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût. [la gloire de Jésus Jn 2.11 ; 11.2 ; voir Jn 7.39.
— avant que le monde f-t Jn 1.1-2 ; 8.58 ; 17.24.]
6 « J'ai manifesté ton nom aux hommes que tu as tirés du monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés et ils ont observé ta parole. [J'ai manifesté ton nom Jn 1.18 ; 12.28 ; 14.7-11 ; 17.26.
— donnés Jn 6.37,39,44 ; 10.29 ; 17.2,9,12,24.]
7 Ils savent maintenant que tout ce que tu m'as donné vient de toi, 8 que les paroles que je leur ai données sont celles que tu m'as données. Ils les ont reçues, ils ont véritablement connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m'as envoyé. [Jn 3.2 ; 16.30 ; voir Jn 8.42.]9 Je prie pour eux ; je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés : ils sont à toi, [Jn 1.10 ; 15.19 ; voir Jn 3.16-17.]10 et tout ce qui est à moi est à toi, comme tout ce qui est à toi est à moi, et j'ai été glorifié en eux. [ce qui est à moi est à toi Lc 15.31.
— ce qui est à toi est à moi Jn 16.15.]
11 Désormais je ne suis plus dans le monde ; eux restent dans le monde, tandis que moi je vais à toi. Père saint, garde-les en ton nom que tu m'as donné, pour qu'ils soient un comme nous sommes un. [les disciples restent dans le monde Jn 13.1.
— Jésus va au Père Jn 13.1,3 ; 16.28.
— un comme nous Jn 10.30 ; 17.21 ; Ga 3.28.]
12 Lorsque j'étais avec eux, je les gardais en ton nom que tu m'as donné ; je les ai protégés et aucun d'eux ne s'est perdu, sinon le fils de perdition, en sorte que l'Ecriture soit accomplie. [protégés Jn 18.8-9.
— perdition Mt 7.13 ; Jn 3.16 ; 6.39 ; 10.28 ; 12.25 ; Ac 8.20 ; Rm 9.22 ; Ph 3.19.
— le fils de perdition Jn 6.70 ; voir 1 Th 5.5 et la note ; 2 Th 2.3.
— accomplissement Jn 13.18 (Ps 41.10).]
13 Maintenant je vais à toi et je dis ces paroles dans le monde pour qu'ils aient en eux ma joie dans sa plénitude. [Jn 15.11.]14 Je leur ai donné ta parole, et le monde les a haïs, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme je ne suis pas du monde. [haïs... pas du monde Jn 15.18-19.
— Jésus ne dépend pas du monde Jn 8.23.]
15 Je ne te demande pas de les ôter du monde, mais de les garder du Mauvais. [pas « tés du monde Jn 15.19-16.4.
— les garder du Mauvais (ou du Mal) Mt 6.13 ; 2 Th 3.3 ; 1 Jn 5.18.]
16 Ils ne sont pas du monde comme je ne suis pas du monde. 17 Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité. [Jr 1.5 ; Si 45.4 ; Jn 10.36.]18 Comme tu m'as envoyé dans le monde, je les envoie dans le monde. [Jn 20.21.]19 Et pour eux je me consacre moi-même, afin qu'ils soient eux aussi consacrés par la vérité. [Jésus se consacre lui-même : voir Jn 6.51 ; 10.18 ; 15.13.
— pour eux Mc 14.24 ; Lc 22.20 ; 1 Co 11.24 ; 15.3 ; He 2.9 ; 5.1 ; 9.7 ; He 10.12.]
20 « Je ne prie pas seulement pour eux, je prie aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi : [Jn 17.9.]21 que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu'ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m'as envoyé. [que tous soient un Ga 3.28 comme le Père et le Fils Jn 10.38 ; 17.11.]22 Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, pour qu'ils soient un comme nous sommes un, 23 moi en eux comme toi en moi, pour qu'ils parviennent à l'unité parfaite et qu'ainsi le monde puisse connaître que c'est toi qui m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. 24 Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m'as donnés soient eux aussi avec moi, et qu'ils contemplent la gloire que tu m'as donnée, car tu m'as aimé dès avant la fondation du monde. [là ou je suis, là aussi... 12.26 ; 14.3.
— contempler la gloire de Jésus Jn 1.14 ; voir 2 Co 3.18 ; 4.6.
— avant la fondation du monde Jn 17.5.]
25 Père juste, tandis que le monde ne t'a pas connu, je t'ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m'as envoyé. [Père juste Ps 7.17 ; 9.5 ; 96.13 ; 116.5 ; 129.4 ; 145.17 ; Rm 3.26 ; Ap 16.5.
— le monde n'a pas connu le Père Jn 1.10 ; 8.55.
— Jésus est celui qui connaît le Père Jn 8.55.]
26 Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître encore, afin que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux, et moi en eux. »[Jn 17.6.]

L'arrestation de Jésus

(Mt 26. 47-56 ; Mc 14. 43-50 ; Lc 22. 47-53)

18 Ayant ainsi parlé, Jésus s'en alla, avec ses disciples, au-delà du torrent du Cédron ; il y avait là un jardin où il entra avec ses disciples. [Mt 26.36 ; Mc 11.1 et la note ; Mc 14.32.]2 Or Judas, qui le livrait, connaissait l'endroit, car Jésus s'y était maintes fois réuni avec ses disciples. [Lc 21.37 ; 22.39.]3 Ilprit la tête de la cohorte et des gardes fournis par les grands prêtres et lesPharisiens, il gagna le jardin avec torches, lampes et armes. [la cohorte : (voir Mc 15.15 et la note) dans la traduction grecque de l'A.T. le même terme désigne aussi des troupes juives. Il peut donc s'agir ici de la milice du temple ; Jn 7.32,45.]4 Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s'avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? » [Jn 13.1,3.]5 Ils lui répondirent : « Jésus le Nazôréen. » Il leur dit : « C'est moi. » Or, parmi eux, se tenait Judas qui le livrait. [Voir Jn 8.24.]6 Dès que Jésus leur eut dit “c'est moi”, ils eurent un mouvement de recul et tombèrent. 7 A nouveau, Jésus leur demanda : « Qui cherchez-vous ? » Ils répondirent : « Jésus le Nazôréen. » 8 Jésus leur répondit : « Je vous l'ai dit, c'est moi. Si donc c'est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci. » 9 C'est ainsi que devait s'accomplir la parole que Jésus avait dite : « Je n'ai perdu aucun de ceux que tu m'as donnés. » [Jn 6.39 ; 17.12 ; voir Jn 10.28.]10 Alors Simon-Pierre, qui portait un glaive, dégaina et frappa le serviteur du grand prêtre, auquel il trancha l'oreille droite ; le nom de ce serviteur était Malchus. [un glaive Lc 22.36,38.]11 Mais Jésus dit à Pierre : « Remets ton glaive au fourreau ! La coupe que le Père m'a donnée, ne la boirai-je pas ? » [Mc 10.38 par. ; Mc 14.36 par.]12 La cohorte avec son commandant et les gardes des Juifs saisirent donc Jésus, et ils le ligotèrent.

Au palais du Grand Prêtre Hanne

(Mt 26. 57-58 ; Mc 14. 53-54 ; Lc 22. 54)

13 Ils le conduisirent tout d'abord chez Hanne. Celui-ci était le beau-père de Caïphe, qui était le Grand Prêtre cette année-là ; [Voir Lc 3.2 et la note.]14 c'est ce même Caïphe qui avait suggéré aux Juifs : il est avantageux qu'un seul homme meure pour le peuple.

(Mt 26. 69-70 ; Mc 14. 66-68 ; Lc 22. 55-57)

[Jn 11.49-51.] 15 Simon-Pierre et un autre disciple avaient suivi Jésus. Comme ce disciple était connu du Grand Prêtre, il entra avec Jésus dans le palais du Grand Prêtre. [Jn 20.3.]16 Pierre se tenait à l'extérieur, près de la porte ; l'autre disciple, celui qui était connu du Grand Prêtre, sortit, s'adressa à la femme qui gardait la porte et fit entrer Pierre. [Mc 14.54 par.]17 La servante qui gardait la porte lui dit : « N'es-tu pas, toi aussi, un des disciples de cet homme ? » Pierre répondit : « Je n'en suis pas ! » [Jn 18.25.]18 Les serviteurs et les gardes avaient fait un feu de braise car il faisait froid et ils se chauffaient ; Pierre se tenait avec eux et se chauffait aussi.

(Mt 26. 59-66 ; Mc 14. 55-64 ; Lc 22. 66-71)

19 Le Grand Prêtre se mit à interroger Jésus sur ses disciples et sur son enseignement. 20 Jésus lui répondit : « J'ai parlé ouvertement au monde, j'ai toujours enseigné dans les synagogues et dans le temple où tous les Juifs se rassemblent, et je n'ai rien dit en secret. [Jésus a parlé ouvertement Jn 7.26 à la synagogue, et au temple Mt 4.23 ; 26.55 ; Jn 6.59 ; 7.14.]21 Pourquoi est-ce moi que tu interroges ? Ce que j'ai dit, demande-le à ceux qui m'ont écouté : ils savent bien ce que j'ai dit. » 22 A ces mots, un des gardes qui se trouvait là gifla Jésus en disant : « C'est ainsi que tu réponds au Grand Prêtre ? » [Mt 26.67 ; Mc 14.65 ; Jn 19.3 ; voir Ac 23.2.]23 Jésus lui répondit : « Si j'ai mal parlé, montre en quoi ; si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » 24 Là-dessus, Hanne envoya Jésus ligoté à Caïphe, le Grand Prêtre.

(Mt 26. 71-75 ; Mc 14. 69-72 ; Lc 22. 58-62)

[Lc 3.2 ; Jn 18.13.] 25 Cependant Simon-Pierre était là qui se chauffait. On lui dit : « N'es-tu pas, toi aussi, l'un de ses disciples ? » Pierre nia en disant : « Je n'en suis pas ! » [Jn 18.17.]26 Un des serviteurs du Grand Prêtre, parent de celui auquel Pierre avait tranché l'oreille, lui dit : « Ne t'ai-je pas vu dans le jardin avec lui ? » [le serviteur blessé à l'oreille Mc 14.47 par. ; Jn 18.10.
— avec lui dans le jardin Jn 18.1.]
27 A nouveau Pierre le nia, et au même moment un coq chanta. [Mc 14.30 par. ; Jn 13.38.]

Jésus devant Pilate

(Mt 27. 1-2, 11-14 ; Mc 15. 1-5 ; Lc 23. 1-5)

28 Cependant on avait emmené Jésus de chez Caïphe à la résidence du gouverneur. C'était le point du jour. Ceux qui l'avaient amené n'entrèrent pas dans la résidence pour ne pas se souiller et pouvoir manger la Pâque. [manger la Pâque : expression abrégée pour dire participer au repas de la Pâque. Les maisons païennes étaient considérées comme impures (voir Ac 10.28). Voir au glossaire PUR.]29 Pilate vint donc les trouver à l'extérieur et dit : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? » [Ponce-Pilate fut gouverneur romain de la Judée entre les années 26 et 36 ap. J.C. ; Mt 27.2 ; Mc 15.1,etc ; Lc 3.1 ; 13.1 ; 23.1, etc. ; Ac 3.13-14 ; 4.27 ; 13.28 ; 1 Tm 6.13.]30 Ils répondirent : « Si cet individu n'avait pas fait le mal, te l'aurions-nous livré ? » 31 Pilate leur dit alors : « Prenez-le et jugez-le vous-mêmes suivant votre loi. » Les Juifs lui dirent : « Il ne nous est pas permis de mettre quelqu'un à mort ! » [Prenez-le... Jn 19.6-7.
— jugez-le selon votre loi Ac 18.15.]
32 C'est ainsi que devait s'accomplir la parole par laquelle Jésus avait signifié de quelle mort il devait mourir. [Mt 20.19 ; 26.2 ; Jn 3.14 ; 8.28 ; 12.32-33.]33 Pilate rentra donc dans la résidence. Il appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? » [roi Jn 1.49 ; 6.15 des Juifs Mt 27.11 ; Mc 15.2 ; Lc 23.3.]34 Jésus lui répondit : « Dis-tu cela de toi-même ou d'autres te l'ont-ils dit de moi ? » 35 Pilate lui répondit : « Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta propre nation, les grands prêtres t'ont livré à moi ! Qu'as-tu fait ? » [Jn 1.11.]36 Jésus répondit : « Ma royauté n'est pas de ce monde. Si ma royauté était de ce monde, les miens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Mais ma royauté, maintenant, n'est pas d'ici. » 37 Pilate lui dit alors : « Tu es donc roi ? » Jésus lui répondit : « C'est toi qui dis que je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. » [le témoignage apporté par Jésus 1 Tm 6.13.
— témoignage rendu à la vérité Jn 3.11,32-33 ; 8.46.
— être de la vérité, écouter ce que dit Jésus Jn 8.47.]
38 Pilate lui dit : « Qu'est-ce que la vérité ? »Sur ce mot, il alla de nouveau trouver les Juifs au-dehors et leur dit : « Pour ma part, je

(Mt27. 15-31 ; Mc 15. 6-20 ; Lc 23. 13-25)

ne trouve contre lui aucun chef d'accusation. 39 Mais comme il est d'usage chez vous que je vous relâche quelqu'un au moment de la Pâque, voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs ? » 40 Alors ils se mirent à crier : « Pas celui-là, mais Barabbas ! » Or ce Barabbas était un brigand. [Le mot grec traduit ici par brigand était souvent appliqué aux zélotes (voir Mc 3.18 et la note).
— Barabbas Mc 15.6-15 par.
— un brigand préféré à Jésus Ac 3.14.]

19 Alors Pilate emmena Jésus et le fit fouetter. 2 Les soldats, qui avaient tressé une couronne avec des épines, la lui mirent sur la tête et ils jetèrent sur lui un manteau de pourpre. [Lc 23.11.]3 Ils s'approchaient de lui et disaient : « Salut, le roi des Juifs ! » et ils se mirent à lui donner des coups. [roi des Juifs Mt 27.27-31 ; Mc 15.16-20.
— des coups Jn 18.22.]
4 Pilate retourna à l'extérieur et dit aux Juifs : « Voyez, je vais vous l'amener dehors : vous devez savoir que je ne trouve aucun chef d'accusation contre lui. » [Lc 23.4 ; Jn 18.38.]5 Jésus vint alors à l'extérieur ; il portait la couronne d'épines et le manteau de pourpre. Pilate leur dit : « Voici l'homme ! » 6 Mais dès que les grands prêtres et leurs gens le virent, ils se mirent à crier : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes et crucifiez-le ; quant à moi, je ne trouve pas de chef d'accusation contre lui. » [Jn 18.31.]7 Les Juifs lui répliquèrent : « Nous avons une loi, et selon cette loi il doit mourir parce qu'il s'est fait Fils de Dieu ! » [la loi qui condamne Jésus Lv 24.16 ; voir Jn 18.31.
— il s'est fait Fils de Dieu ! Jn 5.18 ; 10.33.]
8 Lorsque Pilate entendit ce propos, il fut de plus en plus effrayé. 9 Il regagna la résidence et dit à Jésus : « D'où es-tu, toi ? » Mais Jésus ne lui fit aucune réponse. [L'origine de Jésus Jn 7.27-28 ; 8.14 ; 9.29-30
— Jésus garde le silence Mt 26.62-63 ; 27.12,14 ; Mc 14.61 ; 15.5 ; Lc 23.9.]
10 Pilate lui dit alors : « C'est à moi que tu refuses de parler ! Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te relâcher comme j'ai le pouvoir de te faire crucifier ? » 11 Mais Jésus lui répondit : « Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir s'il ne t'avait été donné d'en haut ; et c'est bien pourquoi celui qui m'a livré à toi porte un plus grand péché. » [pouvoir donné d'en haut Jn 10.18 ; Rm 13.1.
— celui qui a livré Jésus Jn 6.64,71 ; 12.4 ; 13.2,21 ; 18.30,35.
— péché Jn 8.21-24 ; 9.41 ; 15.22-24 ; 16.8-9.]
12 Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher, mais les Juifs se mirent à crier et ils disaient : « Si tu le relâchais, tu ne te conduirais pas comme l'ami de César ! Car quiconque se fait roi, se déclare contre César. » [César : ce nom du premier empereur de Rome était devenu une sorte de titre porté par tous ses successeurs.
— se faire roi Lc 23.2 ; Jn 18.37 ; Ac 17.7.]
13 Dès qu'il entendit ces paroles, Pilate fit sortir Jésus et le fit asseoir sur l'estrade, à la place qu'on appelle Lithostrôtos — en hébreu Gabbatha. [Ou : il s'assit au tribunal.
— Gabbatha : mot araméen désignant un endroit surélevé. Lithostrôtos : terme grec signifiant pavement de pierre.]
14 C'était le jour de la Préparation de la Pâque, vers la sixième heure. Pilate dit aux Juifs : « Voici votre roi ! » [Midi ; voir Mt 20.3 et la note. C'est à partir de cette heure-là qu'on immolait, au temple, les agneaux destinés au repas de la Pâque.]15 Mais ils se mirent à crier : « A mort ! A mort ! Crucifie-le ! » Pilate reprit : « Me faut-il crucifier votre roi ? » Les grands prêtres répondirent : « Nous n'avons pas d'autre roi que César. » [Jg 8.23 ; 1 S 8.7.]16 C'est alors qu'il le leur livra pour être crucifié.

La crucifixion et la mort de Jésus

(Mt 27. 32-44 ; Mc 15. 21-32 ; Lc 23. 26-43)

Ils se saisirent donc de Jésus. 17 Portant lui-même sa croix, Jésus sortit et gagna le lieu dit du Crâne, qu'en hébreu on nomme Golgotha. [Les condamnés devaient porter eux-mêmes la poutre transversale de la croix jusqu'au lieu de l'exécution où se trouvait plantée la poutre verticale.
— Golgotha : en araméen : le crâne. C'est une petite éminence située à proximité de la ville ; Mt 27.33 ; Mc 15.22.]
18 C'est là qu'ils le crucifièrent ainsi que deux autres, un de chaque côté et, au milieu, Jésus. 19 Pilate avait rédigé un écriteau qu'il fit placer sur la croix : il portait cette inscription : « Jésus le Nazôréen, le roi des Juifs. » 20 Cet écriteau, bien des Juifs le lurent, car l'endroit où Jésus avait été crucifié était proche de la ville, et le texte était écrit en hébreu, en latin et en grec. 21 Les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : « N'écris pas “le roi des Juifs”, mais bien “cet individu a prétendu qu'il était le roi des Juifs”. » 22 Pilate répondit : « Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit. » 23 Lorsque les soldats eurent achevé de crucifier Jésus, ils prirent ses vêtements et en firent quatre parts, une pour chacun. Restait la tunique : elle était sans couture, tissée d'une seule pièce depuis le haut. [La loi romaine accordait aux bourreaux le droit de s'approprier les dépouilles des condamnés.]24 Les soldats se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, tirons plutôt au sort à qui elle ira », en sorte que soit accomplie l'Ecriture : Ils se sont partagé mes vêtements, et ma tunique, ils l'ont tirée au sort. Voilà donc ce que firent les soldats. [Ps 22.19.]25 Près de la croix de Jésus se tenaient debout sa mère, la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas et Marie de Magdala. [Mc 15.40-41 par.
— la mère de Jésus Lc 2.5.
— Marie de Magdala Mt 27.56.]
26 Voyant ainsi sa mère et près d'elle le disciple qu'il aimait, Jésus dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » [Jn 13.23.]27 Il dit ensuite au disciple : « Voici ta mère. » Et depuis cette heure-là, le disciple la prit chez lui.

(Mt 27. 45-56 ; Mc 15. 33-41 ; Lc 23. 44-49)

28 Après quoi, sachant que dès lors tout était achevé, pour que l'Ecriture soit accomplie jusqu'au bout, Jésus dit : « J'ai soif » ; [achevé Jn 4.34 ; 17.4 ; voir Jn 13.1.
— J'ai soif Ps 22.16.]
29 il y avait là une cruche remplie de vinaigre, on fixa une éponge imbibée de ce vinaigre au bout d'une branche d'hysope et on l'approcha de sa bouche. [Boisson habituelle des troupes romaines ; Ps 69.22. L'hysope est un arbuste dont les branches servaient à des rites de purification ; Ex 12.22 ; Lv 14.4 ; Ps 51.9.]30 Dès qu'il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est achevé » et, inclinant la tête, il remit l'esprit.

Le sang et l'eau

31 Cependant, comme c'était le jour de la Préparation, les Juifs, de crainte que les corps ne restent en croix durant le sabbat — ce sabbat était un jour particulièrement solennel — , demandèrent à Pilate de leur faire briser les jambes et de les faire enlever. [la Préparation : voir Jn 19.14 et la note sur Mt 27.62.
— que les corps ne restent pas exposés Dt 21.22-23.
— Les crucifiés, pendus par les bras, mouraient par une lente asphyxie. En leur brisant les jambes on les empêchait de prendre appui sur le sol et on hâtait ainsi leur mort.]
32 Les soldats vinrent donc, ils brisèrent les jambes du premier, puis du second de ceux qui avaient été crucifiés avec lui. 33 Arrivés à Jésus, ils constatèrent qu'il était déjà mort et ils ne lui brisèrent pas les jambes. 34 Mais un des soldats, d'un coup de lance, le frappa au côté, et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau. [du sang et de l'eau 1 Jn 5.6-8.
— sang Jn 6.53-56.
— eau Jn 3.5 ; 4.14 ; 7.38-39.]
35 Celui qui a vu a rendu témoignage, et son témoignage est conforme à la vérité, et d'ailleurs celui-là sait qu'il dit ce qui est vrai afin que vous aussi vous croyiez. [le témoin Jn 1.7 ; 3.11 ; 15.26-27 de ces faits Jn 21.24.]36 En effet, tout cela est arrivé pour que s'accomplisse l'Ecriture : Pas un de ses os ne sera brisé ; [Ex 12.46 ; Nb 9.12 ; Ps 34.21.]37 il y a aussi un autre passage de l'Ecriture qui dit : Ils verront celui qu'ils ont transpercé. [Ils verront Za 12.10 (Ap 1.7).]

La mise au tombeau

(Mt 27. 57-61 ; Mc 15. 42-47 ; Lc 23. 50-56)

38 Après ces événements, Joseph d'Arimathée, qui était un disciple de Jésus mais s'en cachait par crainte des Juifs, demanda à Pilate l'autorisation d'enlever le corps de Jésus. Pilate acquiesça, et Joseph vint enlever le corps. [Le bourg d'Arimathée est situé par certains à 35km au nord-nord-ouest de Jérusalem.
— par crainte des Juifs Jn 7.13.]
39 Nicodème vint aussi, lui qui naguère était allé trouver Jésus au cours de la nuit. Il apportait un mélange de myrrhe et d'aloès d'environ cent livres. [Nicodème Jn 3.1.
— cent livres : un peu moins de 33kg. Voir au glossaire POIDS ET MESURES. La myrrhe (Mt 2.11) est une résine utilisée pour embaumer les morts ; l'aloès (Ps 45.9 ; Pr 7.17) est utilisé comme parfum.]
40 Ils prirent donc le corps de Jésus et l'entourèrent de bandelettes, avec des aromates, suivant la manière d'ensevelir des Juifs. 41 A l'endroit où Jésus avait été crucifié il y avait un jardin, et dans ce jardin un tombeau tout neuf où jamais personne n'avait été déposé. 42 En raison de la Préparation des Juifs, et comme ce tombeau était proche, c'est là qu'ils déposèrent Jésus. [Voir Jn 19.14,31 et la note sur Mt 27.62.]

Les disciples au tombeau

(Mt 28. 1-10 ; Mc 16. 1-8 ; Lc 24. 1-12)

20 Le premier jour de la semaine, à l'aube, alors qu'il faisait encore sombre, Marie de Magdala se rend au tombeau et voit que la pierre a été enlevée du tombeau. [premier jour de la semaine Jn 20.19 ; Ac 20.7.
— Marie de Magdala Mt 27.56.]
2 Elle court, rejoint Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé du tombeau le Seigneur, et nous ne savons pas où on l'a mis. » [le disciple que Jésus aimait Jn 13.23.
— On a enlevé le Seigneur Jn 20.13.]
3 Alors Pierre sortit, ainsi que l'autre disciple, et ils allèrent au tombeau. 4 Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. 5 Il se penche et voit les bandelettes qui étaient posées là. Toutefois il n'entra pas. 6 Arrive, à son tour, Simon-Pierre qui le suivait ; il entre dans le tombeau et considère les bandelettes posées là 7 et le linge qui avait recouvert la tête ; celui-ci n'avait pas été déposé avec les bandelettes, mais il était roulé à part, dans un autre endroit. [v. 6-7 : bandelettes et linge Jn 11.44.]8 C'est alors que l'autre disciple, celui qui était arrivé le premier, entra à son tour dans le tombeau ; il vit et il crut. 9 En effet, ils n'avaient pas encore compris l'Ecriture selon laquelle Jésus devait se relever d'entre les morts. [Ps 16.10 ; voir Lc 24.26-27,44-46 ; Ac 2.27,31 ; 1 Co 15.4.]10 Après quoi, les disciples s'en retournèrent chez eux.

Marie de Magdala voit le Seigneur

(Mc 16. 9-11)

11 Marie était restée dehors, près du tombeau, et elle pleurait. Tout en pleurant elle se penche vers le tombeau 12 et elle voit deux anges vêtus de blanc, assis à l'endroit même où le corps de Jésus avait été déposé, l'un à la tête et l'autre aux pieds. [Mt 28.2-5 ; Lc 24.23 ; voir Mc 16.5.]13 « Femme, lui dirent-ils, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répondit : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais où on l'a mis. » [Jn 20.2.]14 Tout en parlant, elle se retourne et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c'était lui. [Lc 24.16 ; Jn 21.4.]15 Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? qui cherches-tu ? » Mais elle, croyant qu'elle avait affaire au gardien du jardin, lui dit : « Seigneur, si c'est toi qui l'as enlevé, dis-moi où tu l'as mis, et j'irai le prendre. » 16 Jésus lui dit : « Marie. » Elle se retourna et lui dit en hébreu : « Rabbouni » — ce qui signifie maître. 17 Jésus lui dit : « Ne me retiens pas ! car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Pour toi, va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu. » [Ne me retiens pas ou Ne me touche pas ; voir Jn 14.28 ; 16.5-7.
— mes frères Mt 28.10 ; Rm 8.29 ; voir He 2.11-12.]
18 Marie de Magdala vint donc annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit. »

Les disciples voient le Seigneur

(Mt 28. 16-20 ; Mc 16. 14-18 ; Lc 24. 36-49)

19 Le soir de ce même jour qui était le premier de la semaine, alors que, par crainte des Juifs, les portes de la maison où se trouvaient les disciples étaient verrouillées, Jésus vint, il se tint au milieu d'eux et il leur dit : « La paix soit avec vous. » [premier jour de la semaine Jn 20.1.
— par crainte des Juifs Jn 7.13.
— portes verrouillées Jn 20.26.
— Jésus vint Jn 14.3,18-19 ; 16.16 ;voir Mt 18.20 ; 28.20 ; Ap 1.7]
20 Tout en parlant, il leur montra ses mains et son côté. En voyant le Seigneur, les disciples furent tout à la joie. [Voir Jn 19.34 et Jn 20.25,27 ; voir Lc 24.39 : il s'agit des traces de la crucifixion et du coup de lance.
— joie des disciples à la vue du Seigneur Mt 28.8 ; Lc 24.41,52 ; Jn 15.11 ; 16.20,22 ; 17.13.]
21 Alors, à nouveau, Jésus leur dit : « La paix soit avec vous. Comme le Père m'a envoyé, à mon tour je vous envoie. » [envoyés Mt 28.19 ; Mc 16.15 ; Lc 24.47 ; Ac 1.8 comme Jésus \ Jn 17.18.]22 Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l'Esprit Saint ; [Gn 2.7 ; Ez 37.9.]23 ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »[Mt 16.19.]

Le témoignage des disciples et la foi

24 Cependant Thomas, l'un des Douze, celui qu'on appelle Didyme, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint. [Jn 11.16 et la note.]25 Les autres disciples lui dirent donc : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur répondit : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je n'enfonce pas mon doigt à la place des clous et si je n'enfonce pas ma main dans son côté, je ne croirai pas ! » [Jn 19.34 ; 20.20.]26 Or huit jours plus tard, les disciples étaient à nouveau réunis dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vint, toutes portes verrouillées, il se tint au milieu d'eux et leur dit : « La paix soit avec vous. » [Jn 20.19.]27 Ensuite il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici et regarde mes mains ; avance ta main et enfonce-la dans mon côté, cesse d'être incrédule et deviens un homme de foi. » 28 Thomas lui répondit : « Mon Seigneur et mon Dieu. » 29 Jésus lui dit : « Parce que tu m'as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru. »[1 P 1.8 ; voir Jn 17.20.]

Le dessein de l'évangéliste

30 Jésus a opéré sous les yeux de ses disciples bien d'autres signes qui ne sont pas rapportés dans ce livre. [Jn 21.25.]31 Ceux-ci l'ont été pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour que, en croyant, vous ayez la vie en son nom. [Jn 3.15-16 ; 1 Jn 5.13.]

Appendice. L'apparition au bord du lac

21 Après cela, Jésus se manifesta de nouveau aux disciples sur les bords de la mer de Tibériade. Voici comment il se manifesta. 2 Simon-Pierre, Thomas qu'on appelle Didyme, Nathanaël de Cana de Galilée, les fils de Zébédée et deux autres disciples se trouvaient ensemble. [Jn 11.16.]3 Simon-Pierre leur dit : « Je vais pêcher. » Ils lui dirent : « Nous allons avec toi. » Ils sortirent et montèrent dans la barque, mais cette nuit-là, ils ne prirent rien. 4 C'était déjà le matin ; Jésus se tint là sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c'était lui. [Lc 24.16 ; Jn 20.14.]5 Il leur dit : « Eh, les enfants, n'avez-vous pas un peu de poisson ? » — « Non », lui répondirent-ils. [Lc 24.41.]6 Il leur dit : « Jetez le filet du côté droit de la barque et vous trouverez. » Ils le jetèrent et il y eut tant de poissons qu'ils ne pouvaient plus le ramener. [Lc 5.4-7.]7 Le disciple que Jésus aimait dit alors à Pierre : « C'est le Seigneur ! » Dès qu'il eut entendu que c'était le Seigneur, Simon-Pierre ceignit un vêtement, car il était nu, et il se jeta à la mer. [Jn 13.23.]8 Les autres disciples revinrent avec la barque, en tirant le filet plein de poissons : ils n'étaient pas bien loin de la rive, à deux cents coudées environ. [Environ une centaine de mètres. Voir au glossaire POIDS ET MESURES.]9 Une fois descendus à terre, ils virent un feu de braise sur lequel on avait disposé du poisson et du pain. 10 Jésus leur dit : « Apportez donc ces poissons que vous venez de prendre. » 11 Simon-Pierre remonta donc dans la barque et il tira à terre le filet que remplissaient cent cinquante-trois gros poissons, et quoiqu'il y en eût tant, le filet ne se déchira pas. [voir Lc 5.6.]12 Jésus leur dit : « Venez déjeuner. » Aucun des disciples n'osait lui poser la question : « Qui es-tu ? » : ils savaient bien que c'était le Seigneur. 13 Alors Jésus vient ; il prend le pain et le leur donne ; il fit de même avec le poisson. [Mt 14.19 ; 15.36 ; Mc 6.41 ; 8.6 ; Lc 9.16 ; Jn 6.11.]14 Ce fut la troisième fois que Jésus se manifesta à ses disciples depuis qu'il s'était relevé d'entre les morts. [Jn 20.19,26.]

La tâche pastorale de Pierre

15 Après le repas, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il répondit : « Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime », et Jésus lui dit alors : « Pais mes agneaux. » [plus que ceux-ci Mt 26.33 ; Mc 14.29 ; Lc 22.33 ; Jn 13.37 ; Jn 18.17,25-27.
— les brebis de Jésus Jn 10.1-16.]
16 Une seconde fois, Jésus lui dit : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » Il répondit : « Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. » Jésus dit : « Sois le berger de mes brebis. » [Ac 20.28 ; 1 P 5.2 ; voir Lc 22.32.]17 Une troisième fois, il dit : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » Pierre fut attristé de ce que Jésus lui avait dit une troisième fois : « M'aimes-tu ? », et il reprit : « Seigneur, toi qui connais toutes choses, tu sais bien que je t'aime. » Et Jésus lui dit : « Pais mes brebis. [Jn 16.30.]18 En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu nouais ta ceinture et tu allais où tu voulais ; lorsque tu seras devenu vieux, tu étendras les mains et c'est un autre qui nouera ta ceinture et qui te conduira là où tu ne voudrais pas. » [2 P 1.14.]19 Jésus parla ainsi pour indiquer de quelle mort Pierre devait glorifier Dieu ; et après cette parole, il lui dit : « Suis-moi. »[Jn 12.33 ; 18.32 ; voir Jn 13.31,36.]

Le disciple bien-aimé et le témoignage qui demeure

20 Pierre, s'étant retourné, vit derrière lui le disciple que Jésus aimait, celui qui, au cours du repas, s'était penché vers sa poitrine et qui avait dit : « Seigneur, qui est celui qui va te livrer ? » [le disciple que Jésus aimait Jn 13.23.
— penché vers sa poitrine Jn 13.25.]
21 Quand il le vit, Pierre dit à Jésus : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? » 22 Jésus lui répondit : « Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? Toi, suis-moi. » [Mt 16.28 ; voir 1 Co 11.26 ; Ap 22.7,12,17,20.]23 C'est à partir de cette parole qu'on a répété parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas. En réalité, Jésus ne lui avait pas dit qu'il ne mourrait pas, mais bien : « Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? » [Les mots que t'importe ? ne figurent pas dans certains manuscrits.]24 C'est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que son témoignage est conforme à la vérité. [Jn 19.35.]25 Jésus a fait encore bien d'autres choses : si on les écrivait une à une, le monde entier ne pourrait, je pense, contenir les livres qu'on écrirait. [Jn 20.30.]

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