Bienheureux les affligés, car ils seront consolés !
Il arrive un moment dans nos vies où les vœux même bien intentionnés tels que « courage, mon vieux ! » ou « vas-y, la route est belle ! » n’arrivent pas à nous remonter le moral parce que nos besoins sont plus profonds que simplement psychologiques ; l’optimisme de nos amis ne fait que renforcer notre sentiment d’impuissance.
La vérité c’est que l’homme, malgré son intelligence, ses réalisations et ses réussites, est spirituellement pauvre sans Dieu.
Le message de Christ s’adressait à un groupe déterminé, les « pauvres », les pauvres en esprit. Christ a dit : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres »1. Cela ne signifie pas que le message de Christ n’était destiné qu’aux pauvres sur le plan financier, social ou intellectuel ; non, il s’agit de ceux qui sont conscients de leur pauvreté spirituelle. C’est là le contenu de la première Béatitude, la note dominante sur laquelle cet hymne de vérité fut composé.
1 Luc 4.18.
Si nous voulons trouver le bonheur véritable, nous devons commencer là où Jésus a commencé, nous devons vivre selon les Béatitudes.
La seconde Béatitude : « Bienheureux les affligés » semble paradoxale au premier abord. Les pleurs et la joie vont-ils ensemble ? Comment un homme peut-il être heureux quand il est dans l’affliction ? Comment peut-on répandre le parfum du bonheur dans l’amertume du chagrin ?
Mais sachez qu’il y a dans ces mots une signification profonde et cachée, rappelez-vous que Jésus parlait à des hommes de toute croyance et de tout âge et qu’Il leur révélait le secret du bonheur.
L’époque actuelle n’est décidément pas une époque d’affliction. Ce siècle pourrait bien être connu dans l’histoire, non comme un siècle de progrès, mais comme un « siècle de superficialité ». L’expression courante « qu’importe ! » décrit bien l’attitude de beaucoup de gens envers la vie. Beaucoup pensent que tant que nous aurons des automobiles rutilantes pour rouler à loisir, tant que nous aurons la télévision et le cinéma pour nous amuser et tant que nous aurons des maisons luxueuses et une quantité de dispositifs ingénieux pour nous servir, ce qui peut arriver à nos âmes n’a pas d’importance. « Qu’importe ! riez, et le monde rira avec vous ; pleurez, mais vous pleurerez seul. » Les apôtres de la gaieté mettent leurs masques grimaçants, ouvrent leur poste de télévision, font hurler leur radio, appuient sur l’accélérateur de leur voiture et se lancent dans leur vie superficielle.
Remarquez qu’ici je ne m’attaque pas aux amateurs de télévision ni aux mordus de l’auto, mais j’affirme que la vie doit être considérée avec plus de sérieux. Regardez vos comédiens célèbres. Sous leurs minauderies et leurs sourires artificiels se cachent les rides et les traits de la gravité et de la sagesse. Bien que leur métier soit de faire rire, ils savent bien que la vie est une affaire grave.
Jésus n’a pas dit : « Bienheureux les hommes moroses, piteux ou maussades. » Les pharisiens faisaient de la religion une mascarade, ils se couvraient la tête de cendres pour paraître religieux, mais Jésus le leur a sévèrement reproché. « Ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites. »2
Qui donc a dit : « La religion de certaines personnes est semblable à un homme souffrant du mal de tête : il ne peut enlever sa tête, mais il souffre de la conserver » ?
Qu’entendait Jésus quand il disait : « Bienheureux les affligés » ? Il ne voulait assurément pas dire qu’une bénédiction spéciale était promise aux pleurnicheurs ou aux grincheux. Ce verset ne prétend pas être un réconfort pour les psychopathes qui sont d’une manière ou d’une autre mentalement déséquilibrés. Non, il s’adresse aux gens normaux pour montrer comment jouir d’une vie plus heureuse, plus remplie et plus riche.
Voyons d’abord le mot affliction. Il signifie « peine de l’âme, chagrin profond, douleur en constatant ce qui ne va pas ». Cela veut dire que si nous voulons vivre notre vie sur un plan plus élevé, nous devons vibrer, sympathiser, compatir aux besoins des autres et du monde.
Le mot que notre Seigneur emploie ici est si riche de sens qu’on peut y discerner plusieurs nuances. Nous allons passer en revue cinq sortes d’afflictions. Méditons chacune d’elles dans un esprit de prière.
Tout d’abord, l’affliction due à l’imperfection.
Le prophète Jérémie, qui ne se lamentait pas sur lui-même, mais sur le monde méchant et perdu, disait : « O Eternel, la voie de l’homme n’est pas en son pouvoir ; ce n’est pas à l’homme, quand il marche, à diriger ses pas. »3
Avant de devenir fort, vous devez prendre conscience que vous êtes faible. Avant de devenir sage, vous devez comprendre que vous êtes insensé. Avant de recevoir la puissance, vous devez confesser que vous êtes sans force. Vous devez déplorer vos péchés avant de vous réjouir en votre Sauveur. L’affliction, selon l’ordre établi par Dieu, vient toujours avant le triomphe. Bienheureux ceux qui s’affligent de leur indignité, de leur faiblesse et de leur imperfection.
Esaïe, le puissant prophète de Dieu, savait par expérience qu’on doit plier le genou dans l’affliction avant d’élever la voix en chants de triomphe. Lorsque son péché lui apparut horrible et haïssable à la lumière resplendissante de la sainteté de Dieu, il dit : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures… et mes yeux ont vu le Roi, l’Eternel des armées. »4
4 Esaïe 6.5.
Aucun homme ne peut être satisfait de sa bonté après avoir vu la sainteté de Dieu. Mais notre affliction due à notre indignité et à notre iniquité ne doit pas être de longue durée, car Dieu a dit : « C’est moi, moi qui efface tes transgressions pour l’amour de moi, et je ne me souviendrai plus de tes péchés. »5
5 Esaïe 43.25.
Esaïe a dû expérimenter l’affliction de l’imperfection avant de pouvoir comprendre la joie du pardon. Si vous n’éprouvez pas de tristesse à cause de votre péché, comment pouvez-vous ressentir le besoin de vous repentir ?
Dieu veut que vous passiez par la vallée de la douleur avant de gravir les hauteurs de la gloire spirituelle. Il vous faut être fatigué et lassé de vivre seul avant de chercher et de trouver la communion avec Dieu. Vous devez abandonner votre « moi » pour réellement commencer à vivre.
L’affliction due à notre imperfection provoque l’intervention de Dieu. La Bible dit : « L’Eternel est près de ceux qui ont le cœur brisé, et il sauve ceux qui ont l’esprit dans l’abattement. »6
Nous avons reçu des centaines de lettres de gens qui essayaient désespérément de changer leur caractère et qui, par leur propre force, essayaient de se débarrasser de leurs habitudes, de leurs péchés et de leurs dispositions mauvaises — mais sans y parvenir. En désespoir de cause, ils sont venus à Christ, et en Lui ils ont trouvé la force d’être plus que vainqueurs.
L’expérience et l’histoire nous montrent que nous sommes imparfaits. La Bible déclare que nous sommes incapables de nous sauver nous-mêmes et la venue de Christ dans le monde prouve l’imperfection de la race humaine.
Le jour le plus heureux de ma vie fut celui où je compris que ma capacité, ma bonté et ma moralité étaient insuffisantes aux yeux de Dieu et où je reconnus publiquement et ouvertement que j’avais besoin de Christ. Je n’exagère pas en disant que mon affliction fut changée en joie et mes soupirs en chants.
Bienheureux ceux qui s’affligent de leur imperfection, car ils seront consolés par la plénitude de Dieu.
Une autre sorte d’affliction est l’affliction de la repentance.
Après avoir pris conscience de notre imperfection, il nous faut savoir que la raison de notre insuffisance est le péché. En tant qu’individus, nous n’avons aucun pouvoir sur l’existence du péché dans l’univers, mais, en tant que créatures libres, nous sommes responsables de sa présence dans nos vies. Parce que « tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu »7 tous doivent déplorer le péché de leur vie.
7 Romains 3.23.
Une des techniques de la psychanalyse moderne est d’associer les conflits présents aux expériences passées. Parfois, lorsque des personnes confessent leurs péchés passés, elles éprouvent un certain apaisement de leur sentiment de culpabilité. Mais la psychiatrie est une science de l’esprit, elle ne peut rien faire pour le cœur. Seul Christ est le médecin des âmes.
Dieu a dit : « Revenez à moi de tout votre cœur… avec des pleurs et des lamentations. »8
8 Joël 2.12.
L’affliction de la repentance n’est pas l’apitoiement sur soi-même, le regret d’avoir fait des pertes matérielles, ni le remords de s’apercevoir que nos péchés ont été découverts. C’est un changement de direction et d’attitudes et un abandon de la volonté. C’est la petite part que vous devez faire dans le plan du salut. Mais même l’acte de repentance ne vous donne aucun mérite, il ne vous gagne pas le salut — cela dispose seulement votre cœur à recevoir la grâce de Dieu.
La Bible dit : « Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur. »9 Votre part, c’est la repentance, mais c’est Dieu qui opère la conversion, la transformation et le pardon.
9 Actes 3.19.
Il ne sera pas facile de plier votre volonté faussée et obstinée ; mais une fois que cela sera fait, vous éprouverez le soulagement de celui à qui on vient de remettre une vertèbre luxée. Au lieu de la tension d’une vie sans harmonie avec Dieu, apparaîtra la paix sereine de la réconciliation. Vos nerfs sentiront que votre esprit et votre cœur sont détendus et, par leur réseau, porteront cette bonne nouvelle à chaque fibre de votre corps : « Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. »10
Comme la souffrance précède la naissance, de même l’affliction du péché précède la nouvelle naissance spirituelle. Mais je ne prétends pas dire que votre expérience comportera des pleurs violents et bruyants sur le péché de votre vie — votre tristesse du péché peut se produire calmement, avec peu ou pas d’émotion. Mais il y aura en vous un chagrin sincère pour les méfaits de votre vie et le désir de vous tourner vers Dieu pour recevoir aide et salut. La Bible dit : « La tristesse selon Dieu produit une repentance à salut. »11
Il y a un autre aspect encore de cette Béatitude, « Heureux les affligés », c’est l’affliction de l’amour.
Dans les anciennes voitures se trouvait une jauge contenant un liquide rouge ; le niveau du liquide dans la jauge correspondait à celui de l’essence dans le réservoir.
Si vous voulez connaître la mesure de votre amour pour Dieu, observez votre amour pour votre prochain. La compassion que nous avons pour les autres est une jauge exacte de nos sentiments véritables envers Dieu.
La Bible l’exprime ainsi : « Aimons-nous les uns les autres : car l’amour est de Dieu et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu… et nous avons de lui ce commandement : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. »12
12 1 Jean 4.7, 21.
Il y a quelque temps, je visitai avec des amis un musée de San Francisco. Parmi d’autres choses, nous vîmes une collection d’instruments de torture qui étaient employés par des gens religieux pour en forcer d’autres à croire comme eux. L’histoire est en grande partie un témoignage de la barbarie de l’homme envers l’homme.
L’époque dans laquelle nous vivons ne contribue guère à nous rendre sensibles aux besoins des autres. Trop d’émotions frelatées nous ont revêtus d’une carapace de dureté et de sophisme.
Abraham Lincoln a dit une fois : « Je plains l’homme qui ne sent pas le fouet quand c’est le dos d’un autre qui est frappé. »
Une grande partie du monde est insensible et indifférente envers la pauvreté et la détresse de l’humanité. Cela est dû en grande partie au fait que beaucoup de gens n’ont pas passé par la nouvelle naissance. L’amour de Dieu n’a jamais été déversé dans leur cœur.
Bien des gens parlent de l’Evangile Social comme s’il était indépendant et différent de l’Evangile Rédempteur. En vérité, il n’y a qu’un seul Evangile. Nous devons être rachetés, nous devons être justifiés par Dieu avant de pouvoir devenir sensibles aux besoins des autres. L’amour divin est semblable à un rayon de soleil réfléchi : le miroir doit d’abord recevoir la lumière d’en haut avant de la rayonner. A moins que le Saint-Esprit ne dispose nos cœurs à recevoir et à renvoyer la chaleur de la compassion de Dieu, nous ne pouvons pas aimer nos semblables comme nous le devrions.
Jésus versa des larmes de compassion au bord de la tombe d’un ami. Il se lamenta sur Jérusalem parce que cette cité ne discernait plus les choses de l’esprit. Son grand cœur était sensible aux besoins des hommes.
Pour souligner l’importance de l’amour de l’homme pour l’homme, Jésus modifia un ancien commandement de cette manière : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur… et ton prochain comme toi-même. »13
13 Luc 10.27.
Saint François d’Assise avait trouvé le secret du bonheur quand il disait dans sa prière :
Seigneur, fais de nous des instruments de ta paix.
Là où il y a la haine… que nous mettions l’amour ;
là où il y a l’offense… que nous mettions le pardon ;
là où il y a la discorde… que nous mettions l’union ;
là où il y a le doute… que nous mettions la foi ;
là où il y a l’erreur… que nous mettions la vérité ;
là où il y a le désespoir… que nous mettions l’espérance ;
là où il y a les ténèbres… que nous mettions ta lumière ;
là où il y a la tristesse… que nous mettions la joie.
O Maître ! que nous ne cherchions pas tant
à être consolés qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimés qu’à aimer.
Car c’est en donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se trouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.
Amen.
Cette génération est brutale et dure. J’ai entendu un jour un petit garçon se vanter de sa dureté. « Plus vous avancez dans ma rue, disait-il, plus vous trouvez des « durs », et moi, j’habite la dernière maison. »
Les larmes versées sur soi sont des larmes de faiblesse, mais les larmes d’amour répandues sur les autres sont un signe de force. Vous n’êtes pas sensible comme vous devriez l’être si vous n’êtes pas capable de pleurer sur les perdus et de relever ceux qui sont tombés. Et avant d’avoir appris combien il importe de partager avec compassion les soucis, les détresses et les malheurs des autres, vous ne pouvez connaître le vrai bonheur.
Une autre sorte d’affliction qui apporte la consolation est l’affliction de l’enfantement spirituel.
Cette expression peut sembler énigmatique, mais elle présente une affliction très réelle et très profitable. La Bible dit : « A peine en travail, Sion a enfanté ses fils. »14 C’est une allusion au flot continuel de prières qui montent du cœur des chrétiens en faveur d’un monde qui n’est pas encore né spirituellement.
14 Esaïe 66.8.
Dieu a merveilleusement agi à Londres au début de 1954, où trente huit mille hommes et femmes se sont décidés pour Christ. Leur décision n’a pas été le résultat de l’œuvre d’un homme ou des efforts d’un groupe d’hommes — elle fut le résultat de nombreuses prières de quantité de gens sur toute la surface de la terre. Dieu a dit « Si mon peuple… prie… je l’exaucerai des cieux. »15
Avant que trois mille personnes se soient jointes à l’Eglise, le jour de la Pentecôte, les disciples avaient passé dix jours à jeûner, à prier et à intercéder avec ardeur et persévérance en vue de la naissance de l’Eglise.
John Knox, consumé par un amour angoissé pour son pays, priait ainsi : « Donne-moi l’Ecosse ou je meurs. » Sa souffrance féconde fut récompensée par une nouvelle naissance spirituelle de son pays. C’est ce que signifie « prier par l’Esprit ». C’est la manifestation d’une profonde anxiété spirituelle pour les autres, qui est inspirée par l’Esprit de Dieu.
La Bible dit : « Car nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables. »16
16 Romains 8.26.
Cette sorte de prière peut bondir par-dessus les océans, survoler les déserts brûlants, franchir les montagnes, traverser des jungles impénétrables et porter la puissance secourable et guérissante de l’Evangile à ceux pour qui nous prions.
Cette sorte d’affliction, cette qualité de sympathie, est produite par la présence de l’Esprit de Dieu dans nos vies. Cet « Esprit qui lui-même intercède »17 montre que c’est réellement Dieu qui plaide et qui prie par nous. Ainsi nous devenons des collaborateurs de Dieu, nous sommes vraiment ses partenaires : nos vies passent du niveau de l’égoïsme au niveau de la puissance créatrice de Dieu.
17 Romains 8.26.
John Knox lutta dans l’intercession et une vie nouvelle jaillit dans l’Eglise d’Ecosse. John Wesley s’adonna à la prière et le mouvement méthodiste naquit. Martin Luther combattit par la foi et la Réforme vit le jour.
Dieu désire que les chrétiens se soucient des hommes perdus. Si nous prions de cette manière, une ère de paix peut venir dans le monde et les armées de la méchanceté seront mises en fuite. « A peine en travail, Sion a enfanté ses fils. »18
18 Esaïe 66.8.
Enfin, voyons en dernier lieu l’affliction de la privation.
Nulle part, Dieu n’a donné à qui que ce soit, pas même à ses enfants, une garantie contre les soucis, la souffrance et la douleur. Ce monde a été appelé une vallée de larmes ; le désappointement et le chagrin sont aussi inévitables que les nuages et les ombres. La souffrance est souvent le creuset dans lequel notre foi est éprouvée. Ceux qui passent victorieusement par la « fournaise de l’adversité » sont ceux qui en sortent « comme l’or éprouvé par le feu ».
La Bible nous enseigne indubitablement que nous pouvons triompher de la privation. Le Psalmiste a dit : « Le soir arrivent les pleurs, et le matin l’allégresse. »19
19 Psaumes 30.6.
Ce n’est pas en gémissant sur son sort qu’on est consolé, cela ne peut qu’augmenter la souffrance. La douleur non surmontée ne nous apporte pas de consolation en elle-même, car la douleur engendre la douleur. S’affliger sans cesse sur soi-même ne fait qu’augmenter nos soucis. Ne colportez pas vos soucis et ne vous lamentez pas sur votre malchance — cela ne fera que décourager les autres. Le chagrin, supporté d’une manière chrétienne, contient une consolation en lui-même. « Bienheureux les affligés, car ils seront consolés. »
Il y a une consolation dans l’affliction parce que nous savons que Christ est avec nous. Il a dit : « Voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. »20 La souffrance est supportable quand nous n’avons pas à la porter seul ; et plus la Présence est compatissante, moins la souffrance est aiguë.
20 Matthieu 28.20.
Combien de fois, étant enfant, vous êtes-vous cogné le pied, contusionné la jambe ou blessé la main et avez-vous couru dans les bras de votre mère pour pleurer jusqu’à ce que vous soyez consolé ? Elle vous caressait avec amour et embrassait tendrement la blessure, et cela vous guérissait comme par enchantement. L’amour et la compassion contiennent un baume plus efficace que tous les remèdes et tous les onguents des hommes.
Jésus a dit : « Que votre cœur ne se trouble point… croyez en moi. »21 Quand la foi est forte, les soucis perdent de leur acuité.
21 Jean 14.1.
Il y a aussi une consolation dans l’affliction parce que Dieu remplit le cœur de louange. Sa présence dans nos vies change notre affliction en louange, et cette louange est un chant de consolation.
Avant de découvrir la puissance de l’atome, la science a dû découvrir un moyen de désintégrer l’atome. Le secret de la puissance illimitée et incommensurable de l’atome résidait dans sa désintégration.
Ainsi, dans nos vies, il y a une bénédiction dans l’affliction. L’âme sensible est celle qui chante avec le plus de douceur. Le coassement de la grenouille n’est pas comparable au chant du rossignol : la grenouille est-moins sensible à la douleur, aux vents froids et aux privations. Plus la manière de vivre est élevée, plus la faculté de souffrir est grande.
Le docteur Edward Judson disait, en parlant de son père le célèbre missionnaire Adoniram Judson : « La souffrance et le succès vont ensemble. Si vous avez du succès sans souffrance, c’est que d’autres ont souffert avant vous ; si vous souffrez sans succès, c’est que d’autres après vous auront du succès. »
« Bienheureux les affligés. » Ils sont heureux parce qu’ils savent que leur souffrance, leur détresse et leur privation engendreront une nouvelle création, ce sont les douleurs de l’enfantement d’un monde meilleur. Ils sont heureux parce qu’ils sont conscients que le divin Artiste emploie à la fois la lumière et l’ombre pour faire un chef-d’œuvre digne de l’art divin.
Ils se glorifient de leurs infirmités, ils se réjouissent dans les larmes et ils chantent dans la tristesse parce qu’ils ont compris que, dans le plan de Dieu, « si nous souffrons avec lui… »22 « nous régnerons aussi avec lui »23.
22 Romains 8.17.
23 2 Timothée 2.12.