Les anges, agents secrets de Dieu

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LES ANGES NOUS PROTÈGENT ET NOUS DÉLIVRENT

Nous aurions plus d’audace pour repousser les ennemis du Christ qui nous attaquent sans cesse si nous pouvions avoir l’assurance que les anges de la puissance de Dieu sont tout proches, prêts à nous aider. Tragiquement, la plupart des chrétiens refusent d’accepter ce fait si souvent affirmé dans la Bible. J’ai remarqué d’ailleurs, dans mes voyages, que plus j’approche de la frontière de la foi chrétienne, plus je trouve des chrétiens qui croient aux anges. Chaque année j’entends des centaines de récits montrant comment Dieu est intervenu par le moyen de ses serviteurs spirituels, les anges.

Les anges protègent souvent les serviteurs de Dieu des attaques de leurs ennemis potentiels. C’est ce qui s’est passé dans 2 Rois 6.14-17. Le roi de Syrie ayant appris que le prophète Elisée se trouvait à Dothan, il envoya des soldats pour l’arrêter. De bon matin, le serviteur du prophète, très effrayé, vint dire à son maître que le village était entouré de troupes et de matériel militaire. Elisée lui dit : « N’aie pas peur ! Nos troupes sont plus nombreuses que les leurs ! » Elisée pria pour que le jeune homme ait les yeux ouverts afin qu’il puisse voir les armées des anges protecteurs. Dieu l’exauça et le serviteur vit « des chevaux et des chars de feu couvrant les collines autour du village ». Ce texte a été très précieux pour moi, dans mon ministère, en me donnant assurance et réconfort.

Les anges interviennent en faveur des serviteurs de Dieu dans les moments de difficulté et de danger. Ce fait est remarquablement illustré par le récit des Actes 27.23-27. L’apôtre Paul, prisonnier qu’on mène à Rome, est avec deux cents passagers sur un navire qui va faire naufrage. Il dit à l’équipage terrifié et à ses compagnons : « Un ange du Dieu à qui j’appartiens et que je sers m’est apparu cette nuit, et m’a dit : Paul, ne crains pas, il faut que tu comparaisses devant César, et voici : Dieu t’a donné tous ceux qui naviguent avec toi ! » (versets 27, 24).

Bien des gens pensent que chaque chrétien a un ange gardien chargé de veiller sur lui. Cette protection commence peut-être dès l’enfance, car Jésus a dit : « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux » (Matthieu 18.10).

La caractéristique la plus importante des anges n’est pas leur puissance sur nos vies, ou leur beauté, mais bien leur ministère en notre faveur. Ils y sont poussés par leur amour inépuisable pour Dieu et leur désir de voir la volonté de Dieu en Jésus-Christ s’accomplir en nous.

David a dit des anges : « Celui qui demeure à l’abri du Très-Haut repose à l’ombre du Tout-Puissant. Il ordonnera à ses anges de te garder dans toutes tes voies ; ils te soutiendront de leurs mains, de peur que ton pied ne heurte contre une pierre » (Psaume 91.1, 11, 12).

Ma femme, Ruth, raconte une étrange histoire qui est arrivée dans une librairie de Shanghai, en Chine. Elle lui fut racontée par son père, le docteur L. Nelson Bell, médecin de l’hôpital de Tsing Kiangpu, dans la province de Kiangsu. Le docteur Bell avait coutume d’acheter dans cette boutique les traités et les évangiles qu’il distribuait à ses malades.

Cet incident s’est passé en 1942, après la victoire du Japon sur la Chine. Un matin, vers neuf heures, un camion militaire japonais s’arrêta devant la librairie. Cinq marins s’y trouvaient et l’arrière du camion était à demi plein de livres. Le chrétien qui servait d’aide au libraire se trouvait seul dans la boutique et comprit que les soldats venaient confisquer le stock de livres. De nature timide, il ne savait quoi faire : c’était trop pour ses frêles épaules.

Sautant du camion, les marins se précipitèrent vers la porte, mais, avant qu’ils ne l’atteignent, un Chinois bien habillé entra dans le magasin devant eux. L’aide-libraire connaissait pratiquement tous les clients chinois de la librairie, mais il n’avait jamais vu celui-là. Les marins parurent ne pas vouloir suivre l’étrange visiteur et se mirent à regarder soigneusement les quatre vastes vitrines, sans entrer. Ils traînèrent autour de la boutique pendant deux heures, jusqu’à onze heures, et ne mirent jamais les pieds à l’intérieur. Le visiteur demanda à l’aide-libraire ce que voulaient ces soldats et le jeune homme lui expliqua qu’ils avaient confisqué les livres de nombreuses librairies et que son tour était venu. Ils se mirent alors à prier tous les deux, et le visiteur encouragea le libraire. Finalement les marins montèrent dans leur camion et repartirent. L’étranger partit lui aussi, sans rien acheter et sans même s’intéresser aux livres et aux objets vendus.

Le libraire, M. Christophe Willis (dont le nom chinois était Lee), rentra chez lui dans la journée ; son assistant lui demanda :

— Monsieur Lee, croyez-vous aux anges ?

— Certes, répondit M. Willis.

— Moi aussi, monsieur Lee.

Cet étranger était-il un ange protecteur envoyé par Dieu ? Le docteur Bell l’a toujours cru.

Corrie ten Boom raconte une expérience extraordinaire qu’elle a faite dans le camp nazi de Ravensbruck.

« Avec ma sœur, nous sommes entrées dans le bâtiment terrifiant. Des femmes, derrière une table, prenaient tout ce que nous possédions. Chacune devait se déshabiller complètement avant d’aller dans une pièce où l’on s’occupait de ses cheveux.

» J’ai demandé à une femme qui surveillait les nouvelles venues la permission d’aller aux toilettes. Elle m’indiqua une porte et je découvris qu’il s’agissait d’un trou dans le sol de la salle de douche. Ma sœur Betsie était pendant tout ce temps à côté de moi. J’eus soudain une inspiration : “Vite, enlève ton tricot”, lui soufflai-je. J’en fis une boule avec le mien et je cachai le tout, avec ma petite bible, dans un coin. Les cafards grouillaient, je n’y fis pas attention. Je me sentais détendue et même heureuse. Je soufflai à Betsie : “Le Seigneur est en train de répondre à nos prières. Nous n’aurons pas à sacrifier tous nos vêtements.”

» Nous rejoignîmes alors la rangée des femmes attendant de se dévêtir. Un peu plus tard, après les douches, habillée de vêtements misérables, je cachai ma bible dans le paquet de lainages sous ma robe. Cela faisait une bosse très visible. Alors j’ai prié : “ Seigneur, mets tes anges autour de moi, et qu’ils ne soient pas transparents aujourd’hui !” pour me cacher aux yeux des gardiens ! Je me sentis à l’aise et je passai calmement devant les gardiens. Chaque détenue fut examinée, devant, derrière, sur les côtés. Rien n’échappait aux yeux scrutateurs. La femme qui était devant moi avait caché un gilet de laine sous sa robe : on le lui confisqua. Betsie, juste derrière moi, fut fouillée : je passai devant eux comme s’ils ne me voyaient pas.

» Mais un autre danger nous attendait dehors. Des femmes, de chaque côté de la porte, faisaient un second contrôle ! Elles palpaient les vêtements de toutes celles qui sortaient. Je savais qu’elles ne me verraient pas, car les anges m’entouraient toujours. Je ne fus même pas surprise d’avoir pu franchir sans peine cet obstacle, mais dans mon cœur jaillit cette louange : “Seigneur, puisque tu réponds ainsi aux prières, même Ravensbruck ne me fait pas peur !” »

Surveillance divine

Tout vrai croyant devrait être encouragé et fortifié ! Les anges veillent : ils jalonnent votre route. Ils dominent les événements de votre vie et protègent les intérêts du Seigneur, travaillant sans cesse à promouvoir ses plans, en accomplissant la volonté de Dieu à votre égard. Les anges sont les spectateurs intéressés de tous vos actes : « Nous sommes en spectacle au monde, aux anges et aux hommes » (1 Corinthiens 4.19). Dieu demande aux puissances angéliques de veiller sur nous.

Agar, la servante de Sara, avait fui les tentes de son maître Abraham. Il est piquant de penser qu’Abraham, après avoir atteint les sommets glorieux de la foi, a capitulé devant les astucieuses combinaisons de sa femme en se conformant aux coutumes de l’époque pour donner un fils à Agar ! Il est curieux aussi de voir Sara, quand leur propre fils, Isaac, est né plusieurs années après, vouloir par jalousie se débarrasser d’Agar et du premier fils, Ismaël. La faiblesse d’Abraham a causé la souffrance de tous et l’a conduit à chasser Agar de sa maison.

Cependant Dieu envoya son ange pour secourir Agar. « L’ange de l’Eternel se trouva près d’une source d’eau dans le désert, près de la source qui est sur le chemin de Schur » (Genèse 16.7). L’ange parla comme un oracle de Dieu, détournant les pensées d’Agar de ses épreuves passées pour lui promettre ce qu’elle aurait si elle mettait sa confiance en Dieu. Ce Dieu n’est pas seulement le Dieu d’Israël, car il est aussi celui des Arabes (les Arabes descendent d’Ismaël). Le nom même de son fils, Ismaël, signifie « Dieu entend » et est pour elle un réconfort. Dieu en outre promet qu’Ismaël, tout en menant une vie d’aventure incessante, aura une postérité nombreuse et une magnifique destinée. L’ange de l’Eternel se présenta comme le protecteur d’Agar et d’Ismaël. Celle-ci s’exclama : « Il m’a vue ! » (Genèse 16.13).

Le Psaume 34 (v. 7) souligne le fait que les anges nous protègent et nous délivrent : « L’ange de l’Eternel campe autour de ceux qui le craignent et il les arrache au danger. » C’est aussi la pensée qu’exprime un des poèmes de Charles Wesley :

Les anges sont partout nos compagnons de route
Et, quoi qu’il arrive, surveillent nos pas.
Ils remplissent leur mission avec un soin extrême
Et nous préservent de tout mal.

La plupart des chrétiens peuvent se rappeler un incident survenu dans leur vie, en un moment de grand danger, où ils ont été miraculeusement préservés : un accident d’auto, une catastrophe d’avion, une tentation particulièrement terrible. Même s’ils n’ont pas vu d’anges, on peut penser que leur présence explique la délivrance. Nous devrions remercier constamment Dieu qui nous a donné les anges, ces amis précieux, pour nous protéger. L’enseignement de la Bible et notre propre expérience nous confirment le fait que des anges nous gardent et nous guident, au moins dans certaines circonstances, et protègent notre vie.

La Bible abonde en récits de cette mission protectrice que les anges remplissent pour le peuple de Dieu. L’apôtre Paul exhorte les chrétiens à revêtir toutes les pièces de l’armure de Dieu afin de pouvoir affronter le mal (Ephésiens 6.10-12). Nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang (c’est-à-dire contre les puissances humaines) mais contre des forces spirituelles (surnaturelles) malfaisantes, dans les lieux célestes. Satan, le prince de la puissance de l’air, encourage la « religion » mais non pas la foi véritable ; il suscite les faux prophètes. Ainsi les puissances des ténèbres et de la lumière sont engagées dans un gigantesque conflit. Remercions Dieu pour ces armées angéliques combattant les œuvres des ténèbres. Les anges ne sont jamais égoïstes dans leur service ; ils œuvrent de manière à fortifier les chrétiens en donnant toute la gloire à Dieu. Un exemple classique d’action protectrice des anges se trouve dans le livre des Actes (12.5-11).

Quand le rideau se lève, Pierre est enchaîné, dans une prison, et attend son exécution. Jacques, le frère de Jean, a déjà été tué et on ne voit pas pourquoi Pierre échapperait à la hache du bourreau. Les magistrats veulent par cette mort faire plaisir à ceux qui s’opposent à l’Evangile et à l’œuvre de Dieu. Certainement les chrétiens avaient prié pour Jacques, et Dieu avait jugé bon de le délivrer en le laissant mourir. L’Eglise maintenant prie pour Pierre.

Tandis qu’il dort, un ange apparaît, nullement arrêté par des objets comme des portes ou des verrous. L’ange pénètre dans la cellule, secoue Pierre pour l’éveiller et lui dit de se préparer à sortir. Une lumière brille dans la prison, les chaînes de Pierre tombent : il s’habille et suit l’ange. Les portes s’ouvrent surnaturellement, car Pierre ne pouvait pas passer à travers des portes fermées, comme l’ange. Quelle extraordinaire délivrance Dieu accomplit par son ange !

Dans l’Ancien et le Nouveau Testament, nous trouvons de nombreux exemples d’interventions divines pour des serviteurs emprisonnés. Parfois Dieu agit directement afin de les délivrer ; parfois il intervient par le moyen de ses anges. Beaucoup de ceux qui, aujourd’hui, sont captifs dans les chaînes du désespoir peuvent prendre courage en ayant foi dans la délivrance. Dieu n’a pas de favoris et il déclare que ses anges sont au service de tous les héritiers de la foi. Si nous, enfants de Dieu, nous pouvions prendre conscience de la proximité des anges, nous pourrions faire face aux catastrophes de la vie en gardant une calme assurance. Sans mettre notre confiance directement dans les anges, nous devons croire en Dieu qui gouverne les anges : notre cœur peut rester en paix.

Le onzième chapitre de l’épître aux Hébreux dresse une longue liste d’hommes et de femmes qui ont eu la foi. Pour la plupart d’entre eux, Dieu a fait des miracles, les délivrant de la maladie, des calamités, des accidents et même de la mort. Certains ont appelé ce chapitre : « le Panthéon de Dieu ». Les anges ont aidé ces grands hommes et ces femmes éminentes à conquérir des royaumes, à fermer la gueule des lions, à éteindre la puissance des flammes, à échapper au tranchant de l’épée, à voir se réaliser les promesses et, malgré leur faiblesse, à réussir, avec l’aide des anges, à mettre en fuite des armées entières.

Mais le ton change avec le verset 35 où nous trouvons ces mots : « D’autres furent livrés aux tourments sans accepter de délivrance… » Les gens qui sont mentionnés ensuite ont autant de courage et de foi que les précédents : ils ont eu à souffrir les moqueries cruelles et le fouet. Ils ont connu les chaînes et la prison. Ils sont morts lapidés, sciés, taillés en pièces par l’épée. Ils ont fui, vêtus de peaux de bêtes, dénués de tout, affligés et torturés. Sans doute ont-ils de temps en temps appelé les anges à leur secours. Aucun ange libérateur n’a répondu. Ils ont souffert presque comme si Dieu n’existait pas.

Pourquoi ? Nous trouvons une amorce de réponse dans la prière que Notre-Seigneur prononça, au moment de souffrir la croix : « S’il est possible, que cette coupe soit écartée ! » (Matthieu 26.39) ; mais il ajouta : « Toutefois non pas ma volonté, mais que la tienne soit faite » (Luc 22.42). Dans la souffrance et la mort de ces héros de la foi qui ne furent pas physiquement délivrés, Dieu avait un plan mystérieux qui s’est accompli selon sa volonté. Sachant cela, ils ont souffert et ils sont morts par la foi. La fin de ce chapitre onzième des Hébreux nous montre que ceux qui n’ont pas eu de réponse visible à leur prière auront une récompense céleste plus grande parce qu’ils ont tout souffert par la foi seule. A leur mort ils ont joui du ministère des anges qui les ont escortés jusqu’au trône de Dieu. Si la première partie de ce chapitre peut être appelée « le Panthéon de Dieu », la fin du chapitre devrait être « la Légion d’honneur de Dieu ».

Pendant une période sombre de ma vie. j’ai passé beaucoup de temps à prier, mais le ciel paraissait d’airain. Il me semblait que Dieu avait disparu, me laissant seul avec mes épreuves et mon fardeau. C’était la nuit obscure pour mon âme. J’écrivis alors à ma mère, pour lui exposer mon problème. Jamais je n’oublierai sa réponse : « Mon fils, bien souvent Dieu se retire pour mettre notre foi à l’épreuve. Il veut que tu lui fasses confiance, même dans l’obscurité. Maintenant, mon fils, étends ta main dans le brouillard et tu verras que sa main sera là, pour te saisir. » En larmes, je m’effondrai au pied de mon lit et je fus comme submergé par le sentiment de la présence de Dieu. Que nous ressentions ou non la présence du Saint-Esprit ou de l’un des anges, soyons certains, par la foi, que Dieu jamais ne nous laissera ou ne nous abandonnera.

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