La Bible dit qu’à travers l’Histoire les anges ont eu pour mission d’appliquer les jugements de Dieu, en déterminant les destinées des nations ayant désobéi à Dieu. Par exemple, Dieu a chargé ses anges de disperser le peuple d’Israël en punition de ses fautes. Il utilisa des anges pour juger Sodome et Gomorrhe et aussi Babylone et Ninive. A la fin des temps, des anges exécuteront le Jugement contre ceux qui ont refusé l’amour de Dieu.
L’auteur de l’épître aux Hébreux parle de ces forces angéliques qui seront les exécuteurs de la justice divine : « Celui qui fait de ses anges des esprits et de ses serviteurs une flamme de feu » (Hébreux 1.7). La flamme de feu évoque l’ardeur des jugements de Dieu et la violence de la puissance des anges chargés d’exécuter les sentences de Dieu. Les anges agissent suivant les grands principes de la justice divine.
A l’insu des hommes, ils ont, sans aucun doute, contribué dans le passé à la destruction de systèmes iniques comme le nazisme, quand ces gouvernements ont atteint un degré que Dieu ne pouvait plus tolérer. Les mêmes anges exerceront de terribles jugements dans l’avenir, comme nous le voyons dans les tableaux terrifiants de l’’Apocalypse.
Nous avons souvent, au sujet des anges, des idées fausses qui proviennent de pièces de théâtre jouées pour Noël par les enfants des patronages et des écoles du dimanche. Il est vrai que les anges sont des esprits au service des héritiers du salut, pour les secourir. Mais s’ils ont pour mission d’accomplir la volonté de Dieu, pour le salut de ceux qui croient en Jésus-Christ, ils sont aussi les « vengeurs » utilisant leur immense puissance pour accomplir la volonté de Dieu dans le Jugement. Dieu leur confie le droit de séparer les brebis des boucs, le bon grain de l’ivraie. L’un d’entre eux fera retentir la trompette qui annoncera le Jugement imminent quand Dieu convoquera les nations devant son tribunal, au jour du Jugement dernier.
Sodome et Gomorrhe n’ont pas pu éviter le jugement. Leur iniquité était à son comble. Dieu les avait jugées : elles devaient disparaître. Mais, avant de condamner, Dieu avertit. Dans ce cas précis, Dieu envoya des anges prévenir Abraham de l’imminence du jugement qui allait frapper les villes malfaisantes de Sodome et de Gomorrhe (Genèse 18). Abraham, dont le neveu Lot habitait avec toute sa famille au milieu de ces méchantes populations, supplia Dieu d’épargner les villes. Ce fut une vraie plaidoirie. Il demanda à Dieu de ne pas détruire Sodome s’il y trouvait cinquante justes. Dieu lui promit de faire grâce à cette condition. Abraham demanda un sursis même si les justes n’étaient que quarante-cinq. Dieu y consentit. Abraham plaida le pardon même pour trente justes. Dieu fut d’accord. Abraham alors descendit à vingt, puis à dix. Dieu consentit à ne pas exécuter son jugement si l’on pouvait trouver dix justes à Sodome. Il n’y en avait même pas ce nombre-là ! Remarquez que Dieu accepta tout ce qu’Abraham lui demanda. C’est Abraham et non Dieu qui s’est lassé le premier.
Ensuite Dieu ordonna à ses anges exécuteurs de ses jugements de faire pleuvoir la destruction sur les deux villes méchantes et sur leurs habitants. Avant de détruire ces villes, toutefois, deux messagers divins anonymes vinrent à Sodome pour avertir Lot et sa famille et leur dire de fuir devant la colère de Dieu. La méchanceté des habitants était si grande qu’ils tentèrent de molester les anges. Frappés de cécité par ceux-ci, ils ne purent mettre leurs ignobles desseins à exécution. C. Leslie Miller dit dans son livre All about angels (Tout sur les anges) : « Lot, le neveu d’Abraham, s’était écarté du chemin de sainteté suivi par son oncle ; il avait recherché dans une alliance malsaine les profits matériels et les relations sociales flatteuses. Il est remarquable de voir que les anges du Seigneur se déplacent, cependant, pour lui sauver la vie et lui éviter de subir les conséquences de ses erreurs de conduite ! »
Ainsi, nous voyons ici un aspect de la miséricorde, de la grâce et de l’amour de Dieu même envers ceux qui profanent son nom et tentent sincèrement de vivre à la gloire de Dieu au milieu de circonstances les plus contraires.
Le chapitre 19 du deuxième livre des Rois souligne l’emploi des anges pour l’exécution des jugements de Dieu. Le roi de Juda, Ezéchias, avait reçu une lettre du général en chef de l’armée assyrienne et avait aussitôt sollicité le conseil de Dieu. Le prophète Esaïe reçut la réponse et lui dit que les Assyriens ne pourraient même pas envoyer une flèche dans la ville. Dieu promettait de protéger Jérusalem en la circonstance, par amour pour la mémoire de David. Cette nuit-là, tragiquement, un ange frappa le camp assyrien et cent vingt-cinq mille soldats furent trouvés morts, le matin suivant (v. 35).
Nulle part dans l’Ancien Testament nous ne trouvons un exemple plus remarquable de l’action des anges de la justice divine que dans l’histoire de la désobéissance de David défiant l’Eternel. En effet, malgré la défense expresse de Dieu, il fit le dénombrement d’Israël. Dieu permit que la peste fasse périr soixante-dix mille israélites. Puis il envoya un ange pour détruire la ville de Jérusalem. David « leva les yeux et vit l’ange de l’Eternel se tenant entre la terre et le ciel et ayant à la main une épée vers Jérusalem » (1 Chroniques 21.16).
Quand David demanda grâce, l’ange lui dit de dresser un autel sur l’aire à blé d’’Ornan le Jébuséen. Dieu alors accepta le sacrifice du roi et dit à l’ange exterminateur : « Assez ! retire maintenant ta main » (2 Samuel 24.16). La Bible précise que le même ange avait mis à mort soixante-dix mille per-sonnes (v. 15, 17). En vérité, les anges sont les agents du Dieu de justice.
Le Nouveau Testament rapporte aussi des histoires où nous voyons les anges vengeurs de Dieu châtier les actes d’injustice commis par des hommes ou des nations.
Nous avons déjà parlé d’Hérode. Dans ses vêtements d’apparat, il se présenta devant le peuple pour faire un discours. Quand il eut fini, la foule s’écria : « Voix de Dieu et non voix d’un homme ! » (Actes 12.22). Au lieu de repousser cette flatterie, le roi Hérode fut ravi d’avoir fait une telle impression. La réaction de Dieu à cette idolâtrie ne se fit pas attendre; elle fut terrible pour Hérode. « Parce qu’il n’avait pas rendu gloire à Dieu, il expira rongé de vers. Un ange du Seigneur le frappa » (v. 22, 23).
Juste avant l’exode d’Israël hors d’Egypte, l’ange exterminateur parcourut tout le pays, dans la nuit, pour répandre la mort (Exode 12.18, 30). L’’angoisse devait étreindre le cœur des israélites. Les juifs croyants avaient sacrifié un agneau dont ils avaient aspergé le sang tout autour de leur porte d’entrée. Alors le plan de Dieu s’accomplit avec rigueur et le milieu de la nuit fut un moment de sombre épouvante. L’ange exterminateur (1 Corinthiens 10.10 ; Hébreux 11.28) fut l’exécuteur de la justice de Dieu, semant la mort sur son passage. Le fils aîné de tous les incroyants, Egyptiens ou israélites fut condamné à mort par la sainteté de Dieu, qui, cependant, tint compte du sang entourant les portes.
Depuis des siècles cette histoire effrayante a été l’objet de la méditation des juifs et des chrétiens : « Je verrai le sang et je passerai par-dessus vous. » Bien des rabbins juifs, bien des prédicateurs chrétiens ont parlé sur ce texte instituant la Pâque. Dieu a tenu compte, dans ce jugement, non pas de la qualité de la vie des habitants de la maison marquée par le sang, mais bien de leur foi, en dehors de leurs œuvres, manifestée par l’aspersion du sang autour de la porte. Une seule chose importait : le sang aspergé par la foi.
Combien redoutables sont ces anges, puissants, exécuteurs des jugements du Dieu tout-puissant.
Au chapitre 22 de la Genèse, Dieu, voulant mettre à l’épreuve la foi d’Abraham pour en voir la réalité, lui donna l’ordre de sacrifier son « fils de la promesse », le bien-aimé Isaac. Dieu dit : « Abraham…, prends ton fils, ton unique, Isaac, celui que tu aimes, et va dans le pays de Morijah, et offre-le en holocauste sur une des montagnes que je te montrerai » (Genèse 22.1-2). Quelle épouvantable souffrance dut emplir le cœur d’Abraham pendant la nuit tragique au cours de laquelle l’ordre du suprême sacrifice lui fut donné ! Pourtant, sans rien savoir d’autre que la parole de Dieu, Abraham. conduit par sa simple foi, prit du feu, du bois et son fils, et se mit en route pour obéir. La Bible ne contient pas d’acte de foi supérieur à celui-ci.
Ayant préparé l’autel, Abraham y plaça Isaac. pieds et poings liés, et, ayant dégainé son coutelas, il leva la tête vers le ciel et se prépara à se soumettre aux exigences de Dieu. Quand Abraham brandit son coutelas pour le plonger dans le cœur d’Isaac, « l’ange de l’Eternel l’appela des cieux et dit : Abraham ! n’avance pas ta main sur l’enfant et ne lui fais rien, car je sais maintenant que tu crains Dieu et que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique » (Genèse 22.11-12).
Le double appel de son nom marque l’importance du message. Abraham, le croyant, quand il s’entendit appeler par son nom, obéit immédiatement et Dieu le récompensa pour cet acte suprême d’obéissance. « Abraham leva les yeux et vit derrière lui un bélier retenu dans un buisson par les cornes et Abraham alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils » (Genèse 22.13).
Bien des exégètes croient — comme moi — qu’il s’agit ici d’une « théophanie », une apparition du Seigneur Jésus préincarné. Il assume le rôle de l’ange et démontre en l’occurrence le principe de l’expiation par substitution : Dieu a demandé à Abraham de sacrifier son propre fils. L’exigence de l’holocauste devait être satisfaite : elle le fut. Mais, à la place d’Isaac, Dieu — par la voix de l’ange — accepte qu’un animal lui soit substitué. Le même principe s’applique à nous. Le jugement véritable exige notre mort. Ce jugement doit être exécuté. Mais Jésus-Christ s’est offert comme notre substitut. Il mourut pour nous éviter de mourir. Il a pris notre place ; et le texte de la Genèse s’applique à tous ceux qui croient en Jésus-Christ : il est mort à la place de ceux qui croient en lui.
Comment est-il possible que Dieu exige un sacrifice humain ? Comment pourrait-il demander à Abraham de tuer Isaac alors que le meurtre est interdit (Genèse 9.6) ? N’est-ce pas incompatible avec la nature même de Dieu ? La réponse à ces questions et au problème de la peine de mort se trouve dans l’épître aux Romains : « Lui qui n’a pas épargné son propre fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnerait-il pas toutes choses avec lui ? » (Romains 8.32). Dieu a pu exiger d’Abraham l’offrande d’Isaac parce que Dieu lui-même était prêt à laisser mourir son fils. Il n’a pas demandé à Abraham d’aller au-delà de ce qu’il a fait lui-même envers son Fils unique.
Ni Abraham ni Isaac n’ont dû boire la coupe que Dieu leur tendait. Isaac n’est pas mort et Abraham ne l’a pas tué, mais l’autre coupe, celle du jardin de Gethsémani, nous apparaît dans une autre lumière. Jésus est venu : l’innocent au milieu des coupables, l’immaculé au milieu des pécheurs ; il a volontairement accepté de subir la condamnation divine méritée par les fautes du monde, il s’est identifié avec le péché par sa mort sur la croix du Calvaire.
Aucun homme, aucun ange ne pourra jamais comprendre la signification de cette « coupe » que Jésus prit dans le jardin de Gethsémani, au cœur de sa souffrance, de sa condamnation et de sa mort (Marc 14.36 ; Luc 22.42). Dans le jardin il agonisa en buvant cette coupe et aucun ange ne put lui épargner ou même alléger sa souffrance. Il était seul. C’était pour lui une coupe de jugement qu’il accepta de vider ; lui, le Juste, accepta de porter la culpabilité des méchants. Les anges étaient incapables de le secourir à cette heure-là, et Jésus ne les appela pas à son aide. En refusant l’aide des anges, Jésus a voulu dire, en vérité : « Je veux mourir pour le péché des hommes tellement je les aime ! » Dans sa mort il fut abandonné des hommes, des anges, et même de son Père dont les yeux sont si absolument purs qu’il a détourné son regard plutôt que de voir le péché porté par son Fils en son agonie expiatoire. D’où le cri de Jésus crucifié : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matthieu 27.46). Il est mort tout seul. Les anges étaient prêts à le délivrer : il refusa.
La Bible enseigne clairement que les anges seront chargés d’exécuter le jugement de Dieucontre ceux qui rejettent délibérément Jésus-Christ et le salut offert par Dieu dans le Christ. Tous les hommes sont pécheurs par nature, par libre choix et par action, mais en fait ils seront condamnés à l’éternelle séparation d’avec Dieu à cause de leur refus délibéré de reconnaître en Jésus-Christ leur Sauveur et leur Seigneur.
Dieu a chargé les anges de séparer, à la fin du monde, les brebis d’avec les boucs, le blé de l’ivraie et les sauvés des réprouvés. Nous ne sommes pas appelés à obéir à la voix des anges, mais nous devons faire attention et obéir à la parole de Dieu et à la voix de Dieu qui nous appelle à nous réconcilier avec lui par la foi en Jésus-Christ. Sinon, nous aurons à subir le châtiment mérité par nos péchés non pardonnés. Nous serons « jetés dans l’étang de feu » (Matthieu 13.50). Je suis constamment stupéfait de constater que les avertissements et les lois de Dieu sont pris tellement à la légère par le monde moderne — et même par les chrétiens.
Chaque enfant d’Adam voit s’ouvrir devant lui deux chemins : l’un menant à la vie éternelle, l’autre à la mort éternelle. Nous avons vu que les anges exécutent les jugements de Dieu à l’égard de ceux qui rejettent Jésus ; les anges les jettent dans la fournaise ardente. Mais il existe un tout autre jugement : celui qui confère la vie éternelle. Dieu demande à ses anges de participer aussi à celui-là. Il ordonne à ses anges d’escorter jusqu’au ciel chaque croyant et de l’accueillir royalement quand il pénètre dans le sanctuaire de la présence éternelle de Dieu. Chacun de nous qui croyons en Jésus-Christ sera témoin de la joie des anges dont les armées entourent le trône de Dieu.
Dans l’histoire de Lazare et du mauvais riche (Luc 16), Jésus raconte comment le mendiant Lazare est mort dans la foi. Il n’avait jamais possédé de grandes richesses, mais il était riche de foi, et cela compte pour l’éternité. Quand il est mort, il fut « porté par les anges dans le sein d’Abraham ». Ce sont les porteurs angéliques qui ont conduit son esprit immortel jusqu’en ce lieu de gloire où il restera éternellement avec Dieu. Un lieu que la Bible appelle le ciel.
Un autre récit analogue se trouve dans le livre des Actes (6.8 à 7.60) et concerne la vie d’Etienne, le martyr. Aux yeux des membres du Sanhédrin, « son visage parut comme celui d’un ange ». Etienne, dans son discours puissant, déclara que les Juifs incroyants avaient reçu la loi « d’après des commandements d’anges » mais ne l’avaient pas observée (7.53). Lorsqu’il eut achevé sa proclamation, Etienne vit la gloire de Dieu et Jésus à la droite de son Père. Ses ennemis le lapidèrent et il fut accueilli au ciel. Comme les anges ont escorté Lazare, à sa mort, on peut penser qu’ils escortèrent Etienne, et qu’ils nous escorteront aussi quand, à notre mort, Jésus nous appellera en sa présence. Nous pouvons imaginer l’entrée triomphale d’Etienne au ciel, tandis qu’éclataient les cantiques de bienvenue, chantés par les myriades célestes pour célébrer l’arrivée du premier martyr chrétien couronné d’honneur et de gloire.