L’ange qui vint dans le jardin où le corps de Jésus était enterré roula la pierre du tombeau et permit ainsi à l’air frais et à la lumière du matin d’y pénétrer. Le sépulcre n’est plus un caveau vide ou un sombre lieu de repos : il devient la preuve de la vie, irradiant la gloire du Dieu vivant. La tombe n’est plus une obscure prison mais un monument, témoignage de la lumière céleste qui chasse les ombres de la mort. La résurrection de Jésus a tout changé.
Un poète inconnu a dit de la tombe du Christ : « C’est maintenant un lieu où les anges vont et viennent, porteurs de messages célestes. » Aucune parole humaine ne peut exprimer la hauteur, la profondeur, la longueur et la largeur de la gloire qui soudain illumina le monde quand Jésus revint de la mort à la vie. Charles Wesley tente de le dire dans un cantique :
C’est un mystère. L’immortel meurt !
Qui peut comprendre cet étrange dessein ?
En vain le plus grand des anges tente
De sonder les abîmes de l’amour divin.
Tout est grâce ! Que la terre adore
Et que les anges ne questionnent plus.
Contrairement à Jésus, chacun de nous doit encore mourir. Mais les anges viendront nous secourir dans la mort comme l’ange a participé à la résurrection du Christ. Un voile ténu sépare le monde matériel du monde spirituel. Ce voile, c’est la mort. Pourtant le Christ a vaincu la mort et les menaces des démons de la nuit. Maintenant Dieu au sein de la mort nous donne l’assurance du secours des anges. Ils permettent aux croyants de faire l’expérience de la vie jaillissant de l’obscurité. Nous héritons du Royaume de Dieu.
La mort, en ce qui concerne les chrétiens, coupe les liens qui les retiennent prisonniers dans ce monde mauvais et leur permet d’être conduits par les anges dans leur héritage céleste. La mort est un char de feu, l’appel bienveillant du roi, l’invitation au banquet perpétuel dans le palais de gloire.
Dans un autre chapitre, j’ai déjà mentionné Lazare escorté par les anges jusque chez Abraham. Cette histoire, quand je pense à la mort, me fait un bien immense. En vérité, je serai conduit par les anges dans la présence de Dieu. Ces esprits à notre service, qui m’ont si souvent aidé ici-bas, m’aideront à livrer ma dernière bataille sur la terre. Car la mort est une bataille ; le moment d’une crise en profondeur. Paul la nomme « le dernier ennemi » (1 Corinthiens 15.26). Certes, l’aiguillon de la mort a été arraché par l’œuvre du Christ sur la croix et par sa résurrection, mais la traversée de cette vallée sombre pleine de mystère provoque toujours la frayeur. Toutefois les anges y seront pour nous secourir. Le bâton et la houlette dont parle David (Psaume 23.4), qui nous rassurent dans la vallée de l’ombre de la mort, ne seraient-ils pas des anges ?
Nous qui avons fait notre paix avec Dieu, nous devrions avoir les mêmes sentiments que l’évangéliste D.L. Moody. Quand il sentit l’approche de la mort, il dit : « La terre s’en va, le ciel s’ouvre devant moi. » Il sembla rêver un moment, puis il s’écria : « Non, ce n’est pas un rêve, c’est magnifique, c’est comme une extase. Si c’est la mort, c’est délicieux. Il n’y a pas de vallée. Dieu m’appelle, et je dois partir. »
Après avoir été considéré comme mort, Moody se ranima soudain pour dire que Dieu lui avait permis de voir au-delà du voile séparant le monde invisible du visible. Il avait été « à l’intérieur du palais, au-delà des portiques d’entrée », et il avait eu le temps d’apercevoir les visages familiers de ceux qu’il avait longtemps aimés et perdus de vue un instant. Alors il rappela la proclamation qu’il avait faite un jour avec éloquence au cours d’une de ses campagnes d’évangélisation : « Un jour vous lirez dans les journaux que D.L. Moody, de Northfield, est mort. N’’en croyez pas un mot. À ce moment-là il sera plus vivant que je ne le suis aujourd’hui. Je serai simplement monté plus haut, voilà tout. J’aurai quitté mon vieux taudis pour m’installer dans une maison immortelle, un corps que la mort ne pourra plus atteindre, que le péché ne pourra plus souiller, un corps semblable au corps de gloire de Jésus. Ce qui est né de la chair peut mourir, ce qui est né de l’esprit vit pour toujours » (La vie de Dwight L. Moody, par WR. Moody). Si Moody pouvait nous parler, il nous raconterait la merveilleuse expérience qu’il a faite quand les armées angéliques l’ont accompagné et conduit dans la présence de Dieu.
La mort n’est pas naturelle, car l’homme fut créé pour vivre et non pour mourir. Elle est la conséquence du péché et de la révolte de l’homme qui ont mérité la condamnation de Dieu. C’est un spectacle horrible, en dehors de la grâce de Dieu manifesté dans le Christ. Il m’est arrivé d’assister à la mort de personnes mourant sans le Christ : c’est affreux. J’ai assisté à la mort de chrétiens « en Christ » : c’est glorieux. Charles Spurgeon dit, en parlant de la gloire entourant la mort d’un racheté : « Si je dois mourir comme j’ai vu certains chrétiens mourir, je souhaite connaître cette expérience. Je ne voudrais pas esquiver la mort si elle me fait chanter comme ils l’ont fait. Si je peux avoir dans le regard et sur les lèvres les mêmes alléluias et les mêmes hosannas, mourir est une bénédiction. »
Pour le véritable croyant, la mort perd en grande partie sa terreur, mais nous avons besoin de la protection de Dieu pour notre dernier voyage. Au moment de la mort, l’esprit quitte le corps. L’Ecriture nous avertit que le diable est alors aux aguets. Il est « le prince de la puissance de l’air » (Ephésiens 2.2). Si nos yeux étaient capables de voir ce monde spirituel, nous verrions sans doute l’air plein de démons, les ennemis du Christ. Si Satan put empêcher pendant trois semaines l’ange de Daniel (ch. 10) d’accomplir sa mission sur la terre, nous pouvons imaginer les obstacles qu’un chrétien peut rencontrer lors de sa mort.
Le Christ, sur le Calvaire, a vaincu le royaume de Satan. Quand il s’incarna sur la terre, il traversa le territoire ennemi et y établit une tête de pont. C’est une des raisons pour lesquelles il fut, lors de sa naissance, escorté par des armées célestes (Luc 2.8-14). C’est pour cela que les anges l’accompagneront quand il reviendra. Jusqu’au retour du Christ, c’est au moment de sa mort que le véritable croyant est attaqué par Satan, c’est l’ultime assaut, peut-être le plus redoutable. Mais, alors, Dieu envoie ses anges pour nous protéger.
En racontant l’histoire de Lazare, dans Luc 16, Jésus dit que le mendiant fut « porté par les anges ». Il ne fut pas seulement accompagné, il fut porté ! Quelle expérience ! Avoir mendié jusqu’à sa mort à la porte du riche et soudain se trouver porté par les anges de Dieu !
Un jour il m’est arrivé, à Londres, de voir la reine Elisabeth revenant d’un voyage outre-mer. Quelle cérémonie ! Un défilé de dignitaires, de fanfares, de troupes d’élite, dans un océan de drapeaux. J’ai vu la splendeur de l’accueil réservé à une souveraine de retour chez elle. A mon avis, cela ne peut se comparer à la réception qui attend le véritable croyant quand il arrivera chez lui, après avoir quitté les souffrances de la vie et avoir été porté par les anges dans la gloire des rachetés du ciel.
Le chrétien ne doit pas considérer la mort comme une tragédie. Il devrait la regarder avec les yeux des anges : la joie doit marquer le passage du temps à l’éternité. Le chemin vers la vie passe par la vallée de la mort, mais il est sans cesse jalonné par la victoire. Les anges se réjouissent de la puissance de la Résurrection du Christ : elle est un gage de notre résurrection et du libre accès vers le ciel.
Des centaines de témoignages confirment la présence de cette escorte angélique à la mort. Par exemple, quand ma grand-mère maternelle est morte, la chambre parut remplie de lumière céleste. Elle s’assit sur son lit et s’écria, presque en riant : « Je vois Jésus. Il me tend les bras. Je vois Ben (son mari qui était mort quelques années auparavant) et je vois les anges. » Elle bascula, quittant son corps pour être présente auprès du Seigneur.
Quand j’étais étudiant dans une école biblique, une de mes camarades, jeune volontaire missionnaire d’une grande piété, tomba malade. Le médecin lui donnait peu d’heures à vivre. Son jeune mari et un ou deux professeurs se trouvaient dans la chambre quand elle s’exclama, brusquement : « Je vois Jésus. Je peux entendre le chant des anges ! »
Le pasteur A.A. Talbot, missionnaire en Chine, était au chevet d’une Chinoise en train de mourir. Soudain la chambre fut remplie de musique céleste, la chrétienne chinoise eut un sourire éblouissant et dit : « Je vois Jésus siégeant à la droite de Dieu, et Margaret Gay est avec lui ! » (Margaret Gay était la petite-fille du pasteur Talbot, morte depuis plusieurs mois.)
Les mourants aujourd’hui sont souvent tellement drogués que les histoires de ce genre paraissent plus rares. Mais la mort est une expérience bénie pour celui qui la rencontre « en Christ ». La Bible promet à chaque croyant une escorte angélique pour se présenter devant le Christ.
Les émissaires angéliques du Seigneur n’ont pas seulement pour mission d’accompagner les rachetés dans leur mort, mais aussi de donner espérance et joie à ceux qui restent, et à les soutenir dans leur deuil. Il a promis de donner « une huile de joie au lieu du deuil, un vêtement de louange au lieu d’un esprit abattu » (Isaïe 61.3).
Aujourd’hui l’homme ressent de plus en plus le poids de la tristesse de la vie. Doman Lum, dans son livre Réponse à la crise suicidaire, cite une déclaration de Minna Field sur l’insuffisance du traitement et des conseils des psychologues qui se contentent « d’échapper à une perspective insupportable à leurs yeux en disant à leurs patients, avec une tape dans le dos, qu’ils disent des bêtises ». Dans de nombreux centres médicaux on organise actuellement des séminaires sur la mort, et on y invite avec insistance des psychiatres, des psychologues et des thérapeutes. Robert J. Lifton, dans le même ouvrage, étudie la cessation de la vie et il cite l’opinion très intéressante de plusieurs survivants de la destruction atomique d’Hiroshima. Il écrit : « Ils ressentent en permanence la nécessité de faire face à la mort. En conséquence, ils n’ont plus confiance dans les structures humaines, et sont psychologiquement fermés, par une sorte de paralysie volontaire, à toute émotion à l’égard de la mort. Ils éprouvent un sentiment de culpabilité et d’auto-condamnation comme s’ils étaient responsables de la tragédie. Nous sommes obsédés par la peur d’une mort subite… et reconnaissons le caractère imprévisible de la vie. »
Parfois, dans les milieux évangéliques, on parle de la mort comme du « passage du Jourdain ». Les negro spirituals et plusieurs cantiques le font couramment. Cette image vient de l’Histoire sainte et fait allusion au peuple d’Israël entrant en terre promise. Ils ont franchi le Jourdain à pied sec. Par analogie, nous pouvons penser en effet que les anges nous transporteront sûrement au travers du fleuve Jourdain de la mort pour nous faire entrer sur la terre promise du ciel. Ainsi le chrétien ne pleure pas comme ceux qui sont sans espérance (1 Thessaloniciens 4.13). Quand l’apôtre Paul envisage sa mort prochaine, il déclare : « Nous sommes pleins de confiance, et nous aimons mieux quitter ce corps et demeurer auprès du Seigneur » (2 Corinthiens 5.8). Lorsque cette séparation physique et spirituelle se produira, les anges seront présents et nous escorteront jusqu’auprès du Seigneur dans la joie et la gloire de la vie éternelle.
Je crois que la mort peut être belle. J’en viens à l’attendre avec joie et espérance. J’ai assisté à bien des morts où celui qui partait avait sur le visage une expression de triomphe. La Bible dit : « Elle a du prix aux yeux de l’Eternel, la mort de ceux qu’il aime » (Psaume 116.15). Et David s’écrie : « Oui, quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal » (Psaume 23.4).
Peut-être l’idée de la mort vous remplit-elle de frayeur. Souvenez-vous du fait que si vous êtes à un certain moment dans la souffrance vous serez un moment plus tard transformé en un instant à l’image glorieuse de notre Sauveur. Vous posséderez alors les merveilles, les splendeurs et la grandeur du ciel. Vous serez entouré par les messagers angéliques envoyés par Dieu pour vous escorter vers la maison paternelle où vous vous reposerez de vos travaux et où vos œuvres vous suivront (Apocalypse 14.13).
Il n’est pas surprenant que l’apôtre Paul ait pu écrire : « Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, travaillant de mieux en mieux à l’œuvre du Seigneur, sachant que votre travail ne sera pas vain dans le Seigneur » (1 Corinthiens 15.58).
Etes-vous prêt à faire face à la vie ? Etes-vous prêt à faire face à la mort ? Personne n’est prêt à mourir s’il n’a pas appris à vivre pour la gloire de Dieu. Vous pouvez faire confiance à Jésus parce qu’il est mort pour vous, et qu’au dernier moment — la plus grande de toutes les crises — il ordonnera à ses anges de vous accueillir dans leurs bras et de vous porter de façon merveilleuse jusqu’à la gloire du ciel.