Les Pseavmes

Psaume 102.

Seigneur entends ma requête
(Théodore de Bèze)

Psaume composé pour les fidèles exilés à Babylone. Il contient une prière désolée pour que l'Église soit entièrement rétablie ; que non seulement elle retourne à son premier état, mais que le Royaume de Dieu fleurisse plus que jamais. En conclusion, une fois que le peuple a discerné à travers ses épreuves ses propres faiblesses, il se fortifie par sa foi en l'éternité et en la puissance infinie de Dieu. La fin est citée dans l'épître aux Hébreux, chapitre 1.10-12.

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— 1 —
2 Seigneur entends ma requête,
Oh que rien, que rien n’arrête
Mon cri d’aller jusqu’à Toi ;
3 Ne te cache pas de moi.
Ma douleur est sans pareille,
Tourne vers moi ton oreille
Pour m’écouter quand je crie,
Ne tarde pas, je t’en prie.
— 2 —
4 Car ma vie est consumée
Et disparaît en fumée ;
Comme un tison me voici
Sec et brûlé, cœur transi
Dont la force est retranchée
5 Ainsi quʼune herbe fauchée ;
Ne pensant plus, tant jʼendure,
À prendre ma nourriture.
— 3 —
6 Mes os et ma peau se tiennent,
Mes douleurs sont quotidiennes,
Obligeant ma triste voix
À se plaindre tant de fois ;
7 Comme un héron dans les sables,
Jʼerre en lieux inhabitables,
Je ressemble à la chouette
Qui fait au bois sa retraite.
— 4 —
8 Comme durant mon veuvage
Le passereau sous lʼombrage
Dʼun toit, couve ses ennuis,
Ainsi je passe les nuits.
9 Chaque adversaire mʼoutrage,
Ils vont plus loin dans leur rage :
Car mon nom est une injure
Que lʼon jette à la figure.
(Pause)
— 5 —
10 Au lieu de pain, la poussière
Est ma ration coutumière,
Je mélange en mes douleurs
Mon breuvage avec mes pleurs.
11 À cause de ta colère
Qui me souleva de terre ;
Et quand jʼatteignis la cime,
Tu me jetas dans lʼabîme.
— 6 —
12 Mes jours passent comme un ombre
Qui sʼen va, obscure et sombre ;
Je suis fané, desséché
Comme un pré quʼon a fauché.
13 Mais ton règne est immuable,
Et ta gloire inaltérable ;
On te rendra témoignage
Éternel Dieu, dʼâge en âge.
— 7 —
14 Tu te lèveras encore,
Démontrant quand on tʼimplore,
Pitié et compassion
À ta cité de Sion.
Il est temps que tu bénisses,
Il est temps que tu guérisses,
Que pour Sion pardonnée
Lʼépreuve soit terminée.
— 8 —
15 Nous en aimons jusquʼaux pierres,
Nous la voyons en poussière ;
Le chagrin brise les cœurs
De tes humbles serviteurs.
16 Lʼhomme tremblera de crainte
Devant ta majesté sainte ;
Toute terrestre puissance
Craindra ta magnificence.
— 9 —
17 Car la ville anéantie
Le Seigneur lʼa rebâtie ;
Dans sa gloire il a paru
Quand il nous a secourus.
18 Les complaintes ordinaires
De ses pauvres solitaires
Nʼont pas été méprisées,
Leur prière est exaucée.
(Pause)
— 10 —
19 Une si grande entreprise
Par écrit doit être mise,
Pour que le peuple à venir
En garde le souvenir ;
Lʼhumanité rachetée
Comme de nouveau créée
Sʼunira dans la louange
Dʼun miracle aussi étrange.
— 11 —
20 Car le Seigneur débonnaire
Du haut de son sanctuaire,
Depuis le plus haut des cieux
Vers nous a baissé les yeux ;
21 Ecoutant la voix plaintive
De sa famille captive
Dont la mort semblait certaine,
Il vient la tirer de peine.
— 12 —
22 Pour que toute notre histoire
Proclame à jamais sa gloire
Et que tu puisses chanter,
Jérusalem, sa bonté
23 Quand toutes les assemblées,
Des nations rassemblées
Tout règne et toute existence
Lui rendront obéissance.
(Pause)
— 13 —
24 Jʼai perdu toute énergie
En plein combat de la vie ;
Il a raccourci mes jours.
25 Jʼai dit : Ô Dieu, mon secours,
Ne mʼabats point sans ressource
Au beau milieu de ma course,
Toi dont la force absolue
Dʼâge en âge continue.
— 14 —
26 Cʼest Toi qui fondas la terre,
Les cieux où tes mains posèrent
Les corps quʼon y voit placés,
Et tout cela doit passer !
27 Mais quand à Toi tu demeures,
Pendant quʼarrivent les heures
Où les cieux vielliront comme
Sʼusent les habits dʼun homme.
— 15 —
 Comme un manteau que lʼon porte,
Tu les changeras en sorte
Quʼeux et tout lʼéclat quʼils ont
Entièrement changeront.
28 Mais quand à Toi, Dieu suprême,
Tu restes toujours le même,
Et ta constante durée
À jamais est assurée.
— 16 —
29 Cʼest donc par ta seule grâce
Que lʼon pourra voir la race
De tes serviteurs rester
À son poste et subsister ;
Et leur sainte descendance
Affermie en ta présence
Recevra la paix durable
Et le bonheur véritable.

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